Association AGAPA : Colloque le 22 Septembre

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COLLOQUE DE L’ASSOCIATION

AGAPA

http://www.association-agapa.fr/

AFFICHE AGAPACapture

A l’occasion de ses 20 ans d’existence, AGAPA désire, par ce colloque, créer un temps de réflexion et d’échanges entre les différents acteurs concernés, afin que chacun puisse proposer un accompagnement toujours plus adapté aux personnes en souffrance et, que celles-ci puissent trouver en elles les ressources pour aller vers l’apaisement.
INSCRIPTION ET PROGRAMME  :  Ici
Créée en 1994, l’association AGAPA propose accueil, écoute et accompagnement, à toute personne touchée par la mort d’un enfant autour de la naissance ou par une grossesse qui n’a pu être menée à terme.

Vous avez vécu, ou l’un de vos proches a vécu, une interruption de grossesse médicale, ou accidentelle, IMG, fausse-couche, grossesse extra-utérine, réduction embryonnaire, mort in utero).  Cet événement est récent, ou remonte à plusieurs, voire de très nombreuses, années. Aujourd’hui, vous ressentez peut-être  le besoin d’en parler. Peut-être aussi est-ce difficile de le faire avec votre entourage.
C’est pour vous offrir un espace de parole et un soutien que l’association AGAPA a été créée en 1994. Oser dire, vous donner le droit d’exprimer ce que vous ressentez et savoir que cela va être écouté, sans jugement d’aucune sorte, peut être source d’apaisement.

AGAPA vous propose, si vous le souhaitez, un accueil, une écoute et un accompagnement, respectueux de ce que vous êtes et de votre histoire, quel que soit ce que vous avez vécu.
AGAPA vous propose également de participer à un groupe de parole et d’entraide, seul(e) ou en couple, si vous souhaitez rencontrer des personnes ayant vécu, comme vous,
une grossesse interrompue (fausse couche, IMG, mort in utero) ou la perte d’un enfant à la naissance. Ce site vous donne un aperçu de qui nous sommes et de ce que nous proposons.
N’hésitez pas à prendre contact avec AGAPA :
AGAPA Paris
42, rue St Lambert – 75015 Paris
Tél : 01 40 45 06 36
E-mail : contact@agapa.fr

9 mois après … rien

On est nombreuses à avoir perdu notre bébé. Tôt pour certaines, tard pour d’autres.

On est toutes d’accord pour dire que les gens ne se rendent pas compte. Il est vrai que ça arrive dans 20% des grossesses une fausse couche dans le 1er trimestre. C’est habituel, c’est banal, c’est comme ça.

Oui, mais dans notre parcours c’est un drame de plus. C’était NOTRE chance, enfin notre bébé était là. Enfin, après toutes ces années ça a marché. Enfin, le bout du tunnel.

Quand je suis tombée enceinte, je n’ai pas pensé une seconde que ça pourrait m’arriver. Après notre parcours, une fc n’était pas envisageable. Je n’allais pas psychotter sur un énième drame, je n’allais pas y penser. On en avait assez bavé, c’était une évidence.

J’ai vu le coeur battre chez ma gygy. Raison de plus pour ne pas douter.

C’est le coeur léger que je suis allée avec mon amour à l’écho. Sans doute, sans peur. Je n’avais pas eu de saignements, pas de douleurs, donc bébé était là. S’il lui était arrivé quelque chose je l’aurais senti.

Mais tout de suite, l’échographe nous a dit que quelque chose n’allait pas. Là encore j’ai regardé mon amour en lui disant « il était là il y a 15 jours, il est là aujourd’hui ».

Mais non. Il n’était plus là.

On était vendredi soir. Pas de médecins joignables avant lundi. L’échographe nous parle d’un médicament pour faire passer mon bébé. Aveugle et sourde je dis « oui, oui ».

D’un côté heureusement que nous étions vendredi soir. J’ai pu en parler à mes copinautes qui m’ont dit à l’unanimité le traumatisme et la douleur d’un tel médicament. J’ai eu 2 jours pour réfléchir avec mon amour et décider de recourir au curetage.

Mais nous savons toutes que même après, ça ne s’arrête pas là. Les mois passent, on avance, on refait même une tentative ou pas, on vit, on continue.

Les gens n’y pensent plus, c’est du passé, c’était l’année dernière.

Non, c’était il y a 8 mois.

Je devrais être dans mon dernier mois de grossesse. Je devrais être grosse comme une baleine. Je devrais finaliser la chambre de mon bébé. Je devrais essayer de convaincre mon amour que Clémentine c’est plus jolie que Gertrude (lol).

Les gens oublient mais 8 mois après la douleur est revenue. Toujours aussi vive. On a toutes (en tout cas moi) regardé les forums, parlé avec des copinautes enceintes en même temps que nous pendant quelques semaines.

