Association AGAPA : Colloque le 22 Septembre

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COLLOQUE DE L’ASSOCIATION

AGAPA

http://www.association-agapa.fr/

AFFICHE AGAPACapture

A l’occasion de ses 20 ans d’existence, AGAPA désire, par ce colloque, créer un temps de réflexion et d’échanges entre les différents acteurs concernés, afin que chacun puisse proposer un accompagnement toujours plus adapté aux personnes en souffrance et, que celles-ci puissent trouver en elles les ressources pour aller vers l’apaisement.
INSCRIPTION ET PROGRAMME  :  Ici
Créée en 1994, l’association AGAPA propose accueil, écoute et accompagnement, à toute personne touchée par la mort d’un enfant autour de la naissance ou par une grossesse qui n’a pu être menée à terme.

Vous avez vécu, ou l’un de vos proches a vécu, une interruption de grossesse médicale, ou accidentelle, IMG, fausse-couche, grossesse extra-utérine, réduction embryonnaire, mort in utero).  Cet événement est récent, ou remonte à plusieurs, voire de très nombreuses, années. Aujourd’hui, vous ressentez peut-être  le besoin d’en parler. Peut-être aussi est-ce difficile de le faire avec votre entourage.
C’est pour vous offrir un espace de parole et un soutien que l’association AGAPA a été créée en 1994. Oser dire, vous donner le droit d’exprimer ce que vous ressentez et savoir que cela va être écouté, sans jugement d’aucune sorte, peut être source d’apaisement.

AGAPA vous propose, si vous le souhaitez, un accueil, une écoute et un accompagnement, respectueux de ce que vous êtes et de votre histoire, quel que soit ce que vous avez vécu.
AGAPA vous propose également de participer à un groupe de parole et d’entraide, seul(e) ou en couple, si vous souhaitez rencontrer des personnes ayant vécu, comme vous,
une grossesse interrompue (fausse couche, IMG, mort in utero) ou la perte d’un enfant à la naissance. Ce site vous donne un aperçu de qui nous sommes et de ce que nous proposons.
N’hésitez pas à prendre contact avec AGAPA :
AGAPA Paris
42, rue St Lambert – 75015 Paris
Tél : 01 40 45 06 36
E-mail : contact@agapa.fr

9 mois après … rien

On est nombreuses à avoir perdu notre bébé. Tôt pour certaines, tard pour d’autres.

On est toutes d’accord pour dire que les gens ne se rendent pas compte. Il est vrai que ça arrive dans 20% des grossesses une fausse couche dans le 1er trimestre. C’est habituel, c’est banal, c’est comme ça.

Oui, mais dans notre parcours c’est un drame de plus. C’était NOTRE chance, enfin notre bébé était là. Enfin, après toutes ces années ça a marché. Enfin, le bout du tunnel.

Quand je suis tombée enceinte, je n’ai pas pensé une seconde que ça pourrait m’arriver. Après notre parcours, une fc n’était pas envisageable. Je n’allais pas psychotter sur un énième drame, je n’allais pas y penser. On en avait assez bavé, c’était une évidence.

J’ai vu le coeur battre chez ma gygy. Raison de plus pour ne pas douter.

C’est le coeur léger que je suis allée avec mon amour à l’écho. Sans doute, sans peur. Je n’avais pas eu de saignements, pas de douleurs, donc bébé était là. S’il lui était arrivé quelque chose je l’aurais senti.

Mais tout de suite, l’échographe nous a dit que quelque chose n’allait pas. Là encore j’ai regardé mon amour en lui disant « il était là il y a 15 jours, il est là aujourd’hui ».

Mais non. Il n’était plus là.

On était vendredi soir. Pas de médecins joignables avant lundi. L’échographe nous parle d’un médicament pour faire passer mon bébé. Aveugle et sourde je dis « oui, oui ».

D’un côté heureusement que nous étions vendredi soir. J’ai pu en parler à mes copinautes qui m’ont dit à l’unanimité le traumatisme et la douleur d’un tel médicament. J’ai eu 2 jours pour réfléchir avec mon amour et décider de recourir au curetage.

Mais nous savons toutes que même après, ça ne s’arrête pas là. Les mois passent, on avance, on refait même une tentative ou pas, on vit, on continue.

Les gens n’y pensent plus, c’est du passé, c’était l’année dernière.

Non, c’était il y a 8 mois.

Je devrais être dans mon dernier mois de grossesse. Je devrais être grosse comme une baleine. Je devrais finaliser la chambre de mon bébé. Je devrais essayer de convaincre mon amour que Clémentine c’est plus jolie que Gertrude (lol).

Les gens oublient mais 8 mois après la douleur est revenue. Toujours aussi vive. On a toutes (en tout cas moi) regardé les forums, parlé avec des copinautes enceintes en même temps que nous pendant quelques semaines.

Aujourd’hui les premières accouchent, les autres se réjouissent et moi j’ai le ventre vide.

Tout le monde a oublié, c’était l’année dernière.

Moi je sais que cet été sera un des pires de ma vie, que le mois de juillet sera long et difficile, que ma tristesse sera latente mais personne ne comprendra. Personne n’y pensera.

C’est un sujet plus que connu. La douleur des femmes ayant vécu une fc. C’est un sujet connu, que 9 mois après, la douleur revient. Que les dernières semaines de la grossesse qui fut interrompue sont douloureuses et traumatisantes. Pourtant aucun suivi n’est fait. Tous les psy de la terre vous le diront, toutes les maternités mais aucun suivi n’est fait. Rien n’est proposé au delà du moment de la fc.

