PMA : Game over ; il nous reste encore une vie !

BAMP inaugure une série de mini-portraits de personnes impliquées dans l’association COLLECTIF BAMP (soit en tant que référente en région, soit en tant que membre du bureau, ou comme organisateurs occasionnel d’actions BAMP).

C’est pour nous l’occasion de montrer la diversité des parcours de vie, la richesse des différences des uns et des autres. De dire que derrière les écrans, il y a des personnes qui s’engagent pour les autres, pour faire vivre l’association COLLECTIF BAMP !

Voici un peu plus d’un an que nous sommes sortie du parcours PMA par la petite porte, celle des 30% de couples qui n’arriverons pas malgré tous les efforts conjugués à avoir un enfant.

5 ans et demi d’espoir, de combat, et finalement, la porte qui se ferme…
Que reste-t-il alors ? Un très grand vide, un trou au cœur, qu’il faut gérer.

Aujourd’hui je me sens privilégiée. Parce que j’aime ma vie, j’ai finalement trouvé mon équilibre, et très vite. Le processus de deuil est très personnel, comment se fait-il ? Je ne pourrais répondre à cette question. J’ai juste quelles clefs me concernant.
Pour ne pas que ce vide au cœur ne se transforme en chagrin, en douleur, nous avons décidé de le remplir de ce que nous avions envie.

Et j’ai ainsi découvert que sans doute, cette petite vie qui m’avait habitée mais n’avait pu aller à terme, m’avait donné en retour un cadeau précieux : la liberté. Par amour pour ma petite étoile, j’ai donc décidé de chérir cette liberté donnée, et de lui permettre de s’épanouir, comme grandirait un enfant.

Nous avons donc décidé de suivre nos envies : d’entreprendre, de découvrir le monde…
Également, pour moi, de m’engager.

J’ai contacté BAMP, c’est ma façon de rester connectée à notre parcours passé, et j’ai poussé la porte d’une association locale, me voici bénévole dans une petite équipe qui propose d’accompagner des jeunes et moins jeunes, tous ages et tous handicaps confondus, à apprendre à nager. Est-ce à cause de mes ovaires défaillants ? Le poids de la différence,  la culpabilité « de ne pas être capable de … », je connais bien. Alors cela fonctionne vraiment dans le bassin, je suis fière de mes nageurs et de leur progrès !

Il y a aussi cette fameuse chambre à la maison, celle qu’on réserve tous, pour le jour tant attendu, qu’en faire quand on repart les bras vide ?
Très vite, la réponse fut limpide : une chambre d’enfants, celles de mes nièces et neveu. Là encore, la réaction fut immédiate, et fantastique. Alors qu’auparavant aucun n’osait vraiment en franchir le seuil, quand elle fut réarrangée, avec leurs jouets, leurs dessins et leurs photos aux murs, ils l’ont tout de suite adoptée.

Mais le plus important, c’est le statut privilégié qu’ils m’ont donné, du haut de leurs quelques années. Je suis une sorte de doudou géant, un mélange de Casimir (le monstre gentil de « l’Ile aux enfants »), Mary Poppins et Peter Pan, le garçon qui ne voulait pas grandir…
Mon histoire n’est pas celle que j’aurais imaginée, c’est vrai, mais elle est belle, pleine d’amour, dans mon couple, dans ma famille, autour de nous : PMA Game over, certes, mais il nous reste une vie, nous allons tout faire pour qu’elle soit belle et bien remplie.

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