Les médecins qui défendent le DPI-A avec nous

Nous vous invitons à regarder (et à partager largement dans tous vos réseaux) cette vidéo sur le diagnostic des embryons aneuploïdes et l’intérêt de ce diagnostic en FIV. Au moment où les députés, dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, refusés l’autorisation du DPI-A? Cette vidéo apportent des arguments qui vont dans le sens d’une nécessaire mise en oeuvre de cet outil pour les personnes en parcours d’AMP qui rencontrent des échecs d’implantation, qui vivent des fausses couches, ou/et qui ont plus de 35 ans. Car dans ces trois indications, les études récentes montrent que le DPI-A permet d’améliorer la prise en charge en réduisant le temps pour obtenir une grossesse. Car un embryons euploïde a de plus grande chance de s’implanter qu’un embryon aneuploïde. 

Début octobre, Virginie, présidente de notre association a participé à l’enregistrement de cette vidéo avec des professionnels de l’AMP. Vidéo initiée par la Société de Médecine de la Reproduction (S.M.R.). L’émission est présentée par François VIALARD, généticien, Centre Hospitalier Intercommunal de Poissy Saint Germain. Deux couples témoignent dans cette émission, témoignages poignants sur l’impact de l’absence du DPI-A dans leurs parcours d’AMP. 

Les professionnels de l’AMP qui étaient sur le plateau : 

  • Catherine RONGIERE, gynécologue obstétricien, responsable du centre d’AMP au CHU à Strasbourg
  • Marine POULAIN, biologiste de la reproduction, responsable de laboratoire d’AMP de l’hôpital FOCH
  • Charles COUTON, cytogénéticien, responsable du laboratoire de cytogénétique au CHU de Grenoble

Médecins de l’AMP (biologiste, généticiens, gynécologues) et patients mains dans la mains, pour défendre l’intérêt de l’autorisation du DPI-A en FIV. C’est un travail important que nous réalisons depuis un moment déjà, et qui avec la révision de la loi de bioéthique s’est intensifié. Travailler ensemble à l’amélioration de la prise en charge en AMP en France est une nécessitée que notre association porte depuis sa création. Et nous sommes fières de voir notre engagement quotidien, depuis 6 ans, porter ses fruits, tant au niveau local en région (merci aux référentes BAMP), qu’au niveau national. 

 

Vous l’aurez compris, la bataille pour le DPI-A n’est pas finie ni pour nous, ni pour les médecins. Vous pouvez nous aider à la gagner en alertant vos parlementaires (députés et sénateurs) pour que nous réussissions à obtenir ce DPI-A en FIV. Partagez et faites signer vos ami-es, les membres de votre familles. Via notre campagne citoyenne « Pour le DPI-A en FIV » en quelques clics vous alertez vos parlementaires et vous soutenez nos actions à ce sujet. Un GRAND MERCI !

Et pourquoi ne pas l’envoyer à vos parlementaires cette vidéo ? Un bon moyen de les informer.  Un mail que vous pouvez leur adresser, soit pour leur demander un RDV, soit juste pour leur adresser vos demandes au sujet de la loi de bioéthique. 

 

 

Via le site de la S.M.R.

« Le diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies

Comment, pourquoi, pour qui ? [vidéo]

La révision de la loi de Bioéthique a donné lieu à de nombreuses joutes verbales dans et en dehors de l’hémicycle de l’assemblée nationale. Un point de crispation important est apparu dès lors que le sujet du diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies (DPI-A)  embryonaires a été abordé. Les ardents opposants sont allés jusqu’à parler d’eugénisme à l’heure où la politique de dépistage de la trisomie 21 permet d’identifier jusqu’à 90% des trisomies 21 foetales.

Mais qu’est ce que le DPI-A ? Est ce une méthode dangereuse ? Sera t’elle accessible à tous ? S’il persiste des interrogations, son déploiement aura t’il un intérêt ? Commet distinguer le vrai du faux dans cet afflux d’informations contradictoires ? Faut il arrêter le progrès ?

Cette émission tente de fournir de façon objective des réponses et apporte des témoignages saisissant de patients.

Comme le dit un proverbe chinois: Celui qui ne progresse pas chaque jour, recule chaque jour.« 

 

 

 

Nos autres articles au sujet du DPI-A sont par ici

#PourLeDPIAenFIV #DPIA #Bioéthique #PatientsMédecins 

 

 

DPI-A dans la loi, un point c’est tout !

