L’infertilité secondaire… Ou comment se faire entendre dire « fais pas chier, t’en as déjà un… »

Je vais avoir 30 ans cette année, j’ai un fils de 8 ans, et je ne vis pas avec mon homme pour le moment.

Voilà le tableau, et L’AMP pour moi, c’est comme qui dirait : « Dans ton c** ma belle ».

Saviez vous, les PMettes, qu’il existe sur Terre une catégorie de femmes (même infime) qui vous envie avec vos Puregon Pen, vos piquouses d’Ovitrelle, vos ovules d’Utro dégueulasses, vos ponctions, vos transferts, vos FIV, vos TEC, vos IAC ?

Oui, ces femmes qui vous envient, vous et vos malheurs, vos désagréments, vos espoirs souvent déçus, ce sont les nanas qui comme moi, ne peuvent prétendre au protocole AMP et restent sur le bord de la route, le ventre désespérément vide, pour cause de réglementation archi-stricte. (non les deux années de vie commune avec monsieur je ne les ai pas, les raisons ça nous regarde, et pourtant de l’amour et l’envie de notre bébé, ça nous l’avons…) Sauf que ça ne suffit pas.

J’ai toujours su que je n’étais pas hyper fertile (hérédité maternelle tout d’abord, règles tardives, corps peu formé, pas de seins, pas de hanches, kystes ovariens fonctionnels étant jeune, dysménorrhées…) et déjà à l’âge de 19 ans quand j’ai voulu mon premier enfant, je ne suis pas tombée enceinte entre C1 et C6 comme pourrait le laisser supposer mon jeune âge, mais à C18 ou C19. Et dire que j’avais osé trouver ça long à l’époque !! (ha jeunesse impatiente…)

Retour de manivelle, en lieu et guise de retour de couches, une pds positive… Du foutage de gu**** !! Le papa venait de me quitter, je n’avais ni la force ni l’envie de gérer seule deux enfants si proches en âge, et je voulais profiter sereinement de mon premier tant attendu et espéré. Alors j’ai honte de dévoiler ça ici à des nanas qui donneraient tout pour connaître le bonheur d’être enceinte, mais oui, j’ai avorté de cet enfant que je n’avais pas désiré.

Là vous vous dites, non mais qu’est-ce qu’elle fiche ici celle-là avec ses histoires d’IVG, elle a rien compris au film, c’est un blog d’infertiles ici. Oui mesdames, vous avez raison. Ou presque.

Les années passent, j’élève mon fils seule (enfin le papa est présent pour son fils mais c’est moi qui gère le quotidien), je rencontre mon homme. Nous sommes ensemble depuis maintenant 5 ans et demi. A l’époque je porte un DIU (un stérilet au cuivre), et une rupture de kyste hémorragique intra-ovarien lors d’un rapport m’amène directement aux urgences (aouille, ça fait mal). A cette occasion on constate que mon stérilet est complètement déplacé et ne sert en fait strictement à rien, on me le retire. (depuis quand s’est-il déplacé, et pourquoi, bizarrement, je ne suis jamais tombée enceinte depuis, mystère ?) Je dois en remettre un le mois suivant. Trois mois après, je n’ai toujours pas envie d’aller me faire trifouiller l’intérieur. Chéri non plus d’ailleurs, il préfère faire ça « nature ». Nous ne voulons pas encore d’enfant mais l’idée de remettre un jour un stérilet s’éloigne de plus en plus. C’était en juin 2009.

Je n’ai plus de contraceptif, le temps passe, et pourtant nous ne désirons pas encore avoir de bébé à cette époque, du moins, aucun de nous deux n’ose le verbaliser vraiment, notre situation est trop compliquée. Je me fie à ma première expérience (18 mois d’attente pour tomber enceinte) et je ne m’inquiète pas plus que ça les 18 premiers mois, je suis sûre que de toutes façons ça ne va pas marcher. L’échéance des 18 mois approche, puis elle est désormais dépassée. Et là d’un coup je stresse. Je ne veux pas avoir à avorter, je dois reprendre un contraceptif de toute urgence, plus les mois passent et plus le risque d’être enceinte devient grand. D’où la question : Veut-on réellement ce bébé ? Le jour où ça marche, sera t-on prêt à l’accueillir malgré notre situation encore un peu « compliquée » ? Nous sommes désormais en février 2011, mais mon homme ne parvient pas à poser des mots sur ses envies.

Alors, après presque deux ans de câlins « nature », je remet un stérilet. Pour un mois. Un putain de mois. C’était ce qu’il fallait pour le faire réagir et se décider. Oui il veut ce bébé avec moi, et oui j’enlève ce putain de stérilet, d’ailleurs on ne le supporte ni l’un ni l’autre.

