Et si manger rendait infertile ?

Les Etats Généraux de l’Alimentation débutent aujourd’hui et vont se tenir jusqu’au mois d’octobre.

Oui d’accord, mais quel est le lien avec l’infertilité, me direz-vous ?

Le lien est simple et direct, car 80 % des pesticides, des perturbateurs endocriniens sont ingérés via l’eau et les aliments de notre quotidien. Vous avez sans doute vu aussi les derniers reportages, dont nous avions mis les liens sur la page Facebook BAMP, qui parlaient de l’impact de l’alimentation sur notre santé globale et sur notre fertilité en particulier. Les recommandations alimentaires pour les couples cherchant à avoir des enfants, se trouvent partout : « manger des noix, messieurs, pour des spermatozoïdes de compétition« , « buvez moins de café pour des ovocytes au top« . Mais ce qui compte surtout c’est la qualité des nutriments contenus dans notre alimentation et l’absence des produits pouvant affecter négativement la qualité de nos gamètes. Et l’alimentation industrielle, non biologique joue un rôle dans l’augmentation des maladies chroniques : obésité, diabète, cancer, la fertilité est également touchée par les effets de notre alimentation moderne;

L’impact est direct sur la santé des adultes en âge de procréer, mais surtout sur les fœtus car la période est sensible, voir ici les infographies du R.E.S.

Le Réseau Santé Environnement, dont votre association COLLECTIF BAMP est membre et au Conseil d’Administration, participe à ces Etats Généraux, pour notamment défendre la nécessité d’une prise en compte et la mise en œuvre d’une politique de SANTE ENVIRONNEMENTALE  « Le lien entre alimentation et santé n’est plus à démontrer. La question de la santé des travailleurs agricoles, des riverains et des consommateurs finaux ne doit plus être un sujet tabou. » C.F. le communiqué de presse du 19 juillet 2017

Depuis la création de notre association COLLECTIF BAMP, ces questions de l’impact des dégradations de l’environnement sur la fertilité, dont l’alimentation est un point essentiel, sont au cœur du projet de l’association (voir notre manifeste). Ces états généraux, sont donc une situation qui peut permettre, si tous les acteurs arrivent à dépasser leurs divergences, d’inscrire la santé environnementale comme un nouveau projet de société, essentiel.

 

Communiqué de presse des associations concernées par ces états généraux

Etats Généraux de l’Alimentation 
Les organisations de la société civile interpellent le président de la République sur les conditions et enjeux des débats

Paris-le 19/07/17 : À la veille de l’ouverture des États Généraux de l’Alimentation, 39organisations de la société civile saluent l’initiative d’Emmanuel Macron d’ouvrir le débat sur les questions de l’alimentation et de l’agriculture. Elles rappellent néanmoins que certaines priorités essentielles manquent pour l’instant à l’appel afin d’assurer le succès de cette initiative. Le président de la République doit les prendre en compte et les annoncer dès le lancement des États Généraux ce jeudi 20 juillet. 

Engager une phase de négociations politiques
Tout d’abord, il faut clarifier la finalité de ces États Généraux. Au-delà des deux phases d’ateliers thématiques, il convient de prévoir et d’annoncer dès le lancement la tenue d’une phase 3 de négociations politiques. Cette phase permettra d’arbitrer sur les sujets transversaux et les dissensus issus des différents ateliers. Cette troisième phase doit également viser à donner une cohérence aux politiques publiques aussi bien entre politiques sectorielles qu’entre les différentes échelles (nationale – européenne – internationale). Nous ne pouvons en effet pas réorienter la politique alimentaire en France sans prendre en compte ses impacts sur les autres pays (du sud en particulier) et sans une refondation de la Politique agricole commune.

Intégrer des enjeux cruciaux, absents des débats
De plus, certains sujets sont pour l’instant absents des ateliers. Il est urgent d’y intégrer : 
–          La santé environnementale. Le lien entre alimentation et santé n’est plus à démontrer. La question de la santé des travailleurs agricoles, des riverains et des consommateurs finaux ne doit plus être un sujet tabou.
–          L’adaptation aux changements climatiques, phénomène majeur auquel fait déjà face la profession agricole, et qui devrait être un enjeu structurant de ces États Généraux s’il s’agit bien de préparer l’avenir.
–          La fiscalité agricole et les droits sociaux des paysans. La politique fiscale oriente fortement le mode de développement des fermes. De plus, le droit au revenu paysan est une priorité.
–          La préservation et la répartition équilibrée du foncier qui est pourtant une thématique incontournable, étant à la base du processus de production agricole et garantissant le renouvellement des générations. 
–          La préservation de l’environnement marin, de ses ressources halieutiques et le développement d’une pêche durable. 
–          La démocratie agricole et alimentaire. L’ouverture des décisions agricoles, alimentaires et territoriales aux citoyens et à la société civile organisée permettra de jeter les bases d’un modèle agricole réellement soutenu par la société.