Evidemment les centres de PMA (CECOS pour moi) sont débordés. Les fc sont courantes mais les psy sont là pour ça non ? Un agenda, le nom du dossier, la date prévue de l’accouchement. Un appel pour proposer un rendez-vous pour en parler. Parce que ça nous ferait du bien que quelqu’un vienne vers nous à ce moment là, parce qu’on n’a pas la force d’aller vers les autres. On se sent un peu bête de repartir dans le chagrin tant de mois après, on n’ose pas en parler.

Parce que c’était l’année dernière pour les autres. Parce que c’était il y a 8 mois pour moi.

Notre parcours : Entre deuils et (dés)espoirs…

C’est l’histoire de ma vie de fertile et d’infertile, de belle-mère et de mamange, de fausses couches et d’infertilité secondaire, de FIV et de toute la complication liée à la PMA…

Depuis que j’ai rencontré mon homme tout est allé très vite. En juin 2009 j’arrêtais la contraception et je tombais enceinte en août. Plutôt fertile la fille… Nous étions heureux et insouciants, tout marchait comme sur des roulettes.

J’allais passer de belle-mère à mère et faire de ma famille une belle famille recomposée unie.

Et puis un jour le drame nous tombe dessus : Au 6ème mois de grossesse je déclare une pré-éclampsie sévère qu’on appelle hellp-syndrome. Ma vie est en jeu et c’est un sauvetage maternel qu’il faut faire au plus vite. Malheureusement, mon petit garçon, trop petit à ce stade de la grossesse, naît sans vie. Il ne survit pas à cette césarienne d’urgence. Mon petit Léo est parti rejoindre les Anges.

C’est le début de l’enfer. La médecine m’a sauvé la vie, mais mon bébé n’était plus là. Mon corps vit, mais mon âme est morte depuis ce jour de janvier 2010.

Après tout un travail de deuil périnatal, des séances de psy, un congé maternité sans bébé, j’ai voulu recommencer les essais bébé. Nous nous disions que tout viendrait très vite comme pour la 1ère grossesse. Mais ce n’était pas le cas du tout : Après tout, mon corps devait se remettre de ce traumatisme et après une césarienne il est nécessaire de ne pas aller trop vite.

Je suis retombée enceinte 10 mois après le début des essais, en mars 2011. Le début de grossesse se passait bien et ne présageait pas le pire. C’est à 13 SA au moment de faire la déclaration de grossesse qu’on s’apérçoit que la grossesse s’est arrêtée. Le pire c’est que la grossesse s’était arrêtée 4 semaines auparavant sans même que je me rende compte : je vivais avec un embryon mort dans mon ventre et je n’ai même pas été capable de déceler ça. Pire, les médecins ne m’ont pas suivi comme ils auraient du le faire.

Le ciel nous tombe sur la tête. Vivre une fausse couche est une expérience douloureuse qu’on a tendance à banaliser. La souffrance est certes moins importante que celle de la perte de mon bébé, mais c’était tout comme. Et mon entourage ne comprenait pas. Il faut le vivre pour le comprendre.

Et toujours en parallèle, je remplissais chaque jour mon rôle de belle-mère en cachant à mes beaux-fils ma tristesse et mon désarroi pour ne pas les angoisser. Ils avaient déjà été traumatisés par la mort de leur demi-frère, il ne fallait pas en rajouter.

On ne s’est pas découragé pour autant. On redébute les essais 1 mois après le curetage. C’est à ce moment que je demande à mon gynéco une aide pour stimuler les ovaires. Le clomid fonctionne bien : je retombe enceinte en octobre 2011. Cette fois ma grossesse est hyper contrôlée avec échographie toutes les 2 semaines. C’est à 10 SA qu’on voit que l’activité cardiaque de l’embryon s’est arrêté. Je repasse par un curetage.

De nouveau, je sombre. Je passe par une période de dépression, ma vie n’a plus de sens, pourquoi le sort s’acharne contre nous ?

Je me remets sur pied 3 mois plus tard. Toujours en essais avec le clomid, mais cette fois ça ne fonctionne pas.

Autant mon gynéco était fort sympathique mais le bilan de FC qu’il m’a fait faire était incomplet. Selon lui, pas besoin d’hystérographie et d’hystéroscopie car j’étais déjà tombée enceinte donc il n’y a pas de problème du côté des trompes ni de l’utérus. Pour lui il fallait attendre, et passer aux IAC si le clomid ne fonctionnait pas.

Je change tout de même de gynéco pour avoir un 2ème avis médical… et j’ai eu raison. Je complète mon bilan en faisant une hystéroscopie qui révèle une infertilité secondaire. Mon utérus était rempli de synéchies : c’est la conséquence des curetages. En gros, les parois intérieures de l’utérus étaient collées entre elles donc la nidation ne pouvait pas se faire. J’aurais pu rester comme ça longtemps, et sans l’opération, il aurait été difficile de concevoir. Merci le nouveau gygy !

Une fois la levée des synéchies effectuée, les médecins sont confiants… nous aussi.

Je retombe enceinte naturellement 3 mois après, en septembre 2012 mais cette joie fût de courte durée car à 5 SA, une semaine après avoir eu mon test +, je perds du sang. C’est ma 3ème FC et c’est la première fois que ma FC est « naturelle ». Je laisse faire la nature, les HCG diminuent petit à petit. J’attends que mon cycle se remette en place… au bout d’un mois toujours pas de RDC et chose incroyable mon test de grossesse est positif ! Je suis tombée enceinte 15 jours après cette FC précoce!

Nous sommes ravis, même si angoissés.

C’est à 9 SA que, de nouveau, nous perdons l’activité cardiaque de cet embryon qui était en train de se développer.

C’en est trop : 5 grossesses, un bébé décédé et 4 FC.

