Je ne suis plus celle que je suis – Paysages de l’infertile

Aujourd’hui nous allons vous parler d’un projet artistique qui nous tient à cœur. En effet, chez BAMP nous pensons que la création artistique, sous toutes ses formes, est un moyen important et nécessaire pour communiquer sur l’infertilité, pour permettre aussi aux personnes qui vivent ces parcours difficiles de s’exprimer. C’est pour ces raisons que depuis la création de l’association, nous avons créés l’exposition participative TRACES : l’infertilité laisse des traces. Et que certaines de nos référentes organisent des ateliers créatifs.

C’est donc avec une grande joie et beaucoup d’enthousiasme, que nous avons accueillis le projet d’Anne-Laure et de Xavier, lorsqu’ils nous l’ont présenté. C’est toujours un moment important, l’engagement créatif, la mise à nu d’une histoire d’infertilité et d’AMP, sujets encore tabous dans notre société.

A départ, il y a le texte d’Anne-Laure, puis les photographies de Xavier suite à leur rencontre, viennent compléter, élargir la possibilité de montrer, de dire l’invisible, indicible histoire, qu’Anne-Laure vit dans son corps et sa tête : l’enfant qui ne vient pas, le vide du corps malgré l’AMP. Le texte d’Anne-Laure, nous le trouvions déjà puissant lorsqu’elle nous avait confié le premier jet, il y a maintenant quelques années. Les photos de Xavier sont épurées mais pourtant pleines de sens, de sensations, elles parlent autant que le texte, elles disent au delà des mots, car elles montrent le corps qui d’ordinaire se cache, le corps à corps, le corps à nu, rien plus rien que les mots pour tenir encore debout ? Non le corps est là, il se dérobe, il se refuse mais il est là, au centre, au cœur pour le bien et le mal.

De la rencontre entre Anne-Laure et Xavier va naître le projet « Je ne suis plus celle que je suis – paysage de l’infertile« . Anne-Laure et Xavier ont pour projet une exposition programmée du 3 au 19 décembre 2018 à Paris, galerie l’Anachronique dans le 18ème. Exposition des photos de Xavier GAVAUD avec une mise en scène sonore du texte d’Anne-Laure. Un livre regroupant le texte et les photos, ainsi que des tirages photographiques d’art sont prévus. Une conférence est également en cours de préparation pour parler d’art et d’infertilité, d’art thérapie où de thérapie par l’art. « Différentes personnalités ont déjà donné leur accord de principe pour intervenir à ce moment (Mylène  Botbol, professeur de philosophie et de bioéthique ; Maïa Bramy, Ecrivain ; Monique Bydlowski, psychiatre, psychanalyste, directrice de recherche à l’INSERM ; Carla Canullo, philosophe italienne, professeur à l’université ; Sylvie Epelboin, gynécologue, coordinatrice du centre d’assistance médicale à la procréation, hôpital Bichât ; Edith Vallée, docteur en psychologie clinique ; Silke Schauder, professeur de psychologie clinique et psychopathologie, métapsychologie de la création…). »

De notre point de vue, c’est un projet fort et inédit en France que nous proposent Anne-Laure et Xavier, sur ce sujet de l’infertilité et de l’AMP. Ce type de travail créatif et artistique, peut, il nous semble permettre de briser le mur de l’indifférence, de la méconnaissance, faire prendre conscience. Dire et montrer l’intime et l’universel désir de porter la vie, frustré, brisé par son impossible réalisation. Comment sortir de cela, comment être et vivre ? Ce sont toutes ces questions et ces propositions que nous offrent, aujourd’hui Anne-Laure et Xavier. Nous avons hâte de découvrir l’ensemble de ce projet. Rendez-vous au mois de décembre !

Mais pour cela ils ont besoin d’un coup de pouce de chacun d’entre nous. « Dans cette démarche, nous vous proposons de devenir partenaires de ce projet en participant à cette campagne de financement participatif. »

Avant nous vous laissons découvrir une partie du texte et des photos et si vous souhaitez leur apporter votre soutien et votre participation financière, tous les liens sont dans le texte qui suit les extraits du livre.

