Thèse Constance Schuller

Vous souvenez de Constance Schuller, étudiante en sociologie, qui avait pris contact avec l’association, il y a quelques années pour son travail de thèse. Elle nous a informé de la soutenance de sa thèse. Si vous êtes disponible, vous pouvez y assister.

 

J’ai le grand plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de sociologie intitulée

« La décision médicale dans le champ de l’Assistance Médicale à la Procréation. Une étude sociologique sur les pratiques et les représentations des spécialistes de la reproduction »
sous la direction de Bertrand Pulman.

Le jury est composé de :
Philippe Bataille, Directeur d’Études, EHESS, rapporteur
Séverine Mathieu, Directrice d’Études, EPHE, rapporteur
Bertrand Pulman, Professeur de sociologie, Université Paris 13, directeur
Laurence Tain, Professeure émérite de sociologie, Université Lyon 2
Carine Vassy, Maitresse de conférences, Université Paris 13

La soutenance se déroulera le mardi 9 janvier 2018, à 14h, à l’Université Paris 13, 74 rue Marcel Cachin, à Bobigny, dans le bâtiment de l’illustration, en salle M47. Voici un lien qui indique les principaux moyens d’accès au campus: http://www.iut-bobigny.univ-paris13.fr/venir-sur-le-campus.html. L’entrée dans le campus se fait actuellement, soit par la rue de Chablis, soit par l’avenue de la Convention (l’entrée par la rue Marcel Cachin est condamnée). Pour des raisons de sécurité, une pièce d’identité pourra vous être demandée à l’entrée.

La soutenance sera suivie d’un pot, auquel vous êtes chaleureusement conviés, qui aura lieu en salle 1.141, aux environs de 18h. Afin d’organiser au mieux ce moment, merci de m’indiquer votre venue par mail.

Au plaisir de vous y retrouver.

Résumé
Si la fécondation in vitro est une innovation biomédicale récente, datant seulement de 1978, le recours à l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) est rapidement entré dans les mœurs, au point que ces procédés participent aujourd’hui à plus de 3 % des naissances françaises.
Les cliniciens et les biologistes de la reproduction jouent un rôle incontournable dans ce champ. Chefs d’orchestre de la rencontre des gamètes, ils sont également les principaux acteurs décisionnaires de l’accès et de la poursuite des traitements de l’infertilité. Pourtant, leur pouvoir décisionnel a moins été étudié que les conséquences de leur intervention en termes de vécu de l’infertilité, de parenté, de filiation et de genre. C’est précisément ce manque que cette recherche vise à pallier.

Au croisement des sociologies de la santé, des professions, des organisations et de l’action, cette étude vise à éclairer la multiplicité des pratiques et des représentations des spécialistes de l’infertilité à travers le prisme des décisions médicales. Elle repose sur deux enquêtes, menées pendant plus de deux ans au sein de plusieurs centres d’AMP de la région parisienne, comprenant des observations de consultations et de réunions pluridisciplinaires, et des entretiens avec des patients et des spécialistes de l’infertilité.
S’appuyant sur ce corpus de données, et guidée par un souci constant d’articuler les dimensions micro et macro sociologiques, cette investigation s’attache d’abord à resituer les contextes globaux et locaux dans lesquels s’inscrivent les choix des professionnels, puis à analyser les décisions relatives à l’accès à l’AMP et aux techniques médicales.
In fine, cette recherche montre que la sélection des patients et les stratégies médicales, structurées dans des cultures propres à chaque centre, apparaissent comme des compromis trouvés par les acteurs qui composent avec un ensemble de contraintes pour adopter des pratiques en adéquation avec leurs valeurs et leurs représentations.

Mots-clés: Assistance Médicale à la Procréation (AMP) ; Décision médicale ; Infertilité ; Cultures de centre ; Politiques de recrutement ; Politiques médicales

RDV à la médiathèque d’Angers

La procréation médicalement assistée, une Angevine témoigne

« Faire un enfant n’est pas si simple, c’est même pour certains couples un vrai parcours du combattant. Les progrès de la science permettent aujourd’hui d’accéder à ce bonheur mais connaît-on vraiment le quotidien de ces patients ? », site de la médiathéque d’Angers.
Venez échanger jeudi 06 octobre 2016 à 19h, à la médiathèque Toussaint d’Angers, en présence de Mathilde Grimault et BAMP autour de l’infertilité et de l’AMP.
Mathilde Grimault est l’auteur d’un livre sur son parcours en AMP : « Tu concevras dans la douleur » (Edilivre), elle témoignera ce jour-là à ce propos.

Un stand BAMP foisonnant d’informations vous accueillera aussi.

Jeudi 6 octobre à 19h – Médiathèque Toussaint

C’est l’occasion de donner plus de visibilité aux questions relatives aux parcours de vie, marqués par l’infertilité, la stérilité et le recours à l’assistance médicale à la procréation. Venez nombreux !
#1couple6 #JeSuisInfertile #visibilité

 

Contact Caroline pour BAMP : collectifbamp49@gmail.com
Pour vous rendre à la médiathèque d’Angers voir sur le site de la médiathèque d’Angers

 

Syndrome des Ovaires Polykystiques – Recherche INSERM –

Les chercheurs cherchent et trouvent des réponses, une étude des équipes universitaires de Lille et de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) apporte une nouvelle explication aux mécanismes hormonaux en jeux dans le syndrome des ovaires polykystiques.  Une découverte scientifique et de nouvelles pistes thérapeutiques à la clé.