Le gynéco me propose une FIV. Je rentre officiellement dans le monde de la PMA. Selon lui, la cause des FC à répétitions est inconnue. Mes examens sont tous Ok, il semblerait que mes ovocytes ne sont pas de bonne qualité. Alors pourquoi j’ai réussi à tenir mon fils pendant 6 mois ? aucune explication : le hellp syndrome est complétement indépendant des FC suivantes.

Ma FIV est prévue pour mars 2013. Ma pds est positive, mais c’est le début des complications : syndrome HSO (hysperstimulation ovarienne), puis ma grossesse s’arrête. On croit tous (les médecins et nous même) à une GNE. En fait, je faisais une GEU rare : le contour de l’œuf était resté dans l’utérus (enlevé par curetage car le cytotec n’a pas fonctionné) et les cellules issues de l’œuf se sont fait la malle à l’extérieur de mon utérus. Ces cellules se sont logées sur mon ovaire gauche et se développaient bien tranquillement sans me provoquer des saignements comme une GEU « classique ». L’amas de cellule, invisible à l’écho (seulement visible au doppler) était de la taille d’une balle de ping pong. J’ai donc été opérée en urgence (et à temps !) par coelioscopie et j’ai perdu ma trompe gauche.

Cette opération était un mal pour un bien : les médecins ont constaté que ma césarienne avait fait beaucoup de ravages : adhérences utérus-vessie, utérus-ovaire-intestins. Ils en ont profité pour tout décoller.

Était-ce une cause de FC ? Dans tous les cas, je suis certaine que cette césarienne a détraquée « la machine ».

Mon médecin me parle de FIV DO, surement car aucune cause d’infertilité n’a été identifiée : je n’ai pas d’OPK, je ne suis pas en insuffisance ovarienne, ma trompe droite est parfaite, mon utérus (intérieur et extérieur) est niquel, les zozos de mon mari ont une vitalité de 80% et sont plus que parfaits, les cariotypes sont bons, bilan sanguin et hormonal OK…

Les causes peuvent être :
– la mauvaise qualité ovocytaire
– la détérioration de mon appareil génital suite au gros traumatisme lié à ma césarienne et mon hellp-syndrome
– psychosomatique car l’aspect psychologique n’est pas négligeable après tout ce vécu dramatique

Avant d’envisager la FIV DO, nous tenterons une autre fIv ICSI en septembre 2013, et pourquoi pas une grossesse naturelle avant septembre (encore faut-il réussir)… au risque d’avoir de nouveau une FC.

Bref, je vis mon deuil, je vis entre espoirs et désepoirs, je vis dans ce monde de la PMA où :
– il faut trouver sa place,
– il faut accepter le monde médical,
– il faut subir la souffrance à même le corps,
– il faut apprendre à accepter les échecs
– le couple est mis à rude épreuve,
– il faut accepter le DO dont le patrimoine génétique ne sera pas le même que moi,
– il faut se poser la question de l’éventualité : « et si ça ne marche pas : on fait quoi ? »

En attendant, je « sur »vis depuis le décès de mon bébé… tout en vivant ma vie de belle-mère et de femme meurtrie par la tristesse de ne pas réussir à concevoir et surtout avec l’image de mon bébé qui aurait du avoir 3 ans cette année.

L’infertilité secondaire… Ou comment se faire entendre dire « fais pas chier, t’en as déjà un… »

Je vais avoir 30 ans cette année, j’ai un fils de 8 ans, et je ne vis pas avec mon homme pour le moment.

Voilà le tableau, et L’AMP pour moi, c’est comme qui dirait : « Dans ton c** ma belle ».

Saviez vous, les PMettes, qu’il existe sur Terre une catégorie de femmes (même infime) qui vous envie avec vos Puregon Pen, vos piquouses d’Ovitrelle, vos ovules d’Utro dégueulasses, vos ponctions, vos transferts, vos FIV, vos TEC, vos IAC ?

Oui, ces femmes qui vous envient, vous et vos malheurs, vos désagréments, vos espoirs souvent déçus, ce sont les nanas qui comme moi, ne peuvent prétendre au protocole AMP et restent sur le bord de la route, le ventre désespérément vide, pour cause de réglementation archi-stricte. (non les deux années de vie commune avec monsieur je ne les ai pas, les raisons ça nous regarde, et pourtant de l’amour et l’envie de notre bébé, ça nous l’avons…) Sauf que ça ne suffit pas.

J’ai toujours su que je n’étais pas hyper fertile (hérédité maternelle tout d’abord, règles tardives, corps peu formé, pas de seins, pas de hanches, kystes ovariens fonctionnels étant jeune, dysménorrhées…) et déjà à l’âge de 19 ans quand j’ai voulu mon premier enfant, je ne suis pas tombée enceinte entre C1 et C6 comme pourrait le laisser supposer mon jeune âge, mais à C18 ou C19. Et dire que j’avais osé trouver ça long à l’époque !! (ha jeunesse impatiente…)

Retour de manivelle, en lieu et guise de retour de couches, une pds positive… Du foutage de gu**** !! Le papa venait de me quitter, je n’avais ni la force ni l’envie de gérer seule deux enfants si proches en âge, et je voulais profiter sereinement de mon premier tant attendu et espéré. Alors j’ai honte de dévoiler ça ici à des nanas qui donneraient tout pour connaître le bonheur d’être enceinte, mais oui, j’ai avorté de cet enfant que je n’avais pas désiré.

Là vous vous dites, non mais qu’est-ce qu’elle fiche ici celle-là avec ses histoires d’IVG, elle a rien compris au film, c’est un blog d’infertiles ici. Oui mesdames, vous avez raison. Ou presque.

