Bilans actualisés de l’Infertilité

Bilans actualisés de l’Infertilité

(2011)

imagesCAWKR9DM

Mahrianne, membre  BAMP nous a proposé un article  complet quant aux examens à réalisés en AMP,  des conseils pratiques, des explications quant aux examens et  leurs importances.

Je vous propose en complément, un article suite à une intervention de :

Ph. Merviel, E. Lourdel, R. Cabry, M. Brzakowski, V. Boulard, F. Brasseur, A. Devaux, H. Copin, Centre d’AMP, Pôle Femme-Mère-Enfant, CHU Amiens

lors des journées JTA datant de 2011, sur ce même sujet.

Il est intéressant de voir l’avis médical,  sachant que nous ne sommes pas égaux sur les examens réalisés dans le parcours AMP, et qu’une liste d’examens, propre à tous les centres devraient être établie, afin d’éviter des erreurs et surtout de perdre notre temps si précieux ….. mais cela pourrait être une question de coût envers la société ?

  • Le bilan de base d’une infertilité comprend
  1. le dosage de la FSH, de l’œstradiol, de la LH et de la prolactine
  2. une hystérosalpingographie
  3. un test de migration-survie des spermatozoïdes
  4. un test post-coïtal de Hühner
  • Le bilan secondaire d’une infertilité comprend
  1. une hystéroscopie
  2. un test de migration-survie des spermatozoïdes
  3. une hystérosalpingographie
  4. un caryotype des deux membres du couple

Résumé :

Le bilan initial d’une infertilité (2 ans de rapports sexuels réguliers sans contraception) peut être pratiqué après 6 mois à 2 ans d’essai et doit comprendre cinq examens : le bilan hormonal féminin (FSH, œstradiol, LH et prolactine), l’hystérosalpingographie, l’échographie pelvienne (avec compte des follicules antraux), le spermogramme-spermocytogramme et spermoculture et le test post-coïtal de Hühner.

Ces examens permettent déjà d’avoir le plus souvent une orientation diagnostique et thérapeutique. Ce n’est que secondairement que seront pratiqués des examens plus spécifiques (AMH chez la femme, test de migration-survie des spermatozoïdes chez l’homme, par exemple). Il faut insister sur le fait qu’aucun traitement ne doit être prescrit sans la réalisation du bilan de base au minimum.

  Introduction :

L’infertilité est l’absence de grossesse après deux ans de rapports sexuels réguliers, sans contraception. On distingue l’infertilité primaire lorsqu’il n’y a jamais eu de conception antérieure, par rapport à l’infertilité secondaire lorsqu’il y a déjà eu grossesse antérieurement, même non évolutive (fausse-couche spontanée ou FCS, grossesse extra-utérine ou GEU). On estime qu’en France 16% des couples consultent au moins une fois pour infertilité (60.000 par an) et qu’un peu plus de 40% entament effectivement un traitement.

L’ancienneté de l’infertilité doit être précisée d’emblée, car elle constitue un facteur pronostique important :

  • En effet dans l’espèce humaine, en l’absence de toute anomalie, les chances de grossesse par cycle (fécondabilité) sont à 25 ans (pour la femme) de 24%, à 35 ans de 12% et à 42 ans de 6% (avec à ces deux derniers âges 30 et 50% de FCS au décours).
  • A 25 ans, si une femme a des rapports sexuels réguliers en l’absence de toute anomalie, ses chances de conception seront de 60% au bout de 6 mois, de 80% au bout d’un an et de 90% au bout de 2 ans. Si la femme a 35 ans, ses chances sont diminuées par 2 et par 4 si elle a 42 ans.
  • Pour Schwartz [1], la fécondabilité en fonction de la durée d’infertilité est chez les couples fertiles de 16% après 6 mois, de 8% après 2 ans et 4% après 5 ans d’infécondité. Inversement, le pourcentage de couples stériles est respectivement de 11, 52 et 89%.
  • En combinant les taux de succès de l’AMP avec les données disponibles sur la fécondabilité, la mortalité fœtale et la stérilité, Blondel [2] évalue les chances de succès d’un couple cherchant à avoir un enfant selon l’âge de la femme au départ :
  • sur 100 femmes cherchant à concevoir à partir de 30 ans, 91 auront un enfant dans les 4 ans sans recourir à l’AMP, 3 y parviendront ensuite grâce à l’AMP et les 6 autres resteront sans enfant ;
  • sur 100 femmes cherchant à concevoir à partir de 35 ans, 82 auront un enfant dans les 3 ans, 4 grâce à l’AMP et 14 resteront sans enfant ;
  • sur 100 femmes cherchant à concevoir à partir de 40 ans, 57 auront un enfant dans les 2 ans, 7 en recourant à l’AMP et 36 resteront sans enfant.

