Drilling ovarien: le bilan 1 an après

Au mois de Juin 2013 je vous proposais un article pour découvrir ce qu’est le drilling, technique chirurgicale effectuée par cœlioscopie, s’adressant aux femmes atteintes du Syndrome des Ovaires PolyKystiques (SOPK).

Je souhaite aujourd’hui vous dresser le bilan de mon année post-opération.

Tout d’abord, je voudrais rappeler les « indications médicales » qui ont poussé ma gynéco PMA à me proposer cette intervention : des ovaires augmentés de volumes avec une couronne de follicules à leur surface, de l’acné depuis l’adolescence qui ne passait pas, des cycles très irréguliers (anovulation), pas d’obésité pour ma part mais un « surpoids » difficile à éliminer et un résultat de mes précédentes tentatives d’induction de l’ovulation plus que décevant. J’avais bien effectué un bilan hormonal sanguin mais ce n’est pas forcément cela qui l’a décidé, cela a juste confirmé le problème.

Un mois après l’opération, le contrôle que la gynéco a effectué n’a pas montré de signe d’ovulation, mais tout du moins un endomètre « parfait » signe que mes hormones faisaient au moins ce boulot-là. Mes cycles sont, malgré tout, devenus bien plus réguliers: de 28 à 30 jours avec 2 périodes de cycles à rallonge sans trop avoir d’explication. A part des cycles réguliers, j’ai également eu fréquemment des tests d’ovulation positifs, parfois un peu tardivement dans le cycle mais pas de grossesse. Mon acné s’est nettement améliorée et j’ai recommencé à perdre du poids. Je devais retourner en PMA 6 mois après le drilling si nous n’avions pas obtenu de grossesse spontanée mais suite à un épisode de dépression, la pause PMA aura duré près d’un an.

Finalement, j’ai repris rendez-vous en Avril dernier avec ma gynéco. Un contrôle échographique a montré un endomètre toujours bien, des ovaires de taille parfaitement normale et même un follicule dominant presque à point pour libérer un ovocyte! Donc le drilling a un effet assez durable dans le temps, ce qui est une bonne chose au final car d’après ce que j’ai compris l’intervention ne peut pas se faire 2 fois (du moins ma gynéco ne le fait pas). Nous avons donc eu une série d’examens à réaliser pour démarrer rapidement un protocole FIV mais confiants car le drilling permet une meilleure réponse à l’induction de l’ovulation.

Sauf que.

Sauf que le drilling permet d’obtenir une grossesse spontanée dans environ 60% des cas. Et que nous avons eu cette immense et merveilleuse chance d’être du bon côté des statistiques cette fois. Le follicule dominant vu à l’échographie est devenu un embryon puis un fœtus et, si tout se passe bien, il deviendra un enfant à naître en Janvier 2015. Cette grossesse, bien que très angoissante pour moi, est prise en charge comme n’importe quelle grossesse. Aucun suivi particulier, tout est devenu normal.

Alors un an au final, quand on espère son petit miracle depuis des années, ça parait très long. En effet, mais comme j’en ai discuté avec une blogueuse récemment je n’ai pas eu l’impression de perdre du temps. Rétrospectivement, je me dis que ce sont tous ces protocoles subis pour rien dans mon ancien centre qui ont été une perte de temps. Et cette période nous l’avons mis à profit pour, d’une part me remettre de ma dépression et d’autre part, pour chasser le médical de nos vies et retrouver une vie de couple et non continuer à être deux patients vivant l’un à côté de l’autre. Egalement, je me suis fait la réflexion que le drilling a permis une prise en charge de ma « maladie » dans sa globalité et m’a « guérit » au quotidien, au contraire d’un traitement d’induction qui contourne simplement le problème des OPK le temps d’un cycle pour obtenir une grossesse.

Si vous êtes dans une situation d’échec de stimulation ou de mauvaise réponse au traitement, n’hésitez pas à discuter de cette opération avec votre gynéco. Il s’agit certes d’un traitement de seconde intension mais quand on est dans une impasse, qu’on ne cesse d’augmenter les doses de médicaments etc… explorer une autre piste n’est pas inutile à mon avis.

Sur le précédent article quelques femmes avaient fait part de leur propre expérience, (re)venez nous dire où vous en êtes!

OPK : On Prend des Klakes

Je vais vous raconter mon histoire ici, car je n’ai pas le courage de tenir un blog.

Tout commence à l’adolescence à 14 ans (en 2000) : mes premières règles. Ça a commencé par des cycles « nets » (j’entends par là, normaux, avec des règles pendant 4-5 jours) d’1 mois, puis 2 mois, puis 3 mois, puis très rapidement, je n’avais que du spotting durant 3 semaines (la barbe à l’époque!!) 1 semaine de répit et re-belote.
A 15 ans, je vais voir pour ma première fois une gynéco, car j’en avais ras la casquette de ces spotting. Je me souviens du RDV comme si c’était hier, elle m’a dit « ouh là! Mais vous êtes poilue ! Je vous met sous Diane 35 (si j’avais su…) pour régulariser tout ça ».
En effet, avec Diane 35, des cycles de 28 jours, avec 4 jours de règles. Je me dis « ça y est tu es enfin une femme!! »

En 2002, ma sœur (qui avait 24 ans) et son chéri essayaient d’avoir un enfant (pendant 1 an et ½). Elle avait des cycles de 1 à 3 mois « nets » (en clair pas de spotting comme moi) et elle se faisait des injections (je ne sais plus lesquelles) pour stimuler ses ovaires. Lors du suivi échographique, les médecins se sont aperçus qu’elle avait développé des kystes aux ovaires, elle se fait donc opérer en urgence.

