Témoigner sur votre expérience avec la progestérone ?

Le laboratoire GENEVRIER, inscrit dans une démarche de meilleur prise en compte de l’expérience patient, cherche deux femmes qui seraient d’accord pour témoigner au moment de la phase lutéale (prise de la progestérone) de leur traitement. L’objectif est de sensibiliser les médecins à l’expérience des patients lors des protocoles d’AMP en vue de l’amélioration de la prise en charge, de la relation patients/ médecins, mais aussi du produit. 

Si vous souhaitez participer, vous trouverez plus d’informations ci-dessous.  

Le mardi 9 avril 2019 auront lieu les Journées Eylau, réunissant les centres parisiens autour de différents sujets sur la PMA.

Les Laboratoires Genevrier seront présents à cette journée et sponsorisent une session sur le soutien de la phase lutéale.

Lors de cette session, et toujours dans l’optique d’intégrer le plus possible le retour patient pour améliorer les choses en PMA, ils souhaiteraient faire un film sur 2 patientes, comme une sorte de reportage sur la PMA et plus particulièrement sur l’étape du soutien de la phase lutéale avec la progestérone.

Pour cela ils aimeraient recruter : 

  • deux personnes vivant à Paris ou en Région Parisienne, avec des expériences différentes de leur parcours et des profils différents (âge, nombre de tentatives et/ou années en PMA….)

  • prenant de la progestérone entre le 11 et 13 mars 2019 

  • et bien entendu qui seraient d’accord pour être filmé dans leur quotidien sur 2-3 jours et qui accepteraient que le film soit diffuser lors de la réunion, mais également sur le site et les réseaux sociaux du laboratoire Genevrier.

Si vous êtes intéressées pour participer, vous pouvez contacter Nathalie, référente BAMP en lien avec le laboratoire GENEVRIER : 

–          Par mail : collectifbamp13@gmail.com

Le  laboratoire GENEVRIER a organisé mi-janvier, à Paris le projet FERTIGEN et VOUS, où trois patientes ont témoigné lors d’une session qui a rassemblée des médecins et des patients en vue d’améliorer la communication patients/médecins

Sortie de publication BAMP : Le guide d’information des cliniques européennes

Passeport, carte d'Europe et pices d'identitL’association COLLECTIF BAMP! concentre son activité autour de l’assistance médicale à la procréation en France. Notre but est de témoigner, informer et agir sur différents aspects de l’infertilité, de la stérilité et de l’AMP en métropole et en outre-mer. Nous avons un manifeste qui explicite cette posture  (consulter notre manifeste ici). Mais alors que notre association vise à induire une transformation à l’échelle nationale, nous ne sommes pas insensible à ce qui se déroule dans les autres pays. Nous sommes notamment à l’écoute des adhérents qui s’interrogent sur les soins dans d’autres pays et attentif à la manière dont les patients sont pris en charge dans les cliniques étrangères.

Quitter la France pour réaliser des traitements médicaux pour infertilité est une démarche parfois brutale et déroutante. Comment savoir dans quels pays aller, ou bien à quel centre s’adresser ? Comment s’assurer de la qualité des soins qui y est délivrée ? Comment croire les taux de réussite annoncés dans les cliniques étrangères, en l’absence de transparence quant à la réalité scientifique des résultats, surtout à considérer que l’AMP est un marché comme un autre ? Comment s’y retrouver face aux offres pléthoriques des centres, plus proches du business où chacun y va de son coup de pub, utilisant un marketing incisif, que de la santé reproductive telle que nous la connaissons en France ?

Au constat qu’une partie de nos adhérents sont contraints de partir pour mener à bien leur projet parental et recevoir leur protocole de soin, et que cette étape appelle avec elle de nombreuses incertitudes, il nous paraît essentiel de partager notre expérience de patients en la matière. C’est pourquoi nous avons confectionné un guide.

