Fonction publique et AMP-TRAVAIL

Vote main leveée

Dans le cadre du projet de loi ÉGALITÉ et CITOYENNETÉ actuellement sur les bureaux de nos parlementaires, cette loi un peu fourre-tout, contient notamment un volet sur la lutte contre les discriminations, l’égalité réelle.
Loi présentée par le gouvernement qui est actuellement en deuxième lecture au Sénat. Un amendement a été proposé par le gouvernement pour que les agents de la fonction publique puissent bénéficier des autorisations d’absences pour suivi de protocole de soin en AMP. YES !
Cet amendement que vous pouvez lire ci-dessous a été adopté, par l’Assemblée Nationale. Espérons qu’il soit maintenu par le Sénat (ce qui devrait être le cas, vu que ce nouveau droit avait été obtenu aussi grâce au Sénat).
Une confirmation de l’engagement qu’avait pris la Ministre de la Fonction Publique Annick Girardin, lors de sa rencontre avec le syndicat CFDT au printemps et qu’elle avait renouvelé par écrit , auprès du syndicat FO68 (courrier que nous a transmis, tout récemment le syndicat FO68). Comme, nous vous en avions parlé dans un précédent article,  le syndicat FO du Haut-Rhin a engagé des démarches importantes pour défendre des agents en parcours d’AMP face au conseil départemental du Haut-Rhin qui refuse d’accorder les autorisations d’absence.
Attendons la promulgation de la loi, qui devrait peut-être arriver en fin d’année 2016 ou début 2017. Car les amendements vont être étudiés au Sénat à partir du mois de septembre, (tiens voilà une bonne occasion d’aller rencontrer cet été, votre sénateur pour lui demander de soutenir et voter cet amendement !). Le texte sera examiné en séance au mois d’octobre, puis retour à l’Assemblée Nationale.
Nous pourrons alors, nous réjouir complétement, mais c’est un bond en avant qui est en train de se réaliser pour les agents de la fonction publique. Car si certains et certaines d’entre-vous avez pu déjà bénéficier de ces autorisations d’absence, certaines administrations refusent de les accorder, au prétexte qu’il n’y a pas de circulaire les obligeant. Avec cet amendement, proposé par le gouvernement, c’est un message clair qui est aussi adressé aux administrations et aux agents de la fonction publique, engagés dans des parcours de soins AMP.
Allez rencontrer vos députés et sénateurs cet été, pour leur dire que vous comptez vraiment sur eux pour un vote en faveur de cet amendement.
Voici l’amendement qui a été adopté à l’Assemblée Nationale :
ASSEMBLÉE NATIONALE
23 juin 2016

ÉGALITÉ ET CITOYENNETÉ – (N° 3851)

Commission
Gouvernement
Adopté

AMENDEMENT N°1385

présenté par

le Gouvernement

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ARTICLE ADDITIONNEL

APRÈS L’ARTICLE 36, insérer l’article suivant:

I. – L’agente publique qui reçoit une assistance médicale à la procréation dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre IV du livre Ier de la deuxième partie du code de la santé publique bénéficie d’une autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires.

L’agent public, conjoint de la femme qui reçoit une assistance médicale à la procréation, ou lié à elle par un pacte civil de solidarité, ou vivant maritalement avec elle, bénéficie d’une autorisation d’absence pour prendre part à trois des actes médicaux nécessaires à chaque protocole d’assistance médicale à la procréation au maximum.

Ces absences n’entraînent aucune diminution de la rémunération et sont assimilées à une période de service effectif.

II. – La dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 2141‑1 du code de la santé publique est supprimée.

EXPOSÉ SOMMAIRE

L’article 87 de la loi n° 2016‑41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé a instauré pour la salariée du secteur privé et son conjoint un droit à autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires à l’assistance médicale à la procréation (PMA). Ce dispositif figure désormais à l’article L. 1225‑16 du code du travail.

Cette avancée répond à l’objectif de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Elle contribue également à l’égalité entre les femmes et les hommes puisque le législateur a entendu intégrer le conjoint dans le champ de ce nouveau droit.

ZIKA : dernières informations

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Le virus ZIKA est toujours là, les centres AMP en zones à risques sont toujours fermés, les tentatives sont repoussées à une date indéterminée. Les couples vivant en zones à risques zika (DFA = Départements Français d’Amérique) se sentent donc totalement perdus. Ce qui se comprend, quand l’on sait la pression qui pèse en temps normal sur un couple en désir d’enfant et devant avoir recours à une AMP. Alors dans ce contexte particulier de fermeture totale des centres AMP, on imagine très bien la panique chez les couples infertiles. La situation de l’AMP en zone à risques est bloquée, selon des recommandations mondiales, du fait des risques très élevés de contracter le virus, qui, pour rappel peut provoquer chez les adultes atteints  des troubles neurologiques graves (maladie de Guillain-Barré) et chez les fœtus des malformations graves (microcéphalies).

D’ailleurs certains athlètes des prochains Jeux Olympiques, ont récemment déclarés forfait, par crainte d’être touchés par le virus,  lors des J.O. qui doivent se dérouler au Brésil, pays terriblement touchés par cette épidémie.

Les recommandations mondiales,  sont de deux ordres concernant ZIKA et la reproduction :

  1. Une personne qui a voyagé dans une région où le virus Zika est présent ne devrait pas essayer de concevoir naturellement, faire un don de gamètes ou procéder à un traitement de fertilité pendant 28 jours.
  2. Toute personne qui a eu une infection par le virus Zika ne devrait pas essayer de concevoir naturellement, faire un don de gamètes ou procéder à un traitement de fertilité pendant au moins 6 mois.

Pour savoir pourquoi, l’AMP a été stoppé dans les zones à risques et repoussée de quelques mois pour les couples ayant voyagé en zone à risque lire cet article. Concernant les patients résidents en métropole les recommandations sont bien de 28 jours sans AMP (ce délai est susceptible de changer, pour passer à deux mois), puis réalisation d’une sérologie, si elle est négative, une AMP est possible en métropole.

Suite aux nombreux mails reçu concernant le virus ZIKA et l’AMP, nous avons repris contact début juillet avec les responsables de cette question à l’Agence de Biomédecine, pour pouvoir faire le point sur la situation Française.

  • L’agence de biomédecine reçoit elle aussi de nombreuses demandes, de couples souvent très mal par rapport à la fermeture de leurs centres AMP et donc au report à une date indéterminée de leurs tentatives d’AMP.
  • Cette question du ZIKA et de l’AMP occupe les instances médicales (ministère de la santé, haut conseil de la santé publique et l’agence de la biomédecine) Françaises qui cherchent à trouver des solutions :
    • Réunion entre l’ABM et le Haut Conseil de la Santé Publique début juillet, pour faire le point sur les recommandations sanitaires concernant zika et amp.
    • « Introduction de la sérologie dans les recommandations après vérification des performances du test. »
    • Une analyse supplémentaire, via le « centre national de référence pour ce type de virus situé à Marseille » (seul pour la Métropole et les DOM-TOM donc débordé) qui peut évaluer la séro-neutralisation du virus, pour affiner encore l’évaluation de la présence du virus.
    • Des recherches en cours, sur le suivi d’hommes infectés pour voir sur plusieurs mois, comment le virus reste plus ou  moins présent dans le sperme. Groupes de recherches en métropole et en Guadeloupe s’activent sur ce sujet.

Jusqu’à présents deux vecteurs de transmission du virus étaient connus :

  • via une piqure de moustique
  • via du sperme d’un homme infecté par une piqure de moustique

A la mi-juillet, un cas de transmission d’une femme infectée vers un homme sain a été suivi, aux États-Unis. De plus, les spécialistes au niveau mondiale, pensent que l’épidémie va durer encore deux ou trois ans. Elle va s’arrêter d’elle-même lorsque la majorité de la population d’une zone infectée sera immunisée. Comme en Polynésie qui a subi une épidémie en 2013, touchant près de 70% de la population, et qui n’a pas subi de nouvelle épidémie depuis.

Cette information ne va pas rassurer les patients AMP des DFA. Néanmoins, les autorités sanitaires françaises ont mis en place différentes propositions pour palier, un peu,  cette situation dramatique :

  • Congélation possible des ovocytes dans le seul centre AMP de la région Antillaise qui peut prendre en charge des patients en contexte viral. C’est le centre public Guadeloupéen, pour l’instant il est autorisé à pratiquer des préservations ovocytaire pour des couples dont le dossier médical le nécessite (limite d’âge, IOP). A ce jour, un peu plus de 80 femmes ont pu bénéficier de cette préservation ovocytaire.
  • Possibilité de réaliser ces congélations dans les centres français de métrople prenant en charge des patients à risque viral. Attention fermeture des centres AMP au mois d’aout + risque de liste d’attente pour cause de surcharge d’activité.
  • Possibilité de réaliser une AMP en métropole, si le couple n’est pas infecté et s’il s’engage à vivre la grossesse en métropole aussi. Ce qui fait beaucoup de conditions, mais c’est une solution.  Mais là aussi, les centres en métropole sont déjà très chargés avec les couples métropolitains, ce qui peut générer encore de l’attente et du délai. Mais c’est une possibilité.
  • Recherches en cours pour comprendre le fonctionnement du virus et sa persistance dans le sperme. Afin de proposer si possible de nouvelles propositions de prise en charge des couples infectés.

Le principe de précaution est donc activé dans ce dossier ZIKA/AMP, car les risques sanitaires sont trop important. Des solutions se mettent en place, qui ne sont que des tentatives de solutions pour tenter d’apporter un peu d’espoir aux patients AMP vivant dans les zones infectées. Les autorités sanitaires sont mobilisées sur ce dossier tant pour trouver des solutions médicales (tests du sperme, sérologies) et administratives (préservation ovocytaires, amp et grossesses  en métropole). Elles ont totalement conscience de la souffrance supplémentaire que subissent les couples concernés par cette situation d’AMP bloquée pour cause d’épidémie Zika. Elles mettent tout en œuvre pour gérer au mieux ce délicat contexte sanitaire.

Les recommandations publiées en mars 2016 par l’agence de biomédecine, vont être prochainement actualisées pour y introduire les nouvelles données concernant cette épidémie Zika et son impact sur l’AMP en France et dans les Département Français d’Afrique.

Merci au docteur Françoise MERLET, de l’Agence de biomédecine pour ce complément d’informations concernant ZIKA et l’AMP

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Edit du 27 juillet : L’agence de biomédecine va publié sur son site, demain, de nouvelles recommandations. Voir ici

« Ces recommandations sont conçues pour être modifiées tant que de besoin, en fonction des connaissances acquises et de l’évolution de l’épidémie. […] Un groupe d’experts en AMP, virologie, CNR arbovirose, obstétrique, ainsi que des représentants du Haut Conseil de la Santé Publique, se sont réunis pour travailler, sur les nouvelles données scientifiques, l’évolution des recommandations internationales, et suite à l’avis du HCSP.  »

  • Impossible de faire évoluer les recommandations relatives aux personnes résidents en zone à risque.
    « En l’état actuel des connaissances, il n’a malheureusement pas été possible de faire évoluer les
    recommandations pour les patients résidant dans les départements français d’Amérique (DFA) du fait des inconnues persistantes sur l’immunité acquise post-infection à virus Zika. Seule la conservation des ovocytes reste envisageable dans des conditions précises.
  • Pour les femmes qui ont été infectées par le virus Zika, pour lesquelles le diagnostic d’infection Zika a été confirmé (RT-PCR positive dans le sang ou les urines ou sérologie anti-Zika positive confirmée par un test de séro-neutralisation), il est envisageable de proposer une cryoconservation des ovocytes à distance de cette infection, alors que la recherche de virus dans le sang et les urines s’est négativée. Dans ces situations, il n’est pas nécessaire de recourir à un circuit spécifique en contexte viral pour le traitement des ovocytes recueillis. »  === cryoconservation possible.
  • En métropole
  • La période de quarantaine avant toute AMP passe à deux mois.
  • La sérologie anti IgG et anti IgM est introduite pour évaluer le dossier médicale et déterminer si une AMP est possible ou pas.

Pour retrouver tous ces éléments en détails, c’est ici

Urgent recherche gynécologue humain, compréhensif et communiquant

Un témoignage, comme nous aimerions ne plus en recevoir.

FFER 057

Tout est dans le titre…si vous avez la perle rare nous sommes preneurs !!!

Et voici pourquoi nous en sommes arrivés à cette recherche :

Elle est OMPK (ovaires micro-polykystiques), lui RAS, un couple d’infertile banal quoique tout de même catalogué en infertilité inexpliqué suite à 2 ans de stimulations ovariennes et d’IAC qui n’ont jamais abouti à un début de grossesse.

Voilà Monsieur et Madame arrivent dans les joies de la PMA avec une gynécologue spécialisée dans l’infertilité à qui ils confient  tous leurs espoirs et leur rêve de devenir un jour parents.

 

La dite gynécologue a toujours semblé très froide à Madame…Monsieur lui appréciait son côté professionnel et bien organisée, et puis tout de même elle leur avait été chaudement recommandée par une amie qui a réussi à avoir un bébé grâce à elle, alors bon Madame se dit qu’effectivement ça n’est pas très grave qu’elle ne soit pas très chaleureuse et causante après tout elle n’est pas là pour faire du sociale mais pour les aider à faire un bébé.

