Notre long parcours en PMA, toujours en attente de son petit miracle.

Attention très long parcours 4 ans ½,8 IAD, 1 FIV sans transfert, 2 TEC, 1 MIV avec transfert de 2 brybrys, 1 TEC négatif et un prochain à venir.

Fonder une famille aussi loin que je m’en souvienne j’en ai toujours eu envie. Assez jeune, je me rends compte que je suis lesbienne  ce qui ne remet pas du tout en question mon désir d’enfant, la seule question ( du moins c’est ce que je crois à l’époque) est comment faire ?

Au début de ma vingtaine , j’ai des problèmes de règles, irrégulières, absentes pendant plusieurs mois, je ne m’inquiète pas plus que ça mais finit par consulter tardivement. Je profite de la vie, fait un doctorat et me crois fertile.

Excepté les frottis, je passe peu de temps chez le gynéco mais vers 28 ans, j’ai droit à ma première écho endovaginale ( la première d’une longue série…) qui m’annonce que je suis OPK, ma première question est «  pourrais-je avoir des enfants ? », réponse « oui , bien sûr ».

C’était il y a 11 ans, je ne m’inquiète donc pas, google n’est pas présent dans les foyers comme aujourd’hui, je continue ma vie.

A cet âge je rencontre ma chérie, elle à 42 ans et pas de désir d’enfants, nous prenons notre temps, nous nous découvrons, je m’assume mieux. Après un épisode difficile pour moi lié au surmenage de mon travail de thèse et aux sollicitations publiques, j’ai un petit passage à vide qui me fait comprendre que dois prendre soin de moi… Pause.

Le temps passe, ma chérie commence à se faire à l’idée de fonder une famille avec moi, nous pensons à une insémination artisanale, à l’époque l’idée que l’enfant ait un père nous parait une bonne idée, mais nous ne souhaitons pas prendre un inconnu sur le net.Mes amis (hétéros) fondent leur famille, leur demander est compliqué. Une proposition spontanée se fait mais le père à beaucoup d’exigence, il exclut ma chérie, souhaite que nous déménagions en Normandie et fait partie de de ce qui monte sur les grues pour  réclamer leurs droits, il a déjà un enfant en coparentalité et ça se passe mal, après réflexions nous refusons;

PMA épisode 1 : Bruxelles

Nous sommes en 2008 , je commence à être active sur les forums comme « homo et parents » et les « enfants d’arc en ciel », je récolte des infos sur les hôpitaux , cliniques, plusieurs couples évoquent que leur médecin a refusé de leur prescrire les médicaments, de les suivre dans leur projet car la PMA n’est pas autorisé aux lesbiennes en France. Je commence à voir les obstacles mais j’y crois plus que tout, je veux ma famille avec ma chérie.

Je téléphone en juin à 2 hôpitaux l’UZ ( Bruxelles) et la Citadelle à liège, le premier me demande d’envoyer une lettre de motivation et ne me donne pas de rendez-vous, l’autre me propose un rendez-vous pour le 7 octobre avec le psy, puis le médecin.

Quelques semaines plus tard l’UZ nous répond et nous fixe  un rendez-vous le 7 octobre également, il faut faire  un choix que je laisse à ma chérie afin qu’elle se sente vraiment prise en compte dans le projet, mais nous ne sommes pas d’accord je l’écoute quand même ce sera Bruxelles. Ce qui a motivé son choix, nous avons des amies qui ont eu leurs 2 enfants  via ce centre. Moi je préférais Liège car j’y ai passé un 3ème cycle d’étude et que c’est une ville très humaine.

Le RDV ne se passe pas très bien, le médecin n’est pas homophile, il ne regarde pas ma chérie, ne s’adresse qu’ à moi et me dit que je suis vieille pour une grossesse (34 ans), que je suis OPK (là je comprends enfin que ce n’est pas anodin), que j’ai surement des adhérences en raison de mon appendicite et je repars avec une batterie d’examens (hystérosalpingographie une horreur), hystéroscopie (la routine maintenant) , écho, sérologie, etc et du Cloclo à prendre pendant 3 mois avant d’espérer une réponse de mes ovaires. Ce rendez-vous m’attriste, notre désir d’enfant ne compte pas, je suis une vieille machine qui veut procréer, ma chérie ne sent pas reconnue dans son rôle. Voici notre entrée dans la PMA.

