In VITRO – Du rap pour parler d’infertilité ?

Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter ORNICARD, auteur et chanteur, non professionnel, qui a fait de l’écriture et de sa mise en musique, sa passion. Le rap comme référence musicale, la nature, la campagne de l’Est de la France (Lorraine, les Vosges), l’humour, sa vie quotidienne, comme sources d’inspirations. Il vient d’écrire une chanson intitulé « In vitro » qui raconte l’histoire d’un couple confronté à l’infertilité….. Nous vous invitons à découvrir, dans cette vidéo, son univers créatif et son parcours d’infertilité.

  • Bonjour est-ce que tu peux nous décrire ton univers musical, poétique, créatif ?
  • Ton single « IN VITRO » une chanson qui parle d’infertilité, d’assistance médicale à la procréation ? Pourquoi et comment est « née » ce texte, puis cette chanson ?
  • Toi et ta chérie, vous êtes un couple Européen (tu es Français, elle est Allemande), jeune, infertile. Est-ce que tu peux nous dire, en tant qu’homme, comment tu vis cette situation ?
  • Vous vivez en Allemagne, comment l’infertilité et l’assistance médicale à la procréation sont-elles prises en charge ?
  • Au-delà, du projet personnel, est-ce que tu as imaginé l’impact que pourrait avoir cette chanson auprès des gens qui l’écoutent, les couples infertiles ? Les personnes non concernées par l’infertilité ? Les jeunes ?
  • Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter dans un proche avenir ?

Merci beaucoup à Ornicard, d’avoir répondu à nos questions

Pour la vidéo « IN VITRO », c’est par là

Si vous voulez découvrir un peu plus l’univers d’ORNICARD, c’est par ici  Ornicard

Être un homme « stérile »

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Photo BAMP

Bonjour à vous, j’ai enfin décidé de partager un peu de notre histoire.
Je suis Yalla, un homme de 38 ans, qui souhaite toujours avancer d’où mon pseudo.

Nous avons découvert mon infertilité complète il y a 4 ans à peu près .Nous nous sommes battu avec un ordinateur pour découvrir certains termes médicaux, eh oui les docs avaient autre chose à faire certainement !!!

Comment accepter cette nouvelle ? J’ai été dirigé vers un premier centre, j’y suis allé à reculons et j’en suis reparti en courant !!!
Vous qui me lisez, il ne faut jamais se rendre seul à un rendez vous médical !!!
J’ai été dirigé vers un deuxième centre, beaucoup plus compréhensif que le premier.
Et ma compagne me direz-vous ? Elle a essayé de me soutenir du mieux qu’elle pouvait, car je ne suis pas quelqu’un de facile tantôt « tout va bien  » et tantôt  » tout vas mal ».
Il m’est arrivé de penser qu’elle aurait pu aimer quelqu’un d’autre, qu’elle me quitte ….
Bah oui je ne pouvais pas lui faire d’enfant.
Nous avons passé cette étape ensemble, et s’est enclenché le protocole des inséminations.
Analyse, calcul des piqûres, prises de sang, entre les coups de blues et les coups de cœur ……
Il y a en eu 6 en tout dont une qui aurait pu aller au bout.
C’était il y a un an, tout allait bien, ma choupette était enceinte depuis octobre de jumeaux, cool !!!
Et puis, tout c’est précipité, hémorragie légère, repos total, la vie de ma choupette devait être tranquille.
Échographies, consultation en urgence, nous tenions à garder ses deux « début de vie « , ses deux espoirs aussi minces soient-ils.
Je gérais la maison, les courses, j’avais deux boulots après ma journée d’ambulancier.
J’espérais, je croisais les doigts, je priais !!!
23 décembre : C’est ma chérie qui m’as annoncé la triste nouvelle, un de nos espoirs ne donnait plus signe de vie. J’étais en train de prendre en charge un patient, tout s’effondrait, mes jambes ne me portaient plus, je ne savais plus ou j’étais ….
De plus, les deux donnaient des signes d’inquiétudes.
La fin de la journée est passée comme si je n’en n’étais plus acteur.
Je ne souhaitais que rentrer à la maison, prendre ma femme dans mes bras, changer l’analyse ….
27 décembre : écho de la dernière chance, le résultat est tombé comme un couperet : le deuxième ne pouvait pas être viable.
Tout s’est envolé, les espoirs, notre petite flamme.
Face aux différents interlocuteurs, aucun de nous deux ne pouvait faire face.
Mais devant le manque de compassion et le questionnement du domaine médical, j’ai du reprendre « mon rôle » d’ambulancier, j’ai dû considérer ma propre moitié comme n’importe quelle patiente de mon boulot !!!
En fait, le gynécologue libéral nous avait envoyé vers celui de l’hôpital. Et celui-ci, devant le courrier, nous a demandé « ce que nous voulions ».
Mais ce que nous voulions, c’était garder les deux espoirs, remonter le temps, je ne sais pas …. Tout sauf être devant lui. Nous étions devant le fait accompli, il devait y avoir un curetage.
En tant qu’homme, j’aurais voulu prendre la place de mon amour, donner mon corps, donner ma vie, je ne voulais pas qu’elle souffre.
Pendant 6 mois, j’ai été son porte parole, son appui, son aide de camp, son épaule ….
Mais pendant ce temps, je ne pensais pas à moi.
J’aurais voulu me foutre en l’air, disparaître, qu’elle puisse trouver quelqu’un de fertile.
Nous sommes à l’aube d’un nouveau processus, avec de nouveaux espoirs ?
En tout cas, vous mesdames qui me lisez, je vous tire mon chapeau.
Vos corps sont maltraités, piquouzés, abîmés, tout cela pour porter la vie, alors merci d’être présente, merci d’être là !!!
Vous avez des corps magnifiques, prenez en soin, et apprenez nous à en prendre soin.
Et vous messieurs, ouvrez vous !!! Ouvrez votre cœur à votre amour !!! Partagez ce que vous ressentez !! Communiquez !!!
Pour nous, nous attendons la suite avec inquiétude, il est important que quelque soit l’étape, vous qui me lisez, soyez forts, soyez à l’écoute, soyez présents dans la vie de votre conjoint(e).

