Quand PMA rime, selon certains, avec surmédicalisation, eugénisme, business…

Ou comment en mélangeant quelques apriori, des soi disant dérives présentes dans d’autres pays, des systèmes publics et privés pourtant très encadrés, on arrive à introduire dans les esprits mal informés et avides de raccourcis  faciles à comprendre que la PMA c’est du confort, pour les vieilles (plus de 38 ans, désolée mesdames) carriéristes qui voudraient programmer une grossesse (si possible multiples, en 1 fois c’est réglé) pour le début juin (pour enchainer les vacances!), d’un garçon aux yeux noisettes et d’une fille au yeux bleus. Et y ajouter une prédisposition aux Beaux arts et quelques médailles olympiques aussi, ce sera tout, et l’addition, merci!

Ou quand, Jacques Testard, un grand monsieur pourtant à la pointe dans les années 80 part en tournée de promotion de son dernier bouquin et met en exergue, il faut bien divertir le péquin, associé à la PMA, l’eugénisme (n’ayons pas peur des mots) et la sélection des embryons

Alors que les couples sont déjà bien contents d’avoir des embryons, et n’ont aucune voie au chapitre d’une quelconque sélection.

De parler de business comme s’il s’agissait d’un eldorado en France,

Alors même qu’une grande partie de la PMA se déroule dans le public. Et que tout est parfaitement encadré en FRANCE (remettons les choses dans le contexte!) Et que si certains se permettent des dépassements d’honoraires (et là je ne parlerai que de mon cas et de mon médecin), en échange de cela nous avons droit à une vraie consultation individualisée, à un passage à l’heure, à des propositions haute-couture et non pas de prêt-à porter, à des délais décents…

Quand à la surmédicalisation, le Professeur Olivennes répond justement qu’on ne peut se contenter de dire aux couples « revenez dans 2 ans ». Et remet un peu d’éthique dans le débat, alors qu’on nous l’oppose sans cesse. L’éthique de répondre à une souffrance causée par la pathologie de l’infertilité, on en entend bizarrement peu parler…

On ne peut opposer la sous-médicalisation à la soi disant « surmédicalisation », d’autant que d’un autre coté on entend partout « il faut vous dépêcher, passé 35 ans la fécondité baisse drastiquement ».

J’ai gardé pour la fin le plus grave à mes yeux, qui me choque terriblement et met, selon moi, les spécialistes face à leur incompétence, ou à tout le moins, face aux limites de la science et de la médecine, dont les barrières doivent par nature (ou alors changez de métier) être repoussées grâce à la recherche.

« Ce qui interpelle les spécialistes, c’est la tendance à se tourner très vite vers la FIV, sans même se laisser, pour les 30% de troubles de la fertilité non expliqués par une cause médicale, le temps de la conception naturelle, estimé entre 2 et 3 ans. »

Donc en gros, quand l’infertilité n’est pas expliquée par les diagnostics habituels-pas-trop-poussés-lambda-de-base (point trop n’en faut, faudrait pas trop se fatiguer le cerveau!) , il faudrait juste attendre. Surtout ne pas médicaliser, encore moins tenter de FIV, on risquerait de trouver des explications. Et même, comble de malchance, des solutions!

Il est beau le progrès, quand on ne sait pas, on attend que la nature répare peut être toute seule sa faille, mais on n’intervient pas. Comment peut on se contenter du postulat que la cause médicale n’est pas (encore…) expliquée pour ne pas traiter et ne pas tenter!

AUJOURD’HUI, quand on n’a pas d’explication médicale cela ne veut pas dire qu’il n’y en pas, cela veut juste dire qu’en l’état actuel des connaissances (du praticien  concerné, du pool de professionnels de cet établissement, de la diffusion des études et recherches dans CE pays) on ne sait pas.