Capture d’écran 2019-02-13 à 12.43.35Ce guide ne va pas vous indiquer LA clinique qu’il faut choisir. Il entend vous proposer des critères pour sélectionner la clinique qui vous convient, vous offre une série de questions à poser aux cliniques envisagées pour faire le tri entre les charlatans et les centres d’excellence, il offre une panoplie de ressources pour accompagner votre démarche. En bref, ce guide sert à aiguiller votre choix pour vous aider à l’effectuer en toute connaissance de cause. Ce guide est réservé à nos adhérents. Pour rappel, vous pouvez adhérer ici. Si vous adhérez spécialement à l’occasion de la sortie de ce guide,  et que vous souhaitez le recevoir rapidement, merci de nous l’indiquer à cette adresse mail : AMPEUROPE@BAMP.fr

Si, par l’intermédiaire de ce guide, nous nous engageons (à la hauteur de nos moyens de simples bénévoles) à répondre aux sollicitations de nos adhérents, qui se trouvent souvent perdus et inquiets en s’engageant dans de telles démarches, nous sommes aussi à votre disposition lors des Thés BAMP où le sujet de l’amp à l’étranger peut être abordé ou par mail (ampeurope@bamp.fr).

Un dernier point essentiel mérite d’être mentionné clairement : BAMP n’a aucun lien avec les cliniques étrangères ; les renseignements que nous proposons dans ce guide sont fondés sur les expériences des patients et la documentation en interne de l’association.


Pour vous aider à vraiment mieux comprendre de quoi il en retourne, un aperçu de l’organisation du guide, suivi du sommaire de ce dernier.

Organisation du guide

  • 1ère partie : AMP à l’étranger

Dans la première partie de ce guide, vous trouverez une brève introduction à l’AMP à l’étranger. Cette immersion dans l’univers des cliniques étrangères européennes illustre des grandes tendances qui s’y rapportent et fait le point sur les idées reçues.

  • 2ème partie : Critères pour choisir un centre de fertilité

Les inquiétudes les plus fréquemment évoquées par les personnes qui s’interrogent sur l’AMP à l’étranger sont le manque de garanties éthiques et de contrôle des pratiques, la rémunération des donneurs et donneuses de gamètes, l’impression que ce qui domine c’est l’aspect “marché” et non “santé”. Concernant ce dernier point, l’association Collectif BAMP défend un point de vue simple : l’assistance médicale à la procréation ne doit pas être un marché. Pour autant, nous savons bien que l’argent est un critère déterminant dans l’accès aux soins, et ce même pour l’AMP en France. Mais d’autres critères peuvent prévaloir et orienter le choix d’un centre au détriment d’un autre. C’est pourquoi, dans la deuxième partie de ce guide, nous proposons d’aborder les critères pour choisir une clinique.

  • 3ème partie : Questionner les centres : sélectionner le centre qui répond à ses besoins

En s’engageant dans un parcours médical à l’étranger, il n’est plus possible de se reposer sur les institutions françaises. Il est indispensable de procéder à l’identification des centres, de comparer les offres, d’évaluer les options proposées, etc. Pour faciliter ces démarches lourdes en temps, coûteuses en argent et humainement éreintantes, au sein de la troisième partie de ce guide, nous listons des questions qui peuvent aider à mieux identifier le centre qui répond aux besoins de chacun.

  • 4ème partie : informations pratiques : remboursements, ressources, transfert de gamètes…

Pour terminer, nous avons placé dans la quatrième partie de ce guide, des informations complémentaires telles que les modalités pratiques, au sujet des conditions de remboursement et le transfert des gamètes, les ressources humaines et numériques à votre disposition, ainsi que des exemples de tableaux comparatifs permettant de choisir le centre qui vous convient selon vos critères.


Sommaire du guide

1- L’AMP À L’ÉTRANGER

  • Chiffres de l’AMP
  • Législations nationales : des conceptions de la famille
  • Circuits des patients en fonction des traitements
  • Mises en garde et idées reçues

2 – CRITÈRES  POUR CHOISIR UNE CLINIQUE

  • Critères de sélection “classiques”
  • Porter attention à la législation du pays destinataire
  • L’importance de la qualité et du cadre juridique des soins

3 – QUESTIONS UTILES

  • La phase de diagnostic : examens à effectuer
  • La prescription d’un traitement
  • Résultats et succès de la clinique
  • Don de gamètes : sélection des donneuses/ donneurs
  • Aspects juridiques et financiers

4 – COMPLÉMENT D’INFORMATIONS

  • Conditions de prise en charge de la sécurité sociale française
  • Transfert de gamètes de la France vers l’étranger
  • Ressources humaines et numériques
  • Exemples de tableaux comparatifs

Sondage européen : Quels sont vos besoins en information ?

