Langes de verre « La très véridique histoire de l’enfant qui ne voulait pas naître »

Langes de verre « La très véridique histoire de l’enfant qui ne voulait pas naître »

Emmanuelle et Estelle, ont lu ce livre et elles vous donnent leur point de vue

A l’heure où le gouvernement réfléchit à la manière d’inscrire dans le droit l’origine des enfants nés de la procréation médicalement assistée avec don, ce livre entre en résonance avec  ce projet :  c’est l’expérience d’une femme qui, bien que mariée, a fait un enfant « toute seule » en raison de l’indifférence et du refus de son mari de  s’engager et de l’accompagner dans  un  processus médical long et difficile.

Langes de verre, c’est l’histoire d’une femme bientôt quadra qui essaie de devenir maman depuis plusieurs années. Entre les visites médicales en métropole et les périodes de mobilité professionnelle à l’étranger de son mari qu’elle suit, l’auteure raconte son parcours, les difficultés du couple et celles liées aux différences culturelles et géographiques.

On y découvre plusieurs passages du parcours dont l’insémination avec don gamète (spermatozoïdes).

Par moment, narratrice et auteure se confondent. A d’autres moments, c’est le futur enfant qui interpelle sa mère. Le récit est ponctué de nombreuses interrogations sans réponse. Il est également entrecoupé de citations et d’envolées lyriques, ce qui donne une lecture rythmée.

Le désir d’enfant tourne à l’obsession et masque d’autres aspects importants de nos vies. La souffrance et la solitude de l’auteure sont perceptibles. On imagine combien l’arrivée du fils miracle a dû apporter joie et délivrance.

A la question pourquoi avez-vous écrit ce livre ? L’auteure Anne-Marie Perreau répond :

«C’est la divulgation d’un secret de famille qu’il est très souvent difficile d’exposer de vive-voix. : Les non-dits sont les maîtres silencieux de nos destins. On a souvent peur de parler.  L’écrire et plus facile

La question du débat est posée.

Un thème important est la mésentente du couple, qui ne s’arrange pas avec les difficultés liées à l’infertilité, l’auteure a mené son combat seule …D’entrée de jeu, l’auteure faisant preuve de lucidité, elle s’explique quant à son choix de vie maritale d’alors mais n’excuse pas l’attitude passive de son mari face aux difficultés rencontrées, ni son absence de soutien quant aux démarches médicales.

L’autre thème abordé concerne l’affection reportée sur les animaux domestiques. Dans son récit, un petit chien est adopté après un simple et affectueux échange de regard. Puis le vide de l’enfant qui n’est pas là est comblé par la présence animale.

Enfin, le dernier thème intéressant dans cet ouvrage est cette autre vision et manière de résoudre les problèmes d’infertilité, suggérée par Jospéhine la voisine camerounaise. Les croyances, les solutions sont évidemment différentes selon l’endroit du globe où l’on vit.  Ce récit rappelle qu’on est le fruit d’une culture collective et contextuelle.

Le récit se passe dans les années 80.

Autre temps, autres mœurs….

A l’époque actuelle, l’auteure aurait peut-être franchi le pas vers une maternité en solo ?

Emmanuelle & Estelle

 

Pour plus d’informations sur ce livre c’est par ici sur le site BABELIO

TOULOUSE ! Ça va BAMPer en Haute-Garonne !

Reprise des rencontres à Toulouse !
Joséphine vous propose la date du samedi 25 mai à 14h pour venir échanger autour de l’infertilité !

Rencontre Toulouse

Renseignements/inscriptions : collectifbamp82@gmail.com

Reprise des rencontres dans le Pacifique !

Notre référente à Nouméa reprend du service !
Retrouvez Déborah pour échanger autour de l’infertilité, en petit groupe.

RDV est donné le mardi 30 avril à 19h (heure locale)

 

Inscription via le groupe Facebook « BAMP Nouméa » ou collectifbampnoumea@gmail.com

Rencontre Nouméa

« Mon arbre pour la vie », un beau projet à découvrir

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir un beau projet, créatif, original et bienveillant, tout ce dont nous avons besoin en parcours d’amp : « Mon arbre pour la vie ».

