Vers la fin de la congélation-décongélation des ovocytes et des embryons ?

La Haute Autorité de Santé s’est autosaisie sur sa compétence « d’évaluation des technologies de santé« , d’une démarche d’évaluation  des « actes de vitrification et réchauffement ovocytaire – vitrification et réchauffement embryonnaire« . Les résultats de cette évaluation, ainsi que les préconisations ont été publié le 26 juillet 2017.

Cette évaluation indique :

  • Que les études montrent que l’évaluation de l’efficacité d’aucune des techniques – congélation/décongélation versus vitrification/dévitrification ne peut être démontré, en ce qui concerne leur impact sur les taux de naissance vivante. En d’autres termes obtenir de « beaux embryons » ne préjuge aucunement d’un bébé à l’arrivée.
  • Que la vitrification/dévitrification des ovocytes et des embryons donne de meilleurs résultats en terme :
    • survie des ovocytes et des embryons à la dévitrification
    • grossesse clinique (différent de naissances vivantes)
  • Qu’il n’y a pas de différence significative entre des ovocytes frais et des ovocytes vitrifiés
  • Qu’il n’y a pas de risque supplémentaire à l’utilisation de la vitrification
  • Que la technique de vitrification/dévitrification est largement répandue dans les équipes d’AMP en France
  • Que le protocole d’utilisation est indiqué dans le guide des bonnes pratiques en AMP. Guide sur lequel nous avons travaillé avec l’Agence de Biomédecine fin 2016 et début 2017, pour y apporter des modifications dont certaines ont été retenues.

La Haute Autorité de Santé au regard de ces conclusions, préconise de substituer « totalement » la vitrification/dévitrification des ovocytes et des embryons à la congélation/décongélation. Reste à vérifier si toutes les équipes non encore équipés des systèmes de vitrification (descente ultra rapide de la température) vont pouvoir rapidement s’équiper pour que l’harmonisation des pratiques vers plus de performance (Proposition n°18 du Manifeste BAMP) soit rapidement effective sur tout le territoire. Espérons aussi qu’au delà des soucis financiers, certaines équipes ne fassent pas de la résistance au changement. A suivre donc, nous resterons vigilantes pour que ce « progrès » puisse bénéficier à tous.

Un nouveau terme va donc être utilisé, en remplacement de décongélation ou dévitrification, dans cette période transitoire où les deux méthodes vont cohabiter, suite à cette publication de la H.A.S. Car actuellement, certains d’entre vous ont des embryons ou des ovocytes congelés, quand d’autres ont des « vitrifiés » ! Vous entendrez donc peut-être parler de « réchauffement embryonnaire« , pour mettre tout le monde d’accord, mais surtout pour l’assurance maladie.

Si vous voulez lire le dossier dans le détail, c’est par ici

On nous prend pour des quiches ? Avis du CCNE, sur l’autoconservation des ovocytes

Il nous semble important de revenir sur la question de l’autoconservation ovocytaires, qui n’a pas obtenu la bénédiction du CCNE. Alors qu’il indique que « Le déclin de la fertilité est une déficience pathologique », pourquoi ne pas donner un avis favorable sur une des possibilités offertes, par les progrès de la science, pour y remédier justement ?

A la lecture de cet avis, je m’attendais à des arguments de haute volée, les sages du CCNE, ayant pris le temps de la REFLEXION éthique, de l’ANALYSE éthique et de l’ECRITURE éthique. Mais finalement, après avoir lu dans le détail, les 78 pages de l’avis n°126 (15 juin 2017) intitulé « Avis du CCNE sur les demandes sociétales de recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP) », et plus précisément en ce qui concerne l’autoconservation des ovocytes, l’impression générale qui en ressort, c’est un manque d’envergure intellectuelle tant sur l’analyse que sur les propositions.

C’est aussi une vision un peu obsolète de ce que sont les femmes qui est proposé dans ce texte. Sur leurs capacités d’analyse, sur la place qu’elles occupent dans la société actuelle, dans le travail. Un paternalisme dégoulinant de bons sentiments à l’encontre des femmes qu’il faudrait protéger d’elles-mêmes, et du monde du travail et a qui, il est conseillé de penser à faire des enfants plus tôt. Proposition certes évidente biologiquement parlant, mais qui en termes de communication efficace, risque de résonner dans le vide aux oreilles des femmes de 2017.