Et ils remarquent qu’elle avait, en plus des kystes, une coque blanchâtre autour de ses ovaires, et lui font dans la foulée un drilling ovarien. Elle « tombe » (j’ai jamais compris pourquoi on disait tomber) enceinte en moins de 3 mois sous la couette (pour la petite histoire, elle en a eu 3 au total avec 2 ans d’intervalle chacun, que des bébés couette en C1 ou C2).

Ma sœur me prévient « J’ai le syndrome de Stein-Levental (quel nom barbare pour dire OPK), c’est héréditaire, fais toi contrôler avant de vouloir des enfants ».

Comme Internet n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui, je fonce chez la gynéco, en panique. Elle me prescrit une échographie pour contrôler tout ça, et le seul verdict qui en tombe « vous avez de gros ovaires, on verra ce qu’on fera quand vous voudrez des enfants ». Mais toujours pas de diagnostique d’OPK…

Puis en 2003 et 2004, pour diverses raisons, j’arrête la pilule. Ça a été pour moi 2 ans d’aménorrhée = 0 règles, c’était le rêve absolu à l’époque.

En 2005, je rencontre mon chéri, j’avais 19 ans, lui 23.
Je reprend la pilule, puis j’en change 1 fois ou 2, et la dernière était micro dosée, je n’avais plus du tout de règles pendant 1 an et demi.
Après nos études et avoir trouvé chacun un travail, j’arrête la pilule en décembre 2010. J’avais 24 ans, mon chéri 27, je me dis « je ferais mieux que ma sœur, je tomberais enceinte dans l’année » (avec le recul, qu’est ce que j’ai pu être c*n*e, le défi qui sert juste à se bloquer psychologiquement).