Nous vous avions parlé il y a quelques mois d’un sondage réalisé en partenariat avec l’IPSOS, Gédeon-Richter et BAMP pour enquêter sur le vécu des personnes engagées dans un parcours d’AMP. Les résultats seront partagés prochainement. Cette fois-ci nous vous proposons de répondre à un très bref sondage, initié par une association de patients polonaise, au sujet des besoins en information des patients. Plus exactement, le sondage met en tension les besoins en information sur l’infertilité, les explications fournies à propos des diagnostics ainsi que les traitements proposés, et les pratiques actuelles.

Votre avis nous intéresse - bullesL’association à l’origine de l’étude est Nascz-Bocian ; un alter ego de quelque sorte, s’agissant d’une association de patients qui cherche à améliorer la prise en charge des personnes en AMP à l’échelle de la Pologne. Leur initiative s’inscrit dans une démarche plus globale en étant soutenue par notre partenaire européen Fertility Europe, soit le consortium paneuropéen d’associations de patients de l’AMP. Soutenue de la sorte, l’enquête polonaise bénéficie d’une large diffusion.

C’est à notre tour de diffuser cette belle initiative en vous invitant à prendre 5 minutes pour répondre au sondage !

Les résultats du sondage seront présentés fin juin à Vienne, à l’occasion de l’une des conférences gynécologiques les plus importantes au monde dans le champ de l’AMP, celle organisée annuellement par ESHRE (European Society of Human Reproduction and Embryology) ; la conférence regroupe des milliers de gynécologues venus des quatre coins du  globe. Autrement dit, une excellente vitrine pour faire entendre nos besoins en tant que patients et poursuivre le combat d’une meilleure prise en charge de l’infertilité.

Cliquez ici  pour vous rendre au sondage « Patients’ information needs » (et oui, c’est en anglais 😉 mais google traduction ou un autre outil du genre peut être votre ami).

Eprouvante éprouvette

Vous avez terminé votre parcours d’AMP, avec ou sans enfant ? Vous habitez dans les pays de la Loire ? Vous avez envie de témoigner de votre histoire ? Cet appel à témoignage est pour vous ! Il y a plus d’un an maintenant, nous avions été en contact avec Aurélien BONNET et Lise BARON qui préparaient ce projet de documentaire. Trois mots pour résumer le teaser : dynamique, moderne et rock’n’roll, rien de mieux pour donner de la visibilité et la parole aux personnes qui ont traversé les parcours d’AMP.

 

Bonjour, Nous travaillons actuellement sur un projet documentaire sur la PMA.

Etant nous-mêmes passés par un parcours de PMA pour avoir nos enfants, nous aimerions faire un film qui donnerait la parole aux couples qui ont traversé cette épreuve. Le but est d’aborder ce sujet sous un angle personnel en nous attardant peu sur les questions éthiques, légales et médicales que nous trouvons souvent traitées et qui laissent souvent penser que faire un « bébé éprouvette » serait une simple formalité.

Nous voulons favoriser un regard rétrospectif qui laisserait la place à l’analyse, l’émotion… mais aussi à l’humour.

Nous sommes actuellement en pré-production et nous commençons donc à rechercher des couples qui seraient prêts à témoigner. L’idée est de créer un panel de 7 à 8 couples assez représentatifs des de la multitude de parcours de PMA : couples hétéro, lesbiens, jeunes, de plus de 50 ans (ayant eu recours à la PMA il y a plus de 20 ans), citadins, ruraux, multiculturels, CSP+, précaires, ayant fini par avoir des enfants, n’en ayant pas eu…

Bref, l’idée est de donner à voir un maximum de parcours, ce qui les différencie et ce qui les rapproche.

Attention, nous ne cherchons pas de couples qui sont actuellement en PMA mais bien des gens qui sont allés au bout de leur parcours !