C’est à la fois un objet, un état d’esprit, des séances de relaxation, de la créativité, un support d’expression, une trace des parcours d’AMP. Lorsque Aurélie nous a présenté son projet, nous nous sommes dis : « un peu de douceur, de créativité, dans le monde souvent difficile de l’infertilité, et du recours à l’AMP ». La symbolique de l’arbre est très belle et pleine de sens pour nous qui voyons nos parcours de vie, marqués par les affres de l’infertilité, les réussites et les échecs de l’amp. Comment garder le cap, comment ne pas perdre le sens de la vie, du projet de parentalité, comment garder une trace ? « Mon arbre pour la vie » propose de vous aider à faire tout cela et bien plus encore.

 

Inventé et réalisé par Aurélie, nous lui laissons la parole :

« Mon Arbre pour la Vie propose deux outils pour soutenir d’une manière spirituelle, symbolique et poétique toutes celles et ceux qui vivent le parcours hors normes de la PMA. 
Le premier outil est une affiche-arbre à personnaliser grâce à des décalcomanies et selon son propre parcours. Chaque arbre devient donc unique et représentatif d’une histoire et d’un chemin de vie. Le vôtre. L’affiche-arbre vous apporte une prise de recul sur votre histoire, vous soutien face au temps qui passe, vous invite à porter un regard symbolique et spirituel sur la PMA. Elle vous permet également d’extérioriser poétiquement vos difficultés, de laisser une trace positive de ce parcours et de raconter votre histoire tout simplement. 


Le deuxième outil est un programme de méditation intitulé « Accueillir la vie ». Ce programme est composé de séances dédiées au parcours PMA. Ces séances mélangent des techniques de visualisation, de respiration, de sophrologie… sur des thèmes tels que : « Pourquoi méditer en parcours PMA ? », « Rester ancré(e) sur ses ressources? », « être soutenu(e) et vivre sereinement la période post-transfert jusqu’au résultat »…Ces méditations vous apporte au quotidien de la PMA, une présence apaisante et bienveillante, qui connaît ce que vous ressentez et vous aide à avancer le plus sereinement possible. 
Deux outils qui trouvent une place essentielle au côté d’un parcours 100% médicalisé. »


Alors aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir ce projet dans son intégralité sur www.monarbrepourlavie.fr et sur le compte instagram @pma.monabrepourlavie

Ce projet est beau et inspirant, mais il est aussi généreux, car Aurélie nous propose de reverser un euros à notre association, sur chaque vente qu’elle va réaliser. Donc un GRAND MERCI pour ces futurs dons. 

 

 

#poésie #sérénité #réalité #créativité #arbre #symbole #accompagnement #soutien #beau

DON DE GAMETES : une enquête nationale inédite et incontournable !

Inédite, nécessaire, historique, incontournable, ambitieuse voilà les qualificatifs que nous portons sur cette enquête au sujet de l’information du mode de conception pour les enfants nés via un don de gamètes. Enquête qui a été mise en ligne lundi 8 avril. 
 
Nous l’espérions, nous l’attendions cette étude sur la question de l’information des personnes nées via un don de gamètes.
 
Car si pour notre association il est évident que les parents et futurs parents d’aujourd’hui, dans leur grande majorité, informent leurs enfants ou veulent les informer sur leur mode de conception, nous n’avions que les chiffres relatifs à de petites cohortes (moins de 100 familles interrogées). Bien que les études Toulousaines, Marseillaises de ces dernières années, sur des petites cohortes de familles, indiquent clairement un fort pourcentage de parents qui informent ou souhaitent informer leur enfants du mode de conception. Une étude d’une plus grande ampleur était nécessaire.  Pour la dernière enquête Toulousaine présentée en septembre 2018 au congrès FFER, ce sont 96 couples qui ont participé à l’étude. Les résultats vont donc dans le sens que nous voyons dans notre expérience associative les parents d’enfants nés via un don de gamètes parlent de la stérilité, du mode de conception à leurs enfants : « 49% des parents du groupe ICSI ont informé leur enfant majoritairement à partir de l’âge de 10 ans alors que 74% des parents IAD l’ont fait avant l’âge de 6 ans. Au total 88% des couples ont levé ou ont l’intention de lever le secret pour le groupe ICSI contre 82% dans le groupe IAD. Comparée aux publication internationales, notre enquête révèle un taux d’information du mode de conception élevé dans la population étudiée. Ceci est en accord avec deux études récentes françaises démontrant une plus grande évolution vers la levée du secret ». Source (Nadjet NOURI) FFER 2018
 
