Nataliance : un nouveau centre d’AMP dans le Loiret

Ouvert depuis le mois de septembre 2017, ce nouveau centre d’AMP privé, se situe à côté d’Orléans dans le Loiret, région Centre-Val de Loire, à Saran exactement.

Le docteur Cyril PUTIN, biologiste à l’origine de ce projet et co-responsable du laboratoire, nous indique que le centre dispose des dernières innovations en matière de qualité environnementale, « Comme vous pourrez le voir, nous avons pris un grand soin à maîtriser la qualité environnementale de notre laboratoire AMP (construction uniquement avec matériaux low VOC (sol, peinture, placo activ’air impact, etc…. Absolument tout. EC1+ dans la majorité des cas). Notre salle blanche est qualifiée comme un bloc de risque 3 (comme en neurochirurgie par exemple. ISO 7, etc… donc bien mieux que le grade D réglementaire) avec en plus un contrôle de la pollution chimique/moléculaire (VOC) par un système de photocatalyse UV venant des USA + filtre charbon activé/permanganate de potassium. » La qualité de l’air est importante lors de la manipulation des gamètes et de la culture des embryons, permettant de favoriser l’homéostasie la plus neutre pour un développement optimal des cellules. Mais aussi d’un matériel de pointe qui va au delà des normes réglementaires exigées pour qu’un laboratoire d’AMP soit agréé en France actuellement.

  • Le matériel a été fabriqué sur mesure en inox, lavé et dégraissé pour ne pas émettre de VOC. COV en Français = Composés Organiques Volatiles voir ici la définition de l’ADEME, mais pour résumer ce sont toutes les substances volatiles qui vont venir polluer l’air ambiant et avoir un impact négatif sur la santé des organismes vivants (cellules comme humains). Voir ici un article sur la qualité de l’air en FIV.
  • Nous cultivons nos embryons en timelapse dans l’Embryoscope plus pour tous nos couples (sans surcoût). C’est toujours magique de voir la division des cellules après la fécondation.
  • Nous avons une partie de notre matériel dans des hottes gazée-tempérée (sortes de « couveuses » pour ovocytes/embryons. Contrôle de la température, CO2, degré d’hygrométrie) venant d’Australie pour la récolte de complexe cumulo-ovocytaire, le transfert embryonnaire et les micro injections d’ovocytes plus fragiles (âge ovocytaire, etc…) par le tout nouveau Takanome de NarishigeMicroscope ultra perfectionné qui permet une très grande précision dans le geste du manipulateur., ce microscope est installée dans une hotte qui permet de maintenir un niveau de température et de gaz adaptés aux fragiles cellules humaines.
  • Nous avons un autre circuit avec Leica intégralement motorisé et intégra 3 (dont système thermosafe) pour le contrôle thermique. Ce poste est équipé d’un laser, de l’IMSI, d’un polscope. Et peut servir à prendre en charge les patients ayant une pathologie spermatique plus importante.
  • Le poste de spermiologie thérapeutique est équipé d’un système CASA (le système SCA de microptic)
  • Tout notre circuit est sécurisé par le RI Witness pour l’identito-vigilance. Ce système permet d’assurer de façon automatisée l’identification des patients, des gamètes et des embryons. Il se peut que ce dispositif soit payant, car une carte magnétique est remise au couple qu’il doit présenter à chaque fois.
  • Nous vitrifions les embryons (pas de congélation lente)
  • Nous sommes équipés pour le PGS ou équivalent si la loi Française devait évoluer prochainement. (en attendant notre laser nous sert pour le collapsing laser avant vitrification, l’Asssisted hatching, le zona thinning, la vérification de la survie spermatique en cas d’akinetospermie (sorte d’équivalent de test hypo osmotique), etc… Pour rappel, actuellement en France, les biologistes en AMP ont interdiction (sauf cas autorisés par la loi = DPI ) de regarder si les embryons sont aneuploïdes ou pas. Les transferts se font donc sur le seul critère morphologiques et de leur développement cinétique. Ce qui n’est pas suffisant pour de nombreuses personnes (aucune accroche, fausses-couches, plus de 37 ans…) car l’organisation chromosomique n’est pas étudiée. D’où des transferts à « l’aveugle » et des accumulations d’échec pour de nombreux couples. Notre association demande l’autorisation du screening génétique préimplantatoire avant transfert, pour une meilleure sélection entre les embryons viables et les non viables, pour améliorer le diagnostic en AMP et augmenter les taux de réussite.