 

 

Ce coup de pouce peut prendre différentes formes  :

  • un soutien financier à ce projet via un financement participatif, même 5 euros peuvent faire la différence. C’est par ici que cela se passe 
  • un soutien financier via la pré-commande du livre, d’un tirage photo numéroté et signé, ou des deux. Voir ci-dessous, tous les détails des différentes propositions et des tarifs correspondants :

Si vous souhaitez réserver le livre ou des tirages de l’exposition, merci de compléter et de renvoyer à Xavier GAVAUD le « BON de PARTICIPATION » (voir à la fin de ce message), avec votre paiement par chèque ou via le compte paypal précédemment indiqué.  Vous pouvez ensuite envoyer le bon de participation accompagné du règlement, soit par voie postale, soit par mail. Toutes les coordonnées de Xavier GAVAUD sont indiquées ci-dessous.

« Les participations seront disponibles en fin d’année et délivrées aux alentours de décembre 2018, selon l’avancée de notre production. Celles-ci vous seront délivrées soit par voix postale, soit « en main propre » lors de l’exposition ou lors d’une rencontre sur Paris ou aux alentours de Brest à définir avec nous.Bien sûr, nous demeurons à votre disposition pour tous compléments d’informations. Nous serions ravis de vous compter parmi nos soutiens, et, dans cette idée, n’hésitez surtout pas à diffuser cette campagne de participation.

Anne-Laure

et Xavier Gavaud »

 

Maternités solo

C’est le titre du dernier livre de Dominique MEHL, sociologue au CNRS. Elle travaille sur les évolutions de la famille et les transformations de l’enfantement nées de la procréation médicalement assistée. Elle a déjà publié : « Enfants du don » chez Robert Laffont en 2008, et « Les lois de l’enfantement » aux Presses de SciencesPo en 2001 (deux livres que nous vous recommandons aussi, voir là)

Elle nous livre dans ce dernier livre,  les résultats d’une enquête qu’elle a réalisée auprès des femmes qui deviennent mères en l’absence de conjoint, soit après un parcours d’adoption, soit grâce à une Assistance Médicale à la Procréation réalisée à l’étranger, car l’AMP n’est à l’heure actuelle autorisée que pour les couples hétérosexuels.

Elle aurait aimé pouvoir rencontrer et interviewer toutes ces femmes qui font des bébés toutes seules et ce depuis toujours. Celles qui le font par hasard au détour d’une relation sexuelle unique, par « accident » ou volontairement à l’insu de leur partenaire sexuel. Mais aucune n’a accepté. Cela nous aurait donné une image plus complète des maternités solo.

Dominique MEHL s’est donc concentré sur ces femmes qui deviennent mère sans conjoint dans un cadre volontaire et assumé, soit par l’adoption, qui nécessite des démarches administratives importantes.  Soit par AMP qui nécessite une importante réflexion, car il faut aller au delà des règles morales et sociales encore en vigueur dans notre pays.

Mais finalement ce que nous disent tous ces témoignages de femmes c’est que même si elles transgressent la norme dominante dans cette accession à la maternité solo, elles restent très attachées au modèle de la parentalité dans un cadre conjugale. Si elles avaient pu avoir des enfants avec un conjoint, elles auraient choisi cette option de vie.

Comme nous l’a dit Dominique MEHL, lorsque nous lui avons posé quelques questions  : « conjugalité et procréation sont séparées dans le passage à l’acte, mais pas dans la tête de ces femmes. Celles qui ont témoigné, ont fait ce choix par dépit face à l’échec d’une conjugalité« . Ce qui se traduit pour certaines, par une certaine culpabilité comme page 26 : « j’ai compris que c’était de la faute de la femme« .

Si ce sujet vous intéresse, nous vous conseillons de lire ce livre de témoignages courts mais très éclairants, sur la place des femmes en 2016, leurs rapports à la conjugalité et au désir d’enfant. L’expression de la force qui a été nécessaire à certaines pour aller au delà des normes sociales et de genre.

C’est aussi un livre à lire, pour mieux comprendre que les femmes ne sont pas des écervelés qui se réveillent un matin en se disant : « Tiens si je faisais un bébé toute seule« . Elles réfléchissent à tout ce que cela peut impliquer pour l’enfant à venir et pour elle-même, d’inscrire leur parentalité dans une norme non dominante, atypique. Car finalement, nous aspirons tous à une chose : être comme tout le monde….n’en déplaise à certains pourfendeurs des différentes formes de FAMILLES.

