Je ne suis plus celle que je suis – Paysages de l’infertile

Aujourd’hui nous allons vous parler d’un projet artistique qui nous tient à cœur. En effet, chez BAMP nous pensons que la création artistique, sous toutes ses formes, est un moyen important et nécessaire pour communiquer sur l’infertilité, pour permettre aussi aux personnes qui vivent ces parcours difficiles de s’exprimer. C’est pour ces raisons que depuis la création de l’association, nous avons créés l’exposition participative TRACES : l’infertilité laisse des traces. Et que certaines de nos référentes organisent des ateliers créatifs.

C’est donc avec une grande joie et beaucoup d’enthousiasme, que nous avons accueillis le projet d’Anne-Laure et de Xavier, lorsqu’ils nous l’ont présenté. C’est toujours un moment important, l’engagement créatif, la mise à nu d’une histoire d’infertilité et d’AMP, sujets encore tabous dans notre société.

A départ, il y a le texte d’Anne-Laure, puis les photographies de Xavier suite à leur rencontre, viennent compléter, élargir la possibilité de montrer, de dire l’invisible, indicible histoire, qu’Anne-Laure vit dans son corps et sa tête : l’enfant qui ne vient pas, le vide du corps malgré l’AMP. Le texte d’Anne-Laure, nous le trouvions déjà puissant lorsqu’elle nous avait confié le premier jet, il y a maintenant quelques années. Les photos de Xavier sont épurées mais pourtant pleines de sens, de sensations, elles parlent autant que le texte, elles disent au delà des mots, car elles montrent le corps qui d’ordinaire se cache, le corps à corps, le corps à nu, rien plus rien que les mots pour tenir encore debout ? Non le corps est là, il se dérobe, il se refuse mais il est là, au centre, au cœur pour le bien et le mal.

De la rencontre entre Anne-Laure et Xavier va naître le projet « Je ne suis plus celle que je suis – paysage de l’infertile« . Anne-Laure et Xavier ont pour projet une exposition programmée du 3 au 19 décembre 2018 à Paris, galerie l’Anachronique dans le 18ème. Exposition des photos de Xavier GAVAUD avec une mise en scène sonore du texte d’Anne-Laure. Un livre regroupant le texte et les photos, ainsi que des tirages photographiques d’art sont prévus. Une conférence est également en cours de préparation pour parler d’art et d’infertilité, d’art thérapie où de thérapie par l’art. « Différentes personnalités ont déjà donné leur accord de principe pour intervenir à ce moment (Mylène  Botbol, professeur de philosophie et de bioéthique ; Maïa Bramy, Ecrivain ; Monique Bydlowski, psychiatre, psychanalyste, directrice de recherche à l’INSERM ; Carla Canullo, philosophe italienne, professeur à l’université ; Sylvie Epelboin, gynécologue, coordinatrice du centre d’assistance médicale à la procréation, hôpital Bichât ; Edith Vallée, docteur en psychologie clinique ; Silke Schauder, professeur de psychologie clinique et psychopathologie, métapsychologie de la création…). »

De notre point de vue, c’est un projet fort et inédit en France que nous proposent Anne-Laure et Xavier, sur ce sujet de l’infertilité et de l’AMP. Ce type de travail créatif et artistique, peut, il nous semble permettre de briser le mur de l’indifférence, de la méconnaissance, faire prendre conscience. Dire et montrer l’intime et l’universel désir de porter la vie, frustré, brisé par son impossible réalisation. Comment sortir de cela, comment être et vivre ? Ce sont toutes ces questions et ces propositions que nous offrent, aujourd’hui Anne-Laure et Xavier. Nous avons hâte de découvrir l’ensemble de ce projet. Rendez-vous au mois de décembre !

Mais pour cela ils ont besoin d’un coup de pouce de chacun d’entre nous. « Dans cette démarche, nous vous proposons de devenir partenaires de ce projet en participant à cette campagne de financement participatif. »

Avant nous vous laissons découvrir une partie du texte et des photos et si vous souhaitez leur apporter votre soutien et votre participation financière, tous les liens sont dans le texte qui suit les extraits du livre.