Ce qui est aussi très surprenant et redondant à plusieurs endroits du texte, ce sont tout un tas de Lapalissades qui loin d’éclairer le lecteur, le laisse dans un état dubitatif, quand il se dit qu’il est en train de lire un texte écrit par de « grands intellectuels » comme l’a souligné Monsieur DELFRAISSY (président du CCNE) mardi soir sur France Inter. Par exemple pour expliquer la « disjonction entre la personne et les éléments de son corps » dans le prélèvement d’ovocytes on nous annonce (page 5). que : «Les ovocytes prélevés « jeunes » seraient intégrés après leur fécondation dans un corps qui aurait vieilli »……..Marty McFly sort du CCNE !

Les membres du CCNE nous parlent du souci éthique que pose la disjonction entre le corps, la procréation et la filiation, avec l’AMP et encore plus avec le don de gamètes. Justement faire vitrifier ses ovocytes, permet de résoudre cet aspect en faisant correspondre la procréation « génétique » avec la filiation, puisque la femme utiliserait ses ovocytes et non ceux d’une donneuse.

Pour le CCNE, cette potentielle vitrification serait non pas une « assurance, mais une pseudo assurance »…..puisque l’autoconservation obligera à une procédure de FIV, oui, c’est encore une fois une évidence qui est énoncée et qui semble nous prendre pour des idiotes, qui pensions qu’une fois nos ovocytes congelés, il suffisait de les gober pour voir arriver une grossesse !

L’argument suivant, que vous pourrez trouver page 11, est encore plus surprenant. L’auteur nous indique qu‘une « FIV-ICSI avec ses propre ovocytes conservés, dont le succès peut être estimé comme ne dépassant pas 60-70% », c’est un taux de réussite énorme, si on le compare aux taux de réussite des FIV (en situation d’infertilité) qui tournent en moyenne entre 20 à 25%. Donc si l’on suit leur logique, il vaut mieux faire des FIV dont les taux de réussite sont mauvais plutôt que de profiter des 60 à 70 % de taux de réussite dans le cadre d’une FIV avec ces ovocytes autoconservés.

Autoconservation à des fins de «précaution» pourquoi utiliser ce terme ? Pour nous, personnes infertiles, stériles, faire vitrifier ses ovocytes, c’est de la prévention, un acte médical pour prévenir « le déclin de la fertilité » en tant que « déficience pathologique ». Préserver plutôt que d’accumuler des échecs 10 ou 15 ans après ! Pourquoi d’un côté dire OUI, il y a déclin et déficience et de l’autre dire, non à la proposition de préserver ?

Est-ce par manque de connaissances sur ce sujet ? Il est important de noter que les associations de femmes, ou les associations de personnes infertiles, stériles n’ont pas été auditionnées par les « Sages » du CCNE. Ce n’est pas faute de les avoir sollicités et ce depuis 2013.

Pour paraphraser un célèbre « magazine plus féminin du cerveau que du capiton » et pour résumer l’argumentaire du CCNE sur l’autoconservation : « On nous prend pour des quiches ! ». Justement, une des grandes idées de cet avis, c’est de préconiser comme moyen d’information, le recours aux magazines féminins qui en prennent quand même pour leur grade au passage : « certains ayant tendance à présenter de manière très positive les grossesses tardives sans informer sur l’augmentation des risques ».

Mais ce qui est le plus affligeant, rien ou si peu sur la nécessité, comme nous le demandons dans notre manifeste, sur la mise en place d’une VRAIE POLITIQUE d’information, de sensibilisation, de prévention, sur la fertilité humaine, sur l’infertilité, en direction des jeunes femmes et des jeunes hommes (propositions numéros 1, 2, 3, 5, 6, 7 du manifeste BAMP), qui s’appuierait sur les médecins généralistes, les gynécologues de villes, les médecins et infirmiers scolaires et universitaires, et sur les associations qui ne semblent ne pas exister pour les « sages » du CCNE (ni auditionnées, ni envisagées comme actrices dans l’information des femmes).

