Un petit + pour votre prochain transfert ?

Chaud devant, je découvre ce jour un article non seulement intéressant mais qu’on peut (selon moi) mettre en oeuvre sans trop de risque.

Il s’agit de ce qu’on a toutes (ou presque) dans notre sac à main : l’ibuprofène !

Selon une étude récente, prendre 1 ibuprofène (pas 15, ni la boite, on a dit 1 seul) aurait un effet positif lors d’un transfert d’embryon en terme de grossesse et d’implantation. Rien d’extravagant mais selon les chercheurs, quelques pourcentages de chance en plus.

Cet article redonne la pêche pour plein de raisons : les recherches continuent et continuent encore pour notre plus grand bonheur (on se sent moins seule) et les progrès (même petit) nous font chaud au cœur (surtout celui-ci qu’on peut mettre en œuvre sans passer par 15 médecins pour avoir une ordonnance !).

Alors voilà, je partage cette info qui nous donne un petit espoir en plus parce que soyons franches, c’est tout ce qu’il nous reste !! 😉

http://pourquoi-docteur.nouvelobs.com/FIV—un-traitement-par-ibuprofene-ameliore-le-resultat-4016.html#

Deux enfants nés d’un don d’ovocytes vitrifiés au CHU de Montpellier (Le Figaro, 05/09/13)

Un article rédigé par Guillaume Mollaret pour le Figaro nous informe des 1ere naissances cet été de bébés nés d’un don d’ovocyte vitrifié.

Une grande première en France, un vrai progrès par la technique de congélation ultra rapide qui permet à la fois une décongélation avec moins de dégâts et un confort pour la donneuse et la receveuse qui n’ont pas à synchroniser leurs cycles respectifs. De plus, la vraie nouveauté c’est la pratique de la congélation d’ovocyte et non pas d’embryon, et qui permet donc le transfert d’un embryon frais à chaque fois et non d’un embryon congelé/décongelé!

Deux enfants nés d’un don d’ovocytes vitrifiés

Par figaro iconGuillaume Mollaret – le 05/09/2013
Ces naissances, une première, ont eu lieu cet été au CHU de Montpellier

Cet été, le service de gynécologie-obstétrique du centre hospitalier universitaire de Montpellier a réalisé une première en donnant naissance à deux ­enfants issus d’ovocytes vitrifiés après un don.

«L’avantage de cette technique est qu’elle permet une meilleure programmation des tentatives de fécondation in vitro en fonction des besoins des couples receveurs, maximisant leur chance d’obtenir une grossesse», précise le Pr Hamamah, chef du département de biologie de la reproduction au CHU. À la différence des techniques précédentes où l’ovocyte est congelé très lentement, lors de la vitrification, les gamètes sont plongés directement dans l’azote liquide.

«La vitrification d’ovocytes issus d’un don permet une préservation totale de l’anonymat de la donneuse. Le couple receveur d’ovocytes ne risque pas de la croiser dans les couloirs de l’hôpital», résume le Pr Samir Hamamah. Plus efficace que les autres techniques, la vitrification apporte d’après ce dernier une garantie éthique supplémentaire au don d’ovocytes.

Cette pratique demeure largement méconnue et en déficit par rapport à la demande dans l’Hexagone. À tel point que le professeur languedocien n’hésite pas à conseiller aux couples de se rendre en Espagne, où le don d’ovocytes est rémunéré et donc plus répandu.

«Plus de confort à la donneuse»

La nouveauté est bien que l’ovocyte est issu d’un don car cette technique de conservation, très récente en France, avait déjà connu des succès par le passé. Elle existe par exemple au ­Japon depuis 1999 et dans l’Hexagone depuis 2012. Un retard français lié à une interdiction levée en 2011 par la révision des lois bioéthiques.

148 ovocytes matures issus d’un don ont ainsi été recueillis par l’hôpital de Montpellier. «La vitrification permet plus de confort à la donneuse qui peut….LA SUITE est ICI sur le site internet du FIgaro.

3 parents pour un bébé

Je sais bien que ce genre de chose n’est pas pour demain en France (après ils se demanderont pourquoi on part à l’étranger pour avoir une chance de fonder une famille) mais je trouve ça formidable qu’ailleurs la recherche continue.

Voici un article que je viens de trouver sur le sujet et intitulé « 3 parents pour un bébé ».

