Levée de l’anonymat – le point de vue d’une donneuse d’ovocyte

En janvier dernier, Bamp! publiait un article dont le titre m’avais interpellé: « La fin de l’anonymat du don c’est pour 2020 !? ». Je me disais : ah oui ? Si vite ? Mais, est-on prêt-e? Savons-nous clairement de quoi nous parlons ? Qu’en pensent les personnes receveuses, les personnes donneuses ? Et les enfants issus du don ? Aussi, en tant que désormais ancienne donneuse d’ovocytes, il me semblait nécessaire de prendre la parole.

Je pense qu’avant de développer plus en détail sur le sujet, il est important de préciser, pour sa bonne compréhension que la question de la levée de l’anonymat des donneurs-es* de gamètes a été posée par des enfants devenus adultes issus d’un don de sperme et uniquement, -jusqu’ici- de sperme puisque les encore peu nombreux enfants devenus adultes issus d’un don d’ovocytes français, autorisé en France depuis 1994, ont, pour les plus âgés, 25 ans maximum et que statistiquement, cela constitue un nombre très restreint de personnes qui peuvent potentiellement prends la parole sur ce sujet(1). Voilà pourquoi, on entend toujours le mot « donneurs » (sous-entendu uniquement les donneurs de sperme) mais il est important de précise que cette proposition concerne les donneurs de spermes ET les donneuses d’ovocytes MAIS également, les couples donneurs d’embryon. Pour en revenir à ces personnes adultes issues d’un don sperme qui souhaitent la levée de l’anonymat des donneurs-es, le contexte dans lequel ils ont été informés de leur mode de conception fut parfois problématique et douloureux car leurs parents ne leur expliquaient pas forcément leur mode de conception, on pensait à l’époque que ce n’était pas si important et qu’il n’y avait pas lieu d’en parler (le fameux, « tu sais, en ce temps-là, ces choses-là, on n’en parlait pas et puis on croyait bien faire… ») et surtout on conseillait tout simplement de garder le secret(2). À l’inverse, aujourd’hui, il est précisément, fortement conseillé aux parents d’enfants issus d’un don de gamètes de leur expliquer leur mode de conception pour justement éviter les erreurs du passé. Cependant, si la question de la levée de l’anonymat des donneur-es concerne ces adultes, elle concerne également des jeunes voire très jeunes enfants nés dans le contexte social actuel, plus ouvert sur la question mais aussi des enfants qui naîtront dans un contexte social encore différent et que l’on ne connait pas encore. Ces enfants, lorsqu’ils seront jeunes adultes, s’interrogerons peut-être sur cette tierce personne qui, en choisissant librement de faire un don de gamètes, a contribué à leur conception. Or, comme nous ne savons pas ce qui se passera dans l’avenir ni à quoi ressemblera le contexte social dans lequel ils-elles évolueront, personne ne peut dire avec certitude que les enfants issus d’un don une fois devenu adultes auront besoin de savoir qui était leur donneur ou donneuse. Mais avec le retour d’expérience malheureux d’un certain nombre d’adultes issus d’un don de sperme qui s’expriment aujourd’hui, il est bien évidemment nécessaire d’envisager cette possibilité.