Je croyais naïvement qu’un médecin, quand il ne trouvait pas d’explications sur un fait avéré (l’infertilité), cherchait, consultait ses pairs, regardait les avancés à l’étranger. Apparemment, pour certains, il pourrait légitimement dire « revenez dans 2 ans » en espérant peut être que d’ici là d’autres auront fait le boulot, cherché, expérimenté, échoué puis réussi.  Belle mentalité, si l’on ne cherche pas à repousser les frontières, on ne risque pas de découvrir l’Amérique…

Ils pourront doucement se moquer les praticiens et chercheurs du siècle prochain quand ils auront identifiés l’ensemble des causes d’une infertilité et qu’il n’y aura plus ces infertilités inexpliquées. Je les entends presque dire « eh ben, ils auraient pu attendre longtemps sans médicalisation ces couples, 2, 3, 5 , 10 ans même, voire toujours. « 

Oserais je aller plus loin en disant que si ça se trouve, ces pauvres vielles carriéristes, c’est dans la tête, elles prendraient des vacances, seraient moins stressées, dans ce laps de temps  » de 2 à 3 ans de conception naturelle », c’est certain, ça marcherait….

Si vous avez envie d’apprendre que tout votre parcours c’est du masochisme de confort, et une fois de plus d’entendre parler de votre situation et de vos souffrances via l’unique vecteur de la polémique et des dérives, l’article en question est ICI.

Et, car ce monsieur a une attachée de presse très efficace, voici d’autres articles sur le sujet ( il faut les vendre tous ces exemplaires!!!!!) :

sur ce blog, nous  sélectionnons nos embryons comme des bovins! Ça fait toujours plaisir merci.

sur le JDD, les médecins sont des demis-dieux eugénistes. Bon, avec un taux de succès de 20% environ par FIV, un élément m’échappe. S’ils sont si forts, les taux de succès seraient bien plus élevés non? Ou ils font exprès?

sur le Monde, la vraie nouveauté, c’est qu’en fait nous les couples on se tourne vers la médecine à tort. Et qu’en fait on n’a rien compris mais l’infertilité masculine, ça ne devrait pas se traiter médicalement mais par la convivialité. Oui, oui! Vive la convivialité, hop, organisons une petite « Fertility Party »avec quelques amis, un peu de sperme dans un bocal, une seringue, et c’est réglé! En plus, ça couterait tellement moins cher, ce serait si convivial. Dis, copine, tu veux un ovocyte? Ah, non pardon, la convivialité, pour l’insuffisance ovarienne ça ne marche pas…

Donc si vous faire traiter de pseudo-infertiles (messieurs!), profiteur du système et dilapideur des deniers publics, bovins, eugénistes, suppot du capitalisme PMA-esque, sans compter ce manque de convivialité flagrant , vous agace un peu, n’hésitez pas à laisser des commentaires replaçant les choses dans leur contexte sur les pages de ces articles.

Et si vous en découvrez d’autres, dites le nous, qu’on puisse compléter le portrait de l’infertile français!

Pour contrebalancer ce traitement de la PMA par-dessus-la-jambe (c’est plus convivial!) qui choque aussi les fertiles :

Les Inrocks

24 réflexions au sujet de « Quand PMA rime, selon certains, avec surmédicalisation, eugénisme, business… »

  1. Lors de rencontre avec le député Jean Patrick Gille, député d’indre et Loire et vice président de la comission des affaires sociales, il m’a indiqué que l’on risquait de faire face à des anti-PMA qui allaient nous opposer les arguments sur l’eugénisme. J’étais très surprise car l’eugénisme est la séléction génétique pour emmener la race humaine dans une certai e direction, or, nous ne choisissons rien sur les embryons. Le seul choix qui est fait concerne le bon développement de l’embryon. Même en cas de don de gamètes, même en cas de DPI (où les embryons non sélectionnés sont de toute façon porteurs d’une anomalie trop importnte pour les rendre viables ou pour qu’il soit humain de les laisser vivre).
    L’eugénisme serait de dire : on ne va prendre en PMA que les blonds de 1m80 aux yeux bleus et avec un QI de 170. Où on ne va donner des gamètes que de donneurs présantant ces critères, même aux couples receveurs petits, bruns et avec un QI standard… Voilà ce que serait l’eugénisme.
    Nous ne choisissons pas le sexe de l’enfant à naitre, ni la couleur de cheveux, les biologistes ne vérifient pas le patrimoine génétique des embryons (sauf en DPI où l’on ne recherche que l’anomalie génétique dont les parents sont porteurs).
    Alors non, il n’y a pas d’eugénisme dans l’AMP française et les patients seraient les premiers à s’insurger contre de telles pratiques.