Aujourd’hui les premières accouchent, les autres se réjouissent et moi j’ai le ventre vide.

Tout le monde a oublié, c’était l’année dernière.

Moi je sais que cet été sera un des pires de ma vie, que le mois de juillet sera long et difficile, que ma tristesse sera latente mais personne ne comprendra. Personne n’y pensera.

C’est un sujet plus que connu. La douleur des femmes ayant vécu une fc. C’est un sujet connu, que 9 mois après, la douleur revient. Que les dernières semaines de la grossesse qui fut interrompue sont douloureuses et traumatisantes. Pourtant aucun suivi n’est fait. Tous les psy de la terre vous le diront, toutes les maternités mais aucun suivi n’est fait. Rien n’est proposé au delà du moment de la fc.

Evidemment les centres de PMA (CECOS pour moi) sont débordés. Les fc sont courantes mais les psy sont là pour ça non ? Un agenda, le nom du dossier, la date prévue de l’accouchement. Un appel pour proposer un rendez-vous pour en parler. Parce que ça nous ferait du bien que quelqu’un vienne vers nous à ce moment là, parce qu’on n’a pas la force d’aller vers les autres. On se sent un peu bête de repartir dans le chagrin tant de mois après, on n’ose pas en parler.

Parce que c’était l’année dernière pour les autres. Parce que c’était il y a 8 mois pour moi.

Notre parcours : Entre deuils et (dés)espoirs…

C’est l’histoire de ma vie de fertile et d’infertile, de belle-mère et de mamange, de fausses couches et d’infertilité secondaire, de FIV et de toute la complication liée à la PMA…

Depuis que j’ai rencontré mon homme tout est allé très vite. En juin 2009 j’arrêtais la contraception et je tombais enceinte en août. Plutôt fertile la fille… Nous étions heureux et insouciants, tout marchait comme sur des roulettes.

J’allais passer de belle-mère à mère et faire de ma famille une belle famille recomposée unie.

Et puis un jour le drame nous tombe dessus : Au 6ème mois de grossesse je déclare une pré-éclampsie sévère qu’on appelle hellp-syndrome. Ma vie est en jeu et c’est un sauvetage maternel qu’il faut faire au plus vite. Malheureusement, mon petit garçon, trop petit à ce stade de la grossesse, naît sans vie. Il ne survit pas à cette césarienne d’urgence. Mon petit Léo est parti rejoindre les Anges.

C’est le début de l’enfer. La médecine m’a sauvé la vie, mais mon bébé n’était plus là. Mon corps vit, mais mon âme est morte depuis ce jour de janvier 2010.

Après tout un travail de deuil périnatal, des séances de psy, un congé maternité sans bébé, j’ai voulu recommencer les essais bébé. Nous nous disions que tout viendrait très vite comme pour la 1ère grossesse. Mais ce n’était pas le cas du tout : Après tout, mon corps devait se remettre de ce traumatisme et après une césarienne il est nécessaire de ne pas aller trop vite.

Je suis retombée enceinte 10 mois après le début des essais, en mars 2011. Le début de grossesse se passait bien et ne présageait pas le pire. C’est à 13 SA au moment de faire la déclaration de grossesse qu’on s’apérçoit que la grossesse s’est arrêtée. Le pire c’est que la grossesse s’était arrêtée 4 semaines auparavant sans même que je me rende compte : je vivais avec un embryon mort dans mon ventre et je n’ai même pas été capable de déceler ça. Pire, les médecins ne m’ont pas suivi comme ils auraient du le faire.

Le ciel nous tombe sur la tête. Vivre une fausse couche est une expérience douloureuse qu’on a tendance à banaliser. La souffrance est certes moins importante que celle de la perte de mon bébé, mais c’était tout comme. Et mon entourage ne comprenait pas. Il faut le vivre pour le comprendre.

Et toujours en parallèle, je remplissais chaque jour mon rôle de belle-mère en cachant à mes beaux-fils ma tristesse et mon désarroi pour ne pas les angoisser. Ils avaient déjà été traumatisés par la mort de leur demi-frère, il ne fallait pas en rajouter.

On ne s’est pas découragé pour autant. On redébute les essais 1 mois après le curetage. C’est à ce moment que je demande à mon gynéco une aide pour stimuler les ovaires. Le clomid fonctionne bien : je retombe enceinte en octobre 2011. Cette fois ma grossesse est hyper contrôlée avec échographie toutes les 2 semaines. C’est à 10 SA qu’on voit que l’activité cardiaque de l’embryon s’est arrêté. Je repasse par un curetage.

De nouveau, je sombre. Je passe par une période de dépression, ma vie n’a plus de sens, pourquoi le sort s’acharne contre nous ?

Je me remets sur pied 3 mois plus tard. Toujours en essais avec le clomid, mais cette fois ça ne fonctionne pas.

