La recherche sur les embryons – Loi

Ange nous fait parvenir cet article écrit par Joséphine Bataille pour le journal LA VIE, il est paru aujourd’hui, 9 juillet 2013. Le parlement doit de nouveau décider de l’avenir de la recherche et des embryons surnuméraires. Je vous invite à lire l’ensemble de l’article directement sur le site du journal LA VIE.

C’est une question difficile à laquelle doivent répondre les parlementaires français. Difficile car comment répondre de façon objectif à un sujet aussi marqué par les idéologies, les sensibilité éthiques, religieuses, morales. Pourtant, il faut apporter des réponses, mais les réponses sont multiples aussi multiples que le nombre d’individus à qui cette question pourrait être posée.

Ce sujet, n’est pas dans les propositions du collectif BAMP, si déjà la recherche pouvait évoluer un peu du côté des aspects médicaux de l’A.M.P. pour les hommes et les femmes qui cherchent à comprendre pourquoi, ils ne peuvent avoir d’enfant.

Par contre nous posons la question des embryons surnuméraires qui se trouvent au fond des cuves d’azote, sans projet parental pour les en faire sortir. 

La recherche sur l’embryon s’inscrit dans une perspective de santé globale, de compréhension des mécanismes de certaines maladies, ce n’est pas juste réservé aux problèmes d’infertilité.

Bioéthique

La guerre sur l’embryon reprend au coeur de l’été

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

La proposition de loi tendant à autoriser sous conditions la recherche sur l’embryon, actuellement interdite avec des dérogations, revient mercredi 10 juillet au soir à l’Assemblée nationale.

Un rat, un fœtus humain, un slogan : « Pour éviter la recherche sur l’animal on utilise l’embryon humain comme matériau de laboratoire, Vous trouvez ça normal ? » Avec sa campagne lancée en décembre dernier et ses visuels chocs, la Fondation Jérôme Lejeune a fait parler d’elle en prenant en main la mobilisation contre la modification des conditions de la recherche sur l’embryon, et sur les cellules souches qui en sont issues. L’un de ses encarts, publié dans le Nouvel Observateur, et interprété comme « une publicité anti-IVG », avait créé la polémique en début d’année, obligeant le directeur de la publication à présenter des excuses pour cette annonce « non conforme aux valeurs » du journal.

SI vous souhaitez lire le reste de l’article, c’est par ici

17 réflexions au sujet de « La recherche sur les embryons – Loi »

  1. Ma dernière FIV a donné 3 embryons, tous d’égale qualité. Deux d’entre eux, choisis au hasard par le biologiste, ont grandi pour donner 2 petites filles qui vont bientôt naître. Un choix différent du biologiste, et l’une de mes filles chéries serait aujourd’hui encore au congel, composée de quelques cellules. Comment pourrais-je alors considérer alors un embryon comme du matériel de recherche ?!

    Certes, avec mon master en biologie cellulaire, je suis pertinemment au courant que dans la nature seuls 50% des embryons se développent, ce qui m’a beaucoup aidé à accepter la perte de mes espoirs lors des FIV précédentes, mais entre ce qui se passe naturellement et ce que fait l’Homme il y a une marge. Et puis surtout, il existe tellement d’autres solutions !

    Pour favoriser les accroches en FIV, pourquoi ne pas commencer de vraies études statistiques sur des protocoles novateurs comme l’injection de ßHCG dans l’utérus en même temps que le transfert par exemple ? Surtout que les interactions qui se font dans le corps entre l’embryon et les cellules de l’endomètre sont hyper compliquées et dépendent de l’organisme tout entier, des cellules immunitaires, des molécules du sang de la mère… jamais on ne pourra reproduire fidèlement tout ça en labo ! Mieux vaut travailler directement sur ce qui est déjà fait de manière épisodique par certains centres seulement, pour pouvoir définir et généraliser les meilleures conditions d’implantation. A part l’utro crado, pour les DPO post FIV, on ne m’a jamais rien proposé : lors du transfert qui a fonctionné c’est en auto médication que j’ai pris de l’aspirine et je suis sure que ça a bien aidé et que certains centres ont encore d’autres idées qui marchent, c’est par là qu’il faut commencer !