Voici l’article publié le 20 janvier sur le site de l’INSERM

Infertilité : un mécanisme cérébral totalement inédit

20 janvier 2016

Le plus fréquent des troubles de la fertilité féminine – le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) –  impliquerait la surexcitation de neurones cérébraux situés dans l’hypothalamus. La coupable serait une hormone bien connue, produite par les ovaires : l’hormone anti-Müllerienne (AMH). A la clef de cette découverte, de nouvelles pistes thérapeutiques.

Une femme sur dix en âge de procréer souffre du SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques. Cette pathologie se traduit par une forte surproduction d’hormones mâles par les ovaires, qui perturbe la production d’ovules (dont certains se transforment en kystes). Jusqu’ici considéré comme une pathologie n’altérant que les ovaires, le SOPK modifierait  aussi l’activité de neurones logés au cœur du cerveau ! Réalisée par une équipe Inserm de Lille* et des chercheurs néo-zélandais, cette découverte offre un nouvel éclairage sur cette maladie aux mécanismes encore bien mystérieux. Mieux encore, elle ouvre la voie au développement d’un traitement spécifique, les traitements actuellement disponibles  ne s’attaquant qu’aux symptômes.

Trois acteurs de mèche

Coupe d’hypothalamus humain (adulte) immunomarqué pour la GnRH (vert) et l’AMHR2 (rouge). L’AMHR2 est exprimé dans les neurones à GnRH. © Cimino et coll. Nature Communication (2016)

Coupe d’hypothalamus humain (adulte) immunomarqué pour la GnRH (vert) et l’AMHR2 (rouge). L’AMHR2 est exprimé dans les neurones à GnRH.

Au départ, l’équipe est partie d’une constatation : la surproduction d’hormones mâles caractéristique du SOPK semble liée à des perturbations de la concentration de deux autres hormones aux noms un peu barbares : l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone anti-Müllerienne (AMH). Impliquée dans le mécanisme d’ovulation, la LH est sécrétée dans une glande reliée au cerveau (l’anté-hypophyse) sous le contrôle de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), une petite protéine produite dans le cerveau par des neurones de l’hypothalamus. Chez les femmes souffrant de SOPK, la concentration sanguine de LH est anormalement élevée, et son rythme de production – les chercheurs parlent de « pulsatilité » – est également accru. Impliquée dans le fonctionnement des ovaires qui la produisent, l’AMH présente quant à elle une concentration sanguine deux à trois fois plus élevée chez les patientes, directement liée à la sévérité de la maladie.

LH hypophysaire, AMH ovarienne, GnRH hypothalamique… et si ces trois protagonistes étaient de mèche ? C’est précisément ce que ces chercheurs ont découvert… en plusieurs étapes. Ils ont d’abord observé que près de 50% des neurones à GnRH (murins et humains adultes) sont dotés de récepteurs à l’AMH. Dans le cerveau de souris femelles en âge de procréer, l’équipe a ensuite découvert que l’AMH augmentait fortement l’activité de près de la moitié des neurones sécréteurs de GnRH. L’équipe a alors administré des doses croissantes d’AMH dans le cerveau de ces souris : à chaque fois, la LH a vu ses taux sanguins et sa pulsatilité augmenter par rapport aux souris témoins non traitées. En outre, en inhibant les récepteurs de l’AMH,  la sécrétion de LH rebaissait. Enfin, chez des souris traitées aux hormones mâles pour mimer le SOPK, les taux d’AMH et de LH étaient clairement corrélés.

Un brevet à l’étude

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone. © Cimino et coll. Nature Communication (2016)

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone.

« Ensemble, tous nos résultats suggèrent  donc un rôle central de l’AMH dans le SOPK« , résume Paolo Giacobini qui a coordonné l’étude. En effet, la hausse de sa concentration provoquerait une véritable réaction en chaîne : les neurones hypothalamiques se mettraient à sécréter davantage de GnRH, ce qui accroîtrait alors la production et la pulsatilité de LH par la glande anté-hypophyse… Au final, il en résulte la hausse caractéristique d’androgènes dans les ovaires à l’origine des troubles d’ovulation observés dans la maladie.

Cette découverte importante ouvre des pistes thérapeutiques inédites : « L’une d’elles passe par le développement de molécules capables d’empêcher la liaison entre l’AMH et ses récepteurs sur les neurones à GnRH« , conclut Paolo Giacobini qui compte déposer un brevet pour protéger cette nouvelle approche.

Note

* unité 1172 Inserm/université de Lille 2, Centre de Recherche Jean Pierre Aubert, Laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine, Lille.

Source

I. Cimino et coll., Novel role for anti-Müllerian hormone in the regulation of GnRH neuron excitability and hormone secretion. Nature Communications, DOI: 10.1038/ncomms10055, 2015.

 

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/infertilite-un-mecanisme-cerebral-totalement-inedit