Comme on venait de déménager, je cherche sur les pages jaunes au hasard un gynécologue le plus près de chez nous. Parfait, j’ai un RDV pour la semaine suivante, je vais pouvoir faire un peu le point, sachant mon passé.
Je suis ravie, le courant passe bien avec gygy, je lui raconte tout, et il me dit « vous tombez très bien, vous êtes dans un centre PMA ici, on peut vous prendre en charge si besoin ». Il me fait une écho, et me dit « vous avez effectivement une dystrophie ovarienne, vous pouvez très bien être enceinte naturellement, on se revoit dans 3 mois ».
Mars 2011 : toujours pas de règles ni enceinte, je retourne le voir, même discours, « revenez dans 3 mois ».
Juin 2011 : idem, « je vous prescrit les examens, pour vous et pour votre conjoint ».
Je fonce tête baissée, j’avais toujours en tête mon défi plus qu’idiot.
Et là, je me prend une énorme claque (que dis-je, un coup de poing en pleine poire) de la part de mon chéri (la 1ère) : « c’est toi le problème, jamais je ne ferais les examens, ils faut que tu ai des règles, il est vraiment nul ton gynéco » et BIM!!
Juillet-Août 2011 : mon été sera rythmé par Duphaston et les examens, dont la radio des trompes l’hystéro-machin-truc, qui m’a valu une nuit blanche à me tordre de douleur alors que je m’occupais de mes neveux et nièces le jour même et lendemain. Heureusement, RAS du côté des trompes, il y avait « seulement » le diagnostique OPK.
Sept. à Nov 2011 : Malgré l’absence des examens de mon chéri, je fais 3 cycles Duphaston + Clomid + Ovitrelle, tous négatifs (3 claques de plus), je n’ai eu droit qu’au bouffées de chaleurs dues au Clomid et aux douleurs pendant les rapports. (En novembre, on se pacs et on achète une maison à rénover, on a démarré les travaux dès qu’on a eu les clés).
Décembre 2011 : on emménage dans la maison, au milieu des travaux…
Janvier 2012, chéri se décide enfin à faire ses examens, il redoutait plus la prise de sang que le spermo, tout est OK.
Mars 2012: drilling ovarien, sous celio, 3 semaines d’arrêt maladie, à me tordre de douleur (je dois être une chochotte, c’est pas possible).
Mai 2012 : 1er cycle naturel depuis plus de 10 ans, avec ovulation !! La grande classe !! Je l’avais bien sentie il y a eu les rapports au bon moment, mais c’était négatif (et une claque de plus, une)…
Juin 2012 : visite post-opération avec gygy PMA :
« 3 options : soit vous êtes enceinte dès le prochain cycle; soit vous continuez à avoir d’autre cycles spontanés, dans ce cas, on attend 6 mois, si au bout de 6 mois, toujours rien, on fait la FIV; soit vous n’avez pas d’autre cycle d’ici 3 mois, et on fait la FIV » Je ne voulais surtout pas de FIV, car pour moi, la FIV était synonyme d’échec (quand on est c*n, on est c*n).
Juillet 2012 : Spotting, comme à 15 ans. Je relâche toute pression côté projet bébé, je me fais à l’idée qu’il ne viendra jamais naturellement (j’aurais du prendre des actions chez le fabricant de mouchoir tellement j’ai pleuré). Je me penche plus sur les travaux de la maison.
Novembre 2012 : RDV gygy pour la FIV, j’y vais la boule au ventre car je n’en voulais toujours pas. Aux alentours de la date du RDV, j’avais sentie l’ovulation, même avec les rapports au bon moment, c’était négatif (encore une claque).
Décembre 2012 : RDV avec le biologiste, le courant n’est pas passé, mais après renseignement sur les forums et les blogs, il est réputé pour être assez inhumain. Il nous prescrit de nouveaux examens, et on a le feu vert (l’ordonnance) pour la FIV.
Avril 2013 : J1 démarrage Cétrotide et Gonal le lendemain, s’en suivent les écho et prises de sang (je ressemblais à une toxico !!). J’ai mal au ventre, les échos révèlent une très légère hyperstim, mais on continue, je déclenche avec Ovitrelle.
Le jour de la ponction, on nous avait prévenu qu’il n’y aurait pas d’anesthésie générale, j’ai eu droit à divers relaxants la veille et le jour même, avec une piqûre dans la fesse de morphine, je planais mais j’avais toujours mal au ventre. On m’emmène dans la salle de ponction, on me prélève 14 follicules. La douleur était horrible, j’ai sentie les 14 prélèvements, ça a du duré 10 minutes au total, mais ça m’a parut une éternité. L’infirmière et la gynéco ne s’attendaient pas à ce que je sois aussi bruyante (j’ai pas pu me retenir, en plus chéri était en dehors de la salle de prélèvement, il stressait beaucoup car les murs n’étaient pas épais). Bref, avant de sortir, j’ai le résultats : 4 ovocytes murs, fécondés dans la journée. Je me suis dis que c’était mort cette fois-ci, car ma cousine avait fait plusieurs tentatives de FIV. A chaque fois, on lui prélevait au minimum 10 ovocytes murs, il y avait 10 embryons, mais aucun n’arrivaient au stade du blasto. Moi, avec mes 4 pauvres ovocytes, je me suis dit, c’est même pas la peine d’y penser.
Peu de temps après, le labo m’annonce 2 embryons de 4 cellules. NIKEL!!
Le jour du transfert, on m’en transfert 1, l’autre sera congelé au stade du blasto.
Le médecin m’arrête 2 semaines, car l’hyperstim est insupportable, avec restriction d’eau et régime sans sel (vous avez déjà mangé du pain sans sel ? franchement, c’est dégueu).
10 longs jours après le transfert, test pipi +++, mais je le garde pour moi, je préfère attendre la prise de sang, qui se révélera positive également.
Je suis aux anges, malgré mes atroces douleurs de l’hyperstim qui n’ont pas diminuées.

Je savoure à fond chaque moment de cette grossesse, surtout la poitrine généreuse bien que douloureuse, et la perte de poids (-3 kilos en 15 jours) dues aux nausées.
7 juin 2013 : Mais la descente aux enfers ne s’est pas fait attendre, après un décollement placentaire, l’embryon s’est arrêté de se développer (méga claque), je subi le curetage et je n’ai plus d’espoir, plus envie de rien, dégoûtée de tout. Gygy est confiant « pour nous ça a été une réussite, l’embryon s’est accroché, mais c’est la faute à pas de chance, il n’était pas viable, RDV en septembre pour le TEC ».

Aujourd’hui, j’ai repris mes 3 kilos, j’ai démarré le traitement Provames + acide folique + kargedic (puis utrogestan dans quelques jours) pour avoir un « retour de couche » avant de démarrer le traitement pour le TEC. Je n’y crois pas du tout, je sens que l’embryon de survivra pas à la décongélation, je fais le traitement par ce que c’est facile et que ça ne fera pas mal, mais sans penser une seule seconde que ça puisse marcher, car je ne veut pas revivre la fausse couche.

Dans toute cette histoire, heureusement que ma famille et belle-famille (surtout belle-maman qui m’appelais tous les jours) sont là pour me soutenir, j’en ai vraiment besoin. Je me suis éloignée ou je n’aborde pas le sujet avec les personnes qui, je suis sure, ne comprendrons rien. Pour chéri, je sens qu’il ne vit pas l’histoire comme moi. Il a très envie d’un bébé, ce projet qui nous unit pour la vie, mais comme ce n’est pas lui le « problème », il s’en détache beaucoup plus facilement que moi.