Les années passent, j’élève mon fils seule (enfin le papa est présent pour son fils mais c’est moi qui gère le quotidien), je rencontre mon homme. Nous sommes ensemble depuis maintenant 5 ans et demi. A l’époque je porte un DIU (un stérilet au cuivre), et une rupture de kyste hémorragique intra-ovarien lors d’un rapport m’amène directement aux urgences (aouille, ça fait mal). A cette occasion on constate que mon stérilet est complètement déplacé et ne sert en fait strictement à rien, on me le retire. (depuis quand s’est-il déplacé, et pourquoi, bizarrement, je ne suis jamais tombée enceinte depuis, mystère ?) Je dois en remettre un le mois suivant. Trois mois après, je n’ai toujours pas envie d’aller me faire trifouiller l’intérieur. Chéri non plus d’ailleurs, il préfère faire ça « nature ». Nous ne voulons pas encore d’enfant mais l’idée de remettre un jour un stérilet s’éloigne de plus en plus. C’était en juin 2009.

Je n’ai plus de contraceptif, le temps passe, et pourtant nous ne désirons pas encore avoir de bébé à cette époque, du moins, aucun de nous deux n’ose le verbaliser vraiment, notre situation est trop compliquée. Je me fie à ma première expérience (18 mois d’attente pour tomber enceinte) et je ne m’inquiète pas plus que ça les 18 premiers mois, je suis sûre que de toutes façons ça ne va pas marcher. L’échéance des 18 mois approche, puis elle est désormais dépassée. Et là d’un coup je stresse. Je ne veux pas avoir à avorter, je dois reprendre un contraceptif de toute urgence, plus les mois passent et plus le risque d’être enceinte devient grand. D’où la question : Veut-on réellement ce bébé ? Le jour où ça marche, sera t-on prêt à l’accueillir malgré notre situation encore un peu « compliquée » ? Nous sommes désormais en février 2011, mais mon homme ne parvient pas à poser des mots sur ses envies.

Alors, après presque deux ans de câlins « nature », je remet un stérilet. Pour un mois. Un putain de mois. C’était ce qu’il fallait pour le faire réagir et se décider. Oui il veut ce bébé avec moi, et oui j’enlève ce putain de stérilet, d’ailleurs on ne le supporte ni l’un ni l’autre.

Sauf que voilà, mes trompes, mon utérus ou je ne sais qui n’ont pas apprécié que j’aille me faire farfouiller les entrailles deux fois de suite, et tout ce que je gagne dans l’histoire, c’est une magnifique salpingite gauche. Une vraie, avec 40 de fièvre, une CRP de psychopathe, et une semaine d’hospitalisation en chirurgie sous péni. (D’ailleurs les urgences, merci d’avoir transmis que j’y suis allergique, grâce à vous je me chie littéralement dessus, et non madame, si ce n’est que ça on ne va pas modifier votre traitement, c’est pas grave si vous avez perdu le contrôle de vos sphincters et si vous faites caca sur vous et dans le lit… la honte… bref…)

Au bout d’une semaine, on me dit « vous êtes guérie », je sors. On ne m’a pas dit que ma trompe risquait d’être bouchée, on ne m’a pas dit que je devrai les faire contrôler plus tard. Juste que je suis guérie. Alors moi, en bonne coconne que je suis, je me dit que ça y est, on va pouvoir commencer vraiment les essais.

Juin 2012, dix jours après mes règles, je saigne encore. J’ai mal au ventre, surtout à droite. Urgences, pds. Taux à 221 ui. Je ne m’y attendais pas, j’avais eu mes règles, et de toutes façons ça pue le pâté cette histoire, si c’est un début de grossesse, il est sanglant. On passe quand même le week-end à espérer. Je sens tellement d’amour et d’attention dans son regard, je sais qu’il est prêt. Malgré le stress, nous passons un week-end plein d’amour, très proches.  24 heures plus tard, 212 ui. C’est mort, le taux ne double pas, je saigne encore. Fausse couche. Il faut contrôler la négativation des beta HCG.

Fausse-couche ? Non, ça serait trop simple. Le taux remonte. C’est donc une GEU madame, une p’tite piquouse de métho dans les fesses et on n’en parle plus. Bonne nouvelle, la GEU c’est à droite cette fois, histoire de me saloper un peu ma trompe restante. Youpi !!

Je pleure devant la gynéco, je lui dit ma déception, mon impatience. Réponse : Je suis jeune, j’ai le temps, tout va bien,  la preuve ça vient de marcher (ha bon, il est où mon bébé ?) et puis de toutes façons, j’ai déjà un enfant… (sous entendu, de quoi tu te plains ?!)

Merci, tu le dis si je dérange. C’est décidé, je change de gynéco.

Je me tourne vers un hôpital parisien très réputé, et miracle, nous sommes entendus. On annonce la couleur direct, inutile de nous proposer l’AMP, on ne rentre pas dans le cadre. Qu’importe, ils semblent décidés à nous aider. C’est parti pour les examens. Spermo de monsieur, nikel. (un grand moment dans la vie d’un couple le spermo, du rire, de la complicité, et encore du rire. Et deux gouttes à côté aussi) Hystérosalpingographie, coup dur. Hydrosalpinx gauche. Aucun brassage péritonéal de ce côté. A droite ça semble aller, mais avec la GEU, la gynéco doute quand même. Réserve ovarienne normale, pas de SOPK. Ouf !!! Je réclame un test de Hunher, mais apparemment la GEU de l’an dernier suffit à prouver que j’ai des glaires adéquates. (Perso, chaque mois je les cherche, et je n’ai pas encore trouvé l’ombre d’un blanc d’oeuf, mais bon, j’suis pas médecin…)

J’ai rendez-vous fin juin avec l’anesthésiste, et une plastie tubaire par coelioscopie ainsi qu’une hystéroscopie (pour vérifier la présence ou l’absence d’éventuels polypes) de prévues le 10 juillet. S’en suivra une stimulation simple par Clomid car mes courbes de tempé ne sont pas significatives, je n’atteins jamais les 37 degrés.

