Cellules souches embryonnaires / la recherche

Marie-Eve vous propose un article, écrit par ses soins sur les cellules souches embryonnaires, la recherche, l’A.M.P.

Pour commencer, comme je n’ai jamais eu de blog, je vais résumer mon parcours pour que vous puissiez comprendre d’où vient mon avis sur le sujet.
Après la découverte d’une azoospermie, nous nous sommes inscrits au CECOS et avons pris rendez-vous pour une biopsie. Juste avant cette biopsie, l’azoospermie s’est miraculeusement révélée une cryptozoospermie, avec quelques survivants retrouvés en grattant les fonds de tube après ultra centrifugation. Nous avons donc eu la « chance » de pouvoir faire des FIV ICSI avec nos gamètes.
La dernière FIV nous a permis d’obtenir 3 beaux embryons à 8 cellules, de qualité parfaitement égale. Ayant fait le choix d’en transférer deux, c’est le biologiste qui les a prélevés totalement au hasard. Enfin le bonheur a frappé à notre porte : ces deux embryons se sont accrochés et sont devenus deux petites filles dynamiques qui devraient naître très très bientôt. Le troisième embryon est parti au congélateur, en « vie latente », suspendu dans le temps, ce qui me fait tout drôle.
Comme les 2 embryons qui sont devenus nos filles ont été choisis au pifomètre, un choix différent aurait pu avoir lieu et c’est l’une de nos filles chéries qui serait aujourd’hui au congel sous forme de quelques cellules. Ça me fait frémir de penser qu’elle aurait pu être considérée comme du matériel de labo à disséquer, et je pense très souvent à ce petit troisième embryon temporairement « abandonné » que nous irons chercher dès que possible.
Cette intro était là pour vous expliquer mon ressenti, et pourquoi je ne vois pas juste « quelques cellules » dans un embryon, mais un tout petit, même un bébé à son premier stade de vie, avec déjà tous les chromosomes et gènes qui vont déterminer son apparence physique (et peut-être aussi une petite partie de son caractère et de ses talents). Forcément, mon avis est orienté et je ne peux être parfaitement neutre, mais je vais essayer d’être le plus objective possible dans les faits et explications scientifiques.

# Que sont les cellules souches embryonnaires et pourquoi intéressent-elles certains chercheurs ?

L’organisme à la naissance est composé de tissus et organes faits de cellules différenciées très spécifiques : un neurone n’a plus grand chose à voir avec une cellule du pancréas ou de la peau. Toutes les cellules du corps possèdent l’ensemble des gènes humains, mais chaque cellule différenciée n’est capable d’exprimer que certains de ses gènes, ce qui lui permet d’avoir une structure et un fonctionnement adapté à son rôle dans l’organisme. Par exemple, toutes les cellules de l’organisme possèdent les gènes permettant de fabriquer les pigments qui sont excités par la lumière, mais seules les cellules photoréceptrices de la rétine vont utiliser ces gènes et donc posséder les pigments en question. Et même, chaque type de cône fabriquera un pigment différent à partir d’un gène différent, il en est de même pour les bâtonnets, etc.
Ces cellules différenciées sont par contre généralement devenues incapables de se diviser. Pourtant, elles doivent se renouveler en permanence pour un bon fonctionnement du corps, c’est là qu’interviennent les « cellules souches » qui sont des réserves de cellules peu différenciées qui se divisent en permanence avant que certaines se différencient en cellules spécialisées.

La fécondation donne une cellule œuf possédant tous les gènes d’un nouvel individu. Dans les premiers temps, cette cellule se divise en restant totalement indifférenciée et chacune des cellules d’un embryon dans les premiers stades de vie peut donc à terme donner n’importe quel type de cellule de l’organisme. On appelle cela la totipotence.
Les cellules souches adultes sont, elles, un peu plus limitées : par exemple les cellules souches qui sont présentes dans la moelle osseuse se divisent activement et peuvent se différencier pour donner toutes les cellules du sang (globules rouges, une dizaine de lignées de globules blancs différents, les cellules à l’origine des plaquettes), mais ne donneront jamais de cellules de la peau. Pour avoir des cellules de peau toutes neuves, il faut partir d’autres cellules souches se trouvant dans les couches basales de l’épiderme. Les cellules souches adultes sont donc des cellules dites pluripotentes ou multipotentes.