YALLA

 

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Mots d’un homme !

Il y a un an, nous avons eu,
De bonnes nouvelles avons vécu,
De pleins d’espoirs nous étions,
Car parents nous serions.
 
Et puis tout s’est arrêté,
Du jour au lendemain,
Nous n’avions plus rien,
La petite flamme s’est transformée en drame.
 
Depuis cette période funeste,
Nous ne sommes pas en reste,
Nous continuons d’avancer,
D’une bande de copains entourés.
 
Mais une part de nous restera sombre,
Car sont passées beaucoup d’ombres,
C’était il y a un an.
 
 
Yalla

Agenda TV: Lundi 14 avril, dans Les Maternelles, à 8h55 (France 5)

Nous avions relayé le 13 mars dernier un appel à témoignage de l’émission Les Maternelles.

Pour rappel:

Ils préparent actuellement une émission sur Les hommes face à l’infertilité de leurs femmes. Ce plateau sera enregistré le 2 avril prochain. Le but est de parler de toutes les difficultés, les questionnements et le chamboulement des couples qui traversent cette épreuve. Comment les hommes soutiennent-ils leurs conjointes? Comment vivent-ils cette situation? Sont-ils accompagnés?

 

Deux de nos lectrices y ont répondu, l’une d’entre elles, Crapouille, a effectivement pu y participer.

Le reportage sera diffusé dans l’émission de demain, Lundi 14 avril, à 8h30. Il devrait être programmée aux alentours de 9h30 et accessible ensuite via you tube.

les maternelles

Porter l’enfant qui se fait attendre, Monsieur Loulou témoigne

Voici un témoignage  MASCULIN sur le désir de paternité, publié sur le blog de TITPOUCE

Témoignage que TITPOUCE ET LOULOU souhaitent partager sur le blog du collectif. La parole masculine étant rare sur ce sujet, je vous invite à lire, ou a relire ce témoignage.

Merci à Titpouce et à Loulou pour cette proposition.

