Le rajeunissement ovarien : illusion ou réalité ?

Voici un article de J. Kadoch qui traite de « rajeunissement ovarien » et de l’introduction de la DHEA dans la stratégie thérapeutique.

Le rajeunissement ovarien : illusion ou réalité ?

Il est d’usage de considérer que la fonction ovarienne des femmes diminue avec l’âge. Cela signifie que les chances qu’à une femme de concevoir déclinent en vieillissant et que, même plusieurs années avant qu’elle n’entre en ménopause complète, elle expérimente une ménopause fonctionnelle, période où la fonction reproductrice ovarienne est inadéquate.

Ainsi, la fertilité pour la femme moyenne diminue lentement jusqu’à environ 37-38 ans, puis ce déclin s’accélère.
Après 40 ans, la conception spontanée, de même que la grossesse issue d’un traitement de l’infertilité, devient difficile.
Après 42 ans, la grossesse devient presque impossible et après 43 ans, elle est de l’ordre du miracle. Après âge de 45 ans, les grossesses issues de traitements de procréation assistée utilisant les propres ovocytes de la femme et menant à une naissance vivante, restent anecdotiques.

Cette baisse de la fertilité féminine liée à l’âge a été attribuée au fait que les femmes sont nées avec un nombre défini d’ovocytes et qu’à partir de la naissance, le nombre d’ovocytes restants dans l’ovaire décline en permanence. En outre, le matériel génétique de ces ovocytes se modifie en vieillissant, et ainsi, les erreurs deviennent plus fréquentes au cours de la ségrégation des allèles qui a lieu au cours de la maturation ovocytaire. Il en résulte une augmentation du nombre d’anomalies chromosomiques ovocytaires et par conséquent, embryonnaires. Comme la nature fait bien les choses, une grande majorité de ces embryons anormaux ne s’implanteront pas et, par conséquent, taux d’implantation par embryon et, bien sûr, les taux de grossesse, diminuent.

Deux dogmes médicaux et physiologiques ont été à la base de la croyance professionnelle qu’il n’y avait rien à faire pour retarder ou mieux corriger ​​ce processus de vieillissement de l’ovaire féminin. Le premier dogme considère que les femmes naissent avec un nombre d’ovocytes qui diminuera inéluctablement au cours de la vie. Ce dogme a été remis en cause lorsqu’une équipe de la Harvard Medical School de Boston, a démontré chez la souris de façon assez convaincante que le nombre d’ovocytes pouvait augmenter après la naissance.

 

Le second dogme largement répandu, soutient qu’en vieillissant, la femme réponde de moins en moins à la stimulation ovarienne et produit donc moins d’ovocytes (et d’embryons) et que ce processus est irréversible. L’équipe de Gleisher et Barad de New York ont démontré que ce second dogme pouvait aussi être révisé.

L’histoire particulière de cette patiente que Gleisher aime raconter mérite d’être soulignée. Il s’agit d’une femme de près de 43 ans qui consultait pour une fécondation in vitro (FIV) dans le but de préserver sa fertilité. Elle en a été semble t’il fortement déconseillée. En dépit des conseils éclairés de son médecin, la patiente a insisté pour bénéficier d’un cycle de FIV qui ne produit qu’un seul œuf puis un embryon. Malgré ce résultat décevant mais non moins inattendu, l’équipe médicale acquiesça à sa demande de poursuivre les traitements. Comme par magie, la patiente répondit de mieux en mieux de cycle en cycle.

Au terme de 9 cycles de FIV consécutifs, l’équipe médicale pu constater qu’à chaque cycle, elle produisait de plus en plus d’ovocytes et des embryons d’une qualité grandissante facilitant la cryoconservation. À partir du huitième cycle, les doses de stimulation ont été réduites car la réponse au traitement était telle qu’un risque d’hyperstimulation était non négligeable. Au total, la patiente a pu cryoconserver un total de 66 embryons, en considérant qu’elle a produit au cours des deux derniers cycles une moyenne de 18 ovocytes qui ont permis de cryoconserver une moyenne de 13,5 embryons.

La patiente avoua au cours de son sixième cycle avoir tenté de trouver sur internet, après le résultat décevant de sa première tentative, des recettes qui permettraient d’améliorer la réponse ovarienne. Ainsi, elle décida de combiner, sans prévenir l’équipe traitante, dès la deuxième tentative de FIV, l’acupuncture et l’administration déhydroépiandrostérone (DHEA) considéré comme un supplément alimentaire aux États-Unis et donc en vente libre.