 

Voilà un aperçu de ce que vous propose ce nouveau centre d’AMP NATALIANCE et les professionnels qui le gère.

Deux biologistes et deux gynécologues sont dédiés au centre Nataliance. Pour prendre rendez-vous c’est par là ou par téléphone 01 87 22 44 57

 

Ce centre offre ainsi aux couples du Centre Val de Loire, situés proches, un équipement de qualité pour voir aboutir leur projet de grossesse. Situé à 1h20 de Paris, 1 heure de Chartres, 1 heure de Tours, 1h30 de Châteauroux, 1h30 d’Auxerre, 1 heure de Nemours, 1h15 de Fontainebleau, 53 minutes d’Etampes, peut permettre à de nombreux couples d’éviter les centres d’AMP et les embouteillages Parisiens.

www.nataliance.fr

 

Informations complémentaires concernant différents points importants :

Le dispositif RI Witness est pour l’instant gratuit pour les patients, mais le centre a prévu de facturer prochainement les tags et les cartes witness. 30€ pour une IIU et 60€ pour une FIV/ICSI.

Les délais d’attente sont actuellement courts pour débuter un traitement, après la première consultation avec un gynécologue. En fonction du dossier médical, et de la nécessité d’examens complémentaires, les protocoles peuvent démarrer généralement deux mois après la première consultation (délai réglementaire d’un mois inclus). Si des examens complémentaires doivent être effectués, le délai se rallonge un peu. Mais vous pouvez discuter de tout cela avec les professionnels du centre.

 

 

 

AMP Saint Roch à Montpellier – Interview du mois

En France l’activité d’Assistance Médicale à la Procréation est réglementée et soumise à autorisation.
 
Des centres publics (CHU) qui peuvent pratiquer toutes les techniques d’AMP : de l’IAC à la FIV, la partie don de gamètes étant généralement géré par les Cecos. Les centres privés peuvent donc eux aussi pratiquer toutes les techniques en dehors du don de gamètes, soit juste des inséminations quand ils n’ont pas reçu l’autorisation de pratiquer des fécondations in vitro.
  
Aujourd’hui, nous vous présentons le service AMP de la  Clinique Saint Roch de Montpellier. Ouvert en 1986, ils pratiquent un peu plus de 1000 tentatives de FIV par an. La clinique vient récemment de déménager dans des locaux tout neufs. Depuis quelques mois, ils proposent un accompagnement des couples, grâce à une équipe dédiée aux couples en parcours d’AMP, composée de deux psychologues, d’une sage-femme hypnothérapeute, de deux sophrologues et d’une naturopathe.
 