Le désir de bébé vu par Loulou

Publié le août 11, 2013par titpouce

J’écris à tâtons sur un territoire inconnu…

D’abord merci à tit’ chérie de m’offrir une petite case dans son monde de Pmette blogueuse. Et à vous de votre patience si vous lisez ce post jusqu’au bout, il paraît que je ne suis pas synthétique… demandez donc à ma femme ;)

Quand tit’chérie m’a lancé, comme ça, au détour d’une phrase, « ça te dirait d’écrire un article sur mon blog ? », je me suis dit : « Oups, moi ? mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? Est-ce que ça ne va pas faire… intrusion ? »… Mais, comme si elle lisait dans mon esprit, ce qu’elle fait si bien au quotidien d’ailleurs, elle m’a tout de suite précisé le fond de sa pensée : il y a une photo, que l’on a prise au Portugal, au beau milieu d’un lieu à part. Une photo pleine de sens mais qui me concerne en tout premier lieu. Une photo incroyable d’une statue incroyable. J’ai tout de suite compris de quelle photo il s’agissait. Et en effet, je ne peux pas faire autrement que de laisser courir mes doigts sur le clavier à propos d’elle.

Sans plus tarder, je lève le suspense, et vous laisse le temps de la regarder attentivement.

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Voilà qui est fait ? Continuons, alors.

Je vous l’avais dit. Une statue incroyable. Il fallait y penser… Je crois que l’artiste qui a imaginé puis sculpté cet homme, qui abrite en lui un petit être, a véritablement compris ce que c’est que le désir d’être père, profondément.

Pour moi, on n’attend pas un enfant « à côté » de sa femme, ou même « avec » sa femme, dans le sens où on l’accompagnerait dans un périple où nous, les « bonhommes », n’avons aucune réelle part. Attendre un enfant, c’est tellement plus que ça pour un papa… surtout quand le petit bout se fait désirer. Un papa ne pourra jamais porter physiquement son enfant, c’est vrai. Mais son enfant, son bébé, ce petit être qu’il guette, qu’il recherche, qu’il espère, qu’il supplie d’entrer dans sa vie, il le porte en lui dès la première seconde où ce désir naît dans son cœur. Et ce, même s’il est physiquement, médicalement, scientifiquement incapable de le porter, même sous la forme d’un « petit warrior » en bonne santé… (oui, c’est le petit nom que tit’chérie et moi aimons donner aux mini-zozoïdes qui ont décidé de faire la grève dans mon corps… plusieurs d’entre vous le savent certainement déjà).

Comme cet homme figé dans la pierre, je porte en moi l’enfant que nous désirons si fort, et de plus en plus fort, depuis que nous sommes tombés amoureux. Cet homme, on pourrait croire qu’il est étonné de trouver cet enfant en lui, si on ne regarde cette statue qu’une seconde. Mais non. C’est tout le contraire.Il se penche vers lui, l’entoure de ses mains, comme pour lui dire « ne t’en fais pas. Papa est là. Il va prendre soin de toi. Il va tout faire pour que tu viennes, que tu pointes ton nez et, quand tu seras arrivé, pour que tu aies une jolie vie, et pour que tu ressentes tout l’amour qu’il a déjà pour toi aujourd’hui, alors que tu tardes encore à venir. Et si possible, pour que tu sois un jour aussi fier de lui qu’il est l’est déjà de toi. Je t’aime, petit ange. Je t’aime et je t’attends. »

Mais voilà. Un jour, tout bascule, et ce petit être que je sentais déjà grandir en moi, prendre toute la place qui lui revient de droit dans mon coeur, semble devoir disparaître. « Monsieur, vous êtes infertile. 100% de mortalité, c’est sans appel. » Voici donc la source du problème. Monsieur ne pourra jamais offrir d’enfant à sa femme. Monsieur est anéanti, se sent vide, se sent inutile, se demande ce qu’il a bien pu faire de mal. Se demande ce qu’il fait là, finalement. Esquisse un fol espoir, l’espace d’une seconde… peut-être qu’il existe une solution… et le chasse bien vite, cet espoir. Ainsi le ventre de la statue n’est plus qu’un ovale vide, où s’engouffrent tous les vents mauvais.

