Un biomarqueur pour améliorer les taux de réussite

L’équipe INSERM unité 1203 Inserm/Université de Montpellier, IRB – Hôpital Saint Eloi dirigée par le Professeur Samir Hamamah., cherche depuis des années à améliorer le taux de réussite des FIV en France. Lors d’une conversation que nous avions eu avec lui en 2014, il nous avait dit qu’il ne pouvait pas se contenter d’un taux de réussite de 20% par FIV, qu’il fallait que les couples ne soient plus dans l’accumulation d’échecs dans leur parcours d’AMP.

En septembre 2014, son équipe avait présenté l’embryon en 3D permettant de mieux voir les caractéristiques physiques d’un embryon pour pouvoir mieux choisir celui a réimplanter.

Lors des FFER 2014, Monsieur le professeur HAMAMAH avait présenté aussi son dispositif WIN-TEST qui permettait, via un prélèvement de l’endomètre de déterminer si l’utérus était apte à recevoir un embryon ou pas. Dans la négation, cela permet de vitrifier les ovocytes, pour les réimplanter sur un utérus moins inflammé, lors d’une prochaine tentative. Tout cela dans le but de réduire les échecs et d’augmenter les taux de réussite.

Aujourd’hui, ils proposent un nouvel « outil » de prédiction, via un biomarqueur sanguin ou via le liquide folliculaire. Ils annoncent un pronostic fiable à 88%. Nous pouvons dire que cette équipe travaille depuis des années à l’amélioration des taux de réussite des FIV en France, en proposant des outils censés améliorer les résultats des FIV.

Nous saluons ce nouvel outil en espérant qu’il puisse être réellement efficace. Si c’est le cas, nous souhaitons qu’il soit utilisé partout en France, pour offrir à tous les couples en parcours de FIV des taux de réussite plus élevés.

La semaine prochaine, lors de FFER auxquels Monsieur Samir Hamamah nous a invité, nous allons donc parler plus en détail de ce sujet et des deux autres outils cités plus  haut, pour voir si effectivement les taux de réussite des FIV à Montpellier connaissent une réduction des échecs et si d’autres équipes d’AMP en France sont susceptibles d’utiliser ces nouveaux outils.

Un nouveau biomarqueur pour prédire les chances de succès d’une FIV

14 septembre 2015

Un biomarqueur présent dans le sang et le liquide folliculaire permet de prédire les chances de succès d’une procréation médicalement assistée avec une fiabilité de 88%. Un résultat inédit qui ouvre la voie à un test de routine pour rationaliser les tentatives.

Un biomarqueur pourrait bientôt permettre de connaître les chances réelles de donner naissance à un enfant au moment d’une fécondation in vitro, à en croire les travaux conduit par une équipe Inserm* au CHU de Montpellier. Les chercheurs ont en effet découvert un marqueur biologique identifiable de manière très peu invasive, permettant de savoir si une FIV a de bonnes chances d’aboutir ou non. Le résultat de ce test semble fiable à 88%. Le Pr Samir Hamamah, responsable de ces travaux, l’utilise depuis 2011 : il a ainsi doublé les taux de naissances issus de procréation médicalement assistée dans son service.

A la recherche d’un marqueur biologique

Tout démarre vers 2009, quand le Pr Samir Hamamah ne peut plus se satisfaire des 20% de chances de conception à l’issue de chaque tentative de conception in vitro. « Ce taux est très insatisfaisant. En outre, des milliers d’embryons sont éliminés chaque année sur des critères morphologiques qui ne permettent pas de connaître leur viabilité réelle. Et impossible de rechercher les anomalies chromosomiques chez les embryons en routine, comme cela se fait dans les pays anglosaxons : cette pratique est interdite par la loi française. Il fallait donc partir sur autre chose et trouver un bon marqueur pour réduire le nombre de tentatives se soldant par des échecs et dont le prix est très élevé pour la collectivité », explique-t-il.

POUR LIRE LA suite de l’article c’est par ici sur le site de l’INSERM

Innovation technique pour mieux évaluer la viabilité d’un embryon ?