Personnellement, j’ai été donneuse d’ovocytes en 2016 et j’ai réfléchi à cette question de mon anonymat vis à vis de l’enfant qui pourrait naître grâce à un de mes gamètes. Est-il nécessaire de répéter que non, je n’ai jamais eu le sentiment d' »avoir un enfant dans la nature« , que non, je n’ai pas le sentiment d’avoir « abandonné un enfant« , que non, je n’attends pas « que mon enfant me retrouve » et autres joyeusetés malsaines. Avant même d’entrer en protocole de stimulation, je me suis interrogé et je me suis dit qu’en tant que donneuses et donneurs de gamètes, il était de notre responsabilité d’envisager cette possibilité si infime soit-elle qu’un enfant, une fois grand demande à consulter son dossier au cecos voire, qu’il cherche à entrer en contact avec nous histoire de comprendre qui a participé indirectement à sa conception. Parce que derrière les gamètes qu’on le veuille ou non, il y a bien des personnes physiques qui ont un jour fait ce choix d’être donneuses ou donneurs. En disant cela, que les parents de l’enfant se rassurent, il ne s’agit nullement de revendiquer une quelconque place dans le modèle familiale qui est le leur. Un-e donneur-se de gamètes est et reste un-e tiers donneuse-re et rien d’autre, rien de plus. Mais rien de moins non plus. Aussi, je pense qu’il est important d’interroger ce signifiant si particulier : donneur et donneuse de gamètes et d’évoquer clairement notre place et notre statut au sein de notre société. Nous ne sommes ni des fées, sous-entendu des entités magiques désincarnées ou pire, des « papa-graines », sous-entendu, des figures paternelles potentielles, expression trouble entendue dans le documentaire « L’enfant de tous les possibles » diffusé sur France 5 en janvier dernier(3). Certes, il est important voire nécessaire de rester à l’état de donneur-e symbolique pour que justement les parents et leur enfant construisent leur relation, mais il est tout aussi important que la société nous reconnaisse comme des personnes physiques ne serait-ce que pour nous sentir légitimes à prendre la parole et nous exprimer librement sur un sujet qui nous concerne en premier lieux.

Lorsque nous souhaitons faire un don de gamètes, ce choix est généralement mûrement réfléchi (pour moi en tout cas). Nous avons l’obligation de nous entretenir avec un-e psychologue avant d’être autorisé.e.s à entrer en protocole de don et à la condition sine qua none que nous soyons également déclaré.e.s aptes sur le plan médical et génétique autant dire qu’il est important de bien comprendre où est notre place dans ce processus ou en tout cas, comprendre clairement où elle n’est pas. Et en y réfléchissant bien, j’avais beau faire le tour de la question, pour moi, il n’y aurait rien de dramatique à être, comme certains disent maladroitement « retrouvé.e.s » (je lui préfère le verbe sollicité.e.s) par les jeunes adultes issus de notre don. On a tous, à un moment de notre vie besoin de creuser dans notre mémoire, de tirer le fil de notre histoire, cette histoire qui nous fait et qu’à notre tour, nous souhaitons transmettre alors, oui, comme le disait une autre jeune femme du documentaire de France 5, lorsqu’on a le sentiment qu’une « petite pièce manque », permettons simplement à cette petite pièce, c’est à dire nous, les donneurs-ses de gamètes de compléter le puzzle de cette personne selon ses besoins, selon son imaginaire et son histoire personnelle. Permettons simplement cela. Je sais que d’autres donneuses et donneurs ne partagent pas mon avis et souhaiteraient préserver le système de l’anonymat mais il ne faudrait pas céder à la panique en s’imaginant voir surgir du jour au lendemain la liste de donneurs-es en ligne avec photo à l’appui où chacun pourrait à loisir consulter nos profils et venir frapper à notre porte pour nous demander des comptes ou que sais-je. Et d’ailleurs, en tant que donneuse de gamètes, j’estime n’avoir de comptes à rendre à personne. J’ai choisi de faire cette démarche, je me suis soumise aux divers tests et j’ai fournis toutes les preuves nécessaires au cecos qui m’a accepté et a donc pris la responsabilité d’accepter mes gamètes en toute connaissance de cause.

