« J’ai longtemps cru qu’il suffisait d’être deux » – Lecture

Ce livre reçu début octobre, je l’ai lu d’une traite un samedi.

Impossible de m’arrêter, il me fallait aller au bout de ce dialogue à distance entre une ex-patiente, journaliste Elise Karlin et une soignante Sylvie Epelboin, gynécologue obstétricienne spécialisée en AMP.

Plonger dans les débuts de l’AMP, en France, avec Sylvie EPELBOIN. Avec des rappels sur le contexte technique (par exemple avant l’ère des téléphones portables…..) et social dans lesquels se déroulaient la pratique de la médecine procréative dans les années 80. J’ai trouvé cela passionnant.

 

Plonger dans les affres du désir d’enfant qui n’arrive pas à cause de troubles de la fertilité, avec Elise KARLIN, et éprouver les mêmes émotions, la même tristesse, avec des décennies d’écarts.

« J’ai longtemps cru qu’il suffisait d’être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ;  un instant d’éternité. La vie s’est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j’ai dû demander l’aide de la médecine pour tenter d’être mère. A l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j’ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente. »

 

Un livre de 197 pages, que je vous recommande, évidemment. Un très bon livre qui fait se rencontrer le point de vue d’une patiente et celui d’une soignante. Et c’est fort intéressant.

 

Pour vous procurer ce livre, c’est par ici

 

Olympe, une graine, un bébé

Les Éditions PAROLE proposent une gamme d’ouvrage « collection pourquoi » qui se lisent à plusieurs mains.
Ces ouvrages permettent aux adultes d’avoir un support pour aborder certaines thématiques….dont la PMA dans celui-ci !

Olympe, une graine, un bébé
….ou l’histoire d’une naissance médicalement assistée

écrit et illustré par Marie-Pierre Aiello

C’est l’histoire d’Olympe qui est seule et qui rêve d’un bébé, elle s’interroge sur « comment faire ? » n’étant pas en couple…
Puis elle se met à rêver d’une graine qu’elle saurait faire pousser, comme pour les fleurs…
Lorsqu’elle se réveille, une amie (qui tombe à pic), lui parle de gentils messieurs qui donnent leurs graines…
C’est ainsi qu’Olympe s’en va à la rencontre des graines d’un donneur…
De ce don est née Zoé…

Ouvrage qui traite de la PMA avec don de spermatozoïdes (à l’étranger bien sûr puisqu’en France ce n’est pas encore officiel pour les femmes seules).
Les illustrations sont des peintures, une m’a clairement dérangée pour un livre adressé aux enfants, mais cela peut passer pour les plus jeunes !
De plus, à la fin de l’ouvrage, on traite par écrit plusieurs questions que peuvent se poser les enfants

Obtenir ce livre : https://www.editions-parole.net/produit/olympe-une-graine-un-bebe-ou-lhistoire-dune-naissance-medicalement-assistee/ 

Parler du don de gamètes aux enfants

Avec la révision de la loi de bioéthique, on a beaucoup entendu parler des secrets dans les familles ayant recours à un don de gamètes. Nous avons entendu dans les médias beaucoup d’adultes issus de don de gamètes qui témoignaient que leurs parents leur avaient caché leur mode de conception durant plusieurs années.

Afin de permettre aux personnes issues de don de gamètes d’être informés de leur mode de conception, le projet de loi prévoit des démarches concrètes à mettre en oeuvre pour les futurs adultes qui auraient un doute. Elles pourront dorénavant contacter l’agence de la biomédecine qui tiendra un registre des enfants nés d’un don de gamète et pourront répondre à leurs interrogations. Il est vrai qu’au début de la mise en place du don de gamètes, beaucoup de médecins des CECOS conseillaient aux parents de ne surtout rien dévoiler à l’enfant à naître sur son mode de conception. Aujourd’hui les choses ont changé, les médecins ont appris des précédentes générations, des témoignages d’adultes nés de don de gamètes. Les spécialistes conseillent d’informer les enfants sur leur mode de conception. Tout ça touche des questions très complexes. Pour essayer d’éclaircir un peu ce sujet je vous propose un témoignage de notre parcours en PMA avec tiers donneur et des outils pour en parler aux enfants.