Mais « Loulou » a une femme extraordinaire. Elle le relève, malgré sa propre souffrance. Elle le console, malgré sa propre tristesse. Elle cherche des solutions, malgré son abattement. Et elle en trouve une. Le petit bout d’chou renaît dans le coeur et les tripes de son homme. L’ovale se comble à nouveau : c’est parti pour la FIV icsi. « Ils ne bougent pas ? Qu’à cela ne tienne. On va les faire avancer nous-mêmes. On va leur mâcher le travail. ils n’auront plus qu’à s’installer dans le nid douillet de maman ». Super…

Charge à Monsieur, maintenant, de donner de sa personne à chaque fois qu’on le lui demande. Pas si simple. Voire, parfois, très compliqué. Moralement. Physiquement aussi. Mais l’espoir est là, la solution au bout… peut-être. Et puis, comment se plaindre, alors que tit’chérie, elle, souffre le martyre avec des traitements hormonaux qui la torturent. Quelle impuissance face à tant de douleurs… Monsieur fait de son mieux, tente de rester toujours fort, craque par derrière, parfois ouvertement quand il n’en peut vraiment plus. Dur de voir que ça n’est pas lui qui endure toutes ces douleurs alors que, « logiquement », ça devrait être lui… C’est étrange de constater à quel point on peut culpabiliser à propos de situations qu’on n’a jamais demandées, qu’on n’a jamais provoquées volontairement, et contre lesquelles on ne peut rien… mais on culpabilise quand même. Que ceux qui nous disent que c’est bête y regardent à deux fois : comment peut-on réagir autrement quand ça nous tombe dessus ?

Mais là encore, Loulou a une femme merveilleuse. Elle trouve les mots pour ôter ce faux poids de coupable des épaules de son homme. Patiente. Tendre. Compréhensive. Mais déterminée, et ça paye, doucement mais sûrement.

Pourtant, bébé-dedans-Monsieur reste une forme qui va et qui vient, qui vacille. L’incertitude de l’attente le rend fuyant, impalpable. Au fur et à mesure des tentatives, Monsieur se prend à se demander pourquoi sa femme doit subir toutes ces souffrances, si au final, lui n’est pas… « à la hauteur » ! Puis, la rencontre se fait, quelques petits mélanges de nous se sont accrochés ! L’espoir rend le petit être plus présent, plus fort, et Loulou futur-papa le couvre à nouveau de ses mains et se surprend même, après transfert, à lui parler, à l’encourager, « accroche-toi, petit ange, accroche-toi bien »… Et puis, les désillusions le rendent tout à coup bien plus flou, immatériel, si léger… le vent s’engouffre à nouveau dans cet ovale bien fragile.

On annonce finalement à Monsieur que cette solution-là  n’aura pas d’issue. Les warriors ne pourront plus donner la vie, ils sont trop fatigués, trop mal-formés. Le don sera désormais la seule alternative possible.

Le don… nous en parlions depuis plus d’un an. Nous nous y étions préparés. Monsieur avait déjà fait un énorme travail sur lui même, qu’il n’aurait jamais imaginé pouvoir faire sans sa petite femme adorée. Quelque part, ça a été un soulagement. Ne plus voir tit’chérie souffrir, surtout avec tant d’incertitudes à la clé, c’était un de mes plus chers désirs… Mais quand même…

C’est seulement un peu plus d’un mois après avoir appris cette nouvelle que nous sommes tombés nez-à nez avec cette étrange statue. Au regard de tout ce parcours, vous comprendrez aisément que mon premier sentiment fut la tristesse devant cet homme qui, devant moi, même s’il était de pierre, portait son enfant en lui. Une réalité que je ne vivrai jamais… Mais très vite, tout cela a été balayé. Cette statue ne me narguait pas. Elle ne me renvoyait pas à ma propre infertilité. Elle me représentait. Cet enfant, je le porte dans mon coeur, dans mon âme, dans chaque fibre de ma chair. Cet enfant, je le désire plus que jamais. Cet enfant, je le porterai en même temps que ma femme. Je le verrai et le sentirai grandir en elle chaque jour. Je l’accueillerai à son premier souffle. Je l’aime déjà aujourd’hui et je l’aimerai jusqu’à mon dernier jour. Cet enfant, depuis le début, est en moi. Le don n’y changera rien. Je serai son papa, je le suis déjà. Quelqu’un, un héros anonyme comme dans les films, va seulement me donner un coup de pouce pour que ce rêve se réalise.