Les cellules souches embryonnaires, par rapport à celles adultes, sont donc des cellules avec un potentiel de différenciation très large : si on arrive à les maitriser on peut imaginer les transformer en tout ce qu’on veut. C’est cette extraordinaire totipotence qui intéresse une partie des chercheurs.

# Objectifs de la recherche sur l’embryon

En PMA, on sait bien qu’une fois les embryons obtenus, la phase critique c’est la nidation. La recherche sur les embryons servirait surtout à essayer d’augmenter les chances d’implantation en tentant de comprendre la communication entre l’embryon et l’endomètre, ainsi qu’à déterminer des critères qui font qu’un embryon est un « bon candidat » à l’implantation par rapport à un autre.

En dehors de la PMA, la recherche sur l’embryon vise surtout à développer des thérapies cellulaires : remplacer des cellules, des tissus, et à l’avenir des organes, abimés et que le corps ne peut plus réparer, par d’autres tout neufs fabriqués in vitro à partir des cellules souches, ou bien ajouter dans l’organisme directement des cellules souches manquantes ou non fonctionnelles. Il s’agit donc en gros de faire des greffes pour réparer des parties de corps, on parle de médecine réparatrice.

De manière un peu plus anecdotique, certains laboratoires pharmaceutiques ou cosmétiques seraient aussi intéressés pour tester la nocivité de leurs produits : un embryon ne coute rien et ne crie pas, alors que les souris sont défendues par Brigitte et que l’utilisation des animaux en laboratoire est soumise à des règles très strictes (animalerie du labo devant respecter un lourd cahier des charges, habilitations à repasser régulièrement pour avoir le droit de les tuer en ayant appris à le faire sans souffrance, contrôles surprises des services vétérinaires…). Ils aimeraient donc avoir accès à ce « matériel humain » bien pratique et à bas coût, pour essayer leurs molécules et en vérifier la toxicité.

# Résultats et limites de la recherche sur les cellules embryonnaires

En PMA, on aimerait comprendre pourquoi un embryon s’accroche ou pas, et lesquels ont le plus de chance, mais il ne faut pas oublier que l’organisme est un tout : les interactions mystérieuses qui se font entre l’embryon et l’endomètre sont hyper compliquées et dépendent surtout du corps entier de la femme, son endomètre, l’état de son utérus (fibromes…), mais aussi ses cellules immunitaires, la composition de son sang en différentes hormones et molécules… cela me semble impossible à reproduire fidèlement in vitro.
Et puis ne rêvons pas trop, le peu d’argent que la France accorde à ses chercheurs va surtout aux recherches sur les maladies considérées comme graves et « populaires », cancers, alzheimer, parkinson, infarctus, maladies génétiques etc.

Hors PMA, malgré son potentiel qui fait rêver, l’utilisation des cellules embryonnaire est en fait extrêmement limitée car ces cellules sont incontrôlables. En effet, elles expriment de nombreux « gènes du développement » qui permettent une rapide croissance de l’embryon et du fœtus, grâce à une division très active des cellules. Ces gènes du développement ne sont normalement jamais exprimés après la naissance : s’ils s’expriment chez un enfant ou un adulte, alors les cellules concernées se mettent à se diviser de manière anarchique et à envahir le corps, créant des tumeurs. Les cellules souches embryonnaires ont donc surtout un haut potentiel à former des cancers.
De plus, si l’on implante à quelqu’un des cellules souches provenant de cellules embryonnaires, il s’agit d’une greffe : on introduit dans son organisme des cellules venues d’ailleurs qui seront attaquées par le système immunitaire (qui n’est pas sympa du tout avec les corps étrangers). Pour que cette greffe puisse rester et fonctionner, il faut donc que le patient soigné prenne à vie un traitement immunosuppresseur pour rendre son système immunitaire KO. Le problème étant que c’est ce même système immunitaire qui est chargé de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. Il s’agirait donc d’implanter à un patient des cellules qui ont de très fortes chances de devenir cancéreuses, tout en empêchant son organisme de se défendre contre ces tumeurs.
C’est surtout pour cela que, malgré déjà 20 ans de recherche en Grande Bretagne et ailleurs dans le monde, les travaux des chercheurs sur l’embryon humain n’ont toujours pas donné de résultats significatifs et encore moins permis de soigner des malades. Durant ces 20 ans, il n’y a eu que 3 essais cliniques, l’un abandonné très vite et les deux autres encore en cours mais n’ayant prouvé aucune efficacité pour le moment.

