RDV à la médiathèque d’Angers

La procréation médicalement assistée, une Angevine témoigne

« Faire un enfant n’est pas si simple, c’est même pour certains couples un vrai parcours du combattant. Les progrès de la science permettent aujourd’hui d’accéder à ce bonheur mais connaît-on vraiment le quotidien de ces patients ? », site de la médiathéque d’Angers.
Venez échanger jeudi 06 octobre 2016 à 19h, à la médiathèque Toussaint d’Angers, en présence de Mathilde Grimault et BAMP autour de l’infertilité et de l’AMP.
Mathilde Grimault est l’auteur d’un livre sur son parcours en AMP : « Tu concevras dans la douleur » (Edilivre), elle témoignera ce jour-là à ce propos.

Un stand BAMP foisonnant d’informations vous accueillera aussi.

Jeudi 6 octobre à 19h – Médiathèque Toussaint

C’est l’occasion de donner plus de visibilité aux questions relatives aux parcours de vie, marqués par l’infertilité, la stérilité et le recours à l’assistance médicale à la procréation. Venez nombreux !
#1couple6 #JeSuisInfertile #visibilité

 

Contact Caroline pour BAMP : collectifbamp49@gmail.com
Pour vous rendre à la médiathèque d’Angers voir sur le site de la médiathèque d’Angers

 

Syndrome des Ovaires Polykystiques – Recherche INSERM –

Les chercheurs cherchent et trouvent des réponses, une étude des équipes universitaires de Lille et de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) apporte une nouvelle explication aux mécanismes hormonaux en jeux dans le syndrome des ovaires polykystiques.  Une découverte scientifique et de nouvelles pistes thérapeutiques à la clé.

Voici l’article publié le 20 janvier sur le site de l’INSERM

Infertilité : un mécanisme cérébral totalement inédit

20 janvier 2016

Le plus fréquent des troubles de la fertilité féminine – le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) –  impliquerait la surexcitation de neurones cérébraux situés dans l’hypothalamus. La coupable serait une hormone bien connue, produite par les ovaires : l’hormone anti-Müllerienne (AMH). A la clef de cette découverte, de nouvelles pistes thérapeutiques.

Une femme sur dix en âge de procréer souffre du SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques. Cette pathologie se traduit par une forte surproduction d’hormones mâles par les ovaires, qui perturbe la production d’ovules (dont certains se transforment en kystes). Jusqu’ici considéré comme une pathologie n’altérant que les ovaires, le SOPK modifierait  aussi l’activité de neurones logés au cœur du cerveau ! Réalisée par une équipe Inserm de Lille* et des chercheurs néo-zélandais, cette découverte offre un nouvel éclairage sur cette maladie aux mécanismes encore bien mystérieux. Mieux encore, elle ouvre la voie au développement d’un traitement spécifique, les traitements actuellement disponibles  ne s’attaquant qu’aux symptômes.

Trois acteurs de mèche

Coupe d’hypothalamus humain (adulte) immunomarqué pour la GnRH (vert) et l’AMHR2 (rouge). L’AMHR2 est exprimé dans les neurones à GnRH. © Cimino et coll. Nature Communication (2016)

Coupe d’hypothalamus humain (adulte) immunomarqué pour la GnRH (vert) et l’AMHR2 (rouge). L’AMHR2 est exprimé dans les neurones à GnRH.

Au départ, l’équipe est partie d’une constatation : la surproduction d’hormones mâles caractéristique du SOPK semble liée à des perturbations de la concentration de deux autres hormones aux noms un peu barbares : l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone anti-Müllerienne (AMH). Impliquée dans le mécanisme d’ovulation, la LH est sécrétée dans une glande reliée au cerveau (l’anté-hypophyse) sous le contrôle de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), une petite protéine produite dans le cerveau par des neurones de l’hypothalamus. Chez les femmes souffrant de SOPK, la concentration sanguine de LH est anormalement élevée, et son rythme de production – les chercheurs parlent de « pulsatilité » – est également accru. Impliquée dans le fonctionnement des ovaires qui la produisent, l’AMH présente quant à elle une concentration sanguine deux à trois fois plus élevée chez les patientes, directement liée à la sévérité de la maladie.

