FFER 2016 – retours sur AMP et Hypnose

Nous vous proposons un premier retour sur les informations récoltées lors des derniers FFER, et sur les conférences qui nous semblent les plus pertinentes à vous transmettre. Ces comptes rendus, sont toujours l’occasion de vous apporter des éléments factuels mais aussi notre point de vue de patients et de militants BAMP. N’hésitez pas à donner votre point de vue dans les commentaires.

C’est le récit d’une prise de conscience. Celle d’un médecin anesthésiste, Don Pierre Giudicelli, Corse à l’évidence mais officiant à Ecully près de Lyon (clinique du Val d’Ouest) devant ses confrères et consœurs réunis aux 21 journées de la Fédération françaises d’études de la reproduction (FFER) à Paris, la semaine dernière pour parler de l’hypnose en AMP.

Son public semblait captivé, Bamp se régalait aussi.

Pourquoi ?

Le médecin racontait comment sa découverte de l’hypnose (1) avait non seulement changé sa pratique, mais surtout son regard sur les patientes. « J’ai découvert l’hypnose à 55 ans, et croyez-moi je regrette que ce soit arrivé si tard dans ma vie »,  racontait D-P Guidicelli. « Je crois que si les médecines parallèles et je n’aime pas ce terme, rencontrent tellement de succès auprès du public, c’est parce qu’elles ont un discours différent du nôtre ».

Damned, un moment de vérité !

«Je crois que nous avons beaucoup à apprendre sur l’écoute de nos patients. Oui, nos patients ont des choses intéressantes à nous dire », insistait le médecin.

Et bing, c’était dit ! Absence totale de contestation dans la salle, comme si la cinquantaine de praticiens présents pour cet atelier partageaient son point de vue.

Encourageant ? Pas de doute. D’autant que le médecin corse leur a donné de la littérature à potasser, manière de les inviter à approfondir leur questionnement. On a tout de suite eu envie d’envoyer cette succincte bibliographie à quelques-uns.

Il a cité par exemple L’Erreur de Descartes  (2) et aussi les travaux d’Ernest Rossi, chercheur en neurosciences et praticien de l’hypnose.

Partagée entre l’envie de rire devant la fascination de la salle et le respect pour un médecin capable de se remettre en question, on s’est concentrée jusqu’au bout. « Oui le recours de l’hypnose lors d’une ponction d’ovocytes s’avère précieuse, a raconté D-P Guidicelli car elle améliore le vécu des patientes, et leur récit le lendemain de la ponction est très important à écouter, mais j’insiste bien là-dessus, l’hypnose a un impact sur le vécu des patientes, pas sur autre chose ».

Dans sa clinique, 3 à 5% des femmes bénéficient de l’hypnose à leur demande. Guidicelli encore: « Les patientes sont de plus en plus actrices du soin. Elles sont demandeuses pour participer, jouer un rôle ». 

Autrement dit : faisons équipe avec elles. Bamp buvait du petit lait. Impression d’être entendue, reconnue. Et pas juste une emmerdeuse.

(1) formé à l’Institut français d’hypnose, 75010 Paris.

(2) Antonio R Damasio directeur de l’Institut pour l’étude neurologique de l’émotion et de la créativité de l’Université de Californie du Sud. Editions Odile Jacob, 1995.

Photo d’illustration BAMP, matériel pour les ponctions (oui elle est carrément très longue l’aiguille !)

3 réflexions au sujet de « FFER 2016 – retours sur AMP et Hypnose »

  1. Merci sur ce retour BAMP, encourageant en effet, un médecin qui se remet en question

    Dans mon centre on peut demander de recourir à l’hypnose plutôt qu’à l’anesthésie générale. ça a l’air chouette sur papier mais à chacune de mes trois ponctions les anesthésistes formés pour ça n’étaient pas disponibles, pas de chance… Mon beau projet reste dans mon tiroir pour la prochaine fois 😉

    Améliorer le vécu de la patiente je trouve déjà ça énorme dans un parcours difficile! Combien lâche l’affaire avoir d’avoir atteint le saint-graal parce que moralement c’est trop lourd?

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  2. J’ai pu bénéficier de l’anesthésie locale et hypnose lors de la ponction à Dijon : incroyable ! Evidemment, on sent du mouvement, mais pour ma part, aucune douleur. J’ai eu l’impression que la ponction durait 5 minutes alors que l’infirmière m’a indiqué que ça avait duré une vingtaine de minutes.
    Quel confort !
    Si je dois y retourner, j’irai les yeux fermés.

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