 

Possibilité de banques d’ovocytes grâce à la vitrification

L’article suivant à été publié par le Professeur Barrière, sur la congélation des ovocytes et les raisons pour lesquelles cela permet d’envisager l’établissement de banques d’ovocytes.

L’article se trouve ici sur le site des JTA.

Celle-ci, a été techniquement longue à stabiliser et à fiabiliser, les évolutions techniques se sont étalées sur plus de 20 ans.

Dès lors que ce pas, a été acquis, des réflexions techniques, sociologiques et philosophiques se sont ouvertes à propos des utilisations possibles de la congélation ovocytaire et donnent lieu à des débats importants, tant chez les professionnels de l’AMP que dans la société.

Les réponses actuellement apportées varient selon les pays et correspondent aux sensibilités politiques et des populations.

* Aspects techniques :

L’essentiel des données bibliographiques majeures reposent sur les travaux de deux équipes européennes.
Ceux de Laura Rienzi de Rome ont été développés au moment où les équipes italiennes n’étaient pas autorisées à inséminer plus de trois ovocytes de mars 2004 à mai 2009.

Les travaux d’Ana Cobo au sein du groupe IVI en Espagne ont été justifiés par une pratique importante du don d’ovocyte. A fin octobre 2011, les différents centres IVI ont vitrifié plus de 97000 ovocytes (A Cobo, communication personnelle).

Une étude prospective randomisée chez des couples en ICSI a comparé le devenir d’ovocytes de la même patiente soit inséminés lors du recueil, soit vitrifiés et décongelés ultérieurement si les ovocytes frais n’avaient pas permis l’obtention de la grossesse attendue.

Le taux de survie des ovocytes a été de 96.8% et le taux de fécondation et le développement embryonnaire n’étaient pas différents entre les ovocytes frais et vitrifiés.
Le taux de grossesse évolutive après vitrification était satisfaisant à 30% par cycle.

L’efficacité de la méthode sera validée sur une série plus large qui analysera le taux cumulatif de grossesses après transferts frais puis un ou deux cycles de décongélation d’ovocytes vitrifiés .

Seul l’âge de la femme influence négativement les résultats.

L’efficience de la vitrification embryonnaire dans un programme de don d’ovocytes a été prouvée dans une étude randomisée et contrôlée sur 300 transferts issus d’ovocytes frais versus 300 transferts issus d’ovocytes préalablement vitrifiés .

La vitrification a pu être jugée plus efficace que la congélation lente vis à vis du taux de survie après décongélation, de l’intégrité du DNA, de l’analyse du fuseau mitotique malgré l’absence d’alignement plus fréquent entre le fuseau méiotique et le globule polaire.

* Aspects de la sécurité sanitaire :

La majorité des équipe ont obtenu de meilleurs résultats en vitrification avec des systèmes ouverts qui exposent directement le matériel biologique vitrifié à l’azote liquide.

L’obtention d’azote liquide stérile reste actuellement expérimental. Afin de ne pas maintenir un contact direct avec l’azote liquide, un stockage dans la vapeurs d’azote a été proposé et validé.

Cependant une étude a été conduite concernant des ovocytes et embryons vitrifiés provenant de patientes séropositives : 6 pour l’HIV, 11 pour l’hépatite C, 6 pour l’hépatite B et une patiente co-infectée B et C. Aucune séquence virale n’a pu être observée dans les liquides folliculaires, les milieux de culture et l’azote liquide utilisé pour la vitrification.

Dans cette étude, les matériels de vitrification étaient ouverts .

Il n’a par ailleurs pas été décrit de contamination croisée par les méthodes de décongélation tant en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire.

* Application cliniques :

Une revue générale confirme l’efficience de la vitrification ovocytaire pour l’utilisation d’une banque de dons d’ovocytes. Elle recense 1051 cycles de dons à IVI et 168 cycles à Atlanta. Les taux de grossesse par transfert sont respectivement de 55.4% et 56.5%

Cinq études randomisées et contrôlées ont été reprises dans une méta-analyse. Elles incluent 4282 ovocytes vitrifiés, 361 ovocytes congelés en congélation lente et 3524 ovocytes frais. Les taux de survie, de fécondation et le développement embryonnaire apparaissent meilleurs après vitrification qu’après congélation lente.