Pour l’instant, nous limitons nos recherches à la région Pays de la Loire pour des raisons pratiques et financières. Si nous ne trouvons pas assez de couples, nous élargirons peut être nos recherches. Les tournages se dérouleraient sur une demie journée par couple sur les mois d’avril et mai. Si vous êtes intéressés, nous pouvons vous fournir en MP un lien vers un teaser que nous avons réalisé pour donner une idée du ton du film. Nous ne pouvons malheureusement pas le mettre en ligne pour des questions de droit mais nous vous donnerons l’adresse youtube sur demande. J’espère que ce projet trouvera auprès de vous un écho favorable ! Lise BARON Aurélien BONNET

Si vous souhaitez prendre contacta avec Lise BARON et Aurélien BONNET voici l’adresse mail : eprouvante.eprouvette@gmail.com

Autoconservation des ovocytes – appel à témoignage

Madame, Monsieur, bonjour,
Doctorante en anthropologie sociale à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociale) et à l’Ined (Institut Nationale d’Etudes Démographiques), je mène une recherche sur l’autoconservation ovocytaire en France, sous la direction de Mme. Virginie ROZÉE – chargée de recherche à l’Ined.

 

[Appel à témoignage]

Bonjour,


Doctorante en anthropologie sociale à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris et à l’Institut National d’Études Démographiques (Ined), je mène une étude sur la préservation de la fertilité. Je cherche donc à rencontrer des femmes qui ont déjà eu recours, qui recourent actuellement, ou qui vont avoir recours à la congélation de leurs ovocytes quelle que soit la raison.

Votre témoignage serait l’occasion de participer à l’avancement des connaissances sur le recours à l’autoconservation ovocytaire, qui est très peu étudié en France ; et de partager votre expérience et votre histoire à ce sujet

Cet échange sera totalement anonyme et confidentiel. Vous pouvez d’ailleurs choisir de ne pas révéler votre véritable nom. Un pseudonyme est suffisant. Je peux vous rencontrer en face-à-face (au lieu et au jour qui vous conviendront le mieux) ou par Skype. 

Si vous souhaitez raconter votre expérience, vous pouvez me contacter par email ou par téléphone. Vous trouverez mes cordonnées ci-dessous. 

Je reste également à votre disposition si vous souhaitez plus d’information sur mon projet de recherche.

Cordialement,

Yolinliztli PÉREZ HERNÁNDEZ

yoliolotl@gmail.com

yoliolotl@gmail.com/yolinliztli.perez@ehess.fr

yolinliztli.perez-hernandez@ined.fr

Doctorante en Antropología social en la École des Hautes Études de Sciences Sociales y en el Institut national d’études démographiques (EHESS/INED-Paris)
ResearchGate: https://www.researchgate.net/profile/Yolinliztli_Perez
Academia.edu: https://ehess.academia.edu/YolinliztliPérezHernández
IIAC-EHESS: http://www.iiac.cnrs.fr/article3135.html
INED : https://www.ined.fr/en/research/research-teams/UR14

La fin de l’anonymat du don c’est pour 2020 !?

Aujourd’hui, le rapporteur Jean-Louis TOURAINE (député LREM de Lyon) de la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique rend son rapport. Jean-Louis TOURAINE et Xavier BRETON lui-même président de cette commission, ont auditionné, sur différents sujets relatifs à la révision de la loi de bioéthique de nombreuses personnes, professionnels et représentants d’associations. Pour rappel, BAMP a été auditionné sur la préservation de la fertilité et l’autoconservation des ovocytes. Et oui, nous n’avons pas pu donner notre point de vue sur ces questions du don de gamètes, en dehors de notre contribution au CCNE au printemps. Les deux représentants des associations d’adultes nés grâce à un don de gamètes ont été auditionnés ensemble, vous pouvez retrouver la vidéo ici.

Voici la position de Jean-Louis TOURAINE au sujet du don de gamètes, extraits de l’article de LA VIE (publication du rapport de la mission d’informations).

« Nous avons beaucoup réfléchi sur la question de l’accès aux origines. Il est dommageable de maintenir dans le secret des enfants nés grâce à un tiers donneur. Il faut donner la possibilité à ces enfants d’avoir accès à des informations sur leur origine ». Donc en pratique qu’est-ce qui a été imaginé ? Pour le don de spermatozoïdes, pour le don d’ovocyte, pour le don d’embryon, pour les tentatives d’AMP réalisées à l’étranger ? Pour les tentatives réalisées hors cadre sanitaire ? 

Les nouveaux parents et futurs parents par don de gamètes, sont dans leur grande majorité convaincu que le secret au sujet de la conception est délétère, nos enfants ne sont donc pas élevés de la même manière, ni dans le même contexte psycho-social que ceux des générations précédentes. La culpabilité des parents vis à vis de l’infertilité et les conflits psychiques, sociaux et culturels sont mieux traités en amont du don pour que les parents ne reproduisent pas ce que les premières générations de parents ont fait. Et tout cas, c’est ce que nous conseillons aux personnes qui s’adressent à nous. (voir ici nos précédents écrits à ce sujet).