Sauf que voilà, mes trompes, mon utérus ou je ne sais qui n’ont pas apprécié que j’aille me faire farfouiller les entrailles deux fois de suite, et tout ce que je gagne dans l’histoire, c’est une magnifique salpingite gauche. Une vraie, avec 40 de fièvre, une CRP de psychopathe, et une semaine d’hospitalisation en chirurgie sous péni. (D’ailleurs les urgences, merci d’avoir transmis que j’y suis allergique, grâce à vous je me chie littéralement dessus, et non madame, si ce n’est que ça on ne va pas modifier votre traitement, c’est pas grave si vous avez perdu le contrôle de vos sphincters et si vous faites caca sur vous et dans le lit… la honte… bref…)

Au bout d’une semaine, on me dit « vous êtes guérie », je sors. On ne m’a pas dit que ma trompe risquait d’être bouchée, on ne m’a pas dit que je devrai les faire contrôler plus tard. Juste que je suis guérie. Alors moi, en bonne coconne que je suis, je me dit que ça y est, on va pouvoir commencer vraiment les essais.

Juin 2012, dix jours après mes règles, je saigne encore. J’ai mal au ventre, surtout à droite. Urgences, pds. Taux à 221 ui. Je ne m’y attendais pas, j’avais eu mes règles, et de toutes façons ça pue le pâté cette histoire, si c’est un début de grossesse, il est sanglant. On passe quand même le week-end à espérer. Je sens tellement d’amour et d’attention dans son regard, je sais qu’il est prêt. Malgré le stress, nous passons un week-end plein d’amour, très proches.  24 heures plus tard, 212 ui. C’est mort, le taux ne double pas, je saigne encore. Fausse couche. Il faut contrôler la négativation des beta HCG.

Fausse-couche ? Non, ça serait trop simple. Le taux remonte. C’est donc une GEU madame, une p’tite piquouse de métho dans les fesses et on n’en parle plus. Bonne nouvelle, la GEU c’est à droite cette fois, histoire de me saloper un peu ma trompe restante. Youpi !!

Je pleure devant la gynéco, je lui dit ma déception, mon impatience. Réponse : Je suis jeune, j’ai le temps, tout va bien,  la preuve ça vient de marcher (ha bon, il est où mon bébé ?) et puis de toutes façons, j’ai déjà un enfant… (sous entendu, de quoi tu te plains ?!)

Merci, tu le dis si je dérange. C’est décidé, je change de gynéco.

Je me tourne vers un hôpital parisien très réputé, et miracle, nous sommes entendus. On annonce la couleur direct, inutile de nous proposer l’AMP, on ne rentre pas dans le cadre. Qu’importe, ils semblent décidés à nous aider. C’est parti pour les examens. Spermo de monsieur, nikel. (un grand moment dans la vie d’un couple le spermo, du rire, de la complicité, et encore du rire. Et deux gouttes à côté aussi) Hystérosalpingographie, coup dur. Hydrosalpinx gauche. Aucun brassage péritonéal de ce côté. A droite ça semble aller, mais avec la GEU, la gynéco doute quand même. Réserve ovarienne normale, pas de SOPK. Ouf !!! Je réclame un test de Hunher, mais apparemment la GEU de l’an dernier suffit à prouver que j’ai des glaires adéquates. (Perso, chaque mois je les cherche, et je n’ai pas encore trouvé l’ombre d’un blanc d’oeuf, mais bon, j’suis pas médecin…)

J’ai rendez-vous fin juin avec l’anesthésiste, et une plastie tubaire par coelioscopie ainsi qu’une hystéroscopie (pour vérifier la présence ou l’absence d’éventuels polypes) de prévues le 10 juillet. S’en suivra une stimulation simple par Clomid car mes courbes de tempé ne sont pas significatives, je n’atteins jamais les 37 degrés.

Je me dis que si j’étais restée là où j’étais suivie avant, je serai encore là à attendre, comme une cruche, pendant qu’on me dit « fais pas chier, t’en as déjà un… »

Oui mesdames les PMettes je vous envie, et oui je me sens punie d’avoir un jour avorté de mon petit locataire. J’ai le sentiment d’être punie pour ce que j’ai fait. Je lis vos blogs, vos joies, vos peines, vos attentes et vos déceptions, j’aimerai vous rejoindre au club des PMettes, je suis déjà comme vous abonnée au club des infertiles. Si la plastie tubaire et le Clomid ne suffisent pas, je n’ai plus de solution.