Je me dis que si j’étais restée là où j’étais suivie avant, je serai encore là à attendre, comme une cruche, pendant qu’on me dit « fais pas chier, t’en as déjà un… »

Oui mesdames les PMettes je vous envie, et oui je me sens punie d’avoir un jour avorté de mon petit locataire. J’ai le sentiment d’être punie pour ce que j’ai fait. Je lis vos blogs, vos joies, vos peines, vos attentes et vos déceptions, j’aimerai vous rejoindre au club des PMettes, je suis déjà comme vous abonnée au club des infertiles. Si la plastie tubaire et le Clomid ne suffisent pas, je n’ai plus de solution.

4 ans déjà sans contraceptif (sauf un malheureux mois) et toujours pas de bébé en vue. L’infertilité secondaire, c’est l’attente, la déception, et aussi un peu la honte de se plaindre que ça ne fonctionne pas, vu que « de quoi j’me plains, j’en ai déjà un… »

C’est quand le bonheur???

Avec mon chéri, nous nous sommes rencontrés il y a un peu plus de 8 ans et nous vivons ensemble depuis 5 ans. Très vite, nous nous sommes aperçus que nous avions beaucoup de choses en commun, la plus évidente est notre date de naissance. Pour la petite anecdote, nous sommes nés le même jour dans le même hôpital à seulement 4 heures d’intervalles. Nos mamans étaient probablement dans des chambres l’une à coté de l’autre, nous nous sommes même surement croisés alors que nous venions juste de naître. Nous étions donc faits pour nous rencontrer et vivre de beaux moments.

En janvier 2010 j’arrête ma pilule, un mois après je suis enceinte. Youpi !!! La vie est belle mais pour peu de temps. J’ai de fortes douleurs, je sens bien que quelque chose ne tourne pas rond. A la première écho faite en urgence, on m’annonce que je fais une GEU. A l’époque, je ne savais même pas que ça pouvait exister. Je me souviens encore des mots du gynéco « C’est foutu ». J’ai le droit à une injection de méthotrexate et je rentre chez moi. Trois jours plus tard je reviens aux urgences vers 21h00. Je fais une hémorragie. On me fait une cœlioscopie pour retirer l’embryon coincé dans ma trompe. Le lendemain, je sors sans explication sur ce qu’on m’a fait et je rentre à la maison. Un peu de soutien m’aurait fait beaucoup de bien à ce moment là.

Il nous a fallu un an pour être prêts à retenter. Nous sommes en avril 2011 lorsque j’arrête  de nouveau ma pilule. Un mois après, je suis à nouveau enceinte.

A la première écho, mon gynéco voit un « petit quelque chose » dans l’utérus. Il me donne une photo de l’écho.  Dès lors mes parents et beaux-parents sont au courant de la bonne nouvelle. Pendant deux jours nous sommes tous sur un petit nuage. Deux jours après, je refais une écho car j’ai de grosses douleurs, je refais une GEU. Je sais ce que c’est cette fois… Mon gynéco m’annonce qu’il est obligé de me retirer les deux trompes. Il ne veut pas prendre le risque que cela se reproduise. Le lendemain matin, je me fais opérer.

En septembre 2011, nous avons notre premier rendez-vous au CECOS. Le bilan est simple : super du côté de mon homme et moi, j’ai un puzzle incomplet, mais sachant que je suis tombée enceinte deux fois naturellement dès l’arrêt de la pilule, ça ne devrait pas être trop compliqué.

Hélas, rien n’est gagné en PMA. Je l’ai vite découvert.

Je fais une première FIV sans transfert en Février 2012. Pas grave, la prochaine sera la bonne. Nous recommençons en Octobre 2012. Deux embryons sont transférés. Je me dis que cette fois est la bonne mais non, la prise de sang est négative. J’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre. C’est si dur d’y croire, d’espérer, de se battre et « d’échouer ».

Nous refaisons une FIV en avril 2013.  5 ovocytes fécondés, 1 seul blastocyste à transférer. Le labo me dit qu’il est plutôt de bonne qualité donc on y croit dur comme fer. Je fais ma prise de sang le 27 Avril… Négatif !!!

Et là on se dit que la vie est injuste, on a juste envie de tout claquer, tout arrêter, d’arrêter de se battre.

A chaque fois j’éprouve un sentiment d’échec et de culpabilité.  Je me sens coupable de ne pas pouvoir « donner » un enfant à mon chéri, un petit-enfant à mes parents et beaux-parents, un neveu ou une nièce à mes sœurs. Je veux tellement être maman.

Toutes les personnes qui ont des enfants me disent qu’on peut vivre sans enfant. Facile à dire quand on en a un.

Je n’en peux plus de voir cette petite chambre vide tous les jours.

Je n’en peux plus des maladresses des gens.

Je n’en peux plus de me dire que je ne saurai peut-être jamais ce que c’est d’être maman.

Je n’en peux plus de m’entendre dire : « Arrête d’y penser »

Je n’en peux plus de compter les jours avant le prochain rendez-vous au CECOS

Je me dis que la 3ème FIV sera celle qui va faire de nous des parents.

On va essayer de mettre toutes les chances de notre côté : acupuncture, hypnose, vacances…pour que le cauchemar prenne fin et que le rêve devienne réalité.

Je n’ai pas les talents d’écriture de beaucoup d’entre vous, mais je voulais juste vous faire par de notre histoire…

Merci.