Il y a quelques années, quand s’est posée pour nous la question d’avoir recours à un don de spermatozoïdes, une des premières questions qui s’est imposée était : si nous avons recours à un don, allions nous en parler à nos futurs enfants?

Au début, cette notion de don de gamètes nous a fait un peu peur. Est ce que nous serons tous les deux des parents à part entière, est ce que mon mari ne se sentirait pas un peu moins parent que moi si on a recours à un don de spermatozoïdes? Est ce que nous ne serions pas une famille trop différente des autres? Tout plein de questions qui nous assaillent chacun différemment mais qui, j’imagine, peuvent prendre la tête à beaucoup de personnes en parcours de don.

Avec toutes ces questions, la tentation est forte de se dire : « et si on ne dit rien à notre enfant, peut-être que les choses seront plus faciles pour lui? quelque chose dont il ne sait rien ne peut pas le faire souffrir…« 

Et puis je me suis renseignée sur cette question, et j’ai découvert la notion des secrets de famille, des fantômes familiaux développée par Serge Tisseron. il nous explique dans son livre que tous les secrets de familles qui préoccupent les parents sont forcément délétères pour l’enfant.

Si l’enfant ne connait certes pas l’information qui est tue, il sent malgré tout que les adultes lui cachent quelque chose. Et cela à travers des réactions non verbales, des petits signes du quotidien. Une maman qui se tend quand certains sujets son abordés, un papa qui change systématiquement de sujet à l’évocation de certains choses, etc…

Les enfants sont très sensibles à cela et lorsqu’ils ont l’impression qu’on leur cache quelque chose ils imaginent toujours le pire. Et dans leur tête ce pire les concerne forcément et ils vont avoir tendance à se sentir responsable de cette chose qu’ils imaginent abominable. Je découvrais qu’alors que je pensais protéger mon enfant en lui cachant son mode de conception, en réalité, c’est en lui expliquant d’ou il vient que je le protégerai. Lui offrir la vérité c’est le protéger, l’empêcher de s’imaginer des choses horribles, bien pires que la PMA.

Ok, alors une fois que l’on a décidé d’en parler à nos futurs éventuels enfants, comment pourrait-on s’y prendre parce que ce n’est pas simple ce genre de choses. ça peut paraître bizarre, mais j’avais besoin de préparer la réponse à cette question bien avant que mon enfant ne vienne au monde, bien avant qu’il soit conçu, j’avais besoin de répondre à cette question pour prendre ma décision. Devions nous avoir recours au don de gamète pour pouvoir fonder notre famille?

Alors j’ai cherché des supports qui pourraient nous aider dans cette tache. Et j’ai trouvé qu’il existait beaucoup de livres pour enfants sur ce sujet. Avoir cette information m’a beaucoup rassurée et nous a permis de nous lancer plus sereinement dans l’aventure du don de spermatozoïdes.

Après plusieurs années de parcours ma fille est venue a monde. Lorsque j’étais enceinte j’ai acheté plusieurs de ces livres don celui de serge Tisseron : Le mystère des graines à bébé. Virginie nous en avait parlé ici il y a quelques années. Je pensais qu’étant donné qu’il m’avait aidé moi à ce sujet, il allait forcément pouvoir aider mon enfant. Mais actuellement ma fille a 2 ans et demi. Elle est en réalité trop petite pour se saisir de cette histoire qui, bien que très intéressante, s’adresse surtout aux plus grands enfants. Mais c’est un très bon outil pour aider les parents à trouver des mots.