Actuellement, les causes d’infertilité sont féminines dans environ 35% des cas, masculines dans 35%, mixtes dans 20% et l’infertilité est sans cause retrouvée ou idiopathique dans 10% des cas. Il est donc essentiel de connaître les différents stades du bilan d’une infertilité, car il n’est pas question de prescrire systématiquement au couple tous les examens complémentaires mais plutôt d’ordonner ceux-ci en fonction des orientations étiologiques pressenties. Dans cet article nous n’aborderons pas des explorations très spécifiques comme le MSOME par exemple.

 Bilan initial d’une infertilité :

Cinq examens complémentaires de base permettent chez un couple d’obtenir des informations sur près de 90% des causes d’infertilité :

– le bilan hormonal féminin

– l’hystérosalpingographie (HSG),

– l’échographie pelvienne,

– le spermogramme et le test post-coïtal (TPC) de Hühner.

Ils doivent précéder toute prise en charge d’un couple pour infertilité (cas encore trop nombreux de stimulations ovariennes faites sans HSG et spermogramme préalables …).

Lors du congrès de 2008 du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), un communiqué a été publié sous l’égide du CNGOF, de la fédération nationale des collèges des gynécologues médicaux (FNCGM) et de la société française de gynécologie (SFG), rappelant à tous les médecins la chute de la fertilité avec l’âge de la femme. Ils souhaitent que les professionnels en informent les femmes. Ils rappellent que la majorité des grossesses survient dans les 6 premiers mois et qu’il est donc souhaitable de consulter après 1 an de rapports sexuels réguliers en l’absence de grossesse (avant 1 an en cas de troubles patents). Si la femme a plus de 35 ans, une prise en charge plus rapide est nécessaire et il est conseillé de consulter dès 6 mois. Ces recommandations rejoignent celles de la société américaine de médecine de la reproduction (ASRM) publiées la même année, et de l’agence de la biomédecine en 2009.

A/ Le bilan féminin

Il comprend l’évaluation de la réserve ovarienne par le bilan hormonal et l’échographie, et l’exploration de la perméabilité tubaire par l’hystérosalpingographie.

Le bilan hormonal sera pratiqué au début du cycle menstruel (J2-J3 du cycle) et comprend le dosage plasmatique de FSH, de LH et d’œstradiol, complété en 2ème intention par l’AMH (hormone anti-müllérienne) si la réserve ovarienne est diminuée. Le dosage d’inhibine B est désormais peu à peu abandonné du fait de sa trop grande variabilité. La prolactine sera également dosée avec des conditions strictes de prélèvement : mise en place d’un garrot, pose d’un cathlon avec obturateur, ablation du garrot et attente 30 minutes avant prélèvement au cathlon. Des prises médicamenteuses ou un adénome hypophysaire à prolactine peuvent élever le taux de prolactine et conduire à un dérèglement du cycle menstruel (+/- galactorrhée). Enfin en cas de signes cliniques de dysthyroïdie, un dosage de TSH pourra être effectué.

L’œstradiol (E2) :

Le taux basal d’œstradiol a été proposé comme prédicteur de la réponse ovarienne, à la suite des études d’Evers [3] qui avait montré qu’un taux > 60 pg/ml s’accompagnait d’un risque d’abandon des cycles de stimulation plus élevé et d’un nombre d’ovocytes récupérés plus faibles et de Fratarelli qui avait confirmé ces résultats pour un taux d’oestradiol ≥ 80 pg/ml ou < 20 pg/ml [4]. A l’inverse Ficicioglu [5] a montré que le taux basal d’oestradiol ne diffère pas significativement entre les femmes normo- et mauvaises répondeuses en AMP. Ce marqueur sert surtout à évaluer correctement le taux basal de FSH car un taux plasmatique élevé d’oestradiol (> 70 pg/ml) peut normaliser artificiellement la FSH par effet feed-back négatif.

  La FSH (hormone folliculostimulante) :

Un taux constamment élevé de FSH (> 12 UI/l, à fortiori 15 UI/l) doit faire renoncer à la prise en charge, cependant des taux variables (parfois normaux) sont un signe d’insuffisance ovarienne débutante et devront faire adapter le traitement et interrompre celui-ci en cas de non-réponse. Dans une étude de 212 patientes prises en charge en  FIV, Ashrafi [6] constate qu’un taux ≥ 15 UI/l est associé à un faible nombre d’ovocytes récupérés et un grand nombre de cycles annulés, cependant Klinkert [7] ne retrouve pas ce taux limite. Pour Penarrubia [8] le seuil déterminant l’insuffisance ovarienne débutante se situe plus bas, à 9,5 UI/l.