MErck

Les couples infertiles vont mal, mais l’industrie pharmaceutique qui les « traite » va bien ! Nous déplorons l’augmentation de l’infertilité, mais les labos eux se « frottent » les mains car ils voient leurs chiffres d’affaires augmenter. Cela leur permet de faire de la recherche, de proposer des solutions plus efficaces, des médicaments mieux tolérés, de penser et produire des techniques innovantes pour améliorer les prises en charges médicales des couples infertiles. Mais est-ce que les couples infertiles Français bénéficient de ces innovations proposés par les laboratoires comme Merck-Serono ?

La semaine passée, ce dernier qui produit notamment  le GONAL-F,  (mise sur le marché Européen en 1995) a présenté différents dispositifs techniques censés améliorer les résultats des FIV.

« Gonal-f* réalise plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et représente
18% du chiffre d’affaires de la firme en France, a souligné Pierre-Henry Longeray,
président de Merck Serono France, lors de la conférence de presse. C’est le
deuxième produit le plus important du laboratoire sur le territoire, après
l’anticancéreux Erbitux* (cétuximab), a-t-il noté. »

Faut-il s’en réjouir ? Que faisons-nous pour réduire les causes de l’augmentation de l’infertilité ? Notamment la qualité de notre environnement qui en se dégradant entraine une hausse des situations d’infertilité.

« Outre Gonal-f*, il commercialise Luveris* (lutropine alfa),
Cetrotide* (acétate de cétrorélix), Ovitrelle* (choriogonadotropine alfa), Pergoveris*
(follitropine alfa et lutropine alfa) et Crinone* 80 mg/g (gel de progestérone).« 

« Le laboratoire souligne qu’il est le « seul au monde à proposer une offre complète de
médicaments destinés à traiter les troubles de la fertilité à chaque étape du cycle
reproductif ainsi que des versions recombinantes des trois hormones clés du
traitement de l’infertilité ». 

Un monopole qui donne le vertige, vous ne trouvez pas ?

Merck-Serono leader mondial des troubles de fertilité, communique sur son nouveau produit : EEVA nom d’un dispositif technique (premier produit de leur nouvelle activité « Fertility technologies ») qui doit permettre de mieux « prédire » et de façon plus précoce la viabilité des embryons.

Eeva

Eeva autorisée en France depuis le mois d’avril, c’est en fait une boite de pétri spécifique, un microscope dédié (placé à l’intérieur de l’incubateur) qui va prendre une image toutes les cinq minutes pendant trois jours et surtout un logiciel permettant d’analyser les images prises du développement embryonnaire et de « prédire » grâce à l’analyse croisée de différentes paramètres (biologiques, morphologiques, cinétiques, etc), les capacités de développement ultérieur de tel ou tel embryon, sa capacité à s’implanter. Ce test doit permettre de décider sur des éléments plus objectifs que « l’oeil » du biologiste, quels sont les embryons à transférer.

Il s’agit d’un « test non invasif complémentaire aux évaluations morphologiques
traditionnelles effectuées en laboratoire par des embryologistes », souligne la firme.
Il a été évalué dans une étude clinique prospective multicentrique, publiée dans
Fertility and Sterility en 2013.

En tout cas les déclarations de la société pourraient convaincre les plus récalcitrants des couples infertiles, avec l’augmentation impressionnante des taux de prédiction positive de la viabilité des embryons.

« Cette étude de cohorte a montré que le test Eeva*
permettait de prédire sur des embryons à J3 la formation des blastocystes (J5-J6)
avec une spécificité de 85%. Le taux de faux positifs est passé de 48% à 15% avec ce
test par rapport à la méthode traditionnelle de sélection des embryons basée sur la
morphologie, et la valeur prédictive positive est passée de 34% à 55%, indique le
laboratoire. »

Les quelques jours entre la ponction et le potentiel transfert, sont une étape très stressante pour nombre de couples infertiles : allons-nous avoir des embryons ? Vont-ils bien se développer ? Est-ce que nous allons pouvoir en transférer ? Vont-ils donner une grossesse ?  Car nous sommes encore bien trop nombreux à faire une, deux, voir trois, quatre (et plus) tentatives (FIV et TEC confondus) avant qu’ENFIN un embryon s’accroche (hors de toutes autres pathologies liées à la qualité des gamètes ou à la réceptivité utérine). Juste parce qu’il est difficile pour les équipes de « choisir » l’embryon J2 ou J5 qui aurait le plus de « chance » de s’implanter et de bien se développer. De nombreuses équipes de recherches publiques et privées s’activent pour mieux comprendre les mystères de l’embryon. Merck-Serono apporte un nouvel outil pour tenter de répondre à ces questions.

