Urgent recherche gynécologue humain, compréhensif et communiquant

Un témoignage, comme nous aimerions ne plus en recevoir.

Tout est dans le titre…si vous avez la perle rare nous sommes preneurs !!!

Et voici pourquoi nous en sommes arrivés à cette recherche :

Elle est OMPK (ovaires micro-polykystiques), lui RAS, un couple d’infertile banal quoique tout de même catalogué en infertilité inexpliqué suite à 2 ans de stimulations ovariennes et d’IAC qui n’ont jamais abouti à un début de grossesse.

Voilà Monsieur et Madame arrivent dans les joies de la PMA avec une gynécologue spécialisée dans l’infertilité à qui ils confient  tous leurs espoirs et leur rêve de devenir un jour parents.

 La dite gynécologue a toujours semblé très froide à Madame…Monsieur lui appréciait son côté professionnel et bien organisée, et puis tout de même elle leur avait été chaudement recommandée par une amie qui a réussi à avoir un bébé grâce à elle, alors bon Madame se dit qu’effectivement ça n’est pas très grave qu’elle ne soit pas très chaleureuse et causante après tout elle n’est pas là pour faire du sociale mais pour les aider à faire un bébé.

Madame prenait donc sur elle quand la dite docteur se permettait des commentaires maladroits, par exemple quand une des IAC a dû être repoussée de 3 mois car Monsieur a eu une anesthésie générale et que la gynécologue lui a dit « ça n’est pas la fin du monde, ça n’est que 3 mois et vous êtes jeunes », Madame s’est abstenue de lui répondre que 3 mois lorsque l’on a ce désir d’enfant depuis déjà plus de 2 ans ça paraît long et que l’âge n’y changeait rien…

Madame a donc continué à aller la voir, avant que la loi de santé ne passe Madame jonglait avec les rendez-vous, comme tout couple en PMA qui se respecte, sauf que son employeur commençait à tiquer sur ses nombreuses absences posées en CP ou RTT et souvent en demi-journée, ses décalages de pause déjeuner, ses retards matinaux qu’elle essayait tant bien que mal de rattraper en restant plus tard le soir. C’est alors pleine d’espoir que le jour de la première IAC, Madame a demandé à la gynécologue s’il était possible d’avoir un arrêt de travail pour cette journée…le « non » fut catégorique, cet acte médical ne nécessitant pas d’arrêt de travail.

 Madame a essayé d’expliquer qu’elle était fatiguée par les traitements et tous les rendez-vous, qu’elle aurait aimé se reposer le reste de la journée ne serait-ce que pour favoriser un début de grossesse. En plus elle avait déjà prévenu son employeur qu’elle serait en arrêt ce jour-là mais non rien n’y fait, le docteur lui donne uniquement un document stipulant qu’elle a bien reçu Madame en rendez-vous ce jour.

Là, Madame commençait à en avoir marre, déjà du manque de communication, des réponses faites par la gynécologue où Madame se sentait comme la dernière des débiles et toujours cette froideur…mais bon Madame s’est accroché en se répétant que c’était pour la bonne cause.

Arrive enfin la première FIV, sans rentrer dans les détails ça n’a pas été la joie pour Madame qui s’en tire avec une hyperstimulation qui rend tout transfert d’embryon impossible…la gynécologue  l’arrête même toute une semaine c’est pour  dire dans quel état de fatigue elle était !!!

Direction un premier TEC qui se termine en grossesse arrêtée puis en curetage, Monsieur et Madame ne le vivent pas très bien et ont besoin d’un petit temps pour se remettre.

Ils arrivent enfin au TEC n°2, malheureusement qui se termine également en grossesse arrêtée puis en fausse couche naturelle.

Monsieur et Madame sont tristes et en colère et commencent à se demander s’il n’y aurait pas d’autres examens complémentaires à faire.