La vie continue

Doudou et moi nous sommes rencontrés en août 2008. J’avais 28 ans et lui 31. Quand on se rencontre un peu tard comme nous les sujets comme enfant et mariage arrivent un peu vite. Le mariage étant inconcevable pour lui (divorcé), l’enfant l’était visiblement moins ! 

J’ai donc arrêté la pilule en juin 2009 il me semble (les dates et moi … !).

On ne se pose pas trop de question, je suis réglée comme une horloge donc pas de raison de se faire du souci.

Malgré ça, mon expérience un peu amer du milieu médical et un pressentiment quelconque (je suis un peu poissarde comme fille) me font consulter un gygy en mars 2010. Sachant que les gygys sont souvent long à la détente j’exagère un peu mon délai d’arrêt pilule mais en fait pas besoin, super gygy me prescrit illico un test de huhner.

Et là c’est le drame n°1 (oui il faut les numéroter en fait, on fini par l’apprendre assez vite !) : « vous avez vraiment fait des cochonneries hier ? » …. Heu bein oui j’y étais il me semble ! Verdict : elle ne voit pas de zozo mobile ou peu. Cette gygy n’est pas du tout spécialisée en infertilité et ne cherche pas à l’être. Elle nous dit cash : il y a un problème, je vous envoie en PMA parce que moi je n’y connais rien. On ne la remerciera jamais assez de nous avoir expédiés aussi vite en PMA. Un médecin qui avoue son incompétence direct c’est juste formidable dans notre parcours !

Doudou un peu effondré, moi encore pleine d’espoir (et puis il faut bien compenser, c’est ça un couple, il faut qu’un des deux aille bien, c’est la règle).

Direction la PMA et le docteur M. (que j’aimerais beaucoup citer parce qu’elle aussi a été formidable).

Et hop c’est parti : PDS, spermogramme, caryotype, écho et hop on se met cul nu à tire larigot c’est la fête du slip !

Verdit OATS sévère pour mon chéri (très très sévère…). Nouvelle baffe mais miracle, l’ICSI est là !

A ce moment là j’avoue que je ne me souviens pas qu’on m’ai parlé d’un quelconque problème venant de moi alors tous les espoirs étaient permis. Je suis d’un naturel « that’s life » et puis je ne vais pas me tirer une balle non plus hein ? Alors on fonce.

FIV 1 (ou plutôt stim 1). Je fais venir les infirmières tout va bien… 1ère écho … hum hum bof bof mais je me dis que c’est la première pas de problème. Echo avant la ponction pas de fofo ou alors 1 de chaque côté et pas grand et pas beau. Bref, ponction annulée. Là c’est le drame n°2, le moment où je réalise que ça pue vraiment, que quelque chose déconne et que ce n’est sûrement pas le côté OATS de doudou en définitive. Crise de larme entre l’hôpital et le taf (bah oui il faut travailler quand même), appel à doudou aussi effondré que moi, à quelques kilomètres de là mais qui ne peut rien faire pour moi je dois aller bosser…

On revoit notre docteur M. la fabuleuse. Elle n’y va pas par 4 chemins, je me rends compte avec le temps qu’elle se doutait du résultat car elle m’avait déjà demandé de faire mon AMH mais moi à l’époque l’AMH je ne savais pas ce que c’était et elle ne nous avait rien dit. C’était une analyse parmi les autres.

Elle nous apprend donc que quoiqu’on fasse comme stim elles échoueront car je suis en insuffisance ovarienne précoce. C’est fini pour nous rien à faire. Ce sera soit l’adoption soit le don d’ovocyte. Elle dit ça à la fois cash et compatissante, bref super médecin.

Elle nous laisse bien sûr le choix (oui, avec elle c’est nous qui choisissons). On n’est pas prêt à abandonner après 1 seul essai alors on demande de recommencer avec un autre protocole. Aussitôt demandé aussitôt fait. Elle est ok et nous donne toutes les ordonnances illico : commencez tout de suite, peut être qu’avec 2 stim de suite ça peut aider. Je l’embrasserai ! Elle est super !

1ère écho petit espoir : quelques fofos. On retrouve le sourire, on est super heureux. 2ème écho+pds : 3 fofos mais les pds sont mauvaises : ils sont vides ou les ovocytes de mauvaises qualité. Nous voilà au drame n°3. Je m’en souviens comme si c’était hier. Cette fois doudou m’avait accompagné, il faisait un temps splendide, c’était au mois de mai 2011. On est allé au marché parce qu’on n’avait pas la force de conduire jusqu’à la maison. On a erré comme des zombies, je pleurais, je me calmais, je re pleurais. Puis on est rentré, on a mis la musique à fond, on a bu, on a fumé, on a pleuré et … on a jardiné ! Oui, on est comme ça doudou et moi. La vie est précieuse et notre amour encore plus, il fait beau, on trouvera une solution, on verra bien mais nous on est des fous, on a acheté une maison démesurée avec un terrain démesuré paumé à la campagne pour élever nos enfant, on s’aime à la folie alors on trouvera une solution comme pour tous nos problèmes parce qu’à un problème il y a toujours des tas de solutions.

J’étais contre le don d’ovocyte mais quand c’est devenu notre seule solution, croyez moi j’y ai bien réfléchi et j’ai changé d’avis. C’est fou comme les certitudes sont ébranlées dans ces moments là. Soutenue à 200% par ma meilleure amie et ma sœur adorée, on fonce.

Notre docteur M. nous dirige donc vers 2 CECOS. Ouai parce que notre docteur M. c’est une killeuse qui se fiche des règles ! Inscription dans 1 seul CECOS ? On s’en tape, je vous fais un courrier pour les deux et vous garder ça pour vous. Si vous voulez partir à l’étranger revenez me voir. Je la kiffe !

Rendez-vous pris pour les 2 fin 2011. On vit, on rénove notre maison, on s’aime, on prépare notre mariage.

