La PARENTAISE

L’équipe de l’association COLLECTIF BAMP, est émue de vous annoncer la création par Ludivine GUINET, d’un espace de ressources, de réflexions et de soutien autour de l’après PMA sans enfant. Problématique que notre association n’a jamais occulté car c’est une réalité vécue par beaucoup d’entre nous (hommes et femmes). Un sujet encore plus tabou que l’infertilité et l’AMP, nous devons ensemble contribuer à ce qu’il ne le soit plus.

Mais pourquoi ce nom, LA PARENTAISE ? C’est un jeu de mot, pour dire : « les parents se taisent » et le mot parenthèse, Les personnes qui sont sorties de l’amp sans enfant, se sont beaucoup projetées en tant que parents, sont parents dans leur tête, se voient parents, se pensent parents. Ou ils voudraient ne plus se vivre, ni se penser parents mais ils ne peuvent le dire, ils doivent taire cette histoire, ce désir, car notre société ne laisse pas d’espace, ni de lieu pour parler de cette situation. C’est aussi la métaphore de la PARENTHÈSE, ouvrir une parenthèse, fermer la parenthèse.

En tout cas, c’est le nom de ce nouveau projet et cela lui va bien.

Ludivine, nous t’adressons nos encouragements et notre soutien, pour ce beau projet solidaire et collectif.

 

La parentaise

Cet espace a été conçu pour toutes les personnes qui se questionnent et souhaitent échanger sur la construction d’une vie possible sans enfant, il y a autant d’éléments de réponse que de parcours de vie.

En 2014, j’ai créé mon blog pour témoigner de mon cheminement du renoncement vers le deuil de la maternité en espérant que cela puisse aider les personnes qui se questionnent sur l’après PMA sans enfant.

Enrichie par cette expérience personnelle et par mon métier d’art-thérapeute, je propose donc aujourd’hui un espace de soutien autour de 3 axes :

  • Des réflexions pour se questionner, avancer et cheminer.
  • Des ressources pour se documenter (articles, livres et témoignages).
  • Du soutien pour se sentir épaulé et pour échanger via le forum privé.

 

 

Cet espace est collectif, n’hésitez pas à partager également vos idées & articles pour que nous puissions ensemble briser le silence autour de ce deuil si tabou et invisible aux yeux de la société.

Il y a malheureusement trop peu d’échos sur l’après-PMA en cas d’échec et pourtant il est important d’avoir conscience qu’un couple sur 2 peut ressortir de la PMA sans enfant. Devant un tel manque sur ce sujet et n’ayant trouvé que trop peu de ressources en France, j’ai eu envie de créer cet espace de soutien :

  • pour être en lien avec d’autres personnes et permettre de rompre la sensation d’isolement.
  • pour faire entendre la voix de ceux qui n’osent pas forcément s’exprimer.
  • pour valoriser d’autres chemins différents de ceux qu’on avait prévus.

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Ludivine GUINET, Art-Thérapeute

LA PARENTAISE c’est par là

Tribulations d’une psy spécialisée en périnatalité !

L’auteure, Carole Bourgatte, née en 1982, est nancéenne, psychologue et professeure de lettres.
Grâce à son personnage, Émilie, héroïne du roman, elle nous fait vivre le quotidien non-ennuyeux et non-redondant de cette psychologue spécialisée en périnatalité.

Dire que j’ai dévoré ce roman est peu dire ! Il ne m’aura fallu que quelques heures pour en venir à bout !
Même si cela est inspiré de « la vraie vie », il n’en est pas moins que cela reste une fiction, mais une fiction qui « colle » tellement à des situations existantes que finalement on se dit qu’Émilie doit travailler dans la maternité à côté de chez soi !

Émilie, son époux Thomas, leur couple d’amis, ses collègues de travail (sages-femmes, gynécologues,…), ses patients, les joies, les peines, toute cette « tranche de vie » est admirablement décrite par l’auteure.

Ce n’est pas un livre sur la PMA, c’est un ouvrage qui traite, avec tout le sérieux que cela requiert, de toutes les situations qu’une psy en maternité est amenée à rencontrer : naissances prématurées, perte d’un enfant, parcours PMA,….en plus de tout cela, on entre dans la sphère intime de l’héroïne et d’une de ses patientes, Elsa, enceinte et angoissée qui se trouve être au cœur d’une intrigue qui est développée tout au long de cette lecture.
J’ai envie de ne pas vous en dire plus, découvrez, savourez par vous-même !