Nous avons repris de façon rétrospective nos résultats sur les 4 dernières années au CHU d’Amiens. L’analyse a portée sur 1671 cycles de FIV/ICSI ayant conduit à 1463 transferts embryonnaires (87,5%) et 369 grossesses évolutives (25,2%/transfert). Le tableau 1 résume ces données, en considérant les femmes âgées de moins ou de plus de 35 ans et ayant un taux de FSH basal supérieur ou inférieur à 9,5 UI/l, taux limite de FSH décrit par Penarrubia [8]. Il ressort qu’avec une stimulation ovarienne plus forte chez des femmes jeunes (< 35 ans) avec taux de FSH ≥ 9,5 UI/l, les taux de grossesse sont équivalents à ceux observés chez des femmes jeunes avec fonction ovarienne normale, et supérieurs à ceux des femmes ≥ 35 ans avec FSH basal < 9,5 UI/l.

Ces données vont dans le sens de l’étude de Luna [9] qui a démontré que les taux de grossesse étaient meilleurs chez les femmes de moins de 35 ans ayant un taux basal élevé de FSH par rapport aux femmes plus âgées avec un taux normal de FSH, conduisant ainsi les auteurs à recommander une évaluation basée également chez les femmes de plus de 35 ans sur la réponse folliculaire lors des stimulations antérieures et le taux d’annulations, et à ne pas interdire une prise en charge chez des femmes jeunes malgré une FSH élevée. A l’inverse, l’étude d’El-Thoukhy [10] chez des femmes avec FSH > 10 UI/l et/ou mauvaise réponse à une 1ère stimulation ovarienne, divisées en trois groupes (≤ 30, 31-38 et > 38 ans), montre que le nombre d’ovocytes récupérés et les taux de grossesse clinique par transfert sont similaires dans les trois groupes (respectivement 18,2, 15,1 et 13,8%).

  La LH (hormone lutéinisante) :

Une seule étude, celle de Noci [11] a montré qu’un taux de LH < 3 UI/l en début de cycle s’accompagnait d’une diminution du nombre d’ovocytes récupérés. Le dosage de LH sert donc surtout à appréhender le risque de réponse plurifolliculaire à la stimulation de type syndrome des ovaires polykystiques, avec comme conséquences l’hyperstimulation ovarienne et la grossesse multiple. Ainsi le taux de LH (> 7 UI/l) et le rapport LH/FSH > 1,5 ou 2 expose à ces risques.

Le tableau 2 rapporte les résultats de l’étude de Riggs [12] concernant les différents marqueurs statiques et leur liaison avec la réponse ovarienne à la stimulation.

Trois tests dynamiques (au citrate de clomiphène, au agonistes de la GnRH – GAST, à la FSH – EFORT) ont été proposés pour évaluer la réponse ovarienne à la stimulation. Du fait de leur mise en œuvre plus complexe, de leur insuffisante prédictivité et de l’apport du dosage de l’AMH en cas de doute, ils ont été peu à peu abandonnés.

Le compte des follicules antraux (CFA) par échographie vaginale (+/- couplée à une analyse en 3D ou un système informatique type SonoAVC par exemple) est considéré comme un bon marqueur de la réserve ovarienne, et le meilleur pour prédire une mauvaise réponse à la stimulation. Ainsi, Muttukrishna [13] atteste que le CFA peut prédire 89% des mauvaises répondeuses. Scheffer [14] a étudié les différents marqueurs et a conclu que le CFA (entre 2 et 10 mm) était supérieur à la FSH, l’inhibine B, l’oestradiol et le volume ovarien. Une corrélation entre le CFA et l’AMH [15] existe, tout comme une relation avec le type de réponse (tableau 3).

En effet pour Elgindy [16], les bonnes répondeuses ont en moyenne 10,1 +/- 3,0 follicules antraux contre 5,7 +/- 1,0 pour les mauvaises répondeuses. Une attention plus particulière est désormais posée sur les petits follicules antraux (< 5 mm), qui pour Klinkert [7] sont les plus prédictifs de la réponse ovarienne et du taux de grossesse, alors que les plus gros (5-10 mm) demeurent inchangés en nombre jusqu’à 45 ans au moins [17] et sont corrélés avec le taux d’inhibine B et le volume ovarien.

L’échographie permet également d’obtenir des renseignements sur la morphologie utérine (myomes intra-muraux, adénomyose), la présence et la morphologie des ovaires (kystes), l’existence de masses latéro-utérines (hydrosalpinx). Pratiquée après les règles lorsque l’endomètre est fin, elle visualise de plus les processus intra-cavitaires comme les polypes ou myomes.