Assurer la mobilisation citoyenne
Enfin, nos organisations rappellent que la consultation publique, organisée dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation, doit permettre une participation large du public. Or, pour l’instant, ces consultations sont prévues en plein été et à la rentrée, un phasage qui rend difficile leur organisation et la participation du grand public. En particulier,  les objectifs et le traitement de cette consultation, encore inconnus, devraient être précisés demain.

L’ensemble de ces éléments doit être pris en compte dans les derniers arbitrages concernant l’organisation des États Généraux de l’alimentation afin de garantir leur ambition, leur succès et la mobilisation des citoyens.

Organisations signataires
ActionAid France, Action contre la faim, Agir pour l’Environnement, Association française des diététiciens et des nutritionnistes, Amis de la Terre, ATTAC, BLOOM, CCFD Terre solidaire, CIWF France, Club Experts Nutrition et Alimentation, Coordination SUD, Crid, FADEAR – Réseau de l’agriculture paysanne, Fermes d’avenir, Filière paysanne, Fédération artisans du monde, Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural, Foodwatch France, FNAB, France Nature Environnement, Fondation pour la Nature et l’Homme, Générations Futures, Greenpeace France, Miramap, Mouvement de l’agriculture bio-dynamique, Plateforme de la Petite Pêche Artisanale Française, Plate-forme pour le commerce équitable, Oxfam France, Réseau Action climat, Réseau CIVAM, Réseau Cocagne, Réseau environnement santé, SOL alternatives agroécologiques et solidaires, Terre de Liens, Terre et Humanisme, TFT France, Union nationale de l’apiculture française, WECF France, WWF France

L’autoconservation des ovocytes un droit féministe ?

Il est impressionnant de voir que la pétition demandant que Simone Veil, puisse reposer au Panthéon, accumule plus de 200 000 signatures en quelques jours. Il y a même plus d’une dizaine d’autres pétitions qui ont été lancés sur cette même demande !

Une évidence, si la famille Veil est d’accord, de mettre à l’honneur cette femme qui a permis à de nombreuses femmes de pouvoir bénéficier d’un droit à décider de leur fertilité, à bénéficier d’un soin lorsqu’elles ne souhaitent pas poursuivre une grossesse. Une avancée obtenue, il y a 43 ans seulement !

Simone Veil est morte, elle va rentrer au Panthéon. Pourtant les combats pour que les femmes puissent avoir le droit de décider de leur fertilité ne sont pas terminés.

L’avis du CCNE sur l’autoconservation des ovocytes en est un, qui n’est pas encore gagné, si nous ne nous mobilisons pas.

Comme nous l’avons écrit dans notre précédent article sur ce sujet, notre association se mobilise depuis sa création pour ce droit, en allant sensibiliser les politiques, en témoignant auprès des journalistes, en diffusant son Manifeste, en lançant une pétition pour tenter de montrer que de nombreuses personnes (les hommes aussi peuvent signer pour un droit accordé aux femmes !) souhaitent que le droit à l’autoconservation soit possible pour toutes les femmes qui en éprouveraient le besoin, sans avoir besoin de s’expatrier à l’étranger……….comme le faisaient les femmes avant le vote de la loi Veil, pour aller avorter à l’étranger.

MAIS…….il est impressionnant de voir, que la pétition que nous avons lancé (en vérifiant avant qu’il n’y en ai déjà pas une sur le même thème), n’a à ce jour reçu que 177 signatures……… ah, ah, ah, ah c’est drôle et c’est inquiétant à la fois. Peut-être que ce droit n’intéresse personne ? Pourtant, nous recevons des messages de femmes qui aimeraient pouvoir le faire, pourtant nous femmes infertiles aurions aimé pouvoir en bénéficier. Peut-être que les « gens » considèrent que c’est acquis, mais tant qu’une loi ne l’a pas inscrit en tant que droit…….ce n’est pas gagné.