Myomes et infertilité : indications thérapeutiques

Mais tout d’abord, un peu de vocabulaire pour faciliter la compréhension: les myomes utérins sont des tumeurs bénignes qui se développent dans la musculature de l’utérus. Ils sont souvent connus sous le nom de fibrome. En colonisant l’utérus, ils peuvent empêcher l’embryon de s’implanter correctement,, voire de s’implanter tout court. 

L’article qui suit, écrit par Philippe MERVIEL et une équipe de chercheurs,  est à lire .

Myomes et infertilité

En 2011, Somigliana rapportait une étude sur les taux de grossesse en FIV en cas de myome interstitiel sans empreinte sur la cavité utérine. Cette étude prospective concernait 240 femmes, 120 avec myome et 120 sans, ajustées sur l’âge et le nombre de cycle de FIV. Les femmes avec myomes (de 10 à 50 mm de diamètre) étaient explorées par 3 médecins (variabilité intra et extra-observateur < 20%) en échographie et hystérosonographie, avec exclusion des myomes avec empreinte cavitaire ou ceux qui avaient plus de 50% de leur diamètre en sous-séreux. Lorsque plusieurs myomes interstitiels co-existaient, le diamètre du plus gros myome était retenu. La stimulation ovarienne a consisté en un protocole long agoniste de la GnRH + FSH/hMG avec les conditions habituelles de déclenchement, de culture embryonnaire et de transfert. Dans 61 cas (51%) le myome interstitiel était isolé, alors qu’il y en avait 2 (18% des cas), 3 (18%), 4 (9%) et 5 (4%) chez les autres femmes.

Dans 40 cas (33%), le ou les myomes interstitiels présentaient d’une composante sous-séreuse < 50% de leur diamètre. Le diamètre moyen du myome interstitiel était de 22 +/- 10 mm avec une médiane de 19 mm (15-27). Le risque relatif en cas de myome, ajusté sur l’IMC, l’indication, les cycles annulés et le nombre d’embryons transférés, est de 1,40 (IC95% [0,72-2,75]) pour le taux de grossesse et de 1,53 (IC95% [0,73-3,23]) pour le taux de naissance vivante par cycle débuté. De même les taux de fausse-couche spontanée sont de 21% versus 27% (p : 0,74) que la femme ait ou non un myome interstitiel.

Les auteurs ont étudié l’impact d’un myome purement interstitiel ou interstitiel et sous-séreux (< 50% du diamètre), d’un myome interstitiel isolé ou de 2 ou plus, d’un myome interstitiel de < 20 mm par rapport à ≥ 20 mm : il n’existe aucune différence significative selon ces situations.

Six méta-analyses depuis 2001 se sont penchées sur l’impact des myomes interstitiels sur la fertilité, avec des résultats divergents. Pritts (2001) et Donnez (2002) n’avaient pas retrouvé d’impact de ces myomes sur la fertilité, alors que Benecke (2005), Somigliana (2007), Pritts (2009) et Sunkara en 2010 montraient un effet négatif des myomes interstitiels sur les chances de grossesse. Cette dernière méta-analyse incluait 19 études et rapportait un risque relatif de grossesse et de naissance vivante en présence d’un myome interstitiel de 0,85 (IC95% [0,77-0,94], p : 0,002) et de 0,79 (IC95% [0,7-0,88], p 4-6 cm) aient un impact sur la fertilité et que leur exérèse améliore celle-ci. Cependant, la limite de toutes ces études est l’âge de la femme lors de l’analyse des résultats, car on sait que cette pathologie survient plus fréquemment chez les femmes après 38 ans, à une période où d’autres éléments comme la qualité ovocytaire ou l’âge du conjoint peut intervenir dans les chances de grossesse.

Résumé :

Si les myomes sous-muqueux sont responsables d’infertilité, et leur exérèse souhaitable, la question des myomes interstitiels sans participation dans la cavité utérine reste d’actualité. Il apparaît néanmoins que des myomes interstitiels de plus de 5 cm doivent être opérés, afin d’améliorer l’implantation embryonnaire. Ceux-ci peuvent être traites par coelioscopie (si 4 cm. Il est évident que la taille du myome doit être prise en considération si l’on pense que le myome interstitiel perturbe la vascularisation myométriale, sous-endométriale et endométriale et interfère donc avec la grossesse par ce biais.

 

Les interventions lors des JTA font l’objet d’articles complets. Articles qui sont très intéressants à lire. Vous trouverez sur le site de Journées Techniques Avancées, une liste avec de très nombreux articles écrits par des médecins, des chercheurs. 

Source : lesjta.com

Notre parcours : Entre deuils et (dés)espoirs…

C’est l’histoire de ma vie de fertile et d’infertile, de belle-mère et de mamange, de fausses couches et d’infertilité secondaire, de FIV et de toute la complication liée à la PMA…

Depuis que j’ai rencontré mon homme tout est allé très vite. En juin 2009 j’arrêtais la contraception et je tombais enceinte en août. Plutôt fertile la fille… Nous étions heureux et insouciants, tout marchait comme sur des roulettes.

J’allais passer de belle-mère à mère et faire de ma famille une belle famille recomposée unie.