Nous avons posé quelques questions au docteur Gilles Regnier-Vigouroux, biologiste responsable du service AMP de la Clinique Saint Roch de Montpellier.
BAMP :  Docteur Regnier-Vigouroux vous êtes biologiste de la reproduction au service AMP de la clinique Saint-Roch, en quoi consiste votre travail ?
Le Centre AMP comme les autres centres regroupe plusieurs spécialités et intervenants. Comme responsable du Centre, mon temps est consacré d’une part à la gestion et l’organisation et d’autre part à mon métier, la biologie de la reproduction.
BAMP :  Dans un protocole de FIV le gynécologue est sur le « devant de la scène » au contact direct du couple, tandis que le biologiste travaille dans son laboratoire. Son action est pourtant très importante dans la préparation des gamètes du couple, la fécondation et le développement de l’embryon. Comment vivez-vous ce travail déterminant mais à distance du couple ?
L’AMP est un domaine particulier où le travail du biologiste ne se résume pas uniquement à l’aspect technique. En effet, au Centre AMP st Roch nous rencontrons tous les couples à chaque étape.
Le matin nous sommes en technique au laboratoire et l’après-midi, nous consultons les couples. Nous voyons systématiquement les couples pour les informer sur le protocole AMP et décider de la suite à donner. Nous les voyons aussi avant chaque transfert ou insémination.
BAMP : Au cours de votre expérience professionnelle quelles évolutions notables avez-vous remarqué sur les caractéristiques des gamètes humaines (dégradation de la quantité et de la qualité du sperme, augmentation des mauvaises qualités ovocytaires, etc.) ?
C’est vraiment un sujet d’actualité. Les CECOS avaient déjà constaté une diminution de moitié du nombre moyen de spermatozoïdes en 30 ans chez l’homme. On connait les effets délétères des pesticides et phtalates sur les fonctions reproductibles. Le tabac, le cannabis sont responsables d’altérations au niveau des noyaux gamétiques. Il existe de plus en plus d’études qui démontrent des relations de cause à effet entre l’environnement et la fertilité. Les indications d’AMP d’aujourd’hui ne sont pas tout à fait les mêmes qu’il y a une dizaine d’années. On traite en effet plus d’infertilités masculines et nous prenons en charge plus d’insuffisances ovariennes que nous aurions refusés il y a 10 ou 15 ans.
4. Pensez-vous qu’une amélioration des techniques puisse combler le déficit qualitatif des gamètes ?
Il y a une chose sur laquelle on ne pourra jamais agir, c’est l’âge de la femme donc l’âge des ovules. Tout le monde sait que plus l’âge avance et plus la fertilité diminue. Même avec une bonne réserve ovarienne, les chances de grossesses ou d’avoir un enfant sont moins bonnes avec un âge avancé. Les chances de réussite sont meilleures avant 35 ans qu’après.
5. Notre association s’est positionné contre l’utilisation de l’auto test de sperme, car nous pensons qu’il est inutile, peu fiable car n’apportant qu’une réponse quantitative,
potentiellement source d’inquiétude car réalisé sans soutien d’un médecin. Quel est votre avis sur ce dispositif ?
En effet, il ne remplacera jamais un spermogramme fait dans un laboratoire spécialisé car il ne donne qu’une évaluation approximative de la concentration de spermatozoïdes. Or, pour apprécier un sperme il existe deux autres critères comme la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. De mon point de vue, la qualité de la mobilité est probablement le critère le plus important. Pour aller plus loin, un seul spermogramme ne suffit pas, il existe des fluctuations intra-individuelles dans le temps et donc on recommande en général un deuxième spermogramme, au moins 2 mois après pour pouvoir parler d’infertilité masculine. De toute façon, un spermogramme même complet n’explique pas toujours l’infertilité chez l’homme.
BAMP : Voyez-vous une amélioration notable de la qualité des gamètes chez les couples qui utilisent des compléments alimentaires spécifiques à l’infertilité ? Chez certains profils médicaux ou chez tous ?
En effet, certains compléments alimentaires ont prouvé leur efficacité en diminuant le taux de fragmentation du noyau du spermatozoïde par leur effet antioxydant sans améliorer sensiblement les paramètres du spermogramme. Les études dans ce sens sont prometteuses mais n’oublions pas que nous retrouvons ces mêmes composés dans l’alimentation. A St Roch nous nous intéressons à cet aspect-là en accompagnement de la prise en charge en collaboration avec une naturopathe spécialisée.
