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Témoignage Palapene

Les soucis ont commencé en 2008 lorsque ma gynéco habituelle découvre que j’ai des kystes énormes sur les ovaires ( 10 cm de diamètre). Ce serait des kystes développés depuis ma vie foetale (mauvaise migration des cellules). Ce qui est bien, c’est qu’elle me suit depuis 10 ans, il était temps qu’elle les repère…Bref, elle m’envoie en urgence me faire opérer, tout se passe très bien. Les kystes sont bénins (purée, il y avait des cellules de cheveux et de dents dedans  !!).Mes ovaires sont « sauvés », selon elle…
Jamais, ni elle, ni le chirurgien ne m’ont, ne serait ce qu’une fois, évoqué la possibilité d’une insuffisance ovarienne suite à cette opération. La gynéco me dira même, à la visite post-opératoire, que j’ai des ovaires de « jeune fille ». J’ai 29 ans, tant mieux.

1 an après (2009), mon chéri et moi prenons la décision d’arrêter la pillule et de se lancer dans le grand bain. Punaise, c’est la plus grosse étape de ma vie, je flippe à mort de tomber enceinte trop vite, j’ai besoin de temps….(gros lol…)

Re-1 an après, n’étant tjrs pas enceinte (et cette fois ci je n’ai plus peur), je retourne voir cette gynéco qui me prescrit toute la tripotée habituelle d’examens (la-dessus elle a assuré) : Huner, FSH, AMH, spermo, hystérosalpin-machin…
Elle en profite pour ricaner et me dire : « Ha oui, si vous n’êtes pas enceinte c’est parce qu’apres votre opération, il aurait fallu vous déboucher les trompes ». Merci de me prévenir 2 ans après….  -_-
L’hystéro-machin sert, aussi, à déboucher les trompes. Je la fais fissa, guillerette et naïve encore que j’étais…
Je douille ma race (doux euphémisme) mais mes trompes sont débouchées. C’est sûr, me dit -elle, dans 2 mois vous êtes enceinte. Re-gros lol

6 mois plus tard, re-la-gynéco, avec tous mes résultats.
J’avais bien vu qu’un ou deux des taux n’étaient pas dans les « normes » (FSH à 17 et AMH dans les choux aussi) mais je me suis dit (qu’est ce que je pouvais être con aussi) : « elle va me filer un p’ti traitement hormonal pour remettre tout ça dans l’ordre ».
Que nenni.
Elle a tout regardé, elle m’a regardée et a commencé par « il va falloir vous aider » (oui, oui, je sais, allez 🙂 ) puis je ne me souviens plus très bien mais elle a terminé par « ménopause » et « chercher des ovules en Espagne »… O_O
Gné ?!! Des quoi ?? Où ça ??? Pourquoi ??? Qu’est ce qu’il se passe là ? C’est à moi qu’on cause ?

Je vous passe les détails mais j’ai été extrèmement choquée par cette façon d’annoncer les choses, j’ai tenté de cacher ma frayeur et de faire genre « même pas mal, je gère » mais c’était pire qu’un coup de massue, c’était la terre entière qui s’écroulait sous mes pieds. Et cette c*nne de me dire « non mais vous en faites pas, tenez, je vous donne le site des cliniques espagnoles et de la DDASS ». Comme si ça pouvait me rassurer à ce moment !
Elle a fait une chose bien quand même : me donner l’adresse d’un spécialiste ( le chef de service PMA d’une célèbre clinique parisienne)Je suis rentrée chez moi, je me suis effondrée et j’ai dû appeler mon chéri, j’étais en pleine crise d’angoisse. Le pauvre, je lui ai annoncé tout ça par téléphone alors qu’il était au boulot….Il est venu tout de suite pour me calmer, je pétais un plomb.

On a eu très rapidement rdv avec le grand Ponte, qui bien que froid et détaché, nous a « rassuré » et a tenu des propos beaucoup plus professionnels.
J’ai refait les examens, on a rencontré le biologiste, on a été beaucoup soutenu par nos familles et amis.
On a été pris en charge superbement mais c’était pas gagné d’avance du tout.
Il s’est avéré que j’ai un ovaire « qui a pris un coup sur la gueule » comme dirait mon échographiste préféré, et un autre qui fonctionne à moitié, suite à la chirurgie.