 

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Jean-Jacques GOLDMAN chantait en 1984 « Elle a fait un bébé toute seule »

Drilling ovarien: le bilan 1 an après

Au mois de Juin 2013 je vous proposais un article pour découvrir ce qu’est le drilling, technique chirurgicale effectuée par cœlioscopie, s’adressant aux femmes atteintes du Syndrome des Ovaires PolyKystiques (SOPK).

Je souhaite aujourd’hui vous dresser le bilan de mon année post-opération.

Tout d’abord, je voudrais rappeler les « indications médicales » qui ont poussé ma gynéco PMA à me proposer cette intervention : des ovaires augmentés de volumes avec une couronne de follicules à leur surface, de l’acné depuis l’adolescence qui ne passait pas, des cycles très irréguliers (anovulation), pas d’obésité pour ma part mais un « surpoids » difficile à éliminer et un résultat de mes précédentes tentatives d’induction de l’ovulation plus que décevant. J’avais bien effectué un bilan hormonal sanguin mais ce n’est pas forcément cela qui l’a décidé, cela a juste confirmé le problème.

Un mois après l’opération, le contrôle que la gynéco a effectué n’a pas montré de signe d’ovulation, mais tout du moins un endomètre « parfait » signe que mes hormones faisaient au moins ce boulot-là. Mes cycles sont, malgré tout, devenus bien plus réguliers: de 28 à 30 jours avec 2 périodes de cycles à rallonge sans trop avoir d’explication. A part des cycles réguliers, j’ai également eu fréquemment des tests d’ovulation positifs, parfois un peu tardivement dans le cycle mais pas de grossesse. Mon acné s’est nettement améliorée et j’ai recommencé à perdre du poids. Je devais retourner en PMA 6 mois après le drilling si nous n’avions pas obtenu de grossesse spontanée mais suite à un épisode de dépression, la pause PMA aura duré près d’un an.

Finalement, j’ai repris rendez-vous en Avril dernier avec ma gynéco. Un contrôle échographique a montré un endomètre toujours bien, des ovaires de taille parfaitement normale et même un follicule dominant presque à point pour libérer un ovocyte! Donc le drilling a un effet assez durable dans le temps, ce qui est une bonne chose au final car d’après ce que j’ai compris l’intervention ne peut pas se faire 2 fois (du moins ma gynéco ne le fait pas). Nous avons donc eu une série d’examens à réaliser pour démarrer rapidement un protocole FIV mais confiants car le drilling permet une meilleure réponse à l’induction de l’ovulation.

Sauf que.

Sauf que le drilling permet d’obtenir une grossesse spontanée dans environ 60% des cas. Et que nous avons eu cette immense et merveilleuse chance d’être du bon côté des statistiques cette fois. Le follicule dominant vu à l’échographie est devenu un embryon puis un fœtus et, si tout se passe bien, il deviendra un enfant à naître en Janvier 2015. Cette grossesse, bien que très angoissante pour moi, est prise en charge comme n’importe quelle grossesse. Aucun suivi particulier, tout est devenu normal.

Alors un an au final, quand on espère son petit miracle depuis des années, ça parait très long. En effet, mais comme j’en ai discuté avec une blogueuse récemment je n’ai pas eu l’impression de perdre du temps. Rétrospectivement, je me dis que ce sont tous ces protocoles subis pour rien dans mon ancien centre qui ont été une perte de temps. Et cette période nous l’avons mis à profit pour, d’une part me remettre de ma dépression et d’autre part, pour chasser le médical de nos vies et retrouver une vie de couple et non continuer à être deux patients vivant l’un à côté de l’autre. Egalement, je me suis fait la réflexion que le drilling a permis une prise en charge de ma « maladie » dans sa globalité et m’a « guérit » au quotidien, au contraire d’un traitement d’induction qui contourne simplement le problème des OPK le temps d’un cycle pour obtenir une grossesse.

Si vous êtes dans une situation d’échec de stimulation ou de mauvaise réponse au traitement, n’hésitez pas à discuter de cette opération avec votre gynéco. Il s’agit certes d’un traitement de seconde intension mais quand on est dans une impasse, qu’on ne cesse d’augmenter les doses de médicaments etc… explorer une autre piste n’est pas inutile à mon avis.

Sur le précédent article quelques femmes avaient fait part de leur propre expérience, (re)venez nous dire où vous en êtes!