L’hystérosalpingographie (HSG) apporte de nombreux renseignements sur l’intégrité de la cavité utérine (malformations, synéchies, polypes, myomes, adénomyose), l’état de la partie proximale (infection, endométriose), médiane (tuberculose) et distale des trompes (phymosis, hydrosalpinx). En cas de non injection proximale des trompes avec aspect soufflé de la corne utérine, un spasme doit être éliminé par la pratique d’un cathétérisme tubaire sélectif (salpingographie sélective). De même au niveau distal, la mauvaise qualité du passage péritonéal (ou la rétention du produit de contraste en goutte dans la région péritubaire) peut faire suspecter l’existence d’adhérences péri-tubo-ovariennes.

La pratique de cet examen ne se conçoit qu’en cas de normalité du sperme. Cependant l’HSG comporte de nombreux faux-négatifs (de 2 à 50%) ou faux-positifs (de 15 à 32%), ce qui a poussé de nombreux auteurs à proposer la réalisation d’une cœlioscopie en première intention. Des études ont comparé les résultats de l’hystérosalpingographie avec la cœlioscopie. Dans l’étude de Dhaliwal [18], il retrouve 89% d’anomalies tubaires à l’HSG avec 60% de corrélation avec les lésions retrouvées à la cœlioscopie. Pour Rausmussen [19] le taux de corrélation atteint 66% avec une fréquence plus grande d’anomalies à l’HSG lorsque la femme a des antécédents infectieux. Malgré cela, pour Opsahl [20], bien que 75 HSG étaient normales sur sa série de 278 femmes avec antécédents infectieux, la cœlioscopie retrouvait quand même dans 28% des cas des lésions pelviennes.

Pour nous (comme pour d’autres) la cœlioscopie est indiquée dans le bilan initial d’une infertilité (21), bien sûr en cas d’anomalie révélée par l’hystérosalpingographie, mais également dans les circonstances suivantes :

  • Antécédents infectieux (à fortiori en cas de sérologie Chlamydia positive) et/ou chirurgicaux concernant la région pelvienne (risque adhérentiel important)
  • Infertilité secondaire inexpliquée
  • Infertilité inexpliquée après 37-38 ans (pour choisir entre la réalisation d’inséminations ou un passage direct en FIV)
  • Echecs de 3 à 4 cycles d’inséminations intra-utérines bien conduites (avec stimulation ovarienne et nombre de spermatozoïdes inséminés corrects)
  • La fertiloscopie (ou hydrolaparoscopie par voie trans-vaginale) constitue actuellement une alternative chirurgicale possible à la coelioscopie. Néanmoins, sa place dans le bilan initial d’une infertilité reste à définir.

B/ Le bilan masculin :

Le spermogramme – spermocytogramme reste l’examen essentiel chez l’homme. Il analyse le volume de l’éjaculât (> 1,5 ml), la numération des spermatozoïdes (> 15 millions/ml), leur mobilité (≥ 30 % a + b à la première heure et ≥ 15 % à la 4ème heure) ainsi que la morphologie de ceux-ci (formes normales : > 15 % selon la classification de Cohen-Bacrie ou ≥ 4% selon Kruger). Pour conclure, le spermogramme doit toujours être répété à 3 mois d’intervalle, du fait de la variabilité importante des résultats dans le temps, de la sensibilité de la spermatogenèse au stress (fièvre, fatigue importante), et du délai de fabrication des spermatozoïdes (74 jours). Un bilan infectieux masculin (spermoculture surtout, +/- prélèvement urétral ou PCR sur le premier jet urinaire, ECBU avec recherche de germes banaux, chlamydiae, mycoplasmes) devra être pratiqué de façon simultanée car une infection peut expliquer une perturbation d’un des paramètres du sperme.

C/ Le test post-coïtal de Hühner  :

Le test post-coïtal de Hühner consiste en l’examen au microscope de la glaire en période pré-ovulatoire immédiate, 8 à 12 heures après un rapport sexuel. Normalement, il doit montrer au moins 5 à 10 spermatozoïdes bien mobiles par champ de microscope au grossissement 40. Ses anomalies peuvent être liées à une insuffisance de la glaire (importance du score d’Insler prenant en compte la cellularité, l’abondance, la limpidité, la filance et la cristallisation de la glaire), du sperme ou à un phénomène immunologique, malgré une glaire et un sperme apparemment normal. Très critiqué par les anglo-saxons qui ne le prescrive jamais (car pour eux sans relation avec les chances de grossesse), il reste utilisé dans notre pays pour évaluer l’interaction glaire-spermatozoïdes et orienter si besoin vers une insémination intra-utérine.

Le bilan secondaire :

Il sera orienté en fonction des constations du bilan de base.