 

 

Ce coup de pouce peut prendre différentes formes  :

  • un soutien financier à ce projet via un financement participatif, même 5 euros peuvent faire la différence. C’est par ici que cela se passe 
  • un soutien financier via la pré-commande du livre, d’un tirage photo numéroté et signé, ou des deux. Voir ci-dessous, tous les détails des différentes propositions et des tarifs correspondants :

Si vous souhaitez réserver le livre ou des tirages de l’exposition, merci de compléter et de renvoyer à Xavier GAVAUD le « BON de PARTICIPATION » (voir à la fin de ce message), avec votre paiement par chèque ou via le compte paypal précédemment indiqué.  Vous pouvez ensuite envoyer le bon de participation accompagné du règlement, soit par voie postale, soit par mail. Toutes les coordonnées de Xavier GAVAUD sont indiquées ci-dessous.

« Les participations seront disponibles en fin d’année et délivrées aux alentours de décembre 2018, selon l’avancée de notre production. Celles-ci vous seront délivrées soit par voix postale, soit « en main propre » lors de l’exposition ou lors d’une rencontre sur Paris ou aux alentours de Brest à définir avec nous.Bien sûr, nous demeurons à votre disposition pour tous compléments d’informations. Nous serions ravis de vous compter parmi nos soutiens, et, dans cette idée, n’hésitez surtout pas à diffuser cette campagne de participation.

Anne-Laure

et Xavier Gavaud »

 

RDV à la médiathèque d’Angers

La procréation médicalement assistée, une Angevine témoigne

« Faire un enfant n’est pas si simple, c’est même pour certains couples un vrai parcours du combattant. Les progrès de la science permettent aujourd’hui d’accéder à ce bonheur mais connaît-on vraiment le quotidien de ces patients ? », site de la médiathéque d’Angers.
Venez échanger jeudi 06 octobre 2016 à 19h, à la médiathèque Toussaint d’Angers, en présence de Mathilde Grimault et BAMP autour de l’infertilité et de l’AMP.
Mathilde Grimault est l’auteur d’un livre sur son parcours en AMP : « Tu concevras dans la douleur » (Edilivre), elle témoignera ce jour-là à ce propos.

Un stand BAMP foisonnant d’informations vous accueillera aussi.

Jeudi 6 octobre à 19h – Médiathèque Toussaint

C’est l’occasion de donner plus de visibilité aux questions relatives aux parcours de vie, marqués par l’infertilité, la stérilité et le recours à l’assistance médicale à la procréation. Venez nombreux !
#1couple6 #JeSuisInfertile #visibilité

 

Contact Caroline pour BAMP : collectifbamp49@gmail.com
Pour vous rendre à la médiathèque d’Angers voir sur le site de la médiathèque d’Angers

 

Transfert d’embryon sous hypnose

Voici le témoignage de Lovebirds66, adhérente BAMP qui souhaite apporter son témoignage sur l’hypnose et l’AMP.

Donc pour ma fiv 1 en juin dernier (dont vous trouverez le témoignage de ma ponction sous hypnose ici Ponction sous hypnose – Témoignage), j’ai eu un transfert très difficile, le cathéter ne passait pas.
Celui-ci a duré plus d’une heure et quart. Ça a été un moment très stressant, tant pour nous que pour l’équipe médicale. Le médecin, n’y parvenant pas, a voulu annuler et reporter le transfert. J’ai toujours eu ce problème durant mes 6 tentatives d’inséminations mais ça finissait toujours par passer au bout d’une vingtaine ou trentaine de minutes.
Bref, ça a été très long, angoissant et douloureux (pose de pozzi, …). Mais quand mon gynéco a dit « tant pis on congèle l’embryon et on vous le mettra le mois prochain », pour moi il n’en était pas question. J’ai eu peur qu’il perde en qualité. J’ai insisté, il a réessayé et le cathéter est finalement passé. Mais dans des conditions pas vraiment idéales, beaucoup de stress pour moi et mon utérus qui a été trituré et donc qui contractait.
Le résultat de cette fiv a été positif, mais aussitôt dissipé par la chute du taux à la seconde prise de sang.
Nous avons donc revu le gynécologue. Il ne voulait pas faire de nouvelle tentative sans faire une dilatation du col pour faciliter le passage du cathéter. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une courte intervention chirurgicale sous AG qui dilate le col (comme son nom l’indique), c’est une intervention qui n’est pas perpétuelle, selon les individus, les bienfaits durent plus ou moins longtemps. Elle est pratiquée en première partie de cycle Il n’est pas conseillé de faire une tentative sur le même cycle que la dilatation pour laisser cicatriser tranquillement.
Je subis donc cette intervention en août.
Septembre, démarrage des stimulations en vue d’un TEC, nous avions la chance d’avoir deux embryons congelés.
Transfert assez compliqué encore, je dirai une vingtaine de minutes malgré l’hystéroscopie faites sur le mois précédent. Résultat négatif.
Retour à la case départ pour FIV2. Mon gynécologue envisage de refaire une dilatation du col, je ne suis pas pour car c’est sous AG. Et puis si l’effet ne dure qu’un mois sans être si efficace que ça, est-ce vraiment nécessaire…? On en discute, je lui propose de refaire un test à blanc, et il accepte. Passage réussi du cathéter au bout de 5-10min.
Ilestok pour tenter FIV2 sans dilatation. Si ça ne passe pas le jour J,ilsm’enverront au bloc et je ferai letransfertsousAG (non non je n’avais pas du tout la pression!). Donc interdiction de manger le matin du transfert. C’est parti pour le protocole de traitements.