« Merck Serono va également lancer une étude européenne, incluant des centres
français, sur 1.500 patientes, baptisée TILE, afin de vérifier et confirmer l’intérêt de ce
test ».

Vous allez peut-être vous voir proposé d’intégrer cette étude, à suivre.

« Eeva* est déjà bien implanté en Espagne, où il a été lancé en septembre 2014, et
quelques centres britanniques en sont également équipés, a indiqué à l’APM Lucile Chantegrelet, directrice de la franchise fertilité de Merck Serono, lors de la conférence
de presse. Il commence à s’installer en Italie et en Allemagne, où il a été lancé en
début d’année. Aucun centre français n’est encore équipé, a-t-elle ajouté. »

Nous doutons et regrettons qu’ils puissent s’équiper un jour (sauf si le tarif n’est pas trop élevé). Peut-être que le fait de participer à l’étude TILE permet d’accéder à ce dispositif à moindre coût ? Est-ce que le matériel Eeva est prêté, loué aux équipes Françaises intégrant l’étude ? Est-ce que Merck-Serono installe ces équipes pour que ces derniers gères la technologie Eeva, sans que les équipes Françaises puissent s’en approcher ? Informations que nous aimerions connaitre pour mieux comprendre à quelles sauce nos embryons seront « analysés ».

De plus, Merck-Serono envisage dans un avenir proche, de « lancer, trois nouvelles innovations techniques« . 

GERI  semble le produit le plus prometteur, car il va combiner un incubateur avec système « TIME LAPS », comme il en existe déjà via l’embryoscope (produit par une firme concurrente dont nous vous avions déjà parlé dans un précédent article) avec son système de test prédictif Eeva. L’innovation résidera dans la possibilité d’accueillir dans cet incubateur six boites de pétri, de six couples différents avec six microscopes, un pour chacune des boites de pétri ; limitant ainsi les interactions néfastes (ouvertures des portes, manipulations à l’extérieur, perte de la température constante). Pour rappel dans une boite de pétri, vous avez plusieurs embryons d’un même couple.

Les équipes d’amp françaises ont déjà bien du mal à investir dans des incubateurs avec système TIME LAPS (voir cet article), ce que nous regrettons. En effet très peu d’équipes (trois ou quatre en 2014) en France possèdent ce système, pourtant utilisé dans d’autres pays avec succès. Ce n’est pas demain la veille qu’elles vont pouvoir investir dans cette nouvelle technologie Eeva, qui doit bien couter un petit peu plus cher (à moins que…mais nous n’avons pas d’information sur le prix du système Eeva). Pourtant, nous aimerions vraiment que les taux de réussite des FIV réalisées en France augmentent. Permettant ainsi aux couples de passer moins de temps dans les parcours d’AMP, de moins s’épuiser face à l’accumulation des échecs, de faire faire des économies à la sécurité sociale.

 Les autres nouveautés du laboratoire Merck-Serono sont :

« Gems* est un nouveau milieu de culture dont le marquage CE est attendu pour
l’automne, a-t-elle noté.
Gavi* est « le premier instrument de vitrification au monde à être automatisé », note la
firme. Il permet une standardisation et une homogénéisation de la vitrification
embryonnaire, avec échanges de fluides et scellement automatiques, a précisé la
responsable.
La firme lancera par ailleurs son gel de progestérone Crinone* en septembre en
France. Le produit est disponible depuis de nombreuses années dans d’autres pays,
mais pas encore dans l’Hexagone pour des « histoires d’AMM [autorisation de mise sur
le marché] et de procédures réglementaires », a-t-elle déclaré à l’APM. Il ne sera pas
remboursé, a-t-elle précisé. »

 

N.B. : Le manifeste de l’association COLLECTIF BAMP, réclame une augmentation des moyens mis à dispositions des équipes AMP Françaises pour qu’elles puissent offrir à leurs patients des technologies plus performantes.

 

Sources : Redaction APMNEWS.COM 25 juin 2015

Des bébés à 3 ADN ?