Le CCNE avance l’argument de l’autonomie des femmes à décider et à faire des choix. Là on applaudit, donnons la parole aux femmes, faisons confiance en leur intelligence, en leur capacité à faire des choix éclairés. Mais finalement, le CCNE nous dit que les femmes doivent renoncer, réfléchir, faire des enfants plus tôt, prendre conscience que la « maternité ne s’assimile pas, à un renoncement professionnel, social et personnel ». On le sait bien, les femmes vivent dans un monde parallèle, hors sol du reste de la société, donc rien ne s’imposent à elles du fait des autres, de l’organisation du travail, de la répartition des tâches et des rôles socio-économiques et reproductifs. Cette phrase que vous pouvez trouver en bas de la page 15 , aurait été plus en phase avec la réalité du monde du travail, rédigée ainsi : « afin que la maternité ne s’assimile pas, POUR LES ENTREPRISES, à un renoncement professionnel, social et personnel ». Or, là le CCNE fait porter encore un fois, toute la responsabilité de cette situation aux femmes, pauvres cruches qui pensent que la maternité les éloigne du monde du travail et qui donc repoussent leur maternité pour ne pas s’exclurent.

Dans sa conclusion le CCNE tente de justifier son refus, avec le résumé des arguments CONTRE et POUR :
POUR l’autoconservation :
· « L’autonomie des femmes » pourrait s’exercer. Pas trop tôt ! Merci.
· Nécessite une information sur les contraintes, les risques de l’autoconservation et les taux de réussite de l’AMP. L’information c’est toujours bien, nécessaire sur les réalités de l’AMP, libre ensuite à chacun d’en faire ce qu’il souhaite dans ses choix de vie.
· Permet de « repenser l’organisation vie privée / vie professionnelle ». C’est une chose qu’il faudrait vraiment que la société, le monde du travail repensent justement.
· « Fait porter le poids financier de cette vitrification sur les femmes » et non sur la sécurité sociale. Donc pas de problème de sous-sous, sauf peut-être pour les femmes qui n’auraient pas les moyens ? Et celles qui découvriraient, qu’elles sont infertiles, voir stériles ? Il semblerait que les « sages » n’aient pas réfléchis à cela.

CONTRE l’autoconservation :
· Le « risque des grossesse tardives »…………mais une information éclairée existe déjà, il faut certes l’intensifier. De plus, les femmes n’ont pas attendu la vitrification pour faire des bébés plus tard !
· Le « risque des pressions socio-professionnelles »……..Elles existent déjà de façon importantes pour pleins d’autres raisons qui ne sont pas QUE du fait des femmes, loin de là.
· Le « bénéfice de la méthode face aux moyens engagés »………Donc il vaut mieux attendre plus tard et accumuler des tentatives de FIV, sans succès ? Quid aussi des femmes fertiles, qui vivent avec un homme infertile ou stérile ?

Etrangement, de notre point de vue, même les arguments soi-disant CONTRE, ne tiennent pas la route de la logique et de la réflexion sur le thème de la prévention versus recours à l’AMP plus tard. Et pourtant, le CCNE termine page 17 sur : « Compte tenu de ces éléments, la proposition d’autoconservation ovocytaire à toutes les femmes jeunes qui le demandent, en vue d’une hypothétique utilisation ultérieure, paraît difficile à défendre ». Voilà, mesdames vous pouvez rentrer chez vous, les « sages » ont conclu.

Peut-être que si les «sages» du CCNE avait demandé leur avis aux personnes infertiles, stériles, aux femmes qui n’ayant pas pu conserver leur ovocytes à un âge où ils auraient été performants, ont accumulés des tentatives de FIV, des échecs, des remises en questions personnelles, sociales, un engagement parfois par dépit dans une FIV avec don d’ovocytes. Ils auraient pu être éclairé autrement sur la nécessité d’autoriser l’autoconservation des ovocytes aux femmes qui en éprouvent le besoin ?