* Applications en cancérologie et préservation de la fertilité :

La vitrification ovocytaire permet d’ouvrir un nouveau champ de la préservation de la fertilité, notamment pour les femmes non en couple.

Elle permet pour les couples mariés de conserver des gamètes plutôt que des embryons. Cela réduit les conséquences éthiques de la situation, notamment en cas de séparation du couple ou décès de l’un d’entre eux. Elle ne fige pas la situation conjugale où le lien entre les deux partenaires pourrait se limiter à l’existence d’embryons communs.

Cette méthode nécessitera de disposer d’un relatif temps oncologique avant les traitements stérilisants afin de conduire la procédure de stimulation et de recueil. Le prélèvement d’ovocytes immatures sans stimulation est théoriquement possible mais se heurte aux limites techniques et probablement épigénétiques de la maturation in vitro.

* Applications sociales :

Dès 2004, une compagnie nord américaine (Extended Fertility) a proposé la conservation d’ovocytes des femmes jeunes afin de pouvoir retarder ou mettre en place plus tardivement leur projet parental.

Les questions éthiques soulevées sont nombreuses et différents concepts sont avancés : responsabilité, choix individuel, autonomie de la personne soignée, principe de bienfaisance.

A l’inverse, on souligne l’absence de validation définitive de la méthode, le grand nombre d’ovocytes nécessaires à l’obtention d’une naissance (mais les chiffres disponibles concernent pour la plupart une population plus âgée et infertile). On soulignera aussi un excès de techniques médicales dans la procréation et des actions contraires à l’ethnologie habituelle de la reproduction. La naissance d’espoirs potentiellement injustifiés est probable et les risques augmentés des grossesses tardives sont certains.

Une éducation médicale plus efficace pourraient être une alternative à la demande de grossesses tardives.

Certains auteurs interrogent à juste titre le rêve d’immortalité et sur l’évolution du projet parental des couples appartenant souvent aux classes sociales et éducatives élevées. Le fait de repousser le projet parental pourrait être l’expression d’une relative immaturité à devenir parents. Une partie des couples et de la population générale manifeste une confiance excessive tant dans les possibilités de grossesses naturelles que dans l’efficience de l’AMP.

* Conclusion :

L’apport technologique de la congélation et la vitrification ovocytaire permet de faciliter la gestion du don d’ovocytes en créant des banques d’ovocytes permettant de dissocier les cycles de dons des cycles des femmes receveuses. Cette technologie ouvre par ailleurs un champ de préservation de la fertilité pour les femmes bénéficiant d’un traitement stérilisant mais aussi pour des souhaits personnels de différer leur parentalité. Une modélisation concernant l’efficience de trois cycles de congélation à l’âge de 35 ans permettrait un taux de naissance vivante à 45 ans de 84.2%, tandis qu’une attitude expectative donnerait 51.2% et la mise en place de la FIV à 40 ans 63.5% (16).

Le débat ne fait que commencer et les décisions des soignants, de la société et des politiques feront l’objet de très probables vives discussions dans les années à venir.

Paul BARRIERE – Sophie MIRALLIE – Thomas FREOUR.
CHU NANTES
Source : Les JTA

La vitrification des embryons est une nouvelle technique de congélation ultra-rapide qui garantit un taux de survie de 9 embryons sur 10. Cette méthode permet plus de TEC et donc redonne de l’espoir à des couples pour qui les fécondations in-vitro étaient jusque là un échec.

Une vidéo en date du 16 janvier 2012:

http://videos.tf1.fr/jt-20h/2012/la-vitrification-un-espoir-pour-la-fecondation-in-vitro-6936713.html

Congélation ultra-rapide versus Congélation lente.

Congélation « lente » ou congélation ultra-rapide, autrement appelée vitrification ? Avons nous tous accès à la dernière technologie qui permet d’abîmer le moins possible nos embryons si difficilement obtenus ? sommes nous tous égaux face à l’accès au progrès des techniques d’AMP?

Voici un article de Christophe SIFER sur le sujet:

Congélation ultra-rapide versus congélation lente : techniques et résultats

Depuis fin 2010, après expertise de la littérature faisant état à la fois de la supériorité de cette méthode en termes de survie des embryons et de son innocuité pour les enfants nés, l’Agence de Biomédecine a validé la vitrification embryonnaire comme amélioration technique de la congélation lente (CL).

