Appel à témoignage Conférence étudiants en Médecine

 

Dans le cadre de la SSI 2019, BAMP co-organise avec l’association POEMES[1] une conférence :

AMP : la prise en compte du patient dans toute son humanité

Cette conférence durera deux heures et comportera les différents thèmes :

  • L’annonce du diagnostic
  • Le travail du deuil de la fertilité, les différentes étapes par lesquelles passent les parents
  • Les incontournables : bienveillance, politesse, bientraitance
  • Les possibilités d’alléger le quotidien des patients (one day)
  • Changer de regard sur le patient

Afin qu’elle soit la plus complète et la plus intéressante possible, nous aimerions pouvoir faire témoigner un maximum de patients. Donc si l’un des thèmes évoqué vous parle et que vous êtes prêt à l’illustrer de votre parcours personnel en témoignant, n’hésitez pas à prendre contact avec Stéphanie : collectifbamp95@gmail.com

Donc Mesdames et Messieurs, vos témoignages sont nécessaires, pour ces jeunes médecins en formation et pour nos prises en charge futures. Alors n’hésitez pas.

Si jamais vous n’êtes pas disponible au créneau proposé, si vous habitez très loin ou encore si vous n’êtes pas à l’aise pour parler en public, beaucoup de choses sont possibles. Vous pouvez m’envoyer un témoignage écrit pour que je le lise moi-même à l’assemblée, vous pouvez vous filmer, vous enregistrer sur un dictaphone pour que l’on diffuse votre témoignage, etc…

[1] Association d’étudiants en médecine qui met des actions en place afin de voir le patient sous un jour différent, sans approche diagnostique ou thérapeutique et toujours avec sensibilité et respect.

 

#SSI2019 #SemaineSensibilisationInfertilité #1couple5 #visibilité #AméliorerLaPriseEnCharge

Journal d’une FIV – Un docu-témoignage

Samedi 24 février 2018, c’est l’anniversaire de la naissance d’Amandine, le premier bébé français né grâce à une fécondation in vitro.

C’était il y a 36 ans.

Samedi 24 février 2018, c’est aussi la diffusion d’un documentaire-témoignage qui s’annonce comme exceptionnel. En plein débat sur la révision de la loi de bioéthique dont l’amp semble être le sujet le plus polémique, donner la parole, montrer ce que vivent les personnes qui désirent avoir des enfants et qui n’y arrivent pas, va à n’en pas douter faire date.

Montrer, mais pas seulement sous le seul angle strictement médical, raconter comment ce désir et cette impossibilité occupent tous les aspects de la vie d’une personne, d’un couple, d’une famille et donc d’une société de plus en plus impactée par nos difficultés procréatives.

Ce journal d’une FIV, qui mêle des images prises par Monsieur sur le vif avec son téléphone portable, d’autres prises par Madame pour construire le film et avec des images personnelles des années 70, pour mettre en lien les générations et les désirs d’avoir des enfants, nous laisse espérer d’un résultat à la hauteur des besoins exprimés par beaucoup de personne en parcours d’AMP : Donner la parole aux personnes concernées, faire tomber les tabous, les préjugés, remettre cette histoire dans le contexte sociologique et sanitaire actuel, qui n’est plus celui de nos parents. Pour aussi, prévenir les jeunes générations.

Enfin un grand et beau documentaire sur la fécondation in vitro, sur la vie des gens marquée par cette difficulté qu’est l’infertilité, les infertilités.

BRAVO et MERCI à Raphaëlle CATTEAU et à TEVA pour la diffusion.

Enormes émotions rien qu’en regardant les deux bandes annonces.

A ne surtout pas rater, samedi 24 février 2018 à 20h50 sur TEVA

 

 

 

 

 

Témoigner, Informer et agir de la plus belle manière

Des articles dans différents médias :

20 minutes

Interview de Raphaëlle CATTEAU pour GRAZIA

 

 

 

Témoignage – protocole amp non adapté ?

Mon expérience : traitement de la stérilité masculine quand la femme a plus de 37 ans.
Je voulais vous faire part de mon expérience de PMA (qui s’est bien terminée).
J’ai 36 ans et un bon bilan hormonal lorsque l’on découvre que mon conjoint est OATS extrême (le spermogramme ne nous a été proposé qu’après de nombreux examens pour moi et un test de Hühner qui nous a alertés).