Ils retournent donc voir la gynécologue avec le bilan de la fausse couche et l’échographie montrant que l’utérus de Madame était de nouveau vide. Madame veut montrer l’échographie au docteur qui ne la regarde même pas, elle a juste le droit à la question « oui bon tout s’est bien passé ? ». Madame trouve ça un tantinet déplacé de parler d’une fausse couche ainsi mais elle acquiesce en disant : « oui tout s’est bien évacué mais durant 3 /4 jours ça a quand même été compliqué et sur le plan moral et sur le plan physique ».

Ce à quoi la docteur a répondu avec un grand sourire «ah oui ça n’est pas très agréable».

Madame commençait sérieusement à se dire qu’il fallait changer de toute urgence de gynécologue et elle s’était promis qu’après le transfert de leurs deux derniers embryons elle ne remettrait plus jamais les pieds dans son cabinet.

Madame prend donc un rendez-vous en mai avec la gynécologue pour faire le bilan suite aux examens et redonner le traitement pour le dernier TEC. Comme d’habitude le traitement est à commencer dès le 1er jour des règles et il faut appeler le cabinet tout de suite pour avoir un rdv 13/14 jours plus tard pour l’échographie de contrôle pré-TEC. La gynécologue informe Madame que la clinique où se font les TEC et où sont conservés leurs deux derniers embryons fermera tout le mois d’août.

Madame a enfin ses règles le 2 juillet et elle se dit que le timing est parfait pour ce 3ème  TEC, elle appelle donc tout de suite le cabinet pour prendre rdv, explique à la secrétaire qu’elle prend un traitement et que c’est pour une échographie de contrôle avec la gynécologue. Le rendez-vous est donc pris pour le vendredi 15 juillet, Madame commence son traitement sereinement.

Madame reçoit finalement un appel de la secrétaire de la gynécologue le lundi 11 juillet pour l’informer que la gynécologue a décidé de se faire un week-end prolongé et que par conséquent elle annulait tous ses rendez-vous du 15 juillet…Madame est un peu énervée mais la secrétaire est gentille et lui recale un rendez-vous le mercredi 13 juillet (oui oui les dates ont une importance dans cette histoire) alors bon Madame se calme et puis au moins comme ça Monsieur pourra venir avec elle.

Madame se lève donc  de bonne heure ce mercredi matin pour aller faire la très connue prise de sang hormonale afin d’avoir le résultat pour le rendez-vous. Monsieur et Madame prennent ensuite leur voiture direction la capitale, se trouvent une place dans un parking hors de prix, mais c’est pour la bonne cause comme ils n’arrêtent pas de se le répéter.

Ils arrivent chez la gynécologue qui les accueille par un « Ça ne va pas être possible », Madame est un peu sous le choc et se dit qu’il y a dû avoir un souci avec sa prise de sang hormonale…La gynécologue lui retire rapidement ce doute en leur expliquant que la clinique a fermé en fin de semaine dernière pour travaux et qu’ils ne rouvriront qu’à la mi-septembre, par conséquent pas de TEC possible avant cette date.

Elle s’excuse de ne pas les avoir prévenu, que ça fait un mois qu’elle a cette information sur la fermeture de la clinique mais leur dit que c’est compliqué de savoir quelle patiente fait quoi pour prévenir de ne pas commencer de traitement et de ne pas prendre de rdv…

Elle dit qu’elle comprend qu’ils soient déçus mais que bon maintenant qu’ils sont sur Paris qu’ils n’ont qu’à en profiter pour se balader et se faire un restaurant…

Madame a envie de pleurer, elle se contient du mieux qu’elle peut…Monsieur commence à s’énerver et arrive à lui dire qu’avec le prix du parking de toute façon il ne reste plus d’argent pour se faire un restaurant…

Passé le choc Madame est très en colère et ne comprend pas que l’on puisse trouver le temps de dire à sa secrétaire d’annuler tous les rendez-vous d’une journée mais pas de lui dire d’appeler les patientes pour les prévenir que la clinique ferme plus tôt, ou mieux de laisser comme consigne à la secrétaire de bien se renseigner à chaque appel pour savoir si la patiente pourrait être concernée par la fermeture anticipée de la clinique.

