Mais à quoi ça sert la SSI ?

Un des objectif de l’association est d’accompagner et de soutenir les personnes en parcours d’AMP. L’année dernière, à Caen, nous étions installé dans le hall du CHU. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré Sophie, qui était très triste, inquiète et qui se posait milles questions, sur le don de sperme notamment.

Elle a pu, rencontrer et échanger longuement sur le don de sperme, pleurer, énoncer ces angoises, sa colère avec des membres de l’association.

Sophie qui était passé, sur les conseils d’une amie, comme ça, juste pour voir est finalement, resté toute la journée, elle est revenue à tous les rendez-vous de la semaine. Elle a beaucoup pleuré, elle a beaucoup échangé avec d’autres, elle a emprunté les différents livres que nous mettons à la disposition.

A la fin de la semaine, elle nous a dis combien, ces rencontres et ces échanges lui avaient fait du bien, combien cela avait été important pour elle, dans ce moment où elle était complètement perdue, de voir d’autres personnes passées par là. De participer aux conférences.

Sophie qui venait un peu à reculons, juste pour voir, sans savoir ce que cela allait pouvoir lui apporter. Elle a trouvé de la chaleur humaine, une écoute concernée et disponible. Cela n’a pas fait apparaître un bébé dans ces bras, mais cela lui a permis de se sentir moins seule et d’avancer autrement face à l’annonce de la stérilité de son mari.

Laissons la parole à Sophie, qui a accepté de partager, avec vous, son histoire, leur histoire.

«Nous avons décidé d’avoir un enfant l’été 2013, j’ai donc arrêté la pilule à ce moment là. J’avais mes règles régulièrement, tout avait l’air de bien se dérouler.
Au printemps 2014 déjà, je commençais à trouver le temps long, je pensais toujours au jour où j’allais annoncer à mon entourage que j’étais enceinte, je m’imaginais la situation chaque mois, et chaque mois, la déception était au rendez-vous.
Mi-août 2014, François, mon chéri, m’a demandée en mariage. Sur le coup je n’ai pas compris car je pensais que le projet était d’avoir un enfant mais lui, avait envie, moi aussi d’ailleurs mais je pensais que l’on se marierait plus tard, mais il pensait que cela nous changerait les idées et que ce serait mieux d’être mariés.

Bref, j’ai dit oui mais amère, car mon amie gynécologue m’avait dit que l’on commencerait à faire des tests qu’à partir de 1 an d’essai, qu’il ne fallait pas se presser.

Donc finalement nous avons décidé de continuer à essayer en faisant une pause de quelques mois pour que je ne sois pas enceinte pour le mariage et que je ne puisse alors plus rentrer dans ma robe.
Nous nous sommes mariés en août 2015 et nous sommes partis en voyage de noce dans la foulée, hors de question d’attendre plus longtemps ce bébé.
Le bébé n’arrivant pas, dès décembre 2015, j’ai fait quelques prises de sang, qui sont toutes revenues normales.
Mon mari a eu son spermogramme de prescrit et l’a effectué tout début janvier 2016. Quelques jours après, il est allé au labo chercher les résultats et étaient notés ce qui nous bouleversera a tout jamais « azoospermie totale ».

Nous sommes dans le milieu médical, il a tout de suite compris de quoi il s’agissait. Il n’y avait aucun spermatozoide dans son ejaculat.
Et là tout a commencé.
Nous étions bien évidemment complètement perdus, seuls au monde face à notre tristesse, désespoir, pensant adoption, voyage lointain, tout quitter et partir tellement nous étions perdus…
Et puis nous avons contacté mon amie gynécologue qui m’a conseillée un urologue proche de chez nous. Il nous a rapidement reçu un matin tôt au CHU.

Nous avons discuté don de sperme etc…
et puis mon amie gynécologue m’a dit qu’il serait peut être possible d’effectuer une biopsie testiculaire.
Finalement nous avons préféré être suivis sur Paris, à un peu plus de 2h de route de chez nous, mais mon amie gynécologue pouvait nous avoir des rendez-vous plus rapidement en passant en consultations privées.
Nous avons d’abord rencontré un médecin biologiste de la reproduction. Les valeurs sanguines de mon mari n’étaient pas en faveur d’un problème d’excrétion de spermatozoïde mais plutôt un problème de sécrétion.

Donc normalement, il n’y avait pas de production du tout de spermatozoïde. Mais il nous poussait quand même pour que l’on réalise peut être la biopsie testiculaire.
Nous sommes donc allés en rendez-vous dans un autre hôpital pour rencontrer ce chiruguien qui n’était pas très partant pour opérer mon mari, il disait qu’il y avait très peu de chance de trouver des spermatozoïdes.

Il nous a parlé des chances minime d’en trouver, ensuite que le prélèvement puisse être utilisé pour réaliser une fiv etc etc …..

