Syndrome des Ovaires Polykystiques – Recherche INSERM –

Les chercheurs cherchent et trouvent des réponses, une étude des équipes universitaires de Lille et de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) apporte une nouvelle explication aux mécanismes hormonaux en jeux dans le syndrome des ovaires polykystiques.  Une découverte scientifique et de nouvelles pistes thérapeutiques à la clé.

Voici l’article publié le 20 janvier sur le site de l’INSERM

Infertilité : un mécanisme cérébral totalement inédit

20 janvier 2016

Le plus fréquent des troubles de la fertilité féminine – le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) –  impliquerait la surexcitation de neurones cérébraux situés dans l’hypothalamus. La coupable serait une hormone bien connue, produite par les ovaires : l’hormone anti-Müllerienne (AMH). A la clef de cette découverte, de nouvelles pistes thérapeutiques.

Une femme sur dix en âge de procréer souffre du SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques. Cette pathologie se traduit par une forte surproduction d’hormones mâles par les ovaires, qui perturbe la production d’ovules (dont certains se transforment en kystes). Jusqu’ici considéré comme une pathologie n’altérant que les ovaires, le SOPK modifierait  aussi l’activité de neurones logés au cœur du cerveau ! Réalisée par une équipe Inserm de Lille* et des chercheurs néo-zélandais, cette découverte offre un nouvel éclairage sur cette maladie aux mécanismes encore bien mystérieux. Mieux encore, elle ouvre la voie au développement d’un traitement spécifique, les traitements actuellement disponibles  ne s’attaquant qu’aux symptômes.

Trois acteurs de mèche

Coupe d’hypothalamus humain (adulte) immunomarqué pour la GnRH (vert) et l’AMHR2 (rouge). L’AMHR2 est exprimé dans les neurones à GnRH. © Cimino et coll. Nature Communication (2016)

Coupe d’hypothalamus humain (adulte) immunomarqué pour la GnRH (vert) et l’AMHR2 (rouge). L’AMHR2 est exprimé dans les neurones à GnRH.

Au départ, l’équipe est partie d’une constatation : la surproduction d’hormones mâles caractéristique du SOPK semble liée à des perturbations de la concentration de deux autres hormones aux noms un peu barbares : l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone anti-Müllerienne (AMH). Impliquée dans le mécanisme d’ovulation, la LH est sécrétée dans une glande reliée au cerveau (l’anté-hypophyse) sous le contrôle de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), une petite protéine produite dans le cerveau par des neurones de l’hypothalamus. Chez les femmes souffrant de SOPK, la concentration sanguine de LH est anormalement élevée, et son rythme de production – les chercheurs parlent de « pulsatilité » – est également accru. Impliquée dans le fonctionnement des ovaires qui la produisent, l’AMH présente quant à elle une concentration sanguine deux à trois fois plus élevée chez les patientes, directement liée à la sévérité de la maladie.

LH hypophysaire, AMH ovarienne, GnRH hypothalamique… et si ces trois protagonistes étaient de mèche ? C’est précisément ce que ces chercheurs ont découvert… en plusieurs étapes. Ils ont d’abord observé que près de 50% des neurones à GnRH (murins et humains adultes) sont dotés de récepteurs à l’AMH. Dans le cerveau de souris femelles en âge de procréer, l’équipe a ensuite découvert que l’AMH augmentait fortement l’activité de près de la moitié des neurones sécréteurs de GnRH. L’équipe a alors administré des doses croissantes d’AMH dans le cerveau de ces souris : à chaque fois, la LH a vu ses taux sanguins et sa pulsatilité augmenter par rapport aux souris témoins non traitées. En outre, en inhibant les récepteurs de l’AMH,  la sécrétion de LH rebaissait. Enfin, chez des souris traitées aux hormones mâles pour mimer le SOPK, les taux d’AMH et de LH étaient clairement corrélés.

Un brevet à l’étude

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone. © Cimino et coll. Nature Communication (2016)

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone.

« Ensemble, tous nos résultats suggèrent  donc un rôle central de l’AMH dans le SOPK« , résume Paolo Giacobini qui a coordonné l’étude. En effet, la hausse de sa concentration provoquerait une véritable réaction en chaîne : les neurones hypothalamiques se mettraient à sécréter davantage de GnRH, ce qui accroîtrait alors la production et la pulsatilité de LH par la glande anté-hypophyse… Au final, il en résulte la hausse caractéristique d’androgènes dans les ovaires à l’origine des troubles d’ovulation observés dans la maladie.

Cette découverte importante ouvre des pistes thérapeutiques inédites : « L’une d’elles passe par le développement de molécules capables d’empêcher la liaison entre l’AMH et ses récepteurs sur les neurones à GnRH« , conclut Paolo Giacobini qui compte déposer un brevet pour protéger cette nouvelle approche.

Note

* unité 1172 Inserm/université de Lille 2, Centre de Recherche Jean Pierre Aubert, Laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine, Lille.

