Autorisations d’absences, elles infusent un peu partout

Un dernier article, avant les vacances, concernant les autorisations d’absences pour protocole de soins en AMP.

Des adhérents de l’association, nous ont récemment informés de la mise en application de ce droit dans leurs emplois respectifs. Deux exemples qui démontrent, qu’il faut en parler pour que les choses changent. Nos deux adhérents l’ont fait :

  • A la direction départementale des finances publiques du Calvados. Une note de service a été diffusé aux cadres et aux agents leur indiquant la marche à suivre pour bénéficier de ce droit. De plus, le syndicat FO Finances a fait un article dans sa lettre d’information du mois de mai, à ce sujet. Si vous travaillez donc dans une autre direction des finances publiques et que ce droit n’est pas encore mis en place, n’hésitez plus à en parler.

 

  • Dans la fonction publique territoriale du Nord, la personne formule auprès de sa hiérarchie direct son souhait de savoir comment peut s’appliquer la toute récente circulaire ministérielle. La DRH ne connaissait pas cette circulaire et lui répond : « c’est juste une circulaire du ministère qui explique la possibilité donnée aux agents de s’absenter. Mais actuellement, ce n’est pas utilisable chez nous« . Pour rappel, des départements et des hôpitaux ont déjà mis en place ce droit…. Qu’a cela ne tienne la dame convaincue de la nécessité de faire bouger ce qui ne veut pas bouger. Profitant d’un travail qui venait de s’engager concernant la lutte contre l’absentéisme, elle contact la personne responsable de ce projet, explique la situation et obtient deux jours plus tard qu’une note de service soit envoyé à tous les cadres les informant que la circulaire autorisant les agents de la fonction publique à s’absenter pour protocole de soins en AMP soit applicable immédiatement et aux 8 000 agents ! On ne peut que se réjouir de ce résultat, comme quoi il est important, même lorsque rien ne parait gagné de continuer à faire valoir ses droits. Et lorsque en plus, cela permet à autant de gens de pouvoir en bénéficier aussi, à la satisfaction personnelle, s’ajoute le plaisir de l’engagement pour les autres aussi.

Vous aimeriez faire bouger les choses dans votre entreprise ou votre collectivité ? Nous tenons à la disposition de nos adhérents un dossier complet qui vous permet d’avoir des arguments tout prêts pour convaincre votre hiérarchie ou votre patron.

Nous attendions aussi une confirmation juridique, sur la question des déplacements qui restent un peu dans le flou en fonction des contextes professionnels. Cette confirmation est arrivée récemment. Nous allons envoyer le dossier actualisé à tous nos adhérents.

N’oubliez pas non plus de prendre contact avec le syndicat de votre choix qui peut aussi vous aider dans ces démarches auprès de votre hiérarchie, si vous ne voulez pas faire ça en votre nom.

Si vous avez d’autres exemples n’hésitez pas à partager.

Enfin, nous avons des affiches et des flyers qui présentent ce nouveau droit, si vous voulez en imprimer ou en recevoir pour distribuer autour de chez vous, c’est possible aussi ! Envoyez nous un mail à collectif@bamp.fr

 

Naprotechnologie

J’ai longtemps hésité avant de rédiger et d’envoyer ce témoignages. Je me balade sur le BAMP avec la désagréable impression de ne pas y avoir ma place (n’y voyez pas une critique, juste un sentiment perso, un sentiment d’ex-miniPMette) Je vous l’envoie ce témoignage après tout, vous le publierez ou pas. Je crois que mon objectif n’est pas d’être lue mais peut être juste entendue par d’autres parents en souffrance. Comme moi. Et puis écrire ça soulage, ça fait du bien, ça fait pleurer … bref c’est bon pour le moral quand même.

