L’impossible débat ?

Angers, 30 janvier, premier débat sur le thème de l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes. Vu comment s’était déroulé le débat sur la recherche sur l’embryon (voir ici), nous avions bien imaginé que sur ce thème encore plus polémique de l’ouverture de l’amp aux femmes célibataires et homo, les anti de tous bords, allaient s’en donner à cœur joie.

C’est donc une salle comble, de 200 personnes dont les 3/4 venus non pas pour s’informer, débattre, mais bien pour déverser leur approximations sur ce qu’est l’AMP, pour ne pas écouter ce qui était présentés par les intervenants, impatients qu’ils étaient de déverser leurs haines (car à ce niveau c’est de la haine), de répondre à côté des thèmes présentés. Caroline, qui représentait de l’association COLLECTIF BAMP s’y est sentie agressée par cette foule vociférante et s’applaudissant les uns les autres.

Même situation à Lyon le 1er février, avec un débat finalement impossible, car les points de vue qui s’expriment sont dogmatiques et radicalement opposés. Le dialogue n’est pas possible, ce n’est pas un débat c’est un combat, deux mondes qui s’affrontent sans ce comprendre.

Alors pour que les anti, qui ne s’informent pas avant de balancer des commentaires acerbes, violents, faux sur notre association, dans les débats auxquels ils participent, sur les réseaux sociaux ; soient un petit peu mieux informés, nous voulions leur rappeler deux, trois choses sur l’association COLLECTIF BAMP.

Le collectif BAMP est une association de patients de l’AMP (assistance médicale à la procréation), de personnes infertiles et stériles, donc des gens qui sont pris en charge par l’assistance médicale à la procréation en France et pour certains à l’étranger. Les objectifs principaux de l’association sont :

  • Témoigner, informer et agir sur toutes les questions relatives à l’infertilité, le recours à l’amp, le don de gamètes, l’après-amp sans enfant.
  • Accompagner et soutenir les personnes infertiles et stériles, les donneurs et les donneuses.
  • Assurer des fonctions de représentativité dans le cadre de la démocratie sanitaire.

Association qui a rédigé un manifeste dont les sujets principaux sont :

  • Prévenir et agir pour réduire l’infertilité.
  • Améliorer l’AMP.
  • Reconnaître les patients de l’amp comme acteur de leurs parcours de soins.
  • Repenser l’organisation juridiques et le cadre éthique.

Il se trouve que BAMP ne s’occupe pas de savoir quelles sont les orientations sexuelles de ses adhérents. Ce n’est pas un critère pertinent, de savoir si la personne est hétéro, homo ou je ne sais quoi d’autres. Ce n’est ni pertinent pour juger du désir d’avoir des enfants, ni de la capacité à les élever. L’orientation sexuelle, ne fait pas la qualité de la parentalité. Ceux qui affirment le contraire se trompent de cible, car dans ce cas, il faudrait vérifier la capacité de beaucoup de nos concitoyens, hétérosexuels, mariés qui maltraitent leurs enfants, ne s’en préoccupent peu ou pas. En leur interdisant de se reproduire car ils seraient potentiellement incapables d’élever des enfants.

Par contre, ce critère de l’orientation sexuelle est un critère discriminant, aujourd’hui en France dans l’accès aux soins d’AMP et nous le déplorons.

Un autre fait, important à repréciser pour toutes les personnes ANTI-AMP qui nous lisent, il se trouve que la majorité de nos adhérents et de nos sympathisants sont des couples HETEROSEXUELS. Il y a aussi quelques femmes célibataires………..par événements de la vie, c’est à dire qu’elles aimeraient vivre avec un homme (ou une femme), mais qu’elles ne trouvent pas l’homme désirant cela aussi. Pour la plus part, elles aimeraient bien rencontrer un homme prêt à vivre avec elle et à fonder une famille. Les personnes qui se revendiquent homo, se tournent plus facilement, apparemment, vers les associations LGBT. C’est ainsi.

