3 parents pour un bébé

Je sais bien que ce genre de chose n’est pas pour demain en France (après ils se demanderont pourquoi on part à l’étranger pour avoir une chance de fonder une famille) mais je trouve ça formidable qu’ailleurs la recherche continue.

Voici un article que je viens de trouver sur le sujet et intitulé « 3 parents pour un bébé ».

 

FIV DO, donneuses, CECOS et étranger

La PMA est un vaste sujet dont on pourrait faire un dictionnaire.

On a les IAC, les FIV et dans les FIV on a les ICSI, les DO etc …

Moi je suis surtout concernée par le côté don d’ovocytes (logique je n’en ai pas !). Au delà de la PMA, on découvre alors l’univers des CECOS (Centre d’Etude et de Conservation des Oeufs et du Sperme). Pour pas mal d’entre nous, ça veut dire plusieurs heures de route. Dans mon cas 3 heures aller/retour pour chaque rendez-vous. Rappelez-moi le prix de l’essence ??

La notion de base au premier rendez-vous est simple : vous avez X années d’attente (là c’est le choc) mais si vous trouvez quelqu’un dans votre entourage qui est d’accord pour faire un don d’ovocytes dans NOTRE centre on veut bien vous accorder une attente moins longue.

Hein, quoi, qui a parlé de chantage ?

J’ai appuyé sur la fameuse notion NOTRE. Oui car trouver une donneuse n’est pas suffisant (je donne à nouveau mon exemple : ma soeur était ok, ma meilleure amie était ok mais raté, elles habitent à des centaines de kilomètres de moi). Car il faut que la donneuse donne dans le centre où nous sommes inscrit. Chacun ses stats ma brave dame, vous imaginez ? Il faudrait les vitrifier et les faire livrer chez nous. Diantre chacun chez soi !

Nous voilà donc à la recherche d’une donneuse. On s’étale donc sur internet, sur les forums, on raconte notre vie, on fait pleurer dans les chaumières, on essai d’interpeller, de parler avec notre coeur. Oui parce que passer de 2 ans à 1 an d’attente c’est un monde.

J’ai eu de la chance, j’en ai trouvé 2. Des filles merveilleuses avec qui je suis toujours en contact et qui me soutiennent à chaque tentative. Mais combien ont eu ma chance ?

C’est difficile de se rabaisser à s’étaler partout sur internet, quémander de l’aide à des inconnues, remettre votre avenir entre les mains d’un tiers. Un combat en plus dans notre parcours.

Si tout va bien, on a le droit à 2 essais par CECOS (oui ce n’est pas illimité Madame vous pensiez quoi ?). En tout cas, pour moi c’est comme ça. Les essais terminés on repart sur la liste d’attente en toute dernière position et là on peut toujours attendre un coup de téléphone, la dernière position de la liste d’attente se trouvant souvent au fond de la poubelle.

Ensuite que nous reste-t-il ? L’étranger. L’espoir des 60% de réussite, les récits des copinautes qui reviennent heureuse et enceinte et …. le surendettement à la clé. Quand on a eu le malheur d’apprendre sa stérilité un peu tard, on a déjà le crédit de la maison et de la voiture, notre banquier qui nous regarde bizarrement quand on lui dit qu’il nous faudrait environ 7 000 euros. Oups, doudou a créé sa société il y a 2 ans et il vit avec une moitié de SMIC. Oups, je suis une employée lambda qui gagne des clopinettes. Oups, l’étranger on ne peut pas, rien à faire, que dalle, nada.

Je ne parlerais pas de la circulaire qui fait que nos médicaments ne sont plus remboursés si on part à l’étranger. Un budget en plus.

N’oublions pas que les hôpitaux publics sont endettés, n’oublions qu’il n’y a pas de budget pour le don de gamètes en France, n’oublions pas que nous n’avons plus le droit de partir à l’étranger. Le slogan devrait être « en France soyez stérile … mais pas trop » !