Je suis une maman mais je ne suis pas une maman.
Je suis une PMette mais je ne suis pas une PMette.
Je suis en mal d’enfant et il n’y a pas de « mais »
Je suis dans un espace vide entre ces deux situations un vide intersidéral.
Des cycles irrégulier, une forte prise de poids et un syndromes des ovaires polykistiques diagnostiqué à 18 ans, une pilule arrêtée à 28 ans, un bébé qui ne vient pas, vous connaissez le début de l’histoire.
Et pourtant je ne suis pas une PMette parce qu’il ne m’a fallut que deux tout petit mois d’une simple stimulation ovarienne pour réussir à être enceinte. Deux mois seulement, c’est tellement court que j’ai honte de le dire. Pourtant ça n’a pas été simple. Deux mois difficile et douloureux, j’ai fait tous les effets indésirables et plus encore. Alors deux court mois en effet, mais bon sang que ce fut long à supporter. Et puis je suis tombée enceinte. Les 3 premiers mois se passent entre nausées et sentiment que quelque chose va mal. Je le sais, je le sens il y a quelque chose qui cloche. C’est plus fort que moi. Et la première écho me donnera raison. Trisomie 18. Une putain de saloperie de trisomie 18. Ma fille va mourir suite à l’IMG, suite à sa naissance ou dans mon ventre mais d’une manière ou d’une autre elle mourra sans avoir de longue vie belle et heureuse. Alors nous décidons de continuer cette grossesse.Je vous épargne les difficultés de la grossesse et le personnel soignant qui fut en dessous de tout. Ma fille est née sans vie à 36 SA. J’étais allée au bout, j’ai accouché. Mais je ne suis pas une maman. Pas de bébé, rien, nada.

Pourtant il y a de l’espoir, mes cycles sont enfin réguliers depuis mon accouchement. J’ai beaucoup maigri, le moral est bon malgré tout.
Mais le temps passe, l’espoir s’amenuise et après 2 ans rebelote. Retour à la case PMA. Entre temps nous avons déménagé, j’ai donc changé de gynéco. Personne n’est capable d’expliquer pourquoi il n’y a pas de nouvelle grossesse (a part les connasses qui tombent enceinte en regardant leur mari et qui te disent que tu y penses trop…) Nouveau protocole de stimulation. Tient ? De l’urticaire, je l’avais pas fait celui là d’effet indésirable, tient hyperstimulation, celui là non plus je connaissais pas. Deux protocoles débutés, deux tentatives avortées avec un seul conseil de la gynéco: Protégez vous, ne prenez pas le risque d’une grossesse multiple.

Quel est le comble pour une femme infertile ? Qu’elle n’ait pas le droit de faire l’amour pendant un protocole de stimulation. Sans déconner. Une gynéco en dessous de tout. J’ai tout largué, tout arrêté (sauf le mari) et nous avons entamé une procédure d’adoption et obtenu notre agrément. J’ai bêtement cru que ces démarches allaient peut être débloquer quelque chose, j’avais rencontré d’autres connasses qui connaissaient quelqu’un qui connaissaient quelqu’un qui … (vous connaissez la suite)
Mais non, ce satané berceau que nous n’avons toujours pas acheté reste terriblement vide et mes bras également.

Aujourd’hui nous testons la naprotechnologie. Méthode américaine assez peu connue en france. Bon a voir si ça marche ou pas, je reviendrais vous dire ça. La différence avec la médecine: monsieur est impliqué, et vient à tous les rendez vous avec la monitrice. Ce qui m’a attiré vers eux ? Ils cherchent et soignent la cause  lieu de provoquer une ovulation. Mais il ne faut pas être pressé.
En gros: on décortique ton cycle, et à travers ça et des examens bien sur, ils essaient de savoir pourquoi ça ne va pas. J’étais hyper optimiste en allant à notre premier rendez-vous, j’ai un peu déchanté devant le temps que ça prend, les bilans sanguins à faire, les cachetons à avaler. Mais je n’ai aucun effet indésirable pour le moment, la présence de monsieur est apaisante, notre monitrice est très gentille, patiente (et pas loin de chez nous) mais surtout j’ai l’impression de participer activement à la conception de ce bébé contrairement à la médecine qui me donnait l’impression de n’être qu’un utérus

Et voilà j’en suis là, notre rdv avec le médecin spécialisé en napro aura lieu courant juillet, je sais que je ne retournerais jamais en PMA. Ce chemin là n’est pas moi.
Mais je vais bien, notre projet d’adoption suit son cours, et si j’ai parfois du mal a gérer cette absence de berceau, que je ne peux m’empêcher de m’interroger sur mes copines jeunes mariées qui optent pour un jus de fruit au lieu de l’habituel verre de rouge, je vais bien.

Joe