ETATS GENERAUX DE LA P.M.A., la suite (1)

Le contenu des thèmes qui seront débattus lors de ces États Généraux de la PMA commence à filtrer.

Avec l’actualité brulante du mariage homosexuel, le sujet de l’AMP est récemment revenu en haut de l’affiche. Si l’on peut s’en féliciter, toute mise en lumière de ce sujet presque tabou et souvent pris par le petit bout de la lorgnette étant bonne à prendre pour éduquer, il ne faudrait pas que les indications « sociétales » biaisent le débat et ne soient l’arbre qui cache la forêt!

Parmi les thèmes qui feront débat et seront proposés au « panel de citoyens », ces fameuses « indications sociétales » de l’AMP. La question portera donc sur l’ouverture de l’AMP aux femmes célibataires et homosexuelles en couple (don de sperme) mais aussi aux couples d’hommes (don d’ovocyte et gestation pour autrui). Or il s’agira de ne pas occulter les nombreux couples pour lesquels la gestation pour autrui est bien une indication médicale et dont l’infertilité est aujourd’hui niée et qui se retrouvent sans aucune alternative thérapeutique!

Cet élargissement à de nouvelles « indications sociétales » ne peut pas non plus faire l’économie d’un débat sur toutes les indications et notamment sur l’âge des femmes admises à une prise en charge pour infertilité. Le remboursement des soins jusqu’à 42 ans révolus doit être aussi questionné, notamment dans le cas d’un don d’ovocyte. Si la logique actuelle de prise en charge est fondé sur le postulat qu’un ovocyte de 42 ans est de mauvaise qualité et est responsable du faible taux de réussite en FIV , alors pourquoi ne pas aller au bout de la logique en cas de don d’ovocyte et prendre en compte l’âge de la donneuse d’ovocyte plutôt que celui de la femme qui reçoit ce don et repousser le droit à l’AMP de quelques années?

Sera également abordé sous l’angle sociétal la possibilité de congélation des ovocytes de femmes « jeunes ». Ce questionnement moral, qui a toute légitimité dans ce cadre et dont le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) se saisira ensuite, ne doit pas occulter la réalité des pratiques de la PMA en France. Élargir les indications, ouvrir le champ des possibilités à tous ceux qui souffrent du manque d’enfant, oui, mais pas au détriment de l’efficacité du système! Surtout dans une situation de pénurie organisée des dons d’ovocytes.

Les aspects pratiques, organisationnels et financiers doivent être présents à chaque pas de la réflexion, et à chaque étape de la décision des pouvoirs publics. La PMA en France dispose de peu de moyens, les centres, notamment publics, sont pour certains débordés et proposent des délais de prise en charge indécents (parfois jusqu’à 5 mois pour faire un TEC sur cycle naturel). Sans compter le faible niveau d’équipement des laboratoires, sous équipés, alors que cela conditionne la qualité des embryons qui seront réimplantés.

Il est illusoire de penser que l’enjeu n’est que moral, il est aussi financier. Alors que les professionnels alertent sur une baisse brutale de la fertilité dès 35 ans, les couples patientent souvent plus de 6 mois entre la prise du 1er rendez-vous et le début d’un quelconque protocole. Chaque mois perdu, c’est un peu de fertilité jeté à la poubelle et des couples qui se retrouvent au bord du chemin parce qu’il est trop tard.

Nous devons être vigilants sur l’orientation de ces débats, et ramener à chaque instant à la réalité que vivent les couples infertiles, rappeler sans relâche que les dérives potentielles que les mal informés brandissent par facilité comme un épouvantail  ne sont que des fantasmes et combattre les idées reçues afin d’améliorer non seulement la prise en charge mais aussi la vision de ce citoyen lambda sur la réalité de l’infertilité et des couples qui la subissent.

Le CCNE est actuellement déjà en train de recruter les experts qui seront amenés à faire profiter de leur science les membres du panel. Le collectif BAMP ne pourra visiblement pas faire entendre sa voix directement. Parions même que les experts invités seront ceux que l’on voit habituellement intervenir sur le sujet à la télévision, espérons tout de même que le CCNE aura la « sagesse » d’élargir les compétences et de convier également associations de patients, psychologues, voire médecins étrangers à même d’éclairer (et de dé-diaboliser) leur pratiques nationales.

A noter toutefois, que les membres du panel devraient en théorie pouvoir, lors de ces 3 week-ends d’ « information », demander l’intervention d’autres experts. Ce qui laisse une chance au collectif BAMP de se faire un petit nom d’ici là…

Revendication : Les Etats Généraux ne doivent pas être pris en otage par le CCNE et orientés uniquement sur des questions d’éthique et l’ouverture à de nouvelles indications sociétales. Les Etats Généraux de la PMA doivent conduire à la rédaction d’un rapport indépendant établissant un état des lieux de la PMA en France, identifiant les enjeux, listant les problèmes et proposant pour chacun des solutions, avec un calendrier  précis conduisant à l’élaboration rapide d’un projet de loi PMA et d’un Plan PMA avec les financements appropriés !

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