Comme ma première ponction sous anesthésie locale avec hypnose s’était bien passée, je reprends RDv avec le même anesthésiste.
On discute, il est très à l’écoute, il fait encore peu de FIV sur le centre mais s’est documenté pendant l’été et souhaite s’intéresser de plus près à l’infertilité. Il s’est renseigné, il a lu cette étude israélienne sur l’hypnose (https://bamp.fr/2013/05/20/il-etait-une-fois-une-fiv-et-lhypnose/).
Il me propose de me faire le transfert sous hypnose. Je suis ravie. Je  me dis que c’est peut-être la solution pour moi. J’avoue que j’avais pensé à lui demander sans jamais oser…
On n’aime pas entendre que c’est dans notre tête, nous les infertiles, ni que nous sommes stressées. Mais tout le processus de la PMA est si prenant est stressant qu’un peu de détente ne peut me faire que du bien. Je le prends vraiment comme une belle opportunité.
Je fais donc mes trois séances de préparation à l’hypnose.
Arrive le jour de la ponction. Une fois installée sur la table d’opération on commence la séance.
J’avoue que cette ponction a été plus douloureuse que la première, mais loin d’être insupportable. J’ai eu froid, cela m’empêchait de me détendre et me maintenait « consciente ».
Mais il suffisait que je crispe mon visage pour que l’anesthésiste m’injecte une dose d’anesthésiant supplémentaire, et qu’il augmente le son de sa voix pour me recanaliser.
Je remonte en chambre immédiatement toute fraîche, et rentre chez moi 1h30 après l’intervention, ça c’est vraiment très appréciable. Juste quelques tiraillements dans le ventre.
Cinq jours après, nous avons la chance d’avoir obtenus 2 blastocytes. Transfert prévu a 14h.
Comme ce transfert sous hypnose est une première pour le centre, l’organisation a été chamboulée, le centre a ouvert 30min plus tôt pour moi, et je leur dis un grand MERCI. L’anesthésiste est venu exprès alors qu’il ne travaillait pas ce jour-la, MERCI aussi. Je dois dire que tout le monde a été super, a joué le jeu. Le transfert a duré 5 ou 10min, mais quoi qu’il en soit ce fut le plus court et le plus simple de tous les transferts.

Une fois le transfert fini, pendant les quelques minutes de repos, nous avons debriefé sur cette première. J’ai bien senti que mon gynécologue était septique sur la démarche, que ce soit pour les ponctions ou les transferts. Certainement son côté pragmatique et scientifique qui parle. Mais il considère aussi, et là je ne parle que pour la ponction bien sûr, que c’est dommage de souffrir, et que c’est difficile de faire un bon travail quand on voit la patiente bouger de douleur pendant l’opération. Je comprends bien ce qu’il veut dire et c’est tout a son honneur. Mais malgré son avis sur la question, il a été ok pour tentes l’expérience et c’est déjà beaucoup.

Pour ce qui est du résultat, nous avons eu une prise de sang positive, mais malheureusement un embryon qui a arrêté son développement autour de la 5 semaines de grossesse.
Nous n’étions jamais arrivés jusqu’à ce stade. Même si c’était une dure épreuve, cela nous amène aussi beaucoup d’espoir.
J’ai donc subit un curetage début janvier et j’attends désormais de pouvoir démarrer FIV3.
Je ne sais pas si je pourrai recommencer l’expérience du transfert sous hypnose car cela chamboule un peu le centre, mais j’espère vivement que oui. J’en discuterai lors de mes prochains rendez-vous avec l’anesthésiste et le gynécologue.
Je pense que c’est aussi ça l’esprit BAMP, aider les équipes de PMA à intégrer de nouvelles techniques scientifiques ou de relaxation, des accompagnements à nos processus de pma pour optimiser nos chances, permettent à chacune de trouver son propre protocole en fonction de ses besoins et à vivre au mieux ce parcours semé d’embûches !