# Voies alternatives à explorer

En PMA, j’ai surtout constaté que pour l’implantation chaque centre faisait à sa sauce : transfert au petit bonheur entre J1 et J5, entre 2 et 6 ovules de progestérone par jour, de l’aspégic nourrisson dans certains centres et pas dans d’autres, parfois des concepts plus novateurs comme l’injection de ßHCG en sous-cutané voire directement dans l’utérus au moment du transfert pour soutenir l’embryon, d’autres techniques que j’ai vu sur certains blogs mais que je ne connais pas bien comme les corticoïdes ou les phospholipides…
Pourquoi les centres de PMA ne commencent-ils pas par échanger leurs résultats et faire des études statistiques sur tous ces protocoles qui sont déjà en place par ci par là ? En travaillant là dessus, on pourrait déjà réussir à définir les meilleures conditions de nidation et ensuite les généraliser à tous les centres. Même principe pour l’observation des embryons (en équipant plus de labos avec des embryoscopes) et pour le choix des transferts à J1, 2, 3 ou 5.
Après mes transferts, mon centre m’a seulement prescrit 2 ovules de progestérone par jour, mais pour le transfert qui a marché (et à partir de ce que j’ai lu sur vos blogs, merci !), c’est moi même qui ai décidé d’en ajouter un 3ème le midi (j’avais de la réserve provenant des essais précédents) et surtout d’acheter et de prendre de l’aspegic nourrisson tous les jours, et je suis sûre que ça a joué.
Par une analyse sérieuse de leurs résultats selon les protocoles utilisés, et en communiquant entre eux, les centres PMA ont les moyens de favoriser la nidation (et ce même si quelque part avec 25 à 30% pour un J2 et 50% pour un J5 on est déjà très proche des taux d’implantation naturels).
N’oublions pas non plus que d’autres mammifères possèdent des gamètes, un utérus, et permettent de travailler à l’échelle d’un organisme tout entier pour étudier la nidation. A priori c’est difficile et cher de faire une ponction ovocytaire à une guenon, mais ce n’est pas impossible, les souris sont assez éloignées des Hommes question reproduction, mais ça serait tout de même un début…

En dehors de la PMA, pour la thérapie cellulaire (médecine reconstructive), les solutions n’utilisant pas l’embryon sont nombreuses et fonctionnent :

– Les cellules souches adultes : elles ont moins de potentiel, mais on en découvre de plus en plus. Par exemple, on sait aujourd’hui qu’il existe dans la pulpe des dents de lait des cellules souches qui pourraient permettre de réparer des articulations, des muscles, des os, des nerfs ou des lésions du coeur. Quand on cherche, on en trouve un peu partout et de plus en plus ! Et ici, pas de problème de cancer, ni de traitement immunosuppresseur à vie, puisqu’on peut greffer quelqu’un avec des tissus issus de ses propres cellules adultes.

– Les cellules du sang de cordon ou du liquide amniotique : elles ne sont pas cancéreuses, tout en gardant un haut potentiel de différenciation, mais il s’agit d’une greffe de cellules étrangères donc elles nécessiteront tout de même le traitement immunosuppresseur. Elles sont déjà utilisées avec succès aujourd’hui pour soigner des lésions d’organes, des plaies, des brûlures, des maladies de peau (épidermolyse bulbeuse, une maladie génétique très grave) et des maladies du sang (thalassémies, leucémies…). D’autres utilisations sont à venir, c’est une solution très prometteuse et qui, avec la généralisation des dons de sang de cordon (dont le prélèvement ne présente aucun risque à la naissance), permet de chercher les cellules les plus compatibles possible avec le receveur.

– Les cellules IPS, une découverte très récente (prix Nobel de médecine 2012). Ce sont des cellules adultes reprogrammées pour redevenir totipotentes comme les cellules embryonnaires, grâce à un cocktail de molécules mises dans leur milieu de culture. Malheureusement, cela réactive certains gènes du développement et les rend potentiellement cancéreuses. Pour le moment, elle ne sont donc pas encore utilisées pour soigner (en même temps c’est tout neuf) et coûtent encore très cher à produire, mais travailler intensivement dessus permettrait de mieux les maîtriser et d’en réduire considérablement les coûts. Toute innovation scientifique à ses débuts coute très cher et reste difficile à manier. L’immense avantage de ces cellules, mis à part que les questions éthiques ne se posent pas, c’est qu’en cas de traitement elles proviendraient du patient lui même et leur utilisation ne nécessite donc pas de traitement immunosuppresseur à vie pour empêcher le rejet de greffe. Un essai clinique vient tout juste (2013) d’être lancé au Japon pour essayer de traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge : une tâche aveugle qui se forme dans le champ de vision et grandit jusqu’à la cécité complète chez certaines personnes âgées, suite à la disparition progressive des cônes de la rétine.