 
Nous sommes pris en charge dans un centre PMA réputé :
– 1ère FIV (IMSI), des embryons de mauvaise qualité qui ne seront pas transférés (mes ovocytes sont peut-être de mauvaise qualité ou bien le protocole ne me convient pas)
– 2ème FIV (IMSI), 7 embryons à J3, 2 transférés (négatif), 1 congelé à J6, TEV : grossesse biochimique
– 3ème FIV (IMSI), même protocole : 9 embryons à J3, 2 J5 transférés (négatif)
– 4ème FIV (IMSI) (changement de produit : Menopur pour obtenir des ovocytes de meilleure qualité) : 4 embryons de mauvaise qualité qui ne seront pas transférés.
La gynécologue qui me suit me propose de refaire rapidement une FIV en adaptant le traitement. J’ai réagi très vite, les follicules étaient trop matures. Je dois revenir après passage en commission pour chercher mon ordonnance. Lorsque je reviens, c’est un autre médecin qui me reçoit et m’explique, que, d’après mes résultats, il me conseille de passer au don, plutôt don de sperme, mais de ne pas trop m’acharner avec mes gamètes (j’ai presque 39 ans et une AMH à 1,6 ; le reste étant bon).
Je souhaite quand même revoir la gynécologue qui me suit : pour elle, il faut passer au double don, il est trop tard pour une IAD, mes ovocytes sont de mauvaise qualité.
J’ai toujours signalé que nous n’étions pas contre un don de sperme et on m’a toujours répondu que nous avions le temps, que le moment n’était pas venu d’une inscription au CECOS, je ne comprends donc pas ce changement de ton si soudain. J’épluche les blogs de femmes ayant eu recours à un don d’ovocyte et je ne retrouve pas du tout mon profil, j’ai l’impression qu’on m’a rendue stérile en voulant préserver la fertilité de mon conjoint (qui n’a jamais compris qu’on ne nous oriente pas vers un don de sperme).
Grâce aux bons conseils de la fondatrice de BAMP, nous consultons une gynécologue qui prend le temps d’étudier notre dossier à fond. Elle veut retenter une FIV, mais souhaite avoir le taux de fragmentation et de condensation des spermatozoïdes (cet examen n’a jamais pu être réalisé faute de spermatozoïdes en nombre suffisant). Elle propose tout simplement de faire plusieurs recueils. Avec un seul recueil, nous obtenons ces résultats, qui ne sont pas bons du tout. Entre temps, mon AMH a chuté, passant à 0,8 puis à 0,1 malgré une prise de DHEA, mais notre gynécologue magicienne me dit que finalement, c’est comme si je n’avais jamais essayé de tomber enceinte (après 4 FIV, j’en veux un peu à la précédente équipe).

 

 

Mon taux d’AMH ne l’inquiète pas puisque le reste est bon. On n’a plus beaucoup de temps, mais on tente une IAD (ayant eu la bonne surprise de n’avoir que 6 mois d’attente pour un don de sperme au CECOS). Pour ne rien regretter, je fais ma première piqûre de Gonal f en me demandant pourquoi je m’inflige cela. Je réagis bien, et cette tentative sera la bonne malgré mon âge (j’ai presque 40 ans) et une AMH quasi nulle.
Pourquoi ne nous a-t-on pas proposé une IAD plus tôt ? Pourquoi s’être focalisé sur mes ovocytes alors que mon conjoint est très infertile et que je n’avais apparemment pas de problèmes de fertilité ? Pourquoi propose-t-on beaucoup plus facilement un don d’ovocyte qu’un don de sperme ? Tant de questions auxquelles je n’ai toujours pas de réponses… Je voulais vous faire part de mon expérience – qui ne vaut pas diagnostic pour quelqu’un d’autre – pour montrer que l’AMH n’est pas le seul facteur prédictif d’une réussite et qu’il est parfois bon de prendre l’avis d’un autre médecin…

Ce qu’il faut pour fabriquer un bébé… en FIV !

Ou tout du moins essayer d’en fabriquer, se rapprocher du graal, ou tout simplement prolonger l’espoir et avoir juste une chance d’atteindre ce rêve.