Cette nouvelle étude nationale qui vient d’être lancée par l’assistance publique des hôpitaux de Marseille et le CECOS , via une plateforme publique de questionnaires en ligne (questionnaire parents, et questionnaire adultes nés via un don) à pour ambition de récolter un très grand nombre de réponses. Tant des parents d’enfants nés via un don de gamètes que des personnes adultes nées via un don et cela sur plusieurs générations. Donc si vous avez eu vos enfants, il y a plusieurs années cette enquête est aussi pour vous. Il en est de même si vous êtes un adulte d’au moins 18 ans, nés via un don de gamètes.
 
Mercredi 10 avril, nous avons pu discuter de cette étude avec le docteur Catherine METLZER-GUILLEMAIN responsable de cette enquête et du CECOS de Marseille. Nous lui avons dis notre joie, notre enthousiasme et notre grand intérêt pour cette enquête. Nous vous invitons vraiment à remplir ce questionnaire qui est très court, pour que les résultats puissent refléter le plus précisément possible la question de l’information des enfants nés via un don de gamètes en France.  L’enquête comporte deux volets un quantitatif via les questionnaires en ligne et un volet qualitatif avec des entretiens qui vont être proposés aux familles volontaires. Cela va donner une grande enquête très complète et qui pourra aussi mettre en évidence les points de vue en fonction des générations de parents et d’enfants. 
 
Que vous soyez parents d’enfants nés via un don de gamètes (ovocytes, spermatozoïdes, embryon ou double don), que cette AMP via un don ai été réalisé en France ou à l’étranger, que vous soyez un couple hétérosexuel, homosexuel ou une femme seule, nous vous proposons de répondre à cette étude proposée par l’assistance publique des hôpitaux de Marseille.
 
Vous connaissez des personnes nées via un don de gamètes ? Si elles ont 18 ans, elles peuvent répondre à cette enquête dans la partie qui leur est consacrée.
Vous connaissez des parents d’enfants nés via un don de gamètes, vous êtes vous même parents ? Surtout n’hésitez pas une seconde, les questions ne prennent que 5 minutes
 
 
 

Lancement d’une grande étude sur l’information des personnes nées grâce au recours au

don de gamètes : Une première en France

Publié le :
09/04/2019 à 11:08

L’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (CECOS du Laboratoire de biologie de la reproduction – Hôpital de la Conception) et le Centre Norbert Elias, lancent une grande étude sur les pratiques d’information dans le recours au don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes). Financée par l’Agence de la Biomédecine, il s’agit de la première étude à l’échelle nationale qui se penche sur la circulation de l’information dans les familles.

Conduite en sciences sociales et médicales, cette étude a donc pour objectif principal d’évaluer à l’échelle nationale l’information des personnes conçues par don de gamètes sur leur mode de conception. Elle croise les points de vue et l’expérience des parents et des personnes qui sont nées grâce à ces techniques. Elle utilise une démarche à la fois quantitative et qualitative en s’appuyant d’une part sur des questionnaires en ligne et d’autre part sur des entretiens semi-directifs, destinés aux parents ayant eu recours à un don et aux personnes qui en sont issues.