Autant mon gynéco était fort sympathique mais le bilan de FC qu’il m’a fait faire était incomplet. Selon lui, pas besoin d’hystérographie et d’hystéroscopie car j’étais déjà tombée enceinte donc il n’y a pas de problème du côté des trompes ni de l’utérus. Pour lui il fallait attendre, et passer aux IAC si le clomid ne fonctionnait pas.

Je change tout de même de gynéco pour avoir un 2ème avis médical… et j’ai eu raison. Je complète mon bilan en faisant une hystéroscopie qui révèle une infertilité secondaire. Mon utérus était rempli de synéchies : c’est la conséquence des curetages. En gros, les parois intérieures de l’utérus étaient collées entre elles donc la nidation ne pouvait pas se faire. J’aurais pu rester comme ça longtemps, et sans l’opération, il aurait été difficile de concevoir. Merci le nouveau gygy !

Une fois la levée des synéchies effectuée, les médecins sont confiants… nous aussi.

Je retombe enceinte naturellement 3 mois après, en septembre 2012 mais cette joie fût de courte durée car à 5 SA, une semaine après avoir eu mon test +, je perds du sang. C’est ma 3ème FC et c’est la première fois que ma FC est « naturelle ». Je laisse faire la nature, les HCG diminuent petit à petit. J’attends que mon cycle se remette en place… au bout d’un mois toujours pas de RDC et chose incroyable mon test de grossesse est positif ! Je suis tombée enceinte 15 jours après cette FC précoce!

Nous sommes ravis, même si angoissés.

C’est à 9 SA que, de nouveau, nous perdons l’activité cardiaque de cet embryon qui était en train de se développer.

C’en est trop : 5 grossesses, un bébé décédé et 4 FC.

Le gynéco me propose une FIV. Je rentre officiellement dans le monde de la PMA. Selon lui, la cause des FC à répétitions est inconnue. Mes examens sont tous Ok, il semblerait que mes ovocytes ne sont pas de bonne qualité. Alors pourquoi j’ai réussi à tenir mon fils pendant 6 mois ? aucune explication : le hellp syndrome est complétement indépendant des FC suivantes.

Ma FIV est prévue pour mars 2013. Ma pds est positive, mais c’est le début des complications : syndrome HSO (hysperstimulation ovarienne), puis ma grossesse s’arrête. On croit tous (les médecins et nous même) à une GNE. En fait, je faisais une GEU rare : le contour de l’œuf était resté dans l’utérus (enlevé par curetage car le cytotec n’a pas fonctionné) et les cellules issues de l’œuf se sont fait la malle à l’extérieur de mon utérus. Ces cellules se sont logées sur mon ovaire gauche et se développaient bien tranquillement sans me provoquer des saignements comme une GEU « classique ». L’amas de cellule, invisible à l’écho (seulement visible au doppler) était de la taille d’une balle de ping pong. J’ai donc été opérée en urgence (et à temps !) par coelioscopie et j’ai perdu ma trompe gauche.

Cette opération était un mal pour un bien : les médecins ont constaté que ma césarienne avait fait beaucoup de ravages : adhérences utérus-vessie, utérus-ovaire-intestins. Ils en ont profité pour tout décoller.

Était-ce une cause de FC ? Dans tous les cas, je suis certaine que cette césarienne a détraquée « la machine ».

Mon médecin me parle de FIV DO, surement car aucune cause d’infertilité n’a été identifiée : je n’ai pas d’OPK, je ne suis pas en insuffisance ovarienne, ma trompe droite est parfaite, mon utérus (intérieur et extérieur) est niquel, les zozos de mon mari ont une vitalité de 80% et sont plus que parfaits, les cariotypes sont bons, bilan sanguin et hormonal OK…

Les causes peuvent être :
– la mauvaise qualité ovocytaire
– la détérioration de mon appareil génital suite au gros traumatisme lié à ma césarienne et mon hellp-syndrome
– psychosomatique car l’aspect psychologique n’est pas négligeable après tout ce vécu dramatique

Avant d’envisager la FIV DO, nous tenterons une autre fIv ICSI en septembre 2013, et pourquoi pas une grossesse naturelle avant septembre (encore faut-il réussir)… au risque d’avoir de nouveau une FC.

Bref, je vis mon deuil, je vis entre espoirs et désepoirs, je vis dans ce monde de la PMA où :
– il faut trouver sa place,
– il faut accepter le monde médical,
– il faut subir la souffrance à même le corps,
– il faut apprendre à accepter les échecs
– le couple est mis à rude épreuve,
– il faut accepter le DO dont le patrimoine génétique ne sera pas le même que moi,
– il faut se poser la question de l’éventualité : « et si ça ne marche pas : on fait quoi ? »

En attendant, je « sur »vis depuis le décès de mon bébé… tout en vivant ma vie de belle-mère et de femme meurtrie par la tristesse de ne pas réussir à concevoir et surtout avec l’image de mon bébé qui aurait du avoir 3 ans cette année.