    Pour la recherche hors FIV, on ne sait pas contrôler les cellules embryonnaires. Elles ont tout un tas de gènes de développement activés qui les rendent cancéreuses chez l’adulte. Comme en plus elles ne viennent pas du greffé, il faut y associer un traitement anti-rejet qui affaiblit le système immunitaire et favorise ces cancers. A côté de ça, on trouve de plus en plus de cellules souches adultes avec un peu moins de potentiel mais tout de même utilisables pour plein de choses en fonction des cellules choisies, et qui ne posent pas de problème de rejet puisque le malade est greffé à partir de cellules lui appartenant et différenciées in vitro. Et il ne faut pas oublier les célèbres cellules IPS (Nobel 2012), qui sont des cellules souches adultes reprogrammées pour devenir totipotentes comme les cellules souches embryonnaires. Pas de problème de rejet non plus ! Certes, faire des cellules IPS coute très cher, mais séquencer le génome humain a aussi été un jour hyper cher et très lent alors qu’aujourd’hui quasi tous les labos de génétique ont leur petit séquenceur express dans un coin.

    Vous l’aurez compris, la recherche sur l’embryon me met vraiment mal à l’aise, d’une part parce que je trouve que scientifiquement ce n’est pas du tout la meilleure option et d’autre part parce que l’embryon a déjà tout ce qu’il lui faut comme chromosomes pour devenir une personne humaine si on lui fournit les bonnes conditions, il est une promesse de bébé dont les caractéristiques génétiques sont déjà déterminées, une poussière d’humanité, pas un matériel de labo.

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  2. Bonjour

    C’est un sujet hautement émotionnel aussi, donc très compliqué et polémique…… pour toi cela a marché et c’est très chouette, donc tes embryons sont pour toi des « futurs bébés » ce que je comprends ….

    En fiv ,on a en plus accès au tout début de la vie puisque l’on voit les points blancs lors du transfert c’est rare et hallucinant d’ailleurs de voir si tôt le début de vie…

    Moi après deux FIV et deux fausse couches à trois mois, je m’oriente ( si celle en cours ne marche pas, sachant que j’ai une chance colossale de refaire une fausse couche) vers un dpi light en espagne qui permettra de valider avant l’implantation que nos embryons sont sains et non porteur d’anomalies : autant te dire qu’en france c’est totalement impossible….

    est ce de la recherche sur embryon ? c’est compliqué , c’est sur que cela entraînera une suppression des embryons anormaux qui pourtant pourraient s’implanter pour forcément mourir ….et je signe sans problème… mon mari aussi d’ailleurs…

    J’ai eu tous les traitements possibles pour l’implantation …..la recherche sur l »embryon ne vise pas qu’à résoudre l’implantation …

    alors oui la recherche très encadrée sur des embryons sans projet parental donnés par des couples avec un accord très clair de leur part ( il y en a des centaines de milliers congelés pour lesquels les couples ne sont plus d’accord ou ont divorcés et qui sont dans des cuves ) je suis pour ….si nous avions des embryons congelés et que l’un de nous deux mourrait sans les avoir utilisés, nous les donnerions à la science…

    sans recherche en médecine on avance pas et en France en pma on a beaucoup de retard pas qu’en pma d’ailleurs…frydman et plusieurs médecins viennent de publier un article ( sur le blog d’apo- merci d’ailleurs) sur ce qui ce passe en france…ce n’est pas terrible du tout…

    cela n’empêche pas bien sur toutes les questions éthiques qui ont leur place bien sur …et en france en éthique on est plutôt en avance…et c’est très bien …

    Tu vois j’ai juste un avis différent et je comprends le tien….

    espoirhope

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    1. Bonjour Espoirhope, et merci pour ta réponse 🙂

      Déjà, je te souhaite que la FIV en cours t’apporte le bonheur pour 9 mois in utéro et bien plus ensuite. C’est terrible ce qui vous arrive, je compatis de tout coeur pour les fausses couches même si je ne peux qu’imaginer de loin quel désarroi cela doit être. Et si vous avez tout de même besoin de vous tourner vers l’Espagne, j’espère que ce sera LA solution. Est-ce que ce sont les délais d’attente qui vous empêchent de faire un DPI en France ?