Un protocole atypique en PMA : le cumul ovocytaire

Voici le témoignage et les explications de FORTUNA sur la technique du cumul ovocytaire. Encore assez peu pratiqué et donc peu connu.

 

Un protocole atypique en PMA : le cumul ovocytaire

En parcours PMA depuis près de deux ans, je fais partie de la grande famille des IO (Insuffisance Ovarienne pour les non-initiés) et je suis une mauvaise élève, ou plutôt une « mauvaise répondeuse » (à la stimulation). C’est ce qu’on m’a dit après ma première de tentative de fiv, échouée bien sûr, sinon je n’en serai pas là à vous parler du cumul ovocytaire.

Depuis cette sympathique annonce, j’ai cherché sans relâche tout ce qui pouvait être proposé aux Pmettes comme moi. Ainsi, après quelques heures passées sur le net, je suis tombée sur ce fameux protocole espagnol « New Hope », qui permet, grâce à la vitrification ovocytaire, de cumuler les ovocytes. Au passage, il faudrait que nous fassions un jour des courbes concernant le temps passé sur le net avant la PMA et à partir de l’entrée en PMA, ce serait assez drôle de voir comment la PMA = gros abonnement au net. Encouragée par mes trouvailles, je suis devenue une championne du monde de la vitrification, j’ai d’ailleurs participé à un colloque sur ce sujet avec les plus grands biologistes et gynécologues européens (dont le mien, il ne m’a pas vue, ouf !). J’étais dans l’auditoire ce coup-ci, mais la prochaine fois, qui sait… Bref, j’avais rédigé un compte-rendu suite à cette journée et, si ça vous intéresse, il est ici .

Si vous êtes une working girl et que vous n’avez pas le temps, ou si vous avez la flemme d’aller lire cet article, voici quelques éléments techniques importants. En France, la vitrification est autorisée depuis la loi de bioéthique de 2011. On peut vitrifier ovocytes et embryons mais les protocoles sont différents.

Définition de la vitrification : c’est la solidification d’une solution à très basse température, sans formation de cristaux de glace, qui permet une augmentation de la survie cellulaire. La congélation dure environ 1h30, alors que la vitrification dure moins de 2 secondes.

Mais revenons à nos moutons.

Comme son nom l’indique, l’objectif du cumul ovocytaire est de former un stock d’ovocytes et d’augmenter ainsi les chances de grossesse. Lors d’une fiv traditionnelle, on fait on subit une stimulation ovarienne, puis on fait on subit une ponction d’ovocytes en vue de la fécondation et puis on fait on apprécie le transfert d’embryons, si tant est qu’il y en ait. Au contraire, avec ce protocole, la fécondation et le transfert n’interviennent que bien plus tard. En effet, le cumul d’ovocytes est réalisé sur le long terme (c’est à dire sur plusieurs mois), en programmant deux ou trois cycles de stimulation/ponction au cours desquels les ovocytes sont récupérés et vitrifiés en attendant la fécondation.

De retour du colloque, j’avais pu échanger sur cette technique avec l’équipe médicale de mon centre et il se trouve que ce protocole de cumul ovocytaire avait déjà été mis en place chez eux depuis une année environ, j’ai donc pu en bénéficier. L’objectif espéré par mon gynécologue était de recueillir sept ou huit ovocytes au total.

Concernant le traitement, j’ai eu les mêmes les doses de stimulation que pour ma FIV précédente (cad des doses IMPRESSIONNANTES pour tenter de bousculer mes ovaires feignants : « eh oh, y’a quelqu’un là-dedans ? »). J’ai enchaîné deux cycles de stimulation/ponction et on a pu vitrifier quatre ovocytes matures (2+2). Après deux mois de repos bien mérité – enchaîner les deux premiers, waouh, ça décoiffe – on s’est lancés dans le troisième et dernier cycle de stimulation/ponction et avons récupéré un ovocyte frais mature (eh bien non, mon IO ne s’arrange pas !). Nous avons dé-vitrifié les quatre autres en parallèle. Le même jour, une fiv icsi a été réalisée sur quatre ovocytes (non, non, je ne me suis pas trompée dans mes calculs, je sais encore compter jusque-là mais un n’avait pas survécu à la dé-vitrification) et trois embryons ont été obtenus. Enfin, trois jours après, on m’a transféré deux « très jolis embryons » (dixit le labo), un provenant d’un ovocyte dé-vitrifié et un autre issu de l’ovocyte frais. Le troisième n’a malheureusement pas tenu (il devait être vitrifié au stade de blastocyste s’il arrivait jusque-là).