Puis on a fait 2 FIV, avec à chaque fois 3 ou 4 ovocytes ponctionnés, 3 embryons et à la dernière un TEC (le seul ) qui a donné une magnifique petite fille, née en octobre 2012 :). J’ai 35 ans (heu… 36 dans un mois ça compte ?)
Je sais bien que les toubibs ne peuvent pas prendre tout leur temps pour annoncer les mauvaises nouvelles mais cette gynéco n’a pas arrêté de me dire que tout allait bien pendant 10 ans, jusqu’au jour où elle m’a annoncé de façon hyper légère et détendue mon infertilité. J’avais confiance en elle, avant.
La FIVDO, j’y ai pensé et je crois que je l’aurai fait, mais après réflexions ! pas comme ça, à froid , dans un cabinet médical !

J’ai eu, pendant tout mon parcours PMA, envie de lui péter les dents à elle, mais c’est bon, c’est passé 🙂

PALAPENE

12 réponses sur « Témoignage Palapene »

Bizarrement c’est en arrivant à l’annonce de la naissance de ta fille que les larmes sont montées.
Toutes ces épreuves, cette souffrance, la non prise en compte de celles-ci. Parfois on se dit que les choses auraient pues être tellement plus simple, une écoute, de l’information, de la formation aussi..

J’ai moi aussi eu les larmes aux yeux en lisant le passage sur ta fille… Que ça donne de l’espoir tout ça, malgré les parcours souvent semés d’embûches, on ne retient finalement que les fins heureuses (quand il y en a). Merci pour ce témoignage poignant.

Merci à toi aussi . C’est ce que je voulais faire passer : malgré les chocs, malgré les tristesses profondes, parfois il y a du bonheur à la clé. Mais on ne peut jamais le savoir à l’avance…

Moi c’est en lisant l’annonce de ta gynéco sur ton infertilité, et l’état dans lequel tu étais (bien évidemment) après qui m’a fait monter les larmes – quelle violence! Et quel manque de tact et d’humanité.
Ton histoire montre l’importance de ne pas s’arrêter à un seul avis médical. Et puis bien sûr, la naissance de ta fille est un immense espoir pour tous après un tel parcours.
Un autre point m’a troublée: les cellules de cheveux et de dents dans les kystes: as-tu déjà entendu parler du « syndrôme du jumeau perdu »?
Il y a sans doute d’autres explications possibles aussi, mais apparemment lorsqu’on a eu un jumeau quand on était dans l’utérus de notre mère et que celui-ci n’a pas survécu (ce qui arrive bien plus souvent qu’on ne le croit au tout début de la grossesse, sans que nécessairement la mère ne le sache), parfois un peu du tissu de ce jumeau reste ‘accroché’ à l’autre et peut se traduire par la suite sous forme de kyste, et des traces de cheveux et de dents peuvent y être rencontrés lors d’analyses. Ça peut paraître bizarre ou flippant comme ça, mais ce n’est pas si rare – et pas grave non plus, si ce n’est qu’en avoir conscience peut être important ou intéressant. Il y a un livre excellent d’Alfred Austermann sur le sujet (que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors d’un stage, et qui est quelqu’un d’extra).

Holala, ton histoire me fait froid dans le dos ! Un jumeau perdu, bon sang…Je ne préfère pas y penser (mode autruche : « ON ») ! 🙂
Mais comme ça m’intrigue et que j’adore les histoires bizarres, je lirai ce bouquin. Merci pour cette anecdote en tous cas 🙂

La légèreté de ta gynéco est sidérante… Que de temps perdu… Que d’actions réalisées tardivement alors qu’un bon professionnel aurait pu vous accompagner plus tôt… Je ne parle même pas de l’annonce de ton infertilité…
Je suis heureuse de lire que tu as aujourd’hui une jolie petite fille… 🙂

Effectivement, ce temps perdu me reste en travers de la gorge.
Je voudrais faire passer le msg que les gyneco « généralistes » ne devraient pas parler de ce qu’ils ne connaissent pas !
Merci de ton msg ! 🙂

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