Nos proches et l’infertilité

Parce qu’il y a un sujet qu’on a toutes et tous en commun quel que soit notre parcours, quel que soit notre « degré » d’infertilité.

La réaction et l’attitude au quotidien de nos proches.

Je suis tombée sur cet article paru dans le blog d’une femme sans enfant, Catherine-Emmanuelle DELISLE.

On peut tout trouver au sein du Collectif BAMP! : certains ont des proches présents et compréhensifs, d’autres se tapent des réflexions à n’en plus finir, d’autres sont ignorés. Il y a les réactions immédiates et les réactions sur le long terme (au début tout le monde est derrière vous puis à 3 ou 4 ou + de FIV, on ne voit plus personne même avec de bonnes jumelles).

Il y a une phrase assez étonnante qui dit  » d’après les interviews qu’elle (Brené Brown) a menées à travers les années, c’est pour les personnes ayant des problèmes de fertilité que la population en général aurait le moins d’empathie. »

Là on se dit « Mince (parce que je suis polie) décidément on est des supers chanceux! »

L’analyse est intéressante même si un peu choquante en notre qualité de 1er concerné : ce serait en grande partie notre faute.

Avec un peu de recul et de connaissance en AMP on se dit (à contre coeur parce qu’on n’aime pas que ce soit notre faute) que peut être, il est vrai que beaucoup d’entre nous en parlent peu ou n’ont pas fait leur « coming-out ». Dans cette optique, comment être comprise et soutenue ?

D’un autre côté, en ma qualité de Tittounett infertile et avec mon vécu de grande communicatrice de l’infertilité je peux dire que ce n’est pas tout à fait vrai.

J’en parle volontiers à tous les coins de rue, dès que l’occasion se présente. Je me balade avec mon sac BAMP! que personne ne peut ignorer (oui vous avez toutes bavées devant le 7, souvenez-vous ! 😉 ). Et pourtant, en plein dans ma FIV DO n°3, je me sens un peu seule et peu de personnes se demandent où j’en suis (du moins me le demande directement). Ce n’est pas faute d’avoir dit depuis quelques mois que ma prochaine tentative se ferait avant la fin de l’année (on est le 10 décembre, plus fin de l’année que ça tu meurs quand même!).

Mais du coup, je dirais qu’à notre tour, mettons nous à leur place (c’est le chat qui se mort la queue, soyons tous empathiques avec les empathiques!).

Car ce n’est pas évident d’être un proche d’infertile. On a peur de dire des choses blessantes ou mal interprétées. Parce qu’une réflexion le lundi peut être bien prise alors que la même 3 jours après ne le sera pas (oui parce que notre humeur joue un peu aux montagnes russes il faut bien le dire).

Moi même j’ai dû répondre agressivement à 1 ou 2 personnes parce qu’elles m’en auront parlé à un moment où je n’avais pas envie d’en parler et un mois après j’ai envie d’en parler mais il n’y a plus personne. La faute à qui ?

Mais je pense malgré tout que pas mal de personnes s’arrêtent à la sympathie et ne vont pas jusqu’à l’empathie. La différence est très bien expliquée dans l’article d’ailleurs.

Bref, je trouve cet article intéressant même si au final, si nos proches le lisent, ils penseront peut être « ah bah tu vois c’est à elle de nous appeler ». Et ça, soyons franc, ça n’arrange pas nos affaires.

*************EDIT**************** témoignage proposé en fin d’année 2013. Merci Titounnett et bonne route sur le chemin de la maternité. Reste à savoir si les proches plutôt absents lors des moments difficiles réapparaissent comme par miracle (La PMA fait bien des miracles, de tous ordres!) ensuite ….

10 réflexions au sujet de « Nos proches et l’infertilité »