BAMP : Quelles ont été les grandes étapes techniques (outils, milieux de culture, embryoscope, traitement de l’air, etc), de votre point de vue de biologiste de la reproduction, qui ont permis de meilleures réussites en FIV ?
La technologie a considérablement évolué ces dernières années. Le fait de suivre en temps continu le développement de l’embryon avec l’Embryoscope permet d’affiner sensiblement nos critères d’évaluation sur les chances d’implantation de chaque embryon. Mais cela ne suffit pas car il faut aussi un bon endomètre et choisir la bonne fenêtre d’implantation. Des tests sont ainsi en cours de développement. Quant aux conditions environnementales, elles sont essentielles au bon développement des embryons. Certes, il y a le traitement de l’air du labo mais il y a aussi la qualité et le nombre d’incubateurs dont on dispose et les moyens techniques de surveillance des températures et de pH des milieux. La qualité des milieux et le choix qui nous est proposé actuellement nous permet d’adapter à chaque cas des stratégies de cultures adaptées.
BAMP : Quelles sont celles qui restent à faire ?
Plus on avance dans la connaissance des embryons plus on risque de toucher à l’aspect éthique. Ainsi il sera possible de savoir par des tests génétiques complets quel embryon est normal, donc transférable et quel embryon rejeter. Cela commence à exister dans certains pays. Mais encore une fois nous, professionnels, avons besoin de connaître les limites à ne pas franchir. La science évolue plus vite que la mise à jour de la loi de Bioéthique !
BAMP :  Un laboratoire d’AMP « performant », que doit-il contenir et comment doit-il être géré pour optimiser les chances de réussites des couples ?
Pour moi le terme de Centre est plus approprié car à St Roch le mode de prise en charge du couple infertile est aussi important que la technicité qui est derrière. Vous pouvez avoir le plus beau laboratoire du monde, vous n’aurez pas forcément les meilleurs résultats. Bien sûr le nouveau laboratoire que nous ouvrons ce mois-ci prend en compte les dernières recommandations et anticipe même les nouveautés technologiques notamment dans le domaine du traitement de l’air et des matériaux utilisés.
BAMP :  Quel est votre point de vue sur les taux de réussite des FIV, qui plafonnent en moyenne aux alentours de 20 % par tentatives en France.
Il y a des disparités considérables entre Centres. 20% en moyenne signifie que certains centres affichent des résultats autour de 15%. Nous avons normalement des autorités qui nous contrôlent (les ARS, l’Agence de Biomédecine). Il ne s’agit pas de sanctionner car le moindre incident peut faire chuter les résultats. Des audits au sens positif du terme, devraient être effectués pour détecter les problèmes et réagir au plus vite dans l’intérêt des patients. En 2010 et 2012 , nos résultats avaient baissé, et nous avons réagi en effectuant à notre propre compte des audits croisés avec d’autres Centres. Du coup en 2013, le classement de l’ABM nous classe premier des 10 plus gros centres français.
BAMP :  Quel sont les principaux types de patients qui s’adressent au service AMP de la clinique Saint-Roch? Des français en majorité ? Des personnes d’autres pays, si oui lesquels ?
Notre patientèle est à 80% régionale, de Perpignan à Nîmes et les 20% restant pour moitiés hexagonale et étrangère. Nous avons essentiellement une population russophone car nous avons une gynécologue d’origine géorgienne et anglophone (Américains, Anglais).
BAMP : Quel est le profil médical type d’un couple infertile qui s’adresse au service AMP de la clinique Saint-Roch ?
Nous pratiquons plus de 1100 tentatives par an et nous avons tous les profils. Un certain nombre de couples viennent nous voir après un refus dans un autre Centre. Il s’agit souvent de « mauvaises répondeuses » ou d’insuffisances ovariennes que certains centres récusent. Nous essayons en concertations multidisciplinaires d’aller jusqu’à la limite de la faisabilité.
BAMP : Quelles sont les spécificités d’une prise en charge dans un centre d’AMP privé par rapport à un centre public ?
Un des avantages du privé est la réactivité et la simplification des prises de décision en matière d’organisation et d’investissements. Notre modèle de prise en charge du couple se caractérise par des consultations personnalisées (toujours les mêmes intervenants), la possibilité d’un accompagnement (sophrologue, psychologue, hypnose, naturopathe…), des amplitudes larges au niveau de l’accueil et des plages horaires d’ouverture au public. Au final, nous n’avons pas de liste d’attente et si le dossier est complet et que le couple est prêt, on y va.