Vous vous demandez encore quel est cet étrange acronyme ?
Et à force de voir/lire toutes sortes de « choses » sur la révision de la loi de la bioéthique, vous perdez le Nord !

Votre association préférée (nous donc !) vous propose cette vidéo explicative tournée et montée avec les moyens du bord, pas d’acteurs sensationnels ni oscarisés, juste des patients qui ont laissé parler leurs cœurs et qui expliquent le DPI-A pour que cela soit à la portée de tout le monde et surtout des non-scientifiques….et aussi un peu (beaucoup) pour nos législateurs qui aiment  centrer les débats sur des sujets annexes (et encore !) au DPI-A…

DPI-A, on te veut,
on t’aura !

Votre mission, si vous l’acceptez, sera de rendre cette vidéo virale…
…que tout le monde, de France et de Navarre la visionne !
Partagez sur vos réseaux sociaux, vos blogs,…
Faites-là circuler plus vite que le TGV
Montrez que les patients d’AMP sont concernés (et pas satisfaits)
Faisons, tous ensemble, une grande chaîne de solidarité afin de défendre nos droits, d’affirmer nos attentes en matière de révision de la loi de la bioéthique

 

 

 

Infertiles OUI invisibles NON !!! 

 POUR LE DPI-A en FIV !

 

MERCI DE SOUTENIR notre campagne FACTIO « POUR LE DPI-A en FIV » et d’alerter vos parlementaires pour qu’ils prennent conscience des demandes et des besoins de personnes infertiles. En parcours d’AMP

Rencontre dans le sud-ouest – AGEN

Vous habitez le Sud-Ouest, oui je sais c’est large, plus précisément vers Agen. BAMP vous propose une rencontre entre patients AMP, personnes infertiles, stériles. Que vous soyez au début du parcours, au milieu, à la fin venez échanger avec d’autres personnes vivant les mêmes parcours, venez poser des questions, échanger.

Samedi 1er Octobre à 14 heures à AGEN

Inscriptions et informations via collectifbamp.agen@gmail.com

Les premiers pas sont souvent difficiles à faire, mais les rencontres marquent souvent une nouvelle étape dans votre parcours.

Teléphone 2015 799

Pour rappel, cette semaine d’autres rencontres sont prévues :

  • Ce soir à ANGERS sur le don de gamètes
  • Le mercredi 28 à Nouméa et Saint-Cloud
  • Vendredi 30 à Ensisheim en Alsace
  • En octobre, le 8 à Caen et le samedi 22 à Grenoble

Innovation technique pour mieux évaluer la viabilité d’un embryon ?

MErck

Les couples infertiles vont mal, mais l’industrie pharmaceutique qui les « traite » va bien ! Nous déplorons l’augmentation de l’infertilité, mais les labos eux se « frottent » les mains car ils voient leurs chiffres d’affaires augmenter. Cela leur permet de faire de la recherche, de proposer des solutions plus efficaces, des médicaments mieux tolérés, de penser et produire des techniques innovantes pour améliorer les prises en charges médicales des couples infertiles. Mais est-ce que les couples infertiles Français bénéficient de ces innovations proposés par les laboratoires comme Merck-Serono ?

La semaine passée, ce dernier qui produit notamment  le GONAL-F,  (mise sur le marché Européen en 1995) a présenté différents dispositifs techniques censés améliorer les résultats des FIV.

« Gonal-f* réalise plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et représente
18% du chiffre d’affaires de la firme en France, a souligné Pierre-Henry Longeray,
président de Merck Serono France, lors de la conférence de presse. C’est le
deuxième produit le plus important du laboratoire sur le territoire, après
l’anticancéreux Erbitux* (cétuximab), a-t-il noté. »

Faut-il s’en réjouir ? Que faisons-nous pour réduire les causes de l’augmentation de l’infertilité ? Notamment la qualité de notre environnement qui en se dégradant entraine une hausse des situations d’infertilité.

« Outre Gonal-f*, il commercialise Luveris* (lutropine alfa),
Cetrotide* (acétate de cétrorélix), Ovitrelle* (choriogonadotropine alfa), Pergoveris*
(follitropine alfa et lutropine alfa) et Crinone* 80 mg/g (gel de progestérone).« 

« Le laboratoire souligne qu’il est le « seul au monde à proposer une offre complète de
médicaments destinés à traiter les troubles de la fertilité à chaque étape du cycle
reproductif ainsi que des versions recombinantes des trois hormones clés du
traitement de l’infertilité ». 

Un monopole qui donne le vertige, vous ne trouvez pas ?