 

Madame prenait donc sur elle quand la dite docteur se permettait des commentaires maladroits, par exemple quand une des IAC a dû être repoussée de 3 mois car Monsieur a eu une anesthésie générale et que la gynécologue lui a dit « ça n’est pas la fin du monde, ça n’est que 3 mois et vous êtes jeunes », Madame s’est abstenue de lui répondre que 3 mois lorsque l’on a ce désir d’enfant depuis déjà plus de 2 ans ça paraît long et que l’âge n’y changeait rien…

 

Madame a donc continué à aller la voir, avant que la loi de santé ne passe Madame jonglait avec les rendez-vous, comme tout couple en PMA qui se respecte, sauf que son employeur commençait à tiquer sur ses nombreuses absences posées en CP ou RTT et souvent en demi-journée, ses décalages de pause déjeuner, ses retards matinaux qu’elle essayait tant bien que mal de rattraper en restant plus tard le soir. C’est alors pleine d’espoir que le jour de la première IAC, Madame a demandé à la gynécologue s’il était possible d’avoir un arrêt de travail pour cette journée…le « non » fut catégorique, cet acte médical ne nécessitant pas d’arrêt de travail.

 

Madame a essayé d’expliquer qu’elle était fatiguée par les traitements et tous les rendez-vous, qu’elle aurait aimé se reposer le reste de la journée ne serait-ce que pour favoriser un début de grossesse. En plus elle avait déjà prévenu son employeur qu’elle serait en arrêt ce jour-là mais non rien n’y fait, le docteur lui donne uniquement un document stipulant qu’elle a bien reçu Madame en rendez-vous ce jour.

 

Là, Madame commençait à en avoir marre, déjà du manque de communication, des réponses faites par la gynécologue où Madame se sentait comme la dernière des débiles et toujours cette froideur…mais bon Madame s’est accroché en se répétant que c’était pour la bonne cause.

 

Arrive enfin la première FIV, sans rentrer dans les détails ça n’a pas été la joie pour Madame qui s’en tire avec une hyperstimulation qui rend tout transfert d’embryon impossible…la gynécologue  l’arrête même toute une semaine c’est pour  dire dans quel état de fatigue elle était !!!

 

Direction un premier TEC qui se termine en grossesse arrêtée puis en curetage, Monsieur et Madame ne le vivent pas très bien et ont besoin d’un petit temps pour se remettre.

 

Ils arrivent enfin au TEC n°2, malheureusement qui se termine également en grossesse arrêtée puis en fausse couche naturelle.

 

Monsieur et Madame sont tristes et en colère et commencent à se demander s’il n’y aurait pas d’autres examens complémentaires à faire.

 

Ils retournent donc voir la gynécologue avec le bilan de la fausse couche et l’échographie montrant que l’utérus de Madame était de nouveau vide. Madame veut montrer l’échographie au docteur qui ne la regarde même pas, elle a juste le droit à la question « oui bon tout s’est bien passé ? ». Madame trouve ça un tantinet déplacé de parler d’une fausse couche ainsi mais elle acquiesce en disant : « oui tout s’est bien évacué mais durant 3 /4 jours ça a quand même été compliqué et sur le plan moral et sur le plan physique ».

Ce à quoi la docteur a répondu avec un grand sourire «ah oui ça n’est pas très agréable».

Madame commençait sérieusement à se dire qu’il fallait changer de toute urgence de gynécologue et elle s’était promis qu’après le transfert de leurs deux derniers embryons elle ne remettrait plus jamais les pieds dans son cabinet.

 

Madame prend donc un rendez-vous en mai avec la gynécologue pour faire le bilan suite aux examens et redonner le traitement pour le dernier TEC. Comme d’habitude le traitement est à commencer dès le 1er jour des règles et il faut appeler le cabinet tout de suite pour avoir un rdv 13/14 jours plus tard pour l’échographie de contrôle pré-TEC. La gynécologue informe Madame que la clinique où se font les TEC et où sont conservés leurs deux derniers embryons fermera tout le mois d’août.

 

Madame a enfin ses règles le 2 juillet et elle se dit que le timing est parfait pour ce 3ème  TEC, elle appelle donc tout de suite le cabinet pour prendre rdv, explique à la secrétaire qu’elle prend un traitement et que c’est pour une échographie de contrôle avec la gynécologue. Le rendez-vous est donc pris pour le vendredi 15 juillet, Madame commence son traitement sereinement.

 

Madame reçoit finalement un appel de la secrétaire de la gynécologue le lundi 11 juillet pour l’informer que la gynécologue a décidé de se faire un week-end prolongé et que par conséquent elle annulait tous ses rendez-vous du 15 juillet…Madame est un peu énervée mais la secrétaire est gentille et lui recale un rendez-vous le mercredi 13 juillet (oui oui les dates ont une importance dans cette histoire) alors bon Madame se calme et puis au moins comme ça Monsieur pourra venir avec elle.

 

Madame se lève donc  de bonne heure ce mercredi matin pour aller faire la très connue prise de sang hormonale afin d’avoir le résultat pour le rendez-vous. Monsieur et Madame prennent ensuite leur voiture direction la capitale, se trouvent une place dans un parking hors de prix, mais c’est pour la bonne cause comme ils n’arrêtent pas de se le répéter.

 

Ils arrivent chez la gynécologue qui les accueille par un « Ça ne va pas être possible », Madame est un peu sous le choc et se dit qu’il y a dû avoir un souci avec sa prise de sang hormonale…La gynécologue lui retire rapidement ce doute en leur expliquant que la clinique a fermé en fin de semaine dernière pour travaux et qu’ils ne rouvriront qu’à la mi-septembre, par conséquent pas de TEC possible avant cette date.

 

Elle s’excuse de ne pas les avoir prévenu, que ça fait un mois qu’elle a cette information sur la fermeture de la clinique mais leur dit que c’est compliqué de savoir quelle patiente fait quoi pour prévenir de ne pas commencer de traitement et de ne pas prendre de rdv…

Elle dit qu’elle comprend qu’ils soient déçus mais que bon maintenant qu’ils sont sur Paris qu’ils n’ont qu’à en profiter pour se balader et se faire un restaurant…

Madame a envie de pleurer, elle se contient du mieux qu’elle peut…Monsieur commence à s’énerver et arrive à lui dire qu’avec le prix du parking de toute façon il ne reste plus d’argent pour se faire un restaurant…

 

Passé le choc Madame est très en colère et ne comprend pas que l’on puisse trouver le temps de dire à sa secrétaire d’annuler tous les rendez-vous d’une journée mais pas de lui dire d’appeler les patientes pour les prévenir que la clinique ferme plus tôt, ou mieux de laisser comme consigne à la secrétaire de bien se renseigner à chaque appel pour savoir si la patiente pourrait être concernée par la fermeture anticipée de la clinique.

 

Madame ne comprend pas non plus comment on peut laisser des patientes prendre des traitements pour rien…Elle se demande comment ce cycle commencé sous traitement et stoppé du jour au lendemain va se terminer, elle qui est déjà en temps normal bien détraquée à cause de ses OMPK…

 

Ceci est donc un appel, Monsieur et Madame cherchent un ou une gynécologue spécialisé(e) dans l’infertilité, compétent(e) (oui le but premier est quand même de réussir à avoir un bébé),  compréhensif/compréhensive, communiquant(e), prenant le temps de bien expliquer les choses et faisant preuve d’un minimum d’empathie. Le tout si possible sur Paris ou proche banlieue !!! En espérant que ce qu’ils ont traversé avec leur médecin ne soit qu’un cas isolé et non une généralité !!!

Quand les médias s’emballent sur l’AMP, le retour

Vous avez sans doute vu, lu dans les médias de ce lundi, l’information suivante, reprise par tous les médias :

« François Hollande » aurait dit aux représentants des « associations LGBT » qu’il allait « abroger la circulaire de 2013 » qui avait fait grand bruit à l’époque, car elle était venue rappeler l’interdiction faite aux gynécologues de faire de la publicité, de parler des cliniques étrangères à leurs patients. Bon sauf qu’en y regardant de plus près, deux circulaires ont été évoqué lors de cette rencontre, une sur les conventions concernant les mariages de bi-nationaux (qui date de 2013) et la « circulaire » qui finalement n’en est pas une sur les sanctions encourus par les gynécologues qui elle aussi date de 2013.

Donc les médias, enclenchent la machine à buzz et à raccourcis. AMP=Homosexualité, « PMA pour les couples de femmes, le gouvernement recule une nouvelle fois » titre même un article sur RMC…. Quand allons-nous sortir de ces raccourcis intellectuels ? Et de ces emballements médiatiques infondés.

Eh, oh les gens, coucou, l’AMP en France concerne en majorité des couples hétéro…plus de 140 519 tentatives en 2013, sans compter toutes celles réalisées à l’étranger par des couples hétéro….Il n’y a, pour l’instant aucune loi, circulaire, directive, décret sur l’AMP et les couples homosexuels.

BAMP va pinailler, non pas sur le fond, car nous pensons vraiment qu’il est important que l’AMP soit ouverte à toutes les femmes, sans distinction liées à leur statut matrimonial ou leur orientation sexuelle. Nous allons pinailler sur la forme, car voilà que les synthèses et les approximations sur l’AMP, vont refaire surface avec cette information qui au final n’en ai pas une. Explications et retours historiques :

  • 2013 c’est la date du courrier de l’ordre des médecins qui informait son réseau d’un courrier envoyé fin 2012 par la DGS (Direction Générale de la Santé). Ce rappel de la Direction Générale de la Santé, en date du 21 décembre 2012 et qui venait rappeler fermement via l’interdiction faite aux gynécologues de faire de la publicité, de parler à leurs patients des cliniques étrangères qui n’auraient pas des pratiques conforment à la législation française. A l’époque, c’est notamment le recours (par les couples hétéro), de plus en plus important au don d’ovocyte à l’étranger, qui était visé. Comme le rappel cet article de février 2013 du Quotidien du médecin.
    Le gouvernement avait à cette époque, simplement rappelé l’existence des sanctions pénales, préexistantes donc à 2013, via le rappel de l’article Article 511-9 du code pénal qui avait été inclus dans le code pénal en 1994 avec la précédente loi de bioéthique.

    Le fait d’obtenir des gamètes contre un paiement, quelle qu’en soit la forme, à l’exception du paiement des prestations assurées par les établissements effectuant la préparation et la conservation de ces gamètes, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait d’apporter son entremise pour favoriser l’obtention de gamètes contre un paiement, quelle qu’en soit la forme, ou de remettre à des tiers, à titre onéreux des gamètes provenant de dons. »

    Payer pour obtenir des gamètes c’est mal, c’est le code pénal qui le dit. Car en France le don d’éléments du corps humain est anonyme et gratuit.

    BAMP avait diffusé en 2013, plusieurs articles sur cette « circulaire de la honte », comme elle était appelé à l’époque, car de nombreuses personnes s’étaient mobilisées faire entendre un autre point de vue. ICI

    et puis encore ici

  • A l’époque ce courrier (« circulaire ») avait eu un effet direct sur bon nombre de gynécologues qui avaient refusé d’accompagner et de suivre des couples (hétéro) dans les projets d’AMP à l’étranger. J’ai personnellement reçu bons nombres d’appels de couples désespérés, car leur gynécologue qui était d’accord pour les suivre avant la publication de la « circulaire », ne l’étaient plus du tout une fois la « circulaire » sortie. Si vous habitiez en région parisienne, il était plus simple de trouver un gynécologue militant, que lorsque vous habitiez au fin fond de la Creuse. Laissant ainsi sur le carreau des couples sur le point de partir, où ayant comme projet proche, de partir à l’étranger pour y recevoir un don de gamètes. Pour rappel, 85 % des personnes se rendant à l’étranger pour une AMP, sont des couples hétéro, qui le font pour la plus grande partie pour un don de gamètes, notamment d’ovocyte.

 

  • Suite à la mobilisation des syndicats de médecins, c’est derniers avaient fini par être reçu en 2013 par le directeur général de la santé de l’époque, il était revenu, à demi mots sur ce violent rappel à l’ordre, que les médecins avaient très mal vécus, car pour eux accompagner leurs patients dans leurs parcours de soins à l’étranger, permettait de ne pas rompre les soins.  Voir la lettre reçu par le SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues-Obstétriciens Français). Cela avait un peu calmé la panique qui s’était développée autour de l’accompagnement des couples en parcours de don à l’étranger. Puis avec le temps, les choses se sont calmées, même si certains gynécologues refusent, par principes, de poursuivre la prise en charge ou à minima, de fournir les documents pour constituer les dossiers de demandes de remboursement.

  • Cette interdiction inscrite dans le code pénal depuis 1994,  dont les médias parlent sous la forme de la « circulaire » (courrier de décembre 2012),  concernaient les seules personnes autorisées, en France à recourir à l’AMP : « l’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans…« article L152-2 du code de santé publique, couples qui avaient la « fâcheuse tendance » à partir à l’étranger pour rompre avec les temps d’attente interminables en France.  Pourtant, sans que cela soit explicitement noté, la question des femmes en couples ou seules qui étaient aussi à l’époque déjà accompagnées par certains gynécologues pour recourir à un don de sperme ou à un double don, devait se poser, mais sans être visible, ni rendu visible. Parler des femmes célibataires ou homosexuelle souhaitant des enfants, c’est mal. C’est la morale et la religion qui le disent.

Voilà comment en 2016, on en  arrive à des informations du genre AMP=Homosexualité et le gouvernement recule/avance, (les médias ne savent pas trop), sur un truc : l’article 511-9 du code pénal/courrier-circulaire (là aussi les médias se mélangent les pinceaux) qui avait simplement été réaffirmé par courrier adressé à l’ordre des médecins, par le gouvernement en 2012.