BAMP : Est-ce que beaucoup de couples se tournent vers la clinique Saint-Roch pour effectuer des FIV supplémentaires aux quatre tentatives remboursées ?
Comme je le disais nous recevons de couples récusés dans d’autre Centres. Le staff pluridisciplinaire décidera ou non de la prise en charge.

 

BAMP : Dans le classement des centres d’AMP établi par l’Agence de Biomédecine, comment se situe le centre d’AMP de la clinique Saint-Roch par rapport à la moyenne nationale ?
2010 et 2012, dans la moyenne, par contre en 2013 (à publier) nous sommes premiers des 10 plus gros centres français (ceux pratiquant plus de 1000 tentatives). Ceci dit, les résultats peuvent changer d’une année sur l’autre. Il faut simplement être vigilant sur des résultats qui tendraient au-dessous de 20%.
BAMP : Avez-vous des perspectives d’amélioration à mettre en œuvre pour augmenter encore vos taux de réussite globaux ou sur des profils d’infertilité spécifiques ?
Nous avons aménagé notre nouveau laboratoire ces jours ci. Nous avons aussi réorganisé la prise en charge car tous les intervenants se trouvent maintenant sur site . On ne peut espérer dans ces conditions qu’être meilleur !
BAMP : Établissez-vous des statistiques de taux de réussites par types de pathologies ?
Nous sommes certifiés depuis 2008 et en cours d’accréditation. C’est une pratique courante d’analyser régulièrement notre performance selon les types d’infertilité, selon les intervenants, selon des critères techniques etc…
19. Les centres de FIV privés n’ont plus le droit depuis plusieurs années, de pratiquer le don de gamètes. Recevez-vous, malgré cela des propositions de femmes et des hommes qui souhaiteraient faire don de leurs gamètes ?
Très rarement
BAMP :  Recevez-vous des femmes qui souhaiteraient faire vitrifier leurs ovocytes, hors d’un traitement FIV ? Avez-vous une position sur l’interdiction qui est faite en France à ce sujet ?
La France est un des derniers pays à ne pas autoriser la préservation sociétale. C’est regrettable car la société évolue. Nous commençons à avoir des demandes.
BAMP :  Depuis l’apparition d’internet et l’utilisation importante que les patients en font, avez-vous constaté un plus fort investissement des patients dans le besoin d’échange et de compréhension de leur prise en charge ?
Je vais rarement sur les forums mais je suis très favorable aux échanges d’expériences entre couples, entre autre par le biais d’internet.
BAMP : Le service AMP de la clinique Saint-Roch propose depuis quelques mois, un accompagnement spécifique avec des praticiens en médecines complémentaires : hypnose, sophrologie, suivi psychologique. Pourquoi avoir mis en place ce type d’accompagnement ?
C’est à la fois une demande des patients et pour nous une nécessité évidente. Nous faisons chaque année des enquêtes de satisfaction et à chaque fois les facteurs suivi psychologique ou écoute étaient mis à défaut.
Les médecins ne sont pas très formés à la psychologie et n’ont pas souvent le temps nécessaire pour écouter. Depuis la mise en place de cette équipe d’accompagnement, nous avons des retours très positifs. De façon globale, les couples sont mieux préparés au stress et à la pénibilité du traitement et ont l’impression d’être mieux écoutés.
BAMP :  La clinique Saint-Roch doit prochainement déménager dans un bâtiment tout neuf. La perspective du déplacement du service AMP et donc des gamètes conservées dans les bonbonnes à moins 196° doit faire l’objet d’un protocole de déménagement particulier ?
Le déménagement des embryons s’est fait dans de bonnes conditions le 23 février. Il a fallu organiser ce déplacement avec la police nationale et l’aval de notre ARS. Nous avons donc pris toutes les précautions nécessaires pour sécuriser ce transport. Certains couples étaient inquiets, nous avons beaucoup communiqué sur le déménagement pour les rassurer.
BAMP :  Pensez-vous qu’il soit utile qu’une association de patients de l’assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles, existe en France ? Pourquoi ?
C’est une évidence, car c’est entre autre un relai pour faire remonter les problématiques au corps médical. C’est aussi une source d’information utile pour les patients.
Quelques dates importantes pour le centre AMP Saint Roch. 

Depuis le 3 juillet 2010, le centre AMP St Roch, regroupant les activités cliniques et biologiques d’Aide Médicale à la Procréation (traitement de l’infertilité par inséminations et fécondation in vitro) est certifié ISO 9001. C’est une première en Languedoc-Roussillon pour ce type d’activité. Cette certification est une reconnaissance officielle pour la qualité de la prise en charge du couple infertile. Elle prend en compte l’accueil, le diagnostic médical et biologique, et les traitements médicaux jusqu’au suivi des prises en charge.