Aujourd’hui, l’ovale est occupé par un petit être qui n’en sortira jamais. Mon enfant est et restera à tout jamais dans mon coeur. Pas seulement, d’ailleurs. Observez donc la statue qui suit, qui m’a aidé à comprendre tout le sens de la première…

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Je suis cet homme. J’ai une femme qui m’a aidé à rester debout, comme cet homme est debout. Notre enfant est constamment présent là-haut dans mon esprit, ici dans mon coeur, et au plus profond de moi, comme pour cet homme. Ce bébé naîtra de notre amour, et saura un jour le combat que ses parents ont mené pour lui faire don de la vie, pour lui offrir toute une existence durant laquelle il sera aimé autant par l’un que par l’autre.

Nous n’avons jamais été aussi proches d’être parents. Je n’ai jamais été aussi proche d’être papa, pour mon plus grand bonheur. Quelle drôle d’aventure, tout de même, la vie…

Je souhaite à tous les « zhôms » de cette blogosphère, qu’ils soient blogueurs ou, peut-être plus souvent, « zhôm de blogueuse », à vous tous futurs papas (et aussi à vous futures mamans !), d’avoir enfin un jour le bonheur de tenir dans vos bras le fruit de votre amour… quel que soit le combat que vous menez.

« Monsieur » vous souhaite le bonsoir et vous laisse à nouveau entre les mains de tit’chérie ! ;)

Et…en bonus, cette chanson magnifique de Calogero, qui me fait dire que j’aimerais être un papa comme ça… :

« La Bienvenue »

L’INFERTILITÉ C’EST AUSSI UNE AFFAIRE D’HOMME!

Coucou, c’est Glhope, je me suis enfin décidé à laisser un petit bout de moi sur la toile. Vous connaissez peut-être un peu notre histoire par ma femme…

Je vais reprendre un peu notre parcours vu de mon cerveau.

L’envie d’être père me travaille déjà depuis un long moment, quand j’ai rencontré ma femme, je me suis tout de suite dit que celle là fallait pas la laisser filer, au bout de quelques années nous avons voulu fonder notre famille, un enfant, et pourquoi pas même deux, assez rapproché pour qu’ils grandissent et qu’on puisse les regarder jouer ensemble… Ça c’était il y a 5 ans!!!

Au bout d’un moment (même si certains diraient : « c’est bon y a le temps, t’as que 25 ans!!) après des essais infructueux, malgré une étude poussée des cycles de ma femme (enfin ça vous connaissez tous!), ne voyant rien arriver, elle est allée voir sa gynéco. Elle lui a prescrit une série d’examen afin de déceler ce qui ne fonctionnait pas (chez elle avant tout…!) Ayant récolter de bonnes notes partout et voulant s’assurer que nous savions bien faire la chose…on a eu le droit au test d’Hühner. Ceci pour voir la réactivité, entre autre de mes spermatozoïdes dans son dedans de elle. Le résultat fut assez, comment dire, inquiétant… 1 seul petit nageur a été détecté et pas en grande forme à vrai dire, il avait coulé!! immobile! (pourquoi n’a-t-elle pas prescrit cet examen plus tôt???!!!)

Donc au vu de ces résultats, sa gynéco, toute gênée, lui a dit « il devrait peut-être, enfin si il veut bien…faire un spermogramme? » (elle n’osait même pas le demander!) Ben ouais j’veux bien!!! Et puis ça aurait pu être fait avant!! (enfin bon la logique c’est pas leur fort).

Donc bon (ça c’est pour ma part et ça n’engage que moi) beaucoup d’homme dans les reportages que l’on voit (mais heureusement pas tous) disent que le prélèvement c’est compliqué, il y a de la tension, non mais « ALLO!! » t’as jamais eu 15 ans ou quoi? en plus là t’as qu’à penser à ta superbe femme (car elle reste magnifique malgré les kilos PMA) en plus viser un pot c’est pas trop dur, t’as juste à la mettre devant (heureusement qu’on t’as pas sondé toi aussi, sinon où tu en serais…! 🙂 ) Alors compliqué NON, si ça avait pu tout résoudre, ça aurait été parfait, suite au prélèvement on a eu confirmation que mes nageurs étaient « juste » peu nombreux, très faignants, peu résistants et pas de superbes gravures de mode, en gros les seuls qui pouvaient bouger tournaient en rond.