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Cette semaine les députés britanniques ont voté la possibilité des réaliser des FIV avec 3 ADN, celui du père, celui de la mère et celui d’une donneuse. Cette autorisation permettrait d’ajouter dans l’ovule de la mère, des mitochondries de l’ovule d’une autre femme. Cette technique permettrait ainsi de contourner le dysfonctionnement mitochondrial transmis par la mère qui peut provoquer chez le futur bébé du couple une maladie grave comme le diabète ou la myopathie.

Cette technique de FIV, permettrait la naissance d’ici 2016, de bébés non porteur de la maladie. C’est donc une technique qui pourrait s’appliquer aux couples fertiles (ou infertiles) dont la mère serait porteuse d’un gène pouvant  transmettre une grave maladie génétique à leur futur enfant.

Cette technique qui n’a pas encore confirmé qu’elle était sans aucun risque pour le futur bébé (aucune étude sur les effets délétères à plus long terme, puisque pas encore grossesse, ni de naissance), inquiète les spécialistes de la gynécologie et de la bioéthique. Elle ouvre la porte à d’autres possibles futures modifications (par exemple « rajeunir » les ovules d’une  femme). Dans un premier temps, l’inquiétude porte sur  l’impact de cette manipulation des mitochondries, pour la santé du bébé, puis de l’enfant et de l’adulte en devenir. René Frydman est très réservé par rapport à cette nouvelle technique.

Nous vous proposons d’écouter le début de  l’émission la « Tête au carré » sur France Inter, du mercredi 4 janvier, qui donne, via l’interview du professeur de bioéthique et gynécologue Paul ATLAN et de Jacques Testard, des explications très argumentées sur ce sujet. A écouter pour avoir une vision complète de ce sujet.

Au début de l’émission à 3minutes47 précisément. Cela ne dure pas longtemps. Et c’est toujours plus intéressants que les journaux qui font des titres du genre : « Bébé « à trois parents » au Royaume-Uni ? C’est Yes« . Histoire d’embrouiller le monde, y-a pas mieux. UN PARENT c’est autre chose que des morceaux d’ADN……

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1045681

Et vous que vous évoque cette « manipulation » des mitochondries féminines ? Pensez-vous qu’il y a certaines limites à ne pas dépasser ? Si oui lesquelles ?

Si vous voulez aller plus loin dans l’explication des mitochondries c’est par ici

 

 

 

Et N’oubliez pas, un VOTE ET UN PARTAGE par jour pour la vidéo BAMP sur la page facebook du crédit agricole. Gardons la première place jusqu’au 15 février !

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Endocel – Coculture embryon-endomètre

Un peu d’histoire et d’organisation administrative de l’assistance médicale à la procréation en France.  Depuis 2004, la loi de bioéthique a donné à l’agence de la biomédecine « des missions  de régulation, d’encadrement, d’inspection, de promotion et d’évaluation » de l’assistance médicale à la procréation. C’est elle qui délivre les autorisation et les agréments pour la réalisation de nouvelles techniques.

Connaissez-vous l’Endocel ou  Coculture embryon-endomètre, avec les cellules de la mère ?

Petite histoire d’une technique innovante, qui a été « essayé » par certaines équipes, puis non autorisée par l’abm, au moment où elle allait être développée à plus grande échelle. Nous allons donc tenter de répondre à cette question : Pourquoi avoir stoppé l’autorisation administrative pour la pratique de cette technique de maturation in  vitro utilisant les cellules de l’endomètre de la mère ?

Dans les années 90, le support de culture des embryons étaient issus des cellules épithéliales de reins de singes (Cellules VERO), comme pour la fabrication de nombreux vaccins. En parallèles des milieux de cultures synthétiques  étaient aussi utilisés pour la culture des embryons avant leur implantation dans l’utérus maternelle. Puis les cellules de reins de singes n’ont plus été autorisé pour des raisons de sécurité sanitaire. Restaient donc les seuls milieux synthétiques validés eux, en tant que dispositifs médicaux en application de la réglementation européenne.

Arrive alors Endocel, proposé par le laboratoire Genévrier (France), recevant une autorisation de mise sur le marché en 2007, autorisation renouvelée en 2013 :

« ce milieu a obtenu le renouvellement de son autorisation de mise sur le marché en tant que produit thérapeutique annexe le 20 septembre 2013 par l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé ».