Est-ce que Simone Veil, l’aurait signé ? On ne peux pas le savoir, mais par contre, on peut se mobiliser pour que d’autres personnes bien vivantes elles, puissent le faire. A moins que les droits féministes, soient eux aussi enterrés au Panthéon avec cette figure tutélaire ?

Merci de signer et partager cette pétition.

https://www.change.org/p/pour-l-autoconservation-des-ovocytes?recruiter=661610540&utm_source=share_petition&utm_medium=twitter&utm_campaign=share_twitter_responsive

 

Si vous voulez aller plus loin sur la question FEMINISTE

 

 

On nous prend pour des quiches ? Avis du CCNE, sur l’autoconservation des ovocytes

Il nous semble important de revenir sur la question de l’autoconservation ovocytaires, qui n’a pas obtenu la bénédiction du CCNE. Alors qu’il indique que « Le déclin de la fertilité est une déficience pathologique », pourquoi ne pas donner un avis favorable sur une des possibilités offertes, par les progrès de la science, pour y remédier justement ?

A la lecture de cet avis, je m’attendais à des arguments de haute volée, les sages du CCNE, ayant pris le temps de la REFLEXION éthique, de l’ANALYSE éthique et de l’ECRITURE éthique. Mais finalement, après avoir lu dans le détail, les 78 pages de l’avis n°126 (15 juin 2017) intitulé « Avis du CCNE sur les demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP) », et plus précisément en ce qui concerne l’autoconservation des ovocytes, l’impression générale qui en ressort, c’est un manque d’envergure intellectuelle tant sur l’analyse que sur les propositions.

C’est aussi une vision un peu obsolète de ce que sont les femmes qui est proposé dans ce texte. Sur leurs capacités d’analyse, sur la place qu’elles occupent dans la société actuelle, dans le travail. Un paternalisme dégoulinant de bons sentiments à l’encontre des femmes qu’il faudrait protéger d’elles-mêmes, et du monde du travail et a qui, il est conseillé de penser à faire des enfants plus tôt. Proposition certes évidente biologiquement parlant, mais qui en termes de communication efficace, risque de résonner dans le vide aux oreilles des femmes de 2017.

Ce qui est aussi très surprenant et redondant à plusieurs endroits du texte, ce sont tout un tas de Lapalissades qui loin d’éclairer le lecteur, le laisse dans un état dubitatif, quand il se dit qu’il est en train de lire un texte écrit par de « grands intellectuels » comme l’a souligné Monsieur DELFRAISSY (président du CCNE) mardi soir sur France Inter. Par exemple pour expliquer la « disjonction entre la personne et les éléments de son corps » dans le prélèvement d’ovocytes on nous annonce (page 5). que : «Les ovocytes prélevés « jeunes » seraient intégrés après leur fécondation dans un corps qui aurait vieilli »……..Marty McFly sort du CCNE !

Les membres du CCNE nous parlent du souci éthique que pose la disjonction entre le corps, la procréation et la filiation, avec l’AMP et encore plus avec le don de gamètes. Justement faire vitrifier ses ovocytes, permet de résoudre cet aspect en faisant correspondre la procréation « génétique » avec la filiation, puisque la femme utiliserait ses ovocytes et non ceux d’une donneuse.

Pour le CCNE, cette potentielle vitrification serait non pas une « assurance, mais une pseudo assurance »…..puisque l’autoconservation obligera à une procédure de FIV, oui, c’est encore une fois une évidence qui est énoncée et qui semble nous prendre pour des idiotes, qui pensions qu’une fois nos ovocytes congelés, il suffisait de les gober pour voir arriver une grossesse !

L’argument suivant, que vous pourrez trouver page 11, est encore plus surprenant. L’auteur nous indique qu‘une « FIV-ICSI avec ses propre ovocytes conservés, dont le succès peut être estimé comme ne dépassant pas 60-70% », c’est un taux de réussite énorme, si on le compare aux taux de réussite des FIV (en situation d’infertilité) qui tournent en moyenne entre 20 à 25%. Donc si l’on suit leur logique, il vaut mieux faire des FIV dont les taux de réussite sont mauvais plutôt que de profiter des 60 à 70 % de taux de réussite dans le cadre d’une FIV avec ces ovocytes autoconservés.