Chez la femme

  • L’hormone anti-Müllerienne (AMH) est un marqueur de la réserve ovarienne, plus particulièrement de la quantité et de l’activité des follicules antraux. Comparée à la FSH, à l’inhibine B ou à l’œstradiol, l’AMH a pour avantage une non-variabilité au cours du cycle menstruel, rendant son dosage plus crédible, uniforme et reproductible. De Vet [22] a montré une excellente corrélation entre le taux d’AMH et le compte des follicules antraux (CFA), et Van Rooij [23] a retrouvé des taux d’AMH abaissé chez les femmes « mauvaises répondeuses » (cycles annulés ou < 4 ovocytes récupérés) comparativement aux femmes ayant une bonne réponse à la stimulation ovarienne. Muttukrishna [13] dans une étude comparable chez des femmes > 38 ans et ayant un taux basal de FSH > 10 UI/l, avec < 4 follicules > 15 mm, a montré que l’AMH était un bon marqueur chez ces femmes avec un cutt-off de 0,2 ng/ml, une sensibilité de 87% et une spécificité de 64%.
  • Pour Ficicioglu [5], l’AMH est plus élevée chez des patientes avec une bonne réponse ovarienne (0,67 +/- 0,41 ng/ml) comparativement aux mauvaises répondeuses (0,15 +/- 0,11 ng/ml), conduisant à une VPP de 96,8% et une VPN de 76,9%. Pour La Marca [24], le seuil pour les mauvaises répondeuses est de 0,75 ng/ml. Silberstein [25] détermine lui un seuil à 2,7 ng/ml comme prédictif de la survenue d’une grossesse. Dans notre équipe, nous considérons le taux de 1,6 ng/ml comme le seuil entre une mauvaise et une bonne réserve ovarienne. Rappelons que ce dosage n’est toujours pas remboursé par la sécurité sociale.
  • En cas d’anomalie utérine intra-cavitaire suspectée à l’hystérosalpingographie et/ou à l’échographie, une hystéroscopie diagnostique ambulatoire sera pratiquée. Elle  permet une vision directe de la cavité utérine et des orifices tubaires, corrige les faux positifs de l’HSG (bulle d’air, caillots) et dépiste certaines lésions minimes non vues en HSG (endométrites, dystrophies vasculaires). Elle est indiquée en 1ère intention en association avec l’échographie en cas d’ICSI (permettant ainsi d’éviter la réalisation d’une HSG). Enfin, elle permet la réalisation d’une biopsie d’endomètre (pipelle de Cornier de préférence), soit à la recherche d’une endométrite, soit pour évaluer en fonction de la date du cycle la croissance et la maturation de l’endomètre.
  • En cas de suspicion clinique de SOPK ou d’un rapport LH/FSH > 1,5 ou 2 sur le bilan hormonal féminin de base, on demandera le dosage des androgènes ovariens (testostérone et D4 androstène-dione) et surrénaliens (déhydroépiandrostérone – DHA et sulfate de DHA).
  • Le caryotype féminin sera prescrit en cas de FCS à répétition au 1er trimestre de la grossesse (3 antécédents au moins) ou en cas d’insuffisance ovarienne prématurée (< 40 ans) inexpliquée.

Chez l’homme :

en cas d’anomalies répétées au spermogramme, on prescrira :

  • Un test de migration-survie des spermatozoïdes qui consiste à évaluer le nombre total de spermatozoïdes mobiles et la normalité de ceux-ci après sélection, ainsi que la proportion de spermatozoïdes encore mobiles à 24 heures (survie). Il s’agit du meilleur test prédictif de la fécondance des spermatozoïdes et il permettra de proposer une technique d’AMP en accord avec les résultats (NSMI : nombre de spermatozoïdes mobiles inséminés) : > 1 million de spermatozoïdes mobiles et normaux : insémination intra-utérine (IIU) ; entre 500.000 et 1 million : fécondation in-vitro (FIV) et en-dessous de 500.000 (ou 300.000) : microinjection intra-cytoplasmique des spermatozoïdes (ICSI).
  • La recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes fixés sur les spermatozoïdes pourra être faite avant et après migration du sperme (type d’anticorps, localisation, sévérité pouvant indiquer la pratique d’une ICSI). Cette recherche peut être également effectuée dans la glaire cervicale (en cas de présence de spermatozoïdes totalement immobiles dans la glaire et mobiles au spermogramme) ou dans le sérum maternel.
  • Les dosages hormonaux plasmatiques masculins : FSH de base ou sous GnRH (élevée en cas d’insuffisance testiculaire primitive de production des spermatozoïdes ; anormalement basse en faveur d’une insuffisance de stimulation hypothalamo-hypophysaire) et testostérone de base ou éventuellement sous hCG (témoin du fonctionnement des cellules de Leydig), prolactine (pouvant révéler un adénome hypophysaire à prolactine).
  • L’échographie-Doppler testiculaire permet la recherche d’un varicocèle, mesure les testicules et permet de visualiser les différents composants des bourses (épididyme et déférent).
  • La biochimie du sperme permet de déterminer le niveau d’obstruction des voies spermatiques par l’absence de la sécrétion d’amont dans le sperme (fructose pour les vésicules séminales, phosphatases acides pour la prostate, carnitine pour l’épidydime).
  • L’étude du caryotype masculin est indispensable chaque fois que la numération des spermatozoïdes est constamment inférieure à 5 millions/ml, a fortiori en cas d’azoospermie (10% d’anomalies chromosomiques retrouvées dans ce cas, dont le syndrôme de Klinefelter).