Autre fait important : la majorité des couples hétérosexuels, adhérents ou sympathisants de notre association, sont POUR l’ouverture des soins d’AMP aux femmes (homo et célibataire)……..Comme d’ailleurs une majorité de français. Il faudrait d’ailleurs que l’on puisse discuter des modalités de cette possible modification de la définition et des indications de l’amp, des questions de remboursement et de prise en charge, de la question du don de gamètes et de son organisation, etc…. car sur ces points, nous ne sommes pas tous d’accord. Faut-il considérer la pathologie impactant la fertilité ou pas, pour accéder à des soins d’amp remboursés ? Faut-il fixer un âge limite pour l’homme et la femme pour accéder aux soins d’amp ? Etc…..

Notre association étant engagée de façon active (rappel, depuis 2013 nous essayons de témoigner, informer et agir), elle est donc en première ligne des attaques des anti-amp de tous bords. Attaques, accusations plus ou moins farfelues, violentes, erronées. Sur les réseaux sociaux, ce n’est pas agréable, mais on gère.

Mais lors des débats publics cela devient, pas du tout acceptable (ces gens dont un grand nombre se réclame de l’idéologie chrétienne, catholiques, font preuve d’une absence totale d’empathie, l’amour leur prochain nous ne l’avons pour l’instant pas entrevue, d’une capacité de réflexion sur ces sujets – qui nécessitent pourtant une réflexion –  impossible à mettre en œuvre, tellement ils sont prit dans leur dogmes aveuglants. Qu’ils fassent le choix de s’aveugler, c’est leur choix, mais qu’ils viennent agresser les organisateurs et les participants qui ne pensent pas comme eux, lors de ces débats de bioéthiques est une limite qu’il n’est pas possible de continuer à vivre.

Alors on fait quoi ? On ne parle pas des sujets qui interrogent……………..même les couples, les personnes infertiles qui ont recours à l’AMP ? Car oui ces sujets ne sont pas tranchés d’avance, il faut s’interroger sur certains points, confronter les points de vue, il n’y a pas de consensus sur tous les sujets même au sein de couples infertiles ayant recours à l’AMP, comment penser et proposer des solutions dans ces conditions ou le débat et la pensée sont impossibles.

Rappel aussi encore, toutes les conclusions de tous les débats qui sont organisés en France vont être adressés au CCNE, qui va en faire une synthèse, transmise au gouvernement, qui va proposer une loi, qui va être discuté, amendée, votée au Parlement. Rien n’est encore fait, joué d’avance.

Les représentants de l’association COLLECTIF BAMP vont continuer à se mobiliser pour ces débats de bioéthique, mais ils aimeraient deux choses ne pas continuer à se faire agresser et pouvoir partager ces débats avec d’autres associations (féministes, LGBT, amp, gpa) qui sont étrangement absents des débats auxquels nous venons de participer. Espérons que cela soit différents pour les prochains débats.

N’oubliez pas de venir aux différents débats qui sont prévus en régions :

Bretagne : à Brest, à Rennes

Centre – Val de Loire

Hauts de France, Picardie

Normandie

Nouvelle Aquitaine : Bordeaux, Limoges, Poitiers

Paca-Corse,

Pays de la Loire : Nantes

 

 

#bioétique2018 #vraimentPour

 

 

 

Bioéthique 2018 – Besoin de votre avis !

Comme vous le savez 2018, va être marqué par la révision de la loi de bioéthique : fin de vie, génétique, recherche sur l’embryon, assistance médicale à la procréation. Autant de sujets qui vont, peut-être, faire l’objet d’une révision.

Mais avant cette révision, prévue par la loi,  des débats publics vont avoir lieu, pour que les avis des citoyens, sur ces sujets éthiques, puissent être entendus, débattus et synthétisés dans des comptes rendus.

Pour cela des débats publics sont d’ores et déjà prévu (voir le calendrier BAMP qui sera régulièrement actualisé), des consultations en ligne sont également prévue via différents sites. Le Comité Consultatif National d’Ethique va ouvrir, prochainement un site dédié à cet effet.

Sur le site de l’Espace de Réflexion Ethique des Pays de la Loire, deux questionnaires sont déjà en ligne, dont un qui concerne l’AMP. Merci d’aller y répondre !

Pour le moment, une majorité de personnes ayant répondu à ce questionnaire : SONT CONTRE L’AMP. Il faudrait donc que les personnes POUR l’AMP puissent aussi répondre à ce questionnaire.

Question d’équilibre dans les réponses !