« Cette étude poursuit un double objectif, détaille le Pr Catherine METLZER-GUILLEMAIN, responsable du service de Biologie de la Reproduction (CECOS – Hôpital de la Conception, AP-HM), d’une part, esquisser de grandes tendances concernant le partage de l’information sur le recours au don dans les familles et d’autre part, comprendre les motivations des choix parentaux et le vécu des personnes nées de don quant à cette information. En éclairant les dynamiques familiales et personnelles associées au partage de l’information ou à son absence, elle permettra un meilleur accompagnement des personnes et des familles concernées par le recours au don. »

Vous avez conçu votre enfant grâce à un don de spermatozoïdes ou un don d’ovocytes, en France ou à l’étranger ?
Cliquez ici

Vous avez 18 ans ou plus et vous avez été conçu grâce à un don de spermatozoïdes ou un don d’ovocytes, en France ou à l’étranger ?
Cliquez ici

 

Les pratiques d’information dans le recours au don de gamètes / Page Parents

Nous étudions la manière dont les parents ayant eu recours à un don de gamètes (spermatozoïdes ou ovocytes) informent ou non leur(s) enfant(s) de leur mode de conception.

 

L’enquête s’intéresse à la fois à la prise de décision des parents, à leur expérience et leur point de vue quant au partage de l’information.

Cette enquête permettra aussi d’apporter aux professionnels de l’assistance médicale à la procréation une meilleure vision de l’expérience des parents afin qu’ils améliorent leurs pratiques d’accompagnement.

Basée sur le volontariat,  la participation est confidentielle et anonyme.

Nous vous proposerons également de participer à un entretien avec un membre de notre équipe. Cet entretien se fera sur rendez-vous, dans un lieu prévu au préalable avec vous.

Nous vous proposerons également de participer à un entretien avec un membre de notre équipe. Cet entretien se fera sur rendez-vous, dans un lieu prévu au préalable avec vous.

 

Si vous voulez plus d’information, rendez-vous sur le site de l’APHM.

A partager très largement pour des résultats de grande ampleur ! 

#donDeGamètes #DesFamillesGraceAuxDons #donOvocyte #donSpermatozoides #DonEmbryon #doubleDOn #ParlonsDuDonDeGamètes 

Marseille ! On se rencontre ?

Nathalie vous propose une nouvelle rencontre marseillaise !
Celle-ci se tiendra le samedi 4 mai de 13h à 16h
Venez échanger autour de l’infertilité !

Rencontre Marseille
Inscriptions/renseignements : collectifbamp13@gmail.com

L’ICSI moins remboursée = la face visible d’un mouvement ultra libéral pour le financement de l’AMP Française ?

C’est en effet la question que l’on peut se poser, lorsque l’on regarde de près ce qui se passe au sujet du financement de l’AMP en France. Allons-nous vers le modèle anglo-saxon, où l’idéologie libérale, voir ultra-libérale impose de faire des économies sur les services publics et sur les protections (sociales, maladies, etc) héritées de l’état providence ?

L’assurance maladie et les syndicats représentatifs de biologistes médicaux libéraux, ont récemment voté une baisse du remboursement de la FIV ICSI. L’AMP en France n’est pas gratuite, il faut payer les professionnels qui vous soignent, payer le matériel, les locaux. Et c’est le budget de l’état qui permet cela, via l’assurance maladie pour l’AMP et aussi via des financements spécifiques : les MIG (missions d’intérêt général) qui permettent de financer « les missions et les actions dont le législateur a estimé qu’elles ne devaient pas être soumises aux variations de l’activité« . 

Une FIV ICSI « coûtait » ou était remboursées aux centres d’AMP (en fonction de là où l’on se place) jusqu’à fin mars, 702 euros (traitement des gamètes et l’ICSI en elle même, c’est à dire la micromanipulation des gamètes). Ce montant est décrit par les biologistes que nous avons interrogés, comme juste suffisant pour assurer le temps de travail des techniciens concernés, l’investissement en matériel efficace (incubateurs, microscopes, etc), les consommables (une pipette pour manipuler les gamètes, coûte par exemple 12 euros, il en faut au moins deux par ICSI, le milieu de culture, etc…). Il faut savoir qu’en 2000, la cotation de l’ICSI était à B2800 ce qui donnait 756 euros pour une FIV ICSI. Ce n’est qu’en 2008 que la cotation est descendue à B2600 = 702 euros.