L’Endocel qu’est-ce que c’est et comment ça marche ?

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Source site Endocel

« Endocell® est le premier produit développé par « Genévrier Biotechnologie » ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé en  2010.

Premier produit industriel personnalisé dans le domaine de l’Assistance Médicale à la Procréation, Endocell® est le seul système de coculture autologue embryon-endomètre.

Il se présente sous la forme de puits de culture contenant un tapis de cellules d’endomètre maternel sur lequel sont déposés après fécondation in vitro les embryons pour favoriser leur développement avant leur implantation. »

ENDOCELL® est un tapis de culture de cellules provenant de l’endomètre de la femme.

Chaque Endocell® est spécifiquement produit pour une seule femme. En effet, les cellules de l’endomètre utilisées ont été préalablement prélevées dans l’utérus de la femme par le gynécologue.

Le tapis de cellules est réalisé grâce un procédé de haute technologie dans le centre de biotechnologie des Laboratoires Genévrier.

Ensuite au cours d’un cycle de Fécondation In Vitro, l’embryon du couple sera déposé sur Endocell®, et sera donc en contact avec les cellules maternelles qu’il retrouvera une fois transféré dans l’utérus de la femme.

Endocell® va permettre à l’embryon de se développer jusqu’à un stade « avancé » appelé stade blastocyste (retrouvé 5 jours après la fécondation appelé aussi stade J5). Endocell® permet une culture prolongée des embryons. Ce type de développement qui consiste à déposer l’embryon sur des cellules d’endomètre est appelé coculture.

 

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Source Site Endocel

L’implantation de l’embryon humain dans l’endomètre maternel, étape-clé du processus reproductif, est un phénomène unique.

Son succès nécessite un endomètre réceptif, un embryon normal au stade blastocyste et surtout un dialogue entre les tissus embryonnaires et maternels. Au moment de l’implantation il y a une cascade d’événements,  extrêmement complexes, où l’endomètre et l’embryon entrent en contact.

La compréhension de ce processus implantatoire est loin d’être totale. Car 10 à 15% seulement des embryons replacés après AMP donnent naissance à un enfant.  Une partie des échecs incombe à l’embryon lui-même mais sont également dues à des anomalies de la réceptivité utérine.

Aujourd’hui, on peut évaluer qualitativement la capacité d’implantation des gamètes et des embryons, sans pour autant maitriser tous les critères de qualité embryonnaire.

En réalité, l’embryon ne peut s’implanter qu’au cours d’une courte période du cycle appelée fenêtre implantatoire. Cette période n’est pas clairement définie chez la femme mais on peut l’estimer à environ 5 jours à partir de l’ovulation (ou à partir de la ponction ovarienne, dans le cas d’une FIV/ICSI).

Le succès de l’implantation embryonnaire n’est pas seulement une question de préparation hormonale adéquate de l’endomètre ; c’est aussi le dialogue, synchrone et  réciproque entre l’endomètre et le blastocyste, dont nous ne connaissons pas les termes exacts. Facteurs de croissance et protéines sont des médiateurs privilégiés  de ce dialogue mais pourraient aussi entraver la fertilité par un profil d’expression ou de sécrétion anormaux.

Il est donc possible d’espérer de nouvelles avancées grâce à l’évolution des démarches diagnostiques et thérapeutiques personnalisées, comme la coculture cellulaire de l’endomètre  maternel.

La coculture est la mise en culture, dans le laboratoire du centre de FIV, des embryons obtenus après une FIV/ICSI et mis en contact des cellules de l’endomètre maternel. L’embryon dans de telles conditions peut puiser tous les facteurs nutritionnels nécessaires à sa survie et à sa capacité implantatoire, fournis par les cellules de l’endomètre maternel, avant même d’être transféré dans l’utérus. »

 

L’abm va aussi dans ce sens : « Considérant que l’embryon humain a un potentiel de développement limité qu’une des phases critiques du développement, correspondant à la phase d’activation du génome embryonnaire, est le passage de 4 à 8 cellules, soit après deux ou trois jours de culture (J2-J3),  que la capacité pour un embryon d’atteindre le stade de blastocyste traduit une bonne aptitude au développement et donc des chances d’implantation plus élevées que pour l’embryon à J2, qu’environ 50 % des embryons, conçus naturellement ou in vitro n’atteindront pas le stade de blastocyste après 5 à 6 jours de développement et que la culture prolongée permet ainsi de poursuivre la culture embryonnaire de trois jours en moyenne, d’identifier au sein d’une cohorte embryonnaire les embryons capables de se développer in vitro jusqu’au stade de blastocyste et de les sélectionner pour le transfert in utero ou la congélation embryonnaire ».

