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On apprend à vivre sans…

Dans nos parcours liés à l’infertilité de nombreux couples ont dû surmonter l’épreuve d’une grossesse qui s’arrête. Au total 15 à 20% des femmes seraient concernées par la fausse couche.

Qu’elle soit précoce ou tardive, il s’agit selon moi d’une des épreuves les plus difficiles à vivre dans nos parcours… En cas d’échec (non réponse au traitement, ponction blanche, test négatif…) le coup est dur à encaisser mais l’espoir demeure et l’envie de recommencer, de retenter revient rapidement, on veut prendre le dessus et continuer, aller de l’avant…

En cas de fausse couche, on a surtout envie de revenir en arrière, revivre ces moments de femme enceinte… réentendre ce petit cœur qui battait, revoir ce petit embryon qu’on nous a montré à l’écran, ressentir de nouveaux toutes ces sensations…

La nature a rempli le vide qu’on ressentait depuis des années et quand ce vide réapparait, il est plus grand et plus douloureux que jamais…

Difficile de ne pas repenser aux échéances qui étaient prévues (échographies, DPA, réunions de familles où on aurait pu exposer son joli ventre…) avant ce difficile événement.

On est parfois partagés entre l’envie de continuer comme si rien ne s’était passé (le déni ?) et l’envie que ça s’arrête… On compare d’ailleurs souvent les étapes de la fausse couche au processus du deuil.

Il faut d’abord surmonter l’annonce de cette grossesse arrêtée, puis la fausse couche en elle-même naturelle ou médicale (cytotec, aspiration/curetage) lorsque celle-ci ne se fait pas toute seule… Il faut également souvent faire face aux saignements plus ou moins abondants et plus ou moins persistants.

Je pense que chaque femme ayant vécu cela se souviendra toute sa vie, du moment où on a prononcé les mots suivants « il y a un problème, il n’y a plus d’activité cardiaque madame », du moment où elle a dû d’elle-même sortir le médicament de sa boite et l’avaler, ce même médicament qui allait « évacuer » son tout petit embryon et du moment où finalement elle s’est rendue à la maternité pour subir une aspiration car son petit embryon continuait de s’accrocher et au moment où elle s’est réveillée le ventre vide, tellement vide…

Les jours suivants sont souvent difficiles, l’entourage du couple est alors important et comme dans nos parcours PMA (IAC, FIV, FIVDO…) les réactions sont parfois décevantes ou parfois au contraire compatissantes et encourageantes… Il faut alors se protéger et gérer ça comme on le souhaite sur le moment : en en parlant librement ou en le vivant dans sa « bulle »…

Il faut ensuite reprendre un quotidien presque « normal », refaire des choses qu’on n’aurait pas pu faire enceinte, essayer de reprendre du plaisir, sortir de chez soi et revoir des gens… et surtout se dire qu’on sort de cette épreuve certainement plus forts et plus soudés que jamais et que malgré tout c’est le début de la construction de sa famille…

Enfin une chose est sûre, après ça, on est, souvent plus persuadés que jamais de vouloir devenir parents et plus conscients que jamais de l’importance de la vie !

Et finalement, le temps sans effacer quoi que ce soit, apaise les choses…

Mais attention, qu’on nous dise jamais « tu oublieras avec le temps » !

NON, on oublie jamais, on apprend à vivre avec… ou plutôt sans…

Il s’agit d’une étape douloureuse, qui malheureusement fait trop souvent partie de nos parcours, il nous a donc semblé important que chacun(e) d’entre vous puisse témoigner sur son vécu à ce sujet, si il/elle le souhaite…

Libre à vous messieurs/dames !

27 réponses sur « On apprend à vivre sans… »

Je me souviendrais toujours de mon appel au labo, le jour de cette pds ! J étais fière de moi , j’ avais résister a l appel des TG !! J entends c est positif ! Pardon ? Vous vous trompez Madame ! Je suis Madame M ! Oui oui je sais mais je vous confirme c est positif !
Je n en revenais pas ! Moi ? Positif ? Je sors de la chambre en hurlant vers mon mari ! « C’est positif, c’´ est positif ! » . Lui cors vers moi ! Avec le bruit ambiant, la télé, moi qui criait ! Il me dit quoi ?  » qu est ce qu elle a Milady ? A est ce qui a ? Elle a quoi Milady ? !! ?? En panique .

