Écho-Doppler et réceptivité endométriale en AMP

Cette fois, on s’intéresse à ce fameux endomètre, qui constituera le nid de l’embryon et celui, espérons le de votre futur bébé. C’est lui qu’on mesure, normalement, lors des échos de suivi pour les inséminations et les transferts d’embryons. Il doit avoir une certaine épaisseur minimale mais aussi une forme optimale (dite en grain de café).

Voici le lien de cet article sur le site spécialisé des JTA.

Écho-Doppler et réceptivité endométriale en AMP

Y. Ardaens

Étude morphologique de l’endomètre :
L’appréciation échographique de la réceptivité endomètriale en AMP repose sur l’épaisseur, l’aspect et l’intégrité de la muqueuse utérine.

1°) L’endomètre doit être d’épaisseur suffisante.
Rappelons que l’endomètre doit être mesuré dans toute son épaisseur perpendiculairement à la ligne cavitaire et sur une coupe sagittale. Tous les auteurs s’accordent à définir une épaisseur minimale en dessous de laquelle les chances de grossesse sont nettement diminuées. Celle-ci est en moyenne de 7 mm et en dessous de 6 mm, on n’observe généralement que des grossesses biochimiques. La présence d’un endomètre fin peut être liée à une insuffisance de développement folliculaire, ou au contraire à une maturation folliculaire trop rapide, l’endomètre n’ayant pas le temps d’acquérir sa maturité comme cela peut se voir chez les patientes ayant des cycles raccourcis. Une épaisseur excessive (≥ 14 mm) n’est guère plus favorable.

Il est en effet probable qu’au cours des stimulations successives, l’hyperœstrogénie ait un effet délétère sur la trophicité muqueuse. L’épaisseur optimale se situe donc entre 8 et 13 mm, la fourchette est large et entre ces deux valeurs, aucune étude n’a montré de corrélation réellement significative avec le taux de grossesse. Notre expérience est en plein accord avec ces données : comme la majorité des auteurs, nous considérons que ce paramètre par lui-même n’a que peu de valeur prédictive positive.

Certains auteurs utilisent le mode 3 D pour apprécier le volume endométrial qui peut être calculé de façon automatique par le système VOCAL (volume calculation). Après avoir repéré l’interface endomètre-myomètre on fait tourner l’utérus , sur lui même par des rotations successives, pour reconstruire son volume.

2°) L’endomètre doit être homogène et concordant avec le cycle.
Au cours du cycle, l’aspect de l’endomètre varie en fonction de l’imprégnation œstro-progestative.

En phase folliculaire, l’endomètre est hypoéchogène et prend avant l’ovulation un aspect annulaire souvent très marqué en FIV dit en “ triple ligne ” ou en “ grain de café ”, de même la glaire cervicale est souvent abondante et bien visible en échographie du fait des taux très importants d’œstradiol ;

En phase lutéale, on décrit une phase sécrétoire précoce (4 à 6 jours suivant l’ovulation) avec muqueuse hyper échogène bordant un centre hypo échogène et une phase sécrétoire tardive avec hyper échogénicité diffuse.

À partir de ces constatations physiologiques, plusieurs classifications ont été proposées pour apprécier la maturité endométriale en FIV, mais la valeur prédictive est très variable selon les auteurs, d’autant que l’évaluation n’est pas toujours réalisée au même moment du cycle.

En pratique, si la muqueuse est volontiers plus épaisse dans les cycles stimulés notamment en FIV, il est essentiel qu’elle garde un aspect physiologique équivalent au cycle spontané ; en particulier au moment de l’injection de l’HCG, l’endomètre doit présenter un aspect en cible. L’hyperéchogénicité précoce que l’on observe parfois avant le déclenchement est généralement de mauvais pronostic. En stimulation monofolliculaire, elle peut s’observer sous clomifène. Bohrer a montré la valeur prédictive négative d’un endomètre hyperéchogène avant l’injection d’HCG, témoignant d’une élévation prématurée du taux de progestérone , en FIV, cet aspect peut témoigner également d’un effet délétère des antagonistes de la GnRH ou des androgènes libérés par la stimulation ovarienne.

3°) Les pathologies cavitaires :
sont des facteurs défavorables qui peuvent entraver la bonne implantation ovulaire. Dans le cadre de l’AMP et notamment avant FIV, il est indispensable d’éliminer avant toute stimulation, les pathologies muqueuses ( polype ) ou sous muqueuses (myome sous-muqueux, adénomyose,), ainsi qu’une malformation utérine. Il faut profiter des variations physiologiques de l’endomètre qui offrent un contraste naturel permettant d’optimiser l’étude de la cavité utérine :

les polypes muqueux hyperéchogènes seront visualisés au mieux vers le 12ème -13éme jour du cycle, car l’hypoéchogènicité de l’endomètre assure un bon contraste. En 2ème partie de cycle par contre leur visualisation est beaucoup plus difficile car ils sont noyés dans la muqueuse de même tonalité.
les fibromes sous muqueux hypoéchogènes et les malformations utérines seront étudiés de préférence en deuxième partie ou en fin de cycle, car l’aspect hyperéchogène et épais de la muqueuse favorise le diagnostic, à l’inverse un endomètre hypotrophique de début de cycle rend le diagnostic de malformation beaucoup plus difficile.
Le Doppler couleur est également utile dans la recherche des anomalies muqueuses, le polype muqueux est généralement relié à la paroi utérine par un pédicule vasculaire fin et unique, contrairement au myome sous muqueux qui refoule les vaisseaux en périphérie.

L’hystérosonographie permet de différencier clairement les polypes de simples épaississements muqueux et de bien délimiter leur base d’implantation. Elle peut être couplée au mode 3 D pour vue frontale de la cavité et au Doppler couleur qui permet de visualiser le pédicule vasculaire reliant les polypes à la paroi utérine. En cas de myome, l’hystérosonographie permet d’apprécier le degré de protrusion sous muqueuse qui est un élément essentiel pour poser l’indication d’une éventuelle résection endoscopique.

Apport du doppler utérin :

En fécondation in vitro, la vascularisation utérine joue également un rôle important au moment de la réimplantation. L’appréciation de la vascularisation utérine peut s’apprécier en Doppler couleur par l’appréciation du flux sous endométrial et en Doppler pulsé au niveau de la crosse de l’artère utérine en étudiant sur la courbe vélocimétrique les critères quantitatifs (valeur des index) ou qualitatif (forme de la courbe).