Merck-Serono leader mondial des troubles de fertilité, communique sur son nouveau produit : EEVA nom d’un dispositif technique (premier produit de leur nouvelle activité « Fertility technologies ») qui doit permettre de mieux « prédire » et de façon plus précoce la viabilité des embryons.

Eeva

Eeva autorisée en France depuis le mois d’avril, c’est en fait une boite de pétri spécifique, un microscope dédié (placé à l’intérieur de l’incubateur) qui va prendre une image toutes les cinq minutes pendant trois jours et surtout un logiciel permettant d’analyser les images prises du développement embryonnaire et de « prédire » grâce à l’analyse croisée de différentes paramètres (biologiques, morphologiques, cinétiques, etc), les capacités de développement ultérieur de tel ou tel embryon, sa capacité à s’implanter. Ce test doit permettre de décider sur des éléments plus objectifs que « l’oeil » du biologiste, quels sont les embryons à transférer.

Il s’agit d’un « test non invasif complémentaire aux évaluations morphologiques
traditionnelles effectuées en laboratoire par des embryologistes », souligne la firme.
Il a été évalué dans une étude clinique prospective multicentrique, publiée dans
Fertility and Sterility en 2013.

En tout cas les déclarations de la société pourraient convaincre les plus récalcitrants des couples infertiles, avec l’augmentation impressionnante des taux de prédiction positive de la viabilité des embryons.

« Cette étude de cohorte a montré que le test Eeva*
permettait de prédire sur des embryons à J3 la formation des blastocystes (J5-J6)
avec une spécificité de 85%. Le taux de faux positifs est passé de 48% à 15% avec ce
test par rapport à la méthode traditionnelle de sélection des embryons basée sur la
morphologie, et la valeur prédictive positive est passée de 34% à 55%, indique le
laboratoire. »

Les quelques jours entre la ponction et le potentiel transfert, sont une étape très stressante pour nombre de couples infertiles : allons-nous avoir des embryons ? Vont-ils bien se développer ? Est-ce que nous allons pouvoir en transférer ? Vont-ils donner une grossesse ?  Car nous sommes encore bien trop nombreux à faire une, deux, voir trois, quatre (et plus) tentatives (FIV et TEC confondus) avant qu’ENFIN un embryon s’accroche (hors de toutes autres pathologies liées à la qualité des gamètes ou à la réceptivité utérine). Juste parce qu’il est difficile pour les équipes de « choisir » l’embryon J2 ou J5 qui aurait le plus de « chance » de s’implanter et de bien se développer. De nombreuses équipes de recherches publiques et privées s’activent pour mieux comprendre les mystères de l’embryon. Merck-Serono apporte un nouvel outil pour tenter de répondre à ces questions.

« Merck Serono va également lancer une étude européenne, incluant des centres
français, sur 1.500 patientes, baptisée TILE, afin de vérifier et confirmer l’intérêt de ce
test ».

Vous allez peut-être vous voir proposé d’intégrer cette étude, à suivre.

« Eeva* est déjà bien implanté en Espagne, où il a été lancé en septembre 2014, et
quelques centres britanniques en sont également équipés, a indiqué à l’APM Lucile Chantegrelet, directrice de la franchise fertilité de Merck Serono, lors de la conférence
de presse. Il commence à s’installer en Italie et en Allemagne, où il a été lancé en
début d’année. Aucun centre français n’est encore équipé, a-t-elle ajouté. »

Nous doutons et regrettons qu’ils puissent s’équiper un jour (sauf si le tarif n’est pas trop élevé). Peut-être que le fait de participer à l’étude TILE permet d’accéder à ce dispositif à moindre coût ? Est-ce que le matériel Eeva est prêté, loué aux équipes Françaises intégrant l’étude ? Est-ce que Merck-Serono installe ces équipes pour que ces derniers gères la technologie Eeva, sans que les équipes Françaises puissent s’en approcher ? Informations que nous aimerions connaitre pour mieux comprendre à quelles sauce nos embryons seront « analysés ».

De plus, Merck-Serono envisage dans un avenir proche, de « lancer, trois nouvelles innovations techniques« . 

GERI  semble le produit le plus prometteur, car il va combiner un incubateur avec système « TIME LAPS », comme il en existe déjà via l’embryoscope (produit par une firme concurrente dont nous vous avions déjà parlé dans un précédent article) avec son système de test prédictif Eeva. L’innovation résidera dans la possibilité d’accueillir dans cet incubateur six boites de pétri, de six couples différents avec six microscopes, un pour chacune des boites de pétri ; limitant ainsi les interactions néfastes (ouvertures des portes, manipulations à l’extérieur, perte de la température constante). Pour rappel dans une boite de pétri, vous avez plusieurs embryons d’un même couple.