Mon mari ayant été opéré d’une cryptorchidie étant jeune et a été opéré tardivement à 10 ans. Il nous a obligé à prendre du temps pour réfléchir, le moment où au contraire on a envie que tout s’accélère….
Nous avons repris rendez-vous avec lui et lui avons dit que nous étions partants, que nous souhaitions essayer avant de partir pour le don de sperme.
En même temps nous avons entrepris d’ouvrir un dossier au Cecos en vue de la biopsie testiculaire si elle était positive et aussi un dossier pour le don de sperme pour déjà être sur liste d’attente.
Nous avons commencé à en parler autour de nous, à chercher quelqu’un susceptible de nous aider et acceptant de donner son sperme pour nous faire gagner du temps.
Au moment des ouvertures de dossier, on nous a demandé nos derniers voyages, et en janvier 2016, donc au moment où nous avons appris l’azoospermie de mon mari, nous étions partis en Martinique. On nous a donc appris qu’à cause de la présence de zika il faudrait que nous attendions 6 mois après notre retour de Martinique pour pouvoir réaliser la biopsie.

C’était le tout début de l’affaire zika, car le jour de notre départ en Martinique, cela faisait la une des journaux, malheureusement je savais bien que je n’étais pas enceinte donc nous sommes quand même partis mais nous ne savions pas encore qu’il y aurait de nouvelles recommandations et des délais d’attente pour la PMA. Nous avons donc reculé la biopsie à mi juillet 2016.
Mi juillet 2016, le 18, le lendemain de ses 31 ans, je l’emmène à l’hôpital. J’étais dans un état de stress incroyable, je me disais que j’avais envie de faire un bébé avec cet homme et en même temps je me disais que toute anesthésie à un risque et que j’aurai pu perdre mon mari et me retrouver veuve le soir même …
Bref je vous passe les détails de mon stress…;-), après la chirurgie, au réveil, mon mari se rend compte que les deux testicules ont été prélevés et il craint que ce ne soit parce qu’ils n’ont rien trouvé….
Le soir nous apprenons avec une immense joie que les prélèvements contiennent des spermatozoïdes. Immatures et immobiles mais il y en a !!!!!! Hourra
J’avais déjà anticipé et pris mon rendez-vous chez la gynécologue en PMA la semaine qui suivait, j’avais déjà réalisé mon hystéroscopie et tout et tout… j’étais prête au cas où tout se passe pour le mieux !
Je vais donc à mon rendez-vous la 3ème semaine de juillet et nous programmons de commencer le protocole de stimulation à mon prochain cycle, mi Septembre.
Je fais mes petites commandes de tout ce dont je vais avoir besoin à la pharmacie. Et le protocole de stimulation FIV habituel commence.
Je commence mes injections, tout se passe pour le mieux. Ma 1ère injection est réalisée au mariage d’une amie, entre la messe et le cocktail, dans un hôtel formule 1 ;-). Nous partons ensuite deux nuits au bord de la mer pour nous oxygéner un peu.
Et puis arrivent les premiers contrôles, prises de sang et échographies, sur Paris, je jongle avec les aller-retour et mon travail. Je les préviens au travail mais je fais pour le mieux en prenant les premiers rendez-vous sur Paris à 7h du matin pour ne pas arriver trop en retard à mon travail en Normandie…
Puis le jour de la ponction
Puis le jour du transfert : vont-ils avoir réussi à faire des embryons? Notre angoisse…..
Nous étions censés passer en premier de la matinée, en consultation privée, nous arrivons en avance et nous patientons plusieurs heures en désespérant de plus en plus et en pensant que nous avons été oubliés car il n y a pas d’embryon à transférer.
Finalement notre gynécologue avait eu des contre temps et, soulagement, c’est bon, 3 embryons ont été obtenu.

Incroyable.

Un embryon m’est transféré.

Et l’attente de 14 jours ( bien connue de beaucoup d’entre vous…), premier test urine la veille de ma 1ère prise de sang de bêta hcg : le test est périmé puisque ça fait un bail que je n’espérais plus. Et en plus je le fais un peu tôt mais je ne peux pas résister.

Les deux barres s’affichent. Vision que je ne pensais jamais avoir… quel bonheur !
Et la 1ère prise de sang qui est positive
Et la 2ème…
Et je suis enceinte d’un peu plus de 8 mois aujourd’hui
Comme quoi, tout peut arriver, il faut tenter et y croire, et continuer d’espérer ❤️»

 

Don et contre don, dans la relation humaine c’est important.

Ne ratez pas les rendez-vous que les adhérents de l’association COLLECTIF BAMP !, ont organisé pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

Nouméa, Angers, Créteil

 

 

3 réflexions au sujet de « Mais à quoi ça sert la SSI ? »

  1. Bonjour,
    Merci pour ce témoignage qui a pas mal de points communs avec notre parcours !
    Est-ce possible de contacter Sophie en MP ?
    Merci et bravo à l’équipe Bamp qui fait un super boulot !

    J'aime

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