Madame ne comprend pas non plus comment on peut laisser des patientes prendre des traitements pour rien…Elle se demande comment ce cycle commencé sous traitement et stoppé du jour au lendemain va se terminer, elle qui est déjà en temps normal bien détraquée à cause de ses OMPK…

Ceci est donc un appel, Monsieur et Madame cherchent un ou une gynécologue spécialisé(e) dans l’infertilité, compétent(e) (oui le but premier est quand même de réussir à avoir un bébé),  compréhensif/compréhensive, communiquant(e), prenant le temps de bien expliquer les choses et faisant preuve d’un minimum d’empathie. Le tout si possible sur Paris ou proche banlieue !!! En espérant que ce qu’ils ont traversé avec leur médecin ne soit qu’un cas isolé et non une généralité !!!

Les enfants du don, comment leur en parler ?

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Le plus simplement du monde, c’est en résumé ce que décrit Christophe Masle dans la dernière lettre des Cecos. Les parents qui pensent se tourner vers un don de gamètes pour essayer d’avoir des enfants, s’interrogent tous sur ce que va en penser l’enfant. Tous s’interrogent, s’inquiètent de ce que ce mode de conception peut produire pour le futur enfant. L’ADEDD forte de son expérience depuis de longues années dans l’accompagnement des enfants nés grâce à un don de gamètes et des parents et futurs parents, apporte quelques éléments de réponse.

Les livres pour enfants sont aussi de bons supports pour aider les parents qui ne savent pas comment aborder ces questions. Les enfants adorent lire et relire ces livres qui parlent des différentes manières de faire des bébés.  Ils comprennent très bien les différentes situations.

« Le mystère des graines à bébé« , par Serge TISSERON et Aurélie GUILLEREY – février 2008

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Un livre très complet qui aborde du point de vue d’un petit garçon, les différentes situations que l’on peut rencontrer en parcours d’AMP (FIV classique, FIV avec don de gamètes, don d’embryon). Les techniques d’AMP sont expliquées à l’enfant avec des mots simples. Beaucoup de textes, sous forme de dialogues entre le petit garçon et les animaux savants qu’il rencontre. Quand les enfants sont petits, moins de 18 mois, ce sont surtout les images qui les passionnent, quand ils grandissent et sont plus dans les interactions verbales, l’histoire de ce petit garçon qui cherchent des réponses à ses questions correspond tout à fait aux besoins des enfants qui veulent connaitre tous les mystères de la vie. « Et pourquoi ?« 

« Mais… comment naissent les parents ? » de Jean Regnaud – 2014 A partir de 5 ans.

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Ce livre présente, de façon très simple les différentes manières dont les parents deviennent parents : grâce à l’arrivée de leurs enfants. Ce sont surtout les dessins à l’aquarelle qui occupent le plus de place. Il y a peu de texte. Moins centré sur les techniques d’AMP que sur les différents modèles de familles (hétéro, homo), il aborde du point de vue des enfants ces différentes manières de devenir une famille grâce à l’adoption, à l’AMP.

D’autres livres dans cet article

Nous invitons, toutes les personnes qui se posent des questions sur le don de gamètes, sur le vécu des enfants nés grâce à un don de gamètes, à lire le point de vue du président de l’ADEDD.

« Comment les enfants issus d’un don de gamètes entendent-ils leur histoire ?

Christophe Masle

 Présentation de l’association

L’association des enfants du don (ADEDD), crée en 2008, était à l’origine destinée aux seules personnes issues d’un don de gamètes ou d’embryons. Par la suite, l’ADEDD s’est ouverte à toutes les personnes directement concernées par les techniques de l’assistance médicale à la procréation (AMP) avec ou sans tiers donneur.