      Comme tu le dis, votre anomalie génétique fait que vos embryons peuvent s’implanter mais que les fœtus atteints ne survivront pas, ce n’est pas le même cas que les embryons surnuméraires sains quand les parents ne souhaitent plus d’enfant. Dans ton cas, c’est la nature qui « condamne » ces embryons à mourir, pas l’Homme, et savoir à l’avance quels sont les embryons sains peut t’éviter un nouveau cauchemar atroce, alors je comprends bien que vous signiez les yeux fermés et de tout mon cœur je vous souhaite que ça marche !

      Dans le cadre de la PMA, la recherche sur l’embryon serait surtout pour favoriser l’implantation puisque c’est la partie limitante des protocoles une fois les embryons obtenus. En dehors de la PMA, le champ est effectivement beaucoup plus large avec des greffes de cellules +/- différenciées in vitro par des facteurs de croissance, par exemple dans l’idée de greffer des cellules ß du pancréas pour soigner des diabétiques type 1, mais là je crois vraiment que l’avenir est dans les cellules IPS ou les cellules souches adultes selon la pathologie, avec des résultats beaucoup plus contrôlables et sans traitements immunosuppresseurs par la suite.

      Si dans notre couple l’un de nous mourrait, je souhaiterais que notre embryon restant au congel soit donné à un couple en FIV qui a besoin d’un double don, qu’il ait une chance de vivre et de devenir un bébé aimé par une famille, même si ça serait très difficile de l’imaginer grandir quelque part loin de moi puisque j’aurais été « forcée » par les circonstances de l’abandonner. Mais si on peut aller le chercher nous mêmes, on le fera, on pense beaucoup à lui/elle qui n’a pas encore eu la chance de ses soeurs, et qui n’a que 20% de chances de continuer à vivre en dehors du congel, mais qu’on aime pourtant très fort.

      Le vrai gros problème de la recherche en France, ce n’est pas les questions éthiques, c’est la déconsidération totale des chercheurs financièrement et professionnellement (à part quelques grands pontes reconnus et de rares chanceux). J’ai fait mon stage de master 2 dans un labo rempli de chercheurs de 35 à 40 ans enchainant les post-docs ou CDD de 2 ans, passant leur vie à essayer d’obtenir des places rarissimes avec 25 personnes pour un seul poste en CDI, complètement sous-payés malgré leurs 8 ans d’étude… Aujourd’hui, simple prof de bio, je gagne plus qu’un chercheur lambda qui a 10 ans de plus que moi et j’ai même pu avoir un prêt immobilier que je n’aurais jamais obtenu si j’avais continué dans la recherche.
      Le jour où on y mettra les sous et la bonne volonté, je suis sûre qu’on rattrapera notre retard et qu’on fera des choses formidables avec les cellules IPS, jusqu’au jour où elles seront devenues si courantes et bien maîtrisées qu’elles seront abordables pour tous. Je ne dis surtout pas qu’il faut brider la recherche, juste ne pas s’entêter dans des voies qui, pour de nombreux scientifiques, ne sont pas les plus judicieuses au niveau des résultats et posent en plus de douloureuses questions éthiques alors que de nombreuses autres voies attendent d’être explorées.

      Je t’envoie tous mes voeux pour le DPI, en espérant avant que votre FIV en cours marche et que surtout tu n’aies pas à revivre encore l’horreur d’une fausse couche. Bon courage pour supporter les 3 mois d’angoisse, et que ce soit le meilleur qui vous arrive !