De plus, en 2011, la révision de la loi de bioéthique a autorisé en France le recours à la vitrification des ovocytes dans un cadre restreint à l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) ainsi qu’à la préservation de la fertilité des patientes soumises à un traitement stérilisant.

Le but de ce travail est donc d’effectuer une revue bibliographique comparant les données disponibles dans la littérature quant à l’efficacité de la vitrification et de la CL concernant l’embryon et l’ovocyte.

Comparaison des principes et méthodes de congélation :

Le principe de la congélation, que ce soit pour l’ovocyte ou l’embryon repose sur le passage de l’eau intra et extra cellulaire de l’état de phase liquide à l’état solide en utilisant des agents moléculaires dits cryoprotecteurs (CPs). Le rôle majeur de ces CPs sera de se substituer à l’eau intracellulaire (CPs pénétrants) en créant un gradient osmotique à l’aide d’un sucre non pénétrant (en général, le sucrose). Les différences techniques entre la CL et la vitrification.

Brièvement, la CL des embryons repose sur une descente lente en température de 20°C à – 30°C après exposition longue à des concentrations faibles et croissantes en CPs (protocole le plus fréquent : 1,5M propane 1-2 diol, sucrose 0,1M ; -2°C/minute de 20°C à -7°C, cristallisation induite (seeding), -0,3°C/minute de -7°C à -30°C puis plongée dans l’azote liquide). Le même protocole de CL a longtemps été utilisé pour les ovocytes mais une augmentation de la concentration en sucrose à 0,2 ou 0,3M a montré sa supériorité (Gook and Edgar. 2007). Dans tous les cas, la CL utilise un support fermé évitant le contact direct entre l’échantillon et l’azote liquide. La CL du fait des concentrations faibles en CPs induit un passage de l’eau en phase cristalline.

La cristallisation aléatoire de l’eau dans l’échantillon congelé est principalement responsable du phénomène de lyse partielle ou totale de l’ovocyte ou embryon congelé, observée au décours de la décongélation et va définir les paramètres qualifiant l’efficacité biologique de la procédure de congélation, à savoir principalement : le taux de survie intacte (TSI) (% d’ovocytes et/ou embryons ayant résisté totalement), le taux de survie (TS) (%d’embryons dont au moins 50% des blastomères ont résisté).

La vitrification (ovocytaire et embryonnaire) consiste en une exposition très brève de l’échantillon à une concentration élevée en CPs (protocole le plus fréquent (dit de Kitazato) : exposition de l’échantillon aux CPs (DMSO, Ethylène Glycol) (i) à 7, 5%/7,5% v/v jusqu’à équilibration pendant quelques minutes puis (ii) aux concentrations » vitrifiantes » de 15%/15% v/v associées à 0,5M de sucrose pendant moins d’une minute, temps de dépôt d’un micro volume (0,1 µl) contenant l’échantillon sur son support inclus, avant plongée dans l’azote liquide.

A ce stade, la descente en température de 20°C à – 196°C, de toute façon ultra rapide, dépend du type de supports utilisés. En effet, selon que l’on utilise des systèmes dits ouverts (contact direct de l’échantillon avec l’azote liquide) ou fermés (absence de contact direct avec l’azote liquide), la vitesse de descente en température sera de – 20 000°C/minute et de –2 500°C/minute, respectivement.

Cette notion a son importance. En effet, plus la vitesse de refroidissement est rapide et plus on évite le réarrangement moléculaire de l’eau, en l’occurrence la formation de cristaux de glace. Ce passage « prolongé » à la phase cristalline pourrait influer sur l’efficacité de la procédure de vitrification en termes de survie de l’échantillon congelé, et notamment pour l’ovocyte, cellule thermosensible par excellence et très riche en eau.

Efficacité comparé de la CL et de la vitrification concernant les embryons :

Il est démontré que l’aptitude d’un embryon à s’implanter lors de son transfert intra-utérin et après avoir subi le processus de congélation/décongélation se résume à sa survie et ainsi, plus il a survécu de façon intact, plus ces chances sont bonnes (Edgar et al., 2007). L’efficacité biologique de la congélation embryonnaire par CL versus vitrification a été étudiée et il a été montré qu’à la fois le TS et le TSI étaient améliorés significativement en faveur de la vitrification et ce, à tous les stades du développement embryonnaire.

