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Oser en parler

Les gens qui ne sont pas directement concernés par le sujet ont souvent une vision erronée de l’infertilité et de l’AMP. Alors quand on s’ouvre un peu à nos proches, on essuie presque tous les mêmes réactions. « Vous y pensez trop! » « Prenez des vacances! » « La fille de ma copine / la sœur de mon kiné / la belle-sœur par alliance du fils de la boulangère (rayez la mention inutile) a adopté après 4 / 7 / 10 ans d’attente, et paf elle est tombée enceinte! »

La faute aux médias qui véhiculent tellement de préjugés et de légendes urbaines. La faute aussi à ce silence pesant qui entoure l’infertilité. Si on ne leur dit pas, comment les gens pourraient-ils savoir? Comment pourrait-ils comprendre? C’est pour ça que je suis intimement persuadée qu’il faut en parler.

En parler parce que ça fait du bien.

En parler pour que nos proches nous comprennent.

En parler pour que l’infertilité soit mieux connue et reconnue.

Certes, en parler, ce n’est pas toujours facile.

D’abord parce que c’est un problème qui touche à l’intimité du couple, et qu’il faut accepter de se dévoiler et de mettre à nu ses émotions. Ensuite parce qu’en parler, ça veut dire faire tomber la carapace derrière laquelle on se protégeait  et essuyer les remarques à la con. Et il y en aura plein. Mais je suis d’avis que plus on « éduque » ses proches à l’infertilité et à la PMA, moins ils commettent de bourdes.

Le tout étant de savoir choisir les bonnes personnes. Certaines resteront totalement hermétiques à nos explications et nous feront beaucoup de mal. Deux solutions s’offrent alors : continuer à les fréquenter et activer le mode Téfal (ça glisse, ça ne m’atteins pas) ou couper les ponts. En cela, l’infertilité permet de faire beaucoup de tri dans ses relations, et au final, ne vaut-il pas mieux garder que ceux qui en vaillent la peine?

De mon côté, j’ai pris conscience de beaucoup de choses. Je sais de qui je peux attendre du soutien et de qui je n’obtiendrai jamais rien. Alors je ne me donne plus de mal à essayer de leur faire comprendre, et je me concentre sur ceux qui veulent me soutenir.

Car souvent, même les proches adorables plein d’empathie et qui nous soutiennent dans notre parcours, même ceux-là disent des énormités. Des phrases toutes faites qui nous touchent de plein fouet. Le plus souvent, c’est par maladresse, pour être gentils ou tout simplement parce qu’ils ne savent pas quoi dire pour alléger nos peines. D’où l’intérêt de les « éduquer ». Ça ne vient pas en un jour, mais parler vraiment de ce qu’on subit, de nos souffrances, de nos doutes. Expliquer la lourdeur des procédures. Que non la PMA ne fonctionne pas à tous les coups. Que non l’adoption c’est pas si simple. Que non on ne peut pas « profiter » de la vie, alors qu’on n’est pas sûre de pouvoir être mère un jour. Expliquer tout ça, mine de rien, ça les aide à se mettre à notre place. Et à nous comprendre.

Oser leur expliquer pourquoi leurs remarques nous blessent profondément. Sinon, il n’y a pas de raison pour qu’ils le devinent tout seuls!! Je me rappelle que lorsque nous débutions en PMA (doutes et examens en tout genre), ma mère s’acharnait à me dire que je m’affolais trop vite, que mon chéri et moi-même n’avions aucun soucis, qu’elle en était persuadée. Et me le répétait à longueur de temps. Par déni peut-être, pour me rassurer surtout. Mais au lieu de me réconforter, ça m’horripilait qu’elle puisse minimiser nos problèmes. J’avais l’impression qu’elle niait totalement ma souffrance. Je lui en voulait, j’aurais tellement aimé qu’elle réagissent autrement. Elle, de son côté, ne savait comment se comporter. Alors, un soir, je lui ai envoyé un mail en lui expliquant ce qui me faisait mal, et ce qu’elle pouvait faire pour me soutenir. Elle a immédiatement fait plus attention ensuite. Ça a été le déclic, et depuis dès qu’il y a un problème, je lui dis tout de suite.