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    1. Voilà Lila on se demande sur quels critères ils se basent encore pour parler d’eugénisme en France !? Et la semaine prochaine cela sera quoi comme sujet ?? Je trouve cela scandaleux de mettre encore de fausses idées sur la,PMA en France ! Voilà le gêne de personnes qui communiquent PMA en France ! Il est temps Mesdames et Messieurs de prendre la parole… ne laissons pas ce genre de discours polluer les médias..et rétablissons la vérité .

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  2. Je suis juste dégotée. 😦

    Et je me sens particulièrement visée par cette phrase :

    « Ce qui interpelle les spécialistes, c’est la tendance à se tourner très vite vers la FIV, sans même se laisser, pour les 30% de troubles de la fertilité non expliqués par une cause médicale, le temps de la conception naturelle, estimé entre 2 et 3 ans. »

    Depuis quand le temps de la conception naturelle est de 2 à 3 ans? L’OMS parle pourtant d’infertilité au bout de 1 an de rapports infructueux!

    Je suis allée voir un spécialiste au bout de 15 mois d’essais, j’avais 25 ans. Et je ne le regrette pas. Même si notre infertilité était inexpliquée, on m’a découvert une AMH basse : nous ne devions pas perdre de temps. Nous avons enchaîné les IAC. Maintenant les FIV. Enfin, au terme de ma 2ème FIV foirée, on m’a annoncé que j’avais une mauvaise qualité ovocytaire. Au bout de 3 ans d’essais et 2 ans sous l’étiquette « infertilité inexpliquée. » Nous devrons passer par une ICSI, voire par le don d’ovocyte, pour espérer avoir un enfant un jour.

    Si j’avais attendu 3 ans avant de m’affoler, je commencerai juste les traitements!! Et quand on sait que les FIV fonctionnent mieux quand on est jeunes, quand on connait les délais d’attente pour le don d’ovocyte, franchement je me dis que si j’avais attendu j’aurais eu moins de chances qu’aujourd’hui de tomber enceinte.

    Sans compter la souffrance psychologique!

    Mais ceux qui pondent ce genre d’article, et qui rentrent tous les soirs avec leurs enfants à la maison, n’ont pas le moindre idée de ce que l’on endure…

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    1. Oui Gribouillette cet articles.. Enfin tous les articles traitant ce sujet nous fait vraiment exploser de colère ! On se demande qui sont les concernes ? Eux ou nous ? Quels sont leurs expériences pour dire de telles choses ? Je pense que c est un sujet de + pour faire peur au sujet de la PMA .. Et en faire des choux gras… Ils nous ressortirons autre chose.. Je me demande si je vis bien en France ?? C’est tout simplement une honte !

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  3. Merci les Inrocks pour nous avoir un tant soit peu défendues avec humour … Non mais sérieux !! Instaurons des conceptions-partouzes et faisons nous engrosser par un inconnu à la sortie d’une boite dans une rue sordide ! ce sera tout à fait convivial certes !! C’est aberrant de lire ces âneries comme si elles avaient un bien fondé… ces types sont 1- vieux , 2- des hommes … Très déçue de voir mis en avant par Pascale Clarke une vision aussi réac …

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  4. c’est quand meme honteux tout ce qu’on entend dire sur la PMA, le sujet semble encore bien méconnu, pour lire et entendre tellement de sottises, d’aprioris dans les médias…..et puis y’a aussi parfois l’entourage du couple qui prend le relais avec « tu sais, y’a des couples sur le point d’adopter qui arrivent à avoir dans la foulée un enfant naturellement, et je connais un couple après avoir eu un enfant grace à une FIV qui a reussi par avoir un deuxième naturellement…. » Chaque couple infertile ou stérile présente un problème unique, il ne faut à mon avis surtout pas généraliser, comme le fait que certains biologistes soient obligés dans certains cas de sélectionner certains embryons plutôt que d’autres en effectuant un DPI , ce qui n’est pas le cas chez tous les couples qui sont obligés de faire appel à la PMA. Chaque problème est unique, arretons de faire des généralités,et stop aux aprioris, préjugés, ….. messieurs les journalistes entre autres….. et ceux qui parlent et/ou écrivent dans les médias, renseignez-vous bien avant de parler du sujet de la PMA, avant de dire des sottises, car vraiment cela ne rend pas service aux patients qui doivent etre aidés par la PMA ! Cela n’allège pas leurs souffrances, bien au contraire, cela les agace……., car ils ont besoin d’une image réaliste et positive de la PMA, et qu’on les aide et/ou soutienne avant tout dans leur combat !