En 2016, il y a eu 95 362 Fécondations In Vitro réalisées en France. Dont 68% étaient des ICSI, ce qui fait 64 846 FIV ICSI donc un montant total payé par l’assurance maladie aux centres d’amp de 45 521 892 euros. L’ICSI est, en France la pratique majoritaire en AMP par don de gamètes.

Il y a sans doute des FIV ICSI qui pourraient être simplement des FIV classiques, mais la FIV classique a une cotation financière plus faible que l’ICSI (B1550=418,5euros). Donc les centres d’AMP qui manquent de financement (comme la santé en général), même si des financements dédiés leur sont attribués via les MIG, utilisent peut-être un peu trop l’ICSI  pour compenser leur manque de moyens. L’AMP est souvent la dernière roue du carrosse dans les budgets des hôpitaux. 

Cette décision budgétaire est-elle une simple négociation budgétaire où il faut en prendre d’un côté pour couvrir un autre côté ? Où un signal politique qui amorce la sortie de la prise en charge à 100 % ? Ou plus pragmatiquement un message envoyés aux biologistes : « vous faites trop d’ICSI » ? Difficile à dire, mais restons attentifs.

La décision s’est faite dans le cadre d’une CHAB (Commission de Hiérarchisation des Actes de Biologies), c’est technique, mais pour résumer, les budgets gérés par l’assurance maladie, sont discutés régulièrement avec les syndicats de biologistes, des représentants de l’assurance maladie.  Un équilibre doit être trouvé de façon global entre toutes les dépenses de santé. Cette année, c’est la cotation de l’ICSI qui a été « rétrogradée ». Le montant payé aux centres qui font des ICSI, est calculé à partir d’une référence qui était cotée B2600 jusqu’à fin mars. La CHAB a décidé de la passer à B2500 et s’est effectif depuis début avril, une FIV ICSI est maintenant payée 675 euros aux centres d’AMP. Ce qui va donner au global, une réduction des ressources financières.

Cette baisse de la cotation risque d’entraîner deux choses séparément ou ensemble :

  • une diminution des investissements pourtant nécessaire pour de nombreux centres d’AMP,
  • une augmentation du reste à charge pour les patients.

Dans les deux cas, c’est négatif ! 

Le budget global de la santé en France, était pour 2017 de 199,3 milliard d’euros ce qui représente 2977 euros par habitants, 8,7% du PIB. Ce budget est financé « à 77,8% par les sécurité sociale, 13,2% par les mutuelles et 7,5% » par le paiement du reste à charge par les usagers. Source DREES Santé 2017

Le budget de l’AMP représente une petite part dans le budget global de la santé en France. 

« L’Agence de la biomédecine évalue à 200 M€ le coût de l’AMP qui recouvre à la fois le financement en France et le financement de l’AMP à l’étranger. Sur le territoire national, l’AMP comprend 2 modes de financement : Le financement par les prestations facturables qui couvre l’hospitalisation pour ponction d’ovocytes, effectuée en hôpital de jour, les actes biologiques de FIV sans ou avec micromanipulation (ICSI) et le transfert d’embryons intra-utérin par voie vaginale ; Le financement par le biais d’une dotation forfaitaire au titre d’une mission d’intérêt général AMP dont l’objectif est de compenser les surcoûts des activités de soins. La dotation MIG AMP s’élève à près de 19 millions d’euros. Conformément à l’article R. 160-2 du code de la sécurité sociale, les activités cliniques et biologiques d’AMP réalisées à l’étranger peuvent être prises en charge sous réserve d’un d’accord préalable de l’assurance maladie. Pour 2017, le rapport d’activité du Centre national des soins à l’étranger (CNSE) fait état de 1 292 dossiers avec un remboursement à hauteur de 1,8 M€ (dont 1,6 pour les actes cliniques d’AMP et 0,2 M€ pour les frais de transport) pour des dépenses évaluées à 6,4 M€« . Source Agence de la biomédecine, rapport Touraine janvier 2019

La « Décision du 28 février 2019 de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie relative à la liste des actes et prestations pris en charge par l’assurance maladie »a donc été publié au journal officiel fin mars et s’applique depuis quelques jours. Vous pouvez trouver ici la liste des baisses de cotations à la NABM (nomenclature des actes de biologies médicales). La baisse de la cotation de l’ICSI est indiquée en premier (photo de l’article).