Et puis un jour le drame nous tombe dessus : Au 6ème mois de grossesse je déclare une pré-éclampsie sévère qu’on appelle hellp-syndrome. Ma vie est en jeu et c’est un sauvetage maternel qu’il faut faire au plus vite. Malheureusement, mon petit garçon, trop petit à ce stade de la grossesse, naît sans vie. Il ne survit pas à cette césarienne d’urgence. Mon petit Léo est parti rejoindre les Anges.

C’est le début de l’enfer. La médecine m’a sauvé la vie, mais mon bébé n’était plus là. Mon corps vit, mais mon âme est morte depuis ce jour de janvier 2010.

Après tout un travail de deuil périnatal, des séances de psy, un congé maternité sans bébé, j’ai voulu recommencer les essais bébé. Nous nous disions que tout viendrait très vite comme pour la 1ère grossesse. Mais ce n’était pas le cas du tout : Après tout, mon corps devait se remettre de ce traumatisme et après une césarienne il est nécessaire de ne pas aller trop vite.

Je suis retombée enceinte 10 mois après le début des essais, en mars 2011. Le début de grossesse se passait bien et ne présageait pas le pire. C’est à 13 SA au moment de faire la déclaration de grossesse qu’on s’apérçoit que la grossesse s’est arrêtée. Le pire c’est que la grossesse s’était arrêtée 4 semaines auparavant sans même que je me rende compte : je vivais avec un embryon mort dans mon ventre et je n’ai même pas été capable de déceler ça. Pire, les médecins ne m’ont pas suivi comme ils auraient du le faire.

Le ciel nous tombe sur la tête. Vivre une fausse couche est une expérience douloureuse qu’on a tendance à banaliser. La souffrance est certes moins importante que celle de la perte de mon bébé, mais c’était tout comme. Et mon entourage ne comprenait pas. Il faut le vivre pour le comprendre.

Et toujours en parallèle, je remplissais chaque jour mon rôle de belle-mère en cachant à mes beaux-fils ma tristesse et mon désarroi pour ne pas les angoisser. Ils avaient déjà été traumatisés par la mort de leur demi-frère, il ne fallait pas en rajouter.

On ne s’est pas découragé pour autant. On redébute les essais 1 mois après le curetage. C’est à ce moment que je demande à mon gynéco une aide pour stimuler les ovaires. Le clomid fonctionne bien : je retombe enceinte en octobre 2011. Cette fois ma grossesse est hyper contrôlée avec échographie toutes les 2 semaines. C’est à 10 SA qu’on voit que l’activité cardiaque de l’embryon s’est arrêté. Je repasse par un curetage.

De nouveau, je sombre. Je passe par une période de dépression, ma vie n’a plus de sens, pourquoi le sort s’acharne contre nous ?

Je me remets sur pied 3 mois plus tard. Toujours en essais avec le clomid, mais cette fois ça ne fonctionne pas.

Autant mon gynéco était fort sympathique mais le bilan de FC qu’il m’a fait faire était incomplet. Selon lui, pas besoin d’hystérographie et d’hystéroscopie car j’étais déjà tombée enceinte donc il n’y a pas de problème du côté des trompes ni de l’utérus. Pour lui il fallait attendre, et passer aux IAC si le clomid ne fonctionnait pas.

Je change tout de même de gynéco pour avoir un 2ème avis médical… et j’ai eu raison. Je complète mon bilan en faisant une hystéroscopie qui révèle une infertilité secondaire. Mon utérus était rempli de synéchies : c’est la conséquence des curetages. En gros, les parois intérieures de l’utérus étaient collées entre elles donc la nidation ne pouvait pas se faire. J’aurais pu rester comme ça longtemps, et sans l’opération, il aurait été difficile de concevoir. Merci le nouveau gygy !

Une fois la levée des synéchies effectuée, les médecins sont confiants… nous aussi.

Je retombe enceinte naturellement 3 mois après, en septembre 2012 mais cette joie fût de courte durée car à 5 SA, une semaine après avoir eu mon test +, je perds du sang. C’est ma 3ème FC et c’est la première fois que ma FC est « naturelle ». Je laisse faire la nature, les HCG diminuent petit à petit. J’attends que mon cycle se remette en place… au bout d’un mois toujours pas de RDC et chose incroyable mon test de grossesse est positif ! Je suis tombée enceinte 15 jours après cette FC précoce!

Nous sommes ravis, même si angoissés.

C’est à 9 SA que, de nouveau, nous perdons l’activité cardiaque de cet embryon qui était en train de se développer.

C’en est trop : 5 grossesses, un bébé décédé et 4 FC.

Le gynéco me propose une FIV. Je rentre officiellement dans le monde de la PMA. Selon lui, la cause des FC à répétitions est inconnue. Mes examens sont tous Ok, il semblerait que mes ovocytes ne sont pas de bonne qualité. Alors pourquoi j’ai réussi à tenir mon fils pendant 6 mois ? aucune explication : le hellp syndrome est complétement indépendant des FC suivantes.

