Journal d’une FIV – Un docu-témoignage

Samedi 24 février 2018, c’est l’anniversaire de la naissance d’Amandine, le premier bébé français né grâce à une fécondation in vitro.

C’était il y a 36 ans.

Samedi 24 février 2018, c’est aussi la diffusion d’un documentaire-témoignage qui s’annonce comme exceptionnel. En plein débat sur la révision de la loi de bioéthique dont l’amp semble être le sujet le plus polémique, donner la parole, montrer ce que vivent les personnes qui désirent avoir des enfants et qui n’y arrivent pas, va à n’en pas douter faire date.

Montrer, mais pas seulement sous le seul angle strictement médical, raconter comment ce désir et cette impossibilité occupent tous les aspects de la vie d’une personne, d’un couple, d’une famille et donc d’une société de plus en plus impactée par nos difficultés procréatives.

Ce journal d’une FIV, qui mêle des images prises par Monsieur sur le vif avec son téléphone portable, d’autres prises par Madame pour construire le film et avec des images personnelles des années 70, pour mettre en lien les générations et les désirs d’avoir des enfants, nous laisse espérer d’un résultat à la hauteur des besoins exprimés par beaucoup de personne en parcours d’AMP : Donner la parole aux personnes concernées, faire tomber les tabous, les préjugés, remettre cette histoire dans le contexte sociologique et sanitaire actuel, qui n’est plus celui de nos parents. Pour aussi, prévenir les jeunes générations.

Enfin un grand et beau documentaire sur la fécondation in vitro, sur la vie des gens marquée par cette difficulté qu’est l’infertilité, les infertilités.

BRAVO et MERCI à Raphaëlle CATTEAU et à TEVA pour la diffusion.

Enormes émotions rien qu’en regardant les deux bandes annonces.

A ne surtout pas rater, samedi 24 février 2018 à 20h50 sur TEVA

 

 

 

 

 

Témoigner, Informer et agir de la plus belle manière

Des articles dans différents médias :

20 minutes

Interview de Raphaëlle CATTEAU pour GRAZIA

 

 

 

Témoignage – protocole amp non adapté ?

Mon expérience : traitement de la stérilité masculine quand la femme a plus de 37 ans.
Je voulais vous faire part de mon expérience de PMA (qui s’est bien terminée).
J’ai 36 ans et un bon bilan hormonal lorsque l’on découvre que mon conjoint est OATS extrême (le spermogramme ne nous a été proposé qu’après de nombreux examens pour moi et un test de Hühner qui nous a alertés).

 
Nous sommes pris en charge dans un centre PMA réputé :
– 1ère FIV (IMSI), des embryons de mauvaise qualité qui ne seront pas transférés (mes ovocytes sont peut-être de mauvaise qualité ou bien le protocole ne me convient pas)
– 2ème FIV (IMSI), 7 embryons à J3, 2 transférés (négatif), 1 congelé à J6, TEV : grossesse biochimique
– 3ème FIV (IMSI), même protocole : 9 embryons à J3, 2 J5 transférés (négatif)
– 4ème FIV (IMSI) (changement de produit : Menopur pour obtenir des ovocytes de meilleure qualité) : 4 embryons de mauvaise qualité qui ne seront pas transférés.
La gynécologue qui me suit me propose de refaire rapidement une FIV en adaptant le traitement. J’ai réagi très vite, les follicules étaient trop matures. Je dois revenir après passage en commission pour chercher mon ordonnance. Lorsque je reviens, c’est un autre médecin qui me reçoit et m’explique, que, d’après mes résultats, il me conseille de passer au don, plutôt don de sperme, mais de ne pas trop m’acharner avec mes gamètes (j’ai presque 39 ans et une AMH à 1,6 ; le reste étant bon).
Je souhaite quand même revoir la gynécologue qui me suit : pour elle, il faut passer au double don, il est trop tard pour une IAD, mes ovocytes sont de mauvaise qualité.
J’ai toujours signalé que nous n’étions pas contre un don de sperme et on m’a toujours répondu que nous avions le temps, que le moment n’était pas venu d’une inscription au CECOS, je ne comprends donc pas ce changement de ton si soudain. J’épluche les blogs de femmes ayant eu recours à un don d’ovocyte et je ne retrouve pas du tout mon profil, j’ai l’impression qu’on m’a rendue stérile en voulant préserver la fertilité de mon conjoint (qui n’a jamais compris qu’on ne nous oriente pas vers un don de sperme).
Grâce aux bons conseils de la fondatrice de BAMP, nous consultons une gynécologue qui prend le temps d’étudier notre dossier à fond. Elle veut retenter une FIV, mais souhaite avoir le taux de fragmentation et de condensation des spermatozoïdes (cet examen n’a jamais pu être réalisé faute de spermatozoïdes en nombre suffisant). Elle propose tout simplement de faire plusieurs recueils. Avec un seul recueil, nous obtenons ces résultats, qui ne sont pas bons du tout. Entre temps, mon AMH a chuté, passant à 0,8 puis à 0,1 malgré une prise de DHEA, mais notre gynécologue magicienne me dit que finalement, c’est comme si je n’avais jamais essayé de tomber enceinte (après 4 FIV, j’en veux un peu à la précédente équipe).