En conclusion, je voudrais défendre la recherche publique française stigmatisée comme mauvaise et en retard : ce ne sont pas les questions éthiques qui brident la recherche française, mais ce sont les conditions de travail des chercheurs. Les chercheurs français sont sous-payés, ils manquent de matériel, sont soumis à la pression constante des publications pour pouvoir ensuite réclamer un peu d’argent pour leurs manips (quitte du coup à truquer les résultats comme j’ai pu l’observer dans ma très courte carrière en labo de recherche) et surtout ils enchainent les post-doc et CDD de 2 à 5 ans (5 ans c’est les petits veinards) entrecoupés de périodes de chômage et recherche de travail. Rarement, un poste en CDI s’ouvre, alors ils se motivent à fond pour décrocher LA place briguée par 10 à 30 autres candidats. Pourtant, ce métier est un vrai sacerdoce : les cultures de cellules ou micro-organismes n’attendent pas et obligent parfois les chercheurs à venir travailler le week-end, voire même à organiser leurs quelques jours de vacances en fonction de leurs résultats du moment…
Il y a quelques grands pontes reconnus et bien installés, quelques enseignants chercheurs enfin tranquilles, et les autres sont encore en CDD à 35/40 ans et gagnent moins de 1500 euros par mois malgré 8 ans d’étude et des diplômes prestigieux.
De tous mes amis du master 2, la plupart sont allés jusqu’à la fin de la thèse, mais un seul a poursuivi sa vocation de chercheur. Il s’est cependant expatrié en Allemagne au bout de 2 ans. Tous les autres ont quitté la recherche pour devenir prof en lycée ou prépa (pour les pistonnés), ou carrément profité des équivalences se réorienter en pharmacie. Les bons chercheurs français, qui sont maltraités, partent aux USA, au Japon, en Inde ou en Chine, et après on s’étonne que la recherche publique française ne soit pas la meilleure du monde et on accuse les lois de bioéthique…

MARIE-EVE

18 réflexions au sujet de « Cellules souches embryonnaires / la recherche »

  1. C’est un article excellent. Je n’ai pas de connaissances pour exprimer un avis sur le fond, mais il est très clair et éclairant. Merci. Pour l’anecdote, j’allais confirmer le sacerdoce des chercheurs et te dire les horaires de mon cousin qui est parti travailler… En Allemagne. Depuis, il est rentré en France pour enseigner. La recherche le passionnait mais l’a éreinté…

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  2. Je suis pour l’étendue de ces recherches (de là à ce que la cosmétique ait le droit de s’y mettre par contre, je pense qu’il y a un monde…). Pas pour moi mais pour ce que tu appelles « les maladies considérées comme graves et « populaires », cancers, alzheimer, parkinson, infarctus, maladies génétiques etc ». Je suis désolée mais juste pour information ces maladies ne sont pas « considérées » elle SONT graves. Et elles ne sont pas « populaires », elles sont dramatiques et trop courantes. Je suis bête de m’arrêter à cette phrase dans ton article, je le sais bien. Mais pour avoir vu les conséquences de ces maladies sur ceux que j’aime (tu dois bien avoir des personnes proches autour de toi morte du cancer ou du parkinson ??) tes propos me choquent et me blessent. C’est juste horrible de dire que ces maladies sont « considérées graves » et « populaires » comme si c’était une mode. Je t’assure que ma mère, ma belle mère, mon beau père, mes grands mères et mon grand père auraient beaucoup aimé ne pas suivre cette « mode populaire »… Encore une fois pardon pour mon commentaire un peu hors sujet mais il fallait que ça sorte, je ne trouve même pas de mots pour décrire à quel point tes propos me choquent…

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    1. Merci Littlemaracuja et catminie11 d’avoir expliqué, et titounett je suis vraiment désolée de t’avoir blessée, les mots sont effectivement mal choisis et si tu en trouves de meilleurs et plus clairs je suis tout à fait d’accord pour les changer.