Donc face à cela, FIV ICSI : SUPERBE! plus qu’à mélanger et hop! on est parents, en plus de jumeaux 😉     Désillusion… et ben non!ça marche pas comme ça.

Première tentative, stim pas super, un embryon pas top au dire du biologiste. Ben espoir de débutant, « on le met », Ah ben ça a pas marché! (pour eux, pas TOP ça voulait dire fragmenté mais ils ne se sont pas attardés là dessus!).

Deuxième tentative, tiens Madame tu vas prendre des doses plus grosses, et ça va durer plus longtemps, c’est vrai que la 1ère t’avait fatiguée mais bon là, ça va marcher, allez sois forte je suis avec toi. Bon ben là pareil, pas de bon résultat de la stim.  Pas super, mais mieux, du coup espoir te revoilà, seulement au final des ovocytes dysmorphiques,  2 embryons pas top eux aussi (là on nous explique mieux la dysmorphie et le fait qu’ils étaient comme ça aussi à la 1ère) mais on les met quand même car il y a eu des bébés avec ces embryons. Mais non, ça n’a pas marché non plus.

Bon ben troisième tentative, on augmente encore, elle est au bord de l’évanouissement à chaque activité, ça réagit pas super mais encore un peu mieux (enfin normal on la gave avec des doses de cheval) et au final 3 embryons… MAIS… et ben non pas de mais, toujours fragmentés. Dépités!

Ils nous avaient proposé d’en implanter 3 si on en avait assez lors des rdv précédents cette FIV, donc on s’était dit ben  les 3 si ça se passe comme ça! Mais SURPRISE!! On implante pas cette fois, on va étudier l’évolution des embryons…pour voir s ils s’améliorent avec les jours. Alors suspens, on attend, on espère et AU FINAL : ben non c’est la merde, pas d’implantation (ils ont arrété d’évoluer). Alors rdv avec le gynéco PMA, qui prescrit un nouveau examen chirurgical (coelioscopie) … et moi petite pièce ne servant pas à grand chose dans ce parcours (d’un point de vue médical car on ne peut pas agir sur mon soucis)…mais étant un moteur d’espérance (parfois agaçant pour ma femme) je demande au gynéco (car il faut me dire les choses sinon je comprend pas!) « les embryons cette fois-ci, ils étaient encore moins de bonne qualité que ceux d’avant? » « ben non, c’est pareil » dit-il simplement.

Bon ben là j’ai réellement pris conscience de la PMA. J’étais plein d’espoir : « c’est de la médecine, ils s’y connaissent » et ben non c’est plus des expériences sur nos femmes, car en fait ils pigent que dalle!

Alors je vous avoue qu’on repart dans une torture de plus pour elle, avec , plus de produit, plus de dose et toujours peu d’espoir et j’en ai marre.

Encore une fois je ne pourrais être là que pour l’amener et la ramener aux rendez-vous échographiques et la regarder souffrir avant, pendant et si ça marche pas, aprés.

Pour moi, ne pas fonder ma famille c’est une chose mais voir ma femme souffrir physiquement (en plus de moralement) c’est ça le plus dur!

Alors je croise les doigts, et j’hope pour qu’il n’y ai pas de flope!

GLHOPE

Impatiente75 – Cryptozoospermie

Après de belles années d’amour, chéri et moi décidons de sauter le pas, et de nous marier en 2010….  Puis, d’avoir un bébé… Il est prêt, je suis prête comme jamais… Cet enfant, j’ai mis longtemps à le désirer vraiment mais c’est à ce moment là un désir profond, viscéral…  J’ai 32 ans…

Je ne prends plus la pilule depuis un bail déjà… Mais étant réglée à la minute prêt, je ne me posais pas de question, puisque nous faisions attention jusque là…(oui, je sais, un peu coconne la fille)

A partir de ce moment là, je surveille mes cycles comme le lait sur le feu… Je commence à planifier nos rapports, en tous cas pendant les périodes d’ovulation…. Rien… Rien de rien de rien…. J’en parle à mon gynéco de ville… Il rigole… Me dit que le temps moyen pour tomber enceinte, c’est environ 12 mois… Que je ne dois pas m’inquiéter. Qu’il y a peu de chance que j’ai un problème (il n’évoque pas une seconde la possibilité d’une cause masculine).