L’ADEDD a trois grandes missions : accompagner, informer et sensibiliser. L’accompagnement se fait principalement dans le cadre de groupes de parole organisés dans différentes villes de France (Lyon, Rennes, Paris, Marseille et Caen). L’information passe par des emails et une newsletter à destination des adhérents (articles scientifiques, agendas d’évènements et manifestations, etc.) ainsi que par un site internet (www.adedd.fr) hébergeant un forum de discussion avec différents thèmes. Enfin, la sensibilisation du public, des professionnels de santé et des pouvoirs publics se fait par la participation de l’association à diverses manifestations et instances (conseil d’administration des CECOS et conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine) ainsi que par des communications sous la forme d’articles, de témoignages ou de petites enquêtes.

  1. L’association et l’histoire des enfants issus de don.

L’association est sollicitée par les personnes issues d’un don le plus souvent à la suite de la révélation du mode de conception : quelques jours à quelques semaines après. La demande concerne alors les moyens à mettre en œuvre pour leur permettre de gérer au mieux cette annonce (surtout lorsque cette dernière est particulièrement tardive). L’enjeu est de savoir ce que cette révélation implique pour eux et dans leurs rapports avec leur……… »

Pour lire la suite de l’article  sur le site des Cecos c’est par ICI.

Le site de l’association des enfants du don

Don Des Fées Mères – Interview du mois

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Aujourd’hui nous vous proposons les questions-réponses de l’interview du mois, pour mettre en avant une jeune femme qui œuvre dans sa région pour promouvoir le don d’ovocyte.

En France, le manque de donneuses pousse les couples qui veulent voir leur temps d’attente réduit, à trouver eux-mêmes une ou des donneuses qui doivent ensuite s’adresser au CECOS de leur région. Situation parfois délicate au regard de la loi de bioéthique qui exige que le don soit librement consenti, anonyme, gratuit.

Il faut donc naviguer tout en nuance, entre ce qu’autorise la loi (informer sur les besoins en don de gamètes) et ce qu’interdit la loi (faire de la publicité pour inciter les gens à donner leurs gamètes). Pas facile.

Nous vous laissons donc découvrir l’interview de cette femme que nous appellerons Don Des Fées Mères (elle souhaite préserver son anonymat) et qui se mobilise pour communiquer sur le don d’ovocyte dans l’espoir de trouver une donneuse pour elle et pour d’autres femmes.
1. Vous avez ouvert un blog et une page facebook pour parler du don d’ovocyte en France, pourquoi une telle démarche ?

Après 4 stimulations pour FIV en un an, après de nombreux entretiens, prises de sang, etc… Je me suis retrouvée démunie de mes repères liés à la PMA. J’avais besoin de garder un lien avec le milieu en attendant les rendez-vous et les interventions plus espacées en DO qu’en stimulation pour FIV. Le blog et le profil Facebook ont comblé le manque et tant qu’il y a un lien avec la PMA, il y a espoir. Ce lien, je l’ai créé à travers les médias. C’est aussi une façon de trouver une fée (donneuse) afin de réduire mon attente en don d’ovocytes.
Au départ, j’ai dit au spécialiste, mais je ne connais personne…Puis cette idée de blog a germé dans mon esprit, en plus j’aime écrire…et puis maintenant, j’espère trouver une donneuse, des donneuses, tout en continuant avec ce mode de communication. Et puis, petit à petit, j’ai voulu apporter un côté positif et une forme d’espoir en démontrant que oui, on existe pendant l’attente.

2. Votre parcours d’AMP vous a donc mené à avoir besoin d’un don d’ovocyte. Qu’avez-vous ressenti lorsque le médecin vous a dit que vous devriez peut-être avoir besoin d’un don d’ovocyte pour devenir maman ?

