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Par 2 fois le monde s’est écroulé

Printemps 2010, 19 mois d’essais, la 3ème IAC est positive. Tout va bien allé, j’en suis sûre. Le taux double correctement et au bout de quelques jours j’ai des saignements… Mon cœur lâche, après tout ça je n’ai eu la joie d’avoir ce ventre plein que quelques jours… Je dois continuer les prises de sang pour vérification et stupeur le taux continue son ascension : je fais en plus une GEU qui finira en FC spontanée quelques jours plus tard. C’est la consternation, 2 petits embryons s’étaient développés en moi, et maintenant il n’y a plus rien, mon ventre est vide, nous repartons de zéro… Et chéri, constant à mes côtés qui me soutient et m’aime…

Printemps 2012 la FIV ICSI 3 débute bien : 9 follicules, mais seulement 3 ovocytes mures et un seul fécondé. J’appelle le matin et le biologiste ne nous donne pas beaucoup d’espoirs car l’embryon n’est pas super. La déception est encore grande mais nous préférons que ça s’arrête là plutôt que la prise de sang soit encore une fois négative.

Mais étonnamment il résiste, passe les jours et l’on me dit d’appeler le matin du J6 : il est exactement comme il doit être, transfert dans 2 heures. J’ai du mal à y croire : c’est un warrior. L’attente interminable pour la prise de sang (que j’ai avancé de 2 jours) et c’est positif. Enfin, 2 ans presque jours pour jours après la première fois, après 3 ans et demi on le tient, le taux est bien, dans la norme. J’ai un petit pincement au cœur car cette DPA est à quelques jours près la même que celle de ma 1ère FC…

Je suis stressée tout le temps, j’ai peur de le perdre et j’enchaine (comme bien d’autres) les allers/retours aux toilettes. J’ai le cœur sur la flotte très rapidement, les insomnies commencent et les envies de pipi au milieu de la nuit, avec les traitements mon ventre et mes seins gonflent. Enfin tout ça me rassure un peu. Première écho pour vérifier qu’il soit bien placé, il est là, au bon endroit, nous voyons la vésicule à 5SA+5. Les larmes montent car nous le tenons, il est là. Et puis la 2ème écho pour voir le cœur à 7SA+6. L’appareil n’est pas de prime jeunesse, limite la mire à l’allumage… Nous ne voyons pas l’activité cardiaque mais l’embryon s’est développé, nous le voyons lui, il a la bonne taille. Je dois aller dans un cabinet avec un appareil plus performant car il peut y avoir un petit décalage d’une ou 2 journées. Mon ventre s’arrondit encore un peu.

2 jours plus tard toujours pas de cœur, et nous voyons une 2ème vésicule avec quelque chose dedans, un 2ème embryon se développe mais est très en retard. Je ne comprends pas pourquoi, comment, il n’y en avait qu’un. Là ils nous disent que ça arrive mais de ne pas se faire trop d’illusions, il y a peu de chance que le cœur se mette à battre à ce stade, ils nous expliquent que ce stade est critique car c’est le passage à 4 valves qui ne se fait pas correctement parfois… Il faut revenir dans une semaine pour la confirmation de la poursuite ou de l’arrêt de la grossesse. Ce sera chose faite à 9SA+1, c’est fini, pas de cœur, plus de développement des 2 embryons, car il y en avait bien 2.

Parce que ce n’est pas une urgence au sens médical, je serai opérée seulement 2 semaines plus tard. J’ai porté, comme beaucoup d’autres, la mort au lieu de la vie, moment difficile et déchirant que la séparation d’avec cette petite chose pour laquelle nous nous sommes suis battus des années… Chéri est là, me soutient comme toujours mais ma peine en incommensurable. Il ne peut rien faire si ce n’est supporter mes sauts d’humeur avec toujours cet amour dans le regard et cette peine qu’il porte au fond du cœur. Mon ventre reste rond plusieurs semaines encore, comme pour ajouter à ce vide que je ressens.

Après un accompagnement par une professionnelle je vais mieux et je suis prête à me relancer dans ce combat que nous finirons par gagner peu importe les moyens !

9 réponses sur « Par 2 fois le monde s’est écroulé »

Un récit bien triste et vraiment émouvant. La vie nous semble parfois si cruelle…et elle l’est. Pourquoi vivre autant de malheur???
Je n’ai pas encore raconté mon histoire, je vais bientôt le faire, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’une histoire est pire qu’une autre mais ça n’a vraiment pas du être évident pour vous.
Le retour à la « vie réelle » et au train-train quotidien est super dur après tout ce qu’on vit. Le pire c’est quand on espère et qu’on y croit. Lors de ma dernière FIV, j’étais sur que c’était bon mais non encore une fausse joie. La chute est d’autant plus dure. Mais on arrive toujours à trouver la force de faire face à la situation. Le fait d’être deux y ‘est pour beaucoup. Je sais qu’à chaque fois que j’ai un peu le blues, mon chéri m’a remonte le moral en me disant que la prochaine sera la bonne.
Je vous dis bon courage pour la prochaine FIV.

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Merci ! Je te souhaite beaucoup de courage aussi, comme à toutes ces femmes extraordinaires qui vivent des choses similaires et qui comme moi continuent de se battre pour contrer Dame Nature ! Ce qu’il faut retenir, c’est que l’on se relève toujours grâce à l’espoir de tenir un jour ce petit être dans nos bras !

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Oh, comme les mots manquent. Je suis très émue de cet article, tellement révélateur. Quel combat. Les parcours égarés sont les plus terribles, car oui, la société ne comprend pas notre souffrance et comme il est si bien écrit « Parce que ce n’est pas une urgence au sens médical », on laisse les gens souffrir dans une situation pareille. La science procréatrice a de gros progrès psychologiques et humains à faire.

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Irouwen je n’ai pas de blog. J’ai vu que tu m’avais mis le lien d’une autre fille. Mon 1er pseudo était Loulou mais déjà pris donc j’ai changé pour Helia1.

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Comme la vie est injuste parfois, le bonheur est tout prêt mais malheureusement le sort s’acharne. J’espère pour toi que ce petit bout arrivera vite et qu’il vous comblera de joie . En ce qui concerne la non urgence médicale, je trouve ça horrible car ils ne se mettent pas a la place de la personne qui vit ce drame. Je te souhaite de continuer à être forte et de ne pas baisser les bras ( je te dis ça mais je devrais essayer d’appliquer ce principe parfois )

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C’est tellement vrai ce que tu dis, à chaque fausse-couche je comparais mon petit brybry à un alpiniste qui gravissait la montagne et juste avant d’arriver au sommet il tombait. Et malgré ce vide immense que l’on ressent et cette tristesse énorme, on se relève et on y croit une nouvelle fois, l’être humain est plein de ressources, nous sommes prêtes à tout pour tenir un jour notre enfant dans les bras, le serrer contre notre cœur. Il faut croire qu’un jour la roue tournera. Continue à te battre, aime le plus que tu peux ton conjoint et comme dit mon médecin : « quand on fait une fausse-couche, on ne reste pas sur le bord de la route. »

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