Les équipes d’amp françaises ont déjà bien du mal à investir dans des incubateurs avec système TIME LAPS (voir cet article), ce que nous regrettons. En effet très peu d’équipes (trois ou quatre en 2014) en France possèdent ce système, pourtant utilisé dans d’autres pays avec succès. Ce n’est pas demain la veille qu’elles vont pouvoir investir dans cette nouvelle technologie Eeva, qui doit bien couter un petit peu plus cher (à moins que…mais nous n’avons pas d’information sur le prix du système Eeva). Pourtant, nous aimerions vraiment que les taux de réussite des FIV réalisées en France augmentent. Permettant ainsi aux couples de passer moins de temps dans les parcours d’AMP, de moins s’épuiser face à l’accumulation des échecs, de faire faire des économies à la sécurité sociale.

 Les autres nouveautés du laboratoire Merck-Serono sont :

« Gems* est un nouveau milieu de culture dont le marquage CE est attendu pour
l’automne, a-t-elle noté.
Gavi* est « le premier instrument de vitrification au monde à être automatisé », note la
firme. Il permet une standardisation et une homogénéisation de la vitrification
embryonnaire, avec échanges de fluides et scellement automatiques, a précisé la
responsable.
La firme lancera par ailleurs son gel de progestérone Crinone* en septembre en
France. Le produit est disponible depuis de nombreuses années dans d’autres pays,
mais pas encore dans l’Hexagone pour des « histoires d’AMM [autorisation de mise sur
le marché] et de procédures réglementaires », a-t-elle déclaré à l’APM. Il ne sera pas
remboursé, a-t-elle précisé. »

 

N.B. : Le manifeste de l’association COLLECTIF BAMP, réclame une augmentation des moyens mis à dispositions des équipes AMP Françaises pour qu’elles puissent offrir à leurs patients des technologies plus performantes.

 

Sources : Redaction APMNEWS.COM 25 juin 2015

Dossier : 40 ans des CECOS (4) – Préservation de la fertilité 2e partie

AUTOCONSERVATION HORS INDICATION MÉDICALE OU LE MYTHE DE L’ÉTERNELLE JEUNESSE

Vous pouvez entendre tous les mardis à 14 heures sur France Culture le professeur Frydman

Professeur FRYDMAN (Paris) pour : 1986 = première naissance suite à une congélation lente. La première indication a été la préservation de la fertilité face aux traitements contre le cancer. La technique était simple, mais qu’est-ce que l’on propose : de l’espoir, mais peu de réponse technique pour l’avenir. Cette technique a pu voir le jour « grâce » au pape qui a interdit la congélation des embryons, les médecins ce sont donc tournés vers une autre technique, la congélation des ovocytes.

En urgence, il faut réaliser une FIV classique, mais échec du recueil de sperme, mais des ovocytes la congélation permet de résoudre le problème pour proposer une tentative ultérieure. Dans le cadre des dons d’ovocytes, les situations sont plus complexes, une pression s’exerce sur les couples pris en charge. Les banques d’ovocytes peuvent permettre un couplage plus détendu de l’apparitement.

Si une femme fait un don, elle peut conserver une partie de ses ovocytes pour elle-même, pour plus tard. Cette option attend un décret pouvant le permettre dans la réalité. Donc on peut conserver ses ovocytes si on est malade et que l’on doit subir un traitement stérilisant, si l’on fait un don de ses ovocytes, mais en dehors de ces deux indications, il y a débat.

Que manque-t-il dans ce débat ? Les questions de prévention, d’information, cela commence mais ce n’est pas encore pertinent, comme cela peut l’être par exemple pour les campagnes de prévention sur les mammographies, les frottis, le cancer colorectal. Le secteur de la reproduction est plus complexe, cela semble plus difficile d’envisager une prévention. Proposer cette information permettrait aux femmes de faire des choix de vie en toute connaissance de cause.

  • Faire un bébé sous la couette, tout de suite maintenant car après l’âge avançant cela sera plus difficile.
  • Attendre d’avoir trouvé le prince charmant.
  • Conserver ses ovocytes, car je ne sais pas ce que l’avenir peut me réserver.