Milady est notre vieux chat, elle a 19 ans !! Rire.

« Heing ? Quoi ? Quel rapport avec Milady ?? C est positif !!! »
il était bouche bé ! j ai vu son visage se transformer pour la première fois avec ce merveilleux sourire….

Je me suis senti a lui pour toujours, imprégné de nous, et pour cause…

La,suite ne s est pas très bien passer ; qques jours avant Noël nous avons apprit que le taux chutait et que cela était mauvais signe ! nous étions désespéré , nous avons lu tout ce qu il pouvait se faire sur le net, les histoires incroyables des uns et d autres, la vie faisant parfois des « miracles ». On se disait , pas nous ! Et si nous ! Justement, il nous faut vivre cela ! le 24 décembre 2012 cela. S est passer, j hurlais de douleur dans la salle de bain, pendant que mes invités m attendait pour le repas. Les jours qui ont suivis ont été dévastateurs pour moi, comment dire au revoir au petit souffle de vie que l on a en soi ?
Cela a été une période très difficile, cela n est pas anodin a surmonter, je regrette le manque d accompagnement, d information. A nouveau , nous nous retrouvons seul face a une nouvelle situation ! sans savoir comment réagir. j avais l impression de perdre la raison face a cet immense chagrin, l hypnose m’a « sauvé » de cet état et m a aider a surmonter le chagrin, la colère.
Je ne sais pas si l on se remet vraiment d une Fc , mais on apprend a vivre avec , cela est une certitude … Par contre je n arrive jamais a me défaire d une chose, je compte les mois en me disant… En mai cela aurait été bientôt mon 6eme mois…. et les larmes me reviennent… Pff

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On est nombreuses a avoir traversé cette épreuve. Par contre, on ne compare pas les étapes de la fausse couche au processus du deuil: la fausse couche est un deuil, qu’on oublie très souvent de faire, minimisant l’importance qu’aura eu ce début de vie dans notre existence, tous ces projets qu’on commençait déjà à fomenter inconsciemment… Bref, oui une fausse couche est une perte, une mort prématurée qu’il faut vraiment prendre le temps de soigner pour la suite.

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Le plus difficile pour moi a été le contre-coup, j’étais en larmes sans savoir pourquoi, puis j’ai fini par comprendre que ce moment coincidait avec le mois prévu de l’accouchement si la grossesse avait été menée à terme… A ce moment-là, pour mon entourage, tout cela était déjà loin derrière, mais comme Catiminie11 (et comme certainement des milliers d’autres femmes), j’ai vécu les 9 mois suivant en pensant régulièrement « j’en serai au X ième mois… », et c’est seulement après ce cap des 9 mois que j’ai pu faire mon deuil, j’ai vécu quasi une grossesse fantôme mois après mois.
Ma FC (GEU ? je ne saurai jamais vraiment) était pourtant très très précoce, mon homme et moi avons eu à peine le temps d’un week-end pour y croire enfin, alors je n’ose imaginer la douleur de celles pour qui la grossesse est déjà plus avancée.

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je me sens moins seule , sur le fait de compter chaque mois… Je trouve cela idiot mais tellement incontrôlable … Je me dis en te lisant Missypurple que cela est propre a chaque femme ayant vécu une fc ?

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J’en ait 2 à mon actif. la première détecté en juillet 2011, une IAC…. la seconde en mai 2012, un bébé « couette » comme on les appelle, un petit miracle. 2 curetages à 12sa, quand on se dit que « le cap » est passé.
Ironiquement, je suis tombée enceinte 10 mois après chaque début de grossesse, donc 1 mois après chaque dpa, et même pour cette grossesse là. Comme si mon corps avais besoin de se rendre compte des 9 mois qu’il faut pour mettre un enfant au monde….