Pourtant dans cet imbroglio médiatico-politique, il y a des éléments importants :

  • l’évocation de la possible abrogation de cette « circulaire-courrier » de 2012 qui menaçait les gynécologues de sanction s’ils contrevenaient au code pénal. De quoi parle donc le gouvernement et les médias qui relaient tous la même chose ? De l’article du code pénal ? Mais s’il devait être abrogé, cela reviendrait à toucher à la loi de bioéthique….Ce qui est constitutionnellement impossible, un ministre, un président ne peut décider seul de changer cela. C’est la loi qui peut modifier la loi. Sommes-nous avec cette annonce dans un pur effet de « je t’embrouille » de la part du gouvernement ? Ont-ils oublié que les gens ont de la mémoire, une culture juridique ? Sont-ils en train de tâter (bizarrement) le terrain en vue d’une prochaine proposition de loi sur l’AMP ? Où est-ce les médias qui déforment le message ? Nous le saurons fin juillet, lors de notre rendez-vous avec les représentants du ministère des Familles, de l’enfance et du droit des Femmes.
  • le non respect par le président Hollande, des engagements qu’il avait pris en tant que candidat, sur l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes.

Sur ces questions BAMP aimerait qu’un débat puisse exister pour que ce sujet de l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes, puisse être traité hors de tous débats idéologiques clivant, c’est le Plan INFERTILITE que nous demandons depuis la création de l’association :

  • Pour une égalité dans l’accès à des soins d’AMP pour toutes les femmes, pour qu’elles puissent accéder à des protocoles de soins AMP, adaptés à leurs situations médicales et sociales. Que cela puisse permettre de lutter aussi, contre certaines dérives des dons de sperme qui se font hors de tout cadre médical. En effet, toutes les femmes n’ont pas les moyens de recourir à des dons à l’étranger, donc elles cherchent des « solutions » en France. Solutions qui peuvent s’avérer être à risques sanitaires, physiques, éthiques. Que l’on sorte de l’hypocrisie du système actuel qui est, de plus, discriminant.
  • Mais cette ouverture de l’AMP pose aussi des questions matérielles. En effet, actuellement les équipes médicales gèrent des files actives de couples hétéro très importantes, les salles d’attentes sont pleines à craquer, ce qui engendrent des délais  important tant pour les rendez-vous que pour les prises en charges médicales. Quid des délais, dans les parcours de dons de gamètes, déjà hyper longs du fait du manques de donneurs pour les AMP avec dons ?
  • Les équipes médicales d’AMP sont-elles en capacités d’augmenter leurs moyens matériels et humains pour accueillir de nouveaux patients ? Car oui, une femme célibataire peut  avoir des soucis médicaux de fertilité…..Un couple homo peut avoir besoin d’un don de sperme réalisé dans un cadre médical et éthique.
  • Comment vont se répartir les frais des soins d’AMP en cas d’ouverture de l’AMP à toutes les femmes ?
  • Il faudrait aussi que les taux de réussites des AMP, puissent être augmentés, pour peut-être voir les files active se désengorger.
  • La questions des dons anonymes et non anonymes devrait aussi être posée.

Toutes ces questions doivent être discutées. C’est pour cela que nous demandons depuis 2013, un plan infertilité, qui puisse permettre d’élaborer une pensée complexe sur ces sujets de l’ouverture de l’AMP, sans plonger dans les approximations des médias, qui viennent souffler sur les braises d’un feu idéologique, qui ne demande qu’à se rallumer.  C’est dommage.

Lundi en fin d’après-midi, nous avons répondu aux questions d’un journaliste de RMC, sur ce thème de l’abrogation de la « circulaire »  et de l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes. Le journaliste en question partait sur les chapeaux de roue, sur l’AMP, la circulaire, les couples de femmes, le gouvernement recule, j’ai répondu à côté, car je n’avais saisi de suite que pour lui AMP=homosexualité.

J’ai du lui demander de quoi voulait-il parler précisément ?Pour que mes réponses soient en phase avec ces questions et non un dialogue de sourds.

En espérant que nos propos pourront éclairer un peu différemment, ce sujet qui risque d’être traité d’une façon très binaire, par cette chaine d’information. A écouter dans les émissions du matin, pour se faire un point de vue.

Essayons ensemble de ne pas dire n’importe quoi sur l’AMP. Il est urgent d’avoir le temps de la réflexion et de ne pas céder aux emballements médiatiques.

 

 

Autorisations spéciales d’absence / conseil départemental du Haut-Rhin

Depuis quelque temps, nous étions en relation avec des représentants du syndicat Force Ouvrière du Haut Rhin, au sujet du dossier AMP-TRAVAIL. En effet, des agents de la fonction publique territoriale de ce département souhaitant bénéficier des autorisations d’absence pour suivi de protocole de soins AMP, ont interpellé ce syndicat pour être soutenu et accompagné dans leur demande d’obtention de ce droit. La procédure administrative pour les agents de la fonction publique nécessite qu’une décision soit prise en COMITE TECHNIQUE PARITAIRE qui est l’instance décisionnelle pour ce genre de questions administratives.

Mais le CTP (comité technique paritaire) du département du Haut Rhin, qui s’est tenu dernièrement (juin) et qui devait statuer sur les ASA des agents n’a pas permis aux agents concernés d’obtenir un résultat positif.

Il y a un vrai souci d’égalité de traitement en ce qui concerne le droit aux autorisations d’absences pour parcours de soin AMP, entre les agents de la fonction publique, qu’ils soient d’état, territorial ou hospitalière. Cela est du au fait que bons nombres de responsables refusent d’accorder ce droit, au prétexte que le code du travail ne s’applique pas. Pourtant, dernièrement les démarches engagées, par certains agents,  ont permis des avancées sur ce dossier  :

  • Le CHU de Clermont-Ferrand s’est clairement positionné pour l’application de ce nouveau droit pour ces agents, via la publication d’une note de service. Voir ici
  • Le syndicat CFDT a interpellé la ministre de la fonction publique : Annick GIRARDIN sur ce sujet, cette dernière s’est engagée a clarifier la situation via une circulaire.
  • BAMP a également envoyé un courrier, à la ministre de la fonction publique.

Ce qui pose problème dans la réponse apportée par le Comité Technique Paritaire du département du Haut Rhin, c’est d’une part le refus d’octroyer ces autorisations d’absence, mais surtout la nature des arguments pour  « justifier » ce refus. Entendre « les agents vont profiter » de ces traitement pour ne pas travailler, ou « moi, je n’ai pas posé de congés suite à la naissance de mes enfants« , semblent avoir été clairement énoncés…… Pensez-vous qu’il soit préférable que ces personnes se trouvent en arrêt maladie pendant plusieurs jours, plutôt qu’elles soient présentes à leur poste de travail, en étant peut-être arrivée plus tard que l’horaire normale ? Faut-il des agents reconnues dans leurs difficultés de vie, considérés et donc plus enclins à donner le meilleur d’eux-mêmes à leur employeur, que des gens fatigués, déçus, découragés ? Il semble aussi que les personnes décisionnaires dans ce dossier, n’ont pas pris le temps de s’informer correctement de ce qu’implique un parcours de soins AMP.

Nous trouvons que c’est vraiment dommage que ce sujet n’ai pas été traité à la hauteur de ce qu’il peut permettre : un dialogue social apaisé, des employés respectés dans leur difficultés de vie, une amélioration des conditions de travail, et enfin une lutte contre l’absentéisme.

foloitravail

Pour réagir à cette situation, le syndicat FO68 a diffusé un communiqué de presse qui a été publié, le dimanche 26 juin dans les colonnes des Dernières nouvelles d’Alsace. Ils ont aussi écrit plusieurs courriers, pour dénoncer cette situation auprès de la ministre de la santé, de la ministre de la fonction publique et de la ministre du droit des familles, de l’enfance et du droit des femmes.

Affaire à suivre, pour voir si les responsables du département du Haut-Rhin, peuvent évoluer sur leur position concernant l’accès des agents de leur département, aux autorisations d’absences pour parcours de soins en AMP.

Syndicat Force Ouvrière des personnels du Département du Haut-Rhin30/06/16

FO et Eric Straumann s’opposent sur les absences liées à la PMA !

Par Syndicat FOdpt68 le 30/06/16

Tel est le titre de l’article paru dans les DNA ce dimanche 26 juin 2016 au sujet du refus des élus départementaux de permettre aux agents du CD68, inscrits dans des parcours de procréation médicalement assistée (PMA), de bénéficier d’autorisations d’absence spécifiques !

Dans un post précédent, nous vous avions informés avoir sollicité le CTP pour qu’il émette un avis sur cette question. Vous aviez ainsi pu constater la qualité de l’argumentaire que nous avions développé.

Hélas, c’était sans compter le positionnement des élus départementaux qui y ont siégé, et plus particulièrement celui de son Président, Pierre BIHL, farouchement opposés à ce que des agents puissent “encore profiter d’avantages supplémentaires“. Un tel état d’esprit révèle, pour le moins, une profonde méconnaissance de la situation de certaines femmes confrontées à d’éprouvantes difficultés pour simplement donner la vie ! Chacun pourra en outre se faire sa propre opinion sur la manière dont peuvent être perçus les agents de notre collectivité.

Scandalisé, le syndicat FO des personnels du département du Haut-Rhin a donc décidé de publier un communiqué qui a été relayé par la presse locale.

En réponse, le Président Straumann a affirmé aux journalistes que FO faisait un mauvais procès aux élus départementaux en prétendant qu’ils étaient opposés à la loi de modernisation de notre système de santé. Il convient pourtant de souligner que le député Straumann a lui-même voté contre ladite loi lors de son examen en nouvelle lecture par l’Assemblée Nationale le 1er décembre 2015.

Quant à la qualité du dialogue social qu’il vante, Monsieur Straumann gagnerait à participer aux séances du CTP, CHSCT ou CAP pour constater la manière dont sont menées les réunions de ces instances… Il pourrait ainsi constater que le dialogue social mériterait de ne plus être délégué !

Faites voyager le logo BAMP !

Vous connaissez l’histoire du nain de jardin qui vadrouille de lieu en lieu, photos à l’appui, dans le film Amélie Poulain?

Et si nous faisions la même chose avec le logo BAMP! ?

L’idée est de faire voyager le visuel de l’association. Les vacances d’été arrivent à grand pas et le concours durera jusqu’à fin août !

Si vous êtes adhérents, vous possédez sûrement un badge ou un magnet aux couleurs BAMP !
Si vous ne possédez pas ces goodies, pas de panique, vous trouverez des flyers à imprimer par ici : https://bamp.fr/agir-contre-infertilite/imprimerie-bamp/  (il est autorisé de les distribuer une fois vos photos faites !)

Que vous soyez baroudeur à l’autre bout du monde, que vous habitiez une grande ville, que vous soyez plutôt lézard à la plage ou que vous partiez en retraite au Tibet, soyez juste originaux !
Montrez que l’infertilité n’empêche pas de bouger et de positiver ! L’infertilité, la stérilité, l’AMP et BAMP c’est aussi pendant les vacances !

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Ce qu’il faut faire pour participer (si on participe, c’est plus facile de gagner…):

– avoir un compte Instagram (mais si vraiment vous n’en voulez pas, mais que vous voulez participer, envoyez nous vos photos par mail collectifbampalsace@gmail.com).
– s’abonner au compte COLLECTIF_BAMP
– dans le descriptif de votre photo  (ou vos….oui, si la créativité est là, c’est « no limit », il ne faudrait pas frustrer son imagination !) rajouter le #collectif_bamp
– dans « identifier les personnes », il serait souhaitable d’identifier COLLECTIF_BAMP, c’est plus simple pour nous de retrouver les photos !

Donc comme pour le premier concours, nous attendons vos photos, qui seront réparties dans deux catégories, avec logo BAMP et sans le logo BAMP. Début septembre, nous ferons un point et nous vous proposerons notre sélection dans l’une et l’autre des catégories.

Pour les utilisateurs d’Instagram, le @collectif_bamp et #collectif_bamp permet de taguer une photo, ce qui permet ensuite de voir toutes les photos proposées pour ce concours : Vacances / infertilité, stérilité, amp, FIV, IAD, IAC, etc.

Nous vous souhaitons de passer des vacances les meilleures possibles, malgré tout.

 

BAMP sur les ondes

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Mardi 28 juin à partir de 17h30, vous pourrez écouter Virginie, co-fondatrice de BAMP, invitée pour parler en direct de l’association COLLECTIF BAMP, d’infertilité, d’Assistance Médicale à la Procréation sur les ondes de la Radio TOU’ CAEN. Radio locale qui diffuse sur Caen et sa région, mais que vous pouvez aussi écouter sur Internet http://www.radio-toucaen.fr.

« Radio Tou’Caen est diffusée sur 91.9 en FM, et sur 1602 en AM (MW) et sur http://www.radio-toucaen.fr Radio Tou’Caen est une radio de proximité, une radio d’échanges, de partage d’expressions et d’informations.

RADIO TOU’Caen donne la parole  à ceux et celles qui  font vivre leur quartier  avec leurs projets, leurs questions, leurs réflexions, leurs engagements.  Elle  tend ses micros aux Conseils de Quartiers Citoyens, aux associations, aux habitants et habitantes et à ceux qui contribuent au « vivre ensemble » à Caen.