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      1. MAIRE-EVE avec tes compétences et tes connaissances dans ce domaine, tu ne voudrais pas écrire un article sur ce sujet ?
        Cela serait intéressant.
        Si tu as un peu de temps pour ça, avec tes deux petites.

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      2. c’est d’ailleurs encore plus compliqué car certains de nos embryons pourraient vivre mais avec des déficiences majeurs et c’est donc l’Homme pas la nature qui allons les condamner….il y a aussi chez d’autres couples, plein d’embryons sains qui auraient pu vivre et ne vivront pourtant pas …….Avec un dpi, on risque même de condamner un embryon sain ( qui ne survivra pas à la manipulation ) .. si un embryon est écarté en dpi et doit faire l’objet de recherche je suis ok bien sur …

        la « mort « des embryons c’est pour moi un risque inhérent à la FIV recherche ou pas…tu peux d’ailleurs lorsque tu signes les papiers ne donner ton accord que pour un nombre limité d’ovocytes à mettre en culture (personne ne le signe jamais).

        d’où en france les 200.000 embryons au froid dont 35 % sans projet parental…ils suscitent des convoitises des chercheurs et 70 protocoles de recherches ont déjà été autorisés d’ailleurs…

        nous ne rentrons pas dans la catégorie des DPI en france ( trop âgés et pas de maladie génétique identifiée)…quand tu vois qu’en espagne c’est simple (en payant certes) cela fait un peu réfléchir, en france il n’y a que deux centres et ce ne sont que des cas ultra compliqués………….

        en pma la recherche travaillera certes sur l’ implantation qui pose le plus de problème ( en gros ils arrivent à faire des embryons chez bcp de couples) mais pas que (versus la recherche en Espagne bcp plus avancée que nous) : ils butent aussi sur le choix des embryons à implanter….en france les critères de choix sont « limités » (que deux embryoscopes pour toute la france) et les politiques très différentes : pas de cohérence sur les J1, j2 j3 ou j5…et des résultats pas cohérents en terme de grossesse : des embryons mal classés donnent des beaux bébés…chez nous, les embryons qui donnent des fausses couches sont de catégorie +++++++…

        il faudrait des moyens et « lâcher » les vannes….avec nos accords bien sur pas comme en Espagne où les embryons deviennent la propriété de la clinique !

        nous ne les donnerons pas à un couple : trop peur si le notre décède et que nous passions notre vie à rechercher celui qui devrait le remplacer …

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        1. « france les 200.000 embryons au froid dont 35 % sans projet parental », merci pour cette information, je me demandais justement ce matin quels étaient les chiffres. Là c’est énorme !

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  3. C’était une grosse angoisse pour moi, d’imaginer que je puisse avoir des embryons congelés, et que je ne puisse pas tenter de les réimplanter dans mon utérus pour essayer de nouveau d’avoir des enfants. Finalement, nous n’avons pas eu d’embryons surnuméraires et c’est un soucis en moins Car le dilemme aurai été terrible. Je n’imaginais pas possible de les donner à un autre couple, ne pouvant vivre en pensant que quelque part, un ou d’autres enfants issus des gamètes de mon homme puisse vivre loin de nous. Il était plus simple pour mon équilibre psychique de les donner à la science…. Dans le même temps n’ayant pas été confronté à cette réalité, nous avons juste pris position sur l’accord écrit.
    A l’étranger, pour notre FIV-DO, nous remplissons des accords sur ce que nous souhaitons faire en cas d’embryons surnuméraires. Les conserver pour une autre tentative, les donner à un autre couple, les donner à la science, les détruire. En cas d’embryons surnuméraires, ces accords doivent être actualisé tous les ans.
    C’est une question important qui doit être posée, que nous devons nous poser. Libre ensuite à chacun de choisir en fonction de ses convictions.
    Mais je pense que ce qui est vraiment important, c’est d’avoir la possibilité de pouvoir choisir.
    SI quelqu’un se sent mieux de savoir que ces embryons sont congelés, pour un temps que cette personne détermine, sois dans la perspective d’une autre tentative, sois juste pour les garder, c’est son choix. Je trouve que c’est bien de l’avoir.