Octobre 2012 1ère FIV DO. Encore une fois on tombe sur un super docteur (oui on est des chanceux je sais). Tout roule, très pro, très à l’écoute, bon suivi, bon protocole, personnel super. Transfert de 2 brybry le 11 octobre et c’est ++++ ! Voilà, il suffisait d’y croire et c’est tout ! Pfff le DO ! Une routine pour nous !

Echo fin octobre par ma gygy qui est ravie pour nous. Un joli cœur qui bat ! Aucun doute tout roule !

Echo fin novembre chez un échographe. Confiant, heureux. Nous voici au drame n°4. Bébé n’est plus. Il a arrêté d’évoluer c’est fini. Pas d’explication, l’échographe est juste effondré pour nous vu notre parcours. Bienvenu dans les 20% de fc précoce.

Mais bébé est bien où il est et à lire les expériences des filles ayant pris le fameux médicament de la mort je dis non. Merci mais j’en ai assez bavé, votre médicament vous le bouffez vous-même, moi je veux un curetage. Gygy comprend et me fait une super lettre de motivation pour l’hôpital.

Là bas un cauchemar ! Nouveau service maternité, il faut appuyer sur un interphone pour entrer (aux urgences !!) et dire ce qu’il y a avec d’autres personnes derrière vous (super confidentialité). On entre dans une grande salle d’attente sans aucun médecin. Les médecins sont de l’autre côté d’une porte battante infranchissable. Personne ne vient voir si vous allez bien, si vous n’êtes pas à l’agonie, si vous ne pissez pas le sang ! Et vous attendez avec à côté de vous une nana qui vient pour sa visite du 3ème trimestre, une autre qui est en pleine fc au bord de l’évanouissement … une honte et ça s’appelle les urgences maternité !

On vient m’appeler et une petite étudiante m’amène de l’autre côté de la porte et s’arrête là, debout avec un bloc de post it dans la main. Vous êtes qui ? Vous venez pour quoi ? Je viens parce que je suis enceinte mais mon bébé n’est plus. Vous voulez quoi ? Bah qu’on me l’enlève !!! Ah oui. Hop je retourne dans la salle d’attente. Ensuite on revient me chercher, on me fait une écho pour vérifier et on me propose le médicament. Je lui dis ok si vous me garantissez que c’est 100% efficace sans risque de curetage derrière. « ah non je ne peux pas ». Ok alors curetage merci.

Programmé 3 jours après. Sans douleur, personnel super, moi en larme du début à la fin et c’est fini. Inévitablement il y a les gens qui disent on est là mais qui ne le sont pas, la famille qui suit ça à 300 km, certains effondrés, d’autres rien à foutre….bref.

La vie recommence, en attendant on se mobilise avec des copinautes, on passe sur France 3, dans Ouest France, on fait une réunion d’information. C’est quoi le DO, c’est qui une donneuse etc etc …

Et oui parce que dans le DO il y a les donneuses. Celles grâce à qui on peut espérer. Il y a celles qu’on ne connaît pas, il y a celle qui vous fait avancer dans la longue liste d’attente. Moi j’ai 2 fées ! Une dans chaque CECOS. Mes miracles à moi sans qui je ne continuerais pas, sans qui j’aurais tout abandonné parce que sans donneuse c’est le parcours du combattant, celles qui me soutiennent à chaque instant encore aujourd’hui.

Car j’ai eu ma FIV DO n°2. Celle-ci dans mon 2ème CECOS. Celui qui a fait tomber la balance de la chance de l’autre côté. Le médecin à 6 mois de la retraite qui se fou de tout, le médecin bien gentil mais qui prend ça par-dessus la jambe. Le médecin qui prescrit un protocole bidon, un médecin à cause de qui je suis sous traitement depuis mi-février 2013 pour un transfert il y a 10 jours ! Un médecin qui est contre l’implantation de 2 embryons (on a bien insisté).

Hier le résultat était négatif. Vous avez gagné le droit de rejouer.

J’ai donc appelé mon super copain le docteur (et oui la retraite c’est à la rentrée, il est toujours là). Une petite anecdote pour finir ? Il m’a dit ok, vous avez 2 ovocytes vitrifiés. Dès que vous avez vos règles on recommence avec le protocole X.

Là je me dis que c’est une blague car devinez quoi ? Le protocole X c’est le protocole qui ne fonctionne pas sur moi. Qui n’a pas fonctionné en PMA, qui n’a pas fonctionné en mars avec lui. Mais il insiste, il recommence. Un protocole qui fonctionne dans 80% des cas mais je fais partie des 20%, je le sais, il le sait mais il s’en fou !

Je suis donc repartie pour 4 mois de traitement : le protocole X qui va échouer, il faudra finir le protocole, provoquer mes règles et repartir sur le protocole Y qui a fait ses preuves donc un été sous traitement pour un transfert à la rentrée. C’est pas beau la vie ?

C’est injuste mais c’est comme ça, on n’aura pas toutes des enfants que ce soit par choix ou pas. Oui c’est toujours gentil les commentaires : mais tu vas y arriver, la prochaine fois sera la bonne. Je sais que l’intention est bonne mais ça reste un mensonge car non, nous n’aurons pas toutes un enfant. Oui certaines d’entre nous resteront sur le bord de la route. On en connaît toute et la prochaine c’est peut être moi.

Alors entre chaque essai on vit avec et s’il le faut je vivrais avec toute ma vie parce que ce n’est pas moi qui décide visiblement (celle qui me parle de dieu je hurle ! lol).

On se bat pour beaucoup de chose dans la vie, ce sera un combat de plus et si on perd et bien c’est comme ça. La vie continue.

