Un signal positif en faveur de la recherche sur l’embryon

Le programme de la session extraordinaire du Parlement, qui débutera le 1er juillet prochain, comprend l’examen de la proposition de loi tendant à modifier la loi no 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique en autorisant sous certaines conditions la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires.

Il vise à supprimer l’hypocrisie du système actuel en abrogeant le régime d’interdiction de ce type de recherche , qui fonctionnait par dérogations au cas par cas, et à le remplacer par un régime d’autorisation encadrée.

Il s’agit donc d’un signal positif en faveur de la recherche sur les embryons, dont les avancées permettront d’identifier des paramètres encore mal connus et d’ augmenter les chances d’implantation de l’embryon lors d’une FIV.

Le texte énumère quatre conditions cumulatives nécessaires à l’octroi d’une autorisation de recherche : la pertinence scientifique, la finalité médicale de la recherche, l’absence de techniques alternatives et le respect des principes éthiques par le protocole.

Il précise aussi, dans l’esprit d’encadrement d’éventuelles dérives, qu’il sera interdit d’utiliser des embryons ayant déjà servi à la recherche à des fins de gestation.

La logique du texte est à saluer sur 2 points :

  • Repositionner dans l’esprit du grand public et des chercheurs la recherche de l’embryon dans une dynamique positive et rappeler qu’il s’agit bien d’une recherche à finalité médicale
  • Arrêter de crier au loup en se voilant la face sous couvert de pratiques potentiellement non éthiques mais plutôt encadrer fermement en amont !

A suivre donc…en espérant que lors des débats parlementaires, les querelles de partis fléchiront enfin devant la nécessité de favoriser la recherche afin de permettre les progrès tant attendus par les couples victimes d’infertilité.

5 réflexions au sujet de « Un signal positif en faveur de la recherche sur l’embryon »

  1. bonjour, je partage
    il me semble que les recherches médicales évoquées dans ce cadre seront moins en lien avec la recherche de solution à l’infertilité que la recherche en vue de mieux connaitre et réussir à guérir des maladies graves, souvent incurables aujourd’hui. il me semble mais je peux me tromper n’est ce pas!

    je voulais surtout intervenir sur 2 points : la recherche sur l’embryon telle qu’encadrée se ferait sur la base d’embryon issus de couples ayant eu recours à la PMA, et n’ayant plus de projets parentaux pour eux. ces couples ont aujourd’hui le choix soit d’en demander la destruction, soit d’en faire don à la recherche, soit d’en faire don à des couples ne pouvant avoir des enfants autrement. Pour un couple en attente d’accueillir un embryon, le délais est aujourd’hui très long, au vu du faible nombre d’embryons « disponibles » dans les CECOS ( 3-4 ans d’attente au moins au Cecos Cochin). D’un point de vue très centré sur les couples receveurs en attente, cette autorisation de recherche sur les embryons (peu nombreux) fera t elle encore se rallonger les délais d’attente ?

    Par ailleurs, la décision est difficile à prendre pour les couples « source », ce qui fait que leurs embryon restent « stockés », sans « projet ». en espagne, face à cette même situation, la loi a fini par etre modifiée : les centres sont devenus propriétaires (!) des embryons surnuméraires pour lesquels les couples n’ont pas répondu dans un délais de 5 ans à la question de savoir le projet qu’ils souhaitaient pour leurs embryons surnuméraires : les centres d’AMP (cliniques privées), devenus propriétaires des embryons, les mettent à disposition des couples souhaitant les accueillir (sans avoir eu l’accord des couples « source » donc, puisque la loi espagnole le permet, ce que je peine encore à concevoir pour être honnête). Bref, je ne sais pas si cette  » propriété » autorise la recherche sur l’embryon. en tous cas il me semble important que la loi de bioéthique limite toute forme de concurrence entre recherche et couples en attente de recevoir un embryon, et statue très clairement sur ce qu’impliquerait toute notion de propriété si on s’orientait vers cela.
    autre question : est ce que, pour motif de recherche, serait autorisée la création d’embryons? serait elle alors autorisée pour les couples aujourd’hui c’est impossible en france (comme le double don de gamète), notamment pour éviter la tentation de la marchandisation du corps.

    le second point concerne l’alternative à la recherche sur l’embryon : au lieu d’utiliser des embryons, la recherche pourrait se faire sur des cellules souches (adultes, ou issues du cordon ombilical),ou sur les cellules  » IPS » du prix Nobel Yamanaka : la loi de bioéthique française, avant d’autoriser la recherche sur l’embryon, pourrait elle privilégier ces autres « supports » de recherche thérapeuthique? ok notre recherche est en retard mais est ce qu’on ne gagnerait pas, éthiquement à privilégier ces autres modes de recherche encore un temps?
    en m’excusant des possibles approximations, voilà les réflexions personnelles que je voulais partager avec vous

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  2. après quelques (rapides) recherches pour savoir si la recherche sur l’embryon visait aussi à traiter de l’intertilité :
    a priori non, la recherche porte sur des pathologies différentes (pas de recherche sur la défaillance des organes reproducteurs)

    ci après le lien vers les états généraux de la génétique , qui fait entre autre le point sur les axes de recherche sur l’embryon :
    http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/la-recherche-sur-les-cellules-souches-et-l-embryon/la-recherche-sur-les-cellules-souches-et-lembryon-de-quoi-sagit-il.html
    extrait :
    « Les recherches autorisées sur les cellules souches embryonnaires en France se répartissent en 3 grands groupes :

    – celles qui visent à comprendre de quelles façons se transforment les cellules embryonnaires pour devenir des cellules spécialisées de foie, de rein…Ces travaux pourraient conduire, dans le futur, à des développements thérapeutiques palliant les défaillances des organes (thérapie cellulaire) ;
    – celles qui visent à développer des travaux portant sur la compréhension de la survenue des maladies (modélisation de maladie) ;
    – celles qui servent à tester en laboratoire l’efficacité et la toxicité des médicaments.
     »

    perso cette recherche sur l’embryon me heurte, et je suis opposée à une modification de la loi de bioéthique en ce sens lors ce son prochain vote.

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    1. Je n’ai pas du tout le même son de cloche de mon gyneco qui justement m’a indiqué que l’avenir, pour améliorer l’évaluation des chances d’implantation, c’était de déterminer quels marqueurs le permettaient, et ça se fait directement en étudiant ( recherchant donc) les follicules et le liquide contenant les ovocytes et sur l’embryon lui même ( sur le parallèle technique du DPI actuel). A croire que certains chercheurs sont plus a la pointe que d’autres. Mais en tout cas, c’est bien de la recherche sur l’embryon qui peut être implanté dont je parlais.

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