D’autres actes que nous connaissons bien lorsque nous sommes en parcours d’AMP, rétrogradent aussi, comme le dosage de l’estradiol, de la progestérone, de la prolactine, la L.H. la F.S.H., l’Inhibine, et même le fameux Graal de toute personnes infertiles : le Beta HCG qui était coté à 30 et qui est maintenant coté à 26.

Le BLEFCO, société savante qui regroupe les Biologistes des Laboratoires d’Etude de la Fécondation et de la Conservation de l’œuf, qui n’a pas été auditionné dans le cadre de la CHAB, car ce n’est pas un syndicat, a récemment écrit à la ministre de la santé, à l’UNCAM et à l’agence de la biomédecine, pour les alerter sur cette baisse de la cotation de l’ICSI et l’impact sur les moyens et donc sur la prise en charge des patients en AMP. Ils alertent, comme en témoignent les extraits du courrier envoyé, des inquiétudes importantes des biologistes de l’AMP (publics et privés), suite à cette baisse de la cotation de l’ICSI. 

Ils rappellent aussi à la ministre que la vitrification des ovocytes et des embryons est encore sur la liste complémentaire et non sur la nomenclature. Alors que la vitrification est reconnue comme plus efficace sur les résultats de l’AMP. Certains centres continuent de congeler car la congélation comme la décongélation sont côté dans la NABM, tandis que la vitrification ne l’est pas.

 

Mauvais signal à l’aube de l’ouverture de l’AMP à plus de patientes !

Nous trouvons que c’est un mauvais signal au moment où l’activité d’AMP risque d’augmenter, avec la probable et nécessaire ouverture de l’AMP aux lesbiennes et femmes seules, mais aussi avec la possible autoconservation des ovocytes qui a été validé par les différentes instances s’étant prononcées POUR, dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique. Autant d’éléments qui mériteraient que le budget soit maintenu et surtout augmenté ! Parce que nombre d’entres vous connaissent les locaux vétustes de nombreux centres d’AMP publics, parce que les professionnels eux même dénoncent le manque de financement pour acheter du matériel (incubateurs, microscope, etc) pourtant reconnus comme améliorant les taux de réussite de nos tentatives de FIV.

Si cette décision de baisse de la cotation, n’est pas du ressort de la ministre de la santé, puisque c’est la CHAB qui décidé de cela dans le cadre de la négociation budgétaire. Il n’en est pas de même de ce que nous avons pu voir émerger dans le rapport Touraine, pages 72 et 73, reprenant la proposition de Monsieur Frydman de réduire le nombre de tentatives de FIV prises en charge par la sécurité sociale. Pour rappel actuellement : ce sont 6 inséminations artificielles et 4 FIV qui peuvent être prise en charge à 100% dans le cadre de l’ALD « infertilité » (affection de longue durée). A la lecture de ce rapport qui d’un côté dis : « il faut rembourser à 100 % toutes les femmes » qui pourraient prochainement bénéficier de l’AMP, mets dans le même temps en avant cette idée d’une diminution du nombre de FIV remboursées à 100%. Il est difficile de savoir quelle est la logique et donc les décisions qui vont être prises. Mais la tendance n’est pas à l’investissement pour plus de moyens pour la santé. 

Certes la proposition n°11 dit qu’il faut « étendre aux lesbiennes et femmes seules la prise en charge financière, aux mêmes conditions que pour les hétéro« . Mais si les conditions changent pour les hétéro……  

 

Sanctuarisons le budget de l’AMP !

S’il n’est pas possible d’augmenter le budget de l’AMP, nous demandons au moins que les moyens et donc la prise en charge ne se dégradent pas plus encore. 