1°) Doppler couleur : vascularisation sous endométriale
Sous l’influence de facteurs angiogéniques tels que le VEGF , on observe au cours du cycle une invasion au niveau de l’ endomètre de petits vaisseaux venant du myomètre avec enroulement progressif des artères spiralées, cette prolifération vasculaire joue certainement un rôle important au moment de l’implantation ovulaire.

Ces modifications peuvent être visualisées en Doppler couleur ou énergie où l’on voit apparaître progressivement au cours du cycle une augmentation de la vascularisation sous endomètriale.

Le flux sous endométrial peut être quantifié en mode 2 D ou 3 D grâce au système VOCAL sous forme d’un index de vascularisation qui correspond au rapport des voxels colorés dans un volume endomètrial déterminé.

Plusieurs études ont montré que l’absence de vascularisation endométriale est corrélée à de mauvais taux de grossesse. Ng EH a montré que paradoxalement le flux sous endométrial est souvent moins bon dans les cycles stimulés que naturels chez les mêmes patientes et il ne trouve pas de corrélation significative entre la vascularisation et les issues de grossesse.

Actuellement aucun consensus ne permet d’utiliser la mesure de la vascularisation sous endométriale comme facteur prédictif fiable de grossesse, en outre cette évaluation morphologique nécessite un appareillage sophistiqué et son appréciation est plus subjective et moins reproductible que la mesure des index dans les artères utérines en Doppler pulsé .

2°) Doppler pulsé :
Le tir Doppler doit s’effectuer au niveau de la crosse de l’artère utérine dans la branche ascendante ou descendante, repérées en Doppler couleur en se positionnant dans l’axe du vaisseau.

Goswamy, en 1988 a été le premier à corréler la baisse de résistance des artères utérines à l’élévation progressive du taux d’estradiol au cours du cycle menstruel et à se servir de ce paramètre comme marqueur de la réceptivité endométriale . En effet, il a montré que les chances d’implantation étaient diminuées lorsque les courbes Doppler montraient des flux utérins à haute résistance avec diastole nulle.

Steer a retrouvé, en phase lutéale, des valeurs d’index de résistance utérins plus élevées dans une population hypofertile que dans une population témoin. Il existe donc un certain nombre d’infertilités inexpliquées, pouvant être en rapport avec des échecs nidatoires par hypoperfusion utérine, on pourrait orénavant les qualifier de « stérilités vasculaires ».

Ainsi, le Doppler utérin pourrait être un bon marqueur de la réceptivité endométriale, il est en effet assez logique de penser que les chances de nidation au cours d’un cycle fécondant seront plus levées si le profil vélocimétrique utérin s’apparente à celui d’une femme enceinte et plus faibles, s’ il s’apparente à celui d’une femme ménopausée.

a) Étude Doppler quantitative : Index de pulsatilité et taux de grossesse
Tekay souligne le très mauvais pronostic implantatoire du flux utérin à diastole nulle .

Steer, effectuant un Doppler utérin le jour de replacement embryonnaire n’observe aucune grossesse pour un IP > 3 et juge que l’utérus est réceptif lorsqu’il se situe entre 2 et 2,90 ; cette fourchette nous paraît trop large car elle reflète des régimes circulatoires très différents.

Bied rapporte des résultats similaires avec un index de pulsatilité optima plus bas ( 1,5 à 2,5 ) ce qui nous paraît plus réaliste.

D’autres auteurs réalisent leur étude le jour du déclenchement par HCG avec des résultats similaires, Zaidi conseille de retarder le déclenchement jusqu’à l’obtention d’un IP 16.

Selon Schwartz, c’est la qualité embryonnaire qui a la meilleure valeur prédictive de grossesse . On peut d’ailleurs regretter qu’il existe dans la littérature peu d’études multivariées intégrant aux paramètres utérins, d’autres paramètres influençant le taux de grossesse : notamment l’âge de la patiente et la qualité des embryons transférés.

C’est le cas de l’étude de C. Wittemer et J Ohl qui proposent un score utérin associé à des critères de qualité embryonnaire et conseille, pour éviter les risques de grossesse multiple une réimplantation mono-embryonnaire lorsque tous les paramètres sont optimaux.

En cas de réimplantation d’embryons cryopréservés, la réalisation systématique d’un Doppler permet ainsi d’éviter un gaspillage embryonnaire puisque la décongélation ne sera réalisée que si l’endomètre est jugé réceptif en écho-Doppler .

Au total, si l’échographie couplée au Doppler s’avère être un examen indispensable dans le cadre de l’AMP, il n’existe pas encore de consensus sur l’utilisation clinique des paramètres échographiques et vélocimétriques dans l’organisation des cycles de FIV.

Chaque paramètre pris isolément a une bonne valeur prédictive négative ; par contre, leur valeur prédictive positive est faible.

On peut retenir comme élément péjoratif :

Le jour de l’injection de l’HCG : un endomètre 3 avec notch profond. Enfin, en cas d’échec par hypoperfusion utérine il peut être intéressant de prescrire de l’aspirine à faible dose ou un autre traitement vasodilatateur avant de tenter un transfert d’embryons congelés ou un nouveau cycle de FIV.

Le fait de regrouper les différents paramètres, sous forme d’un score permet d’améliorer leur valeur prédictive positive et peut faire conseiller la réimplantation d’un seul embryon lorsque tous les critères implantatoires sont optimaux .

Résumé:

Au cours du cycle menstruel et de la grossesse, il existe une prolifération physiologique de petits vaisseaux sanguins au niveau de l’utérus et de l’ovaire du coté de l’ovulation, sous l’influence de facteurs angiogéniques , notamment du VEGF (vascular endothelial growth factor) .

Dans l’endomètre cette néovascularisation joue un rôle important au moment de la nidation . L’échographie , couplée au Doppler couleur permet une appréciation de la réceptivité endométriale en AMP et notamment en fécondation in vitro.

On admet que les chances de grossesse sont quasi-nuls :

  • pour une épaisseur totale de l’endomètre ≤ 7 mm
  • ou, pour un index de pulsatilité (IP) utérin > 3 .