Radio Tou’Caen s’attelle ainsi à déchiffrer la société, raconter les vies ordinaires, les aspirations quotidiennes et s’immerge dans le territoire de Caen Métropole. Elle est collective et intergénérationnelle,  parce que c’est la vie.

Radio Tou’Caen est animée par Djamal, Julien, Myriam, Yassine, Yoann, Yvan…  de jeunes Reporters-Correspondants de la radio auprès des quartiers et leur Coordinateur-Journaliste Raphaël. »

Allez, entendre causer d’infertilité ça ne peut pas faire de mal. A vos poste de radio ! A vos ordinateurs !

Newsletter de l’agence de biomédecine

Médecine & Procréation Médecine & Procréation
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ZOOM SUR
La Fécondation in vitro
avec l’Intra Cytoplasmic
Sperm Injection (ICSI)

La Fécondation in vitro (FIV) est proposée quand il existe une anomalie des trompes de la femme qui empêche la rencontre naturelle des ovocytes et des spermatozoïdes. Elle peut aussi être indiquée dans le cas d’infertilité inexpliquée, de certaines infertilités masculines modérées et après un échec des stimulations et des inséminations artificielles. L’ICSI est une technique conseillée s’il existe des anomalies sévères du sperme qui affectent le nombre, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. La FIV avec ICSI peut être utilisée après certains échecs de FIV classique.

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LE MOT
Endomètre
Endomètre
Site d’implantation de l’embryon, c’est le nom donné au tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Appelé également muqueuse utérine, sa couche la plus superficielle se détache de l’utérus lors de chaque cycle menstruel déclenchant un saignement.
Se mobiliser
La nouvelle campagne nationale de mobilisation
« Devenez donneur de bonheur !» vient de se terminer !
En France, depuis 5 ans*, le nombre de donneuses a augmenté de 40 % et plus de 5 000 bébés sont nés grâce au don de gamètes. Le don d’ovocytes et de spermatozoïdes progresse mais demeure insuffisant pour un peu plus de 3 000 couples en attente d’un don de gamètes.
Quatre spots radio ont été diffusés sur les stations nationales et pour la première fois deux films d’animation sur Internet.
Pour écouter les 4 spots et regarder les 2 films d’animation, cliquez ici 

* Période de référence : 2010 > 2014. Pourquoi les dernières statistiques d’activité de l’Agence de la biomédecine datent-elles de 2014 ? Les résultats annuels d’activité d’AMP avec donneur doivent prendre en compte le délai de grossesse afin de pouvoir évaluer le nombre de grossesses initiées et le nombre d’enfants nés grâce à cette technique, ainsi que le temps nécessaire pour chaque centre de don de rassembler et transmettre ces données à l’Agence de la biomédecine qui les consolide, soit un décalage de 2 ans.

Paroles d'expert
Nikos Kalampalikis Nikos Kalampalikis, professeur de psychologie sociale à l’Université Lyon 2

Il a dirigé une large étude multicentrique à échelle nationale en deux phases auprès de donneurs de spermatozoïdes et de couples en attente d’un premier et d’un second don. Il en livre ici quelques enseignements..

1 –  Qu’est-ce qui motive un homme à se porter candidat au don de spermatozoïdes ?

A noter : Les CECOS (Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme) sont organisés par la Fédération des CECOS et sont intégrés dans un centre d’AMP et implantés dans un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) dont les missions principales sont la gestion des dons de spermatozoïdes et d’ovocytes, l’accueil d’embryons et la préservation de la fertilité des hommes, femmes et enfants qui vont recevoir un traitement ou avoir une circonstance qui présenterait un risque pour la fertilité future (par exemple les traitements du cancer). Actuellement 23 CECOS sont installés en France. De nouveaux CECOS sont en cours d’intégration à la Fédération.

2 –  Comment les couples bénéficiant d’un don de spermatozoïdes vivent-ils ce mode particulier de conception ?

Le fait de devenir parent est pour ces couples un enjeu personnel et social fort. L’attente d’une grossesse, souvent depuis plusieurs années, et le regard des autres font qu’ils surinvestissent le projet d’enfant. La question de l’origine génétique est minorée.
Trois quarts des couples receveurs ont l’intention de révéler à l’enfant l’origine de sa conception, en dehors de toute possibilité d’identification du donneur. Ces couples se représentent le donneur comme quelqu’un qui permet à plusieurs couples d’avoir des enfants (96,1%) en donnant ses spermatozoïdes (59,7%). Il s’agit, selon eux, d’un homme généreux et désintéressé (82,6%) qui ne s’incarne pas en la personne de quelqu’un en particulier (55,4%).
La place du donneur dans l’esprit des couples cristallise une ambivalence perçue et vécue. Autrement dit, le donneur occupera une place dans l’esprit des receveurs (mais pas au point de les obséder ou de risquer de remplacer la légitimité du père) ou alors le donneur n’occupera pas de place dans l’esprit des receveurs (mais pas au point de l’oublier à cause de la gratitude, de l’avènement de la parenté, de la ressemblance éventuelle à l’enfant ou d’une maladie génétique). L’un des résultats originaux de notre recherche concerne l’expression de la nature cyclique du don (donner, recevoir, rendre). Ainsi des femmes devenues mères grâce à un don de spermatozoïdes peuvent parfois s’engager dans une démarche de don d’ovocytes.

AMP

Quand la télé parle…. mal du don de sperme

Le don de sperme, un sujet qui comme le don d’ovocyte, ou le don d’embryon, pose des questions pour les donneurs/donneuse, pour les personnes qui doivent passer par cette étape pour espérer avoir une famille, pour les enfants nés grâce à un don de gamètes. Ce sujet mérite que l’on lui consacre du temps, de la réflexion.
La semaine dernière, BAMP a été interpellé par une adhérente, qui a regardé le reportage consacré au don de sperme dans le magazine Envoyé Spécial. Diffusion jeudi 16 juin 2016, le magazine s’ouvre sur ce sujet. Si vous voulez regarder c’est par là https://www.youtube.com/watch?v=cwQHPIKCwMo
« Hier soir je tombe par hasard sur le début de l’émission « envoyé spécial  » sur france 2, je vois dans le sommaire un reportage sur le don de gamètes, je me dis intéressant, je vais regarder.
Au début de ce reportage la mise en scène d’une fiction qui se déroule en 2060, le scénario : les gamètes se font rare et on y voit un donneur qui fait un énième don de gamètes (1000 ème peut-être je ne me souviens plus du chiffre).
En fait ce reportage parle surtout du business autour du don de gamètes ce qui n’est pas le cas en France.
Le ton est donné plein d’ironie, je ne dois pas avoir d’humour, Frigide Bargeot aurait-elle participé à l’élaboration de ce reportage ?
On parle du CECOS de Lille, on y suit entre autre un donneur de sperme que l’on qualifie de termes comme « champion »etc…
Bref tout ça pour dire qu’à part le cecos de Lille et la petite phrase de la fin qui parle du manque de donneurs en France et bien on dirai que c’est presque un caprice de bénéficier d’un don (certes ce n’est pas le sujet du reportage).
De mon humble point de vue ça ne va pas faire avancer l’opinion et les confusions en tout genre que font déjà énormément de personnes sur le don.
Et ça ne va pas favoriser non plus l’augmentation du nombre de dons.
Merci l’équipe d’envoyé spécial de france 2.
Une femme ayant bénéficier d’un don suite à la stérilité de son mari.
Une femme pas objective sans doute puisque très marquée par son histoire personnelle.
Une femme en colère quand même !!! »
Je suis donc allée regarder le replay. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un reportage traitant d’infertilité sous un angle aussi « négatif ». Cet article est donc en quelque sorte un droit de réponse, dans lequel nous allons expliquer nos arguments sur la mauvaise qualité de ce reportage.
Ça commence déjà avec le titre :  « l’étonnant commerce du sperme ». Ok, oui dans certains pays, les gamètes se vendent et s’achètent, et cela depuis des décennies, mais en France le don est anonyme et GRATUIT. Effectivement en France beaucoup de couples se rendent à l’étranger. Les délais d’attente très longs en France (entre 2 et 5 ans) et les conditions du don en France, font que certains décident de passer le pas hors de nos frontières. Certains couples le font par choix, d’autres par contraintes, d’autres encore font le choix de ne pas aller à l’étranger et d’attendre en France. Donc voyons voir ce qu’en disent les journalistes.
Et là on tombe de Charybde en Scylla et l’on se dit, pourquoi avoir traité ce sujet sous cet angle ? Avec l’utilisation de ces propos « humiliants », « goguenards », ironiques. En mélangeant allégrement la fiction, les exemples étrangers, de façon dominante avec quelques minutes sur un couple en attente et un donneur au Cecos de Lille (ils doivent être contents au Cecos de Lille, de se trouver au milieu de ce reportage, à charge [de notre point de vue] sur le don de sperme), on peut dire que le reportage cherche sa cohérence. Elle se trouve finalement dans la prédominances des exemples étrangers, qui mettent à jour les dérives d’une pratique : la vente et l’achat du sperme au niveau mondial.
De notre point de vue, Franco-Français on peut s’interroger sur le pourquoi et le pourquoi faire de ce reportage ? Au moment où l’agence de biomédecine relance une campagne d’information sur le don de gamètes en France. Il nous semble que ce type de reportage vient brouiller le message hexagonal. Il vient aussi et surtout, agresser, violenter les couples infertiles qui s’interrogent sur le recours au don de sperme, où qui s’y sont engagés, les hommes (donneurs et receveurs dans le même panier, car finalement le message est : ce n’est vraiment pas bien ce que vous faite et comment vous le faite) et les enfants nés grâce à un don. Il vient aussi donner une image erronée, au grand public français, qui n’y connait rien à tout ça et qui peut donc prendre au pied de la lettre, ce qui est dit à la télévision ! Mélangeant allégrement les situations étrangères avec ce qui se pratique en France, ce reportage joue non pas sur l’information, mais sur le sensationnalisme.
Détaillons un peu nos arguments à charge sur ce reportage :
– « Aujourd’hui« , « ce marché naissant« , « ce nouveau marché« ……..euh, non depuis des décennies les gamètes se vendent et s’achètent, d’ailleurs cela est aussi dit dans le reportage, une des entreprises citée existe depuis 1977. En France, le don de gamète n’est pas un marché, car la pratique est strictement encadrée par les lois de bioéthique. Sauf si vous sortez volontairement du cadre des lois de bioéthique (choix personnel d’aller à l’étranger, réduire les délais d’attente), où si vous ne pouvez pas y avoir accès (femmes célibataires et couples de femmes) ou si vous ne pouvez plus en bénéficier (couples hétéro sortis des parcours d’AMP français).
– Le sujet fiction qui ouvre le reportage sur un « super donneur, meilleur donneur de France avec 1000 enfants à son actif« , à quoi sert d’utiliser cet angle fictionnel ? A faire peur ? Peut-être, mais en tout cas il peut inquiéter voir affoler, ceux qui ne connaissent rien à l’infertilité, la stérilité et son traitement en France. Car on s’y croirait. Le ton est donné, on le retrouvera dans tout le reportage : dédain vis à vis des donneurs qui se font payer pour ça, sans vraiment trop réfléchir à leurs actes. Mais aussi vis à vis des personnes (couples, femmes) qui font gonfler ce marché via leurs demandes exponentielles de sperme. Le pire est à venir, car cela va s’aggraver à l’avenir, la télévision vous le dit.
– Le reportage s’ouvre sur un couple français qui attend un don de sperme en France. Ok, donc on va parler du don en France…… Mais finalement, non, un couple en attente, un donneur et hop, le reportage enchaine sur les exemples étrangers. Mélanger les situations étrangères et la situation française, vient il nous semble brouiller le message. De plus, le reportage ne fait pas de distinction entre les couples hétérosexuels, les femmes célibataires, les couples de femmes, qui sont dans des configuration d’accès à une Assistance Médicale à la Procréation en France, très différentes. Cela créée des situations sanitaires, financières, juridiques très variables sur lesquelles, il faudrait vraiment que la France se penche.
– Les termes utilisées pour parler des donneurs de sperme « accueilli comme le messie« , « compétiteur« , « l’écurie des donneurs« , « ce champion« , « prince charmant« , nous semble soient ironiques, voir dégradants. Donc un homme stérile, vous le décririez comment mesdames les journalistes, comme un looseur, un crapaud baveux ? Bon à reformer sur l’échelle de la compétition masculine ?
– Les exemples très fouillés sur les pratiques relatives aux banques de sperme à l’étranger, « pour éviter d’attendre. Je paie 1000 euros…….. » Exemples Danois, Américain, présentations des entreprises qui récoltent et vendent dans le monde entier. Présentation aussi des « affaires » difficiles vécues par les couples receveurs, vis à vis des entreprises de ventes de sperme, vis à vis des donneurs. Pas de législation en Amérique, business is business. Ok cela fait partie de la réalité, nous n’avons pas encore trouvé le moyen de n’avoir que des bons côtés à nos actes, mais là franchement, nous pensions que si vous vouliez dégouter des potentiels donneurs, et des couples receveurs d’avoir recours à don, vous ne vous pourriez pas vous y prendre mieux.
– L’ode délirante à Ed Houbben, un hollandais (dont dont son histoire à déjà été mainte et mainte fois racontée 2013), qui se targue d’avoir plus de 120 enfants, via des dons directs par relations sexuelle. Mais comment peut-on encore faire des reportages sur cet homme ? Humiliation pour lui, que l’on décrit comme un homme ayant vécu sa première relation sexuelle à 34 ans,qui aime les femmes qui mettent des bottes pour faire l’amour avec lui, humiliation pour les femmes ayant des enfants avec lui et les enfants……. D’ailleurs tous les médias sur le net reprennent à l’envie ce seul aspect du reportage : « l’avantage charnel du don de sperme…... ». Comme quoi, le sensationnel est toujours et encore ce qui fait le plus parler. Vraiment dommage et encore une fois, merci pour l’image très négative donnée au don de sperme. Mais dans ce cas là, faut-il encore parler d’un don de sperme ? Qui manipule qui dans cette histoire ? Les femmes qui ont trouvé la « bonne poire », le « tombeur de ces dames » fournissant gratuitement ce qu’elles espèrent tant ? Ou lui qui se voit régulièrement à la télévision pour une bonne séance de publicité gratuite. En France, nous avons aussi des hommes du même acabit, ce que nous trouvons plutôt inquiétant et qui décrédibilisent le don altruiste.
– Le reportage se termine (40 secondes)  sur les chercheurs Lyonnais qui ont créé des spermatozoïdes in vitro. On revient à la fiction du début, science fiction…. ? C’est tellement court que l’on ne saura pas qu’elle était l’intention des journalistes. Mais pour rappel, les chercheures Lyonnais, ou Chinois en sont au stade expérimental et avant que cela puisse se réaliser en France, de l’eau va couler sur les ponts.
– En plateau, la journaliste parle (rapidement là aussi) de la dernière campagne de l’Agence de biomédecine sur le don de sperme. Disant que la France manque de donneurs………………mais avec un tel reportage, nous ne pensons pas que les donneurs vont se précipiter dans les différents Cecos de France. C’est vraiment dommage, car ce sujet : le don de sperme, sous tous ses aspects mériterait qu’on puisse en parler d’une façon différente de ce qui est proposé dans ce reportage. Car là, le traitement de ce sujet et la violence (sans doute pas volontaire) des propos, vis à vis des hommes stériles, des donneurs, des couples, des femmes ayant eu recours, où s’interrogeant sur le don de sperme, ainsi que vis à vis des enfants nés grâce à un don de sperme est assez choquante.
Il nous semble que les thèmes abordés, qui posent des questions intéressantes, auraient vraiment pu être traités autrement. Ce sont d’ailleurs des thèmes que notre association souhaite mettre au cœur d’une réflexion collective  :
  • La baisse inquiétante de la fertilité humaine (causes et conséquences). Avant de faire culpabiliser les gens sur le recours à un don, idem pour le donneurs, pourquoi ne pas interroger les causes de cette baisse de la qualité et de la quantité de spermatozoïdes chez les hommes ?
  • Les aspects psychologiques et sociaux du recours au don de gamètes (pour les donneurs/donneuses, les couples, les enfants). Avoir recours à un don de gamètes n’est jamais une démarche que l’on fait à la légère, sans réflexion, sans s’interroger sur ce que cela va engager pour les enfants à naitre, pour soi dans la famille, dans la société. D’ailleurs certaines personnes y renoncent.
  • Le cadre juridique et éthique français, l’organisation médicale du don en France. Oui la France manque de donneurs et de donneuses, mais ce n’est pas ce genre de reportage qui va permettre de faire évoluer positivement cette situation. Oui ce sujet mérite réflexions, positionnement éthique, modifications de certains aspects. Par contre, le cadre juridique français à le mérite d’exister et de protéger les donneurs, les receveurs et les enfants nés grâce à un don.
  • La question de l’anonymat ou pas du don de gamètes. Qui est un autre aspect essentiel des questions psychologiques et sociales soulevées par le don de gamètes en France.
  • L’internationalisation des échanges humains, qui fait que les gens s’informent, voyagent, sont libres de faire ce qu’ils souhaitent.
  • La marchandisation d’éléments du corps humain : la loi du marché, tout peut-il être acheté et vendu ?
  • Les dérives, réelles, liées à la situation française (manque de donneurs, délais d’attente, exclusion des certaines personnes de l’accès à l’AMP en France), qui fait se développer des pratiques parallèles et à notre avis risquées, du don de sperme. En effet, nous avons déjà alerté sur certains sites internets qui proposent des dons moyennant relations sexuelles, ou qui proposent la vente du don de sperme. Ces dons se réalisent hors du cadre médical protecteur, soumis à la loi du marché, profitant du désarroi profond dans lequel se trouvent les couples, les femmes en désirent d’enfant.
 Voilà ce que ce reportage nous a inspiré : mélange des genres, traitement particulier d’un sujet qui mériterait pourtant que l’on en parler sérieusement, culpabilité, violence, humiliation pour les couples ayant recours à un don de sperme, idem pour les donneurs et sans parler des enfants nés grâce à un don de sperme. Mais nous ne sommes peut-être pas vraiment objectives, dites nous ce que vous en pensez.