Il existe quelques variantes à ce protocole :

–       Seulement deux ponctions au lieu de trois si le stock d’ovocytes est suffisant au bout de deux.

–       Transfert effectué en différé, de façon à mieux préparer l’endomètre (mais dans ce cas, seuls des ovocytes dévitrifiés sont microinjectés et non pas des ovocytes frais).

Maintenant, voici, selon moi, la liste des avantages et inconvénients de ce protocole :

Les avantages du cumul ovocytaire :

–       il permet d’accumuler des ovocytes en cas de mauvaise réponse aux stimulations, pour augmenter les chances de grossesse

–       il permet d’accumuler des ovocytes de cohortes différentes et de réduire le risque « 0 embryon » lors de la fécondation

–       il ne compte que comme une seule tentative sécu (puisque la tentative est comptabilisée quand il y a le premier transfert)

–       il n’y a pas la pression du transfert au début du protocole

–       il n’y a pas de pression sur Monsieur pendant les premiers cycles de stimulation (le recueil se fait à la dernière ponction)

–       il permet de prévoir éventuellement un transfert différé, de façon à être mieux préparée pour accueillir l’embryon. En effet, le traitement pour un transfert seul prépare mieux l’endomètre (et surtout, on ne subit pas juste avant le transfert le traitement lourd de la stimulation, ni la ponction). Mais, dans le cas de ce transfert différé, on ne féconde que des ovocytes dé-vitrifiés (et non pas frais).

Les inconvénients :

–       le risque à la dévitrification des ovocytes (qu’ils ne résistent pas) et le sentiment de gâchis si cela arrive. Malgré tout, la vitrification d’un ovocyte est assez sûre car il n’a pas subi de transformation (alors que l’embryon, après une icsi, est fragilisé car sa membrane a été percée)

–       la fatigue qu’il engendre si on enchaîne les cycles rapidement (avec des doses de stimulation importantes, mais comme en fiv classique quand on est en IO)

–       le coût de la vitrification et de la dévitrification (actes non remboursés par la sécu, mais qui l’ont été par notre très bonne mutuelle)

–       la longueur du protocole (on aimerait bien faire un transfert plus vite !)

Vous l’aurez compris, c’est un protocole de longue haleine, où PATIENCE est le maître mot (comme souvent en PMA) et qui reste une possibilité offerte mais non pas une solution miraculeuse, puisque il ne soigne malheureusement pas l’IO. Dans mon cas, après trois ponctions et un protocole d’une durée totale de cinq mois, quatre ovocytes micro-injectés seulement, ce n’est pas énorme, mais c’est mieux que rien dira-t-on… Certes, nous ne sommes pas parvenus à la quantité totale d’ovocytes espérée (4 au lieu de 7-8), mais nous étions bien contents de s’en tenir là et de ne pas avoir à subir une quatrième ponction… Par contre, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas bénéficié d’un transfert différé. Certaines femmes en cumul ovocytaire dans mon centre en bénéficient et je ne sais pas ce qui motive le choix de l’équipe médicale, ce sera une question à poser lors de mon prochain rendez-vous.

Je voudrais aussi préciser que, selon une étude (dont on a parlé au colloque), le taux de grossesse est identique à celle avec l’utilisation d’ovocytes frais et la survie ovocytaire après vitrification est de 85% (voire de 90% dans le cadre du don d’ovocytes, je suppose que ce chiffre est plus élevé grâce à l’âge des donneuses).

J’aimerais pouvoir vous dire que ce protocole de cumul ovocytaire a changé ma vie, mais ce n’est pas le cas. La date de ma prise de sang est tombée sur la journée de l’infertilité. Etait-ce juste une coïncidence ou bien un signe ? Dans tous les cas, le résultat est malheureusement négatif. Pourquoi ? Malformation génétique des embryons ? Endomètre pas ou peu accueillant ? On ne le saura jamais.

Et maintenant, que fait-on ? Nous avons rendez-vous avec le biologiste et mon gynécologue au cours du mois de juin pour en parler et envisager la suite. Je ne sais pas si nous aurons la force de repartir pour un nouveau cumul ovocytaire et le temps presse. Nous envisageons sérieusement de faire appel au don d’ovocytes.