De plus les techniques continuent d’évoluer. Comment trouver les arguments contre dans le contexte actuel ? Il faut passer du plan médical au plan sociétal. En France, il est admis qu’un don d’ovocytes puisse se réaliser jusqu’à environ 48 ans. Sommes-nous au plan sociétal ou médical ? Jusqu’à quel âge aller ? Faut-il se calquer sur la loi actuelle qui dit que l’assistance médicale à la procréation doit cesser à 48 ans ? Donc nous ne faisons plus de décongélation à partir de 47/48 ans ? Le remboursement sécurité sociale s’arrête aux 43 ans de la femme.

Quand commencer ? La prévention débute-t-elle à 20 ans, ou à 33 ans ? Faut-il interdire à une jeune femme de 22 ans qui voudrait par convenance congeler ses ovocytes, mais alors au médecin de trouver des arguments contre.

Le fond du problème réside sur la discussion, les réflexions au sujet de la préservation de la fertilité hors indications médicales, sur le passage du médical au sociétal pour gérer cette question.  En étant partisan de tenir sur le médical strictement, mais cela ne tient pas dans plusieurs situations de la vie actuelle. Pour les femmes seules et les femmes homosexuelles. Il faut se poser la question de l’exploitation du corps des femmes, est-ce que l’on va nuire à la personne, la mère, l’enfant, l’entourage ? La volonté d’autoconserver ses ovocytes hors indication médicale n’engendre pas de nuisance, sauf à promettre la lune aux femmes concernées, mais elles ne sont pas idiotes. Au nom de la liberté des femmes à disposer de leur corps, je ne vois pas d’argument contre, je suis pour une position d’ouverture sur ce sujet, en indiquant des limites ce principe de l’autoconservation hors d’un cadre médical.

Professeur Le Lannou (Rennes), contre : « Il est toujours plus facile de dire OUI que de dire NON. Je suis très réservé sur cette question de l’autoconservation pour convenance personnelle. Les CECOS reçoivent des patients en risques de perdre leur fertilité, il y donc une indication médicale à conserver les ovocytes. La préservation va donc s’organiser sur du court terme avec comme perspective une FIV à la guérison de la patiente. La vitrification des ovocytes est un débat d’actualité. Nous constatons un recul de l’âge de la maternité, il était de 24 ans en 1970 et de 28-29 ans en 2011.

En 2011, 21 % des naissances le sont d’une mère de plus de 35 ans. Pendant longtemps les gens ont cru que l’A.M.P. allait régler tous les problèmes.

Pour ce qui concerne les dons d’ovocytes, 30 % des demandeuses ont plus de 38 ans, 16 % plus de 40 ans, en sachant que l’on ne prend pas les femmes de 41, 42, 43 ans, elles partent généralement directement en Espagne. Ces demandeuses sont des femmes qui ont attendu trop longtemps avant de faire des enfants, elles étaient peut-être très fertiles avant.

Les insuffisances ovariennes prématurées, ne sont pas normales avant 35 ans, mais il faut encore pouvoir les définir. De permettre aux femmes a priori fertiles d’avoir des enfants plus tard, c’est répondre médicalement à un problème sociétal.

Au mois de juillet 2011, l’article L 12244-2 concernant le don de gamètes, a été voté pour lutter contre la pénurie de donneuses en France. Il y avait beaucoup d’enjeux dans cette réforme, mais le décret d’application n’est toujours pas sorti en 2013. On peut s’interroger selon deux aspects, permissif/restrictif.

Est-ce trop permissif ? L’autoconservation maintenant possible des ovocytes d’une donneuse, est-ce une indémnisation cachée, dans un donnant-donnant : vous donnez, on conserve pour vous. Mais il n’y a pas de justification médicale à faire cela, car juste la donneuse est potentiellement en phase fertile. Cela remet donc en cause le principe de gratuité du don.

Est-ce trop restrictif ? Ne permettre l’autoconservation qu’aux seules femmes qui souhaitent faire un don, n’est-ce pas du chantage, que pense l’éthique de cela ?