Mon « SOPcas » particulier

 

J’ai 10 ans et l’acné couvre mon visage, des poils commencent à envahir mon corps. J’ai 11 ans et mes premières règles arrivent car malgré ma moustache et ma barbe je suis bien une fille.
Mon adolescence ? Une tranche de vie débutée trop tôt et s’étant prolongée fort tard, que j’aimerais tellement pouvoir oublier.
Côté acné, sévère et masculine sinon ce n’est pas drôle hein, je consulte des dermatologues et prends différents traitements en fonction de mon âge : de la lotion à appliquer sur le visage pour brûler les boutons aux antibiotiques en passant par huit années de Roaccutane / Curacné à dose de cheval. Ma peau souffre, elle est littéralement décapée, à vif par moments, mais c’est le prix à payer pour limiter l’étendue de mon acné et que l’on puisse apercevoir mon visage entre deux boutons.
Côté cycles, ce n’est pas plus brillant, c’est même l’anarchie complète : de 2 mois sans règles (rarement) à 18 mois d’aménorrhée (mon record) je ne sais jamais quand les Anglais vont débarquer en force. Parce que oui, mes règles, les rares fois où je les ai, sont abondantes et douloureuses. Comme si elles voulaient « rattraper » les cycles perdus… Je vais voir un gynécologue qui sans plus réfléchir ni réaliser d’examens, même pas une petite prise de sang, me met sous Diane 35 parce que « ça régularise les cycles ». Je la prends pendant un an puis l’arrête car je suis malade, nauséeuse, à la limite des vomissements 3 semaines par mois et la dernière semaine et bien j’ai mes règles et elles sont toujours aussi pénibles.
Les poils, aucun médecin ne m’en parle, les seuls « avis » que j’ai sont ceux des gens qui me voient dans la rue, au collège, dans le bus, etc. Si j’en crois ce qu’ils disent je suis un singe, le Yéti, un monstre, un hermaphrodite car je me « laisse pousser la moustache » et en plus j’ai « deux queues : une derrière (mes cheveux très longs attachés en queue de cheval) et l’autre devant »… On saluera au passage la « finesse » des commentaires. Bien entendu je me rase, comme un homme, ou plus même car pour être à peu près présentable il me faut le faire deux à trois fois par jour, mais ne nous voilons pas la face : la différence entre un menton imberbe et un menton rasé saute aux yeux.
Rajoutez à cela que je suis plus grande et ma carrure plus large que les filles de mon âge et que ma poitrine ne se développe pour ainsi dire pas et vous comprendrez sans peine que j’en viens à me dire que je suis anormale, une erreur de la nature, que je vivrai toujours ainsi et que les gens ont raison de me traiter de la sorte car je suis telle qu’ils le décrivent : un monstre. Aucun espoir… A la limite de la dépression… Pensées plus que négatives…
(Je tiens quand même à préciser, pour dissiper tout éventuel malentendu, que je suis réellement et totalement une femme, certes quelque peu virilisée, et que je n’ai jamais douté ni de mon identité ni de mon orientation sexuelles.)
J’ai 18 ans et c’est ma première rentrée à la fac ; visite au centre médical universitaire obligatoire. Réaction du médecin (fin psychologue… ou pas) en me voyant : « Mais vous êtes poilue ! C’est dégoutant, pourquoi n’êtes-vous pas allée consulter un endocrinologue ? » Peut-être parce que personne ne m’en a parlé jusque-là et que je ne connais donc pas cette branche de la médecine ? Je prends rendez-vous chez un endocrinologue qui me diagnostique en deux temps trois mouvements (grâce à des prises de sang, etc.) : je suis atteinte du SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) dans une forme plutôt sévère. Il prend sur son temps pour m’expliquer diplomatiquement la maladie, ces manifestations et ces conséquences, que c’est elle la cause de tous mes maux ; il me précise que je suis née avec, qu’elle est inscrite dans mes gênes, qu’on n’en guérit pas, mais qu’on peut canaliser ou contourner certains de ses aspects et qu’il le faut sinon le SOPK ne fera qu’empirer. Il me donne dans un premier temps un traitement