Nouvelle campagne de communication de l’A.B.M. pour le don de gamètes

DONNEUR DE BONHEUR

C’est le nouveau message que veut faire passer l’Agence de Biomédecine auprès du grand public.

Nous vous l’avions annoncé cet été, l’Agence de Biomédecine, souhaite relancer les dons de gamètes en France. Elle a donc prévu une nouvelle campagne de communication sur ce sujet. Campagne qui va démarrer autour du 20 novembre, de nouveaux visuels, un message renouvelé aussi pour tenter de promouvoir auprès des Français les dons de gamètes. Vous avez peut-être déjà vu ces nouveaux visuels, dans certains services d’AMP, qui les ont déjà reçu. Qu’en pensez-vous ?

logo

« L’Agence de la biomédecine s’apprête à lancer un nouveau programme de sensibilisation et de mobilisation du public sur le don de spermatozoïdes et d’ovocytes. Ce programme, qui se déroulera jusqu’à fin 2017, vise à soutenir activement le recrutement de donneuses et de donneurs et à réduire la situation de pénurie.

Un premier temps fort de communication est prévu pour la seconde moitié du mois de novembre 2014. Il sera notamment marqué par des « annonces » dans la presse (Le Monde, Direct Matin) et sur Internet, et par la mobilisation des médias grand public et professionnels. Juste avant la campagne, de nouveaux outils d’information seront adressés aux équipes en charge des dons, de l’AMP, aux gynécologues de ville et aux sages-femmes exerçant en maternité, aux associations« .

L’amélioration de l’accès aux dons de gamètes constitue une priorité stratégique de l’Agence, inscrite dans son Contrat d’objectifs et de performance 2012-2015. Alors que les derniers résultats nationaux montrent que l’activité de don de gamètes et en particulier d’ovocytes reste insuffisante, l’Agence s’engage à renforcer encore la communication sur ce sujet. Pour augmenter significativement les démarches de don de gamètes, il est nécessaire de favoriser l’extension de cette pratique au-delà du don relationnel (« je donne parce que je connais quelqu’un en attente ») qui fournit actuellement l’essentiel du contingent de candidats au don.

Pour ce faire, l’Agence de la biomédecine a fait le choix :
‐ d’une communication simple, rassurante et positive autour du concept de « donneur de bonheur », qui favorise l’identification au donneur et qui n’hésite pas à figurer les gamètes – une approche validée par des tests sur des groupes témoins ;

‐ d’une information précise et réaliste du public, pour que le donneur potentiel puisse réfléchir et prendre une décision en toute connaissance de cause, et des professionnels de santé, afin qu’ils disposent d’une connaissance de l’activité de don de gamètes et de ses procédures leur permettant de répondre aux questions ;

‐ d’un plan d’action soutenu, combinant temps fort de campagne nationale renouvelés chaque année et sensibilisation au long cours du public selon des canaux diversifiés. A chaque étape, l’échange avec les professionnels de santé et la prise de contact avec les centres de don seront favorisés. Le plan d’action en continu renforcera la sensibilisation des publics clés au moyen d’actions internet ciblées, avec en particulier la mise en œuvre d’un dispositif de « conversion » destiné à encourager les personnes engagées dans une démarche de réflexion sur le don de gamètes à prendre rendez-vous avec les équipes médicales compétentes.

L’Agence veillera dans son action à toucher tout particulièrement les adultes de moins de 35 ans parents de jeunes enfants. Le dispositif est prévu pour s’adapter aisément aux possibles évolutions de la Loi………….le fameux décret d’application de la loi de 2011, ouvrant le don aux nullipares. S’il pouvait sortir celui-là……

 

Tous les visuels, affiches, les livrets, vidéo vont être actualisés avec un nouveau message : « Donneur de bonheur »

A partir du 17 novembre, la campagne de communication va être lancée dans les médias, notamment les journaux. Car à la télévision, ce n’est pas possible, c’est trop chers.

N’oubliez pas que vous pouvez participer à cette campagne de communication, en relayant sur vos blogs, en commandant des affiches et des livrets à l’ABM, que vous pourrez ensuite disposer dans des lieux opportuns, vous pouvez aussi être acteur de cette campagne de communication en parlant du don de gamètes autour de vous.

Si nous voulons que les choses bougent, il faut se bouger soi-même aussi.

COMMUNIQUER, TÉMOIGNER, AGIR c’est BAMP ça !

ABM
Crédit photo BAMP

Greffe d’utérus le point de vue de Caroline Eliacheff – France Culture

L’utérus n’a pas d’âge ! publié le 15 octobre 2014, sur le site de France Culture.Accueil La femme qui a donné son utérus à la jeune maman suédoise a 61 ans. Texte de Caroline ELIACHEFF, Docteur en médecine et titulaire d’un diplôme d’études spécialisées en psychiatrie infantile, elle est psychanalyste depuis 1974. Elle est présidente de l’association La Cause des Bébés. Elle tient une chronique hebdomadaire sur France Culture. Un point de vue vraiment intéressant sur cette réussite exceptionnelle, qui vient interroger les progrès de la médecine, le don d’organe, et qui ouvre surtout pour de nombreuses femmes et couples des perspectives procréatives nouvelles. Deux équipes françaises vont bientôt pouvoir travailler sur ces greffes d’utérus. Au CHU de Limoges et à l’hôpital Foch. Je vous laisse découvrir ces propos tout à fait intéressants, de Madame Eliacheff. Cela fait vraiment du bien d’entendre des discours si clairs et intelligents. Merci, Madame.