      « considérées comme grave » signifie pour moi qu’elles SONT graves, bien sur, et qu’elles sont reconnues par la société comme des priorités. Quant à « populaires », je voulais dire par là que ce sont des maladies qui touchent une grande partie de la population, surtout pas que ce sont des maladies « à la mode », mais c’est vrai que le terme est bien maladroit !

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  3. Tittounett, Marie Eve n’a sûrement pas voulu te choquer en écrivant ces mots, elle voulait simplement dire que ces maladies recevaient plus de considération de la part des chercheurs de part leur caractère « populaire » c’est à dire fréquent, courant, de grande ampleur sur notre territoire, et ce, au détriment de la recherche sur l’embryon et l’AMP. Ses mots ont peut-être été mal choisis mais le but n’était pas de faire souffrir quelqu’un directement concerné par ces problèmes. Tout le monde n’a pas forcément été confronté à ces maladies pourtant répandues, ce qui explique peut-être une certaine maladresse dans ses propos.

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    1. Sûrement mais on ne mourra pas de notre stérilité. Il me paraît normal que les recherches soient prioritairement dédiées aux maladies graves et mortelles. Je sais que je l’ai mal pris mais nous qui sommes au quotidien les victimes des mots mal placés et blessants, devons faire d’autant plus attention à nos propos quand on parle de problème autres que les nôtres. Les cancéreux, parkinsonien ou autres en bavent bien plus que nous de part les propos des autres et croyez moi, ils ne sont pas si bien que ça considérés par la médecine et les médecins. Eux n’ont pas droit à un « bonjour vous êtes stérile » mais « bonjour vous êtes mort dans 6 mois ». Alors oui, Marie-Eve ne voulait pas blesser, je n’en doute pas mais si on demande aux autres de faire attention, on leur doit la pareille je pense. On ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable comme le cancer et la stérilité.

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      1. Il y a plein de cancers qui aujourd’hui, se soignent tout de même très bien et le cancer est désormais considéré comme une maladie chronique et appréhendé comme tel dans la prise en charge. Je ne parle pas bien sûr du cancer du pancréas dont le pronostic est terrible et d’autres exemples. Mais je ne pense pas qu’il faille opposer et « compter » le poids de telle ou telle maladie ou état physiopathologique. Qu’est ce que la santé ? un état de bien-être général qui permet à l’individu de vivre la vie qu’il souhaite (on entend bien que voler jusqu’à la lune n’est pas acceptable dans cette définition). A ce titre, l’infertilité, même si elle n’est pas mortelle, entre bien dans la catégorie de la non-santé. Et peut provoquer des ravages sur tel ou tel individu. et la stigmatisation est parfois bien plus forte que dans certaines pathologies… Le mot de « populaire » n’était peut être pas le mieux choisi mais je ne pense pas qu’il y avait quelconque souhait de déconsidérer des pathologies « graves » ou mortelles. Mais il est vrai qu’il y a un plan Cancer depuis 2003 en France, un plan Alzheimer, alors que beaucoup plus de gens meurent de maladies cardiovasculaires que de cancer ou d’alzheimer (on ne meurt d’ailleurs pas d’un Alzheimer). Et il n’y a pas non plus de plan infertilité. Or au titre de la santé publique, avec un couple sur 6 ou 10 selon les chiffres, qui rencontre des pb pour avoir un enfant, cela pourrait clairement être considéré comme une priorité de SP non ? Surtout quand on sait que la recherche dans tel domaine peut très bien amener des progrès dans telle autre pathologie. Cf de nombreux médicaments stoppés en phase 2 de leur développement parce que pas efficace et dont on a finalement vu que leur action opérait sur une autre cible. La recherche française a pris beaucoup de retard dans bcp de domaines, et ce n’est pas qu’une question de moyens, mais de culture (culte de la publi pour son avancement perso plutôt que de breveter, aversion pour l’industrie, cet autre monde jugé « maléfique », refus de la recherche sur projet etc etc, …). Heureusement les mentalités changent mais il y a encore bcp de choses à faire avancer dans les budgets et dans les moyens aussi, je suis assez d’accord. En attendant, la recherche sur l’embryon est une chose essentielle, pour l’attractivité de la recherche française, pour les progrès en médecine régénérative et pour la recherche sur l’infertilité, surtout et avant tout et on l’oublie trop souvent ! Apo