Un peu plus loin, toujours dans l’article de LA VIE, Jean-Louis TOURAINE précise :  « Nous désirons faire établir l’intérêt prioritaire de l’enfant, quel que soit le mode de sa conception. Tous, qu’ils soient nés de PMA dans un couple hétérosexuel ou homosexuel, ou encore nés de GPA à l’étranger, doivent bénéficier des mêmes droits, de la même absence de discrimination et de la reconnaissance de leurs vrais parents, c’est à dire ceux qui les élèvent et les aiment. Pour la PMA, nous préconisons une déclaration commune anticipée de filiation, qui serait effectuée au même moment que le consentement à réaliser l’AMP, chez le notaire. Cela permet de prendre pleinement en compte l’acte d’engagement des deux membres du couple, qui seront les parents. Cette déclaration valable pour tout recours à un tiers donneur, sera portée en marge de l’acte intégral d’état civil, chez les couples hétérosexuels ou homosexuels. Cela nécessite une modification des règles d’accès à l’état civil afin que seuls les parents et l’enfant devenu majeurs puissent accéder à l’acte intégral ». 

La semaine passé, c’est Agnés BUZYN qui annonçait sur BFM que le texte de loi « n’est pas totalement rédigé » mais les idées sont déjà bien élaborées sur la levée de l’anonymat des donneurs (les donneuses n’existent pas dans le discours public) : « C’est quelque chose, qui de toute façon est dans l’air du temps de tous les pays. Attention cela ne veut pas dire que l’on choisira un donneur de spermatozoïdes en fonction de son nom, de son origine, enfin voilà. Cela veut dire qu’un enfant à l’âge de 18 ans pourra éventuellement retrouver le donneur de gamètes sans que cela ne procure aucun droit ».  

Bourdin : « Donc il y aura levée de l’anonymat ? »

Buzyn : « Mais je voudrais que l’on revienne pratiquement sur ce que cela représente. Cela veut dire que des enfants nés, d’un don en 2020, puisque la loi sera promulguée et avec les décrets en 2020. Pourra à l’âge de 18 ans c’est à dire en 2038, se retourner vers son donneur pour essayer de savoir quels sont ses origines et pouvoir se construire. Or en 2038, nous savons que les bases de données génétiques à travers le monde, en fait seront très accessibles. Et la question sera probablement un peu obsolète. C’est déjà le cas, aujourd’hui aux Etats-Unis ou des gens retrouvent leur donneurs de spermatozoïdes, ou des frères ou des demi-frères uniquement en analysant des banques de données de génétiques. C’est déjà aujourd’hui accessible« .

Vous remarquerez que le discours public est concentré sur les aspects masculins du sujet : le donneur, les frères, le don de spermatozoïdes…. Comme si les donneuses n’existaient pas, comme si les couples donneurs d’embryons n’existaient pas. Où que la question n’ai pas été pensée, qu’elle soit traitée que sous cet angle masculin. Il va falloir nous expliquer comment pouvoir « se tourner vers son donneur à 18 ans permet de se construire » en tant qu’individu ? C’est dans l’enfance, la petite enfance, que les choses doivent être dites, que les rapports de confiance, de transparence au sujet du don doivent être dites, non à 18 ans. Par ailleurs faire fantasmer un enfant pendant 18 ans autour d’une potentielle rencontre avec LE donneur, nous semble vraiment odieux, si l’on se place du point de vue du développement psychique et social d’un enfant. Ne pas interroger les parents actuels, sur leurs pratiques actuelles d’éducation de leur enfant nés grâce à un don, ne permet pas d’apporter de la nuance au point de vue évoqué par Madame BUZYN. C’est assez inquiétant, d’ignorer à ce point, les conséquences psycho-sociales que risque de provoquer cette modification de la loi, sans une large concertation avec tous les acteurs.

Dans cet entretien madame BUZYN s’est dit « contre la rémunération du don de soi » au sujet de la rémunération des donneurs……rien sur les donneuses ? Elles existent les donneuses ? 