Il y a une nécessité à repenser la fertilité et son corollaire l’infertilité dans le contexte actuel où les pollutions environnementales perturbent de plus en plus nos fertilités, où l’organisation sociale du travail impose un rythme de vie qui influe directement sur la vie privée des personnes, où les structures familiales et reproductives bougent. Il faut situer cette question de l’autoconservation des ovocytes et du recours à l’AMP si besoin, dans une pensées complexe, qui semble avoir fait défaut aux sages du CCNE.

Au passage nous vous rappelons que les hommes sont autorisés à conserver leurs spermatozoïdes lorsqu’ils font le choix de réaliser une vasectomie et ce depuis des lustres. Est-ce qu’on leur demande s’ils ont bien conscience « de la dissociation immédiate entre leur personne et des éléments de leur corps » (page 10), avant de signer l’ordonnance préconisant la préservation de leurs spermatozoïdes ?

L’Académie de Médecine, au contraire du CCNE et le Conseil National des Gynécologues et Obstétriciens Français se sont prononcés favorablement pour cette autoconservation ovocytaire, récemment pour le premier et depuis plusieurs années pour le deuxième.

Il faut souligner que cet avis contient aussi un texte des « sages » qui se sont prononcés POUR l’autoconservation des ovocytes. Pages 47 et 48, « Autoconservation ovocytaire : position ouvrant la possibilité d’une autoconservation ovocytaire chez les femmes au -delà de 35 ans ». On tique sur l’âge proposé pour cette autoconservation, quand les spécialistes indiquent que l’âge optimal pour réaliser cette autoconservation se situe entre 25 et 35 ans, qu’au-delà, les gamètes commencent généralement leur déclin.

Nous vous invitons aussi à relire les textes que nous avons déjà écrits sur le sujet de la préservation de la fertilité et l’autoconservation des ovocytes hors contexte d’infertilité.

Nous vous invitons aussi à signer notre pétition sur la base du Manifeste « 48 propositions pour améliorer la prise en charge de l’infertilité et de l’AMP en France ». Vous pouvez aussi rejoindre l’association dans ses actions de sensibilisation et d’information en direction des députés, sénateurs et de notre nouveau gouvernement.
Si le gouvernement décide de faire passer ces changements dans le cadre d’ordonnances, le temps est compté. S’il envisage que ce sujet soit traité dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, les débats autour de la révision commencerons fin 2017 pour un vote de la loi en 2018. Dans tous les cas, le temps est compté pour faire grandir notre mobilisation.

Voici d’ailleurs une pétition que nous venons de lancer sur POUR l’autoconservation des ovocytes et pour la préservation de la fertilité ! A signer et à partager largement ! https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pour-l-autoconservation-des-ovocytes-965d83a9-6d84-46fd-b271-9b9bf7f750c1?recruiter=661610540&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

Si vous voulez lire l’avis dans son intégralité, c’est ici

Auto-conservation des ovocytes, vers une réelle avancée…….. pour 2018 ?

Comme vous avez pu le voir ou l’entendre ces derniers jours, l’académie de médecine, a rendu un rapport  en faveur de la conservation des ovocytes hors contexte d’infertilité, qu’ils nomment eux « autoconservation comme prévention de l’infertilité liée à l’âge« .

C’est un pas énorme vers une réelle avancée dans ce domaine, avancée que nous réclamons et attendons depuis la création de l’association en 2013. Elle ne pourra être effective qu’avec une révision de la loi de bioéthique en 2018.

Nous savons bien, nous « vieilles » infertiles, vieilles pas forcément en âge, mais en entrée en AMP à une époque toute proche avant 2011 (et les premières vitrifications d’ovocytes en France), où la loi de bioéthique venait tout juste de dire « ok pour la conservation des ovocytes en contre partie d’un don« , bon ok aussi pour dire que le décret d’application, n’arrivera que fin 2015. Donc, nous « vieilles » femmes  infertiles ou stériles, si nous avions su et pu préserver nos ovocytes, nous l’aurions fait, pour nous éviter les échecs des tentatives d’AMP et/ou pour éviter le recours au don d’ovocyte.