Ainsi le Doppler est un complément utile de l’échographie vaginale en AMP et peut être considéré comme le reflet du «Bien Être» endométrial.

L’article se trouve ici, avec ses Références bibliographiques.

9 mois après … rien

On est nombreuses à avoir perdu notre bébé. Tôt pour certaines, tard pour d’autres.

On est toutes d’accord pour dire que les gens ne se rendent pas compte. Il est vrai que ça arrive dans 20% des grossesses une fausse couche dans le 1er trimestre. C’est habituel, c’est banal, c’est comme ça.

Oui, mais dans notre parcours c’est un drame de plus. C’était NOTRE chance, enfin notre bébé était là. Enfin, après toutes ces années ça a marché. Enfin, le bout du tunnel.

Quand je suis tombée enceinte, je n’ai pas pensé une seconde que ça pourrait m’arriver. Après notre parcours, une fc n’était pas envisageable. Je n’allais pas psychotter sur un énième drame, je n’allais pas y penser. On en avait assez bavé, c’était une évidence.

J’ai vu le coeur battre chez ma gygy. Raison de plus pour ne pas douter.

C’est le coeur léger que je suis allée avec mon amour à l’écho. Sans doute, sans peur. Je n’avais pas eu de saignements, pas de douleurs, donc bébé était là. S’il lui était arrivé quelque chose je l’aurais senti.

Mais tout de suite, l’échographe nous a dit que quelque chose n’allait pas. Là encore j’ai regardé mon amour en lui disant « il était là il y a 15 jours, il est là aujourd’hui ».

Mais non. Il n’était plus là.

On était vendredi soir. Pas de médecins joignables avant lundi. L’échographe nous parle d’un médicament pour faire passer mon bébé. Aveugle et sourde je dis « oui, oui ».

D’un côté heureusement que nous étions vendredi soir. J’ai pu en parler à mes copinautes qui m’ont dit à l’unanimité le traumatisme et la douleur d’un tel médicament. J’ai eu 2 jours pour réfléchir avec mon amour et décider de recourir au curetage.

Mais nous savons toutes que même après, ça ne s’arrête pas là. Les mois passent, on avance, on refait même une tentative ou pas, on vit, on continue.

Les gens n’y pensent plus, c’est du passé, c’était l’année dernière.

Non, c’était il y a 8 mois.

Je devrais être dans mon dernier mois de grossesse. Je devrais être grosse comme une baleine. Je devrais finaliser la chambre de mon bébé. Je devrais essayer de convaincre mon amour que Clémentine c’est plus jolie que Gertrude (lol).

Les gens oublient mais 8 mois après la douleur est revenue. Toujours aussi vive. On a toutes (en tout cas moi) regardé les forums, parlé avec des copinautes enceintes en même temps que nous pendant quelques semaines.

Aujourd’hui les premières accouchent, les autres se réjouissent et moi j’ai le ventre vide.

Tout le monde a oublié, c’était l’année dernière.

Moi je sais que cet été sera un des pires de ma vie, que le mois de juillet sera long et difficile, que ma tristesse sera latente mais personne ne comprendra. Personne n’y pensera.

C’est un sujet plus que connu. La douleur des femmes ayant vécu une fc. C’est un sujet connu, que 9 mois après, la douleur revient. Que les dernières semaines de la grossesse qui fut interrompue sont douloureuses et traumatisantes. Pourtant aucun suivi n’est fait. Tous les psy de la terre vous le diront, toutes les maternités mais aucun suivi n’est fait. Rien n’est proposé au delà du moment de la fc.

Evidemment les centres de PMA (CECOS pour moi) sont débordés. Les fc sont courantes mais les psy sont là pour ça non ? Un agenda, le nom du dossier, la date prévue de l’accouchement. Un appel pour proposer un rendez-vous pour en parler. Parce que ça nous ferait du bien que quelqu’un vienne vers nous à ce moment là, parce qu’on n’a pas la force d’aller vers les autres. On se sent un peu bête de repartir dans le chagrin tant de mois après, on n’ose pas en parler.

Parce que c’était l’année dernière pour les autres. Parce que c’était il y a 8 mois pour moi.

Quand le parcours de Dou et Dolminwen rime avec incompétence

Dou et moi nous nous sommes rencontrés fin d’année 2001, à l’époque nous avons 19 et 24 ans. Je passe les détails sur nos «débuts»: tous les deux étudiants dans des régions différentes on ne se voit que très peu. Par la suite, Dou trouve un emploi à C où je peux le rejoindre pour finaliser mes études. C’est à cette période, donc en 2007, que j’arrête la pilule. Sur le coup on peut se dire que c’est un peu n’importe quoi, je n’ai pas de boulot, on vient à peine de se retrouver, mais je ne sais pas, un ras-le-bol de ce comprimé orange sans doute. J’ai 25 ans et je ne serais pas contre l’idée qu’on ait un enfant ensemble, Dou a envie d’en avoir, il se voit bien papa dans l’avenir et si ça ne vient pas tout de suite ce n’est pas bien grave. On ne calcule rien à ce moment mais de toute façon mes cycles font n’importe quoi: j’ai à nouveau 15 ans. Je termine mes études et je ne trouve du boulot qu’à la capitale, alors pareil bof pour les projets «bébé», je ne reprends pas la pilule pour autant, mes cycles continuent de faire n’imp’, j’ai toujours 15 ans. En 2010 pourtant une petite voix me dira de parler sérieusement avec un gynéco de ces cycles anarchiques. La gynéco de ville que je vois alors flaire l’embrouille et me prescrit ma toute première écho endovaginale. BIM: OPK! Mes ovaires sont dystrophiques, ils font le double des ovaires «normaux», ont une couronne de follicules, de grosses framboises en quelque sorte. A la suite de ça, elle prescrira aussi à Dou son tout premier spermogramme. Et puis cela s’arrêtera là avec elle car mes OPK + les spermatos un peu mou de Dou lui feront un peu peur. Cette envie d’enfant qui au début n’était pas très pressante va prendre de plus en plus de place pour moi, comme si ces difficultés révélées avaient déclenché le plan «panique à bord !».
C’est au cours de cette année que je déciderai de quitter la capitale pour revenir à C. La gynéco de ville nous a fait une lettre pour le centre PMA de notre choix, nous étudions donc les possibilités offertes à C: le service PMA du CHU avec à sa tête le Pr P ou la clinique privée dans laquelle officie Dr A. On choisit le CHU car après tout Dr A a été formée par Pr P donc autant s’adresser à Dieu etc…