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      2. Oui, justement, on ne peut pas comparer le cancer et la stérilité, d’où la différence bien normale du nombre de recherches et de la répartition des financements sur ces sujets, et le fait qu’il ne faille pas croire que la recherche sur l’embryon aidera efficacement le développement des techniques de procréation.
        Cela dit, faire des stats concernant les résultats des différents centres selon les protocoles d’AMP pour essayer de généraliser ce qui marche le mieux ne demande pas de moyens financiers exceptionnels. J’aimerais bien que ça soit fait un jour…

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    2. Il y a aussi les maladies génétiques orphelines qui ne sont pas des priorites car trop peu de cas, dont des enfants et adultes sont atteints . On ne leur annonce pas non plus de bonnes nouvelles. Heureusement que le Telethon existe chaque année pour amener a la recherche des dons. Et de l’espoir a nos familles….
      Les maladies sont dramatiques et un traumatisme a vivre lorsque cela nous touche de plein fouet. Tout le monde y est confronter malheureusement.
      Eve nous explique de par son savoir et son experience sur la réalité du monde de la recherche, en aucun cas elle ne juge de ce qui est fait au detriment d’autres ou ne compare.

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  4. Je suis d’accord avec l’article, sur les conditions des chercheurs, leur expatriation etc… Il est vrai qu’il est impossible de dire aujourd’hui pourquoi un embryon ne se nide pas, alors qu’il était parfait. Je viens d’avoir mon 2ème échec. On a ramé pour avoir des embryons, puis des blastocystes. Tout était parfait: mon utérus, mon corps, ce blastocyste. Et pourant, il n’a pas tenu. Nous avons la très grande chance d’en avoir 4 au congélo, nous verrons donc s’ils seront plus chanceux. Mais il est écoeurant d’en baver pour avoir une bonne réculte, puis plusieurs embryons pour obtenir quelques blastocyctes, pour s’entendre dire « on ne peut pas savoir pourquoi la nidation ne s’est pas faite »…

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  5. J’ajoute aussi un commentaire général sur les cellules iPS qui apparaissent au moins aussi incontrôlables que les cellules souches embryonnaires. On ne sait pas aujourd’hui contrôler l’instabilité que peut générer la reprogrammation des iPS (qui sont des cellules reprogrammées et non natives donc) surtout quand on connait (ou pas, on tatonne encore bcp) la subtilité des mécanismes d’ingénierie et de régulation génétique !

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  6. Merci Marie-Eve pour les précisions qu’apportent ton article, notamment sur les motifs extérieurs à l’embryon qui concourrent aux « mauvais » résultats des recherches embryonnaires réalisées jusqu’ici en particulier pour la PMA, et sur les pistes alternatives à la recherche sur l’embryon humain.
    J’avais eu quelques peines à les trouver, la majorité des articles relayés récemment à ce propos consistent trop souvent en un plaidoyer en faveur de la modification de la loi de bioéthique qui résoudrait les problèmes de la recherche française.
    Trop peu d’articles que j’ai trouvés en la matière mentionnent les moyens humains et financiers qui permettraient d’aller au delà.
    je trouve aussi très intéressante la piste Alternatives que tu mentionnes, comme l’échange des résultats de recherche entre les centres de PMA/CECOS. A propos de ce point, c’est à se demander si les centres PMA ne se livrent pas une réelle concurrence, en matière de résultats, de techniques, de stocks de gamètes disponibles… une guéguerre entre labos, scientifiques… J’ai été surprise, et je ne comprends pas pourquoi, par exemple, qu’il n’y aie pas de centralisation de demandes d’ovocytes ou d’accueil d’embryon. Au lieu d’aller s’inscrire sur les listes d’attente de plusieurs CECOS, ce qui allonge les délais d’attente pour tout le monde, pourrait on imaginer que les ovocytes/spermato/embryons donnés et recueillis dans les CECOS du territoire figurent dans une banque « unique » (meme si localisée dans plusieurs cecos), et que la liste d’attente soit unique. cela contribuerait certainement à améliorer les délais d’attente, et rendrait peut etre plus efficace les demandes de gamètes disponibles faites de centre à centre.