On rêve toutes d’avoir une psy « super-cool » et disponible de la sorte dans notre centre PMA !
Les situations décrites dans l’ouvrage sont quelques fois dures et angoissantes, de ce fait, si vous êtes enceinte à tendance angoissée, attendez d’avoir accouché pour le lire 😉

Se procurer cet ouvrage
https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/871809/s/for-interieur-27bf5b3ccf/category/1566/#.Wcsp92i0OBY

 

Prochaine Rencontre Bamp à Paris « Et si ça ne marche pas ? Vivre sans enfant après la PMA »

Rencontre thé-matique à Paris

Nous vous proposons dans le cadre des rencontres Bamp!, une nouvelle rencontre sur le thème  « Et si ça ne marche pas ? vivre sans enfant après la PMA ».

Le samedi 18 février 2017 à Paris

Quand on arrive en fin de parcours, quand on a enchaîné les espoirs et les échecs, on se demande parfois comment on fera si jamais la PMA n’aboutit pas à la naissance d’un enfant. Un couple sur deux sortira du parcours d’aide médicale à la procréation sans enfant. Certains se tournent vers l’adoption, d’autres non. Comment alors reconstruire la vie, le couple après tant d’années d’un espoir qui restera inassouvi ?

Nous vous proposons d’échanger à ce sujet, samedi 18 février 2017 de 14h à 17h, à Paris. Cette rencontre est réservée aux personnes qui ont déjà enchaîné plusieurs tentatives, ou qui ont renoncé à poursuivre en PMA, et qui ont besoin de partager leurs ressentis, leurs peurs, leurs espoirs aussi.

Pour plus d’informations et s’inscrire : viesansenfant@gmail.com

(Pour des raisons d’organisation, groupe limité à 10 personnes maximum.)

Rencontre Bamp « Et si ça ne marche pas? Vivre sans enfant après la PMA »

Rencontre thé-matique à Paris

 

Dans le cadre des rencontres Bamp !, nous vous proposons une rencontre sur le thème « Et si ça ne marche pas ? vivre sans enfant après la PMA ».

Le samedi 10 décembre 2016 à Paris

Quand on arrive en fin de parcours, quand on a enchaîné les espoirs et les échecs, on se demande parfois comment on fera si jamais la PMA n’aboutit pas à la naissance d’un enfant. Un couple sur deux sortira du parcours d’aide médicale à la procréation sans enfant. Certains se tournent vers l’adoption, d’autres non. Comment alors reconstruire la vie, le couple après tant d’années d’un espoir qui restera inassouvi ?

Nous vous proposons d’échanger à ce sujet, samedi 10 décembre 2016 de 14h à 17h, à Paris. Cette rencontre est réservée aux personnes qui ont déjà enchaîné plusieurs tentatives, ou qui ont renoncé à poursuivre en PMA, et qui ont besoin de partager leurs ressentis, leurs peurs, leurs espoirs aussi.

Pour plus d’informations et s’inscrire : viesansenfant@gmail.com

(Pour des raisons d’organisation, groupe limité à 10 personnes maximum.)

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Une vie sans enfant après l’AMP – Rencontre Paris

Rencontre thé-matique à Paris
12 décembre 2015

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Dans le cadre des rencontres Bamp !, nous vous proposons une rencontre sur le thème « vivre sans enfant après la PMA ».

On l’oublie parfois, mais un couple sur deux sortira du parcours d’aide médicale à la procréation sans enfant. Comment alors reconstruire sa vie, le couple après tant d’années d’un espoir qui restera inassouvi ?
Le chemin du renoncement est à l’image du deuil, il y a des étapes successives qui parfois s’entremêlent comme :

– le choc
– le déni
– la douleur
– la culpabilité
– la colère
– le marchandage
– la dépression
– la reconstruction
– l’acceptation.

Le sentiment de solitude, qui parfois se manifeste lors du parcours d’AMP, peut se renforcer au moment de la fin des tentatives. On parle très peu de cet « après », comme si ce sujet était tabou, ce qui isole encore un peu plus les couples sans enfants.

C’est pourquoi nous souhaitons nous réunir autour de ce thème le samedi 12 décembre 2015, à Paris.