Ma FIV est prévue pour mars 2013. Ma pds est positive, mais c’est le début des complications : syndrome HSO (hysperstimulation ovarienne), puis ma grossesse s’arrête. On croit tous (les médecins et nous même) à une GNE. En fait, je faisais une GEU rare : le contour de l’œuf était resté dans l’utérus (enlevé par curetage car le cytotec n’a pas fonctionné) et les cellules issues de l’œuf se sont fait la malle à l’extérieur de mon utérus. Ces cellules se sont logées sur mon ovaire gauche et se développaient bien tranquillement sans me provoquer des saignements comme une GEU « classique ». L’amas de cellule, invisible à l’écho (seulement visible au doppler) était de la taille d’une balle de ping pong. J’ai donc été opérée en urgence (et à temps !) par coelioscopie et j’ai perdu ma trompe gauche.

Cette opération était un mal pour un bien : les médecins ont constaté que ma césarienne avait fait beaucoup de ravages : adhérences utérus-vessie, utérus-ovaire-intestins. Ils en ont profité pour tout décoller.

Était-ce une cause de FC ? Dans tous les cas, je suis certaine que cette césarienne a détraquée « la machine ».

Mon médecin me parle de FIV DO, surement car aucune cause d’infertilité n’a été identifiée : je n’ai pas d’OPK, je ne suis pas en insuffisance ovarienne, ma trompe droite est parfaite, mon utérus (intérieur et extérieur) est niquel, les zozos de mon mari ont une vitalité de 80% et sont plus que parfaits, les cariotypes sont bons, bilan sanguin et hormonal OK…

Les causes peuvent être :
– la mauvaise qualité ovocytaire
– la détérioration de mon appareil génital suite au gros traumatisme lié à ma césarienne et mon hellp-syndrome
– psychosomatique car l’aspect psychologique n’est pas négligeable après tout ce vécu dramatique

Avant d’envisager la FIV DO, nous tenterons une autre fIv ICSI en septembre 2013, et pourquoi pas une grossesse naturelle avant septembre (encore faut-il réussir)… au risque d’avoir de nouveau une FC.

Bref, je vis mon deuil, je vis entre espoirs et désepoirs, je vis dans ce monde de la PMA où :
– il faut trouver sa place,
– il faut accepter le monde médical,
– il faut subir la souffrance à même le corps,
– il faut apprendre à accepter les échecs
– le couple est mis à rude épreuve,
– il faut accepter le DO dont le patrimoine génétique ne sera pas le même que moi,
– il faut se poser la question de l’éventualité : « et si ça ne marche pas : on fait quoi ? »

En attendant, je « sur »vis depuis le décès de mon bébé… tout en vivant ma vie de belle-mère et de femme meurtrie par la tristesse de ne pas réussir à concevoir et surtout avec l’image de mon bébé qui aurait du avoir 3 ans cette année.

Le drilling ovarien

Le drilling ovarien est une technique chirurgicale pratiquée par coelioscopie et sous anesthésie générale destinée aux femmes souffrant du Syndrôme des Ovaires PolyKystiques pour qui les traitements hormonaux de première intention (= citrate de clomifène (CC) et / ou gonadotrophines) n’ont pas permis d’obtenir de grossesse. Son but est de rétablir une ovulation spontanée ou tout du moins de favoriser une meilleure réponse aux traitements hormonaux. Son bénéfice est durable (sur plusieurs années !) mais non permanent.
La gynécologue de mon nouveau centre AMP me l’a recommandé après avoir vu que mon ovaire droit était augmenté de volume, que le diagnostic OPK ne faisait aucun doute et suite aux échecs dans mon premier centre AMP. Elle m’a indiqué une possible ovulation / grossesse spontanée dans environ 80% des cas, mais dans la littérature on tourne plutôt autour des 50% (58% si on donne en complément un traitement inducteur de l’ovulation) comme l’indique le Pr Hervé Fernandez dans la revue « La lettre du Gynécologue » datant de mai 2008. Dans cet article il indique également un possible effet bénéfique sur la survenue de fausses couches spontanées (environ 11-15% contre 30% dans la population OPK : amélioration de la qualité ovocytaire ? de la maturité ?) et cet acte chirurgical permettrait bien évidemment d’éviter les risques de grossesse multiple et d’hyperstimulation. En comparaison on estime le taux de grossesse à 35-40% dans le cadre d’un traitement au CC et il est de 20% dans le cas d’une stimulation par des gonadotrophines.

Concrètement l’opération consiste à perforer à de multiples reprises la surface des ovaires (apparemment il est recommandé de pratiquer 4 à 8 perforations). En effet dans le cas des OPK, les follicules en surnombre s’accumulent à la surface de l’ovaire sans qu’un seul d’entre eux ne vienne à maturité et soit expulsé (comme c’est le cas normalement). Cette « coquille » de follicules empêche le bon fonctionnement de l’ovaire, limite sa sensibilité aux hormones endogènes voire même favorise la production de testostérone.
Ainsi « soulagé » l’ovaire retrouve sa fonction, les rétro-contrôles hormonaux sont rétablis et l’ovulation spontanée est envisageable.
C’est ainsi que ma gynécologue m’a expliqué les choses, pour elle aucun follicule n’aurait jamais pu franchir cette « barrière » lors des divers stimulations que j’ai eu dans mon premier centre.