Sinon, un seul point de vue, sera récolté. Ne laissons pas la parole sur le sujet de l’AMP aux seules personnes CONTRE. Il faut que tous les points de vue puissent s’exprimer. Et cette révision de la loi, ainsi que les débats qui l’accompagnent sont l’occasion nationale de le faire.

Cliquez sur le lien pour répondre au questionnaire de l’ESPACE de REFLEXION ETHIQUE des Pays de la Loire. Cela prend 1 minutes (questionnaire court)

Ils proposent aussi un deuxième questionnaire sur la médecine de demain, intéressant d’y répondre aussi.

Ces questionnaires en lignes, que vous pourrez trouver sur les sites des comités régionaux d’éthique, sur le site du CCNE, vont participer aussi à la synthèse finale qui sera remise fin juin au gouvernement, par le CCNE.

Le gouvernement ensuite fera une proposition de loi qui sera ensuite discutée, amendée et votée au Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) à l’automne 2018.

L’occasion nous est donné de donner notre avis, ne la ratons pas !

N’oubliez pas de partager cela avec vos proches, et sur vos réseaux sociaux. Merci

 

Votre association COLLECTIF BAMP va aussi vous proposer un questionnaire en ligne, car nous sommes invités à participer à certains débats publics. Votre avis nous est donc essentiel.

 

Les débats vont commencer dès la mi-janvier dans différentes villes de France, des articles BAMP sont prévus pour vous informer. Vous pouvez évidemment venir y participer, car si les anti-amp se mobilisent sur les réseaux sociaux, ils vont aussi se mobiliser dans le public des débats. Les représentants BAMP invités à intervenir dans les tables rondes, seront ravis d’avoir dans le public du soutien. Merci

C’est Nantes qui ouvre le bal avec un débat sur la recherche sur l’Embryon, le 20 janvier, mais nous vous en reparlons demain.

N’oubliez pas d’aller répondre au questionnaire, de l’espace de réflexion éthique des Pays de la Loire; merci

 

Le site des Espaces Ethiques Régionaux, c’est par ici pour trouver celui de votre région et voir s’il organise des débats dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

 

#bioéthique2018 !
#NosVoix
#ParlonsPMA
#ParlonsAMP
#VraimentPour

Les hashtags qui vont bien, à utiliser un peu partout !

Dossier : Les 40 ans des CECOS (12 et 13 sept.) : Controverse sur l’anonymat du don de sperme (1) + édit

Hier et aujourd’hui se déroulent les journées célébrant les 40 ans des CECOS. Ce vendredi, IROUWEN y a représenté le  Collectif BAMP, et de belle manière, elle viendra nous raconter ça elle même dans les prochains jours.

Dans l’attente, voici une dépêche APM qui relate une controverse ayant eu lieu ce matin au sujet de l’anonymat du don de sperme, notamment au regard des expériences étrangères sur le sujet. La levée de l’anonymat ou le maintien de celui ci, et toutes les solutions hybrides entre deux, méritent d’être examinées avec attention et débattues, notamment sur les impacts attendus sur chaque personne concernée par ce don (donneur, couple receveur, enfant conçu à partir d’un don…). Nous lancerons d’ailleurs un débat sur le blog du Collectif dans les prochaines semaines, afin que toutes les voix trouvent à s’exprimer et que le collectif puisse représenter au mieux les intérêts de tous.

Controverse autour de l’anonymat du donneur de sperme lors des 40 ans des Cecos

PARIS, 13 septembre 2013 (APM) – Une controverse entre médecins et responsables associatifs s’est exprimée lors des conférences organisées jeudi à l’occasion des 40 ans des Cecos (Centres d’étude et de conservation des oeufs et du sperme humains) à Paris.

Ces journées de Cecos avaient commencé sous le signe de la contestation. La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, qui devait ouvrir les journées, n’a pas pu prononcer son discours en raison de la présence de manifestants en faveur de l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples homosexuels.

Plusieurs voix se sont ensuite élevées dans la salle lors de diverses présentations autour des enjeux psychosociaux des dons de sperme alors que plusieurs intervenants insistaient sur l’importance du maintien du principe d’anonymat.