Notre association depuis se création, demande que les équipes d’AMP puissent avoir les moyens financiers, humains et techniques pour proposer une prise en charge de qualité et des résultats au moins à la hauteur des autres pays européens, (Voir propositions n°18 et 19 dans le manifeste de l’association). Dernièrement encore, Monsieur Frydman dénonçait le manque de moyens criants des équipes d’AMP, qui ne peuvent proposer aux patients des soins de hautes qualité, et qui ne peuvent non plus « briller dans la recherche internationale en AMP« , toujours par manque de moyens et aussi par empêchements juridiques (limitations de la recherche sur l’embryon, etc.)

Nous demandons donc que lors des prochaines baisses de tarifs annuelles destinées à éviter le dépassement des dépenses de biologies autorisée par le protocole d’accord triennal, le budget dédié à l’AMP soit protégée de toute baisse. Cette décision politique de protection du budget de l’AMP nous semble une nécessité aujourd’hui et encore plus pour demain ! Il faut sanctuariser le budget de l’AMP !

Au regard de l’ambition de l’ouverture de l’amp à plus de patients, tant pour la préservation de la fertilité (autoconservation des ovocytes) que pour les fécondations in vitro et les inséminations pour les femmes lesbiennes et célibataires, il faut un budget à la hauteur. Un budget qui puisse permettre d’offrir à tous une qualité d’accueil, d’écoute, de suivi, mais aussi des délais et une haute qualité de la prise en charge égales pour toutes et tous, sur tout le territoire. Nous ne voulons ni d’AMP au rabais, ni d’AMP totalement payante, comme c’est le cas dans les pays anglo-saxon ou certains pays Européens. Comme en Angleterre où nos ami-es infertiles se battent en ce moment, pour que toutes les personnes, même celles qui n’ont pas les moyens financiers, puissent accéder à des soins d’AMP sans y perdre toutes leurs économies.

 

Une pétition et des courriers !

Nous allons donc rédiger une lettre à la ministre de la santé, pour lui faire part de nos inquiétudes et lui demander de ne pas toucher au budget de l’AMP, voir de l’augmenter. Lui demander de donner les moyens aux équipes médicales d’assurer des soins d’AMP de qualité, pour toutes les personnes qui ont besoin de recourir à l’AMP pour essayer d’avoir des enfants. Nos équipes d’AMP ont besoin de pouvoir investir dans du matériel de qualité, de nous accueillir dans des locaux de qualité, avec des équipes ayant les moyens de leur activité. 

Nous allons aussi mettre en ligne une pétition et vous demander de la signer et de la partager largement, pour montrer la mobilisation des patients et futurs patients en AMP, pour la sanctuarisation du budget de l’assistance médicale à la procréation. 

Dans notre pétition nous demandons que la ministre de la santé s’engage à préserver le budget de potentielles futures baisses, voir à l’augmenter pour :

  • Équiper tous les centres d’AMP avec du matériel de pointe reconnu comme améliorant les taux de réussite des FIV (matériel et locaux)
  • Augmenter et pérenniser les moyens humains et financiers des équipes d’AMP
  • Anticiper l’impact sur l’activité et les délais d’attente de l’augmentation prochaine du nombre de personnes prises en charge
  • Offrir une qualité d’accueil, de suivi et de prise en charge à la hauteur de la situation
  • Donner les moyens nécessaires pour des campagnes d’information et de sensibilisation au sujet de la fertilité, l’infertilité, le don de gamètes, la préservation de la fertilité

 

Sauf à envisager que l’AMP tombe sous le coup de la loi du marché, et que les dépassements d’honoraires, que certains subissent déjà dans certaines régions, ne deviennent le règle. Nous nous mobilisons pour que l’AMP ne soit pas réservée qu’aux personnes ayant les moyens de payer ces dépassements d’honoraires. Il souffle un vent d’ultra libéralisme qui ne semble pas vouloir épargner l’assistance médicale à la procréation. Il est temps de faire entendre notre point de vue : nous ne voulons pas d’une AMP, où seuls ceux qui auraient les moyens pourraient se payer des FIV et/ou préserver leur fertilité ! C’est aujourd’hui qu’il faut se mobiliser. 

Merci de signer la pétition et de la partager.