Oser dire que l’on ne va pas bien. Car si on ne leur dit pas, nos proches ne vont pas le deviner. Certains, oui, vont sans apercevoir mais d’autres, bien que très gentils, sont moins réceptifs. On croit qu’ils se rendent compte de ce qu’on vit, mais en fait, pas du tout! Je l’ai découvert il y a peu avec une amie. J’ai pour habitude de faire la forte et de raconter mes virées au CHU comme s’il s’agissait d’une promenade de santé. Il faut dire que le sujet de l’infertilité et de la PMA sont déjà assez lourds sans que j’en rajoute une couche de violons. Alors j’en plaisante, je tourne ça à la dérision, pas étonnant alors que cette amie croyait que ça baignait, que je gérais. Depuis que je lui ai dit clairement que NON, ça n’allait pas, elle est beaucoup plus à l’écoute, et ça fait un bien fou!

On peut également faire de la pub pour les (rares) bonnes émissions sur le sujet ou conseiller à ses proches des articles (comme celui de 6 cellules) qui parlent d’infertilité. Plus ils seront sensibilisés à ce problème et plus ils seront à même de nous soutenir. Et plus l’infertilité sortira du silence dans laquelle elle est enfermée.

29 réponses sur « Oser en parler »

Rien à ajouter. Tu as si bien résumé le fond de ma pensée. Je pense d’ailleurs que ce devrait être la priorité de bamp de parler et faire savoir, à travers des voix, comme la tienne, qui permette aux gens de comprendre. Ceci étant, malheureusement, parfois même les ex pmaistes oublient ce par quoi ils sont passés et se montrent à leur tour maladroits (j’en connais plusieurs): à charge à nous, donc, quelque soit l’issu de notre parcours, de ne jamais oublié.

Je partage le fond de ta pensée, ayant vécu les quasi mêmes (res)sentiments. Pour ma part, j’en ai parlé très librement, dès le début, à une catégorie trè choisie de proches. Aucun n’a eu la même attitude. Normal tu me diras. Et pour l’anecdote, mon propre frère qui est passé par de nombreuses fiv pour avoir ses 4 enfants, a pris ça à la légère et ne m’a pas franchement aidée. Mon cousin, lui, avec qui j’ai beaucoup parlé, nous n’avons plus d’échanges depuis que leur premiere fiv a marché… Comme quoi… Au final, ce n’est pas eux, mais moi que je remets en cause. Je ne suis pas sûre que ça m’intéresse d’en parler, ni que ça m’ait tellement aidée.Plus gênée par certains qui sont mal à l’aise, d’autres indifférents ou peu concernés. Dans tous les cas, c’est toujours délicat. Et finalement, depuis que nous avons repris la pma, après un an et demi d’interruption pour maladie, j’ai freiné ma communication. Mon frère et d’autres proches ne savent rien de notre fiv do. Je me sens plus légère ainsi, je peux parler d’autres choses et mettre la pma de côté pour eux, heureuse de mon petit secret que je couve comme un trésor. Un bonheur de partir en do que je ne partage qu’avec un cercle restreint d’amies et de nombreuses pmettes, et ça me va ainsi. D’autant que pour moi, la question de nos âges, 44 et 62 ans, en bloquent beaucoup. Alors, je dis merde intérieurement à leurs préjugés et garde pour moi mes rêves et notre beau projet. Notre vie nous appartient et j’en ai marre en fait des avis et des conseils sur ce qu’elle devrait être ou pas. Ou des regards compatissants ou des mots blessants, à côté de la plaque ou des silences gênés… Ca me fait mal pour eux aussi. Je préfère nous épargner ça finalement. Parfois, on a besoin de parler, puis à un autre moment, plutôt envie d’évacuer le sujet, de penser et de vivre aussi d’autres choses dans son quotidien. Voici mon sentiment d’aujourd’hui, demain, il sera peut-être autre… Bises

Décidemment, nous pensons presque toutes la même chose en PMA… Je partage ta pensée à fond. Au début c’était « tu te bloques psychologiquement », puis ma mère avec ses conseils « j’ai vu que ton mari mettait son portable dans sa poche, ce n’est pas bon »… Bref. Quelque part, cela nous a rapproché de certaines personnes, même si nous ne l’avons dévoilé qu’à très peu de personnes (2 pour être exacte, hormis nos parents et frères/soeurs).
Mais toujours cette impression d’être hors norme… De ne pas faire partie de la majorité qui pond quand elle le souhaite…