Voir l’article que nous avions publié dans l’Express en octobre 2014. Ou plus complet sur le site de BAMP  « Vitrifier mes ovocytes, si je veux et si je peux« , car depuis la création de l’association, c’est une demande que nous avons inclu dans notre Manifeste, que nous diffusons aux médecins AMP comme aux politiques.

En 2014, nous avions participé aux travaux des étudiants de l’école des Mines sur « Faut-il autoriser l’autoconservation des ovocytes ? »

L’académie de médecine est une autorité médicale importante en France « elle peut être saisie d’une demande d’avis par les Pouvoirs publics mais elle peut aussi s’autosaisir dans les domaines de la santé mais plus volontiers sur les questions de Santé publique et d’Ethique médicale« , on peut donc penser que l’avis rendu puisse influencer un gouvernement dont le président, lors de sa récente campagne s’était déclaré favorable à cette évolution. Reste à attendre l’avis du CCNE, puis les débats sur la révision de la loi de bioéthique.

En tout cas tous les signaux semblent au vert, ce qui est très positif pour voir ENFIN la France, évoluer sur cette question. Il faut cependant, rester vigilant et continuer notre travail de sensibilisation, d’information, de volonté de changement. Car pour l’instant rien n’est encore acquis.

Vous pouvez lire, dans son intégralité, le rapport de l’académie de médecine ici, mais je vous résume les éléments essentiels :

Ils énoncent les différents principes à l’œuvre pour soutenir un avis positif vis à vis de l’autoconservation.

  • Principe de bienfaisance
  • Principe d’autonomie
  • Principe d’égalité
  • Ils alertent aussi contre un risque de médicalisation accrue que pourrait induire trop de vitrification hors contexte d’infertilité, en effet, ce n’est pas négligeable physiquement de s’injecter des hormones et de passer au bloc…..juste pour faire vitrifier des ovocytes dont on n’aura peut-être pas besoin de se servir.

Recommandations de l’Académie de médecine pour que  « L’autoconservation des ovocytes soit accordée dans trois circonstances : 
La préservation de la fertilité pour raisons médicales (tel que c’est déjà le cas)

Le don d’ovocytes (depuis loi 2011 et décret 2015)

La prévention de l’infertilité liée à l’âge (voilà la grande avancée, que nous demandons depuis la création de l’association COLLECTIF BAMP !)

La loi de bioéthique du 7 juillet 2011 sur le don d’ovocytes découple le don de la conservation pour soi même, car cette loi impose aux femmes qui souhaitent conserver leurs ovocytes en prévention de l’infertilité liées à l’âge, des conditions pratiquement irréalisables et contraires à la déontologie médicales (besoin de trois ou quatre cycles de stimulations pour obtenir le nombre suffisant d’ovocytes pour espérer une grossesse)

Cette démarche soit réservée aux femmes majeures, sous réserves d’une information exhaustive sur les méthodes, leurs coûts, sur l’âge recommandé du recueil, avant 35 ans, et l’âge d’utilisation ultérieur des ovocytes, avant 45 ans, sur les chances de succès, les risques d’échecs ou de complication, les risques de grossesses tardives, liés à la procédure.

Aux femmes qui sollicitent cette procédure soient prodigués les conseils et accordé le délai de réflexion propres à leur permettre d’approfondir leur décision.

Les médecins chargés de la procédure puissent s’assurer que la décision des femmes de conserver leurs ovocytes soit exempte de toute pression sociale, professionnelle ou commerciale.

Avant 35 ans, les femmes et les hommes soient informés de l’évolution de la fertilité avec l’âge et sur les risques des grossesses tardives, comme l’assurance maladie le fait pour les questions de santé publique.

Il soit effectué un suivi à long terme des mères et des enfants issus de cette technique ». RAPPORT ANM DU 13 JUIN 2017

La reconnaissance par la loi de la légitimité de l’autoconservation des ovocytes « pour raison d’âge », va-t-elle aussi ouvrir l’accès à l’AMP à toutes les femmes ? On peut légitimement s’interroger, car si les femmes sont prochainement autorisées à faire vitrifier leurs ovocytes, donc sans forcément ETRE DANS UN COUPLE HETEROSEXUEL, il semblerait logique que l’accès à l’AMP leur soit aussi enfin autorisé, qu’elles soient seules ou en couple homosexuel. Car il ne serait pas cohérent d’un côté de pouvoir faire vitrifier ses ovocytes et d’un autre de ne pas pouvoir les utiliser dans le cadre d’une AMP, si besoin.