Autoconservation à des fins de «précaution» pourquoi utiliser ce terme ? Pour nous, personnes infertiles, stériles, faire vitrifier ses ovocytes, c’est de la prévention, un acte médical pour prévenir « le déclin de la fertilité » en tant que « déficience pathologique ». Préserver plutôt que d’accumuler des échecs 10 ou 15 ans après ! Pourquoi d’un côté dire OUI, il y a déclin et déficience et de l’autre dire, non à la proposition de préserver ?

Est-ce par manque de connaissances sur ce sujet ? Il est important de noter que les associations de femmes, ou les associations de personnes infertiles, stériles n’ont pas été auditionnées par les « Sages » du CCNE. Ce n’est pas faute de les avoir sollicités et ce depuis 2013.

Pour paraphraser un célèbre « magazine plus féminin du cerveau que du capiton » et pour résumer l’argumentaire du CCNE sur l’autoconservation : « On nous prend pour des quiches ! ». Justement, une des grandes idées de cet avis, c’est de préconiser comme moyen d’information, le recours aux magazines féminins qui en prennent quand même pour leur grade au passage : « certains ayant tendance à présenter de manière très positive les grossesses tardives sans informer sur l’augmentation des risques ».

Mais ce qui est le plus affligeant, rien ou si peu sur la nécessité, comme nous le demandons dans notre manifeste, sur la mise en place d’une VRAIE POLITIQUE d’information, de sensibilisation, de prévention, sur la fertilité humaine, sur l’infertilité, en direction des jeunes femmes et des jeunes hommes (propositions numéros 1, 2, 3, 5, 6, 7 du manifeste BAMP), qui s’appuierait sur les médecins généralistes, les gynécologues de villes, les médecins et infirmiers scolaires et universitaires, et sur les associations qui ne semblent ne pas exister pour les « sages » du CCNE (ni auditionnées, ni envisagées comme actrices dans l’information des femmes).

Le CCNE avance l’argument de l’autonomie des femmes à décider et à faire des choix. Là on applaudit, donnons la parole aux femmes, faisons confiance en leur intelligence, en leur capacité à faire des choix éclairés. Mais finalement, le CCNE nous dit que les femmes doivent renoncer, réfléchir, faire des enfants plus tôt, prendre conscience que la « maternité ne s’assimile pas, à un renoncement professionnel, social et personnel ». On le sait bien, les femmes vivent dans un monde parallèle, hors sol du reste de la société, donc rien ne s’imposent à elles du fait des autres, de l’organisation du travail, de la répartition des tâches et des rôles socio-économiques et reproductifs. Cette phrase que vous pouvez trouver en bas de la page 15 , aurait été plus en phase avec la réalité du monde du travail, rédigée ainsi : « afin que la maternité ne s’assimile pas, POUR LES ENTREPRISES, à un renoncement professionnel, social et personnel ». Or, là le CCNE fait porter encore un fois, toute la responsabilité de cette situation aux femmes, pauvres cruches qui pensent que la maternité les éloigne du monde du travail et qui donc repoussent leur maternité pour ne pas s’exclurent.

Dans sa conclusion le CCNE tente de justifier son refus, avec le résumé des arguments CONTRE et POUR :
POUR l’autoconservation :
· « L’autonomie des femmes » pourrait s’exercer. Pas trop tôt ! Merci.
· Nécessite une information sur les contraintes, les risques de l’autoconservation et les taux de réussite de l’AMP. L’information c’est toujours bien, nécessaire sur les réalités de l’AMP, libre ensuite à chacun d’en faire ce qu’il souhaite dans ses choix de vie.
· Permet de « repenser l’organisation vie privée / vie professionnelle ». C’est une chose qu’il faudrait vraiment que la société, le monde du travail repensent justement.
· « Fait porter le poids financier de cette vitrification sur les femmes » et non sur la sécurité sociale. Donc pas de problème de sous-sous, sauf peut-être pour les femmes qui n’auraient pas les moyens ? Et celles qui découvriraient, qu’elles sont infertiles, voir stériles ? Il semblerait que les « sages » n’aient pas réfléchis à cela.

