Myomes et infertilité : indications thérapeutiques

Mais tout d’abord, un peu de vocabulaire pour faciliter la compréhension: les myomes utérins sont des tumeurs bénignes qui se développent dans la musculature de l’utérus. Ils sont souvent connus sous le nom de fibrome. En colonisant l’utérus, ils peuvent empêcher l’embryon de s’implanter correctement,, voire de s’implanter tout court. 

L’article qui suit, écrit par Philippe MERVIEL et une équipe de chercheurs,  est à lire .

Myomes et infertilité

En 2011, Somigliana rapportait une étude sur les taux de grossesse en FIV en cas de myome interstitiel sans empreinte sur la cavité utérine. Cette étude prospective concernait 240 femmes, 120 avec myome et 120 sans, ajustées sur l’âge et le nombre de cycle de FIV. Les femmes avec myomes (de 10 à 50 mm de diamètre) étaient explorées par 3 médecins (variabilité intra et extra-observateur < 20%) en échographie et hystérosonographie, avec exclusion des myomes avec empreinte cavitaire ou ceux qui avaient plus de 50% de leur diamètre en sous-séreux. Lorsque plusieurs myomes interstitiels co-existaient, le diamètre du plus gros myome était retenu. La stimulation ovarienne a consisté en un protocole long agoniste de la GnRH + FSH/hMG avec les conditions habituelles de déclenchement, de culture embryonnaire et de transfert. Dans 61 cas (51%) le myome interstitiel était isolé, alors qu’il y en avait 2 (18% des cas), 3 (18%), 4 (9%) et 5 (4%) chez les autres femmes.

Dans 40 cas (33%), le ou les myomes interstitiels présentaient d’une composante sous-séreuse < 50% de leur diamètre. Le diamètre moyen du myome interstitiel était de 22 +/- 10 mm avec une médiane de 19 mm (15-27). Le risque relatif en cas de myome, ajusté sur l’IMC, l’indication, les cycles annulés et le nombre d’embryons transférés, est de 1,40 (IC95% [0,72-2,75]) pour le taux de grossesse et de 1,53 (IC95% [0,73-3,23]) pour le taux de naissance vivante par cycle débuté. De même les taux de fausse-couche spontanée sont de 21% versus 27% (p : 0,74) que la femme ait ou non un myome interstitiel.

Les auteurs ont étudié l’impact d’un myome purement interstitiel ou interstitiel et sous-séreux (< 50% du diamètre), d’un myome interstitiel isolé ou de 2 ou plus, d’un myome interstitiel de < 20 mm par rapport à ≥ 20 mm : il n’existe aucune différence significative selon ces situations.

Six méta-analyses depuis 2001 se sont penchées sur l’impact des myomes interstitiels sur la fertilité, avec des résultats divergents. Pritts (2001) et Donnez (2002) n’avaient pas retrouvé d’impact de ces myomes sur la fertilité, alors que Benecke (2005), Somigliana (2007), Pritts (2009) et Sunkara en 2010 montraient un effet négatif des myomes interstitiels sur les chances de grossesse. Cette dernière méta-analyse incluait 19 études et rapportait un risque relatif de grossesse et de naissance vivante en présence d’un myome interstitiel de 0,85 (IC95% [0,77-0,94], p : 0,002) et de 0,79 (IC95% [0,7-0,88], p 4-6 cm) aient un impact sur la fertilité et que leur exérèse améliore celle-ci. Cependant, la limite de toutes ces études est l’âge de la femme lors de l’analyse des résultats, car on sait que cette pathologie survient plus fréquemment chez les femmes après 38 ans, à une période où d’autres éléments comme la qualité ovocytaire ou l’âge du conjoint peut intervenir dans les chances de grossesse.

Résumé :

Si les myomes sous-muqueux sont responsables d’infertilité, et leur exérèse souhaitable, la question des myomes interstitiels sans participation dans la cavité utérine reste d’actualité. Il apparaît néanmoins que des myomes interstitiels de plus de 5 cm doivent être opérés, afin d’améliorer l’implantation embryonnaire. Ceux-ci peuvent être traites par coelioscopie (si 4 cm. Il est évident que la taille du myome doit être prise en considération si l’on pense que le myome interstitiel perturbe la vascularisation myométriale, sous-endométriale et endométriale et interfère donc avec la grossesse par ce biais.

 

Les interventions lors des JTA font l’objet d’articles complets. Articles qui sont très intéressants à lire. Vous trouverez sur le site de Journées Techniques Avancées, une liste avec de très nombreux articles écrits par des médecins, des chercheurs. 

Source : lesjta.com

2 réflexions au sujet de « Myomes et infertilité : indications thérapeutiques »

    1. Bonsoir, il faudrait poser la question à un gynécologue, qui pourra vous renseigner de manière plus professionnelle.
      Nous ne sommes pas médecins, et nous ne connaissons pas votre dossier médical.
      Le plus sûr est de poser la question à un professionnel

      J'aime

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