De retour, il y a la peur que notre gygy refuse de nous prescrire les examens, les médocs. Notre gygy est une dame assez âgée et très respectueuse des lois. Surprise, elle accepte, nous donne des adresses pour les examens car à l’époque je suis convaincue que je ne peux pas faire mes examens n’importe  où, qu’on va me tomber dessus et que je fais quelque choses d’illégale. Du coup, je fais tout dans le privé ça me coûte une fortune et des heures de trajets. Mais à l’époque je suis contente de pouvoir faire les examens.

Ma généraliste entre en scène et me fait une demande de 100%, j’ai peur que ça éveille les soupçons, je suis presque parano. Ça nous aide un peu car l’addition est lourde.

Cloclo agit doucement, écho mensuelle et j’ai le feu vert pour une insémination en avril 2009, résultat positif, nous sommes aux anges, je fais une allergie à l’Utro, ma gygy m’autorise à le diminuer mais mon taux est faible et nous ne savons pas qu’il annonce une fausse couche (13-38-8).

C’est dur mais j’y crois, moi la vieille machine j’ai été enceinte dès la première fois. J’enchaine les 5 autres IAD sans l’ombre d’un positif dans des conditions parfois douteuses, l’hôpital qui oublie de rappeler et finalement me dit de venir après la bataille pour le transfert ! Élève infirmière qui change de cathéter en plein transfert…

Entre temps notre médecin est partie dirigé une clinique en Arabie saoudite , j’ai un nouveau médecin que je n’ai jamais vu !

Je dois passer en FIV, nous prévoyons un RDV téléphonique , ma chérie pose sa journée, le médecin n’appellera jamais !

Entre temps, le cloclo m’a engendré des polypes.

Au revoir l’UZ

PMA épisode 2 : San Sébastien ( Espagne)

Je me renseigne sur cette clinique à travers les forums, les avis sont qu’elle est efficace mais ne s’encombre pas, c’est stim pour tout le monde ce qui donne dans mes connaissance, 2 réductions embryonnaires, et les tarifs sont très élevés. Mais je veux toujours que nous fondions notre famille et à l’époque je pense pouvoir tout endurer.

Échanges compliqués avec le médecin qui ne parle pas français, j’ai des bases d’espagnole. En tous les cas , il n’ y pas de délais , tout est rapide, je suis ravie… On nous demande si nous voulons retenter une IAD (ils en font 2 , le jour J et le lendemain ) ou passer en FIV ? Nous retentons l’IAD, nous souvenant de l’éphémère positif. Je découvre les piqures, joie, la piqure de déclenchement faite dans le train ( bonheur).

Première hyperstim , je vais à l’hôpital en France, et le toubib me dit que c’est bon signe, l’infirmière qui vient me piquer avec l’anti coagulant m’appelle : « la future maman », j’ y crois à fond. C’est négatif et je déguste avec l’hyperstim, ventre gonflé, difficulté à respirer. J’en veux à toux ceux qui m’ont fait croire que j’étais enceinte, sur l’arrêt de travail le médecin avait même mis : « en rapport avec la grossesse » !

Pause…

Aout 2010, nous louons un studio à la frontière espagnole pour nos « vacances » et faisons le trajet tous le jours pour des Pds pas remboursées, je suis en FIV avec des doses élevées par rapport  à mon OPK, les médecins  me font des échos et PDS et se contentent de me dire que je réagis bien. Finalement, ils me diront que je peux tout arrêter car je réagis trop bien et que transférer serait dangereux. J’ai droit à une ponction sous AG, 36 follicules, et une hyperstim niveau 2,5, je ne peux plus marcher, mon ventre est énorme, j’ai mal, je n’avale rien, je dois reprendre le boulot la semaine suivante !

16 embryons au total seulement, 2 TEV c’est tout, pas de positif. Un corps en souffrance et un moral bas.

Adios donostia.