 

 

Mon taux d’AMH ne l’inquiète pas puisque le reste est bon. On n’a plus beaucoup de temps, mais on tente une IAD (ayant eu la bonne surprise de n’avoir que 6 mois d’attente pour un don de sperme au CECOS). Pour ne rien regretter, je fais ma première piqûre de Gonal f en me demandant pourquoi je m’inflige cela. Je réagis bien, et cette tentative sera la bonne malgré mon âge (j’ai presque 40 ans) et une AMH quasi nulle.
Pourquoi ne nous a-t-on pas proposé une IAD plus tôt ? Pourquoi s’être focalisé sur mes ovocytes alors que mon conjoint est très infertile et que je n’avais apparemment pas de problèmes de fertilité ? Pourquoi propose-t-on beaucoup plus facilement un don d’ovocyte qu’un don de sperme ? Tant de questions auxquelles je n’ai toujours pas de réponses… Je voulais vous faire part de mon expérience – qui ne vaut pas diagnostic pour quelqu’un d’autre – pour montrer que l’AMH n’est pas le seul facteur prédictif d’une réussite et qu’il est parfois bon de prendre l’avis d’un autre médecin…

Ce qu’il faut pour fabriquer un bébé… en FIV !

Ou tout du moins essayer d’en fabriquer, se rapprocher du graal, ou tout simplement prolonger l’espoir et avoir juste une chance d’atteindre ce rêve.

En temps normal, dans mon entourage, en moins de 6 mois d’essais et en quelques étreintes plus ou moins bien placées sur un cycle pourtant souvent mal connu dans son fonctionnement, c’est emballé, l’affaire, ou plutôt le rejeton, étant dans le sac. Pas non plus de fausse couche à l’horizon. A croire que l’hyper fertile n’a souvent pas ce souci là non plus.

Matériellement, 1 bébé au naturel en moins de 6 mois c’est quelques boites d’acide folique, et un test de grossesse. Simple, facile, pas cher, amusant et sans bavure.

Quand, nous, les infertiles, au bout d’1 an de galère, on aborde le sujet de ce bébé qui n’arrive pas, souvent, par méconnaissance, l’entourage énonce ce qu’il croit être une vérité et est en fait une double contre-vérité : La FIV ça marche ( malheureusement non, pas pour la moitié des couples, mais ce n’est pas le sujet de cet article…) et pouf-pouf-magie de la science la FIV c’est une promenade de santé, quelques médocs, une écho ou 2, et le bébé kangourou est dans la poche.

Parce qu’une illustration est souvent plus forte que des mots, j’ai décidé que pour cette 2eme FIV j’allais conserver l’ensemble des boites de médicaments sur ordonnance utilisées et de faire une photo de groupe de l’ensemble des participants à la fin et de vous  lister l’ensemble des actes et consultations de MA FIV.

Afin qu’on n’entende plus que la FIV c’est facile, et surtout que ceux qui ne connaissent pas se rendent compte de ce qu’on ingurgite ou s’injecte,  de la vie (perso, amicale, boulot) qui s’arrête pendant ces presque-2-mois de protocole.

 

Alors, du début à la fin une FIV ça donne CA:

 

  • En nombre d’injections:

o    Décapept*l en déclenchement d’ovulation et en soutien post-transfert (3 injections)

o    Orgalutr*n, pour contrôler l’ovulation et éviter qu’elle n’intervienne avant la ponction (3 injections)

o    Menop*r : 9 jours de stimulation (piqures quotidiennes) soit 33 ampoules à casser de mes petits doigts malhabiles et mélanger au solvant. Soit 7 boites injectées dans la panse, à heure quasi fixe, et donc parfois dans des lieux improbables et non prévus pour cela

o    Perfusion d’intr*lipides anti-inflammatoires à l’hôpital, 1 poche, 3 heures de patience, 1 arrêt de travail d’1 journée et 2 veines explosées (junkie style !)

 

Soit 16 injections, 2 veines éclatées, un look de droguée !