Cependant, si j’estime ne pas avoir de « comptes à rendre », je ne nie absolument pas la question de la dette symbolique et exorbitante qu’endossent courageusement les couples receveurs en acceptant d’accueillir un don de gamètes : En effet, pour ces derniers le parcours est souvent si chaotique et douloureux qu’envisager ne serait-ce qu’une seconde que leur enfant puisse un jour leur demander qui est cet autre, ce tiers à qui on doit tellement, relève de l’impossible. Et, angoissés à l’idée de voir cette entité étrangère faire intrusion dans leur vie de famille, précisément entre eux et leur enfant, ils craignent sans doute que leur progéniture, en leur posant des questions à propos de cette personne ne finissent par leur échapper et voir leur statut de parent s’effriter… Est-ce que des personnes receveuses doutent d’être bien la mère, le père de leur enfant issu d’un don ? Je ne pense pas, mais cela ne leur a pas évité pour autant de se poser des questions lorsqu’ils ont accepté l’idée de recevoir un don de gamètes.

Qu’on le veuille ou pas, nos cellules reproductrices ne sont pas forcément que des cellules, la preuve, on se posent des questions. Comme cette femme receveuse qui, lors d’une discussion sur Facebook m’a dit texto : « je suis pour le maintien de l’anonymat parce que je ne veux pas que la donneuse se compare à mon enfant. » Sa phrase est maladroite mais nous éclaire sur cette peur enracinée chez certaines personnes receveuses, comme je l’ai exposé plus haut et qu’ils partagent avec certains donneurs-es que les enfants issus du don de gamètes aillent ou viennent un jour retrouver un père ou une mère –sous-entendu une figure paternelle ou maternelle qui leur ferait concurrence en venant « frapper à la porte » des donneurs et des donneuses, expression mainte fois lue et entendue. Pourquoi ces enfants qui ont leurs parents viendraient chercher une mère ou un père ? Ils savent qui sont leurs parents(4), comment ces derniers peuvent-ils en douter ? Ils savent qui s’occupe d’eux chaque jour depuis leur naissance, qui s’est levé la nuit et se lève encore parfois pour les consoler, qui les nourrit, les soignent, les bordent dans leur lit le soir après leur avoir lu pour la millième fois la même histoire, ces enfants savent qui les aime et qui ils aiment sans condition. Il faut leur faire confiance et se faire confiance car quand on prend soin d’utiliser les mots les plus justes et de manière apaisée, les enfants comprennent, souvent mieux que nous les adultes. À toutes les personnes qui ont conçu leur enfant grâce à un don de gamètes, soyez rassurées, on n’a pas attendu les techniques de procréation médicalement assistée pour balancer au moins une fois à nos parents lorsqu’on était petit, l’incendiaire et provocateur: « ouais, toute façon, t’es pas ma mère, t’es pas mon père! » histoire de tester leur solidité de parent d’adolescent-boulet-qui-se-pose-des-questions au risque de faire vaciller les certitudes de certains, bien loin souvent de toute considérations purement biologique.

Mais surtout, le propos de cette femme sur Facebook pointe du doigt une peur qui prend sa source dans des faits divers relayant des cas de donneurs ayant engendré parfois plusieurs dizaines d’enfants qui les ont soit retrouvé soit qui le connaissent d’emblée comme le hollandais Ed Ouben ou bien encore comme dans le film canadien Starbuck avec les fameux « 533 enfants » du géniteur David Wozniak. Bien que trouvant le film génial et forcément instructif, je suis toujours gênée comme avec les mots « père » et « mère » écrit plus haut par l’ambiguïté du mot « enfants » utilisés ici. Par l’absence d’autres mots plus pertinents que ceux-là, on continue à les utiliser faute de mieux tout en sachant que c’est précisément cela qui perturbe notre réflexion et empêche de mieux comprendre les enjeux de la levée de l’anonymat des donneur-ses. De plus, ces deux cas extrêmes nous éclairent sur la pratique du don de sperme et ses limites dans ces autres pays mais n’ont absolument rien à voir avec le système actuel français et participent malheureusement à une vision erronée du don de gamètes dans notre pays.