Entièrement d’accord, tu reprends avec lucidité l’isolement qui se crée quand on traverse le parcours PMA. Et je dirais même que je suis particulièrement d’accord sur ces deux points :
– la PMA nous permet, si on le souhaite, de faire le tri dans nos relations et de ne garder que celles sur lesquelles on peut compter ;
– on peut essayer d’expliquer aux personnes qui sont importantes pour nous qu’elles peuvent nous faire mal avec certains réflexions bien intentionnées. C’est difficile. A tel point que je n’ai pas encore commencé :S
Mais ton exemple me donne espoir ^^

En parler, peut-être mais c’est toujours très délicat. La plupart des gens ont une vision tronquée de la PMA:
Pour certains c’est « la recette miracle » (oui ça marche mais -il ne faut pas l’oublier- seulement pour une moitié de couples, nombre reste sur le carreau!);
Si ton parcours s’éternise, « c’est de l’acharnement ».
Et pour certains, ton couple, ton enfant seront toujours réduits à l’infertilité, à la PMA.
En parler oui mais même avec des personnes rares et très choisies, il peut y avoir des dérapages, comme de très beaux moments!
Donc conseiller des articles, des blogs, des émissions…car avec les proches les choses s’évoquent avec délicatesse et pudeur.
Avec un public plus large, faire du bruit car oui pour reprendre tes mots il faut que l’infertilité sorte du silence.

Comme vous ce fut un passage obligé aussi ce déni de la difficulté ainsi que l’incompréhension de ce qui nous blesse… Par contre j’ai préféré arrêter d’expliquer ce qui me blessait c’était plus simple plutôt que de m’entendre dire que je n’avais qu’à aller en Espagne puisqu’il y a une meilleure réussite là-bas.

Vos commentaires me font m’interroger sur l’entraide entre PMettes une fois l’enfant tant désiré arrivé. Un couple dans ma famille de 15 ans mon aîné est sorti il y a 2 ans d’un long parcours Pma a l’issue duquel ils ont eu 3 enfants. Miracle et bonheur.
Quand nous avons découvert que pour nous aussi ce serait difficile, je leur ai demandé des tuyaux sur les médecins. Ils savent ce qu’on traverse. Et pourtant, ils n’ont pas un geste ou un mot de soutien. Pourquoi? Ce sont des chouettes personnes, je les connais vraiment bien, ils savent combien c’est parfois difficile…
A-t-on besoin de fuir après tout ce qui peut nous rappeler cette période?

Vi, huhu, et j’admire, je le disais à mon homme ! Sur la blogosphère, on trouve de sacrés soutiens 🙂 Mais dans la « vraie vie », il y a un lourd tabou je trouve 🙂

Comme je le dis souvent en exemple, pour certaine personne, le projet sacré de leur vie c est de faire construire leur maison ; alors ils racontent leur joie du projet, leurs déboires, les retards de travaux, les crises lors de réunions de chantier avec tels et tels artisans,. Ils en parlent, on les écouté, les conseille même parfois. Moi, enfin nous, notre projet sacré c est de donner la vie, mais malheureusement tout ne se fait pas facilement et nous nous dirigeons en Pma. PMA ? FIV ? C est quoi le dernier film de Speelperg ? Limite personne ne connait !!Pour eux faire un enfant en pma, c’ est prendre un doliprane et hop ! si seulement …on leur explique mais leur oreille n est pas attentive, et puis le temps passe, on mûrit pendant le parcours, on évolue, on devient triste… Alors pour les autres c est l incompréhension,on s acharne , a t on fixer des limite ? Faire une pause , partir en vacançes et hop tu vas voir ça va venir ! Et eux continue a nous parler de leur chantier…. Et puis on commence a se rendre compte que l’entourage commence a avoir des réactions étranges a notre égard :  » dis donc toi depuis que tu prends des hormones t es pas a prendre avec des pincettes  » !  » sinon t es au courant qu a 40 c est limite pour faire un enfant ? attention tu risque d avoir un enfant handicapé » « t es au courant du nombre de divorce ? Cherche ton bonheur ailleurs, vous êtes bien tous les deux »… « Dis donc t as vachement grossis depuis peu de temps ».. et toi tu écoute sagement au départ, après qques mises au points houleux , les ponts sont coupés .
Tout ça pour dire, les gens de « l’extérieur  » ne s investisse pas pour nous soutenir, ils ont toujours des réflexions blessantes, des remarques qui font énormément de peine si bien qu’ au final j en finis par les détester. Et bien sur… « Je te dis ça mais ce n est pas méchant »…
Je dis simplement , qu avec du bon sens et du recul sur la situation que vit u n couple on se doute bien que telle et telle chose dite vont leur faire de la peine. J ai été extrêmement déçue par mon entourage, j ai rompu les liens avec des personnes. J ai rencontré via un forum une nana géniale qui vit la même galère que nous, et il n y a qu elle qui me comprend ! Et au final , je n accepte que les critiques venant d elle. Finalement , c est peut être simplement moi qui ai changer, je suis devenue une autre tout simplement. Ce parcours envahie notre vie, notre tête, notre coeur. Notre âme sera marquée à tout jamais de cette empreinte. Alors oui, n oublions jamais de soutenir une copine fiv, car c est aussi nous que nous soutenons..Nous sommes des BAMP !!!!!!!!