En conclusion :

L’infertilité concerne les deux membres du couple. En conséquence, l’exploration de la femme et de l’homme doit se faire de façon concomitante. Cependant, au cours du bilan, la prescription des examens doit être graduelle afin de minimiser la lourdeur des explorations, les coûts pour la société, et d’adapter au mieux la prise en charge du couple.

 Article complet et ses références bibliographiques : Ici

Ph. Merviel, E. Lourdel, R. Cabry, M. Brzakowski, V. Boulard, F. Brasseur, A. Devaux, H. CopinCentre d’AMP, Pôle Femme-Mère-Enfant, CHU Amiens

Source : les JTA.com

Quand le conte de fées se crashe… (témoignage FC)

Après avoir enfin pu rejoindre le George sur la capitale, nous avons pu lancer avec enthousiasme les essais bébé. Nous étions en juillet 2008. A, cette époque, complètement insouciants, on s’était dit qu’on ne se prendrait pas la tête. On ne ferait pas de calculs d’ovulation, et viendra ce qu’il viendra.

En mars 2009, après avoir tenter plusieurs cycles avec des tests d’ovulation Clearblue (oui, j’ai failli à notre crédo « on ne se prend pas la tête« ), une petite voix me dit qu’il va falloir consulter.

En octobre 2009, après une hystésosalpinguo, multiples PDS et 2 spermogrammes, le verdit tombe : OligoAsthénoTératoSpermie sévère. Nous passons directement à la case FIV ICSI. Nous ne sommes même pas assez fertiles pour tenter des IAC…

Après une première FIV ICSI en mai 2010 et un TEC en octobre 2010, je décide de changer de centre PMA. C’est lors de ce transfert en janvier 2011 que je découvre que je suis enceinte.

Un vrai conte de fées ! D’infertiles sévères nous réussissons à faire un bébé tous seuls comme des grands ! Nous nageons en plein bonheur.

IL y aura des angoisses : une cinétique HCG un peu faiblarde à mon goût, un petit décollement qui nécessite du repos mais un embryon de 4 semaines en pleine forme. Le gynéco de ville me prescrira une autre écho à 9SA pour contrôler le décollement. Pour lui, ça y est, on va être parents (moi, je reste sur ma réserve quand même…), il veut même nous faire la déclaration de grossesse de suite !

Mais le conte de fées, c’est pour les autres… Mon conte de fées à moi, il s’est explosé en plein vol ! Lors de la seconde échographie, et ce, sans que je ne ressente aucun signe physique, si ce n’est cette horrible appréhension qui me tenaillait depuis plusieurs jours.

J’aurais voulu que le George m’accompagne juste pour me porter chance. J’étais déjà déchirée qu’il ne soit pas là au moment où je me suis allongée sur la table. L’échographiste a posé le gel sur mon ventre puis a passé la sonde. Quelques secondes plus tard, elle lâche « Il y a un problème… Je ne vois aucune activité cardiaque« .

A ce moment, j’ai pensé qu’effectivement, c’était trop facile, trop beau pour être vrai. Que c’était même normal ce qui m’arrivait. Comment avais-je eu l’audace de croire qu’il me serait permis, à moi (la looseuse de la fertilité), d’avoir un bébé en claquant des doigts ?

L’échographiste a essayé de me remonter le moral en m’expliquant que les fausses-couches à ce stade sont fréquentes même chez une femme jeune et que je retomberai enceinte bien vite. Discours qu’elle a l’habitude de servir puisque dans 95% des cas elle tombe sur des filles qui ne sont jamais passées par la case PMA. Et il est vrai, que dans la grande majorité, elles retombent enceintes dans les mois qui suivent.

