– Le droit de choisir – de René Frydman

Le droit de choisir, le manifeste des médecins et biologistes de la procréation médicalement assistée

Cet ouvrage a déboulé dans les rayonnages de nos librairies, dans des émissions TV, dans les magazines et à la radio fin janvier ! Du René Frydman un peu partout pour notre plus grand plaisir et en plus BAMP est cité dans une émission de France 2, dans Libération.

Timing parfait pour tenter de sensibiliser à la PMA nos futurs présidentiables…si tant est qu’ils reste des candidats ! (mais ça c’est une autre affaire)

René Frydman pose par écrit avec l’appui de 200 collègues gynécologues et biologistes les revendications de la médecine reproductive française (ou une partie du moins), il pointe du doigt ce qui n’est plus acceptable dans notre pays…la France qui a été un pays pionnier en PMA et qui, aujourd’hui, se retrouve loin derrière d’autres pays européens !

Avoir tous les outillages, la technique, le personnel et ne pas avoir le droit d’effectuer certains actes, je conçois que cela puisse être frustrant….c’est un peu comme avoir une grosse voiture de sport dans son garage et ne pas avoir le permis de conduire !

René Frydman appuie sur 4 points qu’il devient indispensable de revoir en France (et le Collectif BAMP est bien d’accord avec lui !)

– le don d’ovocyte est insuffisant
– l’analyse génétique de l’embryon est très restrictive
– l’autoconservation des ovocytes n’est autorisée que dans certains cas
– le don de sperme est proscrit pour les femmes seules ou homosexuelles

Vous pouvez aussi écouter le podcast de cette émission de Sud Radio du 2 février, où René Frydman revient sur ces différents sujets. A l’écoute de cette émission, on peut se demander, si le fait d’ouvrir et de terminer l’émission sur l’histoire d’un couple de femmes, ne va pas une nouvelle fois embrouiller le message pour les personnes peu informées sur les questions d’AMP et de prise en charge de l’infertilité, qui continuent à résumer l’AMP à l’accès à la parentalité pour les couples LGBT.

Lien vers le manifeste BAMP : 48 propositions pour améliorer la prise en charge de l’infertilité et de l’AMP en France. Nous nous retrouvons dans beaucoup de points du manifeste des médecins. Mais pas sur tout. Notre proposition notamment de systématiser à l’entrée en AMP, un bilan immunologique et génétique complet, pour éviter les mauvaises surprises après plusieurs tentatives, ne trouve pour l’instant pas d’écho auprès des professionnels de l’AMP.

img_0524-1Pour acheter ce livre, cliquer ici

Greffe d’utérus le point de vue de Caroline Eliacheff – France Culture

L’utérus n’a pas d’âge ! publié le 15 octobre 2014, sur le site de France Culture.Accueil La femme qui a donné son utérus à la jeune maman suédoise a 61 ans. Texte de Caroline ELIACHEFF, Docteur en médecine et titulaire d’un diplôme d’études spécialisées en psychiatrie infantile, elle est psychanalyste depuis 1974. Elle est présidente de l’association La Cause des Bébés. Elle tient une chronique hebdomadaire sur France Culture. Un point de vue vraiment intéressant sur cette réussite exceptionnelle, qui vient interroger les progrès de la médecine, le don d’organe, et qui ouvre surtout pour de nombreuses femmes et couples des perspectives procréatives nouvelles. Deux équipes françaises vont bientôt pouvoir travailler sur ces greffes d’utérus. Au CHU de Limoges et à l’hôpital Foch. Je vous laisse découvrir ces propos tout à fait intéressants, de Madame Eliacheff. Cela fait vraiment du bien d’entendre des discours si clairs et intelligents. Merci, Madame.

Vous avez appris, comme moi qu’une Suédoise ayant bénéficié d’une greffe d’utérus vient de donner naissance  à un garçon, certes prématuré mais qui se porte bien. Jusqu’à présent, les femmes qui pour une raison d’ordre congénital, fonctionnel ou après un accident étaient dépourvues d’utérus, n’avaient aucune chance d’avoir un enfant, sauf par gestation pour autrui qui, elle, pose des problèmes éthiques qui ne sont pas prêts d’être résolus si tant est qu’ils puissent l’être. Il s’agit donc d’une excellente nouvelle à prendre avec précaution car, à ce stade, on parle encore d’exploit. Mais lorsque Christian Barnard a réalisé la première transplantation cardiaque en 1967, qui aurait pensé que tous les pays développés possèderaient des centres de greffe cardiaque ?

On pourrait aussi croire que les indications de greffe d’utérus sont rares. Dans le Lancet, la revue scientifique qui rapporte cette naissance, on  lit que rien qu’en Angleterre, 12.000 femmes seraient concernées. Actuellement,  23.000 enfants naissent chaque année en France grâce à la procréation médicalement assistée toutes techniques confondues.   La greffe d’utérus a des points communs et des différences d’avec les autres greffes. À la différence du rein, du foie ou du cœur, l’utérus n’est pas un organe vital. Mais on greffe aussi depuis peu de temps des organes non vitaux visant à améliorer une vie amputée d’une main ou d’un visage.