Vous avez appris, comme moi qu’une Suédoise ayant bénéficié d’une greffe d’utérus vient de donner naissance  à un garçon, certes prématuré mais qui se porte bien. Jusqu’à présent, les femmes qui pour une raison d’ordre congénital, fonctionnel ou après un accident étaient dépourvues d’utérus, n’avaient aucune chance d’avoir un enfant, sauf par gestation pour autrui qui, elle, pose des problèmes éthiques qui ne sont pas prêts d’être résolus si tant est qu’ils puissent l’être. Il s’agit donc d’une excellente nouvelle à prendre avec précaution car, à ce stade, on parle encore d’exploit. Mais lorsque Christian Barnard a réalisé la première transplantation cardiaque en 1967, qui aurait pensé que tous les pays développés possèderaient des centres de greffe cardiaque ?

On pourrait aussi croire que les indications de greffe d’utérus sont rares. Dans le Lancet, la revue scientifique qui rapporte cette naissance, on  lit que rien qu’en Angleterre, 12.000 femmes seraient concernées. Actuellement,  23.000 enfants naissent chaque année en France grâce à la procréation médicalement assistée toutes techniques confondues.   La greffe d’utérus a des points communs et des différences d’avec les autres greffes. À la différence du rein, du foie ou du cœur, l’utérus n’est pas un organe vital. Mais on greffe aussi depuis peu de temps des organes non vitaux visant à améliorer une vie amputée d’une main ou d’un visage.

Selon l’organe à greffer,  le donneur peut être vivant ou décédé : pour le cœur, la main ou le visage on n’a pas le choix car on ne peut pas les prélever sur une personne vivante.  Pour le rein, le foie et la moelle osseuse, on a le choix car un donneur compatible et en bonne santé peut vivre avec un seul rein, tandis que le foie et la moelle osseuse se reconstituent. Pour accepter ces transplantations entre vivants proches du receveur, et seulement dans ces cas, nous avons renoncé à un principe, celui de  l’anonymat du donneur. Pour l’utérus, on a le choix : il peut être prélevé sur une personne vivante qui ne serait donc pas anonyme ou une personne décédée. Chaque solution a des avantages et des inconvénients. L’ablation de l’utérus n’est pas sans risque pour la donneuse. Pour la receveuse, le prélèvement sur une personne décédée peut être plus large mais on peut imaginer qu’il ne soit pas simple de recevoir un organe destiné à  donner la vie d’une personne décédée anonyme.

Jusqu’à présent, l’équipe suédoise a mené ses recherches avec des donneuses vivantes. En France, l’équipe de Pascal Piver et Tristan Gauthier du CHU de Limoges étudie les prélèvements chez des femmes en état de mort cérébrale ; celle de Jean Marc Ayoubi et René Frydman de l’hopital Foch n’exclut aucune piste y compris celle, inattendue, de transsexuelles qui sont également prises en charge dans cet hôpital : une étude menée par Léa Karpel auprès de celles ayant accompli leur transition montre qu’elles ne seraient pas opposées à un don d’utérus. Sous réserve d’être compatibles, les donneuses vivantes sont potentiellement nombreuses. Qui sont-elles ? Toutes les femmes ménopausées qu’elles fassent ou non partie de la famille de la receveuse.

L’utérus a ceci de particulier qu’il n’a pas d’âge. Ce sont les ovaires qui vieillissent. À ce jour, les amies, les mères, les tantes ont permis à une dizaine de jeunes femmes suédoises de bénéficier d’une transplantation d’utérus. On ne sait encore évidemment rien des représentations et de la nature des liens entre la donneuse, la receveuse et l’enfant qui aura pu venir au monde. Ils seront probablement autres que ce que l’on sait du vécu et des liens entre une mère porteuse non anonyme ou une donneuse d’ovocyte anonyme et la mère de l’enfant. La donneuse d’utérus a un statut de tiers qu’on ne connaissait pas jusqu’à présent: elle n’intervient ni dans la conception, ni dans la filiation, ni dans le développement intra-utérin de l’enfant. Pour celui-ci, conçu avec les gamètes de ses parents et porté par sa mère, les choses se présentent plus simplement que lorsqu’il est bénéficie  des gamètes d’un tiers ou qu’il est porté par une autre femme. Grâce aux progrès des traitements immunosuppresseurs, les greffes sont mieux tolérées. Le traitement est lourd, non dépourvu d’effets secondaires qui obligent parfois à l’interrompre et le rejet n’est jamais exclu. Une greffe éphémère due au rejet est donc un échec.

La greffe d’utérus a la particularité, si tout se passe bien, d’être conçue d’emblée comme une greffe éphémère : après avoir eu un voire deux enfants, l’utérus greffé pourra être retiré et la femme n’aura plus besoin de traitement. Il est paradoxal de penser qu’un traitement immunosuppresseur soit nécessaire pour accepter un utérus greffé tandis que la femme n’a besoin d’aucun traitement pour accepter l’hôte étranger qu’est son enfant. On peut aussi rêver : je ne sais pas si vous vous souvenez de la comédie  de Jacques Demy L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune, sorti en 1973. On y voyait Marcello Mastroianni, époux de Catherine Deneuve, pris de nausées et de vertiges, consulter un médecin interprété par Micheline Presle. Un peu déconcertée, elle  lui annonçait qu’il attendait un enfant. Nul ne sait si le poète qu’était Jacques Demy anticipait ce qui un jour deviendra peut-être une réalité.   A écouter ici sur le site de France Culture,