Le lieu est à définir selon le nombre de participants.
Pour plus d’informations et pour vous inscrire pour y participer : viesansenfant@gmail.com

Association AGAPA : Colloque le 22 Septembre

logo AGAPA

COLLOQUE DE L’ASSOCIATION

AGAPA

http://www.association-agapa.fr/

AFFICHE AGAPACapture

A l’occasion de ses 20 ans d’existence, AGAPA désire, par ce colloque, créer un temps de réflexion et d’échanges entre les différents acteurs concernés, afin que chacun puisse proposer un accompagnement toujours plus adapté aux personnes en souffrance et, que celles-ci puissent trouver en elles les ressources pour aller vers l’apaisement.
INSCRIPTION ET PROGRAMME  :  Ici
Créée en 1994, l’association AGAPA propose accueil, écoute et accompagnement, à toute personne touchée par la mort d’un enfant autour de la naissance ou par une grossesse qui n’a pu être menée à terme.

Vous avez vécu, ou l’un de vos proches a vécu, une interruption de grossesse médicale, ou accidentelle, IMG, fausse-couche, grossesse extra-utérine, réduction embryonnaire, mort in utero).  Cet événement est récent, ou remonte à plusieurs, voire de très nombreuses, années. Aujourd’hui, vous ressentez peut-être  le besoin d’en parler. Peut-être aussi est-ce difficile de le faire avec votre entourage.
C’est pour vous offrir un espace de parole et un soutien que l’association AGAPA a été créée en 1994. Oser dire, vous donner le droit d’exprimer ce que vous ressentez et savoir que cela va être écouté, sans jugement d’aucune sorte, peut être source d’apaisement.

AGAPA vous propose, si vous le souhaitez, un accueil, une écoute et un accompagnement, respectueux de ce que vous êtes et de votre histoire, quel que soit ce que vous avez vécu.
AGAPA vous propose également de participer à un groupe de parole et d’entraide, seul(e) ou en couple, si vous souhaitez rencontrer des personnes ayant vécu, comme vous,
une grossesse interrompue (fausse couche, IMG, mort in utero) ou la perte d’un enfant à la naissance. Ce site vous donne un aperçu de qui nous sommes et de ce que nous proposons.
N’hésitez pas à prendre contact avec AGAPA :
AGAPA Paris
42, rue St Lambert – 75015 Paris
Tél : 01 40 45 06 36
E-mail : contact@agapa.fr

Fausse(s)-couche(s).

Ça faisait 20 mois que j’avais arrêté la pilule, pour être sûre de préparer mon corps, j’étais impatiente de « commencer ». La première année il nous est arrivé de ne pas « faire attention » avec la contraception, on avait alors l’impression de prendre un risque car nos situations professionnelles (beaucoup de déplacements longs et / ou à l’étranger, preuves à faire…) n’étaient pas compatibles avec un bébé. Bien sûr, au fond de nous, on savait très bien qu’on aurait privilégié le bébé. Mais on s’était laissé encore une année, jusqu’à notre mariage, pour se lancer dans la grande aventure qui commençait à nous faire sérieusement envie. Le mariage est arrivé, il a passé, et on a commencé à vraiment « faire attention » aux dates, pour bien viser et se donner toutes les chances de faire ce bébé. Eté, automne. J’ai commencé à m’inquiéter de ne rien voir venir, je sentais que quelque chose n’allait pas, comme un inexplicable pressentiment. Dans ma famille, et parmi mes proches, les gens font des enfants en neuf mois. Ils décident, ils y vont et ça marche. Je découvre que je suis l’exception. L’hiver est arrivé, un premier noël en mal de bébé m’a rongé le moral. J’ai passé le réveillon avec ma nièce sur les genoux, le nez dans son cou de bébé. Triste. Mais ça y était. 20 mois après la dernière pilule. Je ne savais pas que ce premier jour de règles était celui de ma première DDR, date des dernières règles, le fameux sésame.

J’ai découvert un mois plus tard qu’un petit embryon avait fait son nid. Nous étions fous de joie. La malchance nous quittait, bien sûr qu’il ne pouvait pas en être autrement, pas nous, nous, nous n’avons pas de problème. J’avais bien sûr vaguement peur pour le bébé de temps en temps, j’étais inquiète quand je devais prendre l’avion ou passer des journées fatigantes. Ma généraliste m’avait bien vite fait me sentir ridicule en me sermonnant sur le fait que la grossesse n’est pas une maladie et qu’il faut la vivre normalement. Alors je ne m’en suis plus fait, me fiant à ma première et seule prise de sang, rendez-vous pris à 13SA pour la première échographie. Je ne pensais plus qu’à cette date, j’avais tellement hâte de voir ce bébé que j’avais à présent l’impression d’avoir attendu toute la vie. J’étais sereine, un peu fatiguée, un peu barbouillée parfois mais tellement heureuse…

