RDV à la médiathèque d’Angers

La procréation médicalement assistée, une Angevine témoigne

« Faire un enfant n’est pas si simple, c’est même pour certains couples un vrai parcours du combattant. Les progrès de la science permettent aujourd’hui d’accéder à ce bonheur mais connaît-on vraiment le quotidien de ces patients ? », site de la médiathéque d’Angers.
Venez échanger jeudi 06 octobre 2016 à 19h, à la médiathèque Toussaint d’Angers, en présence de Mathilde Grimault et BAMP autour de l’infertilité et de l’AMP.
Mathilde Grimault est l’auteur d’un livre sur son parcours en AMP : « Tu concevras dans la douleur » (Edilivre), elle témoignera ce jour-là à ce propos.

Un stand BAMP foisonnant d’informations vous accueillera aussi.

Jeudi 6 octobre à 19h – Médiathèque Toussaint

C’est l’occasion de donner plus de visibilité aux questions relatives aux parcours de vie, marqués par l’infertilité, la stérilité et le recours à l’assistance médicale à la procréation. Venez nombreux !
#1couple6 #JeSuisInfertile #visibilité

 

Contact Caroline pour BAMP : collectifbamp49@gmail.com
Pour vous rendre à la médiathèque d’Angers voir sur le site de la médiathèque d’Angers

 

Transfert d’embryon sous hypnose

Voici le témoignage de Lovebirds66, adhérente BAMP qui souhaite apporter son témoignage sur l’hypnose et l’AMP.

Donc pour ma fiv 1 en juin dernier (dont vous trouverez le témoignage de ma ponction sous hypnose ici Ponction sous hypnose – Témoignage), j’ai eu un transfert très difficile, le cathéter ne passait pas.
Celui-ci a duré plus d’une heure et quart. Ça a été un moment très stressant, tant pour nous que pour l’équipe médicale. Le médecin, n’y parvenant pas, a voulu annuler et reporter le transfert. J’ai toujours eu ce problème durant mes 6 tentatives d’inséminations mais ça finissait toujours par passer au bout d’une vingtaine ou trentaine de minutes.
Bref, ça a été très long, angoissant et douloureux (pose de pozzi, …). Mais quand mon gynéco a dit « tant pis on congèle l’embryon et on vous le mettra le mois prochain », pour moi il n’en était pas question. J’ai eu peur qu’il perde en qualité. J’ai insisté, il a réessayé et le cathéter est finalement passé. Mais dans des conditions pas vraiment idéales, beaucoup de stress pour moi et mon utérus qui a été trituré et donc qui contractait.
Le résultat de cette fiv a été positif, mais aussitôt dissipé par la chute du taux à la seconde prise de sang.
Nous avons donc revu le gynécologue. Il ne voulait pas faire de nouvelle tentative sans faire une dilatation du col pour faciliter le passage du cathéter. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une courte intervention chirurgicale sous AG qui dilate le col (comme son nom l’indique), c’est une intervention qui n’est pas perpétuelle, selon les individus, les bienfaits durent plus ou moins longtemps. Elle est pratiquée en première partie de cycle Il n’est pas conseillé de faire une tentative sur le même cycle que la dilatation pour laisser cicatriser tranquillement.
Je subis donc cette intervention en août.
Septembre, démarrage des stimulations en vue d’un TEC, nous avions la chance d’avoir deux embryons congelés.
Transfert assez compliqué encore, je dirai une vingtaine de minutes malgré l’hystéroscopie faites sur le mois précédent. Résultat négatif.
Retour à la case départ pour FIV2. Mon gynécologue envisage de refaire une dilatation du col, je ne suis pas pour car c’est sous AG. Et puis si l’effet ne dure qu’un mois sans être si efficace que ça, est-ce vraiment nécessaire…? On en discute, je lui propose de refaire un test à blanc, et il accepte. Passage réussi du cathéter au bout de 5-10min.
Ilestok pour tenter FIV2 sans dilatation. Si ça ne passe pas le jour J,ilsm’enverront au bloc et je ferai letransfertsousAG (non non je n’avais pas du tout la pression!). Donc interdiction de manger le matin du transfert. C’est parti pour le protocole de traitements.