En temps normal, dans mon entourage, en moins de 6 mois d’essais et en quelques étreintes plus ou moins bien placées sur un cycle pourtant souvent mal connu dans son fonctionnement, c’est emballé, l’affaire, ou plutôt le rejeton, étant dans le sac. Pas non plus de fausse couche à l’horizon. A croire que l’hyper fertile n’a souvent pas ce souci là non plus.

Matériellement, 1 bébé au naturel en moins de 6 mois c’est quelques boites d’acide folique, et un test de grossesse. Simple, facile, pas cher, amusant et sans bavure.

Quand, nous, les infertiles, au bout d’1 an de galère, on aborde le sujet de ce bébé qui n’arrive pas, souvent, par méconnaissance, l’entourage énonce ce qu’il croit être une vérité et est en fait une double contre-vérité : La FIV ça marche ( malheureusement non, pas pour la moitié des couples, mais ce n’est pas le sujet de cet article…) et pouf-pouf-magie de la science la FIV c’est une promenade de santé, quelques médocs, une écho ou 2, et le bébé kangourou est dans la poche.

Parce qu’une illustration est souvent plus forte que des mots, j’ai décidé que pour cette 2eme FIV j’allais conserver l’ensemble des boites de médicaments sur ordonnance utilisées et de faire une photo de groupe de l’ensemble des participants à la fin et de vous  lister l’ensemble des actes et consultations de MA FIV.

Afin qu’on n’entende plus que la FIV c’est facile, et surtout que ceux qui ne connaissent pas se rendent compte de ce qu’on ingurgite ou s’injecte,  de la vie (perso, amicale, boulot) qui s’arrête pendant ces presque-2-mois de protocole.

 

Alors, du début à la fin une FIV ça donne CA:

 

  • En nombre d’injections:

o    Décapept*l en déclenchement d’ovulation et en soutien post-transfert (3 injections)

o    Orgalutr*n, pour contrôler l’ovulation et éviter qu’elle n’intervienne avant la ponction (3 injections)

o    Menop*r : 9 jours de stimulation (piqures quotidiennes) soit 33 ampoules à casser de mes petits doigts malhabiles et mélanger au solvant. Soit 7 boites injectées dans la panse, à heure quasi fixe, et donc parfois dans des lieux improbables et non prévus pour cela

o    Perfusion d’intr*lipides anti-inflammatoires à l’hôpital, 1 poche, 3 heures de patience, 1 arrêt de travail d’1 journée et 2 veines explosées (junkie style !)

 

Soit 16 injections, 2 veines éclatées, un look de droguée !

 

  • Médicaments:

o    1 boite de pilule contraceptive (pour le blocage, je suis chanceuse d’échapper aux injections pour créer une ménopause artificielle), pendant 12 jours

o    Asp*rine : 1 cp /jour, sur tout le cycle

o    Antibi*tiques dès le jour de la ponction et pour 5 jours (2 cp/jours) : 10 cp = 1 boite

o    Cortis*ne (pour contrer les cellules tueuses et le système immunitaire capricieux) : 1 cp par jour dès le 1er jour de stimulation et jusqu’à la prise de sang au pire (au mieux, c’est plusieurs mois quand il y a grossesse) : 2 boites

o    Vit*mine E : 2 cp/jour, sur l’ensemble du cycle

o    Pentox*filine 1 cp/jour, du 1er jour de cycle à la ponction

o    Acide f*lique : 2 cp/tous les 2 jours

o    Progester*ne : débutée à 3 DPO à la dose de 6 ovules/jours soit 66 ovules. Un délice ! Pour celles qui ne connaissent pas (les bienheureuses !!!!), cela permet à terme de renouveler l’ensemble de son stock de culottes tellement ça flingue tout sur son passage. En plus, certaines Lucky Girls ne sont pas à l’abri de démangeaisons fort agréables…je vous passe les détails, âmes sensibles s’abstenir.

o    Oestr*gènes : 2 cp/jour dès 3 DPO et jusqu’à la prise de sang (soit 25 comprimés, et eux aussi par voie basse, manquait plus qu’eux au sous-sol pour que la fête soit complète !)

