Diagnostiquer une infertilité avant le désir d’enfant ?

Est- il possible de diagnostiquer une infertilité avant le désir d’enfant ? Je m’interroge sur cela notamment de par mon parcours. Et je me demande en même temps si cela ne changerait pas la donne pour tous les couples en général d’avoir cette possibilité.

Lorsque j’ai consulté une gynécologue pour la première fois en vue d’une prescription pilule, elle m’a d’abord fait un bilan hormonal. C’était il y a plusieurs années, je n’ai pas vraiment tenu compte de ce bilan, le but pour moi était d’avoir ma prescription pilule, je ne pensais pas au futur.

Je n’ai pas ce tout premier bilan hormonal en mains aujourd’hui car je suis expatriée à l’étranger et ce bilan est resté derrière moi en France. Pourtant je me demande ce pour quoi j’avais été testée à l’époque. Pour moi bilan hormonal c’est FSH, LH, Progestérone etc etc? Était-ce le cas de ce bilan ? Je le suppose fortement.

Je regarde en arrière sur mon parcours qui a débuté ce jour là car il est aujourd’hui admis que je fais partie du grand nombre de femmes présentant des ovaires polikystiques. Ce syndrome étant caractérisé par un rapport anormal des hormones FSH et LH, il apparaît sur mes bilans hormonaux.

Il a donc sûrement été détectable lors de mon tout premier bilan hormonal et pourtant on ne m’en a rien dit.

Et même lorsque j’en suis venue à consulter pour la première fois dans le cadre d’un désir d’enfant et qu’un nouveau bilan a fait apparaître le déséquilibre LH / FSH, la gynéco ne m’a parlé que « d’ovaires fainéants ». Pourquoi n’a-t-elle pas « osé » me dire les choses clairement ? Ça changeait quoi ?

Si j’avais su dès 2005 lorsque j’ai commencé à prendre la pilule être atteinte de ce syndrome qui peut jouer sur ma fertilité, ma vie aurait été différente. Nous avions peur au début de notre vie commune, comme tout jeune couple, qu’un accident puisse nous arriver. On y a pensé, on en a parlé. On aurait pu parler de la même manière de la probable difficulté qu’on allait peut être rencontrer et agir en connaissance de cause.

Bien sûr si je disais ça aujourd’hui à la gynécologue qui m’a fait ce premier bilan elle me dirait « mais madame, il y a plein de femmes OPK qui ont des enfants sans aucun souci ». OK mais dans mon propre cas, ce bilan et mes cycles irréguliers laissaient quand même présager un dysfonctionnement réel.

Je me demande si l’on m’a caché ou non ce diagnostic il y a si longtemps ? Et j’ai bien l’intention d’en avoir le cœur net en regardant de plus près le bilan hormonal en question dès que j’en aurai la possibilité.

Ce questionnement personnel, j’ai envie de l’élargir à un questionnement de groupe dans le cadre du collectif BAMP. Pensez- vous qu’il faille mettre en place certains diagnostics le plus tôt possible ? Est ce que certains ou certaines d’entre vous ont su bien avant que la question ne se pose que l’infertilité serait possible et est ce que ce diagnostic était avéré ?

Je ne parle pas bien sûr de faire subir à chaque homme et à chaque femme un spermogramme et un bilan hormonal car de toute façon le coût de cela serait faramineux et donc inenvisageable. Mais pour certains cas ? S’il y a des risques qui peuvent être héréditaires, ne peut-on pas proposer aux personnes concernées un examen ?

Mon mari, par exemple, je ne sais pour quelle raison, a depuis très longtemps (bien avant de me rencontrer) cette peur d’être stérile. C’est la peur la plus forte qu’il ait et même aujourd’hui où on sait qu’il n’en est rien, il garde cette angoisse. S’il lui avait été possible d’être rassuré plus jeune n’aurait-il pas pu depuis se débarrasser de son angoisse ?

Pour ma part, je sais aujourd’hui que le SOPK est là en moi depuis ma naissance, j’aurais aimé le savoir avant. J’aurais aimé que ma première gynéco emploie les mots exacts, je me serai sentie moins ridicule avec mes « ovaires fainéants ».

Qu’en pensez-vous? Les médecins sont-ils si peu intéressés par notre cas ou bien est-ce simplement moi qui suis tombée à l’époque sur la mauvaise personne ?