2010 : Démarrage de l’IMSI. C’est une technique nouvelle qui permet de mieux sélectionner les spermatozoides en ICSI et qui est proposée pour certaines indications masculines d’infertilité ou des échecs inexpliqués de FIV.

2012 : Démarrage de la vitrification. C’est une technique bien connue à l’étranger et qui vient d’être autorisée en France. C’est une congélation rapide des embryons, plus performante qui remplace la technique lente de congélation.

2013 – 2014 : Nouveaux membres dans l’équipe. Professeur Hervé Dechaud CHU Montpellier, Docteur Pierre Sanguinet Polyclinique de l’Atlantique Nantes, Dr Olivier Pouget CHU Nîmes

2014 : Les premiers jumeaux nés en Languedoc-Roussillon par vitrification ovocytaire. Article Midi Libre du 28/05/2014: http://www.midilibre.fr/2014/05/28/ces-bebes-de-l-espoir,866909.php

Du 24 au 26 septembre : le Centre AMP St Roch est co-organisateur à Montpellier du congrès national de fertilité FFER

Février 2016 : Déménagement de la clinique et du Centre AMP dans de nouveaux locaux à Montpellier prenant en compte la plupart des innovations en matière de prise en charge du couple et de technologies.

Novembre 2015 : Suite à une forte demande des couples, mise en place d’une équipe spécialisée de sophrologues, psychologues et hypnothérapeute pour améliorer la prise en charge sur l’accompagnement en AMP durant toutes les étapes du parcours. »

 

Le site du centre d’AMP Saint Roch de Montpellier.

 

 

 

 

Investir pour mieux agir ? L’embryoscope

L’embryoscope est un incubateur de pointe qui permet d’observer l’embryon minute par minute à partir du moment où la FIV a lieu jusqu’au moment où il est transféré dans l’utérus. Il s’agit donc d’une surveillance accru de l’embryon et de son développement durant ses premières heures afin de sélectionner le meilleur pour une implantation qui aurait donc un taux de réussite plus élevé.

Cette technique a été développée pendant 7 ans à la clinique IVI en Espagne. Elle est déjà mise en oeuvre en Inde (depuis 2012), en République Tchèque (depuis 2011 dans certaines cliniques).

Cet incubateur vaut cher, même très cher (ne soyons pas radin avec le progrès). Raison pour laquelle (encore une fois) nous ne le trouverons pas partout. Le CHU de Nantes a visiblement été le premier à l’acquérir en 2011 puis Bordeaux à l’été 2012. Au jour d’aujourd’hui, seuls 3 hôpitaux possèdent ce dispositif en France (selon Nantes) mais malgré mes recherches je n’en ai trouvé que 2 (si quelqu’un connaît le 3ème centre ??).

Donc oui, il s’agit d’un sérieux investissement (et c’est la crise et tout et tout) mais ne serait-il pas temps de mettre en œuvre une réelle politique sociale en PMA ? Est-ce qu’un investissement technologique qui permettrait (selon certaines études) un taux de réussite presque 20% supérieur à celui d’aujourd’hui ne serait pas opportun ?

Alors oui, le mot « investissement » se trouve le plus souvent dans les journaux économiques et nous nous défendons régulièrement et nous battons pour que le système de santé français (et la PMA) ne soit pas un sujet économique mais humain. Nous savons hélas qu’aujourd’hui plus que jamais, il s’agit d’une histoire d’argent.

Je reviens donc à cet investissement un peu comme la vitrification me direz-vous.

Ces nouvelles technologies combinées ont fait leur preuve. Plus de réussite = moins de FIV = économie pour la sécurité sociale.

Ne serait-il pas plus réfléchi d’investir maintenant afin d’économiser sur le long terme ?

Voici l’article

Un article  de Ouest-France en date du 4 février, présente l’incubateur cinématographique nouvellement utilisé au chu de Rennes, comme : « une prodigieuse avancée technologique« , certes, mais qui commence juste à ce mettre en place en France dans les services amp et autres cecos.

Cette technique permettant l’implantation des embryons ayant le meilleur développement cinétique, elle augment ainsi les chances d’une implantation positive, en ne choisissant que les embryons qui auraient le développement le plus harmonieux.