LH hypophysaire, AMH ovarienne, GnRH hypothalamique… et si ces trois protagonistes étaient de mèche ? C’est précisément ce que ces chercheurs ont découvert… en plusieurs étapes. Ils ont d’abord observé que près de 50% des neurones à GnRH (murins et humains adultes) sont dotés de récepteurs à l’AMH. Dans le cerveau de souris femelles en âge de procréer, l’équipe a ensuite découvert que l’AMH augmentait fortement l’activité de près de la moitié des neurones sécréteurs de GnRH. L’équipe a alors administré des doses croissantes d’AMH dans le cerveau de ces souris : à chaque fois, la LH a vu ses taux sanguins et sa pulsatilité augmenter par rapport aux souris témoins non traitées. En outre, en inhibant les récepteurs de l’AMH,  la sécrétion de LH rebaissait. Enfin, chez des souris traitées aux hormones mâles pour mimer le SOPK, les taux d’AMH et de LH étaient clairement corrélés.

Un brevet à l’étude

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone. © Cimino et coll. Nature Communication (2016)

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone.

« Ensemble, tous nos résultats suggèrent  donc un rôle central de l’AMH dans le SOPK« , résume Paolo Giacobini qui a coordonné l’étude. En effet, la hausse de sa concentration provoquerait une véritable réaction en chaîne : les neurones hypothalamiques se mettraient à sécréter davantage de GnRH, ce qui accroîtrait alors la production et la pulsatilité de LH par la glande anté-hypophyse… Au final, il en résulte la hausse caractéristique d’androgènes dans les ovaires à l’origine des troubles d’ovulation observés dans la maladie.

Cette découverte importante ouvre des pistes thérapeutiques inédites : « L’une d’elles passe par le développement de molécules capables d’empêcher la liaison entre l’AMH et ses récepteurs sur les neurones à GnRH« , conclut Paolo Giacobini qui compte déposer un brevet pour protéger cette nouvelle approche.

Note

* unité 1172 Inserm/université de Lille 2, Centre de Recherche Jean Pierre Aubert, Laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine, Lille.

Source

I. Cimino et coll., Novel role for anti-Müllerian hormone in the regulation of GnRH neuron excitability and hormone secretion. Nature Communications, DOI: 10.1038/ncomms10055, 2015.

 

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/infertilite-un-mecanisme-cerebral-totalement-inedit

Transfert d’embryon sous hypnose

Voici le témoignage de Lovebirds66, adhérente BAMP qui souhaite apporter son témoignage sur l’hypnose et l’AMP.

Donc pour ma fiv 1 en juin dernier (dont vous trouverez le témoignage de ma ponction sous hypnose ici Ponction sous hypnose – Témoignage), j’ai eu un transfert très difficile, le cathéter ne passait pas.
Celui-ci a duré plus d’une heure et quart. Ça a été un moment très stressant, tant pour nous que pour l’équipe médicale. Le médecin, n’y parvenant pas, a voulu annuler et reporter le transfert. J’ai toujours eu ce problème durant mes 6 tentatives d’inséminations mais ça finissait toujours par passer au bout d’une vingtaine ou trentaine de minutes.
Bref, ça a été très long, angoissant et douloureux (pose de pozzi, …). Mais quand mon gynéco a dit « tant pis on congèle l’embryon et on vous le mettra le mois prochain », pour moi il n’en était pas question. J’ai eu peur qu’il perde en qualité. J’ai insisté, il a réessayé et le cathéter est finalement passé. Mais dans des conditions pas vraiment idéales, beaucoup de stress pour moi et mon utérus qui a été trituré et donc qui contractait.
Le résultat de cette fiv a été positif, mais aussitôt dissipé par la chute du taux à la seconde prise de sang.
Nous avons donc revu le gynécologue. Il ne voulait pas faire de nouvelle tentative sans faire une dilatation du col pour faciliter le passage du cathéter. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une courte intervention chirurgicale sous AG qui dilate le col (comme son nom l’indique), c’est une intervention qui n’est pas perpétuelle, selon les individus, les bienfaits durent plus ou moins longtemps. Elle est pratiquée en première partie de cycle Il n’est pas conseillé de faire une tentative sur le même cycle que la dilatation pour laisser cicatriser tranquillement.
Je subis donc cette intervention en août.
Septembre, démarrage des stimulations en vue d’un TEC, nous avions la chance d’avoir deux embryons congelés.
Transfert assez compliqué encore, je dirai une vingtaine de minutes malgré l’hystéroscopie faites sur le mois précédent. Résultat négatif.
Retour à la case départ pour FIV2. Mon gynécologue envisage de refaire une dilatation du col, je ne suis pas pour car c’est sous AG. Et puis si l’effet ne dure qu’un mois sans être si efficace que ça, est-ce vraiment nécessaire…? On en discute, je lui propose de refaire un test à blanc, et il accepte. Passage réussi du cathéter au bout de 5-10min.
Ilestok pour tenter FIV2 sans dilatation. Si ça ne passe pas le jour J,ilsm’enverront au bloc et je ferai letransfertsousAG (non non je n’avais pas du tout la pression!). Donc interdiction de manger le matin du transfert. C’est parti pour le protocole de traitements.