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Bon alors pour moi la Fc a été très dure à vivre. 1e IAC et elle fonctionne, j’y crois a fond, avec mon mari on rêve de la suite, on parle a notre crevette et puis un matin, je vais prendre ma douche et la le monde s’écroule je perd du sang, j’appelle mon chéri qui se dépêche de rentrer pour essayer de me réconforter , il ne peut m’emmener aux urgences car il bosse 1/2h après être rentre et c’est une de mes amies qui m’y conduit. Les saignements sont de plus en plus abondants et L’Echo est difficile à réaliser surtout que j’ai l’utérus retroverse et les 2 étudiants n’arrivent pas a voir. Au bout d’une heure ils finissent par appeler leur chef qui confirmera ce que je savais déjà j’ai fait une fausse couche et il ne peut même pas me dire si c’est un œuf clair ou une grossesse interrompue tellement mon utérus est plein de sang. J’ai passe le pire Noël de ma vie cette année la surtout que mes 2 belles sœurs étaient enceintes. On m’a dit tu verras ça à pris une fois ça reprendra vite mais non et aujourd’hui je suis en attente d’un don d’ovocyte. Je ne peux m’empêcher de penser parfois à ce que serait notre vie et c’est vrai qu’il y a des dates anniversaire qui inconsciemment réveille les souvenirs.

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Beau partage d’expérience. Expérience dure à lire pour toutes celles qui l’ont partagée, en partie, complètement ou différemment.
Moi, j’ai eu la « bonne » idée d’aller sur des sites qui calculent la DPA, des tas de trucs comme ça. Dure, par la suite, quand on a le ventre vide, de recevoir des emails publicitaires « votre enfant a 1 mois » ou « vous en êtes à la 23 ème semaine de grossesse »… et par courrier, j’ai reçu régulièrement des petites couches 1 mois, puis 6 mois. Le couteau dans la plaie béante.

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Ici aussi deux fausses couches avec deux aspirations après deux Fiv …. je dirai que la lors de la première un immeuble nous est tombé sur la tête … et lors de la deuxième ( mêmes circonstances, mêmes dates, même médecin , même pièce, mêmes personnes présentes, même vision à l’écran, même chirurgien : le même film en replay : seule différence pour la deuxième je n’ai pas de rétention active à réopérer comme pour la première où j ‘ai été réopérée deux mois après l’aspiration ….) et bien, lors de l’annonce j’ai su gérer; nous avons su avec mon homme, nous connaissions la suite… mais avec un peu de recul, elle est encore plus douloureuse que la première car on a réalisé que ce n’était pas le hasard comme on peut se dire lors légitimement de la première fois : nous avons réalisé que cela se compliquait de plus en plus … avec un entourage compatissant mais tout aussi désarmé que nous …et surtout je vis dans la terreur de revivre cet événement et elle est bien ancrée en moi ; je n’arrive pas, malgré un gros travail sur moi, à me dire que cela peut se terminer autrement que par une fausse couche … c’est affreux….et très fatiguant psychologiquement ….

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J’aurais pas mieux expliquer ça moi même et pourtant je l’ai vécu.
N’oublions pas la crainte. A chaque nouvelle tentative on apprend à vivre avec la peur de l’échec mais aussi la peur du ++++ et de ce qui peut en découler.

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C’est vrai une fois qu’on a vécu ça, la peur reste ancrée dans notre esprit et notre corps…

Je n’ai pas abordé non plus cette culpabilité de ne pas avoir réussi a garder ce petit embryon dont on rêve pourtant tellement…

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Ces histoires personnelles m ont beaucoup touché et ému, a pleurer même, c est très touchant est tellement vrai, et même si ces témoignages dates d un an je sais que la réalité est encore proche et que pour beaucoup rien a changé (pas de grossesse et toujours pas d enfants tant désiré) alors voila, mon histoire…semblable a d’autre mais si dure a porter.