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  5. Avec tous les échecs que l’on se paye, les fausses couche, les années de galère et de parcours , ou des couples n’en sortent pas indemnes, les échecs d’implantations sans que les médecins PMA expliquent le phénomène de la non accroche , les infertilités inexpliquées ou justement en l’état actuel de la médecine personne ne sait poser un diagnostic médical.. Comment dans tous ça … Dans le parcours que l’on connaît et subissons tous les jours ??? Comment les PMA arrivent elles a faire de l’eugénisme ??
    Dans quel pays vivons nous ????? Je suis écœuré de devoir encore subir des « agressions permanentes » sur mon infertilité , mon parcours médicalisé, mon désir d’enfant….

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  6. Ecœurée de lire les propos de ce professeur qui va participer à faire encore plus mal à l’AMP en France, et je passe les récupérations qui seront faîtes par les mouvements type « manif pour tous »…mais bon l’éditeur et l’attaché de presse savent très bien sur quelle tendance puante ils surfent…
    j’espère que certains éminents professeurs (Frydman, Olivennes….) élèveront leur voix contre ces propos scandaleux qui démontre combien il a perdu tout sens des réalités!

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  7. Donc tu me rassures j’ai bien eu raison de lancer un « Mais quel con ?! » devant mon JT le soir où ce monsieur a gentiment livré en pâture la PMA à ces opposants. Car c’est ni plus ni moins de ça qu’il s’agit. Je me suis aussi laissé dire que ledit monsieur ne devait plus avoir grand chose à raconter mais pour autant ne se résignait pas à ne plus publier et à entretenir sa notoriété. Il serait peut être temps de penser à la retraite non ?

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  8. Je suis triste et écœurée. Comme si ce que nous vivions n’était pas assez difficile comme ça. Cela ne m’étonne pas que mon entourage soit si peu compréhensif quand on voit ce qui est véhiculé dans les médias. Je me sens capricieuse et impatiente alors que je souffre et que nous sommes au début d’un vrai combat qui n’est pas un choix mais une nécessité dont nous nous serions bien passé…

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  9. Alors, si je comprends bien, entre autres âneries, il semblerait que l’on se lance avec impatience et plaisir dans la « surmedicalisation » alors qu’on pourrait tout aussi bien avoir « une activité sexuelle fournie ». M’est avis que Monsieur n’a pas vécu ne serait ce que les joies du bilan de fertilité. La PMA a fait des trous dans mon budget, mais suis tout à fait prête à cotiser pour que Monsieur, faute de pouvoir faire une HSG, puisse bénéficier d’une écho endo-anale. Il est toujours bon d’expérimenter ce dont on aime tant parler.
    Sur ce, je retourne à ma liste de souhaits pour la sélection de nos embryons, si tant est qu’on arrive à en faire suffisamment pour se prendre le chou sur la couleur des yeux, il va sans dire.

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  10. Mais quel honte de lire un tel ramassis d’idées fausses, de clichés…. C’est triste de se dire que pas mal de personne pense ainsi… G pu en faire l’expérience quand en parlant du don de sperme a notre entourage( car c’est la solution que l’on aura si notre dernière FIV échoue) une personne m’a dit texto: « bah pourquoi tu choisi pas un homme un soir? Ça serait plus simple non? » NAVRANT….
    Sans parler: « de la nature est bien faite, c’est surement que vous ne devez pas avoir d’enfant! » « Ok et ton appendicite? Tu as laissé la nature faire? Ah bah non tu t’es fait opérée en urgence.. » Aaah mais oui le direz vous c’est pareil parce que la c une maladie! Mais bordel, quand est ce qu’aux yeux des gens l’infertilité sera vue comme une maladie et non pas comme un problème psy??!!