De mon point de vue l’autoconservation pour convenance personnelle (notez le changement dans les mots utilisés, nous passons d’une question sur l’autoconservation hors d’un cadre médical, qui n’est je trouve pas connoté comme terme, à convenance personnelle qui laisse entendre les choses différemment)

  • C’est une intrumentalisation de la médecine
  • La stimulation hormonale et la ponction sont quand même des gestes très invasifs pour la femme.
  • Nous arrivons à une médicalisation excessive de la procréation. Quid du nombre de ponctions et d’ovocytes non utilisés, car les femmes auront eu des grossesses naturelles. Déjà lorsque l’on observe les chiffres des autoconservations avant un traitement contre un cancer, seulement 10 % des ovocytes prélevés sont utilisés. Donc là pour l’autoconservation pour convenance personnelle on peut tabler sur utilisation des ovocytes dans 1 à 5 % des cas.
  • Il ne faut pas oublier qu’un prélèvement d’ovocytes a un coût financier, environ 3 000 euros. Les laboratoires qui font de la vitrification actuellement,travaillent à perte, car la vitrification n’est pas encore reconnue comme acte remboursé.
  • Cela va provoquer des inégalités dans l’accès aux soins, car certaines femmes pourraient se payer cette procédure d’autoconservation, tandis que d’autres ne pourraient pas. (comme si ce n’était déjà pas le cas, l’inégalité de l’accès aux soins financièrement, géographiquement !!!)

Il nous semble plus important de prévenir l’insuffisance ovarienne prématurée. Il faut faire des efforts sur l’insuffisance ovarienne prématurée. Définir à quel âge ? 35-40 ans=conservation des ovocytes sur indications médicales.

Mais comment faire pour dépister les sujets à risques d’I.O.P. ?

  • Au niveau biologique, il n’est pas possible à l’heure actuelle de prévoir. L’AMH est un facteur prédictif, mais qui ne dit rien sur la fertilité naturelle.
  • Antécédents familiaux ?

Objectifs à atteindre :

  • Développer la recherche pour savoir comment prévenir une IOP, sans signes spécifiques. Entre 25 et 30 ans les conditions sont favorables, à plus de 35 ans elles sont défavorables.
  • Taux de réutilisation faible, si la ponction se fait à un moment où la femme est encore « jeune ». Mais si la qualité est mauvaise au moment du recueil, les résultats seront mauvais .
  • Vitrification en France est une technique en devenir. Les premières naissances ont eu lieu en 2012-2013, 10 ou 15 enfants sont nés.
  • Système ouvert = on plonge dans l’azote sans protection, c’est performant, plus de 90 % de taux de survie des ovocytes ainsi vitrifiés.
  • Système fermé = les ovocytes sont dans une paillette, il n’y a pas de contact entre l’ovocyte et le liquide, mais les résultats sont moins bons, 70 à 75 % de survie. En France toutes les équipes sont en système fermés, sauf une. Il faut donc développer la recherche pour obtenir les mêmes résultats.

Je pense donc qu’il est un peu prématuré de se lancer dans l’aventure de l’autoconservation pour convenance personnelle. Il nous faut mieux maîtriser la technique de conservation.

Débat avec la salle

Jean BELHAICHE interpelle le Professeur Le Lannou

Il y a deux aspects que vous n’avez pas évoqués. Les débuts de la congélation du sperme, on se disait il y a peu de spermatozoïdes, mais nous avons quand même congelé. Puis l’ICSI est arrivée, c’était donc positif même avec peu de spermatozoïdes. Vous dites que le problème n’est pas médical, mais je pense que ce sont des problèmes médicaux, car c’est grâce aux travaux des médecins que la recherche a avancé et a permis l’arrivée de nouvelles techniques aux services des patients. Vous ne parlez pas du futur non plus, mais les progrès remarquables sur les gènes vont conduire à détecter une ménopause précoce. La connaissance sur le génome va permettre de savoir quelles sont les femmes qui auront des problèmes d’IOP.

Une dame interpelle le professeur Frydman :

Ce que vous proposez est une incohérence de la vie, il faut revenir à la vraie vie, et faire des enfants plus tôt !

Le professeur Nathalie Rive dit : « on ne touchera que les femmes intellectuellement  développées. Il faut informer les femmes qu’il faut faire des enfants tôt, car après un certain âge c’est trop tard ».

Le CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens de France) est divisé sur ce sujet, lors d’une récente réunion, les gynécologues obstétriciens qui « gèrent » les grossesses à risques des femmes avancées en âge sont contre ces évolutions sociales permises par les évolutions médicales.

Le professeur Frydman répond : Je me demande quelles sont les raisons d’interdire ? Vous évoquez les grossesse tardives, mais les publications sur ce sujet ne sont pas nombreuses et elles ne peuvent pas justifier d’interdire cette pratique. Je m’interrogerais plutôt sur : est-ce que c’est assumé ? Quel est l’avenir de la recherche sur les ovocytes par exemple ? Je pense qu’avant 30 ans il n’y a pas d’indication à l’autoconservation des ovocytes, mais à partir de 30 ans, je pense qu’il serait important que les femmes soient informées dans le cadre d’un entretien spécifique, comme pour le frottis tous les deux ans, la mammographie.