On a découvert la stérilité de mn ami, suite a un cancer des testicules, dur…mais sans conséquence pour sa vie, alors on a enchaîné mariage et rendez vous pour être admis en Iad. 9 mois d attente pour ce don et 1 an et demi on passait, le protocole a commencé, 5 Iad, une grossesse biochimique (la 1ere) mais que attente et déception, un an plus tard 1 ere fivd..négative, très dur, que d’espoir (rien chez moi est un frein au bon fonctionnement).2eme fivd début juin 2014..c’est positif me dit on le jour de mon hospitalisation pour cette hyperstimulation que je redoutais tant et qui fut tellement douloureuse? Écho de contrôle, repos obligatoire, mais miracle a 5sa deux sacs, je n’ose y croire, j’ai envie mais n arrive pas au vue de tant d illusion et de désillusion depuis ce tant passé.

Rdv a 6sa en ville chez ma gynéco qui me suis depuis c est long mois…1 embryon a commencé son évolution, l autre est peut être retardataire..un déjà qu’elle chance (je considère maintenant la réussite une chance, cela peut paraitre étrange mais tant de pourcentage me font dire que tout le monde ne sera pas l heureux gagnant, parce que oui on entend l’éternel rangaine-patience c’sure ça viendra avec le temps-sauf que non beaucoup n en feront pas partie et même si c’est difficile a admettre, pourquoi d autre et pas nous?)
7sa..l écho tant attendu ou pour la 1ere fois le cœur de mon bébé se fera entendre et ou tant de stress et de questionnement s apaisera enfin. Une sensation de pas comprendre ce qu on m annonce, le fauteuil gynéco devient mou sous mon corps, je ne pleure pas, j entends, je comprends, je ne sais pas si je suis vraiment la et si vraiment mais vraiment je vie ce que je vie…j ai rendez vous 5 jours plus tard (pont du 14 juillet et aucune envie de rencontrer d autre médecin) c long j’espère toujours mais je sais, aucun signe de fausse couche, aucune perte encore des symptômes mais je sais, et c horrible mais je me sens comme porter mon enfant mort. Je suis très entouré je parle beaucoup mais la douleur est profonde, comment réellement reporter ce sentiment intérieur quand rien a l’extérieur ne l exprime? J ai mal, mon mari aussi, mais je sais qu il veut être fort pour nous, pour moi…il a pleuré, une fois et mon cœur c est arrêté une seconde fois.
Rdv des 8sa..c la fin, hospitalisation en priorité fin d’aprem a la clinique (que d angoisse mais je suis maintenant reconnaissante de cette prise en charge rapide influencée par mon parcours difficile et surtout mon état psychologique).
Voila c’était il y a 5 jours, je me sens fragile et forte a la fois,vous lire me fait me sentir moins seule et comprise.
Comment ne pas appréhender la suite..comment gérer et cette peine qu’on a mais également qu’on inflige au cercle familiale..la vie l’estompera..
Juste retrouver cet équilibre du couple qui a été si malmené, cette vie remplie malgré tout de joie et de bonheur qu il faut prendre quand ça se présente.

Je termine simplement parce que l évocation d un « psy » est très fréquente..je sais exactement ce qui m arrive (comme nous tous) je sais pourquoi tant de peine et NON personne n aura les mots pour la combler ou l apaiser nous sommes juste infertile et OUI nous iront surement mieux quand nous toucherons du doigts notre rêve de parents.

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Le deuil d’un début de grossesse obtenue dans un cadre de parcours d’amp, est quelque chose de très lourd à porter. Car la grossesse obtenue suite à protocole de FIV est une chose tellement extraordinaire, qui ouvre pour les futurs parents des perspectives incroyables dans lequels ils plongent avec réserve, mais une très grande réserve. L’espoir d’un très grand bonheur, qui s’écroule avec l’arrêt de du coeur du petit qui avait déjà une si grande place dans notre vie.
J’espère que vous puissiez rapidement, enfin toucher du doigt et porter dans vos bras un nouveau bonheur.

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