A suivre…

Témoignage  » A 35 ans, atteinte d’endométriose, je ne peux plus avoir d’enfant » (Clotilde, L’Express 04/03/2014)

Jeudi 13 mars 2014 aura lieu, simultanément sur des continents différents, une grande marche contre l’endométriose, pour alerter, témoigner, faire savoir que ce fléau pourrit la vie de centaines de millions de femmes, et les rends, souvent, infertiles.

L’Express, sur une proposition du collectif BAMP et dans le cadre de l’accompagnement médiatique de cet événement, a publié le 4 mars le témoignage très éclairant et touchant de Clotilde.

Qui avec des mots bien choisis nous fait ressentir l’enfer de son quotidien et les ravages de cette pathologie, si méconnue et pourtant si fréquente.

Clotilde décrit bien le courageux combat, pour garder l’intégrité de son corps, au delà même de la fertilité. Et pour faire comprendre à son entourage (personnel comme professionnel) que non, un spasfon ou 2 ne soulage pas une douleur pareille.

Souffrir tous les mois, avant et pendant les règles, ne devrait jamais être perçu comme étant la norme. La douleur est un signal. Les femmes paieraient-elle le prix des croyances dépassées sur l’hystérie féminine ? Aucune douleur n’est anodine, chaque symptôme doit être vu comme une alerte. Avant qu’il ne soit trop tard.

Parlez en autour de vous, venez marcher aussi.

Il y a souvent beaucoup de femmes ayant de l’endométriose dans les parcours d’AMP, et même dans ce cadre, le diagnostic immédiat n’est souvent même pas assuré, voire occulté (alors que les toxines et l’inflammation dues à l’endometriose mettent en péril le succès d’une FIV!).

Faisons en sorte que diagnostiquées et traitées plus tôt, une bonne partie de ces femmes là échappent au parcours AMP.

Pour lire le témoignage courageux de Clotilde, c’est ICI.

Les Bébés de l’AMP

L’émission Les Maternelles (diffusée tous les matins en semaine, sur France 5) a publié l’appel à témoins suivant :

APPELS À TÉMOINS

Après de longs mois d’attente et de déception, vous êtes aujourd’hui les heureux parents d’un enfant grâce à l’AMP ! Quel genre de parent êtes-vous ? Repensez-vous souvent à ce parcours difficile ? Venez nous raconter ! Votre témoignage nous intéresse.

Lire l’appel à témoins : ici

J’y ai répondu. Voici mon témoignage :

Bonjour,

Je vous livre brièvement mon expérience : après la découverte d’une insuffisance ovarienne à l’âge de 26 ans en 2010 – pathologie dont souffrent également mes deux sœurs aînées – mon compagnon et moi avons entamé un protocole d’AMP après un an d’essais infructueux. Après une fausse couche puis 7 IAC et 4 FIV échouées entre mars 2010 et juin 2012, nous nous sommes tournés vers le don d’ovocytes (à l’étranger, puisqu’en France les délais d’attente sont horriblement longs) et nous avons eu la chance que je tombe enceinte en octobre 2012 de jumeaux, un garçon et une fille. J’ai malheureusement fait une pré-éclampsie sévère au bout de 6 mois 1/2 de grossesse et mes enfants ont dû naître prématurés à 31 semaines d’aménorrhée. Ils sont allés en réa, puis en néonat, hospitalisés pendant 2 mois. L’absence de contact avec eux à leurs naissances puis les moments difficiles qui ont jalonné leur hospitalisation ont été extrêmement difficiles à supporter, notamment après un parcours comme le mien. Mon histoire est décrite avec plus de détails, notamment sur mon ressenti, sur le blog que j’ai créé http://danslalueurdelavie.wordpress.com

Aujourd’hui mes bébés ont 6 mois et vont très bien. Oui, je repense souvent à tout ce parcours. Lorsque j’étais enceinte, j’avais écrit sur mon blog « PMette j’ai été, PMette je suis, PMette je resterai toute ma vie. Après 4 ans de combat intense, je ne deviens pas fertile parce qu’aujourd’hui je suis enceinte. » Cela décrit bien tout mon ressenti. Le basculement de « infertile » à « enceinte » a été compliqué à appréhender pour moi. A partir du moment où je me suis pleinement sentie enceinte et que tout risque de fausse couche a été écarté, ma grossesse a été d’une magie incroyable, mais trop brève. Lorsqu’elle s’est brusquement terminée, je suis retombée violemment « pas enceinte », et j’ai eu une période de retour en arrière : j’ai de nouveau envié les femmes enceintes croisées dans la rue, eu des pensées négatives sur elles. Je me suis vite sermonnée, en me disant que je n’en avais pas le droit, que même s’ils étaient à l’hôpital, j’avais enfin des enfants.

