L’Inserm estime qu’il faut faciliter la recherche sur l’embryon (La Croix, 17/06/2014)

 

Dans une note publiée mardi 17 juin 2014, le comité d’éthique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) formule des propositions pour « faciliter et promouvoir » les recherches sur l’embryon.

Ce rapport d’étape du groupe de travail formule une série de propositions pour développer cette recherche en France.

Il considère en effet que la levée du principe d’interdiction, votée en août 2013, n’a pas suffi : « Cinq projets de recherche dont la finalité concernait l’embryon humain ont été autorisés depuis 2006 en France, aucun depuis 2008, notent les chercheurs. En Belgique, pays cinq fois moins peuplé, 26 projets de recherche sur l’embryon ont été autorisés pendant la même période. »

Des « malentendus » dénoncés

Dans cette note, les constats et préconisations du comité sont larges. Il critique ainsi « un débat parlementaire évoquant en permanence le statut moral, symbolique et juridique de l’embryon sans jamais le régler » et « un contexte réglementaire et éthique fait d’incertitudes, de malentendus voire de confusion au cours des vingt dernières années ».

Deux idées fausses ont, selon lui, trop cours en France : « l’idée que toute recherche serait attentatoire aux intérêts de l’embryon » et « la considération presque exclusive des recherches faites à partir de cellules prélevées sur l’embryon, au détriment des recherches dont la finalité peut bénéficier à l’embryon lui-même et aux personnes qui sont à son origine ».

Améliorer la FIV et la PMA

Ainsi, les chercheurs insistent beaucoup sur la nécessité de développer la recherche sur l’embryon afin d’améliorer notamment les techniques de procréation. « La réalisation de cet objectif nécessiterait que des recherches soient menées aussi sur les embryons. Ces recherches pourraient être faites sur des embryons ne répondant plus à un projet parental mais aussi pour partie sur des embryons susceptibles d’être transférés dans l’utérus à des fins de gestation. »

Le comité propose ainsi que « le transfert dans l’utérus des embryons ayant fait l’objet d’une recherche soit possible, de manière encadrée, chaque fois que cela pourra être justifié ».

Les chiffres sur les embryons

Il estime aussi « souhaitable » de réduire le nombre d’embryons créés en laboratoire. La note reprend en effet les chiffres impressionnants sur les embryons en France :

– 282 353 embryons ont été conçus par FIV en 2011 en France.

– près de la moitié n’étaient ni transférables ni congelables et leur développement s’est arrêté.

– 88 848 embryons ont été transférés immédiatement après la FIV et ont conduit à la naissance de 13 239 enfants (14.9 %).

– 62 680 embryons ont été congelés. Les 43 130 qui ont été décongelés ont permis la naissance de 2 849 enfants (6.6 %).

– Ainsi, près de 93 % des embryons créés dans les laboratoires de FIV n’ont pas abouti à des naissances.

– Enfin, la plupart des 17 667 embryons qui étaient conservés congelés fin 2011 et qui ont été donnés à la recherche ne seront vraisemblablement jamais utilisés dans ce but.

Mesures préconisées

Parmi les mesures avancées, le comité d’éthique demande que soit développée « une information sur le sujet auprès du public et des décideurs afin de changer le regard porté sur la recherche sur l’embryon ».

Il demande aussi d’organiser « de manière plus rationnelle la collecte, le stockage et la distribution des embryons congelés destinés à la recherche dans des structures dédiées de type ’embryothèques’ ».

Il plaide, plus généralement, pour « revoir l’encadrement de la recherche qui doit rester toujours aussi exigeant mais qui devrait être mieux adapté, plus cohérent et plus simple ».

Enfin, il propose d’« adapter les procédures de consentement au type d’embryon donné à la recherche » par des couples en indiquant « une (ou plusieurs) catégorie(s) de recherche plutôt que pour un projet précis » : recherche avec ou sans destruction embryonnaire, recherche dont la finalité est l’étude du développement de l’embryon, recherche ayant pour finalité l’amélioration des conditions de réalisation de l’AMP…

Flore Thomasset

Article paru le 17 juin 2014

http://www.la-croix.com/Ethique/Bioethique/L-Inserm-estime-qu-il-faut-faciliter-la-recherche-sur-l-embryon-2014-06-17-1165969

Une réflexion au sujet de « L’Inserm estime qu’il faut faciliter la recherche sur l’embryon (La Croix, 17/06/2014) »

  1. Sait on pourquoi  » la plupart des 17 667 embryons qui étaient conservés congelés fin 2011 et qui ont été donnés à la recherche ne seront vraisemblablement jamais utilisés dans ce but. » ?

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