Le vice-président de l’association Procréation médicalement anonyme, Raphaël Molenat, a pris la parole pour affirmer son incompréhension. « On ne comprend pas pourquoi les Cecos s’opposent avec acharnement à la levée de l’anonymat », a-t-il lancé, invoquant une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

La psychologue clinicienne Charlotte Dudkiewicz-Sibony, présente pour une discussion sur la procréation avec gamètes de donneur, a objecté que la levée de l’anonymat risquait de « pousser les couples receveurs à ne même pas aborder la question du mode de procréation avec leur enfant ».

« Nous demandons le maintien de l’anonymat jusqu’aux 18 ans de l’enfant, âge où il est en droit de connaître son père » a expliqué Raphaël Molenat. Dans la salle, d’autres membres de l’association ont invoqué la Suède et l’Etat de Victoria en Australie qui ont levé l’anonymat des donneurs en 1984 et en 1995.

Présent dans la salle, Pierre Jouannet, professeur à l’Université René-Descartes et ancien responsable du service de biologie de la reproduction et du Cecos de l’hôpital Cochin (AP-HP), a souligné que le système de levée de l’anonymat qu’il est allé étudier en Suède « ne fonctionne pas ».

Il a expliqué que « les parents ne disent rien à leurs enfants, à tel point que certains ont suggéré que le mode de conception soit inscrit sur l’acte de naissance. Depuis 2001, les enfants ont la possibilité de demander eux-mêmes l’identité de leur père biologique et aucune demande n’a été faite à ce jour », a-t-il argumenté. « Notre rôle de médecin n’est pas de décider ce qui doit être révélé, mais de donner aux familles la possibilité de prendre la décision de ce qui doit être gardé secret ou non ».

DES COUPLES QUI NE VEULENT PAS CONNAITRE LES DONNEURS

Lors de cette matinée, Nikos Kalampalikis, professeur au sein du groupe de recherche en psychologie sociale (GRePS), a notamment présenté les résultats d’une étude nationale menée en partenariat avec la fédération française des Cecos et financée par l’Agence de la biomédecine menée en trois phases.

La première portait sur un échantillon de 600 personnes issues de la population générale, la deuxième sur 33 donneurs de sperme et la troisième sur 929 couples receveurs présents dans les Cecos, que ce soit pour une première ou deuxième demande. Les résultats des deux premières phases ont déjà été publiés, ceux de la troisième sont en cours d’écriture.

Selon les questionnaires rendus par les couples receveurs, 75% des couples souhaitent parler à leur enfant de l’infertilité, 75% souhaitent lui parler du mode de contraception et 71% de l’insémination artificielle avec don de sperme (IAD).

Mais 85% des couples ne souhaitaient pas rencontrer le donneur, et ceux qui voulaient s’informer à son sujet préféraient ne recevoir que des informations médicales.

Concernant les donneurs, le don « n’était pas statique mais dynamique ». Les donneurs « spontanés » représentaient 58% des cas, les donneurs « relationnels », c’est-à-dire ceux sollicités par un couple pour faire avancer son dossier, représentaient 27% des cas et les donneurs « convertis » -venus au don en prévision d’une vasectomie, ils avaient fait un prélèvement de sperme- représentaient 15% des cas.

Les motivations de ces différentes catégories n’étaient pas les mêmes. Le donneur spontané estimait qu’il donnait à la société alors que le donneur relationnel considérait qu’il donnait à un couple et que le donneur converti estimait qu’il donnait pour lui-même.

Nikos Kalampalikis a également signalé que des dons étaient souvent réalisés par des membres de couples qui ont eux-mêmes bénéficié de dons.

dc/fb/eh/APM polsan
redaction@apmnews.com

13/09/2013 10:52

EDIT (merci à Tittounett) :

Un magazine BAMP relaie l’information!! Grazia dans sa rubrique SOCIÉTÉ / News.

Il parle de cette journée, de la contreverse autour de l’anonymat des donneurs et aussi de la chute du nombre de dons.

… »Le principe de gratuité a aussi été évoqué lors de ce colloque consacré à l’univers de l’insémination artificielle avec donneurs. Les dons étant en chute libre, -24% en 2011, certains ont évoqué la possibilité d’une rémunération pour inciter les hommes à donner leur sperme, une pratique courante dans d’autres pays européens comme la Belgique. »…

Vous pouvez voir l’article ici

Trouver ces informations dans des magazines se fait rare, il est important de féliciter ceux qui le font! Merci à Grazia et à sa journaliste Alexandra Pizzuto d’être BAMP!