4 ans déjà sans contraceptif (sauf un malheureux mois) et toujours pas de bébé en vue. L’infertilité secondaire, c’est l’attente, la déception, et aussi un peu la honte de se plaindre que ça ne fonctionne pas, vu que « de quoi j’me plains, j’en ai déjà un… »

11 réflexions au sujet de « L’infertilité secondaire… Ou comment se faire entendre dire « fais pas chier, t’en as déjà un… » »

  1. LITTLEMARACUJA

    Le COLLECTIF BAMP à « l’ambition » de regrouper, de rassembler toutes les personnes concernées par l’infertilité (sous toutes ces formes) et par la A.M.P. (sous toutes ces formes).
    L’ambition aussi d’être ouvert bien au delà de personnes directement concernées par l’enfant qui ne vient pas, les membres de la famille, les ami-e-s, les professionnels du soin, le quidam fertile…………
    Donc ton témoignage, qui rentre dans la rubrique « L’INFERTILITÉ SECONDAIRE » a tout ça place ici.

    Merci d’ailleurs d’avoir « osé », d’avoir pu écrire tout ça.

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    1. Je me retrouve un peu dans ton histoire.
      Une GEU avant d’avoir mon fils il y a trois ans. En essai bébé2 depuis septembre 2012. Déjà deux fausse-couches et la réponse du gynéco : vous avez déjà un enfant, alors on attend la 3è fausse-couche et on verra…

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  2. J’ai des amies proches qui eu leur 2ème enfant par FIV (le premier est venu naturellement), donc ne t’inquiètes pas, il y a toujours des solutions, même pour les infertilités secondaires. Pour ce qui est de l’IVG, je comprends ce sentiment de « punition ». Je suis passée par là quand j’étais jeune, toute ma vie j’aurai ce sentiment d’un acte manqué. Aujourd’hui, je suis en train d’essayer de trouver un autre sens à ma vie après plus de 6 ans de PMA, une quinzaine de tentatives PMA en France et à l’étranger, qui n’ont pas marché. Sans vouloir minimiser ta souffrance qui est là, c’est évident, quand tu dis que tu nous envies, je trouve ça peut-être un peu tout much 😉

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  3. J’imagine bien ce que tu peux ressentir quand tu dis que tu nous envies. J’ai mis 4 ans à avoir mon 1er transfert d’embryon. En PMA je ne suis jamais allée jusqu’à la ponction car je n’avais déjà pas d’ovocyte. J’ai bien eu toutes les piqûres dont tu rêves mais je ne suis jamais allée jusqu’au bout. Je n’ai jamais attendu la PDS miraculeuse, jamais eu la chance de me dire que j’avais une chance d’être enceinte. C’est horrible et frustrant de voir passer les années sans véritable essai. Quel bonheur lors de mon 1er transfert d’embryon l’année dernière ! Enfin, moi aussi je pouvais essayer. Tu es bien partie pour y arriver, tu es enfin pris en charge. Et si, mets toi dans la tête que tu as légalement le droit d’être prise en charge même si tu as déjà 1 enfant alors si un médecin te dis le contraire, va en voir un autre illico.

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  4. Avoir un enfant, procréer, donner la vie et toutes ces montagnes russes pour y arriver enfin (peut-être) Alors oui, la douleur est réelle, oui ta souffrance est bel et bien là. Il n’y a pas d’échelle pour dire qui a plus le droit ou pas, pour plus d’obstacles non plus , pour plus de pas de chance, pour plus de « on cumule les difficultés, pour plus de « nous c’est pire ». Ce que l’on ressent est réel, il n’a a pas à se justifier, tout cela n’est pas normal et aurait dû être plus simple à vivre, à faire, oui c’est vrai. On ne peut que te comprendre et surtout ne pas juger (déjà un enfant ou pas) et te culpabiliser davantage. Ce désir d’être parent prend aux tripes et on a beau nous dire, ça va aller, c’est pas grave, il faut attendre, il y a d’autres solutions, l’incompréhension, le désarroi sont là. Il n’y a que nous-mêmes pour évaluer ce qu’on traverse et la place que cela prend. Juste pour te dire qu’avec mon compagnon, notre gynéco et le centre n’ont jamais vraiment cherché à enquêter sur nos deux ans de vie commune. Ils ont juste entendu notre projet d’enfant et notre « détermination » je dirai. Nous avons juste écrit une lettre sur l’Honneur et nos proches familles et amis étaient prêts à nous soutenir (car nous aussi cela nous a inquiété). Nous nous sommes rencontrés tardivement comme on dit (lui pas pressé, moi une première union de 10 ans sans enfant). Quand on a commencé à se fréquenter, tout était limpide, nous étions le papa et la maman de nos enfants. nous allions enfin fonder une famille (nous avions 35 moi et 32 ans lui). Alors peut-être que l’âge a joué (mais pas sûr), cela ne faisait même pas un an et demi qu’on se connaissait et deux mois qu’on vivait ensemble, lorsque nous avons consulté pour la première fois. Notre parcours détaillé, les examens réalisés, les résultats tombés (moi, mes ovaires sont fatigués, lui, ses zozos sont fainéants et ont tendance à disparaître), on allait pas en plus être freinés (pour pas dire emm**dés) par un deux ans de vie commune, le projet était bien là. L’équipe médicale nous a fait confiance et nous faisons confiance à l’équipe médicale. Voilà, nous sommes inscrits en PMA depuis un an et demi et avons commencé direct en fiv icsi en octobre 2012. On repart sur notre deuxième fiv comptabilisée par la sécu (car il y a déjà eu 3 tentatives avec fiv suivie d’une fc, puis tec avec pds négative et une fiv annulée car pas d’embryons) et on nous propose, à présent une fiv imsi. Pour dire que j’avais besoin de dire des choses aussi mais surtout pour te dire de ne pas hésiter à aller vers un médecin qui n’oblige pas zéro enfant et deux ans de vie commune pour vous accompagner, votre projet est légitime. « Mettre un peu de lumière dans sa vie n’est pas un caprice ». Prends bien soin de toi.