Comme ma première ponction sous anesthésie locale avec hypnose s’était bien passée, je reprends RDv avec le même anesthésiste.
On discute, il est très à l’écoute, il fait encore peu de FIV sur le centre mais s’est documenté pendant l’été et souhaite s’intéresser de plus près à l’infertilité. Il s’est renseigné, il a lu cette étude israélienne sur l’hypnose (https://bamp.fr/2013/05/20/il-etait-une-fois-une-fiv-et-lhypnose/).
Il me propose de me faire le transfert sous hypnose. Je suis ravie. Je  me dis que c’est peut-être la solution pour moi. J’avoue que j’avais pensé à lui demander sans jamais oser…
On n’aime pas entendre que c’est dans notre tête, nous les infertiles, ni que nous sommes stressées. Mais tout le processus de la PMA est si prenant est stressant qu’un peu de détente ne peut me faire que du bien. Je le prends vraiment comme une belle opportunité.
Je fais donc mes trois séances de préparation à l’hypnose.
Arrive le jour de la ponction. Une fois installée sur la table d’opération on commence la séance.
J’avoue que cette ponction a été plus douloureuse que la première, mais loin d’être insupportable. J’ai eu froid, cela m’empêchait de me détendre et me maintenait « consciente ».
Mais il suffisait que je crispe mon visage pour que l’anesthésiste m’injecte une dose d’anesthésiant supplémentaire, et qu’il augmente le son de sa voix pour me recanaliser.
Je remonte en chambre immédiatement toute fraîche, et rentre chez moi 1h30 après l’intervention, ça c’est vraiment très appréciable. Juste quelques tiraillements dans le ventre.
Cinq jours après, nous avons la chance d’avoir obtenus 2 blastocytes. Transfert prévu a 14h.
Comme ce transfert sous hypnose est une première pour le centre, l’organisation a été chamboulée, le centre a ouvert 30min plus tôt pour moi, et je leur dis un grand MERCI. L’anesthésiste est venu exprès alors qu’il ne travaillait pas ce jour-la, MERCI aussi. Je dois dire que tout le monde a été super, a joué le jeu. Le transfert a duré 5 ou 10min, mais quoi qu’il en soit ce fut le plus court et le plus simple de tous les transferts.

Une fois le transfert fini, pendant les quelques minutes de repos, nous avons debriefé sur cette première. J’ai bien senti que mon gynécologue était septique sur la démarche, que ce soit pour les ponctions ou les transferts. Certainement son côté pragmatique et scientifique qui parle. Mais il considère aussi, et là je ne parle que pour la ponction bien sûr, que c’est dommage de souffrir, et que c’est difficile de faire un bon travail quand on voit la patiente bouger de douleur pendant l’opération. Je comprends bien ce qu’il veut dire et c’est tout a son honneur. Mais malgré son avis sur la question, il a été ok pour tentes l’expérience et c’est déjà beaucoup.

Pour ce qui est du résultat, nous avons eu une prise de sang positive, mais malheureusement un embryon qui a arrêté son développement autour de la 5 semaines de grossesse.
Nous n’étions jamais arrivés jusqu’à ce stade. Même si c’était une dure épreuve, cela nous amène aussi beaucoup d’espoir.
J’ai donc subit un curetage début janvier et j’attends désormais de pouvoir démarrer FIV3.
Je ne sais pas si je pourrai recommencer l’expérience du transfert sous hypnose car cela chamboule un peu le centre, mais j’espère vivement que oui. J’en discuterai lors de mes prochains rendez-vous avec l’anesthésiste et le gynécologue.
Je pense que c’est aussi ça l’esprit BAMP, aider les équipes de PMA à intégrer de nouvelles techniques scientifiques ou de relaxation, des accompagnements à nos processus de pma pour optimiser nos chances, permettent à chacune de trouver son propre protocole en fonction de ses besoins et à vivre au mieux ce parcours semé d’embûches !