 

  • Médicaments:

o    1 boite de pilule contraceptive (pour le blocage, je suis chanceuse d’échapper aux injections pour créer une ménopause artificielle), pendant 12 jours

o    Asp*rine : 1 cp /jour, sur tout le cycle

o    Antibi*tiques dès le jour de la ponction et pour 5 jours (2 cp/jours) : 10 cp = 1 boite

o    Cortis*ne (pour contrer les cellules tueuses et le système immunitaire capricieux) : 1 cp par jour dès le 1er jour de stimulation et jusqu’à la prise de sang au pire (au mieux, c’est plusieurs mois quand il y a grossesse) : 2 boites

o    Vit*mine E : 2 cp/jour, sur l’ensemble du cycle

o    Pentox*filine 1 cp/jour, du 1er jour de cycle à la ponction

o    Acide f*lique : 2 cp/tous les 2 jours

o    Progester*ne : débutée à 3 DPO à la dose de 6 ovules/jours soit 66 ovules. Un délice ! Pour celles qui ne connaissent pas (les bienheureuses !!!!), cela permet à terme de renouveler l’ensemble de son stock de culottes tellement ça flingue tout sur son passage. En plus, certaines Lucky Girls ne sont pas à l’abri de démangeaisons fort agréables…je vous passe les détails, âmes sensibles s’abstenir.

o    Oestr*gènes : 2 cp/jour dès 3 DPO et jusqu’à la prise de sang (soit 25 comprimés, et eux aussi par voie basse, manquait plus qu’eux au sous-sol pour que la fête soit complète !)

  • Compléments alimentaires: Procré*lia Femme, 2 cp/jour, non remboursés

 

Soit 320 comprimés/ovules/cachets ! Oui, 320, pas d’erreur!

 

  • Le suivi médical à proprement parler:

o    Une échographie de lancement (Top départ !) . A noter que chaque échographie est endovaginale (j’ai failli oublier de le préciser tellement toute PMette est habituée et aurait presque le réflexe d’enlever ses dessous même pour une échographie de la cheville 😉 )

o    3 échographies de suivi et consultations, calées tant bien que mal dans mon emploi de vilaine-working-girl-ayant-attendu-l’age-canonique-de-31-ans-pour-essayer-de-procréer (tuons les idées reçues !), c’est toujours un bonheur de commencer la journée à l’aube, dans le rush et pattes en l’air et d’arriver à la bourre en catimini au bureau, pour 2 jours après prendre une pause déjeuner de 3 heures pour la 2eme écho et partir à 16h (tu prends ton après midi ? ) pour la dernière.

o    Prise de sang pour les dosages hormonaux à 3 reprises, l’occasion de massacrer les 2 bras (massacre débuté à l’hôpital grâce à la perfusion d’intralipides). Là aussi, le matin, tôt, très tôt, mais sans rendez-vous dans un labo privé, ou 1er arrivé/1er piqué. Ce qui est drôle (challenge, challenge…) c’est de caser en même temps écho ET prise de sang, dans 2 endroits différents et bien éloignés l’un de l’autre et du bureau aussi. Oserais-je annoncer l’heure d’arrivée au bureau ce jour là…. ?

o    Une belle ponction des familles. Avec anesthésie générale (junkie style, le retour), précédée d’une agréable douche à la Bétadine (de M***de). Avec en récompense pour votre courage, une collation constituée de 2 délicieuses biscottes en milieu d’après-midi.

o    Pour la chanceuse que je suis : des embryons et finalement 3 survivants à J5 et donc un transfert de 2 potentielles merveilles. Alors le transfert, pour les novices, c’est échographie… endovaginale (c’est bien, vous suivez), vessie mi-pleine (celles qui ont trouvé le nombre de millilitres adéquats à avaler pour se conformer aux consignes ont toutes mon admiration!)

o    Une prise de sang officielle, après 10 jours d’angoisse

Soit 4 échographies et 4 prises de sang

fiv 2 medoc

TOUT CA.

Pour ça.

 

o    Et pour la looseuse que je suis finalement, 4 prises de sang supplémentaires de dosage d’un BHCG balbutiant et 1 échographie couperet. Car il y eu miracle. De courte durée.

 

Et mon truc en plu(me)s, pour information : 2 séances d’acupunctures (à J8 et le jour du transfert) et le fameux cachet d’ibuprofène 400 mg environ 1 h avant le transfert.

 

La prochaine fois que vous entendez « t’as qu’à faire une FIV, c’est trooooop facile », après avoir réfréné votre pulsion de leur casser les dents, renvoyez les ici, ça les instruira!