Intervention du Professeur Pierre Jouannet : Il faut informer les femmes, les médias parlent de la vitrification comme d’une solution miracle, mais pas sur des ovocytes trop vieux. Les collègues qui congèlent encore des ovocytes, c’est un scandale, lorsque l’on sait qu’il y a moins de chance de réussite qu’avec la vitrification. Les CECOS font des congélations très tardives (chez des hommes âgés) de spermatozoïdes, avec comme indication une préservation de l’équilibre psychique de l’homme concerné, et pourquoi cela ne pourrait être fait pour les femmes ?

Il lui est répondu que cela serait maintenir la toute-puissance de la femme en attente d’un enfant, qu’elle serai maintenue dans l’illusion de la possible procréation.

Professeur Frydman, indique de nouveau son point de vue : Pourquoi ne pas envoyer une information vers 33 ans pour informer sur la baisse de la fertilité. Il faut informer et autoriser.

Professeur Le Lannou indique que pour lui cela serait une solution de facilité et que la recherche ne serait pas développée. En ce qui concerne l’autoconservation des ovocytes, la procrastination serait justifiée.

Il nous a semblé que le Professeur Frydman était assez isolé avec son idée d’autoconservation hors d’un cadre médical.  A moins que seules les personnes contre cette idée se soient exprimées dans cette assemblée. Nous avons même entendu hors micro : « de toute façon, il veut faire ça juste pour gagner plus d’argent avec ses patientes du show-biz« …… Le Professeur Jouannet,semblait être de son côté, pour une information des femmes à disposer de leur corps, au regard des évolutions de la technique médicale.

C’est pendant ce débat que nous sommes intervenus pour présenter le collectif et dire que nous  n’étions pas d’accord avec les idées reçues (l’âge des débuts des essais pour avoir des enfants) qui semblaient circuler dans l’assemblée de médecins présents, que nous demandions une réelle information et un réel partage des connaissances entre patients de l’AMP et médecins. Et qu’il était dommage que les patients, premiers concernés par les discussions, ne soient pas invités à participer à ces débats, ouvrant ainsi le champ de la réflexion.

Après-midi du vendredi 13 septembre.

Je n’ai pas pu assister aux premières interventions, j’ai pris la deuxième en court et je n’ai pas pu aller au bout de la journée, aucun contact n’a donc été pris pendant l’après-midi. L’après-midi était consacrée à LA RECHERCHE ET LE FUTUR. Je vous rappelle que les publications des présentations devraient se trouver sur le site des CECOS vers le mois de novembre 2013.

LA PROCREATION DANS LE FUTUR, DES CELLULES SOUCHES AUX GAMETES ET A L’EMBRYON, Professeur Pierre Jouannet, ex président de la Fédération française des CECOS, membres de l’Académie de médecine

La médicalisation du futur va être au service :