Suite à l’intervention, ma gynécologue (qui est le chirurgien qui m’a opéré) a tout de suite constaté un bénéfice au niveau hormonal : pour elle l’aspect de mon endomètre un mois post-drilling ne laissait aucun doute quant à la présence d’œstrogènes et j’ai moi-même constaté une diminution de l’acné que j’avais au visage ainsi que le retour à des cycles nettement plus réguliers. Cependant ce ne sont que des constatations, je n’ai pour l’instant eu aucun dosage hormonal et comme à l’heure actuelle je n’ai plus aucun suivi je n’ai pas de confirmation d’un retour de l’ovulation.

Pour finir je vous propose un lien vers une vidéo de l’émission « Allo Docteur » diffusée sur France 5 qui me semble claire et assez bien faite.

Le parcours d’HELIA

« L’enfant commence en nous bien avant son commencement. Il y a des grossesses qui durent des années d’espoir… » Marina Tsvétaeva

Cette citation est tellement criante de vérité… Quand les termes stim simples, IAC, IAD, FIV, FIV, ICSI ou IMSI, E2 ou LH AMH et autres barbaries du langage AMP n’ont plus de secrets pour nous, tout comme l’embryologie et ses J3, morula, les mélanges solvant/poudre ou les stylos, c’est que notre parcours est déjà bien trop long.