Toute ma vie et  désormais ma parentalité et celle de mon conjoint  resteront impactées par ce parcours. Quelques fragilités demeurent, et demeureront, c’est sûr, mais une incroyable force aussi, qui fait que je ne serai jamais une maman comme les autres. Le désir d’enfant chez les couples infertiles devient tellement intense, acharné, que lorsqu’on obtient nos précieux trophées, chaque regard, chaque sourire et câlin échangé nous émeut profondément, nous prouve notre immense chance d’avoir enfin pu triompher de l’infertilité.

Je vous invite à découvrir le collectif BAMP https://collectifbamp.wordpress.com/ qui regroupe des personnes infertiles pour agir, s’informer et échanger sur cette douloureuse et singulière épreuve.

Je vous tiendrai au courant de leur réponse !

Bises à toutes

Note BAMP: L’émission devrait être enregistrée le jeudi 14 novembre, nous vous tiendrons informé(e)s de la date de sa diffusion. Si vous avez l’information avant nous, n’hésitez pas à nous la communiquer!

Don d’ovocytes et insuffisance ovarienne très précoce

Voici le témoignage de ClairAnnEspoir, qui souhaitait partager avec le collectif Bamp ses réflexions au sujet du don d’ovocytes pour répondre à une insuffisance ovarienne très précoce.

Insuffisance ovarienne (très) prématurée

On a 26 et 27 ans quand on nous annonce ce diagnostic… en nous disant « on ne sait pas si on va y arriver, mais ce qu’on sait  c’est que ça va être compliqué »…

Au final, mon parcours se résume à « seulement » 2 FIV (une sans ponction et une ponction blanche), une fausse couche d’une grossesse « miracle » à 9 SA et a une FIV DO qui a changé ma vie (tout ça en moins d’un an).

Aujourd’hui je suis, depuis presque 2 mois, maman d’une jolie petite princesse et je tiens à vous faire part de quelques phrases/réflexions qui nous ont aidés à avancer vers la démarche du don d’ovocytes, certaines m’ont même vraiment émue…

Une gynéco a une soirée débat sur le don d’ovocytes évoque les liens in utero, pour elle des tas de choses sont transmises dans le ventre entre la maman et l’embryon, elle dit même « et encore on ne sait pas tout ! » et selon elle, « un même embryon ne se développerait pas de la même façon dans le corps de deux femmes différentes ! »

On s’en doute mais c’est tellement bon à entendre de la bouche d’une spécialiste… j’ai besoin de lui mais il a besoin de moi pour exister…

Sur le blog de Crevette versus univers, j’ai lu ça, et ça m’a donné les larmes aux yeux :

§           2/3 d’acquis

§           1/3 d’inné

§                       Dont 50 % de moi

§                       Dont 50 % d’inconnu

§           Donc au final 5/6 qui ne dépendent que de mon couple, de l’éducation et des valeurs que nous allons transmettre

Et oui, c’est mathématique, notre enfant nous ressemblera !

 

 

 

Pr Frydman dans son livre Les Secrets des mères, écrit :

« Après un don d’ovocytes, je dis souvent aux femmes enceintes, lorsqu’elles doutent du lien à celui qu’elles portent, que l’accouchement est irremplaçable et fondateur. C’est vous qui le poussez au monde. »

Il écrit aussi :

« Aux parents qui doutent de ce mode de filiation, je conseille de lire les pages des faits divers des journaux. Elles sont la preuve que le même sang ne garantit pas la pureté des sentiments et des actes. »

Puis comme on prône la parité, j’ai aussi entendu cette phrase : « Le papa donne ses gènes et la maman le porte ! » bel équilibre, non ? 

Voilà, je ne pouvais garder pour moi ces quelques réflexions qui j’espère pourront aider certain(e)s à avancer dans leur réflexion (dans un sens ou dans un autre).

 

ClairAnnEspoir