Source

I. Cimino et coll., Novel role for anti-Müllerian hormone in the regulation of GnRH neuron excitability and hormone secretion. Nature Communications, DOI: 10.1038/ncomms10055, 2015.

 

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/infertilite-un-mecanisme-cerebral-totalement-inedit

Distilbène : la troisième génération moins exposée aux anomalies

Distilbène : la troisième génération moins exposée aux anomalies © maxPPP

 

Rédaction de France Info mardi 2 décembre 2014

Contrairement à ce qui était redouté avec la prise de ce médicament par des mères, leurs petites filles sont épargnées par des anomalies lourdes. C’est le résultat rassurant d’une enquête nationale.

Le Distilbène, un médicament censé empêcher les fausses couches dans les années 1970, a provoqué des effets sur deux générations. Les filles « DES », du nom de cette hormone de synthèse, ont été éprouvées par les conséquences du médicament prescrit à leur mère, avec des cancers génitaux et des difficultés de reproduction (infertilité, fausses couches). Selon une étude nationale dévoilée lundi, leurs petites-filles, c’est à dire la troisième génération, est plus épargnée. Le professeur Michel Tournaire présente des résultats rassurants, conseiller  médical du réseau DES, présente des résultats rassurants :

« La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas d’augmentation d’anomalies génitales chez les filles à la 3e génération, contrairement à ce qui était redouté. »

Les interrogations apaisées des petites-filles

Julie est concernée puisque sa mère a pris du Distilbène. Maman d’une petite fille de neuf ans, elle attendait les résultats de l’étude, n’en pouvant plus des rendez-vous angoissants chez le médecin.

« Ce médicament est un poison qui continue à nous manger. » (Julie, mère de famille)

Pour écouter le témoignage d’une maman, fille DES.

200.000 femmes auraient pris du Distilbène en France, avant son retrait. L’écrivaine Marie Darrieussecq est la marraine de l’association DES France. Du Distilbène a été prescrit à sa mère. Elle en a subi les conséquences et explique que ses enfants nés prématurés ont besoin de réponses.

« Ma fille va pouvoir avoir des réponses à cette question : est ce que je vais pouvoir avoir des enfants ? » (Marie Darrieussecq, marraine de l’association DES France)

 

Article : ICI

Infertiles pour cause de pollution !

Infertiles pour cause de pollution !

                         

sur le site : http://destinationsante.com/infertiles-pour-cause-de-pollution.html un article a été publié le 23/11/2006 sur la pollution et la santé ; Il parle aussi d’infertilité.

Extrait :

« La  pollution chimique provoque une baisse de la fertilité humaine » alertent des scientifiques et médecins dans le « Mémorandum de l’Appel de Paris ». Un document qui propose 164 mesures pour développer une « santé durable ».

Lancé le 9 novembre lors d’un colloque organisé à l’Unesco par l’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse  (Artac), ce « Mémorandum » souligne que la baisse de la fertilité augmente dans les pays industrialisés. Une tendance  telle que « la régularisation volontaire  des naissances  par la contraception ne peut plus être considérée comme la seule cause  de la baisse de la natalité ».

La stérilité – qui affecte 15% des couples européens – concerne autant les hommes que les femmes. Et plusieurs études démontrent clairement qu’elle est en grande partie induite par la pollution chimique. « Plus un pays est riche, plus on y rencontre des problèmes de reproduction » souligne ainsi le Pr Henrik Leffers de l’Université de Copenhague.

Document complet à lire : Ici

Le Collectif BAMP, alerte dans son manifeste  que beaucoup d’études scientifiques alertent sur les effets néfastes sur la fertilité humaine des produits chimiques que l’on trouve dans les aliments, les rejets toxiques de l’industrie et les perturbateurs endocriniens.

Propositions BAMP :

1 – Nous souhaitons que les questions de dégradations environnementales et d’augmentation de l’infertilité, au même titre que les questions générales de santé, soient au centre des préoccupations politiques et sociétales.2

L’exposition aux solvants et aux pesticides entraîne bel et bien des altérations biologiques.  Lesquelles retentissent sur la fertilité masculine. Des chercheurs français de l’INSERM , à Rennes et au Kremlin Bicêtre près de Paris, ont collaboré avec une équipe italienne pour étudier 225… Argentins qui souffraient d’infertilité. Tous  résidaient dans une région agricole, ce qui est d’une importance  capitale pour cette affaire.

Les travaux menés des deux côtés des Alpes ont en effet démontré que l’exposition aux pesticides et aux solvants diminuait la qualité du sperme.   Attention cependant !  Le Dr Luc Multigner, de l’INSERM, souligne que ce travail a été mené sur une population très particulière. De sorte que plusieurs biais peuvent brouiller les résultats.

Néanmoins, ces conclusions qui doivent inciter plus que jamais à un strict respect des précautions d’emploi de ces produits, port de combinaisons, de masques et sous-vêtements protecteurs.