Une semaine avant l’échographie prévue, mon mari est parti pour un déplacement d’un mois à l’étranger. A son retour, j’aurais sûrement un petit ventre déjà rond. J’appréhendais de me rendre seule au rendez-vous, ça me chagrinait de ne pas partager ce moment avec lui. Mais d’un autre côté j’étais aussi un peu contente d’avoir le petit bout pour moi toute seule à l’occasion de cette première rencontre. Je comptais les jours qui me séparaient de ce lundi de mars. Le vendredi, trois jours avant, j’ai remarqué de légères traces rosées sur mes sous-vêtements. Dans le doute, j’ai téléphoné à mon gynéco, qui ne savait pas encore que j’étais enceinte, il m’a proposé de passer dans l’après-midi. Le temps que je me rende à son cabinet, les pertes s’étaient arrêtées. J’ai failli annuler, mais l’envie de voir le bébé était plus forte que tout, si près du but.

Le gynéco m’a rassurée sur les pertes et m’a dit que c’était très fréquent. Que si je ne saignais pas rouge et n’avais pas de douleurs, tout était ok. Ensuite, il m’a adressé un grand sourire et m’a proposé de regarder le bébé. J’étais aux anges. Il a commencé par une échographie pelvienne, la première de ma vie. J’étais déjà émue quand il a commencé à étaler le gel. Il ne voyait pas le bébé, il est donc passé en échographie endovaginale. Et je l’ai vu. Mon tout petit haricot avec ses petits bourgeons de main, sa grosse tête, recroquevillé en bas de l’image, son dos en arrondi. Tout cet amour que je portais déjà en moi, matérialisé sur une image. Le gynéco a froncé les sourcils, je n’en menais pas large. Il a allumé le son. J’ai entendu un grondement sourd. Le gynéco, l’air soucieux, ne parlait pas, il jouait avec la sonde, zoomait, dézoomait. Il a soupiré. Dans un souffle, j’ai demandé si on n’était pas supposé entendre son cœur. Le gynéco a coupé le son et l’image, et m’a répondu en passant une main sur ma joue que ce n’était pas bon. Le cœur de mon bébé s’était arrêté depuis au moins le début de la semaine.

Je me suis rhabillée puis je l’ai suivi dans son bureau, les larmes coulaient. Il me parlait mais je ne comprenais pas ce qu’il disait. Il m’a arrêtée jusqu’au mercredi, date à laquelle il m’avait réservé un box pour le curetage. J’ai juste entendu que ce genre de choses, malheureusement, arrive souvent et qu’il ne faut pas être inquiet pour la suite. Et j’ai aussi compris qu’il ne faudrait pas que le bébé sorte tout seul, que j’aille aux urgences en cas de saignements importants ou douleurs.

Les jours qui ont suivi ont passé comme une brume glacée. Le matin au réveil, je croyais que mon bébé était encore là, que ce n’était qu’un mauvais rêve. Il m’arrivait de poser la main sur mon ventre en pensant à lui. Puis je me rappelais. Et les larmes revenaient. Le dimanche, j’ai commencé à saigner. J’avais peur de perdre le bébé toute seule, de le voir, avec ses petites mains et ses petits pieds qui ne grandiraient jamais. Par chance mon mari a pu revenir pour quelques jours. Le lundi matin il m’emmenait en urgence à la clinique, on m’opérait dans la foulée. L’autopsie de l’embryon n’a rien révélé d’anormal. C’était une petite fille, on l’aurait appelée Léa. En secret, je lui ai donné son nom. Le jeudi mon mari repartait.  Le lundi je retravaillais. C’est un vide énorme qui m’a suivie partout pendant de longues semaines. J’essayais de m’accrocher, il m’arrivait de rire, mais je n’étais plus la même, et je ne le suis jamais redevenue. La part d’insouciance est partie pour toujours. L’impression d’avoir laissé un morceau de moi et de mon âme derrière nous, à contrecœur. Etre enceinte me manque, mon bébé me manque, je pense à elle et j’en pleure encore parfois aujourd’hui. Jusqu’à la date prévue de l’accouchement, j’ai vécu la grossesse en l’imaginant et le jour J je n’étais pas belle à voir.