hormonal adapté, remplacé par une pilule contenant les mêmes molécules mais moins forte une fois les symptômes mis sous contrôle. En quelques petites années mon hirsutisme a drastiquement diminué, j’ai des règles régulières, mon acné disparait en laissant quand même une peau plus qu’abimée. Certes je dois encore me battre contre les poils mais une fois par jour seulement. Certes mes règles sont artificielles mais c’est bien mieux que rien pour ma santé tant physique que mentale. Certes je sais que je devrai stopper ce traitement lorsque je voudrai un enfant et qu’alors tout ou presque redeviendra comme avant, un peu comme le carrosse redevient citrouille aux 12 coups de minuit. Mais pour moi la question ne se pose même pas : bien que je revive je me considère encore comme quelqu’un dont personne ne voudra, on ne perd pas comme cela un état d’esprit dans lequel on vit depuis la moitié de sa vie.
Quelques années plus tard, je rencontre malgré tout celui qui allait devenir mon mari. Nous sommes en essais bébé depuis début mai 2013. Mon gynécologue m’avait dit lors de l’arrêt de contraception que si je n’étais pas enceinte au bout de six mois il fallait que je revienne le voir : il se « méfiait » déjà de mon SOPK… Quatre mois plus tard je n’ai toujours pas de règles, je ne suis cependant pas enceinte, mais je n’y prête pas plus attention que cela : quatre mois ce n’est rien pour moi, plus habituée aux cycles de 12-18 mois. Lors d’un rendez-vous de routine mon gynécologue me demande des nouvelles de ma vie « essais bébé » ; je lui raconte la situation et là il me dit qu’il va me mettre sous Duphaston pour me provoquer de fausses règles, car ce n’est pas bon pour le corps de rester aussi longtemps sans règles et que cela pourrait peut-être en plus relancer la machine. Duphaston fait son effet mais fin octobre mon 2e cycle post pilule dure depuis déjà trop longtemps et rien ne s’arrange dans mon corps ; mon gynéco lance alors la demande de protocole pour stimulation ovarienne par prise de comprimés – Clomid – tout en nous faisant passer à mon mari et moi toute une batterie de tests : prises de sang, hystérosalpingographie, échographies, spermogramme… Nous avons depuis lors fait 5 cycles de Clomid sans aucun effet, 3 mois de stimulation par auto-injections quotidiennes de Gonal-F avec ovulation (voire double ovulation) mais pas de grossesse et nous sommes désormais en phase de constitution de dossier en vue d’insémination artificielle – IAC. En parallèle j’ai appris que l’épilation laser du visage peut être partiellement prise en charge, sous réserve que la cause de l‘hirsutisme soit une maladie hormonale, et j’ai déjà effectué quelques séances qui ont affaibli encore un peu plus ma pilosité faciale.
Si je vous raconte tout cela c’est pour vous dire que le fait d’avoir enfin été diagnostiquée SOPK m’a permis de me sentir plus « normale » que les 10 années précédentes : j’avais enfin une explication, j’ai pu mettre un nom sur mon « anormalité » qui n’est en fait rien d’autre qu’une maladie, je ne suis donc pas un monstre, en plus on peut m’aider à vivre un peu mieux. J’ai pu peu à peu sortir de la spirale infernale. De plus ce diagnostic posé bien avant le lancement des essais bébé nous a permis de gagner du temps puisque mon gynécologue a ainsi pu réagir vite, sans nous demander d’attendre deux ans d’essais infructueux avant de commencer les examens d’exploration d’infertilité.
Donc je dis oui au diagnostic précoce non pas d’infertilité (je ne vois pas l’infertilité comme étant elle-même une maladie) mais du trouble qui en est la cause, que cela soit le SOPK, l’endométriose ou autre, qu’il touche l’homme ou la femme, surtout si ce trouble a des conséquences plus ou moins lourdes sur la vie quotidienne (aspect physique, douleurs, dépression, etc.) et à condition de l’annoncer diplomatiquement, avec une touche d’espoir, une explication de ce que l’on pourra faire pour aider et soulager les personnes concernées.