Nous nous sommes rencontrés il y a 5 ans déjà, il avait 31 ans et moi 33. Après 7 mois d’amour l’évidence est vite arrivée : nous voulons avoir des enfants ensemble. Magnifique projet et débutent alors nos essais, espérant ne pas attendre trop longtemps car l’envie était déjà très présente chez l’un et l’autre. Je m’inscris sur un forum pour connaitre les « trucs et astuces » (reconnaitre la glaire, vivre avec son thermomètre sur la table de nuit etc lol), pour faire une courbe de température et commencent alors les câlins programmés (si on avait su que ça durerait aussi longtemps…) et les attentes en fin de cycles toutes décevantes. Mais comme tout le monde nous commencions à parler des prénoms que nous aimons, combien d’enfants nous voudrions avoir, enfin comme tout le monde nous nous mettions à rêver…Au bout de 5 mois je vais chez ma gynéco pour un petit bilan. Elle refuse de me faire passer un quelconque examen avant un an d’essai malgré mon âge (34 à ce moment là). Quelque chose au fond de moi me dit qu’il y a un problème. 6ème sens ? J’attends encore 4 mois mais pas folle la guêpe, je ne retourne pas voir cette gynéco que j’avais choisi par sa proximité de mon domicile et non pour son empathie et sa sympathie… Que nenni je prends directement RDV dans une clinique spécialisée en AMP. Et là commence alors ce long périlleux et douloureux parcours.Dans le flot d’examens habituels tous plus glamours les uns que les autres : échos, FSH, AMH et autres prises de sang, spermo et pour finir l’hystérosalpingographie = LA torture légale du 21ème siècle… Et c’est elle, qui après m’avoir provoqué des contractions d’une violence inouïe va montrer d’où vient le problème, enfin le 1er : mes trompes. La droite est inexistante sur l’image et la gauche moyennement perméable. Le verdict tombe il faut opérer pour voir ce qu’il en est. J’ai peur et en même temps je me sens rassurée car les choses avancent enfin, je suis prise en main par un staff. Et d’entendre pour la première fois la phrase : « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. »
La cœlioscopie montre que j’ai eu une infection silencieuse qui avait tapissé mon abdomen d’adhérences et abîmées irrémédiablement la trompe droite. Bon ce n’est pas top mais il me reste la gauche. En attendant de finir nos examens la gynéco nous propose une stimulation simple (par injection évidemment = petit aparté, j’avais la phobie des piqures… lol), câlins programmés (ça on commence à connaitre ça fait maintenant un an que l’on est en essais). Et on enchaine avec le Test de Huhner qui est très moyen. Deux stim simples plus tard, on nous propose de passer aux IAC, pour contourner le problème de la glaire inhospitalière, les traitements s’alourdissent et mes hanches avec : la prise de poids est proportionnelle aux quantités injectées.On me dit de ne pas stresser, que c’est ça qui me fait grossir, ben voyons ! « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis…Les IAC s’enchainent avec des traitements qui ont du mal à stimuler mon ovaire gauche fainéant (là où j’ai mon unique trompe), au bout de 19 mois d’essais et à la 3ème IAC oh miracle :j’appelle une heure après la prise de sang et là : « Madame, votre taux est à 12 mais c’est faiblement positif nous vous laissons voir avec votre médecin ». J’en tremble, enfin c’est positif, j’appelle mon chéri qui est le plus heureux. J’ai la gynéco au téléphone « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis… Tout va bien allé, j’en suis sûre. Le taux double correctement et au bout de quelques jours j’ai des saignements… Mon cœur lâche, après tout ça je n’ai eu la joie d’avoir ce ventre plein que quelques jours… Je dois continuer les prises de sang pour vérification et stupeur le taux continue son ascension : je fais une GEU qui finira en FC spontanée quelques jours plus tard. C’est la consternation, 2 petits embryons s’étaient développés en moi, et maintenant il n’y a plus rien, mon ventre est vide, nous repartons de zéro… Et chéri, constant à mes côtés qui me soutient et m’aime…
Là super gynéco nous dit de passer en FIV, impensable pour moi, je refuse tout net puisque ça a fonctionné je veux recommencer une IAC, j’en ai le droit. J’ai un kyste à l’ovaire, je dois prendre la pilule pendant un mois puis le mois suivant IAC 4 qui est négative. Nous prenons du recul quelques temps et nous nous décidons à passer aux FIV. Je ne fais que penser à cette grossesse qui n’est plus, qui ne sera peut être jamais…RDV avec nouvelle gynéco et « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis… Nous avons notre FIV1 de programmée. Le traitement s’alourdit toujours accompagné de mes hanches et le nouveau verdict tombe à la ponction : vous avez une mauvaise qualité ovocytaire : 11 follicules et seulement 3 ovocytes de ponctionnées un embryon de qualité normale mais résultat négatif. Finalement pour la ponction, c’était une erreur technique, elle ne s’est pas très bien passée. FIV2, 11 follicules 11 ovocytes (tiens donc, il y a du progrès) 9 mures et micro-injectés, 4 embryons et 2 de replacés à J3, pas de congelés et résultat négatif encore une fois. Cette fois ci, je veux avoir un 2ème avis, car la qualité de mes ovocytes est bien en cause.
Un ponte, « Dr Cosinus », qui fait des recherches et publie des articles, nous explique son approche différente des autres (anti oxydants) et nous tentons l’aventure avec lui. « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Il nous fait passer des examens : cette foutue hystérosalpingo-sa-mère-que-ça-fait-mal qui me vaut un malaise vagal… Il me diagnostique des ovaires micro polykystiques, bizarre c’est le seul mais bon, c’est lui le spécialiste ! Quelques boites d’anti oxydants plus tard c’est parti pour la FIV ICSI3: 9 follicules, seulement 3 ovocytes mures et un seul fécondé. J’appelle le matin et le biologiste ne nous donne pas beaucoup d’espoirs car l’embryon n’est pas super. Mais étonnamment il résiste, passe les jours et l’on me dit d’appeler le matin du J6 : il est exactement comme il doit être, transfert dans 2 heures : c’est un warrior. L’attente interminable pour la prise de sang (que j’ai avancé de 2 jours) et c’est positif. Enfin, 2 ans presque jours pour jours après la première fois, après 3 ans et demi on le tient, le taux est bien, dans la norme.
Première écho pour vérifier qu’il soit bien placé, il est là, au bon endroit, nous voyons la vésicule à 5SA+5. Malheureusement à 9SA+1 c’est fini, le cœur ne bat pas, et un 2ème embryon s’était développé mais est très en retard… L’aspiration aura lieu 2 semaine plus tard à 11SA, parce que ce n’est pas une urgence au sens médical. C’était il y a un an. Tout ce que le gynéco a dit c’est : « Rien ne vous sera épargné… ». Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis…
J’ai voulu 2 mois et 1/2 après refaire une FIV4 avec lui, qui se soldera par un échec cuisant tant sur le nombre de follicules (7) que d’embryons (0). Et de me rendre compte que le « Dr Cosinus » n’est pas si ponte que ça. Nous ne sommes plus à un avis près, nous allons voir un autre gynéco qui réfute le diagnostique précédent et me dit que mes ovaires sont juste « vieux », qu’ils ont mon âge 37 ans à l’époque. Et ce fut surtout le début de ma descente, mon burn out comme ils disent.
Là j’ai vite compris que seule cette fois ci je ne pouvais plus prendre sur moi, la femme forte s’est étiolée sur le parcours, je n’y arriverai pas, je suis allée voir mon généraliste qui m’a dirigé vers une psychologue qui m’a aidé à évacuer tout ça pendant 6 mois et qui m’accompagnera encore lors de nos prochains essais. Maintenant tout va mieux, ce vide, ce manque est toujours là mais j’arrive un peu mieux à vivre avec.
Ce printemps nous avons refait une FIV4 bis, mes ovaires ne se sont pas réveillés, un seul follicule donc nous avons fini par faire une IAC5 pour ne pas gâcher mais résultat négatif comme nous nous en doutions.

Ce parcours peut paraitre noir, difficile, oui il l’a été. Quand malgré toute la bonne volonté des familles et des ami/es, ils ne peuvent pas comprendre et nous soutenir. Quand nous préférons ne plus leur en parler car ce serait trop compliqué d’expliquer la fatigue physique et psychique.

MAIS si nous continuons c’est que nous avons toujours de l’espoir, des années d’espoir pour pouvoir un jour être parents, nous qui sommes passés au travers de ces épreuves ensemble et qui en sommes ressortis plus forts.

HELIA1