J’ai donc compris que nous n’étions pas dispensés d’en baver dans la vie. Alors on a accepté qu’il faudrait peut-être encore du temps, même si dès le mois suivant mon retour de couche, bénédiction du gynéco en poche, nous avons recommencé à tout faire pour avoir un bébé. C’était parti pour les courbes de température, l’observation de la glaire et du col de l’utérus, le moral dans les montagnes russes, calé sur mes cycles. On se disait qu’on avait mangé notre pain noir et que notre tour arriverait dans les mois qui venaient. En septembre, toujours rien. Nous sommes retournés voir le gynéco et lui avons expliqué, les dix-huit mois d’essais, les deux ans et demie d’arrêt de pilule, on a un peu insisté pour qu’il fasse quelque chose. Quelques ordonnances plus tard, on était partis pour une première série d’examens et une première tentative de stimulations simples sous citrate de clomifène.

Les examens n’ont rien donné, les 5 mois de traitement non plus. Le verdict : hypofertilité inexpliquée. On passe un mois sans traitement pendant lequel on profite du calme pour faire deux derniers examens (hystérosalpingographie et test de Hühner) et on embraye sur les inséminations. L’HSG revient ok, le Hühner pas terrible mais probablement fait au mauvais moment. Ça confirme la solution des inséminations. Sauf qu’on ne va pas en avoir besoin : je suis enceinte. Cette fois nous prenons la nouvelle avec beaucoup d’appréhensions, nous sommes toujours très marqués par la fin tragique de la première grossesse, et les 11 mois d’attente qui ont suivi.

Bien nous a pris de ne pas nous réjouir trop vite. Le taux évoluait bizarrement, par saccades, pas assez vite. Après une suspicion de grossesse extra-utérine, une injection de méthotrexate pour la stopper, sans trop d’effet, une confirmation de grossesse normale, une remontée en flèche du taux de BHCG… trop tard… pour mieux s’écrouler, la grossesse s’arrête à 7SA. Nous étions préparés mais le coup est rude, l’enchaînement d’évènements est intense. Je souffre de l’arrêt de cette deuxième grossesse, et la perte du premier bébé me revient comme un boomerang.

Je me rends compte que ce premier deuil ne sera pas terminé avant… longtemps… Et cette seconde perte vient s’y ajouter. Je sais que le jour où nous serons parents, nous trouverons l’apaisement. Je vois ce deuxième embryon comme une petite étoile, je n’arrive pas à l’imaginer comme mon bébé, comme j’ai fait la dernière fois. Je crois que je me suis trop endurcie, et je n’y ai presque pas cru. C’est tout ce temps perdu que je trouve difficile à tolérer. Nous nous demandons pourquoi le sort s’acharne comme ça, mais nous savons bien maintenant que nous ne sommes pas les seuls. Et nous savons bien que du pain noir, il peut y en avoir encore. Depuis quelques mois, la blogosphère constitue un appui plus que salutaire, surtout pour moi. Ça n’enlève pas la peine, mais on se soutient les unes les autres, comme on peut.

Il n’est plus question pour l’instant de reprendre le traitement. Trop de mal a été fait, trop de plaies sont à panser. Les inséminations attendront un nouvel automne. Malgré cette pause qui me semble nécessaire, malgré l’insouciance qui nous a quittés, cette maudite hypofertilité inexpliquée nous fait espérer à tort à chaque cycle puisque ces deux grossesses ont pu démarrer en l’absence de stimulation, l’envie d’avoir ce bébé est plus forte que jamais. Nous devons reprendre des forces, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot.

En résumé, ce qui ferait avancer les choses :

– les fausses-couches sont banalisées par le monde médical (ce n’est peut-être pas mis en avant dans l’article mais j’en ai souffert), proposer un suivi, une écoute, ou tout simplement leur accorder l’importance nécessaire ne serait pas un luxe, et même pour une première fausse-couche hors AMP. (pour la deuxième à 7SA j’ai du réclamer deux jours d’arrêt, sur lequel était écrit « métrorrhagies », comme si la perte de mon bébé n’existait que dans ma tête).

– les fausses-couches ne sont considérées comme « à répétition » qu’à partir de 3 fausses-couches. Avant 3, ce n’est aucunement considéré comme un problème du point de vue des médecins. Les examens de base, et les moins coûteux, pourraient être proposés avant. Que de temps perdu et que de chagrin sacrifié quand on s’aperçoit d’un problème après 3 fausses-couches. Il en va de même pour les examens pratiqués sur les embryons, qui ne sont pas systématiquement faits.