    Cela fait 5 ans que l’on essai d’être parent, 3 ans de traitements dont 2 ans de FIV et avant les fiv 1 an de traitement pour moi avant de faire des tests a chéri et s’apercevoir que l’infertilité venait d’une oats sévère.Au final on a donc attendu 2 ans avant de savoir quel était notre problème. Et bébé couette est toujours pas la! On a perdu un petit a 3 mois de grossesse, on s’est pris des negatifs dans la tête, des ponctions sans transfert et bientôt on attaque notre 5 eme fiv et on doit encore supporter toutes ces débilitées… Et surtout l’amalgame de tout et n’importe quoi.

    Bref la France dans ce domaine fait peine a voir…

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  11. Bon, il ne s’agit pas de défendre le monsieur, mais pour avoir écouté une longue série d’interviews de Testard, son évocation de la question eugéniste ne concerne pas la pma d’aujourd’hui mais celle qui se profile pour dans pas très longtemps.

    En effet, on avance à grands pas vers la capacité à faire maturer les ovocytes des femmes hors de leur milieu naturel, à partir d’un prélèvement de cellules ovariennes. De là, on n’obtiendrait (on n’obtiendra – puisqu’on y va) non pas quelques ovocytes péniblement maturés dans nos ventres endoloris (je précise que je connais les joies des fiv, de leurs échecs, etc) mais facilement une centaine d’ovocytes matures (sans les injections et leur cortège de douleurs que nous connaissons actuellement). Jusque là ça fait envie. Super, yipyip, pourrait-on dire.

    Mais Testart prévoit aussi (assez logiquement) qu’avec les grands nombres d’embryons ainsi obtenus, la tentation de pratiquer des DPI ira croissant et probablement dépassera largement les indications actuelles (aujourd’hui : vérifier autant que possible la vitalité de nos embryons, et en règle générale, surtout s’assurer qu’ils ne soient pas porteurs de telle ou telle maladie héréditaire). Ce qui posera la question de l’eugénisme.

    Je ne crois pas qu’il faille prendre les réflexions de Testart pour « nous », il ne fait pas le procès des Pmettes-et-Pmeux. En revanche, il questionne une société où le médical (et notamment ceux qui y ont un intérêt sonnant et trébuchant – genre Big-pharma, mais aussi certains médecins qui effectivement se prennent parfois pour banane, comme on dit chez moi) est actuellement la seule réponse proposée pour répondre aux difficultés des couples en situation de stérilité (infertilité, pardon…).

    Hors, d’autres sociétés sont possibles – je ne dis pas souhaitables, là – mais on peut en discuter.

    Laquelle d’entre nous, nantie d’un conjoint stérile, n’a JAMAIS pensé à le quitter, à fricoter ailleurs, ou à acheter du sperme sur internet par exemple (oui, c’était mon cas, démone perverse que je suis)(il y a une banque en norvège, qui livre sous pli discret, pour peu que vous trouviez un ou une gynéco qui accepte de recevoir l’échantillon – c’est légal)(je l’ai pas fait, hein, j’ai fait des fiv-icsi, plutôt, brave petite)(mais dans une autre société, à tout prendre, peut-être qu’un copain aurait pu proposer son sperme sans que ça fasse un tintamarre monstrueux, et que tout aurait été plus simple) (et peut-être que certains copains y ont pensé, note)(mais dans l’ici et maintenant, ça se fait pas)(et c’est peut-être dommage quand même ?) ?

    Ou encore : Calixthe Beyala vient de publier un bouquin (« Le christ selon l’Afrique ») dont le cadre, au Cameroun, est celui d’une société où lorsqu’un couple est infertile, que les années passent et passent sans qu’il leur vienne d’enfant, alors (raconte-t-elle) un couple proche se dévoue, fait un enfant, et une fois celui-ci sevré, l’ « offre » au couple infertile. Ce qui suppose des relations familiales bien plus solidaires qu’ici, donc des obligations familiales bien plus prégnantes – tout n’est pas rose. Mais est-ce vraiment pire que Big-pharma et les moches galères par lesquelles on passe, discrètement ou bruyamment, les un-e-s et les autres ? Ca peut se discuter en tout cas.