Mars 2011, nous voilà dans le bureau du Dr DB, disciple du Pr P, qui nous prescrira tous les examens d’usage: re-spermo, p’tite écho endo au passage, les bilans sanguins à J3, les sérologies et! et! l’hystérosalpingographie!
Pour le spermo en fait finalement ça n’est pas si grave: les spermatos de Dou ont un peu «la nonchalance des îles» mais ils sont en quantité alors bon ça devrait aller.
Arrive alors le moment tant attendu de l’hystéro-bidule. Alors là, je vais m’étendre un peu sur le sujet car ce que j’ai «subi» en vaut la peine par rapport aux revendications du BAMP:
On me donne une ordonnance pour le produit de contraste (et RIEN d’autre, pas de Spasfon ni de Paracétamol et personne dans mon entourage pour me conseiller) et je prends rendez-vous au CHU. Malheureusement pour moi je suis encore très pudique et complexée, après tout ce ne sont que mes premiers pas en PMA. La manipulatrice radio me dit de m’installer sur la table, que le doc va arriver et me rassure en affirmant: «Vous verrez ça ne fait pas si mal… Enfin, j’en sais rien j’en ai jamais eu hihi!» (tu sens le traquenard?). Deux médecins (hommes, j’ai envie de mourir) arrivent alors: le doc qui fera la manip et un étudiant qui observe (mon vieux tu vas être servi!). Le doc met à peu près 450 000 ans à canuler mon col et nous aurons ce dialogue magnifique:
Doc: – Vous n’avez jamais eu d’enfant?
Moi: – Gneuh non…
Manipulatrice à la rescousse: – Elle vient dans le cadre d’un bilan d’infertilité (andouille!)
Doc: – Ah ouais… enfin quand même… ça aurait été plus simple si vous aviez déjà eu un enfant!!!
Moi: – … (achevez-moi pitié!).
Il arrive quand même à faire son taf, je manque de lui mettre un coup de pied en me retournant pour le cliché de côté (ça n’aurait été que justice!) et s’en va avec son étudiant… par une porte qui donne sur une salle d’attende où une petite mamie me voit les quatre fers en l’air en attendant le dernier cliché!!!
Bref, le cauchemar se termine, je rentre chez moi pour passer le reste de la journée sur le canapé à me tordre de douleur. Heureusement, l’examen aura révélé un utérus très bien et des trompes pas bouchées du tout, à ce niveau-là au moins ça roule.

C’est en Septembre 2011 que les choses sérieuses vont commencer pour nous. Le Dr DB ne voit aucun inconvénient à démarrer par des stimulations simples. Je prends donc du Clomid et je réponds plutôt bien avec un follicule sur chaque ovaire. Dr DB ratera un peu le coche pour le déclenchement: les follicules font plus de 20 mm alors qu’ils ont l’habitude de déclencher à 18, pas grave allons-y gaiement et au bout de 16 jours… j’ai un test de grossesse POSITIF!!! Je ne fais pas tout de suite de prise de sang (weekend, puis le temps de les joindre le lundi, puis le temps de recevoir l’ordo etc…) alors on a le temps de rêver comme des fous! Purée, on est des chanceux de la PMA! Je sens que ça travaille «en-bas», Dou trouve même que mon ventre «pointe», mon pantalon me gêne déjà, incroyable!
Et le résultat de la PDS tombe: 17 UI. Je dois confirmer par une autre PDS le vendredi et juste avant d’aller la faire je perds du sang. Heureusement, j’avais pris ma journée et après arrivait le weekend où j’ai pu pleurer sur cet échec cuisant. J’aurai de terribles douleurs dans la nuit de vendredi à samedi et je sentirai même par deux fois «une boule» sortir de moi.
La semaine suivante j’appelle la PMA, on me dit que ce n’est pas grave, ça arrive, pas moyen de parler à un doc de tout ça, on nous re-inscrit pour une deuxième stim simple. A la première écho de contrôle, je parle de mon «petit» positif au Pr P qui est d’astreinte ce jour et il nous dira «bon weekend Mr Dou et Mlle Dolminwen» en regardant ses chaussures. On déclenche alors l’ovulation pour un follicule de 18 mm, résultat négatif.
On nous re-programme une troisième stim simple: j’essaie de négocier avec l’interne un déclenchement «tardif» comme la première fois, non pas moyen, résultat négatif.
Cela va être pour moi une période de colère, de frustration (évidemment les copines savent très bien faire les bébés, elles!) et de tristesse mais Dou garde le cap.