Fin 2011, soit un an et demi après le mariage, je suis triste comme les pierres…. Je m’isole, je me sens mal.. Je fuis les enfants, les parents.. Je ne supporte plus les discussions de mes collègues mamans au boulot. Je me sens exclue. Je me sens incomplète…

C’est une dépression, voilà c’est dit.. Je me sens coupable. Je pleure toutes les larmes de mon corps à chaque cycle…

Je retourne voir mon gynéco et décide de ne pas quitter le cabinet sans avoir des examens de prescrits.  Il me demande alors, si rien en début d’année de contacter un centre PMA qu’il connaît bien, puisqu’il y a travaillé (ah bon??? ben merde alors)

Je n’attends pas, vais en novembre et me déplace au rdv seule… Personne ne m’a dit que mon conjoint devait être présent (rien de noter sur la convoc non plus).. De plus mon gynéco m’avait dit qu’on commencerait par moi (avec le recul pourquoi?). Je suis reçue par une médecin.. froide, désagréable. Je me fais littéralement engueuler car mon mari n’est pas là… Je subis un interrogatoire… Encore mieux une interro puisqu’on me demande si je sais ce qu’est une ovulation, comment ça se passe, quels sont les moments propices pour concevoir… Je ressors de là avec une tonne d’ordonnances, et des explications légères sur le pourquoi… Sans oublier un petit livret informatif… Le premier contact avec la PMA est froid, rude, décevant… Pas une once d’écoute…

Je me sens vexée, humiliée, inquiète….

Nous partons en voyage de noces à l’Ile Maurice en janvier 2012… Nous vivons 10 jours incroyables… Je suis en pleine ovulation pendant mon séjour… Mais toujours rien.

Je commence donc dès mon retour une partie des examens. Prise de sang ok… Echo ok… Hormone ok…. AMH ok… J’attends un peu pour l’hystérosalpingographie,…

Chéri traîne un peu des pieds pour le spemo…  Mais y va quand même… Et là, catastrophe… Un mot tout bizarre.. Cryptozoospermie… Gniééééé?? Voilà ce que je trouve sur le net :

Cryptozoospermie :

    • Crypto = caché ;
    • La cryptozoospermie est définie par l’absence de spermatozoïdes observé à l’examen microscopique direct d’une goutte de sperme mais à l’opposé de l’azoospermie, une recherche approfondie permet d’en retrouver quelques uns (moins de 100 000 spermatozoïdes dans la totalité de l’éjaculât).
    • La cryptozoospermie est sévère quand le nombre de spermatozoïdes est inférieur à 10 000 spermatozoïdes dans l’éjaculât

Je googlise comme une folle… Je contacte le centre d’examen. Ils ne font que me redire la même chose. Pour confirmer le diagnostic, il faudra un nouveau spermogramme…  Impossible pour eux de faire la spermoculture avec aussi peu…

Pas de rdv dans le centre avant 3 mois, et pas d’explications autres possibles, même par tél….

Je recontacte mon gynéco. Je perçois qu’il ne souhaite pas vraiment me répondre, que je dois voir ça avec le centre… Quand j’évoque le délai, il en semble désolé et me donne les coordonnées d’un de ses confrère, un ponte de la PMA. Comme il est dans le privé, les rdv sont plus rapides.

Je le contacte de suite, et un rdv est pris pour un mois et demi après, c’est déjà mieux.

Professeur miracles n’est pas un chaleureux, c’est vrai, mais il va droit au but, pose des questions précises et prescrit des examens complémentaires pour chéri, dont le caryotype, et une écho des testicules.

Si tout est ok, on peut envisager une Fiv avant l’été…  Pas besoin d’IAC, pour lui c’est une perte de temps. Je retiens mes larmes et m’effondre dans les bras de chéri. Je commence à réaliser que nous avons plus de chance de gagner au loto que de concevoir naturellement.