Rubrique : Stérilité impuissance général

Source : Human Reproduction, 27 juillet 2001

« Bisphénol A, phtalates, parabènes… Présents dans les objets du quotidien, ces perturbateurs endocriniens sont de plus en plus soupçonnés de perturber la fertilité. La France légifère pour limiter progressivement leur présence et de nouvelles études sont en cours. Mais certains produits sont d’ores et déjà connus et étiquetés comme portant atteintes aux capacités reproductives. Ouvrez l’œil. »

Sur votre lieu de travail, voire dans votre maison ou votre jardin, vous pouvez être amené à utiliser des produits contenant des substances classées « CMR ». Cela signifie que par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, ces substances chimiques présentent un ou des effets Cancérogènes, Mutagènes (produire des altérations génétiques héréditaires ou en augmenter la fréquence) et toxiques pour la Reproduction. Leur étiquetage étant obligatoire, vous pouvez repérer leur présence. Leur nocivité se voit à leur logo orange affichant une tête de mort ou une croix noire. Il faut ensuite regarder la lettre et les chiffres indiquant leur classification.

– Il est noté R60 ou R61 : ces substances appartiennent aux catégories 1 ou 2. Les autorités sanitaires disposent de suffisamment d’éléments pour établir une relation de cause à effet ou justifier une forte présomption quant à leur toxicité pour la reproduction. Leur utilisation est d’ailleurs interdite dans les produits destinés au grand public.

– Il est noté R62 ou R63 : ces substances appartiennent à la catégorie 3. Les autorités sanitaires estiment que leur possible toxicité sur la reproduction humaine est préoccupante.

Si vous pensez être exposé à ces produits chimiques dans le cadre de votre activité professionnelle, parlez-en avec votre médecin du travail. Il pourra vous conseiller sans mettre en jeu votre emploi et dans le respect du secret médical.

Ecrit par : Aurélia Dubuc – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Source : Brochure d’information de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, mars 2013 ; http://www.perinat-france.org ; http://www.fmpcisme.org

« En France, environ 1 couple sur 4 à 6 qui arrête d’utiliser un moyen de contraception, sera concerné par une infécondité involontaire d’un an ». Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié ce matin même,  fait opportunément le point sur l’impact des « progrès » scientifiques, technologiques et industriels sur la fertilité humaine. L’évolution de notre environnement sous la pression de l’homme, compromet-elle la reproduction et… l’avenir de l’espèce ? Cette question fondamentale trouve aujourd’hui des réponses… de plus en plus préoccupantes.

Il y a plus de 20 ans qu’au sein de la communauté scientifique, le sujet fait débat. Il n’est donc pas surprenant que les rédacteurs du BEH lui aient consacré un numéro spécial. Objectif, « fournir des données valides et actualisées, relatives à la reproduction masculine et féminine ». Ils ont également tenté d’apporter des éléments de réponse quant à la part de responsabilité que les mutations de notre environnement peuvent avoir dans ces perturbations.

Des études concernant l’évolution des caractéristiques du sperme chez l’homme, ont été réalisées dans les différents Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos). Or il en ressort par exemple, qu’« une décroissance de la qualité du sperme a été mise en évidence »… mais de façon inégale dans toutes les régions françaises.

Des variations géographiques ont ainsi été relevées entre les huit centres français. Selon les auteurs, ces variations pourraient être le fait d’une « exposition à de multiples facteurs reprotoxiques, environnementaux ou liés au mode de vie ». Par exemple, l’exposition professionnelle aux pesticides, le surpoids, ou encore l’imprégnation tabagique et alcoolique – fût-elle passive durant la grossesse de leur mère- impacteraient les capacités de reproduction des hommes adultes.

Des recherches à poursuivre

Quelles sont les conséquences de la détérioration du sperme humain sur la fertilité ? Des chercheurs de l’INSERM (U823 à Grenoble et U1018 à Kremlin-Bicêtre) se sont intéressés aux résultats de deux enquêtes portant sur la fertilité des couples en France. La première, menée en 2003, estimait à 18% le pourcentage des couples souffrant d’une infertilité involontaire après 12 mois sans contraception. En 2009 au terme de la seconde étude, les scientifiques évoquaient une proportion d’un couple sur quatre !

Faut-il y voir une conséquence délétère des évolutions de  l’environnement ? Les auteurs restent prudents. « Ces études n’ont pas été réalisées dans les zones géographiques où une détérioration du sperme avait été rapportée » soulignent-ils.  Toujours est-il que ces travaux peuvent certainement être perçus comme une alerte.  Ils surviennent plusieurs années après des études qui ont donné des résultats similaires, en Scandinavie notamment.

Pour aller plus loin BEH ; – Agence de biomédecine.

  • Rubrique : Santé publique
  • Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 21 février 2012

http://destinationsante.com/baisse-de-la-fertilite-humaine-l-environnement-en-cause.html