    Bref, pas d’accord pour le Testard-bashing – même si, dans le contexte des conneries de la « manif pour tous » (je ris, quelle absurdité ce nom-là, « pour tous » sauf pour les homos, les stériles, les a-normaux), je suis bien d’accord qu’il aurait dû être prudent dans ses propos (qui ne sont pas ceux d’un vieux con réactionnaire).

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    1. Les ethnologues qui se sont intéressés aux structures de la parentés, ont mis en évidence ces solidarités villageoises.
      Le fosterage ou la circulation des enfants en société traditionnelle, permet de maintenir l’équilibre du système villageois, en donnant des enfants aux personnes qui n’en n’ont pas. Mais nous sommes dans des système ou l’institution famille, l’institution village, s’organisent de façon différentes à nous.

      Ce qui est quand même regrettable dans ces propos, c’est que justement, ils sont repris en raccourcis par les anti tout. Ce qui au lieu d’enrichir le débat, plombe tout. En crispant ceux qui pourraient comprendre et en fessant exulter de joie, ceux qui souhaite retourner en arrière en matière d’amp, c’est à dire en le supprimant carrément. Agiter des menaces n’est sans doute pas la meilleur façon de réfléchir l’AMP à la française dans son futur proche.

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  12. Merci Irouwen pour ta réponse. Je pense que l’avis des facheux de la manif-pour-tous ne changera pas grand chose à l’image de la pma en France, ni des couples qui y ont recours, ou alors à la marge. Ils ne convainquent que les illuminés dans leur genre, je suppose.
    Mais réfléchir à la PMA ce peut être aussi, ici, sur le BAMP, se poser des questions sur une autre société, d’autres manières d’aborder les choses, avec nos familles, nos amis… et non pas uniquement relayer des informations facilitant nos parcours si médicalisés, sur les traitements, les cliniques, les gynécos…
    BAMP est certainement un espace qui permet une forme de contre-pouvoir dans l’impuissance médicalisée à laquelle nous sommes convié-e-s, mais pourquoi pas aussi un lieu où s’élaboreraient des résistances à la médicalisation, ou à certaines surmédicalisations ?
    Je pense à Lara qui a fini par laisser de côté les ICSI pour passer aux IAD – moins difficiles à metre en oeuvre, plus prometteuses,e t qui s’insurgeait qu’en France, si je l’ai bien comprise, on n’envisage ce passage qu’au terme d’un parcours lourd et éprouvant (et couteux) – il faut 4 ICSI échouées. Donc : tant que votre conjoint a qqs spermatos valides (car les gènes, c’est sacré, etc, et puis les femmes, ça accepte tout – il paraît), on continue.
    Bref.
    Merci d’avoir lancé BAMP et de le faire vivre !

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    1. Ça, je suis bien d’accord. En tant que mi-couple oats, je peux témoigner qu’on a dû aller se renseigner en Belgique sur l’IAD, puisqu’en France c’est « FIV ICSi imposée »…

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    2. Oui c’est ce que nous essayons de faire « Penser une autre manière de faire de la PMA en France », en tentant d’instaurer un dialogue aussi avec les soignants et avec ceux qui ont le pouvoir de décider dans ce domaine. Le débat est nécessaire, faire entendre les différents points de vue. Mais pour l’instant seuls les quelques députés que nous avons rencontrés, et certains médecins également semblent entendre nos voix. Le blog tente d’être une tribune, mais nous sommes petits encore, il faut que des actions d’envergures puissent exister pour FAIRE ENTENDRE, ces autres manières de faire des enfants, ces autres manières d’être une famille, etc, ect….
      Mais si déjà sur le blog peuvent s’exprimer ces différents points de vue, c’est déjà un bon début. DOnc si tu as envie d’écrire un article parlant spécifiquement de ce thème : « faire autrement de la pma en france », il sera le bienvenu.

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  13. Merci pour cette proposition ouverte… Je trouve super en tout cas que cet espace de parole, malgré tout plus « collectif » que les blogs, existe. Longue vie à Bamp !

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    1. Il n’y a pas que le blog, il y a aussi toutes les actions réalisées dans le monde non virtuel par les membres actifs, les ami-e-s de la cause et les ddb. Mais il y a tant à faire encore.

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