PMA épisode 3 : Libramont ( Belgique)

Petit hôpital charmant, jeune docteur sympa, je repars pour une batterie d’examen, on voit une psy, on nous accepte dans le programme mais elle pense que la FIV est trop risquée, elle propose une Maturation In vitro pour éviter l’hyperstim… Mais le protocole de la MIV n’est pas encore mis en place chez eux , elle me prescrit Metform…

Un an de discussion sympa et elle nous  dirige vers … la Citadelle Liège et me donne un nom. J’ai l’impression de tout recommencer…

PMA épisode 4 : Liège

je fais un forcing au téléphone et j’obtiens  un RDV assez rapide, nous pouvons commencer rapidement. Juste un problème avec le sperme qui est resté à Libramont, ma chérie gère  ça de main de maitre. On repart PDS, écho et mon médecin à un accident où une maladie on nous dit qu’elle est «  out » pour quelques temps. On rebondit sur le médecin en chef, le MIV a lieu en avril 2012, j’y crois c’est négatif, je fais un TEC en octobre : négatif.

Épisode dépressif réactionnel, qu’on ne me parle plus de PMA (pour l’instant).

40 ans qui arrive en décembre et un TEC pour la rentrée. En attendant on se soigne , on s’aime et on part en vacances.

Financièrement ce projet est un gouffre financier, psychologique, physique. Mais mon temps est compté alors je continue en faisant des grandes pauses comme cette année  où mon dernier TEC date de novembre 2012.

Si la PMA était autorisée aux lesbiennes j’aurais peut être eu plus de chances, être suivi par une même équipe, éviter d’y passer par deux fois, casser mon livret A et les économies de ma chérie alors que nous cotisons à la sécurité sociale française.

J’espère qu’elle sera légalisée pour la nouvelle génération

LOCKSIE

18 réflexions au sujet de « Notre long parcours en PMA, toujours en attente de son petit miracle. »

  1. Quel parcours !
    Je connaissais votre histoire à toutes les deux… Mais pas dans le détail.
    Cet/ces enfant(s) à venir aura beaucoup de chances… Déjà si aimé(e), désiré(e) et si attendu(e)…
    La PMA est bien compliquée à vivre pour les couples hétérosexuels alors pour les homosexuels, c’est plus qu’un parcours du combattant… Malheureusement.
    Merci pour ce témoignage. J’espère que vous réaliserez votre rêve. Bonne route vers vos enfants.

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  2. Je trouve la prise en charge que tu dois subir terrible… Aucune continuité, sans doute beaucoup de perte de temps et d’argent… On te sent errante, sans savoir vers qui te tourner, quel combat. Courage pour la suite…

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  3. Ton histoire montre bien que c’est tout sauf du « tourisme » médical, quel investissement , à tout points de vue…
    Et votre propre pays qui nie votre envie légitime de concrétiser votre amour avec la création d’une famille…
    Bon courage à vous 2 pour la suite!!

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  4. J’ai eu le meme probleme: je suis OPK aussi. Quand j’avais 20 ans j’avais des regles tres irregulieres, mais le gyneco me disait que il aurait pas des problemes pour avoir un bebe plus tard. Donc these, avec experiences a l’etranger etc. Et puis le grop coup quand j’ai decouvert a 28 que tomber encinte n’allait pas etre si facile… Il y en a qui me disent que c’etait pour me proteger que mon gyneco m’a pas dit les dangers des OPK quand j’etait jeune. Moi j’aurais bien aimé savoir du debut…
    Bon courage!

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    1. C’est clair , je pense qu’il vaut mieux être au courant de ce qui nous attend.En plus il y a des petites choses qu’on peut faire pour améliorer l’OPK, consulter rapidement un endocrino, etc, j’ai mis des années à le faire mais bon on ne peut pas revenir en arrière.

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    2. Elaaisa, comme toi j’aurais aimé savoir AVANT. Je ne trouve aucune bonne raison de nous cacher la chose si elle est déjà là. C’est aberrant. Je ne vois pas comment les médecins concernés peuvent justifier leur silence sur des dysfonctionnements comme l’OPK…
      Locksie, en quoi l’endocrino peut nous aider ? J’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup d’OPK qui consultent…

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      1. J’ai vu un endocrino pour l’OPK aussi. Au fait elle m’a expliqué que bien monitorer la thyroide est super important pour eviter problemes d’implantation. Et avec l’OPK il y a souvent des reactions plus fortes des hormones de la thyroide. Desolée je sais pas trop bien expliquer.