  • Compléments alimentaires: Procré*lia Femme, 2 cp/jour, non remboursés

 

Soit 320 comprimés/ovules/cachets ! Oui, 320, pas d’erreur!

 

  • Le suivi médical à proprement parler:

o    Une échographie de lancement (Top départ !) . A noter que chaque échographie est endovaginale (j’ai failli oublier de le préciser tellement toute PMette est habituée et aurait presque le réflexe d’enlever ses dessous même pour une échographie de la cheville 😉 )

o    3 échographies de suivi et consultations, calées tant bien que mal dans mon emploi de vilaine-working-girl-ayant-attendu-l’age-canonique-de-31-ans-pour-essayer-de-procréer (tuons les idées reçues !), c’est toujours un bonheur de commencer la journée à l’aube, dans le rush et pattes en l’air et d’arriver à la bourre en catimini au bureau, pour 2 jours après prendre une pause déjeuner de 3 heures pour la 2eme écho et partir à 16h (tu prends ton après midi ? ) pour la dernière.

o    Prise de sang pour les dosages hormonaux à 3 reprises, l’occasion de massacrer les 2 bras (massacre débuté à l’hôpital grâce à la perfusion d’intralipides). Là aussi, le matin, tôt, très tôt, mais sans rendez-vous dans un labo privé, ou 1er arrivé/1er piqué. Ce qui est drôle (challenge, challenge…) c’est de caser en même temps écho ET prise de sang, dans 2 endroits différents et bien éloignés l’un de l’autre et du bureau aussi. Oserais-je annoncer l’heure d’arrivée au bureau ce jour là…. ?

o    Une belle ponction des familles. Avec anesthésie générale (junkie style, le retour), précédée d’une agréable douche à la Bétadine (de M***de). Avec en récompense pour votre courage, une collation constituée de 2 délicieuses biscottes en milieu d’après-midi.

o    Pour la chanceuse que je suis : des embryons et finalement 3 survivants à J5 et donc un transfert de 2 potentielles merveilles. Alors le transfert, pour les novices, c’est échographie… endovaginale (c’est bien, vous suivez), vessie mi-pleine (celles qui ont trouvé le nombre de millilitres adéquats à avaler pour se conformer aux consignes ont toutes mon admiration!)

o    Une prise de sang officielle, après 10 jours d’angoisse

Soit 4 échographies et 4 prises de sang

fiv 2 medoc

TOUT CA.

Pour ça.

 

o    Et pour la looseuse que je suis finalement, 4 prises de sang supplémentaires de dosage d’un BHCG balbutiant et 1 échographie couperet. Car il y eu miracle. De courte durée.

 

Et mon truc en plu(me)s, pour information : 2 séances d’acupunctures (à J8 et le jour du transfert) et le fameux cachet d’ibuprofène 400 mg environ 1 h avant le transfert.

 

La prochaine fois que vous entendez « t’as qu’à faire une FIV, c’est trooooop facile », après avoir réfréné votre pulsion de leur casser les dents, renvoyez les ici, ça les instruira!

Les Bébés de l’AMP

L’émission Les Maternelles (diffusée tous les matins en semaine, sur France 5) a publié l’appel à témoins suivant :

APPELS À TÉMOINS

Après de longs mois d’attente et de déception, vous êtes aujourd’hui les heureux parents d’un enfant grâce à l’AMP ! Quel genre de parent êtes-vous ? Repensez-vous souvent à ce parcours difficile ? Venez nous raconter ! Votre témoignage nous intéresse.

Lire l’appel à témoins : ici

J’y ai répondu. Voici mon témoignage :

Bonjour,

Je vous livre brièvement mon expérience : après la découverte d’une insuffisance ovarienne à l’âge de 26 ans en 2010 – pathologie dont souffrent également mes deux sœurs aînées – mon compagnon et moi avons entamé un protocole d’AMP après un an d’essais infructueux. Après une fausse couche puis 7 IAC et 4 FIV échouées entre mars 2010 et juin 2012, nous nous sommes tournés vers le don d’ovocytes (à l’étranger, puisqu’en France les délais d’attente sont horriblement longs) et nous avons eu la chance que je tombe enceinte en octobre 2012 de jumeaux, un garçon et une fille. J’ai malheureusement fait une pré-éclampsie sévère au bout de 6 mois 1/2 de grossesse et mes enfants ont dû naître prématurés à 31 semaines d’aménorrhée. Ils sont allés en réa, puis en néonat, hospitalisés pendant 2 mois. L’absence de contact avec eux à leurs naissances puis les moments difficiles qui ont jalonné leur hospitalisation ont été extrêmement difficiles à supporter, notamment après un parcours comme le mien. Mon histoire est décrite avec plus de détails, notamment sur mon ressenti, sur le blog que j’ai créé http://danslalueurdelavie.wordpress.com