Mais pour moi… C’est une toute autre histoire. Je réalise que cette grossesse est peut-être la dernière. Qu’il n’y en aura peut-être plus jamais d’autres… Je rétorque à l’échographiste que cette grossesse arrêtée était déjà un miracle en soi et que je viens de la PMA. La bonne femme pâlit, bafouille, ne sait visiblement plus quoi me dire à part un « désolé… » lancé dans un murmure juste avant de fuir sortir de la salle.

Je resterais seule avec mon gel froid sur le ventre, l’écran éteint et le cœur au bord des lèvres pendant plusieurs minutes.

Les jours d’après, c’est un curetage par aspiration fait par mon gynéco de ville lui-même dans un service hospitalier.

Les mois d’après, je me mettrais à croire l’impensable : si ça a marché naturellement une fois, ça remarchera !

L’année d’après ma fausse couche je ne suis toujours pas enceinte et je viens de me manger une 2nd FIV sans transfert.

S’ensuivra ensuite 2 autres FIVs (dont une encore sans transfert). Plus ça va, moins ça va. Je me mets à répondre aux protocoles comme une mamie alors que deux ans avant j’étais très fertile.

« Cette grossesse arrêtée était peut-être la dernière. C’était peut-être notre seule chance…« . Ces phrases tournent en boucle dans ma tête. Je commence à me dire que je ne serai jamais mère. Je me résigne. Je veux arrêter la PMA. Après tout, il faut à un moment donné être raisonnable. Il y a peut-être une très bonne raison au fait que je ne tombe pas enceinte…

Il faudra toute la pugnacité du George pour me faire reprendre (à contre-cœur, il faut l’avouer) le chemin de la PMA. Je refais une FIV en mars 2013. Je n’y crois plus. Et pourtant… C’est cette FIV qui fait de moi une future maman qui entre de plein pied dans le second trimestre de sa grossesse. 😉

Je n’ai jamais pu oublier cette fausse-couche, elle me suit même maintenant. J’ai toujours du mal à réaliser. Je n’arrive pas encore à me projeter. Pour cette grossesse, à 9SA (pile le terme où la première c’est arrêtée). La semaine qui pue comme j’ai tendance à le dire… J’ai perdu du sang. Beaucoup. J’ai passé une soirée horrible aux urgences avec le George. Nous avions l’impression que DNLP aimait se jouer de nous. Elle avait envie de réitérer son injustice au même terme (9SA – la semaine qui pue !). Elle voulait nous le reprendre. Encore une fois !

Et puis non, c’était un décollement (encore un !). L’embryon allait bien. Je revis exactement la même image que deux ans auparavant sauf qu’à la place il y avait un énorme cœur qui battait la chamade.

Quand le parcours de Dou et Dolminwen rime avec incompétence

Dou et moi nous nous sommes rencontrés fin d’année 2001, à l’époque nous avons 19 et 24 ans. Je passe les détails sur nos «débuts»: tous les deux étudiants dans des régions différentes on ne se voit que très peu. Par la suite, Dou trouve un emploi à C où je peux le rejoindre pour finaliser mes études. C’est à cette période, donc en 2007, que j’arrête la pilule. Sur le coup on peut se dire que c’est un peu n’importe quoi, je n’ai pas de boulot, on vient à peine de se retrouver, mais je ne sais pas, un ras-le-bol de ce comprimé orange sans doute. J’ai 25 ans et je ne serais pas contre l’idée qu’on ait un enfant ensemble, Dou a envie d’en avoir, il se voit bien papa dans l’avenir et si ça ne vient pas tout de suite ce n’est pas bien grave. On ne calcule rien à ce moment mais de toute façon mes cycles font n’importe quoi: j’ai à nouveau 15 ans. Je termine mes études et je ne trouve du boulot qu’à la capitale, alors pareil bof pour les projets «bébé», je ne reprends pas la pilule pour autant, mes cycles continuent de faire n’imp’, j’ai toujours 15 ans. En 2010 pourtant une petite voix me dira de parler sérieusement avec un gynéco de ces cycles anarchiques. La gynéco de ville que je vois alors flaire l’embrouille et me prescrit ma toute première écho endovaginale. BIM: OPK! Mes ovaires sont dystrophiques, ils font le double des ovaires «normaux», ont une couronne de follicules, de grosses framboises en quelque sorte. A la suite de ça, elle prescrira aussi à Dou son tout premier spermogramme. Et puis cela s’arrêtera là avec elle car mes OPK + les spermatos un peu mou de Dou lui feront un peu peur. Cette envie d’enfant qui au début n’était pas très pressante va prendre de plus en plus de place pour moi, comme si ces difficultés révélées avaient déclenché le plan «panique à bord !».
C’est au cours de cette année que je déciderai de quitter la capitale pour revenir à C. La gynéco de ville nous a fait une lettre pour le centre PMA de notre choix, nous étudions donc les possibilités offertes à C: le service PMA du CHU avec à sa tête le Pr P ou la clinique privée dans laquelle officie Dr A. On choisit le CHU car après tout Dr A a été formée par Pr P donc autant s’adresser à Dieu etc…