Mon « SOPcas » particulier

 

J’ai 10 ans et l’acné couvre mon visage, des poils commencent à envahir mon corps. J’ai 11 ans et mes premières règles arrivent car malgré ma moustache et ma barbe je suis bien une fille.
Mon adolescence ? Une tranche de vie débutée trop tôt et s’étant prolongée fort tard, que j’aimerais tellement pouvoir oublier.
Côté acné, sévère et masculine sinon ce n’est pas drôle hein, je consulte des dermatologues et prends différents traitements en fonction de mon âge : de la lotion à appliquer sur le visage pour brûler les boutons aux antibiotiques en passant par huit années de Roaccutane / Curacné à dose de cheval. Ma peau souffre, elle est littéralement décapée, à vif par moments, mais c’est le prix à payer pour limiter l’étendue de mon acné et que l’on puisse apercevoir mon visage entre deux boutons.
Côté cycles, ce n’est pas plus brillant, c’est même l’anarchie complète : de 2 mois sans règles (rarement) à 18 mois d’aménorrhée (mon record) je ne sais jamais quand les Anglais vont débarquer en force. Parce que oui, mes règles, les rares fois où je les ai, sont abondantes et douloureuses. Comme si elles voulaient « rattraper » les cycles perdus… Je vais voir un gynécologue qui sans plus réfléchir ni réaliser d’examens, même pas une petite prise de sang, me met sous Diane 35 parce que « ça régularise les cycles ». Je la prends pendant un an puis l’arrête car je suis malade, nauséeuse, à la limite des vomissements 3 semaines par mois et la dernière semaine et bien j’ai mes règles et elles sont toujours aussi pénibles.
Les poils, aucun médecin ne m’en parle, les seuls « avis » que j’ai sont ceux des gens qui me voient dans la rue, au collège, dans le bus, etc. Si j’en crois ce qu’ils disent je suis un singe, le Yéti, un monstre, un hermaphrodite car je me « laisse pousser la moustache » et en plus j’ai « deux queues : une derrière (mes cheveux très longs attachés en queue de cheval) et l’autre devant »… On saluera au passage la « finesse » des commentaires. Bien entendu je me rase, comme un homme, ou plus même car pour être à peu près présentable il me faut le faire deux à trois fois par jour, mais ne nous voilons pas la face : la différence entre un menton imberbe et un menton rasé saute aux yeux.
Rajoutez à cela que je suis plus grande et ma carrure plus large que les filles de mon âge et que ma poitrine ne se développe pour ainsi dire pas et vous comprendrez sans peine que j’en viens à me dire que je suis anormale, une erreur de la nature, que je vivrai toujours ainsi et que les gens ont raison de me traiter de la sorte car je suis telle qu’ils le décrivent : un monstre. Aucun espoir… A la limite de la dépression… Pensées plus que négatives…
(Je tiens quand même à préciser, pour dissiper tout éventuel malentendu, que je suis réellement et totalement une femme, certes quelque peu virilisée, et que je n’ai jamais douté ni de mon identité ni de mon orientation sexuelles.)
J’ai 18 ans et c’est ma première rentrée à la fac ; visite au centre médical universitaire obligatoire. Réaction du médecin (fin psychologue… ou pas) en me voyant : « Mais vous êtes poilue ! C’est dégoutant, pourquoi n’êtes-vous pas allée consulter un endocrinologue ? » Peut-être parce que personne ne m’en a parlé jusque-là et que je ne connais donc pas cette branche de la médecine ? Je prends rendez-vous chez un endocrinologue qui me diagnostique en deux temps trois mouvements (grâce à des prises de sang, etc.) : je suis atteinte du SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) dans une forme plutôt sévère. Il prend sur son temps pour m’expliquer diplomatiquement la maladie, ces manifestations et ces conséquences, que c’est elle la cause de tous mes maux ; il me précise que je suis née avec, qu’elle est inscrite dans mes gênes, qu’on n’en guérit pas, mais qu’on peut canaliser ou contourner certains de ses aspects et qu’il le faut sinon le SOPK ne fera qu’empirer. Il me donne dans un premier temps un traitement