Aujourd’hui mes bébés ont 6 mois et vont très bien. Oui, je repense souvent à tout ce parcours. Lorsque j’étais enceinte, j’avais écrit sur mon blog « PMette j’ai été, PMette je suis, PMette je resterai toute ma vie. Après 4 ans de combat intense, je ne deviens pas fertile parce qu’aujourd’hui je suis enceinte. » Cela décrit bien tout mon ressenti. Le basculement de « infertile » à « enceinte » a été compliqué à appréhender pour moi. A partir du moment où je me suis pleinement sentie enceinte et que tout risque de fausse couche a été écarté, ma grossesse a été d’une magie incroyable, mais trop brève. Lorsqu’elle s’est brusquement terminée, je suis retombée violemment « pas enceinte », et j’ai eu une période de retour en arrière : j’ai de nouveau envié les femmes enceintes croisées dans la rue, eu des pensées négatives sur elles. Je me suis vite sermonnée, en me disant que je n’en avais pas le droit, que même s’ils étaient à l’hôpital, j’avais enfin des enfants.

Toute ma vie et  désormais ma parentalité et celle de mon conjoint  resteront impactées par ce parcours. Quelques fragilités demeurent, et demeureront, c’est sûr, mais une incroyable force aussi, qui fait que je ne serai jamais une maman comme les autres. Le désir d’enfant chez les couples infertiles devient tellement intense, acharné, que lorsqu’on obtient nos précieux trophées, chaque regard, chaque sourire et câlin échangé nous émeut profondément, nous prouve notre immense chance d’avoir enfin pu triompher de l’infertilité.

Je vous invite à découvrir le collectif BAMP https://collectifbamp.wordpress.com/ qui regroupe des personnes infertiles pour agir, s’informer et échanger sur cette douloureuse et singulière épreuve.

Je vous tiendrai au courant de leur réponse !

Bises à toutes

Note BAMP: L’émission devrait être enregistrée le jeudi 14 novembre, nous vous tiendrons informé(e)s de la date de sa diffusion. Si vous avez l’information avant nous, n’hésitez pas à nous la communiquer!

Le regard d’une artiste sur la Fécondation In Vitro

 

Bon nombres d’artistes connaissent le parcours de la Fécondation in Vitro. Mais seules quelques unes osent en parler! La maternité triomphante des stars s »étale dans tous les magazines, et beaucoup essaient de nous faire croire que leur maternité, parfois tardive, est totalement naturelle et n’a rien à voir avec un éventuel coup de pouce médical. Serait ce honteux? l’infertilité serait elle réservée au commun des mortels?

Certaines osent en parler, Mariah Carey, Sarah Jessica Parker, Nicole Kidman, Céline Dion, dont voici La vidéo. d’une interview  à ce sujet.

Elle y raconte avec pudeur, l’excitation du début de la prise du traitement, l’attente, la difficulté, les années, le désespoir et enfin le bonheur.

En toute logique, si 1 couple sur 7 minimum est concerné par l’infertilité, les gens célèbres sont forcément touchés . Quel dommage de se cacher, alors que leur exposition courageuse pourrait mettre en lumière notre réalité à tous et peut être contribuer à rendre notre situation moins taboue …

Pour que plus jamais le corps médical ne prenne de décision à notre place…

Par où commencer ? Peut-être par le début… Mais le début, il commence où ? Dans un petit coin de paradis perdu au milieu de l’océan Indien : l’île de La Réunion. S’il y fait bon vivre, c’est indéniable, nous ne sommes malheureusement pas à l’abri, ici comme ailleurs, des difficultés liées à l’infertilité.  Et pourtant, la moyenne d’âge du 1er enfant, ici, est de 19 ans, contre 29 ans en métropole… C’est vous dire à quelle fréquence une personne infertile comme moi, est amenée à côtoyer des jeunes filles (parfois des enfants !), jeunes mamans. Le paradis, disions-nous ?