En avril 2012, on nous annonce que bon les stims c’est sympa mais il va falloir passer à autre chose: les IAC. Ok, je retrouve mon Clomid et un petit nouveau: le Puregon. Puregon que je vais avoir du mal à avoir correctement, mon pharmacien étant «ignorant» de tout ce qui touche à ce type de produit, là aussi je pense qu’il y a une «éducation» à faire auprès de ces personnes. Exemple ici: il commande mon Puregon-pen tout nickel… et des ampoules de Puregon au lieu de la cartouche qui va dedans au prétexte que ça fera moins cher (pour la sécu)! Enfin, je crois que je pourrais lui consacré un article.
Bref le début se passe quand même pas trop mal… et BIM lors d’un contrôle avec Pr P, il nous annonce que si on continue comme ça on va être parents de quintuplés!!! Mais! Pour éviter de perdre la tentative, il nous propose un rattrapage en FIV! Ouhla! On n’y était pas préparé! En urgence je dois m’injecter du Fostimon, de l’Orgalutran, un tas de trucs tous donné à l’arrache par l’infirmière du service… car il faut bloquer le follicule de 23 mm mais faire grossir ceux de 17-18. Je vous raconte pas la rigolade pour préparer les injections, un peu de ci un peu de ça, car la pauvre infirmière n’avait pas en stock les bonnes concentrations et on était un samedi (Miss Pas’d’bol vous connaissez?).
La ponction aura lieu avec anesthésie locale (je ne recommande pas) le mardi suivant et c’est là que je vais découvrir que mes ovaires «se baladent» librement dans mon intérieur (pour ceux qui connaissent: Sheldon dans la piscine à balles qui crie «Bazinga!»). Une infirmière me grimpera presque dessus pour bloquer tout ce beau monde pour finir la ponction faite par une gynéco très contrariée par ce contretemps et qui me le fera savoir (s’cusez je n’ai quand même pas fait exprès!). La ponction aura donné cinq ovocytes tout de même. Je précise que pendant cette période on ne m’a proposé aucun arrêt de travail, la veille et le lendemain j’étais à mon poste, pour la ponction et pour le transfert j’avais pris, de moi-même, des RTT et après j’avais une semaine de congés fixée de longue date. Le jour du transfert (J2) on reçoit le coup de fil comme quoi on peut venir mais on ne nous dira rien par téléphone sur le nombre, la qualité, etc… On est donc reçu par la biologiste qui nous fera signer le papier de transfert en nous disant: «Y’en a qu’un mais ça tombe bien on avait dit qu’on en transférait qu’un, au revoir!». Bon… Dr DB procède au transfert, je vois la petite goutte brillante passer sur l’écran de l’échographe (NOTRE goutte bordel!!!) et «c’est bon Mlle Dolminwen et Mr Dou vous pouvez rentrer chez vous». On nous chasse littéralement alors je lui dit que j’ai lu sur internet qu’on restait un peu allonger après le transfert. Elle réplique: «Faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet!» Bon… j’ose demander quelle «tête» à notre winner: la biologiste qui a fait son retour et Dr DB se regardent, me regardent «oh ben, il a une tête normale hein hé hé» avec sourire en coin. Je leur signale qu’on va faire de la route le lendemain (environ 4h) et «arf, pas de soucis!». Bon… ce sera finalement un échec que j’aurai très mal vécu, d’autant que quand j’ai demandé un rendez-vous de débriefing on me répondra: «Ah bon pour quoi faire?» ben ch’ai pas un rattrapage d’IAC en FIV ce n’est pas banal, un seul embryon quand on t’annonce des quintuplés tout ça quoi… Finalement, on aura notre rendez-vous durant lequel on nous apprendra que mes ovocytes globalement se sont révélés immatures et que tous ces Messieurs-Dames s’y attendaient, et où Dr DB me dira: «Bah vous avez l’air de bien le prendre quand même» ben oui, j’ai déjà vidé mon stock de larmes et je sais me tenir Madame…

Là-dessus, pour le mois d’octobre suivant on nous re-programme une IAC avec Ménopur cette fois. Mon pharmacien préféré brille encore par son ignorance: il ne sait pas me fournir les seringues et aiguilles qu’il faut (grrr !), on doit aller se fournir dans un magasin de vente de matériel infirmier: j’ai une boîte de 100 seringues et autant d’aiguilles en deux tailles, voilà, voilà…
Bref, tant bien que mal un seul follicule se développe. Il arrive à la taille fatidique de 18 mm, l’infirmière que j’ai au téléphone me dit: «C’est bon, déclenchez!» je réponds un «ah» dans un soupir.
Elle me dit d’un ton sec: – Quoi y’a un problème?
Je réponds: – Non… enfin aux vues de mes résultats y’a pas moyen de déclencher plus tard?
Elle: – Non! C’est le médecin qui décide Mlle.
Moi : – Ok mais j’ai eu des résultats comme-ci et comme-ça…
Elle (ton condescendant): – Ah bon vous avez déjà eu un enfant Mlle?
Moi (presqu’en pleurs): – Euh… non mais… (soupirs).
Et là, je crois que Dr DB qui était à côté a senti l’infirmière partir en sucette car elle a repris le téléphone et m’a dit: «Il n’y a aucune raison médicale qui empêche de déclencher maintenant, au revoir Mlle Dolminwen, à dans deux jours pour l’insémination!»
Au final déclenchement à 18mm: négatif. A ce moment je pars en vrille, je refuse de faire ma PDS (la couleur de mon fond de culotte 10 jours post-Ovitrelle est suffisamment explicite pour moi) et on nous claquera définitivement la porte au nez du service PMA du CHU pour cet acte de rébellion («Sachez Mlle que si vous ne faites pas cette prise de sang vous serez radiés de notre service »). Je demande notre dossier dans la foulée en vue de partir pour la clinique privée et là, nous saurons toute la vérité: notre petite goutte brillante était en fait probablement déjà «morte» quand on me l’a transférée car elle n’avait que deux cellules à J2 (une tête normale tu parles!) et il y avait en fait une deuxième «goutte» mais non-transférable puisque polyploïde ce qui prouve bien l’immaturité de mes ovocytes (et toc pour la raison médicale!!!). En surfant sur le net, j’apprendrai que c’est quand même mieux de «surveiller» un embryon un peu faiblard en faisant une culture prolongée mais ça ne m’a jamais été proposé.
Je précise ici aussi que tous les contrôles de notre parcours n’ont été que des contrôles échographiques, je n’ai pas eu la moindre prise de sang pour vérifier le taux de LH ou FSH ou quoi que ce soit recherché habituellement. Est-ce que cela aurait révélé un dysfonctionnement? Est-ce qu’on aurait agi différemment?

Fin novembre 2012, nous avons donc rendez-vous avec le Dr A. Elle regarde notre dossier, me fait la p’tite écho endo habituelle… et me dit: «Mais Mlle Dolminwen, votre ovaire droit est bien trop gros! on ne vous en a jamais parlé?» ben si au tout début la gynéco de ville, par la suite ça n’a jamais été évoqué. «Vous savez Mlle Dolminwen, jamais aucun follicule ne sortira de cette coque épaisse» (je précise que mon ovaire gauche n’a presque jamais répondu aux traitements) ah… donc là t’es en train de me dire qu’on a fait tout ça pour rien, bien bien bien. En fait, elle m’explique que quand on est OPK, avec les ovaires augmentés de volume, les follicules «morts» en surface stagnent là et forme une coquille hermétique difficile à franchir (c’était donc pas si con de ma part d’insister sur la taille pour le déclenchement!!!). Elle évoquera donc le drilling par coelioscopie comme solution pour nous.