Salut catiminie11. Comme le dit gribouillette dans son article, notre entourage (famille, amis, collègues… réunis! ) est souvent maladroit mais je ne pense pas que cette maladresse soit intentionnelle. D’où l’importance de ce collectif qui permettra, dans le meilleur des cas, de faire connaitre la pma et de changer peut-être le regard que les gens portent sur l’infertilité.
Souvent, on reproche aux gens d’être blessants alors qu’on ne leur explique même pas ce qui nous blesse et pourquoi. Ils ne connaissent rien de notre parcours on ne peut donc pas leur demander de se mettre à notre place, alors qu’ils ont eu sans aucune difficulté Paul, Rémi et Virginie et qu’ils rencontrent leur propre difficulté de parents.
Je crois qu’il est important que le regard des gens changent, mais il me paraît tout aussi important de changer notre propre regard.
Hier, une amie m’a dit qu’elle ne me poserait plus de question sur la pma, parce qu’une autre amie à elle était dans la même situation et que la dernière fois qu’elles en avaient parlé, elle a compris que c’était très douloureux. Je lui ai donc expliqué que c’était parfois très douloureux, mais que ça ne voulait pas dire qu’il ne fallait pas en parler. Qu’au contraire, on avait besoin de se sentir soutenus et que ce n’est pas en faisant comme si ça n’existait pas que ça nous aiderait.
Bref, j’essaye pour ma part le plus possible d’expliquer autour de moi ce qui est difficile en pma, afin qu’à ma petite échelle les gens évitent désormais certaines maladresses quand ils seront confrontés à une nouvelle pmette.

Je suis d’accord avec July, la plupart des gens font comme ils peuvent mais je crois qu’ils ne réalisent pas combien c’est obsédant comme parcours. On a toutes beaucoup d’autres sources de bonheur mais le manque d’un enfant prend bien souvent le dessus, et ça, les autres peuvent avoir du mal à le comprendre vraiment. J’aime bien ta méthode pédagogique July, j’y crois aussi.

J’aimerais aussi rajouter quelque chose. Quand on a appris notre infertilité, on a vraiment eu l’impression que tout s’écroulait, je n’aurais pas pensé que ça nous effondrerait autant, sachant l’espoir que la médecine nous offre. Et personnellement, j’étais hyper en colère, je ne me l’avouais pas trop mais j’en voulais au ciel, aux autres fertiles, a moi, a tous… Une réaction normale, un deuil à faire… Mais je crois que si on n’y prend pas garde, on peut rester en colère contre les autres et interpréter aussi assez négativement toute tentative d’approche de leur part. J’ai du mal à exprimer ma pensée… C’est très dur de vivre tout ça alors que ce n’est la faute de personne, personne n’est responsable de ce malheur, on n’a personne à qui on peut en vouloir. Alors la maladresse de notre entourage peut être une bonne raison d’en vouloir et de tourner cette colère vers un objet réel. En tt cas, je crois que j’ai pu ressentir ça et que le réaliser permet d’apaiser un peu les relations et le sentiment de solitude.
Bisous 🙂

Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire les filles, après cela dépend de « notre »propre entourage. Pour ma part , je ne suis pas gâtée , et je pense que lorsque l on sait qu un couple est en traitement depuis des années afin d avoir des enfants, il ne faut pas être sorti de St. Cyr pour comprendre qu’ils sont en souffrance. Alors les  » tu vas sur tes 40 ans cela est très limite., tu as des risques d enfants « handicapes  » (je n emploi pas le bon terme , je le « rend » moins agressif) , ou « tu vas faire un gosse de vieux » , « cherchez votre bonheur ailleurs ». A un moment donner pour moi ce n est plus de la maladresse, mais de la pure bêtise Et un manque d intelligence ! Je me dis voilà ce que mes proches pensent de moi ? C est affreux ! Et j ai du mal a m en remettre .. C est aussi une souffrance du parcours , pour moi personnellement.
Je me souviens, avec une « amie » au téléphone  » alors quoi de neuf ?  »  » bah je vais faire ma ponction dans 2 jours ! Je suis terrorisée ! La peur au ventre » « ah d accord ! Ça va aller, eh je t ai pas dis ? Seb m a rappelé ! Faut que je te raconte… Alors hier j étais chez trucmuche.. » un grand moment aussi ça… sourire…,

Ma pauvre… Tu as raison, c’est idiot et vraiment dur pour toi qu’ils ne considèrent pas ta souffrance à ce point… Tu as sans doute raison, il y a aussi des entourages plus ou moins concernés et aidants.

Alors oui, je n’avais pas évoqué la bêtise humaine et pourtant elle existe. Là ce n’est pas de la maladresse, en effet, c’est de la méchanceté. Mais leur as-tu dis à quel point ça te blessait ou ça aussi, sont-ils trop fermés (et bêtes, sauf leur respect) pour comprendre? Quant à la copine, malheureusement, elle est sûrement trop centrée sur elle pour pouvoir t’écouter. Je crois qu’on en a toures des comme ça dans notre entourage.

Disons que l épisode de « tu as des forts risques a faire un enfant mongole a ton âge  » je l ai eu hier soir ! je me suis écroulé au téléphone. La personne est infirmière de bloc et forcément pense en savoir plus que moi sur la PMA. ! je ne m en remets pas , je n en ai pas dormi de la nuit en fait. je lui ai envoyer un texto cette nuit afin de lui dire, elle m’a répondu simplement que tout le monde ne pensait pas comme elle, et qu au final elle aurait mieux fait de tenir sa langue car cela ne la regardait pas. Au vu du texto elle n a pas compris son manque de savoir faire ! De sa bêtise de dire sciemment cela a qqun ! Elle ne disait oas ca méchamment, mais cela n étais pas sympa non plus .Je me dis mais elle pensait que j allais raccrocher ? Et me dire elle a raison j arrête tout ? Ah oui sans compter le « tu t es décidé a maigrir ? »
j ai,pris beaucoup de poids a l’arrêt de la cigarette et quant aux traitements.. Les gens ne voient que ça en fait. J ai cette fichu impression d être juger tout le temps, sur ce que je suis devenue…
Et tout delà me dépasse.. Alors forcément je n ai plus envie de faire des efforts pour ces gens, je m en éloigne naturellement..
Les fiv isole énormément je trouve…

Ce week end, j’étais en repas de famille, j’ai fais la connaissance d’une invitée, nous avons beaucoup parlés. Elle savait pour Bichon, pour nous deux, alors que c’était la 1 ère fois qu’on la voyait. Notre infertilité à fait le tour de la famille…. (ça me soule)
Je lui disais que l’on manquais de soutient, que l’on se sent seuls dans ce parcours, que parfois j’aimerai juste prendre mon téléphone et appeler quelqu’un, ou juste qu’on me demande comment ça va. Elle m’a répondu que ce n’est pas toujours évident pour les autres de savoir quoi dire, que parfois les autres ne se montrent pas, pour éviter de nous blesser.
Cela m’a fais réfléchir, mais tout dépend de l’entourage. C’est au cas par cas.
En parler, c’est tellement difficile, parfois on en parle à des personnes dont en pense avoir le soutient, finalement on se trompe, d’autres vont nous surprendre positivement. Il y a des paroles vexantes, méchantes, terrifiantes, je peux comprendre que parfois l’ignorance fait dire des bêtises, mais d’autres fois, c’est méchant pour être méchant.
Ceci dit, mon Bichon me dis que c’est à cause du tabou qu’est l’infertilité que les choses n’avancent pas, que les mentalités n’évoluent pas. Je suis bien d’accord, c’est important de pouvoir en parler, personnellement en parler en général ne me gêne pas, mais parler de mon cas perso avec des « fertiles » ça me gêne, leurs questions sont parfois très intimes, je vis ça (alors excusez moi de l’expression lol) mais comme ci je déposais mes « corones » sur la table, que je devais dévoiler mon intimité.
Les épreuves de la vie nous montrent, les personnes présentes ou non dans nos vies quoi qu’il arrive. Puis il y a ceux avec qui nous ne pouvons partager que les côtés positifs de la vie, c’est comme ça. Il faut savoir aussi se protéger des autres pour moins souffrir.
Oui la pma isole, je ne vois plus grand monde, j’ai choisie ça, pour justement éviter la bêtise humaine, je m’en porte mieux. Mais j’ai changé, je ne suis plus la même, c’est à prendre ou à laisser ….
(j’ai encore écris un pavé lol)