 

Conférence René Frydman, ses réponses à vos questions

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Avec un peu de retard (désolée, mais tellement de choses à faire en même temps pour BAMP) nous vous transmettons les réponses du professeur René FRYDMAN lors de la conférence qu’il a donné le 28 avril dernier dans le cadre de la Semaine de Sensibilisation sur l’Infertilité à Caen.

En introduction vous dire que Monsieur Frydman était lui aussi enchanté de participer pour la deuxième année à la Semaine de Sensibilisation sur l’Infertilité. Que de son point de vue, les associations de patients ont toute leur importance et un rôle important à jouer.  Que dans la médecine particulière qu’est l’AMP, « la participation des couples est fondamentale dans cette situation particulière où la médecine n’est pas vitale, mais où la collaboration et le dialogue entre les médecins et les patients sont essentiels. Les patients participent de plus en plus car ils sont très informés« .

Pour rappel, cette conférence « questions-réponse » de Monsieur Frydman s’inscrivait aussi dans un contexte particulier, du fait de la publication du Manifeste des 130 médecins et biologistes de la reproduction. Manifeste dans lequel, ils demandent notamment un plan infertilité. Plan infertilité que demande aussi BAMP depuis sa création (voir Manifeste BAMP).

De plus, deux collaboratrices du professeur FRYDMAN, Mesdames sont venues nous présenter en exclusivité l’application « WISTIM  » qu’elles ont créé et qui sera disponible, sans doute à partir du mois de septembre (nous vous en reparlerons en détail à ce moment là. Mais cela pourrait permettre de rendre plus fluides les échanges entre les équipes médicales d’AMP et les patients-es ayant un smartphone). Application payante, car sur un serveur sécurisé, mais qui semble pouvoir apporter un mieux vivre au quotidien du suivi des protocoles de soins.

Mais place à vos questions et aux réponses de Monsieur Frydman. Retranscription réalisée à partir de nos notes.

ELODIE :

  • Que pensez-vous de l’étude indiquant que les carences en cellules souches de certains endomètres pourraient expliquer l’absence d’implantation d’embryons ?
  • Y aurait-il un traitement pour améliorer cette carence ?

Monsieur FRYDMAN :

En PMA, il existe deux boites noires : le développement de l’embryon et l’implantation de l’embryon dans l’utérus. Comment choisir l’embryon qui s’accrochera de façon certaine à l’endomètre, peut de solutions d’évaluation de cette capacité. Actuellement, les embryons sont choisis sur leur morphologie, mais ce n’est pas d’une efficacité optimale.

Boites noires dans le sens où nous ne maitrisons pas leur fonctionnement. La réalisation ou pas de l’implantation et du développement de l’embryon restent mystérieux, hors de la maitrise technique.

Lorsque dans l’endomètre, il n’y a pas assez de cellules souches, l’implantation de l’embryon ne peut se faire. Si cela était confirmé, il faudrait prouver qu’on est capable ensuite d’aider à la régénération des cellules souches et de proposer un traitement (qui pour l’instant n’existe pas). De plus est-ce que cette production de nouvelles cellules souches pourrait réellement améliorer l’implantation ?

La fenêtre d’implantation se renouvelle avec les cycles féminin, son arrivée et sa durée peuvent varier. La régénération de l’endomètre parts des cellules souches. Donc la solution serait peut-être d’améliorer les cellules souches et de réussir à en produire d’autres. Plusieurs équipes de recherche se penchent sur cette question, sans résultats probants pour le moment. La méthodologie scientifiques imposent différentes phases dans la recherche :

  • Vérifier que les échecs d’implantations soient bien en rapport avec des difficultés de production des cellules souches, mais ce n’est pas encore tout à fait prouvé. Une seule étude évoque ce problème, pour l’instant.
  • Démontrer la deuxième phase, c’est à dire que l’on est capable d’aider à la régénération des cellules de l’endomètre via des cellules souches.
  • Troisième phase, voir si cette production de cellules d’endomètre grâce à la production de cellules souches nouvellement stimulées par un traitement adapté, permettrait une hausse d’implantation des embryons.

La recherche est une chose mais de là à l’appliquer à la thérapeutique ? Il y a un grand pas.

Tout est à l’état de la recherche, c’est intéressant, rien n’est confirmé dans ce domaine.Tout cela n’est pas encore démontrer, donc si vous trouvez sur internet des propositions d’injection de cellules souches, pour plusieurs milliers de dollars, méfiez-vous. Souvent le marketing (des entreprises qui annoncent avoir trouvé la solution miracle) va plus vite que la réalité scientifique et d’une possible application chez l’homme. C’est à dire que des sociétés peuvent annoncer une découverte, mais que son application réelle n’est pas possible dans l’immédiat.

 

PLUME :

  • A part proposer des FIV ICSI aux compagnes d’OATS, ne serait-il pas judicieux de proposer d’abord (ou en parallèle aux tentatives AMP) des traitements aux hommes infertiles ?

Monsieur FRYDMAN :

Le problème des OATS c’est à dire oligoasthénotératospermie,  c’est à dire moins des spermatozoïdes que la norme, moins bien formé que la norme et moins mobiles que la norme. Altération de la qualité de la spermatogenèse, vous savez que les spermatozoides mettent trois mois à se régénérer. Ce que je veux dire par là, c’est que vous avez une image de la qualité d’il y a trois, cela veut dire qu’une grippe où l’ingestion de toxique à pu altérer la production des spermatozoïdes. C’est une réalité depuis 25 ans, la dégradation du sperme (nombre, mobilité, aspect) est constatée par tous les biologistes. On ne sait pas très bien pourquoi. Il est certain que  le stress, le tabac, les drogues, les polluants divers et variés, les pesticides…ont un impact sur la spermatogenèse.

Premier conseil, lorsque les hommes rencontrent ce type de problème, c’est l’hygiène de vie. Il est primordiale d’éviter tous ces toxiques, l’obésité à aussi un impact néfaste sur la spermatogenèse. Il faut adapter son régime alimentaire, faire du sport, arrêter d’être addict au tabac, drogues, alcool.

Ensuite sur les traitements qui sont proposés, il faut bien dire qu’il y a quand même un flou. On essaie de donner, pour combattre les radicaux libres,  des vitamines pour tenter d’améliorer la production, mais ce n’est pas très efficace. Mieux vaut faire cela que rien. Mais on n’a pas encore de thérapeutique pour résoudre cela. C’est compliqué parce qu’un seul spermatozoïde suffit, et là on parle de centaines de milliers voir de millions de spermatozoïdes.

Rien pour améliorer la formation tous les trois mois du nombre, par contre l’hygiène de vie (alimentation, réduire les toxiques, éviter les bains trop chaud) et éviter les poste de travail avec forte exposition à la chaleur peuvent permettre d’améliorer la qualité.

Associé à des adjuvants vitaminiques, donnent un terrain un peu différent.

Question de la salle : La spermatogenèse in vitro ? Annonce de plusieurs groupes de recherche qui disent avoir réussis à fabriquer des spermatozoïdes in vitro, à Lyon et en Chine.

Oui on essaie déjà de comprendre ce mystère, comment les spermatozoïdes se forment. C’est tellement complexe. Toutes les cellules de l’organisme que nous avons proviennent des cellules souches.  Les gamètes, cellules masculines, féminines de la reproduction ne font pas exception. On sait qu’à partir de cellules souches, on peut in vitro, les faire maturer progressivement et obtenir des spermatozoïdes. Cela a été fait chez l’animal, en particulier chez le rat, avec une descendance, mais avec beaucoup de pertes. Beaucoup de ces fœtus animaux ne se sont pas développés, ont eu des anomalies. C’est un peu comme la technique de clonage, ça fonctionne mais avec beaucoup de pertes, en tous les cas pour l’instant.

Il y a des équipes, y compris en France à Rouen et Grenoble qui travaillent sur ce domaine là. Essayer de comprendre les phénomènes de la fabrication des spermatozoïdes, mais pour l’instant pas de thérapeutique adaptée pour produire des spermatozoïdes lorsqu’il n’y en a pas ou pour guérir ceux qui existent.

Utiliser les cellules souches pour créer des spermatozoides à partir de cellules de peau, par exemple pour créer un néo-spermatozoides, mais c’est une vision un peu lointaine, car comme beaucoup de choses actuellement en génétique et biologie, on comprend qu’il y a des pistes, mais il faut être sure de ne pas faire de mal. Si c’est juste pour produire des spermatozoïdes qui fécondent, mais qui fécondent anormalement c’est difficile.