Je cite un autre exemple lors d’une discussion Facebook, cette fois avec une donneuse : celle-ci disait « je ne veux pas que mes enfants pensent qu’ils ont un demi-frère ou une demie-soeur quelques part…« . Quand une personne adulte décide de faire un don de gamètes, a priori, elle sait que c’est pour aider d’autres personnes à faire leur enfant, a priori elle sait et à parfaitement intégré l’idée que l’enfant ne sera pas le sien, qu’elle n’a aucun lien de filiation avec lui. Quand cette personne a fait son don, lui a-t-on donné des informations claires pour qu’elle comprenne qu’il est important d’évoquer sa démarche avec ses enfants ? Lui a-t-on donné assez d’éléments pour qu’elle puisse être capable de leur expliquer que ses gamètes ont été transmis à un couple, que ces cellules peuvent certes participer à engendrer un enfant mais que ce n’est pas pour eux une demi-soeur ou un demi-frère ? Qu’il est donc important d’évoquer le sujet avec eux pour désamorcer les craintes (les siennes et les leurs) à propos des risques infimes d’une rencontre inopinée et donc de consanguinité ? A-t-elle finalement bien pris conscience de la portée de son geste et de ses conséquences ? J’estime qu’à partir du moment où les couples receveurs et les personnes donneuses sont accompagné-e-s, écouté-e-s et informé-e-s sur la meilleure, en tout cas, la moins mauvaise manière d’expliquer à leurs enfants ce qu’est le don de gamètes et ce que cela implique constitue selon moi une base déjà solide pour envisager l’avenir sereinement avec leur progéniture.

Parler, échanger, débattre, mettre des mots sur ce que l’on ressent, prendre le temps d’interroger ses peurs et ses doutes, ce n’est qu’en continuant à faire un travail de sensibilisation que chacun pourra, en toute connaissance de cause, se forger un point de vue de manière éclairée, avec un maximum d’éléments à sa disposition pour ensuite expliquer les choses à son ou ses enfants. J’estime qu’à l’heure où la question de la levée de l’anonymat des donneurs et donneuses est posée, il est grand temps d’interroger ces peurs, ces a priori et ces angoisses légitimes mais aussi d’inventer et de mettre à disposition de tous des mots nouveaux pour que chacun puisse aborder ce sujet important en faisant preuve de discernement et en ayant le recul nécessaire pour émettre un jugement critique et éclairé essentiel à une meilleure compréhension de la pratique du don de gamètes et ses enjeux. Hors, aujourd’hui, je ne suis pas sûre que nous ayons tous les éléments à notre disposition pour aborder cette question sereinement et la tentative d’explication maladroite dont a fait preuve madame Agnès Buzyn sur BFM TV en est le triste exemple.

* Dans ce texte, le mot « donneurs-es » est une tentative d’écriture inclusive tendant à faire comprendre que le don de gamètes concerne ET les hommes ET les femmes, une manière de questionner la langue et les mots (et qui m’évite aussi certaines redondances dans le texte). Mais ce mot ne fonctionnant pas à l’oral, l’expression « personnes donneuses de gamètes » pourrait être intéressante à utiliser, cela pourrait intéresser Madame Agnès Buzyn dans sa prochaine intervention à propos du don de gamètes

(1) Je n’ai à ma connaissance pas de témoignages de personnes issues d’une FIV avec don

d’ovocytes, à bon entendeur 🙂

(2) https://journals.openedition.org/cdst/534#tocto1n1 (descendre dans la page jusqu’à la partie

A.L’évidence de la négation initiale, au point 14.

(3) Le documentaire « L’enfant de tous les possibles » complet est à voir ici ou vers ce lien déniché dans

les bas-fonds du web: https://oload.space/f/uoHkOU0q3Mc#. À propos de l’expression « papa-graines« 

entendu dans le documentaire: se caler à 32min30sec. Et le replay du débat « Le monde en face« 

animé par Marina Carrère d’Encausse est disponible ici jusqu’au 22 juillet 2020.

(4) https://www.lemonde.fr/vous/article/2006/04/04/le-mental-des-enfants-nes-d-un-don-

anonyme_757824_3238.html.