Bichon rose, j ai été très émue de te lire, c est tout a fait ça ! pour ma part je n ai rien a cacher ou presque (je m étale pas non plus a expliquer nos soucis respectifs, cela j ose en parler ouvertement qu avec des personnes dans notre situation) donc j en parle en fin en parlait ouvertement de notre parcours ; et pourquoi cela gênerait les gens de nous écouter ? On écouté leurs déboires de la vie, leur problème au boulot, leur problème de couple, leur problème de maison en construction qui prend du retard, leur rythme infernal enfant boulot dodo ! Et nous ? notre parcours PMA prend toute la place dans notre vie ; entre les rdv, examens, ponctions, piqûres, anesthésiste, pharmacie, gyneco, écho, transfert… Ls échecs … Le temps de se remettre d un échecs pour recommencer un nouveau cycle de rdv, traitement etc…. j aimerais avoir de la reconnaissance de tout ça, j aimerais entendre « sinon toi comment tu vas ? comment gère tu tout ça ?  » . personne le fait … La PMA c est contagieux… c est gênant… j ai rompu,les liens avec ma meilleure amie ! Ça faisait 15 ans ! apres plusieurs fausse note a mon égard durant les fiv.. Elle me dit un jour…  » au fait je suis allé voir une voyante… Elle m a parler de toi dis donc  »  » ah bon ? »  » oui sî,je connaissais qqun qui avait du mal a avoir un enfant, je lui ai dis oui ma meilleure amie.. » ( a noter que je commençais un protocole) elle me sort  » par contre cela ne va pas marcher !  »  » pardon ? Comment tu ose me dire ça ? Alors que je fais mes piqûres tous les soirs a 20h ?  » j ai ête hystérique , et tjs la même chose pardon d avoir ete maladroite ! Non t’es pas maladroite t es simplement pas intelligente… Au final c est moi l aigrie…. Alors oui moi aussi je préfère ne plus voir les gens que d entendre tout ça ….et oui je confirme je suis aigrie !! Mais j assume ! Rire…

je m’aperçois dans ton témoignage, ainsi que dans celui de beaucoup de PMettes, les autres nous disent aigries, etc … Mais ça vient aussi du fait que l’on manque de soutient, que ce que l’on vit parait dérisoire aux yeux des autres. On m’a déjà dit : « ce n’est pas normal d’en souffrir autant » et bien d’autres choses horribles que je ne citerai pas ici, cela m’a fait beaucoup de mal ainsi qu’a mon Bichon. J’ai changé, je ne sais pas si c’est en mieux ou pas, je suis devenue intolérante à la connerie lol
Je suis choquée que ton ex meilleure amie t’ai dit tout cela, on a jamais fini d’être déçue je pense, malheureusement.
Comme tu le dit, la PMA c’est contagieux, j’ai remarqué aussi que ça gêne, que l’on en parle parfois, les gens disent : « bon on change de sujet », ça ne me donne plus envie d’en parler.
J’en parle mais avec des PMettes, parce que je sais qu’il y aura une oreille attentive pour m’écouter, et que j’aurai l’oreille attentive également si on me sollicite.
A bientot

Bonjour à toutes,

vous lire fait résonner en moi un écho douloureux.
Pas d’homme(s) pour rebondir sur ce sujet, les tabous sont donc bien plus présents qu’on peut le penser, au sein même de nos couples.