En effet, une méta analyse récente montre qu’aux stades précoces (Jours (J) 2 ou 3), le TS était respectivement de 84% après CL et 98% après vitrification (Loutradi et al.,2008). Cette différence était significative (p=0.0002). La même étude montrait une différence encore plus importante (75 vs. 90% ; p3 (à J2) et >6 (à J3) blastomères et <30% de fragmentation cytoplasmique (dépourvus de blastomères multinucléés). Les étapes de congélation et décongélation ont été effectuées en utilisant les kits Irvine et les paillettes CryoBioSystem en suivant les instructions des fabricants. Les données obtenues ont été comparées à une série rétrospective de 189 cycles de décongélation après CL effectuées de Janvier à Octobre 2010 en utilisant les kits Medicult. Seuls les rangs 1 et 2 de décongélation embryonnaire ont été inclus.

Le critère de jugement principal était les TS et TSI. Le critère de jugement secondaire était le taux de grossesse clinique, défini comme la présence d’un sac gestationnel intra-utérin avec activité cardiaque.

Au total, 87 et 412 embryons ont été décongelés après vitrification (1.50 +/- 0.63 par décongélation) et CL (2.18 +/- 1.35), respectivement (p=0.0002). Nous avons observé une différence hautement significative respectivement des TS et TSI après décongélation des embryons vitrifiés lorsque comparé aux embryons décongelés issus d’une CL (98.3 +/- 13.1% vs. 77.3 +/- 32.0%, p<10-4 ; 88.2 +/- 28.3% vs. 47.7 +/- 41.4%, p<10-4). Par ailleurs, le taux de grossesses par cycle de décongélation embryonnaire était respectivement de 32.7% (19/58) et 18.5% (35/189) (p=0.03) en faveur du groupe des embryons décongelés après vitrification. Nous avons également fait état de la première naissance française par cette technique (Sifer et al., 2011).

Efficacité comparé de la CL et de la vitrification concernant les ovocytes :

La problématique de la congélation de l’ovocyte est liée à sa forte teneur en eau, ce qui rend cette cellule très sensible aux variations de température. Ainsi, pratiquement toutes les données disponibles comparent les issues biologique et clinique des ovocytes frais avec celles des ovocytes ayant subi la vitrification en système ouvert, système permettant en théorie de minimiser le temps de passage à la phase cristalline. Une issue comparable des ovocytes frais ou vitrifiés a été rapportée dans plusieurs études prospectives randomisées, que ce soit pour le modèle du don d’ovocyte (Cobo et al. 2008 ; Cobo et al., 2010) ou les ovocytes vitrifiés au décours d’un programme d’AMP intraconjugal (Rienzi et al., 2010). Pour ces études, le TSI des ovocytes vitrifiés en système ouvert était supérieur à 95% et leur mise en fécondation par ICSI aboutissait aux mêmes résultats que ceux obtenu avec les ovocytes frais, en termes de taux : de fécondation, de clivage, de développement en embryons de belle qualité, de grossesse et d’implantation.

La conclusion des auteurs est ainsi que la vitrification des ovocytes en système ouvert aboutit non seulement à un excellent taux de survie des ovocytes congelé mais aussi que ses « compétences » ne sont pas altérées par cette procédure. A l’inverse, une étude prospective longitudinale, incluant les résultats de 234 cycles de FIV/ICSI cumulés avec ceux de 256 cycles de décongélation d’ovocytes congelés par CL avec 0.3M de sucrose, a montré un TSI de 72.8% (Magli et al., 2010). De plus, les auteurs décrivent une altération de l’issue biologique des ovocytes ayant survécu après ICSI avec notamment une qualité embryonnaire et une capacité de développement jusqu’au stade blastocyste significativement diminuée lorsque comparée avec les ovocytes frais. Les auteurs concluent ainsi à une perte de la compétence biologique des ovocytes congelés par CL.