    La recherche sur l’embryon n’est pas juste réservé aux questions liées à l’infertilité, mais couvre un domaine de recherche beaucoup plus large, sur la compréhension de certaines maladies.

    C’est une question difficile, mais il ne faut pas faire l’économie de ne pas la poser.

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    1. Angoisse ô combien partagée !
      Et j’en profite pour te remercier du collectif BAMP et du témoignage dans le reportage : je trouve que tu es une très belle personne (y compris physiquement).

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  4. quel sujet délicat … soupir …. pour ma part je n’arrive pas à dire embryon … je parle des « nos petits »… je ne parle pas de « ils sont au frais » ou « ils sont congelés » je dis « ils nous attendent ou on va chercher nos petits »… Moralement, il est difficile pour moi d’employer tout ces termes… Pour beaucoup qui ne sont pas lier à l’infertilité des embryons ne sont pas des « etres » .. mais « seulement » des cellules !! Alors pourquoi tu chiales Nath d’avoir perdu des embryons ?? Quelle violence pour moi !! quelle cruauté !
    Ce débat et nos avis seront toujours partagé de part nos situations personnelles, notre vécu avant et pendant et après le parcours… Au grand jamais je ne pourrais donner mes petits à la science , même si je sais que la recherche doit avancée sur le sujet ; avec Mister Cat traversons ce parcours si difficilement, ces échecs cumulés et successifs.. Pour nous ils sont si précieux !
    Je nous vois le souffle coupé jusqu’à ce que la biologiste nous appelle pour nous donner une date de transfert.. Si un jour, je me retrouve avec un nombre impressionnant d’embryons, nous en ferons don à des couples qui comme nous sont dans l’incapacité d’avoir un petit… Nous en avons parlé longuement ; ces petits on les a voulu ils sont là à attendre que l’on vienne les chercher et non les détruire..
    C’est un débat très émouvant.
    Il me semble qu’en Espagne, au bout de 5 ans les embryons sont la propriété du centre PMA.

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  5. Comme Irouwen, je pense qu’on ne peut pas faire l’économie du débat et surtout du choix pour chacun. Si l’on peut travailler sur la recherche sur d’autres pathologies autres que l’infertilité avec d’autres cellules, tant mieux, mais pour améliorer les chances d’implantations c’est bien que les follicules et sur les embryons qu’il faut s’attarder.

    Quant au choix de chacun, on fait ce qu’on peut avec l’histoire qui se créer malgré nous. Avec 12 embryons en 1 FIV, nous pensions naïvement que nous aurions la possibilité d’en faire don à d’autres couples pour les restant, parce que ni l’un ni l’autre n’avons investit nos embryons comme nos enfants mais comme des petites chances d’enfants. Bien nous en a pris, puisque (sauf 1 perte à la décongélation) 11 ont été transférés, en vain. Et dans ce cas là, « heureusement » que nous les voyions pas comme des individus à part entière, car sinon nous aurions perdu en 18 mois 11 membres de notre famille proche, et ça n’est pas envisageable psychiquement.
    Les embryons surnuméraires ont le désavantage de mettre en balance l’envie d’une réappropriation absolue de ces petites cellules (c’est tellement humain dans des protocoles qui le sont si peu) et la nécessité d’instaurer une réelle distance avec eux dans un parcours déjà si difficile.