 

Comment expliquer que cette innovation permettant d’améliorer les résultats des FIV, ne soit plus autorisé après l’avoir été quelque temps ?

L’abm a fait marche arrière, alors qu’un laboratoire (privé Genevrier) avait tout mis en place pour développer cette pratique à grande échelle, après l’avoir testé dans deux services d’AMP au CHU de Strasbourg et à la clinique Jean-Villar), que certaines équipes d’AMP étaient elles aussi prêtes à le mettre en œuvre pour leur patientes en FIV.
L’abm apporte d’abord des éléments en faveur de cette technique  « de permettre un développement «physiologique» de l’embryon, avec des échanges possibles avec ce tissu (régulation du développement

embryonnaire par des cytokines ou des facteurs de croissance secrétés par les cellules endométriales, détoxification de ce milieu de culture, possibilité a priori supérieure à celle des milieux de cultures synthétiques« 
Plusieurs réponses sont apportées dans la décision de l’agence de biomédecine du 26 novembre 2013 « portant autorisation (qui est refusée au final) d’une technique visant à améliorer l’efficacité, le reproductibilité et la sécurité des procédés biologiques d’assistance médicale à la procréation (art.L.2141-1 du code de la santé publique) ».

Dans cette décision, il est pourtant écrit que cette technique d’AMP peut améliorer le processus de FIV en remplaçant les milieux synthétiques par un tapis de cellules endométriales de la mère, offrant ainsi de meilleurs conditions de développement, car plus proche de l’état physiologique naturelle. De plus cette technique est décrite comme apportant une certaine garantie de sécurité sanitaire par rapport aux milieux synthétiques.

Mais, mais, mais l’abm considère que le laboratoire et les deux études issues des deux centres d’AMP l’ayant pratiqué, n’apportent pas assez de preuve de son efficacité. Car malgré des taux de réussite d’implantation à 53.4 % pour des blastocystes sur milieu Endocel. L’abm critique les termes de l’étude qui comparait des implantations à J5 et à J3. Elle demande donc une nouvelle étude .

De plus, elle considère que le prélèvement sur le cycle précédent des cellules endométriales de la patiente, comportent des risques. Elle préfère donc maintenir le système de culture sur milieux synthétiques.

L’abm parle aussi de tarifs qui ne seraient pas forcément meilleur marché pour les équipes des centres publics.

Voilà pourquoi la technique Endocel qui avait bénéficié de la construction d’un laboratoire tout neuf, entièrement dédié à cette activité, n’a pas pu voir le jour. Les équipes d’AMP qui espéraient pouvoir améliorer les résultats des FIV pour les couples, ont rangé eux aussi, ce projet à « plus tard ».

Vous avez peut-être bénéficié, dans les années 2010 d’une FIV avec un milieu de culture Endocel ? Qu’en avez-vous pensez ?

Nous pouvons peut-être espérer qu’une nouvelle demande d’autorisation administrative pour l’utilisation de la technique Endocel soit déposée, étayé par une étude plus recevable pour l’abm. En tant qu’association de patients de l’A.M.P. nous avons peut-être un rôle à jouer pour cela ?

Si vous voulez aller voir le site ENDOCEL, c’est par ici

Et pour lire dans le détail, la décision de l’abm du 6 novembre 2013 sur l’ENDOCEL, c’est par ici

 

 

L’Inserm estime qu’il faut faciliter la recherche sur l’embryon (La Croix, 17/06/2014)

 

Dans une note publiée mardi 17 juin 2014, le comité d’éthique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) formule des propositions pour « faciliter et promouvoir » les recherches sur l’embryon.

Ce rapport d’étape du groupe de travail formule une série de propositions pour développer cette recherche en France.