Pour découvrir les autres écrits de BELLY WESTERN PROJECT c’est par ici
et la page facebook dédiée à ce travail d’écriture, c’est par là
Merci à BELLY WESTERN de faire confiance à BAMP pour la diffusion de ses écrits

« Les fivettes » d’Eleonora Mazzoni

Un roman sur la PMA qui se déroule en Italie où l’accès à la procréation médicalement assistée est différent de chez nous…

L’auteure nous rapporte la vie de Carla, son héroïne qui tente d’accéder à la maternité par tous les moyens…ou presque…

Carla est quasi quadra, rêve de maternité et communique avec Sénèque qu’elle étudie puisqu’elle est professeur à l’université (mais en pause)…

L’auteure nous éclaire sur le monde des « fivettes » : les salles d’attente, les forums sur Internet, les rencontres,…

À priori, tout le monde sera en mesure de s’identifier à Carla !

Ce roman se lit très bien et est différent d’un « vrai témoignage » même si l’auteure a également un parcours PMA.

Seule petite ombre au tableau (à titre personnel), les mots sont un peu crus et peuvent faire mal lorsqu’il est question du don d’ovocytes ! Rien de bien méchant mais cela pique un peu surtout quand on y a eu recours…

Pour vous procurer cet ouvrage, cliquez sur l’image

  • 220 pages
  • Editeur : Chèvre-feuille étoilée; Édition : Chèvre-feuille étoilée (2 mai 2018)

Congrès FFER 2018

Cette année, le congrès de la Fédération Française d’Etudes de la Reproduction, se tient à Lyon.

Ce sont trois jours, riches en rencontres et en informations relatives à l’infertilité féminine, masculine, à la préservation de la fertilité, au don de gamètes. Mais aussi sur les prises en charge médicale, les avancées thérapeutiques, la recherche dans ces différentes dimensions. Les questions bioéthiques et sociales vont aussi être abordées. Les biologistes, gynécologues, sage-femmes, et autres praticiens de l’AMP publique ou privée, des CECOS, qui vous prennent en charge au quotidien seront présent pendant ces trois jours.

Pour la 5ème année consécutive, votre association COLLECTIF BAMP, sera présent grâce à l’engagement des bénévoles Lyonnaises.

Un grand MERCI à Estelle, référente de l’association à Lyon et à Laetitia adhérente motivée, bien qu’enceinte, pour représenter les adhérents de l’association dans ce congrés.

Elles tiendrons le stand de l’association qui se trouve au même niveau que les laboratoires et autres entreprises spécialisées (appareils d’échographie, embryoscope, etc.). Elles participerons aux conférences pour vous retransmettre les dernières informations concernant tous les sujets qui nous concernent (voir le programme plus bas). Elles interviendrons si nécessaire pour faire entendre le point de vue de nos adhérents et adhérentes.

Et pour la première fois, cette année nous avons déposé auprès du comité scientifique une proposition de discussion sur le thème de « la participation des associations de patients aux travaux des professionnels de l’assistance médicale à la procréation et de l’agence de la biomédecine« . Nous souhaitons mettre en avant l’intérêt de la démocratie sanitaire et sa mise en application depuis 5 ans, grâce à nos travaux communs avec certaines équipes d’AMP. Ou encore par exemple, lors des groupes de travail mis en place par l’agence de la biomédecine qui rassemblent des représentants de notre association et des professionnels de l’AMP, des Cecos sur des sujets comme la santé des femmes et des enfants en FIV, le don de gamètes, ou encore l’AMP vigilance.  Nous avons donc un poster, qui sera affiché parmi les autres posters proposés par des équipes d’amp, les chercheurs. Voir ci-dessous une partie du poster BAMP.

Nous sommes fière de cela, donc nous le disons, car c’est la première fois que cela se fait, de donner cette « place » à une association de patients de l’amp.

Cinq années d’engagements bénévoles, de travaux réalisés avec sérieux aux services des patients et en collaboration avec les équipes d’AMP françaises, dans le but, partagé avec les professionnels de l’amp, d’une amélioration de la prise en charge dans ses différentes dimensions : médicales, sociales, relationnelles.