 

Edhelwen

Chiara, Evan et les autres – Léa Clary

Léa Clary - Chiara Evan et les autres

Pour vous procurer ce livre, cliquez ici

 

Voici un livre écrit par une jeune femme française, sur son parcours d’AMP. C’est  un livre de bord, qui retrace au jour le jour toutes les émotions, les questions, les doutes vécues par cette jeune femme pendant les mois de traitements. Il est sorti au mois de septembre 2014, nous lui avions posés quelques questions (et nous avons pris beaucoup de retard dans la publication de l’article, mais le livre est toujours disponible !).

Léa Clary (c’est un pseudo), y parle de son quotidien vue à travers le prisme de son parcours d’AMP. Le livre est né de la nécessité de partager son quotidien, son expérience avec d’autres personnes. Elle tenait un blog en amont de son parcours d’AMP, mais lors de sa première FIV elle a arrêté, car « c’était trop dur. J‘en voulais au monde entier » un ressenti que beaucoup de femmes infertiles éprouvent avec plus ou moins d’intensité. Comme elle le dit, son parcours n’aura duré « que » 18 mois, mais il a été « générateur d’une terrible souffrance« .  Encore aujourd’hui, alors qu’elle est maman, elle a toujours envie de « pleurer avec les femmes infertiles« , preuve que cette cicatrice ne se referme pas d’un coup de baguette magique un fois maman.

Une fois enceinte, elle avait tellement peur du drame, qu’elle n’a pas osé écrire, elle a commencé l’écriture de son livre, plus de six mois après la naissance de son enfant. Ce livre tente aussi de faire prendre conscience à l’entourage des difficultés que rencontrent les couples infertiles. Livre a partager avec vos proches.

Léa Clary a choisit de tout prendre en charge pour la réalisation de son livre. Le graphisme, la promo, la jeune femme sur la photo de couverture, c’est elle. Une énergie débordante pour voir aboutir SON Projet.

Le point de vue d’HESTIA une adhérente BAMP sur sa lecture :

« A travers son journal intime, Léa Clary, nous livre le quotidien de son parcours pour avoir un enfant. Découverte d’un syndrome des ovaires polykystiques pour Léa, d’un spermogramme catastrophique pour son mari. Le diagnostique est posé, le combat peut commencer. Le quotidien du couple va maintenant être rythmée par l’assistance médicale à la procréation. L’auteur nous dévoile à travers son journal, ses émotions, l’incompréhension de ses amies, les difficultés, les hauts et surtout les bas d’une période de sa vie entièrement consacrée au rêve d’avoir un enfant. »

 

Pour l’acheter sur Amazon

Son site : Chiara, Evan et les autres. Quotidien d’un rêve d’enfant.

Sa page facebook au sujet du livre

Drilling ovarien: le bilan 1 an après

Au mois de Juin 2013 je vous proposais un article pour découvrir ce qu’est le drilling, technique chirurgicale effectuée par cœlioscopie, s’adressant aux femmes atteintes du Syndrome des Ovaires PolyKystiques (SOPK).

Je souhaite aujourd’hui vous dresser le bilan de mon année post-opération.

Tout d’abord, je voudrais rappeler les « indications médicales » qui ont poussé ma gynéco PMA à me proposer cette intervention : des ovaires augmentés de volumes avec une couronne de follicules à leur surface, de l’acné depuis l’adolescence qui ne passait pas, des cycles très irréguliers (anovulation), pas d’obésité pour ma part mais un « surpoids » difficile à éliminer et un résultat de mes précédentes tentatives d’induction de l’ovulation plus que décevant. J’avais bien effectué un bilan hormonal sanguin mais ce n’est pas forcément cela qui l’a décidé, cela a juste confirmé le problème.

Un mois après l’opération, le contrôle que la gynéco a effectué n’a pas montré de signe d’ovulation, mais tout du moins un endomètre « parfait » signe que mes hormones faisaient au moins ce boulot-là. Mes cycles sont, malgré tout, devenus bien plus réguliers: de 28 à 30 jours avec 2 périodes de cycles à rallonge sans trop avoir d’explication. A part des cycles réguliers, j’ai également eu fréquemment des tests d’ovulation positifs, parfois un peu tardivement dans le cycle mais pas de grossesse. Mon acné s’est nettement améliorée et j’ai recommencé à perdre du poids. Je devais retourner en PMA 6 mois après le drilling si nous n’avions pas obtenu de grossesse spontanée mais suite à un épisode de dépression, la pause PMA aura duré près d’un an.