Au vu de ma situation de santé, c’était la seule chance qui s’offrait à moi pour espérer devenir maman. Un choc, des pleurs, un repli sur moi-même, beaucoup d’échanges avec mon mari, un rendez-vous avec le psychologue. Un deuil d’un enfant biologique que je n’aurai jamais. Et puis, le peut être est rapidement devenu réalité et quand les choses se sont précisées, je suis allée de l’avant car le lien avec la PMA n’était pas rompu. C’est ce que je leur dis aux sages-femmes en PMA quand elles me demandent comment je vais. Tant que je suis là, c’est que tout va bien.
Ensuite, une opération pour bien préparer le terrain, un cycle test pour observer le comportement de mon utérus, les rendez-vous obligatoires (tribunal, psychologue, spécialiste, laboratoires d’analyse). Une émulation de petites choses qui occupent l’esprit de façon positive.
Et puis aussi, je me suis dit, qu’enfin, mon mari et moi allions avoir un peu de temps et accomplir de petits projets que nous avions mis de côtés pendant plus d’un an. La semaine dernière, nous étions à Londres, puis quelques jours dans le Nord de la France, et puis bientôt quelques jours en Italie. Nous vivons à nouveau et nous existons pendant l’attente. C’est la souplesse du Do par rapport aux FIV… ;

3. Que pensez-vous du manque de donneuses en France ?

C’est au début de mon parcours PMA que j’ai appris que l’on pouvait faire don de ses ovocytes…De fait, comment les femmes qui ne se rendent pas en PMA peuvent avoir conscience de cette réalité ? J’ai l’impression que les affiches sur le don d’ovocytes ne sont visibles qu’en PMA ou en gynécologie…
Je connaissais le don de sperme mais rien sur le don d’ovocytes. D’ailleurs, même mon pharmacien m’a demandé si c’était légal…et bien, j’ai changé de pharmacie 

Naïvement, j’ai signalé mon souhait de donner moi aussi lorsque j’aurai eu des enfants. Suite à cela, j’ai vite été confrontée à la réalité : trop âgée, pas d’enfant et un parcours de santé pas top top.
Manque de donneuses certes car manque de communication ciblée. Les conditions sont strictes mais nécessaires pour recueillir des ovocytes de qualité.
Conditions très encadrées et protocole qui fait peur. Et puis, il est plus difficile de demander un ovocyte qu’un billet de 5 euros.
Le don est gratuit et anonyme, cela doit contribuer au manque.
En tous les cas, il existe certains pays où le don d’ovocytes n’existe pas. En France, nous avons la chance d’être aidées et d’être prises en charge par notre système de santé. On peut ouvrir nos horizons et se dire que même s’il manque de donneuses en France, la PMA existe.
On n’est pas en train d’attendre un organe vital qui nous permettrait de vivre.
Attention, je ne sous-estime pas la cause, bien au contraire mais j’essaie de relativiser par rapport à toutes critiques que l’on peut lire sur les forums ou sur les groupes.

4. Est-ce que cette proposition a été « simple » à intégrer ? Avez-vous eu besoin d’un délai pour digérer cette nouvelle situation et accepter d’entrer dans ce nouveau parcours ?

La proposition nous a été très bien expliquée, il était hors de question de refuser et nous avons donné un grand OUI sans délai et sans plus qu’un échange de regard. C’est une chance, ce n’est pas foutu, il y a de l’espoir. Même si parfois, j’en pleure encore, loin des regards…

5. Avez-vous eu besoin d’échanger avec d’autres femmes en parcours de don d’ovocyte ?

Non pas du tout, j’ai lu des forums et j’étais plus en recherche de fées potentielles qu’en recherche d’échanges avec d’autres femmes en attente de dons.
Les forums ne m’ont pas plu. Selon moi, ce n’est pas une des façons les plus efficaces pour faire avancer la cause. Certains propos feraient fuir la plus convaincue des potentielles donneuses ! Bon j’exagère mais il y a une part de réalité…

6. Quels ont été vos démarches pour trouver du soutien, des informations par rapport au don d’ovocyte ?

Un échange avec les spécialistes, une confidence auprès de ma sœur et de mes plus fidèles amis et puis surtout l’amour de mon mari, ceci pour le soutien.
Les informations, d’abord sur les forums, sur différents sites et puis la confusion totale, des acronymes, du vocabulaire inconnu… alors une orientation vers un site de référence et neutre mais tellement bien expliqué, le site de l’agence de la biomédecine.
7. Pouvez-vous nous donner des indications sur les délais d’attente dans le centre où vous êtes prise en charge ?