#1couple6 #FFER2018 #ParlerAutrementInfertilité #collectifbamp

 

 

 

Voir ici le programme détaillé des trois jours ICI.

 

Que nous réserve la Semaine de Sensibilisation à l’Infertilité (SSI) cru 2017 ?

Vous avez dû l’entendre, le lire, voir passer des infos depuis quelques temps,…..
Mais en fait, c’est quoi la SSI ? c’est où ? c’est quand ?

Pour la troisième année consécutive, l’association Collectif BAMP organise sa Semaine de Sensibilisation à l’Infertilité.
Une série de rencontres, tables-rondes thématiques, conférences, ateliers, lectures théâtralisées,… seront au programme dans plusieurs villes de France ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie !
Agen, Angers, Avignon, Caen, Colmar, Créteil, Lyon, Marseille, Monaco, Nouméa, Paris, Strasbourg sont de la partie !

Cette semaine SSI se tiendra du 29 mai au 4 juin

Pour donner plus de visibilité aux questions relatives à l’infertilité, à l’AMP. Pour faire entendre les voix des personnes infertiles, stériles, en parcours d’AMP

Au programme et par ordre alphabétique :

AGEN
Renseignements/inscriptions auprès de Gwenaëlle : collectifbamp.agen@gmail.com 
SSI régionAgen

ANGERS
Renseignements/inscriptions auprès de Caroline : collectifbamp49@gmail.com
SSI régionAngers

AVIGNON
Renseignements/inscriptions auprès de Stéphanie : collectifbamp84@gmail.com 

SSI régionAvignon

CAEN
Renseignements/inscriptions auprès de Virginie : collectif@bamp.fr

SSI régionCAEN

COLMAR / STRASBOURG
Renseignements/inscriptions auprès de Céline : collectifbampalsace@gmail.com
SSI régionAlsace

CRÉTEIL
Renseignements/inscriptions auprès de Jessica : collectifbamp7794@gmail.com 

LYON
Renseignements/inscriptions auprès d’Estelle : collectifbamp69@gmail.com 
SSI régionLyon

MARSEILLE
Renseignements/inscriptions auprès de Nathalie : collectifbamp13@gmail.com 
SSI régionMarseille

MONACO
Le Collectif BAMP est partenaire pour la soirée « Pas Si Sages Party »
Participer à « Pas Si Sages Party ! » c’est d’abord faire un geste généreux pour les familles du monde dans la souffrance, puisque une partie des bénéfices de la soirée sera reversée aux 7 associations caritatives présentes et oeuvrant pour la santé et les droits des enfants et parents à l’international !
Ces grands coeurs venant de Monaco et de la France entière vous raconteront à vous ainsi qu’à vos tout petits, leur parcours, sans tabou, parce qu’ensemble et aujourd’hui nous souhaitons continuer, avec force et détermination, à nous rencontrer dans nos différences, pour embellir le monde de demain.
Et pour nous faire vibrer et inspirer nos enfants dans leur créativité, « Pas Si Sages! » a convié ses amis danseurs, chanteurs et petits robots, qui mettront toute leur motivation et toutes leurs paillettes au service de votre bonheur !
Infos et réservations : http://www.passisages.org/
https://www.helloasso.com/associations/pas-si-sages/evenements/-pas-si-sages-solidary-show

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NOUMÉA
Renseignements/inscriptions auprès de Déborah : collectifbampnoumea@gmail.com
SSI régionNouméa

PARIS
Renseignements/inscriptions auprès d’Emmanuelle pour la rencontre : collectifbamp75@gmail.com 
Renseignements/inscriptions auprès d’Amélie pour la conférence : bamp.amelie@gmail.com 
SSI régionParis

 

N’hésitez pas à faire passer les informations auprès de vos gynécologues, centres de PMA, sages-femmes, personnels soignants,….et pensez à vous inscrire aux rencontres qui vous intéressent !