Finalement, j’ai repris rendez-vous en Avril dernier avec ma gynéco. Un contrôle échographique a montré un endomètre toujours bien, des ovaires de taille parfaitement normale et même un follicule dominant presque à point pour libérer un ovocyte! Donc le drilling a un effet assez durable dans le temps, ce qui est une bonne chose au final car d’après ce que j’ai compris l’intervention ne peut pas se faire 2 fois (du moins ma gynéco ne le fait pas). Nous avons donc eu une série d’examens à réaliser pour démarrer rapidement un protocole FIV mais confiants car le drilling permet une meilleure réponse à l’induction de l’ovulation.

Sauf que.

Sauf que le drilling permet d’obtenir une grossesse spontanée dans environ 60% des cas. Et que nous avons eu cette immense et merveilleuse chance d’être du bon côté des statistiques cette fois. Le follicule dominant vu à l’échographie est devenu un embryon puis un fœtus et, si tout se passe bien, il deviendra un enfant à naître en Janvier 2015. Cette grossesse, bien que très angoissante pour moi, est prise en charge comme n’importe quelle grossesse. Aucun suivi particulier, tout est devenu normal.

Alors un an au final, quand on espère son petit miracle depuis des années, ça parait très long. En effet, mais comme j’en ai discuté avec une blogueuse récemment je n’ai pas eu l’impression de perdre du temps. Rétrospectivement, je me dis que ce sont tous ces protocoles subis pour rien dans mon ancien centre qui ont été une perte de temps. Et cette période nous l’avons mis à profit pour, d’une part me remettre de ma dépression et d’autre part, pour chasser le médical de nos vies et retrouver une vie de couple et non continuer à être deux patients vivant l’un à côté de l’autre. Egalement, je me suis fait la réflexion que le drilling a permis une prise en charge de ma « maladie » dans sa globalité et m’a « guérit » au quotidien, au contraire d’un traitement d’induction qui contourne simplement le problème des OPK le temps d’un cycle pour obtenir une grossesse.

Si vous êtes dans une situation d’échec de stimulation ou de mauvaise réponse au traitement, n’hésitez pas à discuter de cette opération avec votre gynéco. Il s’agit certes d’un traitement de seconde intension mais quand on est dans une impasse, qu’on ne cesse d’augmenter les doses de médicaments etc… explorer une autre piste n’est pas inutile à mon avis.

Sur le précédent article quelques femmes avaient fait part de leur propre expérience, (re)venez nous dire où vous en êtes!

Le blog d’un interne en médecine, balance bénéfices/risques des traitements d’amp

FAUST,  membre du collectif bamp, nous propose un article présentant le blog d’un Homme qui parle d’A.M.P., d’un Homme médecin qui parle d’amp !

Bruno Soulié, interne en médecine générale, doit passer par une FIV ICSI pour tenter d’avoir un enfant avec sa femme.

Benoit Soulié est un de ces nombreux internes en médecine qui bloguent sur la toile. Le Bruit des Sabots (http://lebruitdessabots.blogspot.com/) est un journal de bord développé autour de ses perceptions en tant que médecin et « étudiant ». Il se destine à la médecine générale, et pour cela il se forme à beaucoup de spécialisations.  Au fil des stages qu’il a effectué (à titre d’information, les deux derniers étant pédiatrie et IVG si je ne me trompe pas) nous découvrons l’autre côté de l’ordonnance.

Quel rapport avec BAMP! me direz-vous ?

Avant d’être un médecin, il est un homme qui, comme vos compagnons, est touché de près par le manque d’enfant. Situation schizophrénique (médecin-patient) qu’il décrit très bien dans un article intitulé : « pma ou la brutalisation d’un couple » que vous pouvez lire ici.

Je ne le présente qu’aujourd’hui car son blog est avant tout tourné vers ses expériences médicales et pas vraiment son vécu personnel. Mais, dans son dernier article, il parle de son point de vue de  médecin qui s’est posé sur les faits, sur les chiffres de la PMA et qui s’interroge sur la balance bénéfices/risques des traitements de l’infertilité. Je vous laisse découvrir sa démarche et ses conclusions dans cet article du 12 novembre à lire ici.

Faust

 

Sur les conseils de Marjorie, nous ajoutons le lien vers un autre article (qui parle d’AMP) de ce blog écrit par un homme.