  • des nouvelles formes de parentalité, de filiations. Les nouvelles formes de parenté existent déjà, les femmes seules, les couples de même sexe. Si l’on regarde les pays qui autorisent ou pas cela, on constate une grande hétérogénéité juridiques. En Europe et en Amérique du Nord, c’est possible dans certains pays et interdit dans d’autres. La Norvège et la Suède autorisent pour les femmes homosexuelles, mais pas pour les femmes seules. Le mélange des genres et des conceptions existe déjà. Souvenez-vous de Thomas BITI, une femme qui changeait de sexe pour devenir un homme, elle avait fait une mamectomie, mais elle avait gardé son utérus et ses ovaires, elle a été enceinte en portant un enfant issu des ovocytes de sa compagne qui n’avait plus d’utérus. Nous avons partout dans le monde cet homme enceinte. Trois enfants sont nés, elle/il a accouché par voie basse à chaque fois. Il y a donc déjà confusion entre le genre et la démarche de conception. Les transsexuels masculins qui demandent la préservation de leur sperme s’appuient sur la loi qui dit : « que toutes personnes qui va subir un traitement a le droit à la préservation ».
  • au-delà des limites naturelles, aux USA, ils font des FIV DO jusqu’à 50 ans, en 2010,  12 % des FIV sont des FIV DO, tandis qu’en France ce sont seulement 1 à 1,5 % des FIV qui sont des FIV DO. (La majorité des FIV DO pour les Françaises et les Français se font à l’étranger).
  • va se poser la question de l’utilisation des embryons, du sperme après un décès. Quel que soit l’âge ? Au-delà de la mort ? Nous savons que les spermatozoïdes restent vivants quelques heures après un décès, un prélèvement est donc possible, un pays autorise déjà cela, l’Etat hébreu depuis 2008. Cette pratique a été évaluée, mais il a été conclu que cela ne servait à rien, une seule femme s’étant renseignée. L’Angleterre avait proposé de conserver le sperme des soldats britanniques partant à la guerre en 2008. Aux U.S.A., il a été reconnu éthiquement acceptable de prélever chez une personne décédée.
  • Un enfant choisi ? Est-ce un mythe ? Dans certain pays c’est une réalité, nous avons vu récemment une banque de sperme qui propose le sperme d’hommes qui ressemblent à des stars du cinéma, de la chanson, du sport. Il y a aussi l’enfant des rêves que l’on souhaite comme ci et comme ça. L’enfant identique à moi, par exemple toujours aux USA, un couple de femmes sourdes, ont demandé un donneur sourd pour être sûres que l’enfant à naître soit lui aussi sourd, car elles trouvaient qu’être sourd apportait beaucoup de choses. Choisir le sexe de son enfant ? La technique le peut déjà, le tri des spermatozoïdes permet avec 70 % de réussite pour le sexe masculin et 90 % pour le sexe féminin, mais la technique DPI permet à 100 % de déterminer le sexe de l’embryon. L’IVG  est couramment utilisée dans certains pays pour éliminer l’enfant à naître qui n’est pas du bon sexe, en Chine c’est très courant. Il suffit d’une prise de sang pour connaitre le sexe de l’enfant à naître.

Ces techniques sont donc couramment utilisées, il faut maintenant voir leur champ d’application, sur quelles valeurs pouvons-nous faire des choix :

  • Sur la valeur : La nature = donc il ne faut pratiquer aucune assistance médicale à la procréation, même en cas d’infertilité.
  • Sur la valeur : D’un modèle familial unique = ne pas pratiquer le don de gamètes, ne pas faire d’enfant lorsque l’on est célibataires, ou lorsque l’on est un couple de même sexe.

Est-ce que l’on choisi en fonction du modèle « la nature » ou du modèle « un schéma familial unique » ? Mais il reste une troisième option possible, c’est choisir en fonction des différences, mais sans renoncer non plus à des valeurs fondamentales comme la « non-commercialisation du corps humain ». Mais quels sont les moyens pour garantir le respect des valeurs. Si nous disons OUI pour le don d’ovocytes, don gratuit, mais il faut définir qui va payer !

Les enjeux scientifiques sont multiples, il faut d’abord améliorer les connaissances sur la physiologie, la biologie, pour rendre l’assistance médicale à la procréation plus performante, plus sûre. Il faut arriver à mieux identifier les gamètes, mieux apprécier la qualité morphologique des spermatozoïdes et des ovocytes, mieux apprécier la qualité cinétique c’est à dire la vitesse de développement, la manière dont se fait la cinétique du clivage embryonnaire. Les gènes de l’embryon s’activent au stade 8 cellules, il faut faire un enregistrement continu pour choisir l’embryon en fonction de sa cinétique. Nous rentrons dans l’ère Omique*****, c’est à dire mettre en évidence des marqueurs pour identifier les meilleurs embryons.

J’ai dû partir à ce moment, il parlait d’études sur la consommation du glucose des embryons à 4 jours de développement, les chercheurs ont constaté qu’en embryon féminin consommait plus de glucose qu’un embryon masculin à 4 jours de vie. Mais nous devrons attendre pour connaître la suite de cet exposé. En novembre peut-être sur le site des CECOS ou avant via une autre publication.

*****Toutefois, les technologies «omiques» et les néologismes variés qui définissent les contextes dans lesquels elles sont appliquées représentent en réalité bien plus qu’un simple jeu de mots. En effet, ces technologies ont considérablement modifié l’échelle des données analysables et la forme des protocoles de recherche scientifique. Les technologies «omiques» permettent de générer des quantités énormes de données à des niveaux biologiques multiples : du séquençage des gènes à l’expression des protéines et des structures métaboliques, ces données peuvent couvrir tous les mécanismes impliqués dans les variations qui se produisent dans les réseaux cellulaires et qui influencent le fonctionnement des systèmes organiques dans leur totalité (Nicholson, Lindon, 2008; Wilke et al., 2008).

Si vous voulez en savoir plus sur les sciences omiques c’est par ici