Non, je ne connais pas vraiment les délais, de l’ordre de 1 an avec donneuse. Par contre, je connais le délai que je m’accorde avant d’aller tenter notre chance à l’étranger. Attente et actions me correspondent bien. Par contre, attendre sans rien savoir…c’est autre chose.

8. Que pensez-vous de « l’obligation » faite aux couples en attente de chercher une donneuse, pour tenter de réduire leur temps d’attente ?

Vous avez raison de le mettre entre guillemets, il n’y a pas obligation, il y a suggestion. C’est une façon, avec les moyens du bord de faire avancer les choses. Chercher une fée m’a permis de faire connaître le don d’ovocytes, plus qu’une affiche sur le don en PMA. Sérieusement, des affiches ou des spots informatifs, dans les magazines ou télé, vous en voyez beaucoup, vous ?
Alors certes le système n’est pas juste mais c’est mieux que de ne rien faire. Si je trouve une donneuse, c’est potentiellement 3 couples qui vont pouvoir fonder une famille…il ne s’agit pas uniquement de réduire l’attente, il s’agit de faire avancer la cause.
9. Pour remédier à l’attente vous avez décidez d’agir pour vous et pour les autres. Pourquoi et comment ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?

Pour moi d’abord, pour trouver une donneuse et puis, si je trouve plusieurs donneuses pour aider des femmes qui n’auraient pas les mêmes facilités que moi pour communiquer et effectuer des recherches. Il y a le tabou, la religion, parfois la barrière de la langue et aussi l’accès aux nouvelles technologies…Tout le monde n’a pas la possibilité de franchir ces barrières.
Création du blog, alimentation du blog, facebook, articles dans la presse… Je travaille aussi avec une Association pour enfants malades, qui me soutient et qui me permets de m’exprimer lors de soirées organisées en faveur des enfants malades.
Je contacte l’agence de la biomédecine pour leur proposer mes idées sur les campagnes de sensibilisation. Je distribue des flyers, des affiches dans les pharmacies, labos d’analyses etc…
Cela m’apporte beaucoup, j’ai l’impression de porter ma petite pierre à l’édifice, je côtoie des personnes généreuses et altruistes. J’apprends à mieux me connaître et à dépasser mes frontières.
Je discute avec des artistes qui me soutiennent, j’apprécie leurs œuvres. J’ai ajouté le filtre du blog sur mon regard de ce qui m’entoure. Je cherche du sens, des petites anecdotes, des choses plus ou moins sérieuses, plus ou moins rigolotes…pour mettre sur le blog…je deviens créative et je canalise mon énergie. J’apprends aussi à donner.
Une potentielle fée m’a dit : vous demandez de l’aide mais vous comment aidez-vous les autres ? ça a changé ma façon de percevoir la générosité.
Et puis plus tard, nous montrerons à nos enfants comment, différemment, il a été conçu et désiré du plus fort de nos cœurs.

10. Vous nous avez dit que dans votre région, vous parliez du don d’ovocyte à chaque fois qu’une occasion publique vous le permet. Quels retours avez-vous suite à vos différentes interventions ?

Beaucoup de retenue lors d’une soirée, et puis petit à petit, les langues se sont déliées…sur une soirée au moins 4 femmes étaient intéressées, 3 ne pouvaient pas soit à cause de leur âge, soit à cause de leur santé et une y pensait sérieusement avant de me rencontrer, elle l’a pris comme un signe et nous voir, et discuter avec moi face à face, en vrai, l’a apparemment convaincue de donner…Nous verrons ce qu’il en ressort…car il y aussi parfois pas mal d’entrain mais qui peut retomber comme même l’un des meilleurs soufflés.
Je conçois et accepte tout cela. Au pire, on aura communiqué sur le don, au mieux, on trouvera des donneuses.
Suite à l’article dans le journal, témoignage de notre histoire, j’ai reçu 4 mails de personnes qui connaissaient déjà le don, qui étaient en réflexion…l’article les a touchées…on verra les conclusions.
Il faut savoir être à l’écoute de la future donneuse mais aussi lui parler sans termes trop scientifiques ou médicaux, ne pas embellir ni assombrir les choses. C’est délicat, il ne faut pas être pressante et il faut concevoir que le temps d’une dame en attente n’est pas le temps d’une maman de moins de 36 ans et en bonne santé.
Parfois, je me retiens de demander des nouvelles mais je sais qu’à chacune son rythme, j’ai confiance en ces femmes. Si elles ne reviennent pas vers moi de suite, elles reviendront un jour vers le CECOS.
Ces mamans sont généreuses et sensibles, elles veulent partager les sentiments d’être maman…quand elles me disent çà, j’en ai des frissons…