Fin février 2013, je passe sur le billard pour le drilling plus vérification de la perméabilité de mes trompes. Tout se passera bien, les trompes toujours ok, des ovaires tout neufs… et une découverte de lésions d’endométriose! Bon rien de méchant elle a pu tout nettoyer, notamment au niveau de la vessie et du rectum, j’en étais à un stade très précoce. J’ai revu Dr A en avril, re-écho endo et croyez-le ou non: je n’avais JAMAIS vu mon endomètre ainsi jusqu’à présent: exactement comme il doit être, comme dans les livres (j’étais en milieu de cycle, quand il est en grain de café). Je ne l’avais JAMAIS vu comme ça sur les écrans du CHU et ça n’a JAMAIS été évoqué comme un problème. Mes ovaires sont maintenant de bien meilleure taille, apparemment plus polykystiques, j’ai bien moins d’acné et des cycles plutôt réguliers. On se laisse donc jusqu’à septembre prochain pour essayer d’avoir un enfant «naturellement», après ça si rien ne vient Dr A souhaite nous revoir au plus vite pour ne pas perdre plus de temps (elle a eu l’air tellement désolée en relisant notre dossier et en voyant que cela fait maintenant six ans que nous avons arrêté toute contraception, «Six ans, tout de même, c’est long…»).

Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui, à presque 31 et 36 ans, j’attends que mes ovaires «Belle au Bois Dormant» se réveillent enfin, maintenant que «la machine» se relance. L’envie d’enfant est toujours très forte pour nous deux, je garde beaucoup de colère envers le CHU et de tristesse pour nos «petits» même si finalement pour 99.9% des gens, ils n’étaient rien…

Il est urgent de faire quelque chose pour la prise en charge des couples, pas seulement médicalement mais humainement aussi, on ne peut pas balancer les gens comme ça, dire des choses aussi méchantes à des gens qui souffre déjà bien assez. J’appelle cela de la maltraitance, ce n’est pas tolérable. Il est urgent que les médecins arrêtent de nous prendre de haut car eux «savent» et nous on a qu’à se laisser faire, ils DOIVENT répondre à nos questions et CORRECTEMENT, sans cacher les choses, sans nous prendre pour des imbéciles.
Je m’exprime aujourd’hui sur le blog du collectif pour apporter notre témoignage, pour apporter notre pierre à l’édifice, pour montrer que nous sommes nombreux déçus du système tel qu’il est et des professionnels de santé tels qu’ils sont aujourd’hui.