CONTRE l’autoconservation :
· Le « risque des grossesse tardives »…………mais une information éclairée existe déjà, il faut certes l’intensifier. De plus, les femmes n’ont pas attendu la vitrification pour faire des bébés plus tard !
· Le « risque des pressions socio-professionnelles »……..Elles existent déjà de façon importantes pour pleins d’autres raisons qui ne sont pas QUE du fait des femmes, loin de là.
· Le « bénéfice de la méthode face aux moyens engagés »………Donc il vaut mieux attendre plus tard et accumuler des tentatives de FIV, sans succès ? Quid aussi des femmes fertiles, qui vivent avec un homme infertile ou stérile ?

Etrangement, de notre point de vue, même les arguments soi-disant CONTRE, ne tiennent pas la route de la logique et de la réflexion sur le thème de la prévention versus recours à l’AMP plus tard. Et pourtant, le CCNE termine page 17 sur : « Compte tenu de ces éléments, la proposition d’autoconservation ovocytaire à toutes les femmes jeunes qui le demandent, en vue d’une hypothétique utilisation ultérieure, paraît difficile à défendre ». Voilà, mesdames vous pouvez rentrer chez vous, les « sages » ont conclu.

Peut-être que si les «sages» du CCNE avait demandé leur avis aux personnes infertiles, stériles, aux femmes qui n’ayant pas pu conserver leur ovocytes à un âge où ils auraient été performants, ont accumulés des tentatives de FIV, des échecs, des remises en questions personnelles, sociales, un engagement parfois par dépit dans une FIV avec don d’ovocytes. Ils auraient pu être éclairé autrement sur la nécessité d’autoriser l’autoconservation des ovocytes aux femmes qui en éprouvent le besoin ?

Il y a une nécessité à repenser la fertilité et son corollaire l’infertilité dans le contexte actuel où les pollutions environnementales perturbent de plus en plus nos fertilités, où l’organisation sociale du travail impose un rythme de vie qui influe directement sur la vie privée des personnes, où les structures familiales et reproductives bougent. Il faut situer cette question de l’autoconservation des ovocytes et du recours à l’AMP si besoin, dans une pensées complexe, qui semble avoir fait défaut aux sages du CCNE.

Au passage nous vous rappelons que les hommes sont autorisés à conserver leurs spermatozoïdes lorsqu’ils font le choix de réaliser une vasectomie et ce depuis des lustres. Est-ce qu’on leur demande s’ils ont bien conscience « de la dissociation immédiate entre leur personne et des éléments de leur corps » (page 10), avant de signer l’ordonnance préconisant la préservation de leurs spermatozoïdes ?

L’Académie de Médecine, au contraire du CCNE et le Conseil National des Gynécologues et Obstétriciens Français se sont prononcés favorablement pour cette autoconservation ovocytaire, récemment pour le premier et depuis plusieurs années pour le deuxième.

Il faut souligner que cet avis contient aussi un texte des « sages » qui se sont prononcés POUR l’autoconservation des ovocytes. Pages 47 et 48, « Autoconservation ovocytaire : position ouvrant la possibilité d’une autoconservation ovocytaire chez les femmes au -delà de 35 ans ». On tique sur l’âge proposé pour cette autoconservation, quand les spécialistes indiquent que l’âge optimal pour réaliser cette autoconservation se situe entre 25 et 35 ans, qu’au-delà, les gamètes commencent généralement leur déclin.

Nous vous invitons aussi à relire les textes que nous avons déjà écrits sur le sujet de la préservation de la fertilité et l’autoconservation des ovocytes hors contexte d’infertilité.

Nous vous invitons aussi à signer notre pétition sur la base du Manifeste « 48 propositions pour améliorer la prise en charge de l’infertilité et de l’AMP en France ». Vous pouvez aussi rejoindre l’association dans ses actions de sensibilisation et d’information en direction des députés, sénateurs et de notre nouveau gouvernement.
Si le gouvernement décide de faire passer ces changements dans le cadre d’ordonnances, le temps est compté. S’il envisage que ce sujet soit traité dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, les débats autour de la révision commencerons fin 2017 pour un vote de la loi en 2018. Dans tous les cas, le temps est compté pour faire grandir notre mobilisation.

Voici d’ailleurs une pétition que nous venons de lancer sur POUR l’autoconservation des ovocytes et pour la préservation de la fertilité ! A signer et à partager largement ! https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pour-l-autoconservation-des-ovocytes-965d83a9-6d84-46fd-b271-9b9bf7f750c1?recruiter=661610540&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

Si vous voulez lire l’avis dans son intégralité, c’est ici