Don d’ovocytes et nullipare : mission accomplie et dommages collatéraux

Nous poursuivons la suite du témoignage d’E. donneuse d’ovocyte sans enfant. Vous pouvez retrouver le début de son témoignage ICI, mais également l’interview à laquelle elle avait répondu pour BAMP ICI. Merci à elle de se livrer ainsi, pour permettre de faire entendre les voix des femmes qui font don de leur gamètes, sans avoir elle-même d’enfant.

Je sais, je n’ai pas donné de nouvelles depuis fort longtemps.  En même temps, je ne savais pas moi même si j’allais revenir ici. Il me fallait d’abord revenir à moi. Et j’en reviens à peine je dois dire.

Alors, comme je ne fais jamais les choses dans l’ordre, je vous écris avant de partir (enfin!) en vacances. Et je crois que cela me fera du bien, j’espère.

J’essaie de faire bref car il est tard et peut-être aurais-je d’autres occasion pour m’attarder plus en détail sur tout ça.

Il y a quelques mois, j’avais évoqué ici même mon souhait de faire un don d’ovocytes, seulement, ma qualité de nullipare (je préfère le terme NoChild mais peu importe) n’a pas rendu les choses faciles, c’est le moins que l’on puisse dire. Il m’aura fallu attendre, patienter, avancer malgré tout, œuvrer en sommes.

A l’heure où j’écris, nous sommes le 4 octobre 2016 et cela fait bientôt 1 an que le décret autorisant les femmes et hommes nullipares à donner leur gamète est inscrit au Journal Officiel.

Depuis, de l’eau, beaucoup d’eau est passé sous les ponts. Et j’en ai charrié des vagues.

Mais je suis là, petite mais bien là et j’ai passé les épreuves les unes après les autres. A un moment même, il s’en est fallu de peu, je me suis sentie tout d’un coup sur un fil extrêmement fin, le processus pouvant se rompre à tout  moment mais on y est arrivé, j’y suis arrivée. J’ai fait mon don d’ovocytes il y a maintenant quelques mois, c’était en avril dernier et je ne regrette rien.

Cependant, après avoir fait les analyses préalables pour réaliser le don, j’apprenais que mon AMH avait perdu plusieurs dixièmes en l’espace de 9 mois. je commençais alors à m’inquiéter de ma propre fertilité, non pas tant pour effectuer le don mais pour mon avenir à moi… Je restais cependant confiante et les choses avançaient mais une étoile noire et indélébile venait de se loger dans le fond de mon crâne et je ne pouvais plus rien y faire.

Et donc, malgré tout ce travail et la soumission à une discipline stricte, c’est à dire, à l’auto-administration, chez moi, seule et vaillante d’injections quotidiennes d’hormones à heure fixe (et à hautes doses vu mes analyses plus que moyennes) , le résultat ne fût pas à la hauteur. A la hauteur de qui, de quoi, je ne saurais dire,  sans doute celle de la pression que l’on se mets obstinément sur nos épaules de femmes.

Toujours est-il que même si le décret d’application et l’arrêté ministériel qui l’a suivi en décembre 2015  m’autorisait à garder des ovocytes pour moi, malheureusement (?), je n’ai pas pu, mon corps n’avais pas assez produit de « matériel valide » pour que je puisse bénéficier de ce… bonus. Les textes précisant qu’il faut au moins 6 ovocytes matures pour pouvoir en garder 1 pour nous-même. J’étais loin du compte.

Je comprenais alors pourquoi je n’avais pas souffert plus que cela après la ponction et pourquoi je me sentais même plutôt en forme malgré les effets de l’anesthésie générale.

Sentiment étrange oscillant entre la grande satisfaction de la mission accomplie et l’immense déception de n’avoir produit « que ça » ou si peu.