Le problème ensuite, c’est de franchir le pas, pour une application chez l’homme. Dans toutes les innovations, la recherche fondamentale est passionnante, mais pouvoir passer à la thérapeutique c’est un autre pas. Car il faut toujours mesurer le risque et le contre risque. Quel est le risque d’un homme qui ne produit pas de spermatozoïdes ? Avoir un enfant qui n’est pas génétiquement de lui. Quel est le risque d’utiliser des néo-spermatozoïdes ? Prendre un risque, au moins au début pour l’enfant. Donc, faut-il prendre ces risques ? Comment allons-nous gérer ce point là. Sur le plan scientifique la connaissance est une chose indispensable.

Question de Claire De Vienne, gynécologue CHU de Caen : Vous disiez que certaines vitamines pouvaient être intéressantes pour les hommes OATS. Ce que nous constatons c’est que certains ont des taux de fragmentation de l’ADN spermatique, élevée. Lorsque l’on donne des vitamines, chez certains cela améliorer la situation et d’autres cela l’aggrave.

Oui, c’est pour cela que je disais que c’est un peu flou, cet impact des vitamines chez les hommes OATS. Taux de fragmentation et taux de dispersion, ont tâtonne un peu dans les produits que l’on peut offrir. Pas de certitude démontrée sur un impact positif des vitamines et parfois des effets contraires comme vous dites. Il faut donc au moins le proposer, car cela ne coute pas trop chers, faire un spermogramme pour vérifier si cela à un impact et lequel.

Dans ce domaine, encore beaucoup à apprendre, c’est une donnée statistique. Pourcentage sur des millions de cas, lequel va être celui qui pourra féconder, c’est difficile.

Paradoxalement, un seul spermatozoïde suffit pour faire un bébé !

 

  • Où en est la recherche en France (et dans le monde) sur l’infertilité inexpliquée ? Existe-t-il des laboratoires qui s’occupent de cette problématique ?

Monsieur FRYDMAN :

Comme son nom l’indique, c’est le cas de figure où tout ce que nous savons observer chez l’homme et chez la femme est à peut près dans les normes et pourtant la grossesse ne survient pas.

Cette situation difficile où l’on dit au couple : « tous vos indicateurs médicaux sont dans les normes, » et pourtant la grossesse ne survient pas.

La reproduction humaine n’est pas excellente comparée à celle des animaux qui n’ont pas de ménopause, sauf la baleine et l’orque. La moyenne de conception par cycle pour un couple lambda est de 25 % en moyenne. Donc la reproduction humaine est loin d’être très efficace. On revient donc, aux deux boites noires évoquée au début : embryon et implantation.

Voir si l’embryon à les capacités de se développer. Et depuis l’année dernière la recherche a avancé par exemple sur les mitochondrie, quoique les résultats que l’on pensait obtenir sont différents, ce qui remet en question Ovascience.

Les mitochondries sont les usines qui produisent les ovocytes. Donc on pensait qu’il suffisait d’ajouter des mitochondries pour améliorer la situation. Mais les chercheurs ont constatés que dans les ovocytes trop âgés, il y avait trop de mitochondries d’une certaine qualité. C’est donc l’accumulation de mitochondries qui caractérise l’ovocyte « âgé » et qui posent problème.

Comprendre l’ovocyte, l’embryon et l’endomètre, hors dans ces trois domaines là, on tâtonne. Vous voyez la difficulté.

Virginie : Mais est-ce que la recherche française dans ces domaines est possible ? Manque d’autorisations spécifiques, de moyens ?

Oui, pas d’autorisation en France, mais d’autres pays qui pourraient le faire, mais qui réellement butent sur la complexité de tous ces paramètres.

Cellules très petites, donc difficile d’agir dessus sans dégrader leur fonctionnement, en ajouter ou en retirer c’est un problème, car l’on touche aussi à d’autres cellules et à l’équilibre établie entre elles. Autre problème, en France pas d’autorisation de faire des recherches dans ce domaine.

Le problème de l’implantation : dans la grossesse l’embryon est vécu par le corps de la femme comme un corps étranger. Tout cela renvoie à une spécialité médicale qui est l’immunologie. Le système immunologique s’active donc pour tenter de  rejeter ou accepter l’embryon.  Les problèmes d’implantations pourraient se résumer au fait que le système immunologique de la femme n’accepte pas un corps étranger. L’embryon est un corps étranger, l’immunologie intervient donc dans l’implantation, sur les interactions entre l’endomètre de la femme et l’embryon.

 

Virginie : Certaines femmes s’interrogent sur le fait que des examens immunologiques ne sont pas faits dès le début de leur parcours, les couples accumulent des échecs sans explications. Pourquoi ne pas faire ce bilan en amont d’une AMP ?

Monsieur Frydman : L’interrogatoire médical va permettre de voir, s’il n’y a pas une histoire personnelle ou dans la famille, d’allergie ou de maladies immunologiques. Quand faut-il faire ces examens ? Est-ce qu’il faut les faire en première intention, chez une patiente qui n’a pas de passé allergique. Je ne pense pas car ont trouve rarement quelque chose. Par contre, dès qu’il y a un signe d’alerte au bout de deux essais infructueux, il faut faire ce bilan. De même que le caryotype.

 

ELEONORE :

  • Comment prévenir la baisse de la réserve ovarienne et comment la traiter ou du moins comment l’améliorer ? Est-ce possible ?

Monsieur FRYDMAN :

Question fondamentale actuellement. Car nous voyons de plus en plus de demandes de femmes « âgées » sur le plan de la reproduction. C’est à dire au delà de 40 ans.  Et incontestablement, nous avons une accélération de la baisse de la réserve ovarienne « naturelle », mais qui me semble là aussi lièe aux mêmes éléments évoqués pour l’homme. Nous avons le sentiment, je dis bien le sentiment, que la dégradation de la réserver ovarienne, depuis plusieurs années, survient plus jeune.

Via l’observation de la réserve ovarienne, c’est à dire l’observation du nombre de follicules visible à l’échographie associée à un dosage hormonale. On, fait une approximation de la réserve ovarienne, ce n’est pas très précis. Ce sont des interprétation des chances de production d’ovocytes de qualité. Donc en un mot on observe que de nombreuses femmes à l’âge où elles viennent nous voir, on une réserve ovarienne altérée.

C’est vraiment le problème majeur, car pour l’instant nous n’avons pas solution à cela,  pas de proposition des thérapeutiques efficaces, malgré une littérature scientifique abondante sur ce sujet. Statistiquement, rien n’emporte la conviction que ce protocole, ces doses, ce produit soient efficace à 100%. Beaucoup de choses sont essayées, hormones de croissance, les hormones mâles. C’est très débattue et dans la pratique pas d’unanimité. Donc nous sommes très embêtés.

Dans la recherche, il y a d’autres projets. Il y a un projet, dont vous avez peut-être entendu parlé : injecter les propres mitochondries d’une femme à elle même ou d’une autre femme pour essayer de re-stimuler la formation des follicules. Comme souvent il peut y avoir des idées intéressantes, mais attention là aussi au marketing, cela va être mon leitmotiv. Vous avez sans doute entendu parlé de la société Ovascience au Canada, qui fait des annonces suite à la naissance d’un enfant (injection de mitochondries), on en fait toute une panacée, mais pour l’instant, nous n’avons pas les preuve de l’efficacité réelle. Il faut rester prudent et analyser toutes ces données pas à pas, pour ne pas être victime de la puissance commerciale d’une société. Il faut observer les innovations. Mais aujourd’hui personne n’est capable de dire à une femme qui a une réserve ovarienne altérée, à tous les coups nous allons vous proposer telle et telle chose et cela va régénérer votre fonction ovarienne.

 

KENZA :

  • Y-a-t-il des solutions, des avancées, des nouveaux traitements sur l’infertilité masculine plus particulièrement sur le problème de l’azoospermie de type génétique avec micro délétion de la région Azfc ? Merci d’avance

Monsieur Frydman :

C’est simplement que sur les chromosomes ont va regarder, région par région. On a constaté qu’il y a des manques (délétions), des zones qui ne sont pas correctes.  Plus fréquemment, lorsque l’on trouve une azoospermie, ont peut trouver a marque génétique de cette azoospermie. Maintenant, la solution n’est pas simple. Une des région pour laquelle nous n’avons aucune solution et les deux autres régions, on va pouvoir discuter avec le couple si on reste avec les spermatozoïdes du monsieur ou si on passe au don de sperme.

 

SIMONE :

  • Pensez-vous qu’une certification qualité de tous les centres PMA serait susceptible d’améliorer les taux de réussite ?

Monsieur FRYDMAN :

Surement. La certification qualité devrait être obligatoire, aidé.  Il faut surement établir des normes, ça manque dans le secteur de l’assistance médicale à la procréation. Car l’on sait très bien qu’il faut un certain nombre de matériel dans un certains nombre de cas. Comme en obstétrique, il a fallut du temps pour considérer que dans un service de néonatologie, il fallait tant d’infirmières pour tant de lits. Que pour un accouchement, il faut tant de sage-femme pour tant de patientes. Ce n’est pas parfait, mais on a réussi à établir des normes.

En AMP, si l’on prend juste le marqueur du nombre d’incubateurs d’un service d’AMP sur le nombre de tentatives, ont constate des disparités importantes en terme de résultat, d’un service à un autre. La démarche qualité, qui va aussi avec la formation, avec la disponibilité des équipes pour cela, la traçabilité des actes, la sécurité, tout cela est indispensable. Tout cela devrait permettre d’aider ceux qui luttent pour avoir plus de moyens. Car actuellement beaucoup d’équipes d’AMP luttent pour avoir des moyens correspondant à leurs  objectifs de résultats. Les moins bons résultats sont rarement imputés à la qualité des gens, cela peut arriver, mais c’est très rare. Non, les moins bons résultats sont souvent dus à un manque de moyens. Tant dans le privé que dans le public.

Claire De Vienne, gynécologue au CHU de Caen : La démarche qualité nous sommes en plein dedans, mais nous n’avons aucune aide supplémentaire pour faire ce gros travail, qui prend du temps sur les consultations. Les Procédures relatives aux normes ISO pèsent aussi sur les équipes qui passent beaucoup de temps à remplir des documents. Mais par contre, pour les relations avec les patients, nous sommes dans la tradition orale sur les échanges d’information (Cet échange fait suite à la présentation de l’application WISTIM, qui pourrait améliorer les échanges patients-équipes médicales pour le suivi du protocole de soin). La démarche qualité est indispensable, mais c’est un autre métier.

Monsieur Frydman : Ce qui est certain c’est que tout le monde souhaite avoir une démarche qualité. Mais telle qu’elle est faite, elle est extrêmement administrative, rigide et elle pèse sur les équipes. Mais une démarche qualité qui permettrait d’obtenir les moyens correspondant aux objectifs souhaités, oui.

 

  • Y a-t-il suffisamment d’étudiants en médecine et de biologistes qui se destinent à travailler en PMA (autrement dit, la filière est-elle suffisamment attractive) ?

Monsieur FRYDMAN :

Non, il n’y pas assez d’étudiants qui souhaitent prendre la relève.  Ce qui pose ou va poser un problème de relève de génération, il n’y a assez de gynécologues universitaires, qui sont ceux qui peuvent participer à la formation.

On tourne en rond, car nous voyons qu’il y a de la recherche à faire pour avancer sur les échecs que nous avons évoqués. Mais qui doit faire la recherche ? Ce sont les universitaires, mais aujourd’hui, il n’y a pas assez de postes universitaires, d’enseignement et de recherche.

L’autre problème c’est qu’aujourd’hui les médecins-gynécologues font tout, recherche, enseignement et clinique. La discipline gynécologique n’est pas très attractive. Cette spécialité (AMP) a du mal à s’installer, les patients ne sont pas des malades à soigner de façon urgente et puis il y a des priorités : si vous prenez un service de gynéco-obstétrique, il faut nécessairement un médecin pour assurer la garde. le service met toutes ces forces sur l’indispensable et ce qui ne l’est pas. Si vous faites l’obstétrique en priorité, l’anténatal en priorité, la chirurgie en priorité. Ce qui reste à la fin c’est  la contraception d’un côté et la  reproduction de l’autre. Ce n’est pas le truc sur lequel on investi, donc ce n’est pas attractif pour les étudiants. Donc c’est un vrai problème.

Dans le manifeste des 130 médecins, que votre association a soutenu et repris en partie, cette question de la recherche est abordée, ainsi que la prévention, la formation.

Intervention d’une étudiante en pharmacie : Je trouve que cela change un peu, du côté pharmacie, je trouve qu’on entend de plus en plus parlé d’infertilité. On nous encourage à aller nous former dans cette voie, mais sans forcément de poste à la clé.

 

  • Dans le cadre d’une FIV, pourquoi ne pas congeler les ovocytes ponctionnés plutôt que les embryons ? Cela réduirait les questions éthiques liées à la cryoconservation des embryons surnuméraires.

Monsieur Frydman :

Beaucoup d’équipes le font, la congélation des ovocytes cela fait dix ans que cela a été mis au point dans le monde et cela fait quatre ans que c’est autorisé en France. De nombreuses équipes ne sont pas encore au stade le plus performant de la congélation ovocytaire. Ils préfèrent, car ils maitrisent mieux et ils ont de meilleurs résultats avec la congélation embryonnaire.

L’avenir, quand on regarde les équipes italiennes, belges et espagnoles certaines équipes, pas toutes, ont développé cela avec de belles réussites. On ne peut qu’encourager les équipes françaises à développer ces techniques. Pour cela il faut l’apprendre, avoir le matériel adéquat et vouloir le faire.