En nous, a jamais (et DHEA)

Un an après notre rencontre, nous avons décidé de faire un enfant ; nous l’avons décidé un dimanche après midi… j’étais sur un nuage… Je flottais… je souriais à la terre entière .

Notre quotidien a vite été rythmé par des courbes de température , de tests d’ovulation, de x dpo ..

Jusqu’au jour ou nous avons prit les, choses en main car nous sentions que quelque chose n allait pas.
Après les examens de convenance , le verdict… ! fiv icsi ! Mais nous nous y attendions, on avait tout lu ou presque sur les méthodes existantes.

Nous avons commencé les protocoles avec une assurance certaine ! Avec la certitude d’une annonce de grossesse dans les semaines à venir.
Quand j y pense ! Personne pour nous expliquer les difficultés du parcours et surtout sa réalité.
Nous étions les rois du monde !
Fiv 1 échec… Euh pardon ? pds négatif ? Je ne comprends pas ?
Fiv 2 échec.. Pas de transfert ! Pardon ? Il se passe quoi exactement ?

Nous commencions a comprendre que cela n’était pas si facile que ça !!!
Je ravalais ma solide assurance,

Nous avions des soucis quant a la qualités ovocytaires et embryonnaires. Que faire afin d’y remédier ? Quelques compléments pour Monsieur et Madame.

Fiv 2 bis , échec … Je ressens un changement en moi, je commence a comprendre que je dois éventuellement me préparer a ne pas avoir d’enfant, la solitude m’envahit, plus personne ne me comprend et vice versa, j’ai l’impression d’avoir mûrie de 10 ans. Je mène le combat de la vie ! De notre vie ! Celui de donner la vie !
Je deviens triste, les mois passent.. Les gens s’éloignent , je m’en éloigne également, je n’ai plus la force de me justifier de vouloir un enfant. Pourquoi devoir se justifier ? Je ne fais en rien un caprice !

FIV3 , là j’explose le record à la ponction 16 ovocytes contre 8 d’habitude ! 9 embryons ! 4 au frais !
Je reprends goût au combat ! La dhea ! J’en suis sûre ! Elle a fait des merveilles sur moi !
mais…. Malheureusement soldé d’ un échec !

Je tiens le coup pour mes 4 petits au frais… Ils sont là et m’attendent !

J’attaque le protocole du Tec un peu désorientée d’ailleurs ! Trop d’habitudes en protocole fiv.
Moins agressif ! Je me sens mieux et bien !

Le 10eme jour arrive, Je me souviendrais toujours de mon appel au laboratoire, le jour de cette pds ! J’étais fière de moi , j’avais résister a l’appel des TG !! De l’autre bout du fil j’entends « c’est positif Madame »  » Pardon ? Vous vous trompez ! Je suis Madame M , vérifiez  »  » Oui oui je sais mais je vous confirme c’est positif ! »

Je n’en revenais pas ! Moi ? Positif ? Comment est ce possible ! ? Je m’étais faite a l’idée d’un négatif !

Je sors de la chambre en hurlant, je cours vers mon mari ! « C’est positif, c’est positif ! » .

Lui cours vers moi ! Avec le bruit ambiant, la télé, moi qui criait !

Il me dit quoi ?  » qu’est ce qu’elle a Milady ? Qu’est ce qu’il y a ? Elle a quoi Milady ? !! ??
En panique.

(Milady est notre vieux chat, elle a 19 ans !! Rire.) Milady -Positif, tout s’est emmêlé dans sa tête.

« Heing ? Quoi ? Quel rapport avec Milady ?? C’est positif !!! La prise de sang ! C’est positif !

Il était bouche bée !! Et là ! j ai vu son visage se transformer pour la première fois avec ce merveilleux sourire….

Je me suis senti à lui pour toujours à ce moment là ! Imprégné de nous, et pour cause !
Notre petit chou s’est accroché ! Il est là en moi ! Nous planons ! Ce sourire ne nous quitte plus.

Nous sommes sur la réserve avec cette fameuse phrase qui hante tous les couples PMA
« On ne s ’emballe pas ! »
La PMA nous enlève tout ça ! Cette insouciance, ce droit au bonheur d’une annonce de grossesse…
Le taux n’est pas bon, on se prépare, on y croit, on refuse le pire, on lit toutes les histoires extraordinaires du net des couples avec un taux faible. On reprend espoir..
Mais très vite, l’évidence nous rattrape … Le désespoir, Pourquoi ? La vie ne peut pas nous faire un tel cadeau et nous le reprendre ? Cela ne se passe pas comme cela dans la vie ? Si ?

Le 24 décembre 2012, fut le pire Noël de notre vie ! Il a fallut que cela arrive ce jour là !

J’hurlais de douleur dans la salle de bain, j’essayais d’être digne ce jour là devant mes invités.

Je me suis écroulée le lendemain… J’ai perdu le goût, mes forces, mon amour.

Que puis je faire pour dire au revoir au petit souffle de vie que j’ai eu en moi ?

Cette période a été très difficile et dévastateur.

A nouveau , nous nous sommes retrouvés seuls face a cette situation, sans savoir comment réagir. Sans savoir comment nous préserver, une terrible épreuve pour le couple .

J’avais l’impression de perdre la raison face a cet immense chagrin.

Je ne pense pas, que l’on se remette d’une fausse couche, c’est en nous.
On apprend a vivre avec… Tout simplement… En silence….

Il y a un manque évident d’accompagnement pour les couples qui traversent l’épreuve de la fc.

Certains couples ne sont pas à l’aise avec un/une psychologue.

Pourrions-nous imaginer un accompagnement autre, mais obligatoire, vers des médecines naturelles comme la sophrologie ? L’hypnose ? En place dans les PMA ?