Bref, en couple depuis plus de 7 ans, je n’avais pas le désir d’enfant jusqu’au lendemain de mes 30 printemps. L’horloge biologique ? Je l’ignore, mais si ce désir s’est fait attendre, il a fait irruption dans nos vies de manière brutale et intense !! Oui, je voulais avoir un bébé !!

Bon,  vous l’aurez compris : ça ne s’est pas tout à fait passé comme prévu… Ma sœur et une amie ayant eu leurs bébés à FIV 1, je n’ai donc eu aucune appréhension lorsque, au bout d’un an, j’ai décidé de consulter dans l’un des 2 centres AMP de l’île (l’un se trouve au Port, l’autre à Saint-Pierre, dans le Sud). Par chance, le mien se trouve à proximité, petite veinarde que je suis. Je savais que même si je devais subir une FIV, elle serait forcément positive, vu les 2 exemples autour de moi !

J’ai obtenu le 1er rdv après un mois d’attente je crois, donc c’était assez rapide. Dès le début, j’étais en confiance avec le gynécologue, puisqu’une amie me l’avait recommandé. Lors de la 1re consultation, j’ai appris une nouvelle terminologie : ovaires polykystiques, autrement dit, comme m’a dit le gynéco pour résumer : « Vous avez des ovaires paresseux ». Bon, je prends acte. S’en est suivie toute une batterie de tests (prises de sang, spermo…) et un début de stimulation simple.

Très tôt, je nous ai impliqués dans le suivi, en posant des questions, en exprimant ma lassitude de voir les mois défiler. Au bout de 5 mois de stimulations infructueuses, j’ai demandé si nous pouvions envisager une IAC. 1, 2, 3 IAC après, j’en ai eu assez ! 9 mois que je prenais des traitements sans aucun résultat !! Là encore, le gynéco nous a suivis : on passe en FIV.

Dans mon esprit, FIV 1 ne pouvait que marcher !!! Et elle a marché… d’une certaine façon. Avec 14 ui à la 1re pds, nous nous sommes rendu compte, après écho, que je faisais une GEU ! Mais bon, j’avais raison : ça a marché !

6 mois de congé maladie et un TEC plus tard, je suis dans l’attente des résultats de FIV 2.

Cette FIV, elle avait très mal commencé. J’avais 2 follicules en avance sur les autres et le gynéco envisageait de tout stopper. Selon lui, j’avais 16 ovocytes ponctionnés à FIV 1, donc je pouvais espérer un aussi bon résultat. Or, selon lui, je ne pourrais pas espérer plus de 7 ovocytes grand maximum. Je lui ai donc demandé si la quantité prévalait sur la qualité. Non parce que sur 16 ovocytes pour FIV 1, je précise que je n’ai obtenu qu’un transfert de 2 embryons très fragmentés à J2 (alors que la politique ici favorise la culture en blasto) et une cryogénisation de 2 blastos !

Il m’a dit qu’en effet, la quantité ne rimait pas toujours avec qualité mais que, quand même, il serait préférable de partir sur une IAC.

Désemparée, alors que j’avais commencé le traitement pour FIV 2, on se voyait déjà renoncer à l’espoir que suscite systématiquement chaque nouvelle tentative.

On a pris le temps avec chéri de réfléchir puis on a revu notre gynéco en lui disant : « Peu importe le résultat, on veut faire cette FIV !!! » En imposant notre décision, on a eu l’impression de reprendre un minimum le contrôle sur nos vies, sur notre parcours souvent rythmé par les décisions des médecins et autres biologistes.

Pas contrariant, il a dit ok, même s’il trouvait ça dommage.

Bilan : j’ai eu 9 ovocytes ponctionnés (soit plus qu’espérés par le gynéco), 1 transfert de 2 beaux embryons à J 4 et 1 autre au frais. Autant dire que finalement, le résultat est presque meilleur que pour FIV 1.