Comme ma première ponction sous anesthésie locale avec hypnose s’était bien passée, je reprends RDv avec le même anesthésiste.
On discute, il est très à l’écoute, il fait encore peu de FIV sur le centre mais s’est documenté pendant l’été et souhaite s’intéresser de plus près à l’infertilité. Il s’est renseigné, il a lu cette étude israélienne sur l’hypnose (https://bamp.fr/2013/05/20/il-etait-une-fois-une-fiv-et-lhypnose/).
Il me propose de me faire le transfert sous hypnose. Je suis ravie. Je  me dis que c’est peut-être la solution pour moi. J’avoue que j’avais pensé à lui demander sans jamais oser…
On n’aime pas entendre que c’est dans notre tête, nous les infertiles, ni que nous sommes stressées. Mais tout le processus de la PMA est si prenant est stressant qu’un peu de détente ne peut me faire que du bien. Je le prends vraiment comme une belle opportunité.
Je fais donc mes trois séances de préparation à l’hypnose.
Arrive le jour de la ponction. Une fois installée sur la table d’opération on commence la séance.
J’avoue que cette ponction a été plus douloureuse que la première, mais loin d’être insupportable. J’ai eu froid, cela m’empêchait de me détendre et me maintenait « consciente ».
Mais il suffisait que je crispe mon visage pour que l’anesthésiste m’injecte une dose d’anesthésiant supplémentaire, et qu’il augmente le son de sa voix pour me recanaliser.
Je remonte en chambre immédiatement toute fraîche, et rentre chez moi 1h30 après l’intervention, ça c’est vraiment très appréciable. Juste quelques tiraillements dans le ventre.
Cinq jours après, nous avons la chance d’avoir obtenus 2 blastocytes. Transfert prévu a 14h.
Comme ce transfert sous hypnose est une première pour le centre, l’organisation a été chamboulée, le centre a ouvert 30min plus tôt pour moi, et je leur dis un grand MERCI. L’anesthésiste est venu exprès alors qu’il ne travaillait pas ce jour-la, MERCI aussi. Je dois dire que tout le monde a été super, a joué le jeu. Le transfert a duré 5 ou 10min, mais quoi qu’il en soit ce fut le plus court et le plus simple de tous les transferts.

Une fois le transfert fini, pendant les quelques minutes de repos, nous avons debriefé sur cette première. J’ai bien senti que mon gynécologue était septique sur la démarche, que ce soit pour les ponctions ou les transferts. Certainement son côté pragmatique et scientifique qui parle. Mais il considère aussi, et là je ne parle que pour la ponction bien sûr, que c’est dommage de souffrir, et que c’est difficile de faire un bon travail quand on voit la patiente bouger de douleur pendant l’opération. Je comprends bien ce qu’il veut dire et c’est tout a son honneur. Mais malgré son avis sur la question, il a été ok pour tentes l’expérience et c’est déjà beaucoup.

Pour ce qui est du résultat, nous avons eu une prise de sang positive, mais malheureusement un embryon qui a arrêté son développement autour de la 5 semaines de grossesse.
Nous n’étions jamais arrivés jusqu’à ce stade. Même si c’était une dure épreuve, cela nous amène aussi beaucoup d’espoir.
J’ai donc subit un curetage début janvier et j’attends désormais de pouvoir démarrer FIV3.
Je ne sais pas si je pourrai recommencer l’expérience du transfert sous hypnose car cela chamboule un peu le centre, mais j’espère vivement que oui. J’en discuterai lors de mes prochains rendez-vous avec l’anesthésiste et le gynécologue.
Je pense que c’est aussi ça l’esprit BAMP, aider les équipes de PMA à intégrer de nouvelles techniques scientifiques ou de relaxation, des accompagnements à nos processus de pma pour optimiser nos chances, permettent à chacune de trouver son propre protocole en fonction de ses besoins et à vivre au mieux ce parcours semé d’embûches !