Tout d’abord quel réconfort de vous lire et de trouver des sentiments vis à vis de l’entourage semblables aux notres (et pourtant quel dommage pour vous toutes et tous !): ouf, je ne suis pas le seul à ressentir ça.
Ca ?
Pour moi de la colère à l’état pur (nous sommes juste avant l’épisode FIV xi) : j’en veux au monde entier (ma femme, gère différemment, si l’on peut accepter un mot comme gérer dans cette situation). Deuil ? Ah non j’en suis loin, avant cela ma colère doit exploser !
Et je m’aperçois que l’injustice que je ressens est surtout autour de nous plus que dans nos bilans santé…

Et je retrouve tant de paroles de proches dans ce texte et dans les vôtres : oui cela permet de faire le tri et ma colère se transforme en gigantesque poubelle (la bonne amie : « détendez-vous, vous vous prenez la tête ») et les autres paroles : ne vous projetez pas/c’est psychologique/) pof, pour ma part c’est réglé et je n’oublierai jamais (je pardonnerai peut être, faut voir…).

Et puis le tri fait, on s’aperçoit, dans notre cas, qu’il ne reste plus grand monde.

Et je trouve ce site, vos paroles et ma colère s’arrête d’un coup d’un seul 🙂

Ca fait du bien, non pas de ne pas être seul mais de comprendre que la réaction peut être partagée.

Je crois, pour rebondir sur les mots de Julys974, que nous n’avons pas à expliquer à notre entourage, que la bêtise sera tout de même présente et que peu de gens peuvent comprendre le sentiment de solitude, d’injustice et d’incompréhension qui est présent en nous.
Oui, même avec des bilans de santé satisfaisants, l’infertilité peut être présente, et ce n’est pas forcément psychologique. Le manque d’information de la population es France est affligeant et nous-même, avant la PMA, étions sous informés.

Mais la sous information n’a jamais empêché le soutien !

Pour la première fois depuis des mois, je me sens moins seul dans ma colère et mon incompréhension, et vos paroles sont douces à lire.

MONSIEUR BLABLA

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Je me retrouve tellement dans ta colère Blabla… Parce que, comme toi, nous sommes aux portes des ICSI, et que nous n’en connaissons pas l’issue. On voudrait se persuader que ça va marcher, mais on n’en sait rien… Et même si on finissait par y arriver, je me sens handicapée car nous ne pouvons pas former la famille que nous souhaitons simplement comme tout le monde, que le jour où on voudra un autre enfant, la même épreuve recommencera… Et la colère doit rester silencieuse car elle dérange, l’entourage rationalise ou minimise :
– mais vous n’êtes pas pressés : qu’en sais tu toi? Tu es dans notre tête?
– vous en faites pas, ça viendra : comment veux tu que je ne m’en fasses pas?
– n’y penses pas : c’est pas possible, c’est comme demander à quelqu’un qui est sous chimio pour un cancer de ne pas y penser. Peut être que je choque en faisant le parallèle avec un cancer. Ce n’est pas le but, je sais combien cette maladie est terrible. Mais je trouve que l’angoisse de ne pas savoir si un jour on pourra réaliser ce qui donne un sens à la vie de la plupart des gens, à savoir, enfanter, c’est aussi une inconnue terrible.
Je suis en colère d’avoir perdu une partie de mon insouciance et de ma joie de vivre, cette spontanéité qui ne laissait pas trop de place à l’angoisse. Je suis d’un naturel anxieux, certes, mais là, le contexte amplifie tellement.
Je ne sais pas comment rêver ma vie future en ce moment. Et je ne sais pas à qui en parler, parce que la détresse, c’est contagieux et ça fait fuir. Il ne reste plus qu’à se convaincre soi même qu’on ne devrait pas tant y penser, et que ce n’est pas si grave, et que tout ira bien… Comme quoi…

Effectivement lisette84, ce point d’interrogation sur un futur obscurci n’est pratiquement pas gérable par l’entourage.
Il y a, en fait, je le ressens ainsi, d’un côté des personnes hors de la PMA et de l’autre des couples à fleur de peau, une sorte de cicatrice ouverte.
Seul le temps peut atténuer dans la plupart des cas la colère ou la douleur, et malheureusement avec la PMA, le temps devient une partie de l’équation.
Je me sens impuissant, non pas à cause de cette « impuissance » justement mais parce que je vois ma compagne se faire opérer, piquée tous les soirs, être bourrée de médicaments.
Pour les hommes, le sentiments de frustration est énorme : on ne peut rien, point final !
Je ne sais à qui en parler BIEN, car dès que le sujet est abordé, et à moins d’être spécialiste en communication, toutes ces impuissances, frustrations, colères, peurs se bousculent dans les mots, et sont difficilement prononçables.
Des paroles autrefois sans importances deviennent des gifles en pleine figure.

