La nécessité du «chialage»

 

L'expression indirecte des émotions négatives accroît les problèmes... (Photo Shutterstock, wavebreakmedia)
PHOTO SHUTTERSTOCK, WAVEBREAKMEDIA

 

L’expression indirecte des émotions négatives accroît les problèmes relationnels au lieu de contribuer à les régler. Mieux valent des expressions émotionnelles directes consistant à critiquer le comportement du conjoint et demander des changements précis.

Voici un article un peu à contre courant, qui nous vient du Québec.

Publié le 11 janvier 2015 – YVES DALPÉ

  (Québec) Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les gens qui expriment leurs émotions négatives développent plus d’amitiés intimes. Et les partenaires d’un couple ressentent une plus grande intimité si leurs conjoints révèlent plus d’émotions négatives.

En thérapie conjugale, certains clients expriment parfois leur malaise avec leurs «chialages» et préféreraient obtenir des conseils sans avoir à se mouiller outre mesure. Parfois, ces personnes sont des adeptes du «positivisme» dans la vie. Nous aimerions tous vivre dans l’harmonie sans éprouver d’émotions négatives. Surtout avec notre amoureux ou amoureuse qui devrait être une fontaine d’émotions positives, selon nos attentes. Des couples sont fiers de se présenter comme faciles à vivre et de révéler qu’ils ne se disputent jamais. Malheureusement, leurs «beaux caractères» peuvent leur coûter cher. En effet, les émotions négatives sont inévitables et utiles. Cela est particulièrement vrai dans la vie de couple. En fait, l’inhibition de l’expression émotionnelle empêche le développement de l’intimité.

Le «chialage» est nécessaire. C’est ce qui ressort des nombreuses recherches présentées dans le texte de Baker et coll. (2014), professeurs universitaires de psychologie en Floride et en Nouvelle-Zélande. Les émotions négatives améliorent la relation conjugale si elles sont communiquées efficacement. La colère, la peur, la jalousie, le sentiment de solitude, par exemple, sont des émotions désagréables qui ont leur utilité. En effet, plus nous ressentons l’intensité d’une émotion, plus nous sommes conscients de la nécessité de réagir au problème sous-jacent. Notre motivation à résoudre le problème en est donc magnifiée. En conséquence, nous alertons mieux notre conjoint sur notre préoccupation.

Comme les conjoints désirent habituellement satisfaire leurs besoins mutuels, l’expression de détresse de l’un des deux suscite automatiquement le soutien. C’est pourquoi il existe une corrélation entre l’expression des émotions négatives d’un conjoint et la qualité du soutien subséquent de l’autre conjoint, ce qui diminue la détresse conjugale. Ainsi donc, l’expression des émotions négatives, quoique déplaisante sur-le-champ, bénéficie à la relation du couple parce qu’elle favorise la résolution des problèmes. Cela renforce la relation à long terme. Si un homme est en colère contre sa conjointe à cause de sa consommation excessive d’alcool, celle-ci a plus de chance de reconnaître son problème d’alcool.

Meilleur à long terme

Dans une recherche, on a trouvé que l’expression des émotions négatives, comme la colère et le blâme, pourtant perçues comme moins efficaces et amenant de la détresse sur le coup, avait amené une meilleure entente un an plus tard.

Article : Complet

Et vous vous « chialez » souvent ? Comment gérez-vous ces moments difficiles, où les pleurs, les reproches sont les seules émotions qui arrivent à s’exprimer ? Quel impact sur votre vie de couple ? Est-ce une forme de communication habituelle, ou liée au contexte d’infertilité ?

 

4 réflexions au sujet de « La nécessité du «chialage» »

  1. Je proteste (mais gentiment quand même) au sujet de la phrase : « Des couples sont fiers de se présenter comme faciles à vivre et de révéler qu’ils ne se disputent jamais. Malheureusement, leurs «beaux caractères» peuvent leur coûter cher. » . On m’a déjà sorti ce truc (ma mère) j’ai trouvé ça un peu réducteur.
    On peut être un couple sans disputes sans pour autant que ça signifie qu’on n’exprime pas ses sentiments négatifs. Loin de là.
    Nous concernant, déjà bon nombre de ces sentiments négatifs ne concernent pas un comportement du conjoint (PMA, perte de notre bébé) alors pourquoi ça mènerai à une dispute ? Ensuite le peu de reproches qu’on a à se faire on peut les exprimer sans tomber sur l’autre à bras raccourcis et celui qui les reçoit peu savoir écouter, y réfléchir et peut être se remettre en question ou exprimer à l’autre en quoi il n’est pas d’accord, sans pour autant monter dans les tours.
    Je sais que certains couples ont besoin eux de ces disputes, que pour certains elles sont saines, et je ne le juge pas. Mais qu’on ne vienne pas me dire que notre façon de fonctionner n’est pas saine pour notre couple, ici on dit tous les deux qu’on ne supporterais pas une relation avec des disputes. 😉

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  2. A reblogué ceci sur Un coeur à mèreet a ajouté:
    Dans ces moments où le couple me pose question (notamment dans le contexte de l’infertilité, qui a forcément un impact non négligeable, j’en suis de plus en plus convaincue!), voici un article de Bamp que j’ai trouvé particulièrement intéressant.

    Exprimer pour ne pas imprimer…

    Aimé par 1 personne

  3. Outre le fait que l’auteur s’appelle Dalpé, il va de soi qu’il est essentiel de péter les plombs de temps en temps avec sa moitié. Sinon le jour où ça explose, c’est la fin de tout. Je connaissais un couple qui ne s’était jamais engueulé, c’était tellement des bisounours que ça donnait envie. Il y a 1 an ils ont traversé un coup dur. Ils ont divorcé. ça résume tout.

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