De plus, à partir de fin janvier « le gouvernement va organiser des séminaires thématiques pour présenter de façon approfondie aux parlementaires les sujets qui seront abordés dans le projet de loi bioéthique. L’objectif étant de permettre un débat apaisé sur des questions d’une redoutable complexité« . Source Olivia ELKAIM journaliste à La VIE. Donc si vous souhaitez discuter de ces sujets et notamment du don de gamètes avec votre député-e, vous avez encore quelques semaines devant vous pour lui demander un entretien et lui expliquer votre point de vue. De notre côté, aucune de nos demandes d’audiences auprès de la ministre de la santé, des députés, du 1er ministre, n’a reçu de réponse. Le projet de loi doit être déposé avant la fin mars au Conseil d’Etat et sera discuté et voté au parlement avant l’été 2019. Tout semble indiquer que la loi va changer et que les donneurs, donneuses et couples donneur d’embryon ne pourrons plus être anonymes. 

BAMP a depuis 5 ans informé et accompagné, sans jugement, en respectant la liberté de chacun à faire ses choix de vie, ses choix de parcours de don de gamètes (anonymat, non anonymat, don croisés, double don, don d’embryon, en France, à l’étranger), toutes les personnes (couples et femmes seules) qui s’interrogeaient et faisaient appel à nous. Nous continuerons à le faire sur les mêmes bases : respects des choix individuels, non jugement, informations la plus exhaustive possible, sans chercher à imposer quoi que ce soit, que la loi change ou pas. 

Il semblerait que le point de vue de notre association ne soit pas légitime à s’exprimer et qu’il soit sujet à beaucoup d’interprétations, d’instrumentalisations, voir de calomnies qui visent a attribuer à BAMP une volonté de lutter contre les droits des adultes nés d’un don. Ce qui n’est pas cas. Nous pensons pourtant être légitimes à pouvoir exprimer des nuances face au discours dominant sur ce sujet, à participer, comme tous les autres acteurs concernés, aux réflexions et débats. Les enfants nés d’un don de gamètes ne naissent pas par génération spontanée, ils ont des parents qui les éduquent. Les politiques de notre pays et certains adultes nés d’un don de gamètes nous disent que non, qu’il faut faire sans les parents.

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/agnes-buzin-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-1130628.html

Vers 7 minutes 40

 

AMP sans frontières : une pré-enquête prometteuse !

Retour sur la présentation des résultats, présentés vendredi 7 décembre, de la pré-enquête CAP AMP, l’AMP sans frontières. Pré-enquête à laquelle vous avez été nombreux à apporter votre contribution. MERCI ! Cette enquête a été lancée lors de la Semaine de Sensibilisation à l’infertilité organisée par BAMP. Virginie Rozée et Louise Rolland-Guillard étaient présentes aux événements organisés par BAMP à Toulouse, Nantes et Paris pour présenter l’enquête et rencontrer directement les personnes potentiellement répondantes. 

 

Vous avez été 419 à remplir le questionnaire qui avait été mis en ligne pendant quatre mois. Les chercheuses, Virginie ROZEE, Louise ROLLAND-GUILLARD, Elise de La Rochebrochard sociologues à l’INED (Institut Nationale d’Etudes Démographiques) s’attendaient à beaucoup moins. Elles ont été surprise de ce nombre important de réponses. Il faut dire que le sujet du recours à l’AMP hors de France, n’est pas documenté, les chiffres sont inconnus ou estimés à la louche. Les associations peuvent dire « beaucoup de monde » quitte la France pour faire une AMP à l’étranger. Mais rien de précis. Cette enquête à l’ambition de mieux comprendre d’un point de vue quantitatif et aussi qualitatif le recours des résidents français à l’AMP à l’étranger. Dans les médias, les déplacements des patients en AMP vers l’étranger sont encore trop souvent qualifié de « tourisme procréatif » terme que nous avons toujours dénoncé.

Les personnes ayant répondu à la pré-enquête « CAP AMP, l’amp sans frontière partent à l’étranger soit pour réaliser :

  • une FIV classique,
  • une FIV DPI,
  • une IAD,
  • une FIV avec don de gamètes (ovocytes, spermatozoïdes),
  • un TEC double don ou  recevoir un don d’embryon,
  • mais aussi pour une auto-conservation de vos ovocytes,
  • ou encore une GPA.