Il considère en effet que la levée du principe d’interdiction, votée en août 2013, n’a pas suffi : « Cinq projets de recherche dont la finalité concernait l’embryon humain ont été autorisés depuis 2006 en France, aucun depuis 2008, notent les chercheurs. En Belgique, pays cinq fois moins peuplé, 26 projets de recherche sur l’embryon ont été autorisés pendant la même période. »

Des « malentendus » dénoncés

Dans cette note, les constats et préconisations du comité sont larges. Il critique ainsi « un débat parlementaire évoquant en permanence le statut moral, symbolique et juridique de l’embryon sans jamais le régler » et « un contexte réglementaire et éthique fait d’incertitudes, de malentendus voire de confusion au cours des vingt dernières années ».

Deux idées fausses ont, selon lui, trop cours en France : « l’idée que toute recherche serait attentatoire aux intérêts de l’embryon » et « la considération presque exclusive des recherches faites à partir de cellules prélevées sur l’embryon, au détriment des recherches dont la finalité peut bénéficier à l’embryon lui-même et aux personnes qui sont à son origine ».

Améliorer la FIV et la PMA

Ainsi, les chercheurs insistent beaucoup sur la nécessité de développer la recherche sur l’embryon afin d’améliorer notamment les techniques de procréation. « La réalisation de cet objectif nécessiterait que des recherches soient menées aussi sur les embryons. Ces recherches pourraient être faites sur des embryons ne répondant plus à un projet parental mais aussi pour partie sur des embryons susceptibles d’être transférés dans l’utérus à des fins de gestation. »

Le comité propose ainsi que « le transfert dans l’utérus des embryons ayant fait l’objet d’une recherche soit possible, de manière encadrée, chaque fois que cela pourra être justifié ».

Les chiffres sur les embryons

Il estime aussi « souhaitable » de réduire le nombre d’embryons créés en laboratoire. La note reprend en effet les chiffres impressionnants sur les embryons en France :

– 282 353 embryons ont été conçus par FIV en 2011 en France.

– près de la moitié n’étaient ni transférables ni congelables et leur développement s’est arrêté.

– 88 848 embryons ont été transférés immédiatement après la FIV et ont conduit à la naissance de 13 239 enfants (14.9 %).

– 62 680 embryons ont été congelés. Les 43 130 qui ont été décongelés ont permis la naissance de 2 849 enfants (6.6 %).

– Ainsi, près de 93 % des embryons créés dans les laboratoires de FIV n’ont pas abouti à des naissances.

– Enfin, la plupart des 17 667 embryons qui étaient conservés congelés fin 2011 et qui ont été donnés à la recherche ne seront vraisemblablement jamais utilisés dans ce but.

Mesures préconisées

Parmi les mesures avancées, le comité d’éthique demande que soit développée « une information sur le sujet auprès du public et des décideurs afin de changer le regard porté sur la recherche sur l’embryon ».

Il demande aussi d’organiser « de manière plus rationnelle la collecte, le stockage et la distribution des embryons congelés destinés à la recherche dans des structures dédiées de type ’embryothèques’ ».

Il plaide, plus généralement, pour « revoir l’encadrement de la recherche qui doit rester toujours aussi exigeant mais qui devrait être mieux adapté, plus cohérent et plus simple ».

Enfin, il propose d’« adapter les procédures de consentement au type d’embryon donné à la recherche » par des couples en indiquant « une (ou plusieurs) catégorie(s) de recherche plutôt que pour un projet précis » : recherche avec ou sans destruction embryonnaire, recherche dont la finalité est l’étude du développement de l’embryon, recherche ayant pour finalité l’amélioration des conditions de réalisation de l’AMP…

Flore Thomasset

Article paru le 17 juin 2014

http://www.la-croix.com/Ethique/Bioethique/L-Inserm-estime-qu-il-faut-faciliter-la-recherche-sur-l-embryon-2014-06-17-1165969

Bébé-éprouvette, ça rime avec séquelles ?

 

Sur le site internet du magazine Neuf mois, un article intéressant qui se penche sur les éventuels impacts du mode de fécondation sur la santé des bébés qui en naissent.