Hors si la loi de bioéthique ne change pas, cela ne sera pas possible, car elle fixe clairement l’accès de l’AMP à une notion de couple hétérosexuel : « L’assistance médicale à la procréation a pour objet de remédier à l’infertilité d’un couple ou d’éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une particulière gravité. Le caractère pathologique de l’infertilité doit être médicalement diagnostiqué.
L’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer et consentir préalablement au transfert des embryons ou à l’insémination. Font obstacle à l’insémination ou au transfert des embryons le décès d’un des membres du couple, le dépôt d’une requête en divorce ou en séparation de corps ou la cessation de la communauté de vie, ainsi que la révocation par écrit du consentement par l’homme ou la femme auprès du médecin chargé de mettre en oeuvre l’assistance médicale à la procréation. »

Il faut donc se mobiliser, comme nous l’avions fait pour le projet AMP-TRAVAIL, en allant voir tous nos nouveaux députés, mais aussi nos sénateurs, pour leur parler d’AMP et de nos demandes d’évolution de la loi de bioéthique. Du côté de BAMP, les courriers vont partir prochainement, vers les nouveaux ministres aussi. Si vous voulez vous mobiliser pour 2018, prenez rendez-vous avec le nouveau député de votre circonscription. Nous pouvons vous aider à préparer cet entretien.

De plus, un autre gros travail de prévention va devoir se mettre en place, comme nous le demandons aussi, depuis la création de l’association, sur la mise en place une importante campagne d’information, sur la fertilité humaine, son déclin inexorable avec l’âge, mais aussi de l’impact négatif, des différentes pollutions, sur nos gamètes reproductives. La vitrification même dans la période optimum qui se situe entre 25 et 35 ans, ne pourra « réparer » un ovocyte dont l’adn sera négativement modifié.

Pour que cette  préservation puisse avoir tout son sens, il faut qu’elle soit réalisée avec des gamètes en bonne santé, tant en terme de jeunesse que d’ADN. Attention que la vitrification pour « raison d’âge », ne devienne pas LA solution, comme la FIV peut l’être, encore aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif.

Des questions restent en suspend, et c’est le législateur qui tranchera, d’où l’importance de faire entendre nos voix, sur notamment la prise en charge financière de ces vitrifications « pour raison d’âge ».

Est-ce que les femmes ayant déjà des enfants serons autorisées à faire cette démarche ?

Allons-nous vers une conservation des gamètes, plutôt que des embryons ?

Les équipes d’AMP, déjà actuellement surchargées vont-elles avoir les moyens de prendre en charge ces potentielles nouvelles patientes ?

Comment va s’organiser matériellement la conservation ? Les cuves étant déjà bien remplies avec les embryons surnuméraires.

Quid aussi des femmes qui vont vouloir faire vitrifier leurs ovocytes et qui vont découvrir qu’elles sont en fait infertiles, voir stériles ? Nous demandons aussi la mise en place de bilan de fertilité, qui pourraient permettre à ceux qui le souhaitent de faire le point en amont. Qui pour accompagner ces parcours de vie ?

C’est toute une nouvelle manière de penser et vivre sa fertilité, mais aussi l’assistance médicale à la procréation qui pourrait se mettre en place.

Le nombre enfants nés grâce à un don d’ovocytes, qui ne faisaient qu’augmenter depuis 30 ans, va-il se tarir ? Seront-ils comme une parenthèse, de 30 ans, dans l’histoire de la reproduction ?

Comment vont réagir les cliniques étrangères, qui risquent de perdre une partie de leur chiffre d’affaire à la fois sur la vitrification des ovocytes des Françaises et sur les FIV don ovocyte réalisés par les Français ?

Bon n’extrapolons pas trop, il y a déjà, une avancée à faire aboutir pour 2018 en France.