De façon très intéressante, une étude très récente a comparé en utilisant la même méthodologie longitudinale l’efficacité de la vitrification des ovocytes par les systèmes « ouvert » et « fermé ». Ainsi, les issues biologiques de 48 et 49 cycles frais ont été comparées à celles de 51 et 53 cycles de décongélations utilisant un système ouvert (Cryotop) et fermé (Cryotip), respectivement (Paffoni et al., 2011). Les auteurs confirment une issue biologique comparable des ovocytes vitrifiés avec un système ouvert par rapport aux ovocytes frais. Cependant, ils décrivent une diminution significative des taux de fécondation, de clivage et d’obtention d’embryons de belle qualité concernant le recours à une vitrification en système fermé.

Les résultats comparés de l’issue biologique des ovocytes vitrifiés en système ouvert ou système fermé montrent que le TSI est nettement supérieur pour les ovocytes vitrifiés en système ouvert (82.8%) comparé au recours au système fermé (57.9% ; p=0.001). De plus, le taux de fécondation et la qualité embryonnaire obtenu à partir des ovocytes ayant survécu avec le système ouvert sont significativement plus élevés que ceux observés pour les ovocytes survivants au système fermé (Paffoni et al., 2011).

Ainsi, la vitrification des ovocytes en système ouvert semble montrer sa supériorité lorsque comparé à la fois à la CL ou à la vitrification en système fermé. Cependant, ce type de vitrification expose à un risque septique de contamination virale et/ou bactérienne puisque le contact est direct avec l’azote liquide ayant servi à vitrifier.

Ce type de risque est difficile à documenter et s’appuie essentiellement sur le principe de précaution, d’ailleurs extrêmement codifié en France depuis l’affaire du sang contaminé. Ainsi, seul le système fermé est autorisé en France malgré la supériorité attendue du système ouvert. Une possibilité de sécuriser en terme de risque septique le contact direct de l’échantillon à congeler avec l’azote liquide serait peut être de le stériliser par action de rayons ultra violets, comme une étude récente l’a d’ailleurs rapporté (Parmegiani et al., 2011)

Conclusions :

La vitrification embryonnaire, enfin autorisée en France, est un réel progrès dans nos centres d’AMP. En effet, la littérature démontre une nette amélioration de la survie des embryons congelés par cette méthode lorsque comparée à la CL. Ainsi, les embryons congelés sont disponibles à un taux nettement plus élevé qu’après CL pour un transfert intra utérin ultérieur, compte tenu d’une survie approchant les 100%. Elle autorise par conséquent la diminution significative du nombre d’embryons à transférer à chaque cycle, à la fois pour le transfert des embryons frais et celui des embryons congelés, puisque le praticien sait que le risque de perdre des embryons de la cohorte obtenue est proche de zéro.
Ce processus de vitrification embryonnaire modifie ainsi l’ensemble de la prise en charge des patients en AMP par une augmentation des chances de grossesses cumulées et par la réduction du risque de grossesse multiples, et sans risque surajouté pour les enfants nés grâce à cette technique (Wennerholm et al., 2009 ; Wiklands et al., 2010).

La vitrification ovocytaire est assurément un progrès qui révolutionnera nos pratiques, tout en posant de nombreuses questions. Sa supériorité, comparée à la CL, a été démontrée pour le système ouvert même si cette démonstration manque encore de puissance et là aussi, sans risque surajouté pour les enfants nés après congélation ovocytaire (Wennerholm et al., 2009). L’efficacité de la vitrification ovocytaire utilisant un système fermé reste à évaluer sur des séries plus importantes. L’enjeu est d’importance car cette technique offre de multiples applications notamment dans le cadre de la préservation de la fertilité des femmes soumises à des traitements stérilisants, de l’organisation du don d’ovocyte en France.
Elle pose également les questions toutes nouvelles de la place de la congélation embryonnaire à l’avenir et de la préservation de la fertilité dite de convenance, sur lesquelles la société française via la loi de bioéthique de 2011 s’est déterminée, à savoir en faisant tout pour réduire la congélation embryonnaire et en interdisant, pour l’instant, la préservation de fertilité de convenance.

Affaire à suivre….

Cette étude nous démontre par ces résultats et conclusions que la vitrification est une avancée spectaculaire tant pour les embryons que pour les ovocytes.

Cependant, il est encore regrettable que la vitrification ne soit pas encore en place dans toute les PMA en France.

Le même auteur fera une présentation sur « L’apport de la vitrification embryonnaire dans l’efficience d’une FIV » lors des prochaines JTA en Janvier 2014. 