Je comprend ce parallèle avec une maladie telle le cancer : car nous sommes tous et toutes rentrés dans un univers médicalisé ou la médecine s’immisce dans notre couple, sans savoir pour combien de temps. Comment les proches peuvent-ils comprendre cela ?

Le titre de ce topic est « En parler » et décrit parfaitement nombre de situations vécues par nous tous, mais je suis beaucoup moins optimiste que son auteur car expliquer les lourdeurs des procédures et du médical n’empêche pas l’immense majorité de ceux qui nous entoure de refuser la douleur qui nous anime.

Malheureusement.

Nous sommes toutes confrontées aux mêmes énormités. Les deux phrases qui m’ont personnellement le plus choquées sont : » Tu peux très bien vivre sans enfants, il y a beaucoup de couples heureux sans enfant » (là c’est la claque et je m’effondre, c’était les paroles de mon père) et « tu ne dis rien à ton mari et tu vas voir ailleurs, il ne le saura jamais » (là j’ai cru rêver, je me suis simplement levée de la chaise et suis partie, c’était les paroles de ma grand-mère). En 6 ans de PMA, pour nous protéger de tous ces blablas déplacés et qui font mal, nous nous sommes inconsciemment isolés du monde, nous sommes à deux pour le meilleur et pour le pire, nous forgeons notre bonheur jour après jour selon notre capacité à encaisser continuellement les échecs, en espérant qu’un jour le ++++++++++ sera là.

« Aller voir ailleurs sans rien dire » est la solutions que des millions de personnes ont utilisées avant que la médecine procéative ne puisse apporter une solution médicale.
C’est ce même principe de L’ANONYMAT, du « NE RIEN DIRE » qui gère encore actuellement les politiques de bioéthiques en matière de don de gamètes.
SI vous lisez le livre d’IRENE THERY, elle vous racontera l’histoire édifiante qui a été à l’origine des premiers essais d’insémination artificielle chez les humains.

 » Tu peux très bien vivre sans enfants », oui je reconnais cette phrase. De même « Je trouve que tu te projettes trop » ou encore « tu idéalises trop l’enfant, tu sais ce n’es pas si facile… »: nous ne demandons pas de solution à nos proches, ni même leur avis, juste de l’écoute : c’est une position peu enviable, certes, c’est pour cela que nous les reconnaissons comme proches. Qu’ils sortent de cette position d’entendants nous choque car ils jettent alors, c’est vécu comme tel, le jugement sans en comprendre l’implication immédiate.

Ce qui choque est que la parole est à un certain point niée, et la parole est souvent douleur (dans mon cas précis, tout du moins) : oui la plainte est difficile à entendre mais faire semblant de ne pas l’entendre est terrible et se plaindre d’entendre l’autre se plaindre (cet agacement dans la voix de nos proches, souvent suivi d’une solution absurde : « tu ne dis rien à ton mari et tu vas voir ailleurs… ») nous renvoie à l’isolement et à nous-même.

Force est de constater que le corps médical, le ou la gynécologue, le plus souvent, n’a pas une grande qualité d’écoute non plus.

En parlant parole, j’ai, au bout de longs mois, osé dire à notre gynécologue que nous doutions, il nous a répondu « je suis absolument sûr que vous allez avoir un enfant » : affirmation que nous savions pertinemment fausse (qui peut savoir cela ???) : je vous laisse imaginer l’effet de cette phrase lorsque vous connaissez les chiffres de la PMA, la confiance dans la parole du médecin ensuite (il n’est plus qu’un simple moyen, pour le reste…)
Le corps médical n’est pas d’une grande écoute non plus : encore un isolement de plus.

Pourtant la parole peut se libérer sans être jugée : ici par exemple, ou encore avec certains proches ou d’autres qui le sont devenus par une qualité d’écoute.

Moi aussi je pense qu’il faut en parler mais il y a trop de gens qui ne se rendent pas compte….
Des fois j’ai l’impression d’être comme celui qui a un problème physique évident… On le voit on le regarde et après on ose plus regarder mais il y a toujours le lourdeau qui fixe bêtement….
Nous la pire réplique qu’on est eu c’était quand un couple de connaissance nous a présenté leur fils. Mon mari a dit : « trop mignon je veux le même » et l’autre de répondre  » bah prête moi ta femme parceque visiblement t’a perdu le mode d’emploi… » Et il se marre… Whaaaa trop drôle! Je sais pas comment il a encore toutes ses dents…

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