41fupSrLCWL._SY371_BO1,204,203,200_.jpg

 

Il y a à peu près un an, Virginie vous parlait également de la sortie de l’album Am Stram Graine ici. J’ai trouvé ce livre vraiment très doux. Les illustrations sont magnifiques. Les textes ne sont pas trop long. Il est adapté aux petits. Un autre avantage par rapport à certains livres, il aborde le don des deux côtés : masculin et féminin. Les illustrations sont aussi très concrètes, on y voit le couple à l’hôpital je jour de l’insémination, on y voit la cuve où sont conservées les paillettes.

Je trouve qu’il aide aussi les adultes à se mettre au niveau des enfants. Par exemple la maîtresse annonce à sa classe qu’elle a un bébé dans son ventre. C’est souvent de cette manière que les adultes expliquent qu’une femme est enceinte. Dans ce livre j’ai découvert que cette phrase qui nous parait simple est en réalité très compliquée à comprendre pour les petits. Ils n’osent pas poser de question à ma maîtresse mais étant donné qu’ils n’ont pas compris, ils en discutent entre eux à la récréation. Ils ne comprennent pas comment le bébé a pu arriver dans ce ventre. Est ce que la maîtresse l’aurait mangé? 

Le dernier petit plus, l’héroïne,  la petite fille qui est née grâce à un don de spermatozoïdes est très fière de son histoire qui la rend un peu unique et je trouve ça très joli.

74651788

Langes de verre « La très véridique histoire de l’enfant qui ne voulait pas naître »

Langes de verre « La très véridique histoire de l’enfant qui ne voulait pas naître »

Emmanuelle et Estelle, ont lu ce livre et elles vous donnent leur point de vue

A l’heure où le gouvernement réfléchit à la manière d’inscrire dans le droit l’origine des enfants nés de la procréation médicalement assistée avec don, ce livre entre en résonance avec  ce projet :  c’est l’expérience d’une femme qui, bien que mariée, a fait un enfant « toute seule » en raison de l’indifférence et du refus de son mari de  s’engager et de l’accompagner dans  un  processus médical long et difficile.

Langes de verre, c’est l’histoire d’une femme bientôt quadra qui essaie de devenir maman depuis plusieurs années. Entre les visites médicales en métropole et les périodes de mobilité professionnelle à l’étranger de son mari qu’elle suit, l’auteure raconte son parcours, les difficultés du couple et celles liées aux différences culturelles et géographiques.

On y découvre plusieurs passages du parcours dont l’insémination avec don gamète (spermatozoïdes).

Par moment, narratrice et auteure se confondent. A d’autres moments, c’est le futur enfant qui interpelle sa mère. Le récit est ponctué de nombreuses interrogations sans réponse. Il est également entrecoupé de citations et d’envolées lyriques, ce qui donne une lecture rythmée.

Le désir d’enfant tourne à l’obsession et masque d’autres aspects importants de nos vies. La souffrance et la solitude de l’auteure sont perceptibles. On imagine combien l’arrivée du fils miracle a dû apporter joie et délivrance.

A la question pourquoi avez-vous écrit ce livre ? L’auteure Anne-Marie Perreau répond :

«C’est la divulgation d’un secret de famille qu’il est très souvent difficile d’exposer de vive-voix. : Les non-dits sont les maîtres silencieux de nos destins. On a souvent peur de parler.  L’écrire et plus facile

La question du débat est posée.

Un thème important est la mésentente du couple, qui ne s’arrange pas avec les difficultés liées à l’infertilité, l’auteure a mené son combat seule …D’entrée de jeu, l’auteure faisant preuve de lucidité, elle s’explique quant à son choix de vie maritale d’alors mais n’excuse pas l’attitude passive de son mari face aux difficultés rencontrées, ni son absence de soutien quant aux démarches médicales.

L’autre thème abordé concerne l’affection reportée sur les animaux domestiques. Dans son récit, un petit chien est adopté après un simple et affectueux échange de regard. Puis le vide de l’enfant qui n’est pas là est comblé par la présence animale.