L’article et ses Références bibliographiques sont ici sur le site des JTA (www.lesjta.com)

Vitrification des ovocytes

Voici un article trouvé sur le site TOP SANTE.com, indiqué par TITTOUNETT

Vitrification des ovocytes : le nouvel espoir pour avoir un enfant

Le 02 mai 2012 à 16h55 – Mis à jour le 10 juin 2013 à 17h47 – par Catherine Cordonnier

Pour la première fois en France, un bébé est né grâce à une technique de procréation médicalement assistée basée sur la congélation ultra-rapide des ovocytes.

Vitrification des ovocytes : le nouvel espoir pour avoir un enfant

La technique de vitrification des ovocytes n’est pas nouvelle et a déjà permis la naissance de plusieurs enfants dans le monde (et notamment chez nos voisins belges). Mais jusqu’à présent, cette technique basée sur la congélation ultrarapide des gamètes était interdite en France, seule la méthode dite de « congélation lente » étant autorisée par les lois de bioéthique.

Mais en juillet 2011, la loi de bioéthique est revenue sur cette interdiction, en autorisant désormais la technique de vitrification pour les couples qui doivent faire face à des problèmes de stérilité. La naissance d’une petite Aya, née il y a quelques semaines à l’hôpital Robert-Debré à Paris après la congélation ultra-rapide des ovules non fécondés de sa maman, est donc une première qui apporte une grande bouffée d’espoir aux couples qui ont du mal à avoir un enfant et qui se lancent dans l’aventure de la procréation médicalement assistée. « L’enfant est né naturellement à 36 semaines », rapporte l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Il mesurait 48 cm et pesait 2,980 kg.

Vitrification : une technique plus efficace que la congélation

Par rapport à la congélation lente, la technique de vitrification est plus efficace car la vitesse de refroidissement est si rapide que l’eau contenue à l’intérieur de la cellule n’a pas le temps de se dégrader en cristaux de glace, ce qui ruinerait toute possibilité de fécondation de l’ovule.

La vitrification permet une augmentation considérable de la survie des embryons congelés qui restent intacts, et donc utilisables, une fois décongelés.

« La vitrification permet aujourd’hui de conserver des ovocytes frais non fécondés, et donne la possibilité de préserver la fertilité des patientes », souligne l’AP-HP. Elle apporte aussi un immense espoir aux femmes atteintes d’un cancer car elles pourront préserver leur fertilité et garder l’espoir d’une grossesse, même après un traitement aussi lourd qu’une chimiothérapie. « La perspective d’une grossesse après traitement qui leur était jusqu’alors bouchée est une formidable façon pour elles de s’accrocher à la vie », souligne le professeur Wolf, chef du service d’histologie-embryologie-biologie de la reproduction de l’hôpital Cochin, à Paris, qui a procédé à la vitrification des ovules de la maman d’Aya.

Appel au don de gamètes: une belle initiative toulousaine!

Quand la coopération entre établissements de santé et CECOS porte ses fruits…

Cette campagne de communication en faveur du don de gamètes auprès du grand public date d’avril dernier, mais l’initiative est à saluer!

Déjà parce que la coopération entre établissements n’est pas si fréquente, encore moins en matière d’AMP, mais aussi car ils ont su rassembler autour de cette cause des intervenants inhabituels!

Appel au don de gamètes en Midi-Pyrénées
L’hôpital Paule de Viguier de Toulouse, le Centre d’étude et de conservation du sperme (Cecos) et le centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) du CHU de Toulouse lancent une campagne d’affichage dans le métro toulousain du 8 au 21 avril, en collaboration avec le réseau de transport Tisséo, pour sensibiliser la population au don de gamètes. Aujourd’hui en Midi-Pyrénées, pour 120 couples en attente de dons, on compte 10 à 15 donneurs de spermatozoïdes et deux à quatre donneuses d’ovocytes par an. Environ 50 naissances par an permettent à des couples de fonder une famille grâce aux dons de gamètes.Communiqué de presse CHU de Toulouse, 02/04/13
Une belle initiative dont on pourrait s’inspirer partout en France.

 Si vous avez des idées d’actions de ce type, ou connaissance d’actions passées, en cours ou a venir, n’hésitez pas à nous en faire part et à proposer des projets créatifs pour des affiches très BAMP!