11. Pensez-vous que cela soit plus ou moins efficace que la campagne mise en place par l’agence de la biomédecine ? Pourquoi ?
Il n’y a pas beaucoup de comparaison : l’agence de la biomédecine est professionnelle, je ne suis juste qu’une femme en attente de don…qui fait ce qu’elle semble juste.
Peut-être la proximité joue beaucoup… Une journaliste a mentionné que voir les visages sur un article faisait naître plus de réactions…sur un sujet ou un autre… Nous nous avons choisi de ne pas montrer nos visages.

12. Est-ce simple de parler en public de votre désir de parentalité, de votre infertilité, de votre besoin de recourir à un don d’ovocyte pour devenir maman ? Comment présentez-vous les choses ?
Cela le devient de plus en plus ! Il faut apprendre à « pitcher » le sujet, à sensibiliser sans surcharger, à sensibiliser sans faire pitié, il faut parler peu mais vrai, il faut remercier pour l’écoute…J’ai su à 21 ans que je devrais avoir recours à la PMA, mes cicatrices méritaient explications à ceux qui me voyaient nue, que ce soit dans les vestiaires, chez les médecins, avec mes anciens compagnons, avec l’esthéticienne…J’ai appris à dire que je ne pouvais avoir d’enfants de façon naturelle, je me suis exercée pendant plus de 15 ans. Quand quelqu’un me dit, alors quand est-ce que vous faites un enfant, je réponds, c’est en cours, on se fait aider par des spécialistes. Je ne m’étale pas plus…je choisis de parler du don aux gens qui m’interpellent et qui ne me connaissent pas beaucoup si je me rends compte que cela peut être bénéfique.

13. Jusqu’à présent dans quels cadres avez-vous parlé du don d’ovocyte ? En parlez-vous dans le cadre professionnel aussi ? Si non pourquoi ?

Sur le blog, sur facebook, à certains amis, à des inconnues, avec une journaliste, au cours du vernissage d’une amie.
Nous n’en parlons pas dans le milieu professionnel : nous travaillons au même endroit, les raccourcis sont vites faits, les absences pour spécialistes pourraient vite être analysées, critiquées, mon ventre observé…
Il faut penser que nous passons toute la semaine, tous les mois et toutes les années avec les mêmes collègues…De plus, contrairement aux amis ou aux occasions que nous créons pour parler du don, les collègues on ne les choisit pas…

14. Quels peuvent être, d’après vous, les effets négatifs de cette recherche personnelle d’une donneuse ?
La peur de ne pas avancer, de ne pas réussir..quand je vois que le blog a eu un pic de visites, je me dis c’est bien ça avance…Quand il n’y a eu que 15 visites en une journée, cela me peine et me démotive un peu. A plusieurs, on serait plus fort..mais il faut analyser les synergies et trouver une association ou une institution avec laquelle on partage la même idée du don et de la communication autour du don.

15. Ne pensez-vous pas que ce système du don relationnel provoque une inégalité de fait entre les couples qui peuvent chercher et trouver une donneuse et ceux qui ne le peuvent pas ?
Certes mais nous sommes tous inégaux, que ce soit devant la maladie ou l’attente..
Bien sûr c’est inégal mais que pouvons-nous concrètement faire ? Et que pensez des personnes qui souffrent d’une maladie et qui ne peuvent pas se faire opérer car non pris en charge et trop couteux ? Une fée peut aider 3 couples, cela fait potentiellement 2 couples qui n’ont pas la possibilité de dénicher cette perle.