Enfin, le dernier thème intéressant dans cet ouvrage est cette autre vision et manière de résoudre les problèmes d’infertilité, suggérée par Jospéhine la voisine camerounaise. Les croyances, les solutions sont évidemment différentes selon l’endroit du globe où l’on vit.  Ce récit rappelle qu’on est le fruit d’une culture collective et contextuelle.

Le récit se passe dans les années 80.

Autre temps, autres mœurs….

A l’époque actuelle, l’auteure aurait peut-être franchi le pas vers une maternité en solo ?

Emmanuelle & Estelle

 

Pour plus d’informations sur ce livre c’est par ici sur le site BABELIO

Pour quelques millimètres de vie – Florence Wagner –

Cet ouvrage, écrit un peu sous forme de journal intime, où l’auteure décide d’écrire « quand elle ressent le besoin »
C’est un peu l’histoire d’une nana en PMA, d’une nana qui laisse filer 30 cycles avant de tomber enceinte…
Alors ne cherchez pas trop de références en terme de PMA, on y parle stimulation et insémination mais de manière ponctuelle, c’est plus la VIE qui y est décrite avec ses peurs, ses joies, la vie professionnelle et personnelle, les ressentis,…
Pour être tout à fait honnête, les redondances au début de l’ouvrage trop axées sur symptômes/règles/déceptions m’ont un peu effrayé mais j’ai dévoré littéralement les 150 dernières pages !

C’est un peu une Bridget Jones en PMA en fait !

img_2056-1

Pour se procurer cet ouvrage : il suffit de cliquer sur l’image.

« Les fivettes » d’Eleonora Mazzoni

Un roman sur la PMA qui se déroule en Italie où l’accès à la procréation médicalement assistée est différent de chez nous…

L’auteure nous rapporte la vie de Carla, son héroïne qui tente d’accéder à la maternité par tous les moyens…ou presque…

Carla est quasi quadra, rêve de maternité et communique avec Sénèque qu’elle étudie puisqu’elle est professeur à l’université (mais en pause)…

L’auteure nous éclaire sur le monde des « fivettes » : les salles d’attente, les forums sur Internet, les rencontres,…

À priori, tout le monde sera en mesure de s’identifier à Carla !

Ce roman se lit très bien et est différent d’un « vrai témoignage » même si l’auteure a également un parcours PMA.

Seule petite ombre au tableau (à titre personnel), les mots sont un peu crus et peuvent faire mal lorsqu’il est question du don d’ovocytes ! Rien de bien méchant mais cela pique un peu surtout quand on y a eu recours…

Pour vous procurer cet ouvrage, cliquez sur l’image

  • 220 pages
  • Editeur : Chèvre-feuille étoilée; Édition : Chèvre-feuille étoilée (2 mai 2018)

PMA sans filtre : le livre sans filtre !

C’est cru, c’est drôle, c’est fun…c’est sans filtre !

Oreilles sensibles ou âmes chastes, passez votre chemin, le vocabulaire employé risquera de vous écorcher les oreilles 🙂 (personnellement, j’ai adoré, j’aurai pu employer ces mots !)
C’est écrit avec ses tripes, avec ses mots et je pense que cela rend ce récit tellement authentique, qu’il se lit en quelques heures !

Alors bien sûr, le sujet est loin d’être hilarant, ça parle de FIV, d’infertilité masculine, de piqûres, d’exploration souterraine et autres joyeusetés PMesques !

Cet ouvrage retrace le parcours d’un couple en PMA, avec les hauts, les bas, les milieux que nous connaissons tous et non, on ne réussira pas à me soudoyer pour connaitre la fin, je suis une tombe !

Je vous encourage à lire cet ouvrage si vous aimez les récits légers et drôles, parce que OUI, un parcours PMA n’oblige en rien à dramatiser le truc !