In VITRO – Du rap pour parler d’infertilité ?

Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter ORNICARD, auteur et chanteur, non professionnel, qui a fait de l’écriture et de sa mise en musique, sa passion. Le rap comme référence musicale, la nature, la campagne de l’Est de la France (Lorraine, les Vosges), l’humour, sa vie quotidienne, comme sources d’inspirations. Il vient d’écrire une chanson intitulé « In vitro » qui raconte l’histoire d’un couple confronté à l’infertilité….. Nous vous invitons à découvrir, dans cette vidéo, son univers créatif et son parcours d’infertilité.

  • Bonjour est-ce que tu peux nous décrire ton univers musical, poétique, créatif ?
  • Ton single « IN VITRO » une chanson qui parle d’infertilité, d’assistance médicale à la procréation ? Pourquoi et comment est « née » ce texte, puis cette chanson ?
  • Toi et ta chérie, vous êtes un couple Européen (tu es Français, elle est Allemande), jeune, infertile. Est-ce que tu peux nous dire, en tant qu’homme, comment tu vis cette situation ?
  • Vous vivez en Allemagne, comment l’infertilité et l’assistance médicale à la procréation sont-elles prises en charge ?
  • Au-delà, du projet personnel, est-ce que tu as imaginé l’impact que pourrait avoir cette chanson auprès des gens qui l’écoutent, les couples infertiles ? Les personnes non concernées par l’infertilité ? Les jeunes ?
  • Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter dans un proche avenir ?

Merci beaucoup à Ornicard, d’avoir répondu à nos questions

Pour la vidéo « IN VITRO », c’est par là

Si vous voulez découvrir un peu plus l’univers d’ORNICARD, c’est par ici  Ornicard

Être un homme « stérile »

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Photo BAMP

Bonjour à vous, j’ai enfin décidé de partager un peu de notre histoire.
Je suis Yalla, un homme de 38 ans, qui souhaite toujours avancer d’où mon pseudo.

Nous avons découvert mon infertilité complète il y a 4 ans à peu près .Nous nous sommes battu avec un ordinateur pour découvrir certains termes médicaux, eh oui les docs avaient autre chose à faire certainement !!!

Comment accepter cette nouvelle ? J’ai été dirigé vers un premier centre, j’y suis allé à reculons et j’en suis reparti en courant !!!
Vous qui me lisez, il ne faut jamais se rendre seul à un rendez vous médical !!!
J’ai été dirigé vers un deuxième centre, beaucoup plus compréhensif que le premier.
Et ma compagne me direz-vous ? Elle a essayé de me soutenir du mieux qu’elle pouvait, car je ne suis pas quelqu’un de facile tantôt « tout va bien  » et tantôt  » tout vas mal ».
Il m’est arrivé de penser qu’elle aurait pu aimer quelqu’un d’autre, qu’elle me quitte ….
Bah oui je ne pouvais pas lui faire d’enfant.
Nous avons passé cette étape ensemble, et s’est enclenché le protocole des inséminations.
Analyse, calcul des piqûres, prises de sang, entre les coups de blues et les coups de cœur ……
Il y a en eu 6 en tout dont une qui aurait pu aller au bout.
C’était il y a un an, tout allait bien, ma choupette était enceinte depuis octobre de jumeaux, cool !!!
Et puis, tout c’est précipité, hémorragie légère, repos total, la vie de ma choupette devait être tranquille.
Échographies, consultation en urgence, nous tenions à garder ses deux « début de vie « , ses deux espoirs aussi minces soient-ils.
Je gérais la maison, les courses, j’avais deux boulots après ma journée d’ambulancier.
J’espérais, je croisais les doigts, je priais !!!
23 décembre : C’est ma chérie qui m’as annoncé la triste nouvelle, un de nos espoirs ne donnait plus signe de vie. J’étais en train de prendre en charge un patient, tout s’effondrait, mes jambes ne me portaient plus, je ne savais plus ou j’étais ….
De plus, les deux donnaient des signes d’inquiétudes.
La fin de la journée est passée comme si je n’en n’étais plus acteur.
Je ne souhaitais que rentrer à la maison, prendre ma femme dans mes bras, changer l’analyse ….
27 décembre : écho de la dernière chance, le résultat est tombé comme un couperet : le deuxième ne pouvait pas être viable.
Tout s’est envolé, les espoirs, notre petite flamme.
Face aux différents interlocuteurs, aucun de nous deux ne pouvait faire face.
Mais devant le manque de compassion et le questionnement du domaine médical, j’ai du reprendre « mon rôle » d’ambulancier, j’ai dû considérer ma propre moitié comme n’importe quelle patiente de mon boulot !!!
En fait, le gynécologue libéral nous avait envoyé vers celui de l’hôpital. Et celui-ci, devant le courrier, nous a demandé « ce que nous voulions ».
Mais ce que nous voulions, c’était garder les deux espoirs, remonter le temps, je ne sais pas …. Tout sauf être devant lui. Nous étions devant le fait accompli, il devait y avoir un curetage.
En tant qu’homme, j’aurais voulu prendre la place de mon amour, donner mon corps, donner ma vie, je ne voulais pas qu’elle souffre.
Pendant 6 mois, j’ai été son porte parole, son appui, son aide de camp, son épaule ….
Mais pendant ce temps, je ne pensais pas à moi.
J’aurais voulu me foutre en l’air, disparaître, qu’elle puisse trouver quelqu’un de fertile.
Nous sommes à l’aube d’un nouveau processus, avec de nouveaux espoirs ?
En tout cas, vous mesdames qui me lisez, je vous tire mon chapeau.
Vos corps sont maltraités, piquouzés, abîmés, tout cela pour porter la vie, alors merci d’être présente, merci d’être là !!!
Vous avez des corps magnifiques, prenez en soin, et apprenez nous à en prendre soin.
Et vous messieurs, ouvrez vous !!! Ouvrez votre cœur à votre amour !!! Partagez ce que vous ressentez !! Communiquez !!!
Pour nous, nous attendons la suite avec inquiétude, il est important que quelque soit l’étape, vous qui me lisez, soyez forts, soyez à l’écoute, soyez présents dans la vie de votre conjoint(e).

YALLA

 

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Mots d’un homme !

Il y a un an, nous avons eu,
De bonnes nouvelles avons vécu,
De pleins d’espoirs nous étions,
Car parents nous serions.
 
Et puis tout s’est arrêté,
Du jour au lendemain,
Nous n’avions plus rien,
La petite flamme s’est transformée en drame.
 
Depuis cette période funeste,
Nous ne sommes pas en reste,
Nous continuons d’avancer,
D’une bande de copains entourés.
 
Mais une part de nous restera sombre,
Car sont passées beaucoup d’ombres,
C’était il y a un an.
 
 
Yalla