Cette observation anecdotique, secondaire à une automédication de la patiente a le mérite d’être l’illustration clinique de la théorie du rajeunissement ovarien.

 

Depuis, l’équipe de Gleisher a démontré les différents effets bénéfiques que pourrait avoir la DHEA sur la fonction reproductrice :

– Amélioration du nombre d’ovocyte / d’embryon
– Amélioration qualité des ovocytes / des embryons
– Amélioration taux de grossesse spontanée
– Amélioration taux de grossesse en FIV
– Réduction du délai de conception
– Amélioration taux cumulatif de grossesse

L’autre avenue thérapeutique actuellement étudiées dans le but d’obtenir un rajeunissement ovarien est celle de l’ubiquinol (Coenzyme Q10). Mais là encore, on peut déplorer que l’essentiel des publications scientifiques sur ce sujet provienne d’une seule équipe, celle de Robert Casper de Toronto.

 Jacques Kadoch, Pierre Lehmann

Cette étude porteuse d’espoir aux femmes dites « mures » en PMA ( 37 ans et au delà de 40 ans) mériterait une attention et recherches supplémentaires.

En effet , nous savons que trop bien que les avis sont très largement partagées sur la DHEA.

Pour ma part, en ayant pris, 3 mois plein de DHEA j’ai pu constater une amélioration sur la quantité tant que sur la qualité, car 4 embryons ont pu être congelés pour la première fois au bout de 4 FIV ICSI (bis).

Source : www: lesjta.com, avec l’article et les références biblio ici.

9 réflexions au sujet de « Le rajeunissement ovarien : illusion ou réalité ? »

  1. Ces 2 études sont très intéressantes.
    Il semble que des cellules souches puissent venir rajeunir les ovaires (j’ai perdu la référence de l’étude…)
    Et le Dhea aussi. J’ai publié l’etude et sa traduction il y a longtemps (http://www.avoir-un-bebe.fr/recuperation-dinsuffisance-ovarienne-par-la-dhea-et-lacupuncture/#.UgnSemQazTo)
    Il faut juste éviter de complémenter au long cours sous peine de bloquer la sécrétion naturelle par le cours de la Dhea. Et il y a des contre indications (cf les commentaires de l’article…)

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  2. Il faut quand même rentrer dans le cadre de la ménopause liée au vieillissement des ovaires si je comprends bien. Quand j’étais en FIV, mon médecin m’avait prescrit de la DHEA mais ça n’a rien fait (je n’ai jamais eu plus d’un fofo de mauvaise qualité en plus).

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  3. C’est une bonne nouvelle ! En espérant que les médecins s’en inspirent pour délivrer de la DHEA à bon escient.

    Par contre, la femme qui conçoit et congèle 66 embryons pour préserver sa future fertilité, il n’y a que moi qui trouve ça bizarre ?

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  4. Dans le centre qui me suit, on fait faire le dosage sanguin de la DHEA (sous forme de SDHEA, plus facile à interpréter car plus stable), mais on ne m’en a pas fait de commentaire. J’étais dans la fourchette requise… ce dosage est toujours indiqué en même temps que celui de la testostérone. A savoir que la supplémentation est contre indiquée en cas d’antécédent (famille ou perso) de cancer du sein ou saleté du genre…
    Certains acupuncteurs, étiopathes et autres « para » médicaux conseillent la prégnénolone (la « mère » de la DHEA dont une partie sera transformée en DHEA par notre corps).
    J’en ai avalé mais pas assez longtemps pour vous dire si ça a eu un effet. Je n’ai pas osé poursuivre, en parallèle de la PMA.

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  5. Voilà le médecin qui m’a prescrit la DHEA et CoQ10 : un combo gagnant pour moi, combiné à un changement de protocole, alors que les FIV précédentes avaient été infructueuses…
    Alors que j’avais rarement plus de 6-7 follicules avant, après 3 mois de DHEA – CoQ10, le compte s’est accru de même que la qualité de mes ovocytes (et embryons par conséquent). Sans compter une réduction de la FSH dans des paramètres normaux.

    L’embryon issu de ma dernière FIV était de qualité optimale, et nous a donné un magnifique bébé!

    Merci au Dr Kadoch d’avoir proposé ce traitement !

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