L’écho révèle une varicocèle de grade II / III. Le nouveau spermo confirme le diagnostic de départ, mais le nouveau labo où on le fait réalise quand même la spermoculture… On a une cinquantaine de zozos en tout,  100% atypiques… Et dont la plupart sont morts.

Le sol s’effondre un peu plus sous nos pieds. Chéri encaisse comme il peut, moi aussi. On se serre les coudes…

Professeur miracles veut une embolisation de la varicocèle avant la FIV. Pour lui, ça ne peut pas détériorer la situation, au pire, cela restera pareil, au mieux, on gagnera en qualité et quantité. Comme il considère mon terrain comme très bon,  il veut faire un protocole court, et assez léger pour éviter les risques d’hyperstimulation. La fiv pourrait donc avoir lieu en octobre ou novembre. Ça me paraît loin, mais bon, ça fait déjà un moment qu’on attend….

Je maintiens en parallèle le rdv au centre PMA de l’hôpital. Pour avoir un second avis. Pour me laisser le choix peut être aussi… Là bas, on ne parle pas embolisation… Et on me propose un protocole long, le centre n’étant pas habitué au protocole court, même s’ils conviennent que ça serait pas mal pour moi.  Par contre, la Fiv pourrait se dérouler fin juin / courant juillet.

Avec chéri, on réfléchit donc… Et on choisit professeur miracles. Pour tenter de gagner en quantité et qualité, ne pas faire une tentative dans le vide (sachant que le centre public n’évoque pas la ponction testiculaire si rien au spermo le jour J). Et puis aussi pour le protocole qui est moins lourd pour moi…

L’embolisation a lieu la 20 juillet 2012… Un nouveau spermo est réalisé 70 jours plus tard. Et miracle, on a gagné sur tous les plans… En qualité (97% d’atypies au lieu de 100%), en mobilité, en nombre (chéri est un jeune millionnaire).  Nous nous payons le luxe de faire un test de fragmentation de l’ADN/décondensation de la chromatine. Tout va bien. Professeur miracles vote pour une Fiv Icsi.

Je mets chéri sous Concepti*o, comme moi, bataille pour alléger les soirées et consommation d’alcool ainsi que le tabac, lutte pour enlever le téléphone portable de sa poche…De mon côté, je vois mon osthéo, voit un acupuncteur spécialisé PMA grâce à une copinaute, me prépare au traitement et à la ponction avec le CD d’auto hypnose.

Le traitement commence  le 19 octobre 2012…. Avec une ponction le 05 novembre. 12 ovocytes prélevés. 9 mûrs, tous micro-injectés. Et au final, après un coup de flippe (1 embryon au bout de 24h, même Professeur miracle est « déçu », mais il y croit), 4 embryons dont un qui se montre très beau, et vivace. C’est celui là qui me sera transféré à J3, à notre demande… Et c’est ce même embryon, devenu fœtus, qui fait des bonds dans mon bidon aujourd’hui.

Une Fiv Icisi, un bébé prévu pour début août. Nous sommes conscients de notre chance, et vivons pleinement notre bonheur.

Ce que je retiendrai au final de ce « petit parcours » en PMA, c’est :

*Le manque d’empathie rencontré… Cette impression d’être un chiffre, un cas…

*La non prise au sérieux des couples en attente d’enfants (si je n’avais pas harcelé mon gynéco, on en serait peut être encore au même point).

*Le manque d’information, de suivi, lorsque les couples sont confrontés à des résultats incompréhensibles (et non, on a pas tous fait médecine). On a cru devenir chèvres…

*La difficulté pour les couples à prendre les bonnes décisions…Il s’agit de faire confiance à des inconnus. Personnellement, je ne peux que conseiller de prendre au moins deux avis…

*La différence de traitement public / privé (délai, tarifs, prise en charge….)

La PMA n’est pas mise entre parenthèse, même si nous sommes en pause… Nous savons tous les deux, que si nous voulons un deuxième bébé, il ne faudra pas traîner car je ne suis plus toute jeune (36 ans dans 6 mois… A entendre la science, mais ovaires sont en train de se transformer en pruneaux) et nous n’avons aucune certitude pour les gamètes de chéri (on  a pu faire 3 paillettes au cas où).

J’espère que mon « témoignage » pourra en aider certaines.