Effectivement, si vous avez plusieurs ovocytes recueillis, vous pouvez en féconder deux et conserver les autres. Un ou deux embryons seront transférés. Les autres seront congelés en tant qu’ovocytes et comme le dis, la personne qui vous a écris, cela évite les problèmes éthiques, puisque congeler les ovocytes pose moins de problème que la congélation d’embryons. Car les hommes et les femmes, formant un couple ne sont pas liés indéfiniment, cela crée des problèmes sur le devenir des embryons.

20 % des couples qui ont des embryons congelés n’arrivent pas à prendre de décision sur le devenir de leurs embryons. Ce qui fait des accumulations de garde embryonnaires. Ils n’arrivent pas à trancher : don ou destruction, recherche ?

On pourrait poser la question aux couples : est-ce que cela vous pose une question éthique de conserver des embryons. Si c’est le cas, il faudrait proposer la conservation ovocytaire. Je pense que cela serait une bonne façon de faire.

Question de la salle : Que deviennent les embryons non utilisés ? Quel délais ? Est-ce que cela peut servir à la recherche ?

C’est très délicat. Non cela ne peut pas servir à la recherche, si le couple géniteur n’a pas donné son autorisation par écrit. Pour faire de la recherche sur l’embryon, il faut que l’homme et la femme, la femme et l’homme aient donné leur accord. Le problème que vous soulevez est un vrai problème, parce que la loi a changé. Au début de l’AMP en France, la limite de conservation était de 5 ans, si aucune nouvelle du couple, les embryons devaient être détruits. Les lois de bioéthique de 2004 et 2011 ont donc prévu qu’un couple peut conserver ses embryons indéfiniment, s’il en manifeste sa volonté tous les ans. Alors après on s’étonne que l’on en ait beaucoup dans les cuves d’azote.

Mais la situation antérieur à 2004, c’est à dire la destruction au bout de cinq ans, cela était difficile pour les équipes de le faire. Car s’ils détruisaient et que le couple le lendemain revenait vers eux pour un nouveau projet de bébé, pour demander un TEC.  Ce n’est donc pas si simple, personnellement, je pense que la conservation ovocytaire, en discutant avec les couples, ont peut envisager cela c’est moins lourd. Dans les situations de séparations d’un couple, impossible d’utiliser les embryons, cela crée des tensions. Alors que la femme pourrait récupérer ses ovocytes congelés.

Question de la salle : La France à le stock d’embryons congelé le plus élevé d’Europe ?

Je n’ai pas la réponse, mais sans doute parce que cela s’accumule depuis de si nombreuses années.

Question de la salle : Le coût de cette accumulation d’embryons congelés ?

Ce n’est pas vraiment un coût, car l’azote liquide ce n’est pas très cher. Ce n’est pas l’argument clé. A quoi cela sert ? On risque de rentrer un jour, vous savez que la loi en France, elle dit : Vous pouvez faire de la PMA, du moins des transferts d’embryons, jusqu’à l’âge « naturel » de la procréation. Mais cet âge n’est pas défini plus précisément, mais on sait que c’est avant 50 ans, 50 ans étant une barrière, il n’y a pas de grossesse naturelle après cet âgé. Que fait-on si une femme de 52 ans, dont on a conservé les embryons, si elle veut utiliser ses embryons congelés ? Ce flou de la conservation ad vitam et aeternam n’est pas simple pour les praticiens. Ce sont des points qui mériteraient d’être revisités et plus cohérents.

 

 

LOUBNA :

  • Le win test qu’est-ce que c’est ? Intérêt ou pas en cas d’échecs répétés et inexpliqués ? Versus Matricelab ? Pourquoi ces tests qui cherchent à optimiser les interactions endomètre /embryons ne sont pas plus généralisés ?

Le Win test (réalisé en France à Montpellier) comme le test ERA (réalisé en Espagne), visent à définir le profil génétique de l’endomètre, pour permettre ensuite de choisir le meilleur moment pour le transfert (fenêtre d’implantation). Il y a des gènes qui s’expriment, et d’autre non. Ces deux équipes proposent un profil optimum et un autre qui ne l’est pas. Chez les femmes, il y a parfois des fenêtres qui sont avancées (sur le cycle) et parfois d’autres sont plus tard dans le cycle. La proposition s’est de mettre en adéquation, l’embryon conservé au froid et l’endomètre dans sa phase la plus accueillante.

Très intéressant et passionnant, plusieurs approches possibles, profil génétique et aussi aspect immunologique pour essayer de comprendre, cette fameuse boite noire : qu’est-ce qui fait que l’on aurait un endomètre le mieux préparé possible.

Le WIN TEST est donc une voie de recherche qui n’a pas encore fait totalement ses preuves, de même que le test ERA. DOnt on attend la confirmation sur de plus grandes séries, pour essayer de voir si finalement cela apporte quelque chose.

Aujourd’hui, les gens qui participent au WIN TEST ou au test ERA, sont dans une phase de recherche. Ils participent à la recherche. Ces résultats permettraient de savoir si ces tests permettent d’avoir plus de réussite, mais à condition qu’un autre paramètre en jeux : l’embryon, soit lui aussi au « top ». Mais reste une question sans réponse : Quand il y a échec, est-ce du à l’endomètre ou à l’embryon ? Pour l’instant, nous ne pouvons pas apporter de réponse claire à cela, c’est difficile à démontrer. Donc nous ne pouvons pas non plus apporter une thérapeutique efficace. C’est une voie de recherche qu’il faut soutenir.

Virginie : C’est difficile à vivre au quotidien pour les couples, car ils se disent pourquoi on ne nous propose pas cela ?

Oui, on le fait, pour les couples qui ont eu un ou deux échecs d’implantation. Mais sans des résultats sur des cohortes importantes, on n’a pas la preuve de l’efficacité optimum de ces test sur les taux de réussite en FIV. Pour l’instant c’est une recherche, donc ce n’est pas remboursé par la sécurité sociale, cela à un coût pour les couples.

 

SOPHIE :

  • Comment savoir si le blocage du développement des embryons, vient d’une cause spermatique ou ovocytaire ?

Monsieur Frydman :

On ne peut pas savoir. Ce point pose beaucoup de questions aux chercheurs, mais peu de réponse sont apportées. Nous sommes dans une période, où nous nous posons beaucoup de questions, mais nous avons peu de réponse. Il y a une dizaine d’années, il y avait plus de propositions novatrices, nous sortions un peu du néant. Maintenant, surtout pour les couples ayant des répétitions d’échecs nous voyons bien que  l’on n’a pas les informations pour répondre à ces échecs. Cela veut pas dire qu’il ne faut pas chercher.

 

  • Pensez-vous que le sport (yoga, natation, marche nordique, canoë, course à pieds, etc.) soit bénéfique pendant, après un parcours d’AMP, dans le cadre d’une FIV ?

Tout ce qui peut faire du bien est important indépendamment de la technique médicale, tout ce qui favorise le bien être : alimentation, sport… doit être mis en œuvre par les patients. C’est difficile de dire si pratiquer un sport peut avoir un impact, mais ce qui est certain c’est que cela joue sur le comportement, le bien-être. Et c’est ce qui est important, que les couples trouvent un mieux-être dans ces parcours souvent difficiles. Réussir à mettre en place une préparation physique et mentale à ce qui est quand même une épreuve (les parcours d’AMP),  je pense que c’est important. Ensuite à chacun de trouver ce qui lui fait du bien et qui lui correspond.

Les centres japonais sont assez en pointe sur ce domaine là, ils font beaucoup d’efforts sur l’accueil et le bien être des couples en parcours d’AMP, via des conseils diététiques, etc. Je sais qu’ils proposent  la danse du ventre pour améliorer la vascularisation. Cela peut faire sourire, mais c’est une proposition.

En tout cas, beaucoup de paramètres comportementaux, peuvent améliorer le vécu des parcours d’AMP.

Question dans la salle : Souvent quand on est en parcours d’AMP, nous avons des appréhensions à faire des choses, faire du sport. Des inquiétudes liées à ce que l’on pourrait faire qui pourrait être défavorable à l’accroche de l’embryon par exemple. « On peut être tenté de tout arrêter », toujours beaucoup de questions et d’inquiétudes pour les femmes sur ce sujet.

Monsieur Frydman :

La préparation de la femme, ce n’est pas juste au moment de la stimulation, cela s’inscrit dans un contexte plus large qui doit débuter en amont d’une tentative. Dans cette phase de stimulation ce n’est pas le moment de faire du jogging, car par exemple les ovaires sont plus gros, ils peuvent se tordre, cela peut faire très mal.  Il y a des conseils à donner, mais d’autres sports peuvent être conseillés, s’ils sont moins intensifs.

 

  • Dans le manifeste pour accompagner le désir d’enfant, daté du vendredi 18 mars 2016, vous donnez en exemple un certains nombre de pays en avancent sur la France pour certaines pratiques (don d’ovocytes notamment). En Allemagne, Autriche, le don d’ovocytes est actuellement interdit. Savez-vous si une évolution est à venir dans ces pays ?

En Allemagne, c’est peut-être en train de changer, je ne suis pas au courant de toutes les évolutions de tous les pays. L’argumentaire, qui dit « ça se fait à l’étranger, on doit le faire ici en France », n’est pas pertinent, car d’abord pleins de choses se font à l’étranger et nous ne pouvons pas les faire et d’autres ne sont pas adéquates. Les pays européens sont assez similaires du point de vue des réponses scientifiques, il y a une tendance des autres pays (pas tous) à mieux résoudre cette demande (don ovocyte). Ce qui est intéressant c’est de voir les évolutions des différents pays sur ce sujet.

On peut tourner le problème comme on veut, mais nous en France, on est face à une situation où il y a une demande de dix mille personnes attendent un don. Mettons nous autour d’une table pour comprendre pourquoi nous en somme arrivé là. Est-ce que l’on a d’autres leviers pour répondre à cela, des pistes de réflexions.

 

Question de la salle : Quels retours avez-vous eu sur le plan politique de votre manifeste  ?

Monsieur FRYDMAN :

Nous avons été reçu par Mme Rossignol. Nous attendons une réponse du Comité Consultatif National d’éthique. Je vois avec les uns et les autres qu’il y a des actions qui se mettent en marche localement, à Lyon, Paris, Marseille. L’entrée dans la période électorale est favorable pour faire entendre nos voix. Objectivement rien ne se fera avant et je ne sais pas si cela se fera après ? Profitons de cette année, pour qu’un positionnement se fasse. Mais c’est le parlement qui pourra faire changer la loi. Donc le fait de se faire entendre, les médecins, les associations permet de rendre plus visible les incohérences, les points de blocage. La situation ne pourra pas rester comme ça. Il faut sans doute mobiliser localement, les députés.

Virginie : Nous sommes en train d’actualiser le Manifeste BAMP, pour justement réengager les démarches auprès de nos députés. Nous avons réussis avec les autorisations d’absence, alors pourquoi pas sur les autres points du manifeste. Ce que l’on trouve intéressant c’est la convergence des forces, les patients, les médecins, les députés qui nous ont soutenu pour l’AMP-TRAVAIL, Madame Khirouni notamment qui vient de poser une question écrite à la ministre de la santé, sur la nécessité d’un plan santé. Nous avons un gros travail associatif à faire, que notre mobilisation et la convergence des forces puissent permettre de faire aboutir cela.

Monsieur Frydman : Pensez-vous qu’il y aurai quelque chose à faire sur le plan Européen ? Les avancées peuvent aussi passer par l’Europe comme ça été le cas pour le remboursement des soins à l’étranger pour les femmes françaises, c’est les députés européens qui ont obligé la France à le faire. Il y a la technique qui peut être autorisée ou pas, et le droit de pouvoir y avoir recours. Piste à creuser.

 

Question de la salle :

  • Où en est la révision de la loi bioéthique ?

Monsieur Frydman :

Après « le mariage pour tous » tout s’est arrêté. Dans les deux mois à venir, la commission bioéthique va être renouvelée des 2/3, cela va être l’occasion d’être entendu lors d’une séance plénière pour exposer nos arguments. De plus, la loi de bioéthique devait être revue tous les 5 ans, donc en 2016. Mais son étude est repoussées à 2018 après les élections.

 

Question de la salle :

  • Les gynéco de ville ne devraient-ils pas avoir un agrément pour intervenir dans les parcours AMP ? Je suis technicienne dans un laboratoire d’AMP et je vois beaucoup de personnes suivies « en ville » qui vivent très mal ces parcours, qui n’ont pas d’informations de la part des médecins et qui sont très critique face à l’attitude de certains gynécologues de ville. Quid d’un agrément national autorisant les gynécologues de ville à pratiquer des inséminations ?

Monsieur Frydman :

Avant les gynéco de ville avaient un agrément mais il a été supprimé. Personnellement je suis pour qu’un agrément soit remis en place. Ce que vous soulevez c’est très complexe. Dans tous les domaines, nos attitudes peuvent être critiquées, il ne faut pas tomber dans la délation et ne pas fermer les yeux non plus. Personnellement, je trouve que c’est le rôle d’une association de faire de la médiation avec les patients et avec les médecins. L’association peut avoir un rôle de contre pouvoir face aux médecins. Au tout début de la FIV en France, il y avait une association (Pauline et Adrien) et beaucoup de médecins ont changé d’attitude face aux interpellations que ne manquait pas de faire la présidente de cette association.

Ce qui est compliqué, c’est que certains médecins ne se rendent pas compte de ce qu’ils provoquent ou ce qu’ils agissent dans la relation aux patients, sur la façon dont ils disent les choses aux patients par exemple.