Selon l’organe à greffer,  le donneur peut être vivant ou décédé : pour le cœur, la main ou le visage on n’a pas le choix car on ne peut pas les prélever sur une personne vivante.  Pour le rein, le foie et la moelle osseuse, on a le choix car un donneur compatible et en bonne santé peut vivre avec un seul rein, tandis que le foie et la moelle osseuse se reconstituent. Pour accepter ces transplantations entre vivants proches du receveur, et seulement dans ces cas, nous avons renoncé à un principe, celui de  l’anonymat du donneur. Pour l’utérus, on a le choix : il peut être prélevé sur une personne vivante qui ne serait donc pas anonyme ou une personne décédée. Chaque solution a des avantages et des inconvénients. L’ablation de l’utérus n’est pas sans risque pour la donneuse. Pour la receveuse, le prélèvement sur une personne décédée peut être plus large mais on peut imaginer qu’il ne soit pas simple de recevoir un organe destiné à  donner la vie d’une personne décédée anonyme.

Jusqu’à présent, l’équipe suédoise a mené ses recherches avec des donneuses vivantes. En France, l’équipe de Pascal Piver et Tristan Gauthier du CHU de Limoges étudie les prélèvements chez des femmes en état de mort cérébrale ; celle de Jean Marc Ayoubi et René Frydman de l’hopital Foch n’exclut aucune piste y compris celle, inattendue, de transsexuelles qui sont également prises en charge dans cet hôpital : une étude menée par Léa Karpel auprès de celles ayant accompli leur transition montre qu’elles ne seraient pas opposées à un don d’utérus. Sous réserve d’être compatibles, les donneuses vivantes sont potentiellement nombreuses. Qui sont-elles ? Toutes les femmes ménopausées qu’elles fassent ou non partie de la famille de la receveuse.

L’utérus a ceci de particulier qu’il n’a pas d’âge. Ce sont les ovaires qui vieillissent. À ce jour, les amies, les mères, les tantes ont permis à une dizaine de jeunes femmes suédoises de bénéficier d’une transplantation d’utérus. On ne sait encore évidemment rien des représentations et de la nature des liens entre la donneuse, la receveuse et l’enfant qui aura pu venir au monde. Ils seront probablement autres que ce que l’on sait du vécu et des liens entre une mère porteuse non anonyme ou une donneuse d’ovocyte anonyme et la mère de l’enfant. La donneuse d’utérus a un statut de tiers qu’on ne connaissait pas jusqu’à présent: elle n’intervient ni dans la conception, ni dans la filiation, ni dans le développement intra-utérin de l’enfant. Pour celui-ci, conçu avec les gamètes de ses parents et porté par sa mère, les choses se présentent plus simplement que lorsqu’il est bénéficie  des gamètes d’un tiers ou qu’il est porté par une autre femme. Grâce aux progrès des traitements immunosuppresseurs, les greffes sont mieux tolérées. Le traitement est lourd, non dépourvu d’effets secondaires qui obligent parfois à l’interrompre et le rejet n’est jamais exclu. Une greffe éphémère due au rejet est donc un échec.

La greffe d’utérus a la particularité, si tout se passe bien, d’être conçue d’emblée comme une greffe éphémère : après avoir eu un voire deux enfants, l’utérus greffé pourra être retiré et la femme n’aura plus besoin de traitement. Il est paradoxal de penser qu’un traitement immunosuppresseur soit nécessaire pour accepter un utérus greffé tandis que la femme n’a besoin d’aucun traitement pour accepter l’hôte étranger qu’est son enfant. On peut aussi rêver : je ne sais pas si vous vous souvenez de la comédie  de Jacques Demy L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune, sorti en 1973. On y voyait Marcello Mastroianni, époux de Catherine Deneuve, pris de nausées et de vertiges, consulter un médecin interprété par Micheline Presle. Un peu déconcertée, elle  lui annonçait qu’il attendait un enfant. Nul ne sait si le poète qu’était Jacques Demy anticipait ce qui un jour deviendra peut-être une réalité.   A écouter ici sur le site de France Culture,

GPA : ces familles françaises qui y ont recours

GPA : ces familles françaises qui y ont recours

 

La circulaire de Christiane Taubira va faciliter la reconnaissance de l’identité des enfants nés d’une GPA. 

Leurs parents sont pour la majorité Hétérosexuels et infertiles, même si l’ADFH, Association des familles homoparentales, revendique plus d’une centaine d’enfants d’adhérents nés d’une GPA.

C’est la réalité ! avec ou sans loi, bons nombres d’enfants naissent chaque année, il est important et essentiel de leur donner une identité. 

La noblesse d’être parent n’est pas forcément biologique.

Vous pouvez écouter Ici l’émission de France Info