Cela évite, aussi de sortir régulièrement les boites de pétri, contenant nos potentiels petits, des incubateurs qui les tiennent au chaud. Les embryons sont ainsi moins « stressés » par les multiples manipulations et peuvent ainsi développer au mieux leurs potentialités.

C’est une demande importante du collectif BAMP, que de doter les équipes françaises d’outils qui permettent d’optimiser les tentatives de FIV, proposition numéro 2 du manifeste.. En permettant aux équipes de pouvoir choisir de façon plus pertinente et pointue un ou deux embryons au regard de leur développement,  visionnées via les images prisent par l’embryoscope, les taux de grossesse sont donc augmentées.

Nous vous invitons à regarder la vidéo, contenue dans cet article.

La vidéo, c’est ici

Filmer l’embryon pour améliorer les chances d’une FIV

Article paru dans Le Figaro, le 17/05/2013 et disponible ici

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Des chercheurs britanniques ont montré que le suivi en continu de la croissance d’un embryon avant implantation dans l’utérus permet de repérer ceux qui n’ont pas d’anomalies chromosomiques.

Une équipe de Manchester spécialisée dans la fécondation in vitro (FIV) a prouvé l’efficacité d’une nouvelle technique utilisée pour réduire les risques de mauvaise implantation de l’embryon ou de fausse couche. Les scientifiques utilisent pour cela un dispositif appelé embryoscope qui réalise un suivi presque continu de la croissance d’un embryon pendant les 3 à 5 jours qui suivent la fécondation, avec un cliché toutes les 10 ou 20 minutes. Ils expliquent dans la revue Reproductive BioMedicine Online comment cela peut améliorer le taux de succès des naissances par FIV de 56 %.

«Cette technique permet de réaliser un film qui donne des informations très précises sur la vitesse et la régularité de la croissance de l’embryon, deux critères importants pour choisir lequel des embryons fécondés aura le plus de chances d’être implanté avec succès dans l’utérus de la mère pour donner une grossesse réussie, explique Thomas Fréour, biologiste au service d’assistance médicale à la procréation du CHU de Nantes, le premier service de France à utiliser cette technologie depuis 2011. Ces résultats sont encore préliminaires, mais ils confirment bien le lien qu’on soupçonnait entre la vitesse de développement de l’embryon et le succès des grossesses.»

De manière classique, la surveillance de la multiplication des cellules embryonnaires se fait en sortant les embryons de l’incubateur pour les observer au microscope une fois par jour. Une pratique à la fois un peu plus perturbante pour les cellules, et bien moins fiable pour détecter d’éventuelles anomalies de croissance.

Une technique encore coûteuse

Presque deux tiers des embryons humains comportent des anomalies chromosomiques qui peuvent faire échouer l’implantation dans l’utérus, ou mener à une fausse couche.

Pour confirmer l’idée intuitive que le suivi en continu apportait un réel progrès par rapport à l’observation quotidienne «classique», les chercheurs britanniques ont comparé la technique avec des analyses chromosomales qui permettent de détecter d’éventuelles anomalies génétiques avant l’implantation de l’utérus de la mère. Ce type de diagnostic préimplantatoire est extrêmement contrôlé en France, et n’est pratiqué qu’à titre exceptionnel.

Les embryons ont été classés après observation en continu dans trois catégories de risque, faible, moyen et élevé. Onze grossesses ont donné lieu à des naissances à partir d’embryons à faible risque, un taux de succès de 61 % contre seulement cinq dans le groupe de risque moyen (19 % de succès) et aucun dans le groupe à risque élevé. Des résultats comparables aux taux de réussite obtenus avec analyse des chromosomes.

«La technique est encore coûteuse, puisqu’une machine qui peut surveiller en continu les embryons de 6 patientes coûte environ 90.000 euros mais elle apporte réellement des informations précieuses avant l’implantation, complète Thomas Fréour. Ces informations sont utiles pour l’équipe médicale, mais aussi pour les couples qui cherchent à avoir un enfant, car cela peut notamment les aider à comprendre quelles sont leur chances de succès.»