STEIR raconte

Enfant, je n’ai jamais vraiment joué à la poupée, j’aimais juste les coiffer, mais faire la maman, non, pas pour moi. Adolescente et jeune adulte, j’avais décidé que je n’aurais pas d’enfant, pas envie de reproduire le schéma familial, qui pourtant avec le recul de la maturité, s’est avéré plutôt super. Ah, les crises de l’adolescence !
Étudiante, je fréquentais un mec qui, lorsque j’ai commencé à travailler, est devenu mon compagnon. Étudiante, je n’avais jamais évoqué de projets communs avec lui comme se marier ou fonder une famille car chaque chose en son temps.
Mais voilà que dès que j’ai commencé à travailler, le désir d’enfant s’est imposé, avec une force sidérante pour moi qui étais convaincue de ne pas vouloir d’enfant. Désir qui s’est très vite accompagné d’une sorte de malaise, comme si j’entendais mon horloge biologique qui commençait déjà à me dire dépêche toi, ton temps est compté, sans raison puisque ma maman n’était ménopausée qu’à 55 ans, et moi je n’en avais que 24.
Mais l’envie est là. J’en parle à mon compagnon, il ne réagira pas. Il a 30 ans mais ne sait toujours pas ce qu’il attend de la vie, s’il veut des enfants, s’il veut construire quelque chose de plus solide avec moi. Ça fait un choc car après 5 ans à se fréquenter…
Je finis par le quitter, rencontre un père potentiel. Très vite nous décidons d’essayer de le mettre en route ce petit de nous. Et 2 semaines après notre premier cycle d’essai, j’ai du retard. Je fais un test de grossesse et pas de doute, je suis enceinte, c’est génial !
Insouciante devant ce qui me semble une super preuve de fertilité pour notre couple, je ne change rien à ma vie à part l’alcool qui est proscrit, je fais autant de sport qu’avant, dors toujours aussi peu, ne me ménage en rien. Et tout se passe bien, juste une grande fatigue, mais pas grave ça ! Première échographie, une formalité pour moi même si la gygy ne veut pas prendre la date de conception que je lui donne comme référence car indiquerait un petit retard de croissance. Elle m’explique qu’entre le rapport et la fécondation de l’ovule, il peut s’écouler quelques jours. Bref, je n’insiste pas.
Seconde écho, je tombe sur une personne qui ne parle pas français ou si peu et qui me demandera si la première écho n’a rien mis en évidence d’anormal. Le rapport d’échographie indiquera que tout va bien. Toute fière, j’amène ça à ma gygy le rendez-vous suivant. Elle ne notera elle non plus rien d’anormal. Moi je suis de plus en plus crevée. J’ai arrêté le sport, j’essaie de dormi mais n’y arrive pas. Remontées acides, l’impression que mon bébé me bouffe de l’intérieur. Je suis mal. À 6 mois 1/2 de grossesse, ma gygy l’examine et trouve ma hauteur utérine beaucoup trop faible. Direct, elle me prend rendez-vous chez un de ses confrères quelques jours après. Lui trouve que mon bébé à quelques petites anomalies (cœur, rein) mais n’est pas expert. Il me prend rendez-vous la semaine suivante dans un hôpital référence en terme d’écho anténatale. La on m’annoncera froidement après une demi journée d’échos à passer de mains en mains que mon bébé est foutu, sans prendre de gants, sans s’assurer qu’il y a quelqu’un a mes côtes pour me soutenir et m’aider à encaisser. J’étais venue seule, en voiture. Pour rentrer chez moi avec ma très vieille voiture, il me fallait aller du nord ouest de l’île de France au sud de la région parisienne. Il faisait nuit, il pleuvait, c’était l’heure de pointe. Aujourd’hui je ne sais toujours pas comment j’ai réussi à rentrer chez moi sans avoir d’accident. Mon monde venait de s’écrouler.
La loi à l’époque imposait un délai de réflexion d’une semaine entre l’annonce du problème et l’interruption de la grossesse si c’est cela que l’on souhaitait. Je ne sais pas si c’est encore d’actualité.
Moi j’ai vécu un enfer toute cette semaine là. C’était dur de sentir le bébé bouger et vivre à mon rythme tout en sachant que bientôt il serait mort. Et puis on a envié de croire que les médecins se sont trompés. Mais non, de toutes façons je le sentais au fond de moi qu’il y avait un problème, mais pourquoi ça m’arrivait à moi ? Le pire c’est que c’était déjà visible sur la première échographie un peu, et de façon flagrante sur la seconde. J’en ai voulu à la terre entière. J’en pleure encore aujourd’hui en l’écrivant, 15 ans se sont pourtant écoulés. Cet enfant me manque toujours. Il a maintenant une petite sœur mais le chemin à été long pour y parvenir.
Je vous passe les détails de l’interruption de la grossesse, ça à été inhumain et pourtant dans l’hôpital parisien censé être une référence.
Mais dans cette épreuve, je me consolais en me disant qu’on allait vite remettre un bébé en route et que cette fois je serais mieux suivie, qu’on ne vivrait plus jamais ça. Effectivement nous n’avons plus jamais vécu ça, je ne suis plus retombée enceinte. 9 mois sont passés. J’ai décidé de me tourner vers le service pma de l’hôpital. Vous vous doutez bien que j’ai eu le droit au sempiternel « c’est un blocage psychologique », prenez rendez-vous avec un psy. Malgré tout, on nous a prescrit des examens pour vérifier notre bon fonctionnement.
Résultats, spermogramme catastrophique et pour moi déséquilibre hormonal d’origine indéterminé. Alors on nous programme pour des IAC en nous disant qu’il faut en faire un certain nombre sans résultat pour passer aux fiv. Le balai des IDE, des pds, des écho est lancé. 5 stimulations, une seule insémination. J’ovule toujours trop tôt mais personne ne change mon protocole pour autant. Je n’en peux plus de me battre, surtout que je suis seule à me battre, mon mari ne s’implique plus depuis que j’ai révélé à sa famille qui me mettait en cause pour l’infertilité de notre couple que le problème venait au moins à part égale de lui.
Notre couple bat de l’aile. On vit l’un a côté de l’autre. Je mettrais du temps à demander le divorce car la encore, c’est une bataille et je n’en ai plus le courage. Mais des problèmes d’entente au boulot avec un nouveau chef finiront par me donner le déclic. Je plaque tout.
Retour à la case départ chez papa et maman le temps de trouver un nouveau job. La cohabitation est difficile. Mais j’ai de la chance, ils m’offrent ainsi un nouveau départ. En cherchant du travail, je croise celui qui va devenir mon chéri.
Mais à lui, il me faut lui dire que s’il veut des enfants, il faut qu’il passe son chemin et choisisse quelqu’un d’autre, 10 ans sans utiliser de contraceptifs, je ne me fais plus d’illusions sur ma fertilité. C’est dur à dire à quelqu’un avec qui on a vraiment envie de vivre. Mais je le respectais trop pour le laisser s’engager en gardant ça pour moi.
Il me demandera en mariage peu de temps après. Et pourtant, c’est un père né. Lorsque je le voyais avec ses neveux et nièces, j’éprouvais toujours un pincement au cœur, mélange de douleur de ne pas lui donner d’enfant, et mélange de jalousie de le voir vivre ce manque avec les enfants des autres.
Tout va basculer avec la grossesse de notre voisine. De nos fenêtres, nous voyons sont ventre d’arrondir. Et plus son ventre d’arrondi, plus je vois de la souffrance dans son regard. Alors je craque et direction notre médecin traitant dans un premier temps. Prise de sangs, spermogramme. Spermogramme nickel. Pour moi ça va être la douche froide. Pré ménopause. J’ai 35 ans. Je ne veux pas y croire. Nous prenons rendez-vous dans un centre pma, le plus proche, 90 km de chez nous, ça se corse.
Les examens confirment, on nous propose 4 cycles d’insémination. Les premières fois, j’appelle le labo pour avoir les résultats de la pds. Après, je récupère l’enveloppe au courrier en rentrant du boulot. Il n’y aura pas de miracle pour nous. On nous jette sans même nous rencontrer après la dernière insémination. Mon mari pense qu’ils vont nous proposer autre chose après. Il n’a pas encore compris que tout est fini.
Lorsqu’il me demande ce qu’il en est 3 mois après, je lui explique la situation. Son visage est défait. Alors je lui parle du don d’ovocytes. J’ai eu le temps d’y penser, de savoir si j’étais capable de franchir ce pas. Et je sais que oui. Je ne lui en aurais jamais parlé sinon.
4 jours plus tard, il me posera une seule question, cela me dérange-t-il que ce ne soient pas mes gènes ? Je l’ai aimé pour cette question, parce que son désir d’enfant ne passait pas avant moi, parce que si ça m’avait posé un problème, il aurait renoncé.
Je prends donc rendez-vous au Cecos du centre de pma qui nous suivait, nous ne sommes pas encore prêts à devoir payer pour être parents. Je sais que l’Espagne, la RT, la Grèce propose ce genre de chose mais le coût à de quoi calmer de bien plus aisés que nous.
Notre dossier est accepté mais n’ayant pas de donneuse, il faudra patienter 2 ans. Je franchis le cap de la quarantaine, mais nous profitons de ces 2 ans pour vivre pleinement notre vie. Nous achetons une maison avec un grand jardin. Difficile de ne pas imaginer des cris d’enfants dans ce jardin, mais patience, ça va peut être venir. Il y a aussi cette chambre dans notre nouvelle maison où je n’aime pas entrer. C’est trop symbolique cette chambre en trop.
Vient enfin le jour de l’appel en vu de la synchronisation avec la donneuse. Il y en aura 4 ou 5 de ces appels, à chaque fois la synchronisation est décalée, le temps passe, je réagis de façon curieuse aux médicaments sans que le gygy s’en soucie. Le jour de la ponction, je ne serais pas en phase, nos embryons seront congelés. J’ai la haine la encore car en cherchant sur le net, je trouve ce qui cloche, gygy n’a jamais mentionné le fait qu’il fallait prendre le provames en plusieurs fois dans la journée et à heure fixe. Moi pour ne pas oublier, je prenais tout d’un coup le matin. Sachant que les chances sont moindres avec des embryons congelés, mes espoirs s’effondrent. Suivent 3 transfert de 1 embryon chacun. Rien ne se passe, le miracle c’est pour les autres.
3 mois passent et plus aucune nouvelle du Cecos. Pourtant, nous n’avons pas eu le nombre d’ovocytes promis. Alors j’appelle, je sens bien que je dérange, on ne comptait pas nous en attribuer d’autres. 2 ans d’attente pour 4 ovocytes, j’en ai gros sur la patate, j’insiste sur la promesse faite. On nous rappellera un mois  et demi plus tard pour une nouvelle synchronisation. Cette fois je prends bien le provames en plusieurs fois et n’ai pas de mauvaise surprise. Le jour de la ponction, on nous reçoit froidement, on nous a réservé 1 ovocyte, il n’y a pas eu de contrôle de l’endomètre pour moi, on nous prévient que ce sera le dernier qui nous sera attribué. J’ai le droit au minimum quoi, et encore, parce que j’ai râlé.
Les super spermatozoïdes de mon mari feront de cet ovocyte un super embryon. Je vais faire ma pds sans conviction 12 jours après. J’appelle le labo mais sans vraiment écouter la réponse. Et pourtant, c’est positif, pas un super taux, mais positif. Je n’en reviens pas. Mon premier début de grossesse depuis mon bébé couette avorté.
Cet espèce d’embryon de bonheur ne durera malheureusement pas. À 7 sa, petites pertes rosées, un taux de beta hcg qui n’évolue pas super bien… L’échographie 2 jours plus tard nous montrera un cœur qui bat, mais un retard de croissance de l’embryon aussi. Le lendemain, c’est la fausse couche.
Je ne me démonte pas, j’attribue ça à la mauvaise qualité de l’ovocyte compte tenu de l’âge souvent « avancé » des donneuses en France (c’est culotté de dire ça, je les remercie toutes au passage, quelles que soient leurs motivations, je leur tire mon chapeau), j’en discute avec mon chéri, et nous nous tournons vers l’Espagne. Mon utérus a fait ses preuves, je réagis plutôt bien aux médocs, alors avec des ovocytes de jeune, j’ai le sentiment d’avoir toutes mes chances !
Je revois le gygy qui m’a fait l’échographie des 7 sa et qui a constaté la fausse couche avec qui le courant était super bien passé. Il est ok pour m’accompagner, fait la lettre pour la demande de prise en charge des soins à l’étranger, me prescrit les examens demandés par la clinique, prescrit aussi les médicaments pour la donneuse. Bref, sa réaction me donne des ailes. Cette fois ci, je sais que toutes les conditions sont réunies et que cela à marcher, j’en ai la conviction, c’est fort, très fort.
Et cela va marcher. Je ne vous dis pas que la grossesse s’est déroulée sans problèmes, ho que non, mais ma pitchoune est bien là, elle pète la forme et c’est du pur bonheur.
Côté financier, la clinique s’est avérée être une véritable usine, c’était déstabilisant car cela m’avait vraiment donné l’impression de venir là acheter un enfant, alors qu’en France je n’avais jamais eu ce sentiment presque de honte d’entrer dans les critères permettant d’accéder au don. Là d’une certaine façon j’avais le sentiment de me payer presque un caprice parce que j’en avais les moyens tout en étant consciente que ce n’était pas le cas de toutes les femmes qui auraient eu besoin de ce biais là pour parvenir à être maman.