Pour résumer, je pense que dans nos parcours, nous ne sommes pas toujours acteurs de ce qui nous arrive. Nous vivons les choses passivement, confiant notre corps à des spécialistes qui, aussi sympathiques soient-ils, nous voient bien souvent uniquement comme des dossiers. Or, il est important d’être acteur de son existence et, tout en écoutant les conseils avisés des professionnels, de suivre son intuition ou son désir, parce que oui, après tout, il ne faut pas se nier soi-même.

Par ailleurs, déterminée à voir la prise en charge en PMA évoluer, lors de ma rencontre avec l’anesthésiste, j’ai tenu à partager avec elle les améliorations qu’il faudrait apporter pour que les choses nous soient rendues moins difficiles. Elle a admis qu’il y avait beaucoup à faire et que souvent les médecins n’étaient pas à l’écoute car ils sont débordés et n’ont pas le temps. J’ai évoqué mon souhait, à plus ou moins long terme, d’organiser ponctuellement un groupe de parole, pour que toutes les personnes isolées ne le soient plus. Elle a trouvé que c’était une excellente idée, donc je sais que je pourrai compter sur son soutien lorsque je me lancerai dans ce projet.

Enfin, lors du transfert, qui a eu lieu un jeudi, on nous a dit qu’on nous tiendrait au courant le samedi suivant du devenir des derniers embryons. Nous attendions donc des nouvelles de ces poussières de vie avec impatience. Mais, lorsque mon chéri a appelé, on lui a dit à quel point le centre était débordé par les FIV ce jour-là et qu’il fallait s’attendre à n’avoir des nouvelles que le lundi suivant. Pardon ????????? J’ai vu rouge !! Alors que débutait pour nous une énième attente de 12 jours avant d’avoir les résultats de FIV 2, on nous imposait d’attendre 2 jours pour avoir des nouvelles de nos mini nous !! Je me suis alors posé la question suivante : « A qui appartiennent ces embryons ? » Techniquement, ils ont nos gènes et on en a suffisamment pâti pour en être légalement responsables. Pour eux, ça ne représentait sûrement que des paillettes, mais pour nous, ça représente tant d’espoir !!! Ce ne sont pas que des paillettes, ce sont potentiellement les enfants qu’on accompagnera à l’école quand ils auront 3 ans, la larme à l’œil de les voir commencer à s’émanciper…

Forte de tout ce que j’ai lu ici, je me suis sentie très BAMP ce jour-là ! J’ai pris mon courage à deux mains (sachant que j’ai le conflit en horreur !) et j’ai demandé à connaître les résultats finaux. Même réponse. J’ai donc expliqué à mon interlocutrice que nous passions beaucoup de temps à attendre, dans nos parcours, que c’était une grande source de stress pour nous et qu’il était très important que nous ayons des nouvelles de nos petits bouts de vie. Je suis restée conciliante et souriante, mais absolument déterminée. A 13h, j’ai fini par avoir des nouvelles !

Au jour d’aujourd’hui, je suis dans l’attente des résultats qui auront lieu demain mais, quoi qu’il arrive, chéri et moi avons la certitude que nous n’aurons aucun regret.

J’ignore si pour moi, tout ça sera terminé demain. Ma seule certitude c’est que plus que jamais, j’ai le désir, à ma petite échelle, de faire évoluer les choses. Je compte envoyer le manifeste aux gynécologues et aux biologistes, en utilisant le seul mail à ma disposition : celui du directeur du centre AMP himself. Le manifeste sera accompagné d’un mail sur l’importance de transmettre un tel document à tous les gynécologues et biologistes du centre. Je vérifierai bien entendu que l’information a été transmise auprès des personnes concernées…

Et pour conclure, je pense envoyer le manifeste à une gynécologue libérale suffisamment incompétente pour avoir laissé un couple dans l’attente, l’incompréhension, la souffrance et la culpabilité pendant 2 longues années, sans jamais prescrire ne serait-ce qu’un spermogramme. Son discours se résumait à : « C’est psychologique. » Trouvant ceci psychologiquement inacceptable, j’espère pouvoir obtenir ses coordonnées pour lui transmettre une copie du manifeste.

Reprenons le contrôle de nos vies !

JULYS974