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  6. Je me sens réellement proche de ce qu’a dit Marie Eve… Sans condamner le besoin réel de recherche en PMA, je suis très mal à l’aise avec l’utilsation d’embryons humains en recherche. Actuellement, c’est très complexe, mais il y a des dérogations pour des sujets de recherche bien précis. Libéraliser cette utilisation me fait peur, mais surtout, je n’arrive pas comme certaines d’entre vous, à voir nos (peut-être futurs) embryons autrement que comme nos petits, nos tout tout petit… Si certains meurent, je crois que je peux prendre un peu d e distance en me disant qu’il n’aurait peut être pas existé au creux de moi, parce que génétiquement pas viable ou autre. Mais si certains sont congelés, je ne vois pas d’autre avenir pour eux que mon ventre, je n’y arrive pas… Et je ne sais pas ce que je ferais si je ne pouvais pas tous les porter un jour…
    Je crois aussi que les cellules par ex IPS peuvent remplacer dans beaucoup de protocole des embryons. Et pour le reste, je ne suis pas pour une législation permissive, je suis pour une évaluation au cas par cas, pour qu’on ne perde pas de vue ce mystère de la vie et cette continuité qui fait de ces cellules nos bébés de demain. Et je n’y mets pas de valeur morale, c’est vraiment un ressenti, pour l’instant…

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  7. Ce qu’il faut préciser, c’est qye dans ce débat sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires, on oublie toujours ou presque que cela pourrait être le seul moyen d’en savoir plus sur l’embryon et donc d’améliorer en premier lieu les techniques d’AMP. Car on ne sait rién ou si peu sur l’embryon, pourquoi comment il se developpe, il simplante: le grand mystere pour les specialistes! alors si les embryons surnumeraires peuvent servir a ca, cela serait bien! Et je crois que nous qui souffrons tant pour les avoir nos petits tas de cellules ne souhaiterions pas qu’on en fasse n’importe quoi.

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  8. Je crois comme beaucoup qu’il faut laisser le choix. Après avoir eu le bonheur de donner naissance à une petite fille grâce à une fiv do, il nous restait 4 embryons. Et a chaque fois que je regardais ma fille, je voyais dans ces embryons ses frères et sœurs. Pas possible pour moi de les laisser à la sciences même si c’est super important la recherche.
    Il y a peu, nous sommes allés les chercher ces embryons. Lorsque s’est posée la question de transférer 2 ou 3 embryons, ma question a juste été de savoir si ceux qui n’étaient pas transférés pouvaient être recongelés. Comme la réponse était négative, j’ai pris le risque d’en transférer 3 car je ne pouvais imaginer mon troisième embryon finir en quelque sorte à la poubelle. Alors il est arrivé au chaud dans mon ventre aussi. C’était un risque. Car ma fille n’avait pas encore 6 mois lors du transfert et prendre le risque d’attendre des jujus avec si peu d’écart entre 2 grossesses, Ben difficile à gérer. Et c’est ce qui est arrivé. 2 sur 3 se sont accrochés. Je ne sais pas s’ils continueront leur chemin avec moi durant 9 mois car gros décollement et saignements importants. Mais je ne regrette pas mon choix. Dans mes tripes de maman, ces embryons congelés qui nous restaient ne pouvaient pas avoir d’autre devenir. Et les donner à des couples rencontrant les mêmes déboires que nous, je pense que cela aurait pu être envisagé mais uniquement s’il y avait levée de l’anonymat. Pour que ma fille si elle était restée fille unique sache qu’elle avait une fratrie et que si elle en éprouvait le besoin, elle pouvait la rencontrer.

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  9. Ce libre – arbitre doit être prit par les couples au départ. Ce qui pose problème ce sont les embryons surnuméraires laissés  » au frais » pour diverses raisons ( divorces etc..). j’ai crus lire 35% dans un post ??? c’est énormeeeeee

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  10. oui je confirme c’est énorme à peu près 200 000 embryons dont 35% sans projet …. je crois aussi qu’il y a beaucoup de couples qui ne répondent pas à la lettre de relance annuelle des centres …car tout simplement ils ne savent pas quoi faire, où leur situation a changé en cours de route et je n’ose imaginer quand tu te sépares et qu’il te reste des embryons, cela doit faire bizarre de devoir se concerter sur le sort d’embryons que tu ne peux d’ailleurs plus utiliser …. ce que je vois aussi dans vos réponses c’est celles qui ont déjà des enfants ont plus de mal à envisager de donner leurs embryons restants …..je ne suis pas sure que nous réfléchissions à tout cela dans le détail quand on se lance en fiv d’ailleurs…

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