16. Est-ce que d’échanger avec de potentielles donneuses vous apporte quelque chose dans votre parcours personnel vers la maternité dans le cadre d’un don de gamètes ?

Oui, je discute avec des femmes formidables, généreuses et pleines d’amour. Cela me conforte dans notre projet de maternité. Mon mari est issu d’un don de gamètes, il a été très heureux avec ses parents, qui l’ont aimé comme le feraient n’importe quels parents. Il n’a jamais ressenti de différence et ses parents non plus. Alors certes, mon enfant n’aura pas mes traits ou la couleur de mes yeux…mais en tous les cas, il sera le fruit de l’amour, de ceux qui auront tout fait pour connaitre la parentalité.

17. Comment définissez-vous votre rôle vis-à-vis des femmes qui viennent vers vous en tant que potentielles donneuses ?

C’est important de consacrer du temps à ces femmes, de les remercier même si elles ne vont pas jusqu’au bout du parcours. Le jour où j’aurais le don d’ovocytes, jamais je ne pourrais dire MERCI en face à la donneuse. Par contre, je remercie toutes les femmes qui me contactent. Je suis patiente et me renseigne auprès du CECOS pour elles. Ensuite, je les dirige vers le CECOS pour tout ce qui est médical. Je suis un tout petit intermédiaire, un tout petit pont, une mini passerelle qui permet aux femmes de mettre la réalité d’un couple face à une notion de don d’ovocytes. Regardez-vous-même nos réactions lors de lectures de témoignages, nul ne peut rester insensible.
18. Depuis que vous avez commencé ces démarches de communication publique sur le don d’ovocytes, avec combien de femmes qui s’interrogent sur le fait de devenir donneuses, avez-vous communiqué ? Combien ont entamées les démarches auprès d’un CECOS ?

Depuis le mois de janvier 2015, j’ai dû être en contact avec une dizaine de femmes : certaines allaitent, d’autres essaient d’avoir un autre enfant, certaines ne sont pas en bonne santé, certaines commenceront les démarches plus tard, certaines sont en vacances, certaines semblent avancer à leur rythme (le temps ne s’écoule pas de la même façon lorsqu’on attend…) mais j’ai confiance…
A ce jour, une dame a eu ses premiers rendez-vous et figurez-vous que cette dame voulait donner spontanément, nos routes se sont croisées par hasard sur la toile et de fait, elle s’est présentée au CECOS avec mon nom. Je communique régulièrement avec cette maman, savoir qu’elle existe me fait un bien fou.
19. Pensez-vous continuer à faire ces démarches de communication, une fois que votre projet parental sera réalisé ?

A ce moment-là, je me tournerai peut être vers une structure comme une association, pourquoi pas le collectif BAMP ? si j’ai la chance de devenir maman, je pourrai agir à un autre niveau, à me battre et à avoir de l’énergie disponible. Toute l’énergie que je mets actuellement pour la cause, je pourrais la déplacer à un autre niveau en œuvrant toujours pour cette cause.

20. Vous souhaitez rester anonyme, pour quelles raisons ?

Nous souhaitons dire nous-mêmes à nos enfants qu’ils sont issus d’un don. De fait, nous souhaitons contenir notre identité. Nous travaillons au même endroit. Nous n’aimons pas exposer nos fragilités et je n’aime pas être regardée au travers d’un biais « médical ». Je refuse toute sorte d’étiquette sur mon dos. Mon mari, par respect pour les volontés de ses parents, ne souhaite pas mentionner son histoire.
Et puis, Don des fées Mères ou Don Des ou encore DDFM, ça le fait non ? 
BAMP ! Merci beaucoup pour vos réponses
DDFM :Merci à vous pour vos questions. Au plaisir d’échanger avec vous !

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