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        1. Ca me confirme qu’il faut absolument que je reparle de ça avec ma gynéco car moi j’ai des antécédents familiaux, mère et grand mère ayant la thyroïde en vrac, à mon dernier dosage j’étais trop haut mais la gynéco m’a dit « ça n’empêchera pas d’être enceinte ». Mouais…

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          1. IL faut évaluer, les T4, les T3, la TSH pour déterminer dans quelle catégorie tu te trouves, hypothyroïdie, hyperthyroïdie car les traitements ne sont pas les mêmes. Controles sanguins et dans les cas plus importants échographie de la thyroide chez un spécialiste, pour voir si ce ne sont pas des nodules qui provoquent le dérèglement. C’est une question assez complexe (entre hasimoto, et basedow, voir maladie mixte et qui peut évoluer dans le temps) donc rencontrer un spécialiste est important (endocrinologue, certains sont aussi gynécologue).
            Pour moi qui était en hyper, la grossesse était fortement déconseillée, le traitement très long impossible à prendre en même temps qu’être enceinte. Pour l’hypo c’est différent.
            Mais la thyroïde joue un rôle certain dans les questions d’infertilité, et aussi pour la mère et le fœtus si tu es enceinte, donc la réguler est quand même une chose importante.

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            1. Merci Irouwen pour les précisions. Je ne sais même pas en effet si mes mères et grand mère sont en hypo ou hyper juste qu’elles ont un traitement Lévothyrox et moi à mon dernier bilan mon taux de TSH qui était trop élevé.
              C’est gentil Elaaisa de ta proposition mais je n’habite même pas en France donc c’est un peu plus délicat pour moi, j’ai une gynéco compétente mais l’endocrino, je doute d’en trouver un parlant français ici. Je vais déjà de ce pas faire un mail à ma gynéco pour lui demander ce qu’elle compte faire de moi au prochain cycle et insister pour qu’on précise mon pbm de thyroide. Elle m’avait proposé de le faire mais c’était juste une proposition car selon elle, mon taux n’était pas problématique.

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  5. Tant d’épreuves… Je compatis… Je suis pour la PMA pour tous mais je ne suis pas certaine que tu aurais eu une meilleure prise en charge en France…
    En attendant, je te souhaite du courage et plein d’espoir. Bisous

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  6. La France qui est le pays où je suis née, vit, travaille, paie mes impots, etc aurait pu me permettre d’avoir un parcours « unifié » dans un même centre au lieu de me retrouver dans un perpétuel morcellement qui m’ a fait perdre beaucoup de temps, elle aurait pu m’éviter de faire ma piqure de déclenchement dans les toilettes d’un train en direction du pays basque, d’avoir l’angoisse de ne pas avoir mes résultas de PDS avant 12h ( heure fatidique où il faut faxer ses résultats dans mes centres, faxer et non mailer ou téléphoner). Je sais qu’en France aussi ça aurait pu ne pas marcher mais le stress multiplié du voyage , les mensonges au boulot, la longue route après le transfert où on conseille parfois de ne pas trop bouger ( nous c’est 5 heures de route à 130 !), etc… bref je ne vais pas vous refaire l’histoire mais je ne suis pas une citoyenne de seconde zone et étant en couple depuis 11 ans , participant activement à l’effort de solidarité comme les impots , la sécu, etc, je trouverais normale que nous aussi nous ayons accés à ce système que nous finançons également.
    Merci pour les encouragements.

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    1. Merci pour ton témoignage, pour nous toutes qui souhaiterions accéder à l’AMP en France : lesbiennes OPK, lesbiennes qui souffrent d’endométriose, lesbiennes fertiles, lesbiennes non-diagnostiquées. Trop souvent regroupées sous des appellations peu éloquentes (est-ce que j’ai une gueule d’indication sociétale?) voire réductrices et mensongères , nos réalités qui sont diverses sont niées. As-tu déjà songé à déposer une requête auprès de la CEDH ? Nul doute que Caroline Mécary mènerait la bataille en votre nom avec succès. Suffit de la contacter (via sa page facebook par exemple). Tous mes voeux.

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  7. Bonjour,
    Quel parcours de combattante(s) ! Est-ce qu’on finalement tu as pu tomber enceinte ?
    Avec mon amie, on est à 4 IAD et 4 échecs 😦
    Un compte en banque à sec et le moral dans les chaussettes…

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