Dans le cadre de la démocratie sanitaire, les associations ont un rôle de vigilance et d’intervention auprès des médecins. L’agence de biomédecine peut aussi être interpellée, pour signaler des difficultés.

 

Question de la salle : Quels sont les arguments des médecins et biologistes qui n’ont pas signé votre manifeste des 130 médecins ?

Monsieur Frydman : 

Ils se sont peu exprimés. Nous sommes partis à 130, nous sommes plus de 200 maintenant. Je pense que s’il y avait une relance, nous serions un peu plus encore. Il y aura aussi d’autres formes de participations pour que les uns et les autres puissent s’exprimer, notamment au mois de septembre avec le colloque FFER (Fédération Française d’Etudes de la Reproduction). Souvent les refus de signatures sont car ils ne sont pas d’accord avec l’ensemble des points du manifeste.

 

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Merci à tous, pour les questions posées et pour votre présence lors de cet échange fort intéressant.

Fonction publique et AMP-TRAVAIL ça avance !

Yes

Nous partageons largement, l’information que vient de nous apporter Marie au sujet de l’application de l’article L1225-16 aux agents de la fonction publique. Jusqu’à présent, nous vous conseillions d’interpeller les instances locales, décisionnelles au cas par cas. Cette démarche fonctionnant pour certains d’entre vous et pour d’autres non. Nous étions vraiment tracassés par ces différences et inégalités de traitement entre les agents de la fonction publique entre eux et aussi avec les salariés du secteur privé. Dorénavant, suite à la prise de position de la ministre de la fonction publique en faveur de l’application de ce nouveau droit à tous les agents de la fonction publique, l’égalité entre salariés du privé et agents de la fonction publique est établie en ce qui concerne l’utilisation des autorisations d’absences pour suivi d’un protocole de soin AMP. Une belle avancée, pour tous, qui arrive seulement quatre mois après la promulgation de la loi santé. Et c’est votre mobilisation qui a fait la différence, nous en sommes certains.

Pour nous réjouir complétement attendons la circulaire et restons vigilant quant à l’application de ce nouveau droit (autorisation d’absence et lutte contre la discrimination) pour toutes les personnes en parcours d’AMP.

Voici le message partagé par Marie :

Comme quoi, il ne faut pas désespérer!!!
Je me dépêche de partager avec vous toutes le mail que je viens de recevoir de la CFDT que j’avais sollicité pour obtenir application du droit au congé AMP, alors que je travaille dans la fonction publique territoriale:

 » En marge de la séance plénière du CCFP (Conseil commun de la fonction publique) du 23 mai 2016, la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, s’est engagée auprès des organisations syndicales à étendre aux fonctionnaires l’autorisation d’absence pour PMA (procréation médicalement assistée). Les modalités de cette mesure devraient être précisées prochainement par circulaire. La secrétaire générale de l’Uffa-CFDT, Brigitte Jumel, avait adressé un courrier en ce sens à la ministre le 11 mai. « La CFDT Fonction publiques vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires pour que les fonctionnaires et les agents contractuels de la fonction publique concernés par une assistance médicale à la procréation puissent bénéficier pleinement du droit créé par la loi [de modernisation du système de santé] du 26 janvier 2016″ (1), écrivait ainsi Brigitte Jumel.  »

 

Nous vous rappelons que BAMP propose un dossier complet à ce sujet, que nous distribuons à nos adhérents, cela permet de faire circuler une information claire, argumentée et sérieuse sur l’articulation AMP-TRAVAIL et sur l’application de ce droit.

 

I FIV GOOD – Site participatif

Aujourd’hui, nous vous présentons, une nouvelle proposition d’aide au service de la communauté des personnes infertiles. C’est un site créé par Céline, adhérente de l’association COLLECTIF BAMP ! Site participatif sur l’échange d’informations relatives à toutes les techniques et les praticiens en médecines complémentaires qui peuvent nous accompagner avant, pendant, après un parcours d’assistance médicale à la procréation. Nous laissons Céline présenter son projet qui est en ligne depuis quelques jours.

 IFIVGOOD

Acupuncture, EMDR, homéopathie, hypnose, etc. ? C’est quoi ? Ça marche comment ? Cela fait quoi ? C’est bon pour moi ?

Pour répondre à tout cela, un nouveau site a été lancé : ifivgood.com. Le site regroupe des informations claires et factuelles sur différentes médecines douces ou complémentaires, cures ou modes d’alimentation susceptibles d’aider les personnes en situation d’infertilité : exposer les grands principes de façon simple, détailler le déroulement d’une séance, décrire concrètement les bénéfices les plus communément observés (notamment concernant la fertilité), offrir parfois un témoignage et/ou une interview. Pas de baguette magique ou d’incitation à laisser tomber les soins médicaux qui ont fait leurs preuves, il s’agit avant tout de prendre soin de soi, de diminuer les effets secondaires des traitements (stress, nausées, douleurs, vertiges, fatigue, déprime, etc.), de donner le choix (ne plus simplement « subir » un traitement mais accompagner et agir) et de positiver.

 

I Fiv Good a été également créé pour inciter les personnes qui ont expérimenté elles-mêmes certaines thérapies dans le cadre d’une infertilité à partager leurs bonnes adresses de praticiens en France.

 

L’HISTOIRE DERRIÈRE LE SITE

Je m’appelle Céline, je suis une trentenaire plutôt curieuse et joyeuse mais mon homme et moi menons depuis 9 ans un combat contre l’infertilité. Nous faisons partie du club « #1couplesur6 » et membres de la section « jeux de hasard ». Comme pour 20% des couples infertiles, la science donne sa langue au chat : infertilité inexpliquée.

Je suis donc entrée au grand casino de l’AMP en 2008 et, chance du débutant, bingo ! Première tentative de FIV réussie avec un seul embryon : notre petit champion, Elliott, né en 2010.

Et puis, malheureusement par la suite, 4 tentatives, toutes des échecs. Une envie d’enfant, premier ou deuxième, c’est un truc impérieux, viscéral, une émotion brute qui ne se discute pas. Depuis le début de ce combat, j’ai failli sombrer à plusieurs reprises mais j’ai toujours tenu le choc grâce à des praticiens précieux : psychothérapeutes, ostéopathes, acupuncteur,… Cette succession de soins en accompagnement des traitements a été ma ligne de vie, mon refuge. Mon mari et mon fils sont une source de joie que je voulais à tout prix préserver de mes tensions et de mes angoisses.

En 9 ans, on fait du chemin. C’est un long voyage. Je suis devenue plus riche de toutes ces rencontres, plus forte aussi. Je pense avoir beaucoup appris sur moi, sur mon couple, sur les autres, sur nos ressources intérieures, sur l’énergie qui circule en nous comme de multiples rivières au sein d’une forêt. On vit parfois son corps comme un échec, on le bouscule volontairement (blocage puis stimulation puis ponction puis transfert) et sur les forums, on appelle ses règles « les vilaines »… Or, grâce aux médecines douces, j’ai toujours eu la preuve qu’il était au contraire vital de se « réconcilier ». Certes, je mène un combat mais j’ai juré que mon corps n’en serait pas l’ennemi.

En 2014, j’ai effectué une cure à Salies de Béarn orientée « gynécologie et traitement de l’infertilité » remboursée intégralement par la sécu. Personne ne m’en avait parlé, à commencer par les médecins ignorants ou perplexes quant au thermalisme (qui ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique) et c’est un reportage télévisé – merci Maman, merci Mme Lucet, qui m’a donné le tuyau. Toutefois ne serait-il pas bon avant d’entreprendre un long parcours médicalisé, de tenter cette expérience bien-être qui a l’élégance d’être 10 fois moins coûteuse qu’une FIV pour les deniers publics ? Par ailleurs, durant la cure, en discutant avec certaines patientes, je me suis rendue compte que certaines n’avaient jamais effectué autre chose qu’un traitement médical classique. Nous étions toutes tristes, anxieuses, stressées, parfois en colère contre le monde médical avec lequel le dialogue est complexe et pour certaines à bout de souffle, en fin de parcours. Je me disais qu’il était injuste que la plupart n’aient eu personne vers qui se tourner afin d’être accompagnées. J’avais eu de la chance mais je ne pouvais pas m’en contenter.

Depuis 2 ans, je réfléchis donc à la manière dont un site pourrait être utile à la communauté. J’ai vu que la plupart des personnes auraient aimé qu’on leur recommande des adresses de praticien à côté de chez elles. Une sorte d’annuaire de « bonnes adresses » entre personnes infertiles.

J’ai donc essayé de répondre à toutes ces problématiques (information sur les ressources d’accompagnement pour les personnes infertiles, annuaire de bonnes adresses recommandées par les personnes infertiles et non par les praticiens, contenu synthétique et factuel, ergonomie zen et chaleureuse) en construisant I Fiv Good. Depuis 3 mois, je me suis lancée et j’espère avoir réussi. 40000 couples consultent chaque année pour un traitement en AMP. Si un petit pourcentage seulement partageait une adresse « précieuse » de praticiens, la base de données deviendrait une ressource précieuse. A nous tous de jouer…

Le blog I FIV GOOD c’est par là

 

En juin, profusions de rencontres BAMP !

Teléphone 2015 1210

Voici qu’arrive bientôt le mois de juin, sans doute les derniers thés BAMP en région avant l’été et sans doute la rentrée du mois de septembre 2016. Nous vous rappelons que les rencontres BAMP sont ouvertes aux personnes adhérentes de l’association mais aussi à celles qui ne le sont pas encore (mais qui ne tarderons pas à le devenir….).

Notre association s’appelle COLLECTIF parce que nous pensons vraiment qu’ensemble en dépit des multiples parcours de vie et des différentes infertilités, nous pouvons, nous devons être ensemble, solidaires.

Les rencontres sont ouvertes à toutes les personnes concernées de près par l’infertilité, l’amp, au tout début du parcours, au milieu, à la fin, avec ou sans enfants, en désir d’un deuxième enfant, en parcours de FIV et d’adoption simultanément, en intra-conjugal, en don de gamètes, etc. Que vous ayez mille questions, que vous ayez juste besoin d’écouter les autres.

Que vous ayez besoin d’exprimer votre tristesse, vos espoirs, vos douleurs, votre bonheur (c’est quand même le but ultime), les rencontres BAMP sont là pour ça.

Du 7 juin à Lyon au 29 juin à Saint Germain en Laye, le mois de juin c’est le mois des rencontres BAMP ! Voyez plutôt :

  • A Lyon le mardi 7 juin prenez contact avec Estelle via collectif@bamp.fr
  • A Lille le 9 juin , prenez contact avec Emmanuelle et Rémi via collectifbamp59@gmail.com
  • A Colmar le vendredi 10 juin prenez contact avec Céline via collectifbampalsace@gmail.com
  • A Caen, on reste sur le deuxième samedi du mois, c’est à dire le 11 juin à partir de 14h30, prenez contact avec Virginie via collectif@bamp.fr
  • A Saint-Cloud le 15 juin prenez contact avec Audrey via collectifbamp75@yahoo.fr
  • A Agen, le samedi 18 juin prenez contact via collectifbamp.agen@gmail.com
  • A Angers, quelques changements à vous indiquer : Le thé bamp du mois de juin aura pour thème : le don en question. De plus, la date sera fixée en fonction des disponibilités de la majorité des participants. Caroline vous demande donc, si vous souhaitez y participer de lui envoyer un mail via collectifbamp49@gmail.com, pour qu’ensuite, vous puissiez remplir un doodle avec vos choix de dates.
  • Saint Germain en Laye le 29 juin, prenez contact avec Stéphanie via collectifbamp78@gmail.com

Deuxième proposition – Lyon

Estelle vous propose tout prochainement une nouvelle date pour une rencontre à Lyon.

Pieds à Lyons

Souvenirs, souvenirs, rencontre BAMP à Lyon en 2014

Le mardi 7 juin à 20 heures dans le 4ème arrondissement.

Pour vous inscrire à cette rencontre, merci de prendre contact avec le bureau de l’association via collectif@bamp.fr

Rencontre ouverte à toutes les personnes éprouvant le besoin d’échanger sur l’infertilité, l’assistance médicale à la procréation, que vous soyez au début du parcours, au milieu, à la fin, en route pour un deuxième enfant, sortis du parcours d’AMP avec ou sans enfant. Bref, toutes les expériences et les parcours sont les bienvenus.

Lot et Garonne – Nouveau Thé BAMP !

rencontre AgenA4

 

C’est nouveau !

Une nouvelle adhérente BAMP vous propose  à Agen,  une première rencontre entre patients AMP, personnes infertiles ayant besoin de se rencontrer pour échanger sur les parcours de vie marqués par l’infertilité, l’amp. Que vous soyez au début du parcours, au milieu, à la fin, avant, après, avec ou sans enfant, n’hésitez plus cela fait du bien.

SAMEDI 18 juin (oui c’est bientôt) de 14h30 à 16h30

Si vous avez besoin, envie d’échanger sur ces parcours, de partager des expériences, de vous soutenir, de sortir de l’isolement, les rencontres BAMP sont faites pour ça. Mesdames et Messieurs (oui souvent les gens viennent en couple !) qui habitez pas trop loin de cette charmante ville d’Agen (Habitants du Gers, du Lot, de la Dordogne, de la Gironde) venez discuter avec d’autres personnes rencontrant les même difficultés.

Si vous souhaitez participer à cette première rencontre BAMP d’AGEN prenez contact  via collectifbamp.agen@gmail.com

Groupe ouvert aussi  aux personnes non encore adhérentes.

 

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