Virginie ROZEE et ELise de La Rochebrochard avaient déjà travaillé sur ce sujet, mais en touchant un tout petit échantillon de personnes, via des questionnaires transmis par les centres d’AMP à l’étranger. Voir ici les résultats. Elles avaient recueillis à l’époque 140 questionnaires. Il est notable de constater que la stratégie qui a consisté à « recruter » les répondants, via internet à très bien fonctionné puisque en 4 mois 419 questionnaires ont été remplis. 

Il est donc très encourageant de procéder comme ça pour l’enquête future. Elle se fera aussi en recoupant ces données avec celles contenues dans les registres AMP de chaque pays et avec les registres des cliniques étrangères qui participerons à l’enquête. Beaucoup de données qui permettrons enfin de quantifier les déplacements et des les qualifier aussi. 

 

 

Il manque des travaux scientifiques de grande ampleurs qui permettent à la fois de donner le nombre de personnes qui se déplacent hors de France et aussi d’illustrer qualitativement les motifs, motivations, raisons qui poussent un nombre important de Français et de Françaises à se rendre à l’étranger pour recourir à une AMP. Est-ce pour des raisons légales (dépassement de l’âge légal autorisé ? Dépassement du nombre de tentatives d’AMP déjà réalisées ? Céliba ? Homosexualité ? ), ou pour des raisons d’accès à des soins d’AMP non réalisables en France ? Pour la raison des délais imposés en France pour certains soins ? Bref, il est important en 2018 de connaitre et d’argumenter les raisons qui poussent un certain nombre, qu’il faut aussi pouvoir évaluer, de Français à se rendre à l’étranger pour bénéficier d’une technique d’AMP.  Dans l’image suivante vous pouvez voir les pays fréquentés, plus le trait est gros, plus le nombre de personnes (qui ont répondu au questionnaire) s’y rendant est important. 

Cette pré-enquête, prometteuse pourra se poursuivre si l’équipe de l’INED AMP sans frontière, obtient le financement nécessaire pour la réaliser, en 2020. Un dossier de demande de financement a été déposé à l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) qui permet de financer de multiples projets de recherche. Si les financements sont obtenus, vous serez de nouveau sollicité pour répondre à l’enquête, mais aussi pour participer à sa diffusion dans vos différents réseaux pour que le plus grands nombre de personnes concernées puissent y répondre.

Mais revenons déjà sur les résultats de cette pré-enquête en résumé : 

  • 90% des personnes qui partent, le font pour recevoir un don de gamètes
  • 93% des répondants sont des femmes
  • Dans les couples hétérosexuelles, seules les femmes ont répondu. Comment toucher les hommes hétérosexuels ?
  • L’Espagne est la 1ère destination pour la FIV, le DPI et l’autoconservation des ovocytes. Elle arrive en deuxième position pour les inséminations artificielles
  • La Belgique est la première destination pour l’insémination artificielle et la deuxième pour la FIV, comme la République Tchéque

Un autre objectif de cette journée, était de travailler dans différents ateliers dans la perspective de la mise en route de la « grande » enquête. 
Cette journée qui a rassemblée des médecins français et espagnoles (Perrine MASSART de Nantes, Françoise SHENFIELD, Fleur POISOT), des représentants d’associations (MamaSolo, BAMP, CLARA), des sociologues (Iréne THERY, Martine GROSS), des psychologues et psychanalystes (Genevière Delaisy de Parseval), des représentants des cliniques étrangères, à permis de faire travailler ensemble ces différents acteurs, ce qui est assez rare pour le souligné. 

Nous avons insisté sur la nécessité de rendre attractif et ergonomique le questionnaire pour permettre au plus grand nombre d’avoir envie d’y répondre. Ainsi que sur la nécessité de structurer la communication et la visibilité de l’enquête pour permettre sa diffusion la plus large possible. Car un des défauts d’internet, c’est que les publications vont vite, et que les lecteurs même s’ils sont concernés ne prennent pas forcément le temps d’y répondre. Ce que nous voyons sur le graphique qui présent les pics de réponses. Nous avons aussi conseillé de mettre en place une page facebook dédiée à cette enquête pour faciliter la visibilité, les partages, les relances. 

Rendez-vous en 2020, si l’équipe CAP AMP : AMP sans frontière obtient le financement, mais avec ces premiers résultats, il serait surprenant qu’elle ne les obtiennent pas !