hormonal adapté, remplacé par une pilule contenant les mêmes molécules mais moins forte une fois les symptômes mis sous contrôle. En quelques petites années mon hirsutisme a drastiquement diminué, j’ai des règles régulières, mon acné disparait en laissant quand même une peau plus qu’abimée. Certes je dois encore me battre contre les poils mais une fois par jour seulement. Certes mes règles sont artificielles mais c’est bien mieux que rien pour ma santé tant physique que mentale. Certes je sais que je devrai stopper ce traitement lorsque je voudrai un enfant et qu’alors tout ou presque redeviendra comme avant, un peu comme le carrosse redevient citrouille aux 12 coups de minuit. Mais pour moi la question ne se pose même pas : bien que je revive je me considère encore comme quelqu’un dont personne ne voudra, on ne perd pas comme cela un état d’esprit dans lequel on vit depuis la moitié de sa vie.
Quelques années plus tard, je rencontre malgré tout celui qui allait devenir mon mari. Nous sommes en essais bébé depuis début mai 2013. Mon gynécologue m’avait dit lors de l’arrêt de contraception que si je n’étais pas enceinte au bout de six mois il fallait que je revienne le voir : il se « méfiait » déjà de mon SOPK… Quatre mois plus tard je n’ai toujours pas de règles, je ne suis cependant pas enceinte, mais je n’y prête pas plus attention que cela : quatre mois ce n’est rien pour moi, plus habituée aux cycles de 12-18 mois. Lors d’un rendez-vous de routine mon gynécologue me demande des nouvelles de ma vie « essais bébé » ; je lui raconte la situation et là il me dit qu’il va me mettre sous Duphaston pour me provoquer de fausses règles, car ce n’est pas bon pour le corps de rester aussi longtemps sans règles et que cela pourrait peut-être en plus relancer la machine. Duphaston fait son effet mais fin octobre mon 2e cycle post pilule dure depuis déjà trop longtemps et rien ne s’arrange dans mon corps ; mon gynéco lance alors la demande de protocole pour stimulation ovarienne par prise de comprimés – Clomid – tout en nous faisant passer à mon mari et moi toute une batterie de tests : prises de sang, hystérosalpingographie, échographies, spermogramme… Nous avons depuis lors fait 5 cycles de Clomid sans aucun effet, 3 mois de stimulation par auto-injections quotidiennes de Gonal-F avec ovulation (voire double ovulation) mais pas de grossesse et nous sommes désormais en phase de constitution de dossier en vue d’insémination artificielle – IAC. En parallèle j’ai appris que l’épilation laser du visage peut être partiellement prise en charge, sous réserve que la cause de l‘hirsutisme soit une maladie hormonale, et j’ai déjà effectué quelques séances qui ont affaibli encore un peu plus ma pilosité faciale.
Si je vous raconte tout cela c’est pour vous dire que le fait d’avoir enfin été diagnostiquée SOPK m’a permis de me sentir plus « normale » que les 10 années précédentes : j’avais enfin une explication, j’ai pu mettre un nom sur mon « anormalité » qui n’est en fait rien d’autre qu’une maladie, je ne suis donc pas un monstre, en plus on peut m’aider à vivre un peu mieux. J’ai pu peu à peu sortir de la spirale infernale. De plus ce diagnostic posé bien avant le lancement des essais bébé nous a permis de gagner du temps puisque mon gynécologue a ainsi pu réagir vite, sans nous demander d’attendre deux ans d’essais infructueux avant de commencer les examens d’exploration d’infertilité.
Donc je dis oui au diagnostic précoce non pas d’infertilité (je ne vois pas l’infertilité comme étant elle-même une maladie) mais du trouble qui en est la cause, que cela soit le SOPK, l’endométriose ou autre, qu’il touche l’homme ou la femme, surtout si ce trouble a des conséquences plus ou moins lourdes sur la vie quotidienne (aspect physique, douleurs, dépression, etc.) et à condition de l’annoncer diplomatiquement, avec une touche d’espoir, une explication de ce que l’on pourra faire pour aider et soulager les personnes concernées.

 

Edhelwen