Infertilité : bébé-éprouvette, ça rime avec séquelle ?Un bébé conçu en tube a-t-il les mêmes chances que les autres ? Cette question taraude beaucoup de couples qui suivent un traitement contre l’infertilité. Avec le recul de trois décennies et des brouettes, la réponse commence à s’imposer, grâce à une étude baptisée « Follow up ».Un enfant, c’est un enfant… mais le mode de procréation joue-t-il sur certains paramètres ? La santé, par exemple. Ou encore le QI… ? Pour un certain nombre de parents, le doute, conscient ou inconscient, demeure. Sans doute par héritage culturel qui imposait naguère comme seule issue l’inscription de la stérilité comme effet de la volonté divine ou de la fatalité d’une destinée non favorable à la parentalité et qui fait apparaître plus ou moins consciemment la procréation médicalement assistée comme un jeu dangereux d’apprenti sorcier. Quelle qu’en soit l’origine, cette crainte que l’enfant né par PMA soit plus fragile ou différent existe chez de nombreux parents suivis pour FIV. Heureusement, la science dispose de données d’évaluation. Une étude, « Follow up », a été menée dès 2003, pour établir la réalité des faits autour de la santé d’enfants issus de FIV et FIV-ICSI en Belgique, Danemark, Grèce, Suède et Royaume Uni.

Les différences à la naissance

90% des bébés nés de l’aide médicale à la procréation ne présentent pas

POUR lire la suite c’est par ici

Voir cet article aussi http://pro.gyneweb.fr/portail/sources/congres/jta/01/pma/cohen-bacrie.htm

http://www.neufmois.fr/conception/infertilite-eprouvette-ca-rime-avec-sequelles

Don d’ovocytes vitrifiés : premières naissances en France (Sciences et avenir, 06/09/2013)

Nous vous avions déjà parlé de ces premières naissances suite à la vitrification d’embryons, puis à la vitrification des ovocytes issus de la femme du couple. Cette fois, l’article s’intéresse à la vitrification d’ovocytes issus du don, et à ses avantages (pas de necessité de synchroniser les cycles donneuse/receveuse notamment).

Don d’ovocytes vitrifiés : premières naissances en France

Erwan Lecomte

Publié le 06-09-2013 à 10h26

De nouvelles techniques de cryoconservation rapide permettent de mieux planifier les activités liées au don d’ovocytes.

Lilou et Bastien, nés en juillet et août 2013, au CHRU de Montpellier sont chacun issus d’un ovocyte (la cellule précurseur de l’ovule) ayant subi un traitement particulier : la vitrification. Cette technique qui permet la conservation à long terme des ovocytes est utilisée depuis peu en France. Les premières naissances issues d’ovocytes vitrifiés ne remontent en effet qu’à mars 2012.

La nouveauté dans double naissance de Lilou et Bastien (et de quelques autres enfants, voir encadré en bas de l’article) est que non seulement ils sont nés d’un ovocyte vitrifié, mais en plus cet ovocyte a été donné à la future mère par une autre femme. Une première en France qui constitue un pas de plus vers une plus grande égalité entre hommes et femmes.

Le sperme se congèle et se conserve plus facilement que les ovocytes

Auparavant les hommes avaient un net avantage sur les femmes en matière de maîtrise de leur parentalité. En effet, avant de pratiquer une vasectomie (stérilisation définitive), les hommes peuvent bénéficier d’une congélation du sperme à des fins de conservation en vue d’une fécondation ultérieure, grâce à des techniques de congélation « lentes ».

Ainsi, dans le cadre de la préservation de la fertilité masculine, et avant un traitement potentiellement stérilisant, il est possible pour un homme de faire conserver ses gamètes (cellules sexuelles), par exemple avant un traitement médical susceptible de réduire sa fertilité.

Cette possibilité permet même des choix plus extrêmes. Ainsi, selon une étude des Nations Unies, en Amérique du Nord environ 13% des hommes opteraient ainsi pour la vasectomie.

 

Une étude des Nations Unies sur les méthodes de contraception fait état d’un nombre important de vasectomies en Amérique du Nord.

 

En revanche, la congélation des ovocytes se heurtait jusqu’à présent à des contraintes techniques. « En particulier le maintient de la structure d’un ovocyte, du fait de sa grande taille est extrêmement délicat » explique explique le professeur Samir Hamamah, chef du service de biologie de la reproduction au CHRU de Montpellier. En effet, …

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