  1. C’est difficile… Lorsque je vivais l’infertilité, les rdv, les examens, les grossesses des copines et des proches, j’étais extrêmement sensible et je voyais tout à travers le prisme de l’infertilité, du manque d’enfant si terrible.
    Aujourd’hui enceinte de 5 mois, je sens encore que je ne vis pas les choses de la même manière que les futures mamans qui n’ont pas connu l’attente et l’angoisse de savoir si, un jour, nous aurons un bébé. J’entends souvent des remarques qui me glace le sang, je me dis « ah bah cette remarque/question, si j’avais pas été enceinte, elle aurait été dure à encaisser ». J’essaye toujours d’éduquer nos proches et les gens que je croise à faire attention, faire un bébé n’est pas toujours si facile, c’est tellement difficile pour les couples en désir d’enfants, il faut se mettre à leur place, etc.
    Pourtnt, j’ai parfois envie d’oublier, surement parce que je sais que l’attente et l’angoisse reviendront surement lorsque nous souhaiterons un deuxième enfant… Oublier est impossible mais j’enlève de temps en temps les lunettes de l’infertilité qui font tout voir si différemment et ça fait du bien. Et dans ces moment s là, je sais bien que je n’ai pas été tendre avec nos proches mais il fallait que je me blinde, je ne pouvais pas encaisser plus… Je ne pouvais pas encaisser les remarques blessantes et les jugements alors je les ai rejeté pour me protéger. Je ne le regrette pas aujourd’hui encore.

    Pour ma part, les relations avec nos familles ont été extrêmement tendues et je regrette souvent d’en avoir parlé. Ils se positionnaient entre le « on a le droit de prendre des nouvelles et de poser des questions non? » et le « tu peux pas m’en vouloir, c’est quand même pas de ma faute ». Oui mais c’est la faute de qui quand on vous dit sans cesse « arrête d’y penser/vas voir tel naturopthe, magnétiseur, voyante, gourou/c’est dans ta tête/vous n’avez qu’à adopter (c’est si simple!)/y’à pire » et bien d’utres choses bien plus violentes que je n’ écrirai pas ici… Il y a ceux qui estiment que bah la nature est bien faite donc bah faut pas forcer les choses, et puis il y a ceux qui se disent que c’est forcément dans la tête, la preuve, ces millions de couples qui adoptent et hop une grossesse spontannée… (c’est bien connu!)

    Mon témoignage est décousu mais ce que je veux dire, c’est que j’ai appris à accepter notre infertilité, que notre chemin serit plus compliqué que la moyenne, j’avais accepté au fond de moi que c’était notre épreuve à nous. Par contre, je n’ai jamais digéré la méchanceté et le manque d’empathie flagrant de certains… Encore aujourd’hui, malgré l’actualité heureuse, c’est de cela que je garde le plus mauvais souvenir, pas les hystéros, spermos et autres réjouissances.

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  2. Allez… Moi je dis c’est salutaire car désormais on sait à qui on a affaire… à contre coeur, malheureusement, et en plus ça fait mal et c’est indigérable, mais ne vaut-il pas mieux savoir trop tôt que jamais ? Comment ça je suis aigrie et une pétasse qui vire ses « amis » de sa vie quand ils répondent à une FC Pma de 12 sa c’est mieux ainsi avec un sourire en coin genre vous vous n’avez toujours pas compris que vous devriez renoncer, et qui ajoute ensuite vous devriez adopter, ne pas y penser, et que y’a pire dans la vie ? Non, j’ai pas dit gérer. Mais heureusement, il y a quelques perles(une main suffit), et tous/toutes les couples (qui bloguent ou pas) concernés qui eux comprennent le sens de la vie et les sentiments de la détresse humaine.
    C’est comme ça, y’a des gens pour qui la vulnérabilité fait peur. Y’en a d’autres qui sont présents et ne lachent jamais les personnes prises dans les tourments de la vie.
    Je suis pas négative, si ? non ? si ? Je suis réaliste.
    Bisous et merci Titou !

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    1. oh , mes 5 belles sœurs tombent enceinte Presque au même temps , 15 neveux et nièces , elles sont sympas… au courant de notre problème d’infertilité mais devant moi le seul sujet c’est toujours une qui parle de sa grossesse et l’autre qui parle de son allaitement et l’autre de ses nausées et aussi l’autre qui pose la question à encore une autre et toi c’est pour quand le 4éme?? devant moi et tout le monde est au courant ou sinon celle qui dit haut et fort j’ai quand même peur des gens qui regardent mes enfants longtemps j’ai peur qu’on leur porte le mauvais œil !!!! difficile à supporter mais ça fait 8 ans que je le fais!

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  3. Merci d’avoir parlé de l ‘article publié sur mon blogue. Je l’ai traduit dans le but d ‘éduquer les proches des couples touchés par l’infertlité et de mieux outiller les couples infertliles. Il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire et j’espère y contribuer.

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  4. Au fur et à mesure du parcours et des difficultés, j’ai comme l’impression que demander de mes nouvelles est devenu tabous. ça fait mal quand même, mais bon, les vrais sont toujours là.

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