    j’ajoute ici juste un témoignage : je suis en attente d’accueil d’embryon issu de tiers Donneurs. et je comprends qu’en France comme à l’étranger les couples ayant des embryons « surnuméraires » aient des difficultés à prendre une décision quant à leur devenir : don à la science, destruction, don à un autre couple.. du mal à les considérer juste comme un amas de cellule lamda. et pas comme un être humain potentiel, « à naitre ». si cela était notre cas, du mal à prendre une telle décision. meme si la loi de bioéthique l’autorisait.

    je suis aussi maman d’enfants atteints de maladie orpheline. nous avons été confrontés aux limites de la science. Nous aurions bien sûr voulu qu’elle puisse guérir nos enfants, ou qu’elle permette de préserver nos enfants suivants à naitre, qu’elle leur évite la maladie, le handicap. En dépit de cela, je reste profondément heurtée à l’idée d’une autorisation à l’expérimentation sur les embryons. Même si elle permettait d’identifier et guérir de cette sale maladie , et d’éviter à d’autres enfants à naitre et à d’autres familles de traverser ce que nous avons traversé. ça peut sembler paradoxal. et je suis heureuse que la loi de bioéthique l’interdise encore – sauf les quelques recherches autorisées à titre exceptionnel- ne pas considérer les embryons comme des objets. pouvoir encore défendre que la fin ne justifie pas le moyen.

    bonne soirée.
    suis heureuse de l’échange que permet ce site!

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  7. je pense qu’en tant que PMettes, on attache trop de prix à nos petits blastulas (au mieux) ce sont des cellules quasi totipotentes qui nous donneront si on a du bol des bébés. De là à parler de dissection d’embryons congelés… Je trouve ça un peu fort Marie Eve.

    Je vais pousser le bouchon un peu loin : Quand je perds quelques cellules en m’écorchant, je me dis pas « ce sont des petits clones de moi qui vont disparaitre ». Pourtant, avec l’avancée des recherches sur le retour en arrière des cellules, cela pourrait donner un jour, si c’était autorisé des petits « nous ». Inutile de rappeler comment on a fabriqué Dolly.
    De même, je ne pleure pas sur chaque éjaculat de mon chéri en me disant oh les millions de bébés potentiels qui auraient pû être faits et qui vont disparaitre aujourd’hui.
    Ne pas faire n’importe quoi avec des cellules embryonnaires, certes, en faire des bébés que l’on aime c’est d’ailleurs le top.
    Mais ce ne sont que des cellules pas encore vraiment organisées entre elles.

    Permettre à la recherche médicale de travailler sur ces cellules alors que grâce à la recherche on a des chances en plus d’obtenir des bébés, c’est un peu rendre à César ce qui revient à César.

    Quant à la recherche en cosméto, je peux vous dire qu’ils ont déjà du mal à avoir des labos qui tournent, que l’expérimentation animale est déjà difficile et qu’ils préfèrent mettre le budget dans la com plutôt que dans la recherche et sur embryon en plus! (source fiable ici : beau papa). Ce n’est d’ailleurs pas très rassurant, car les test cliniques, c’est quand même pas mal pour éviter des effets secondaires.

    Alors non, je n’aurai pas eu l’impression de donner à disséquer mon enfant s’il était resté à ce jour un embryon au congélo (il n’y a que nous que la loi autorise d’ailleurs à garder nos bébés au congélo!) Mais il ne reste personne dans le congélo de la clinique.
    J’aurais eu aussi bonne conscience que quand je donne mon sang, le sang du cordon ou ma moelle osseuse (mais ca aussi je ne peux pas ! hernie discale :p).

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    1. Tout à fait d’accord avec toi. Dès qu’on me parlait recherche je donnais du sang en plus ou j’acceptais des analyses en plus et si j’avais eu des findus non utilisé j’avoue que mon choix aurait été entre la recherche et le don.

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  8. – bien des années plus tard –
    bahhh il y a une différence notable entre une cellule lamba, et un embryon :
    😉
    – l’embryon est composé de cellules.
    – l’embryon se transforme généralement en etre vivant, pas le rein ou le foie
    – quand tu vas à la piscine et que tu y laisse qqs cellules au Chlore, tu t’en moques… quand tu vas à la piscine et que tu y laisses ton embryon implanté la veille, tu pleures… bon en meme temps, aller à la piscine après une insémination…
    😉

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