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  5. Tu n’as pas à te sentir coupable d’avoir fait une IVG. Le contexte et le fait que cette grossesse soit tombée si proche de l’accouchement le justifiait amplement. C’est ton corps, ta vie et personne ne doit te juger. C’est en revanche bien regrettable qu’on demande deux ans de vie commune pour passer aux choses sérieuses. Une infertilité secondaire occasionne autant de souffrance qu’une infertilité primaire. J’espère que tu pourras bientôt faire une IAc ou une FIV pour donner un petit frère ou une petite soeur à ton premier enfant.

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  6. Tu es dans le même bateau que nous… Tu désires un enfant et tu ne peux pas l’avoir (pour l’instant…). Il n’y a pas à essayer de voir plus loin : ne te crée pas de scrupules que tu n’as pas à avoir. La souffrance est peut être un peu différente (et encore, qui suis-je pour le savoir), mais elle est bien là. Ne t’encombre pas l’esprit avec tout ça ; le parcours est déjà bien assez difficile !

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  7. Je te comprends, j’y ai eu droit au « mais tu as déjà un petit « …Oui j’ai un petit c ‘est la merveille de ma vie!Changement de chéri et fiv icsi…C’est vrai que je me dis que malgré tout je l’ai mon ange et que c’est une chance énooorme, je ne me compare pas aux femmes qui en désirent et qui subissent depuis des années sans rien au bout ça jamais par simple respect pour elles ,même si moi aussi j’ai « subi » et je subis encore les traitements, notre attente est différente…Si on n’y arrive jamais « nous  » aurons quand même mon grand loulou.Mais tu vas y arriver garde confiance et surtout ne culpabilise pas pour ton IVG un enfant non désiré est un enfant malheureux et sur ce blog je pense qu’on est toutes d’accord: on veut des enfants heureux!!! 🙂

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  8. Chaque parcours de vie est différent et je ne me permettrai pas de te juger sur ton avortement, ce n’était pas le moment pour toi d’avoir un 2e enfant, parfois il faut savoir penser à soi et reconnaître ses limites.
    Toutes les souffrances sont réelles et aucune n’est comparable à une autre, la seule chose qui est sûre c’est que le désir d’enfant est présent et que nous attendons toutes une bonne nouvelle quand nous sommes dans un parcours AMP.
    Ne te culpabilise pas, tu mérites le bonheur autant que toutes les femmes en désir d’enfant qu’elles soient mères ou non.
    Je te souhaite beaucoup de courage et de bonheur pour l’avenir.

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  9. C1 post-coelio, POSITIF !!! Je n’en reviens toujours pas !!! Etre enceinte 15 jours après l’intervention, ça ne s’invente pas !!! La gynéco qui me disait « tout va bien » m’a fait perdre 4 ans de ma vie, elle s’est bien foutue de moi, j’avais un énorme hydrosalpinx gauche, de multiples adhérences ovariennes bilatérales, et de l’endométriose de stade 1.
    Le chirurgien m’a réparé et nettoyé tout ça, il a retiré entièrement la trompe malade, et c’est POSITIF !!! Je suis heureuse heureuse heureuse !!! Je vous souhaite à toutes autant de chance que j’en ai eu cette fois !

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    1. Super! Dans un peu moins de 9 mois envoie du champagne à ton chir!!! 😉
      C’est vraiment génial quand ça se fini bien! Même si forcément il y a eu du temps perdu, beaucoup…trop!
      Profites! Je suis heureuse pour toi!

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