L’autre aspect financier de ma grossesse qui m’a complètement révolté à été de découvrir que le régime  sous lequel je travaillais dans l’entreprise de mon mari ne me permettais pas d’avoir le moindre soutien financier en cas d’arrêt de travail, ce qui a été le cas quasiment toute ma grossesse. Et pour parfaire le tableau, l’assurance garantie des revenues que nous avions souscrite en cas d’arrêt de travail mentionnait dans les clauses d’exclusion tout arrêt de travail consécutif à une grossesse obtenue grâce à la pma. J’avoue avoir très mal vécu tout cela, l’impression de ne plus avoir aucun droit ni d’existence, que je n’étais plus qu’une matrice tentant de produire un enfant et qu’on niait mon existence en tant que travailleuse avant, que seules les femmes ayant des enfants naturellement étaient dignes d’avoir un soutien, et que nous pauvres créatures stériles, nous n’avions qu’à nous résigner et travailler pour faire fonctionner le système et permettre à ces femmes fertiles d’avoir elles seules le bénéfice du labeur collectif.

Il y a peu, nous avons décidé d’aller chercher les embryons qui nous restaient, espérant un nouveau petit miracle, un frère ou une sœur pour notre fille. Mais mauvaise surprise, mon gygy s’est avéré être en arrêt maladie longue durée. Il m’a fallu choisir au pif. Et cela n’a pas été concluant, je me suis pris la nouvelle directive de plein fouet. Lorsque je lui ai expliqué la situation et ai demandé à ce qu’elle me prescrive les examens et les médicaments nécessaires au lancement du TEC, j’ai eu pour toute réponse, je ne sais pas si j’ai le droit, je vais me renseigner. J’ai tâté le terrain aussi pour la demande de 100% stérilité et ai obtenu la même réponse, mais dans son regard j’ai lu qu’elle considérait que ce n’étais pas à la société  de supporter le coût de ce type de stérilité. Elle a fini par me prescrire les pds et les médicaments, mais le 100% je n’ai pas eu de nouvelles, et inutile de vous dire que je ne lui ai pas demandé de lettre pour ma demande de prise en charge de soins à l’étranger. J’ai essayé de faire passer ça sur la demande pour la fiv do de l’année dernière vu que les embryons qui nous restent en sont issus mais je n’y crois pas du tout.

Voilà mon histoire. J’ai fait un pavé et en suis désolée. Mais je voulais témoigner car je suis maintenant une maman heureuse et gourmande, gourmande au point d’aller chercher ses embryons surnuméraires histoire d’essayer d’être comblée deux fois au lieu d’une.
À toutes celles qui sont dans le doute et qui n’en peuvent plus des échecs, je vous souhaite de connaître ce bonheur, c’est immense !