Et donc, le ventre vide. Si vide. Trop vide désormais, j’avais peur. J’avais peur de ne jamais être capable de faire un enfant. Une peur infondée diront certains, les mêmes qui vous rabâchent qu’IL NE FAUT PAS S’INQUIÉTER, mais la peur qui monte et vous dévore quand on vous dis qu' »IL NE FAUDRAIT PAS TROP TARDER » aux vues des résultats précédemment résumés…

Alors que FALLAIT-IL FAIRE ?

Voilà pourquoi il m’aura fallu du temps pour remonter à la surface, du temps, des larmes, une joie intérieur et de l’abnégation (mais jamais le sentiment d’un sacrifice quel qu’il soit).

Et aussi connaitre au plus profond de mon corps cette chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout: l’hyperstimulation ovarienne dont je viens à peine de me remettre.

Je sors donc d’une semaine de convalescence: épuisée, repos forcé, rideaux tirés, « sur le carreau », quasiment clouée au lit avec le ventre gonflé à ne pas me reconnaitre et piqué aux anticoagulants, je ne souhaite cela à aucune femme. Mais j’ai pris cette responsabilité.

Fertile, infertile, hyperfertile… Je ne sais plus. Et je ne veux pas savoir. Je crois que désormais, j’en sais assez, la boite de Pandore reste ouverte cependant et il faudra faire avec.

Être donneuse d’ovocytes et sans enfant n’est pas sans risques et des questions persistent dans mon esprit décidément curieux, même si je sais où sont mes limites.

Mais j’y reviendrais sans doute un peu plus tard car il y a tellement à dire…

Merci à E. de partager avec nous, son parcours, ses interrogations autour de la fertilité, l’infertilité, le don d’ovocytes. De s’interroger sur la place des femmes, leur corps, leur choix et sur la prise en charge médicale, sociale des donneuses.

SSI 2016, ça commence lundi !

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Dès lundi 25 avril, retrouvez à Caen dans le hall du FEH, les stands de l’association COLLECTIF BAMP tenus par les adhérents, ainsi qu’Audrey de l’association ENDOFRANCE et ce pendant toute la semaine. Trois tables-rondes sont proposées, dont la première dès lundi, une conférence avec le professeur René FRYDMAN. Le samedi, trois temps, le matin avec la conférence du professeur SERALINI sur Pollutions et reproduction, puis une rencontre avec des thérapeutes en médecine complémentaire, pour finir sur une création théâtrale qu’il ne faut surtout pas manquer : TERRE D’ESPÉRANCE de Sandrine LE MEVEL-HUSSENET et Jérémy COLAS.

A Angers vous pourrez retrouver dès lundi l’exposition des œuvres réalisées par les patients AMP, puis une table-ronde au CHU le mardi 26, une soirée dédicace avec Maïa BRAMI le vendredi soir, pour finir le samedi sur une journée dédiée à l’échange et la rencontre.

Cette année, les référents régions de l’association se sont mobilisées pour vous proposer un Thé BAMP à Clermont-Ferrand, Limoges, Lille, Mulhouse, Toulouse.

Sans oublier nos amies Belges du groupe PMA-Belgique, qui vous attendent à NIVELLES, elles aussi le samedi 30 avril.

Que dire de plus ?

Que tout cela est gratuit, organisé de façon bénévole et avec cœur pour faire vivre le projet de l’association COLLECTIF BAMP : Témoigner, Informer et Agir sur toutes les questions relatives à l’infertilité et l’amp.

Ouvert à tous, venez avec vos ami-es, vos parents pour leur faire découvrir sous un autre angle les questions qui sont au cœur de vos préoccupations existentielles et vos parcours de vie.

Restez connecté sur facebook bamp, sur twitter et sur Instagram (nous attendons toujours vos propositions pour le concours SSI 2016) pour des informations en direct de cette deuxième édition de la Semaine de Sensibilisation sur l’Infertilité 2016.

#visibilité #1couple6 #JeSuisInfertile #SSI2016

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