Mars 2011, nous voilà dans le bureau du Dr DB, disciple du Pr P, qui nous prescrira tous les examens d’usage: re-spermo, p’tite écho endo au passage, les bilans sanguins à J3, les sérologies et! et! l’hystérosalpingographie!
Pour le spermo en fait finalement ça n’est pas si grave: les spermatos de Dou ont un peu «la nonchalance des îles» mais ils sont en quantité alors bon ça devrait aller.
Arrive alors le moment tant attendu de l’hystéro-bidule. Alors là, je vais m’étendre un peu sur le sujet car ce que j’ai «subi» en vaut la peine par rapport aux revendications du BAMP:
On me donne une ordonnance pour le produit de contraste (et RIEN d’autre, pas de Spasfon ni de Paracétamol et personne dans mon entourage pour me conseiller) et je prends rendez-vous au CHU. Malheureusement pour moi je suis encore très pudique et complexée, après tout ce ne sont que mes premiers pas en PMA. La manipulatrice radio me dit de m’installer sur la table, que le doc va arriver et me rassure en affirmant: «Vous verrez ça ne fait pas si mal… Enfin, j’en sais rien j’en ai jamais eu hihi!» (tu sens le traquenard?). Deux médecins (hommes, j’ai envie de mourir) arrivent alors: le doc qui fera la manip et un étudiant qui observe (mon vieux tu vas être servi!). Le doc met à peu près 450 000 ans à canuler mon col et nous aurons ce dialogue magnifique:
Doc: – Vous n’avez jamais eu d’enfant?
Moi: – Gneuh non…
Manipulatrice à la rescousse: – Elle vient dans le cadre d’un bilan d’infertilité (andouille!)
Doc: – Ah ouais… enfin quand même… ça aurait été plus simple si vous aviez déjà eu un enfant!!!
Moi: – … (achevez-moi pitié!).
Il arrive quand même à faire son taf, je manque de lui mettre un coup de pied en me retournant pour le cliché de côté (ça n’aurait été que justice!) et s’en va avec son étudiant… par une porte qui donne sur une salle d’attende où une petite mamie me voit les quatre fers en l’air en attendant le dernier cliché!!!
Bref, le cauchemar se termine, je rentre chez moi pour passer le reste de la journée sur le canapé à me tordre de douleur. Heureusement, l’examen aura révélé un utérus très bien et des trompes pas bouchées du tout, à ce niveau-là au moins ça roule.

C’est en Septembre 2011 que les choses sérieuses vont commencer pour nous. Le Dr DB ne voit aucun inconvénient à démarrer par des stimulations simples. Je prends donc du Clomid et je réponds plutôt bien avec un follicule sur chaque ovaire. Dr DB ratera un peu le coche pour le déclenchement: les follicules font plus de 20 mm alors qu’ils ont l’habitude de déclencher à 18, pas grave allons-y gaiement et au bout de 16 jours… j’ai un test de grossesse POSITIF!!! Je ne fais pas tout de suite de prise de sang (weekend, puis le temps de les joindre le lundi, puis le temps de recevoir l’ordo etc…) alors on a le temps de rêver comme des fous! Purée, on est des chanceux de la PMA! Je sens que ça travaille «en-bas», Dou trouve même que mon ventre «pointe», mon pantalon me gêne déjà, incroyable!
Et le résultat de la PDS tombe: 17 UI. Je dois confirmer par une autre PDS le vendredi et juste avant d’aller la faire je perds du sang. Heureusement, j’avais pris ma journée et après arrivait le weekend où j’ai pu pleurer sur cet échec cuisant. J’aurai de terribles douleurs dans la nuit de vendredi à samedi et je sentirai même par deux fois «une boule» sortir de moi.
La semaine suivante j’appelle la PMA, on me dit que ce n’est pas grave, ça arrive, pas moyen de parler à un doc de tout ça, on nous re-inscrit pour une deuxième stim simple. A la première écho de contrôle, je parle de mon «petit» positif au Pr P qui est d’astreinte ce jour et il nous dira «bon weekend Mr Dou et Mlle Dolminwen» en regardant ses chaussures. On déclenche alors l’ovulation pour un follicule de 18 mm, résultat négatif.
On nous re-programme une troisième stim simple: j’essaie de négocier avec l’interne un déclenchement «tardif» comme la première fois, non pas moyen, résultat négatif.
Cela va être pour moi une période de colère, de frustration (évidemment les copines savent très bien faire les bébés, elles!) et de tristesse mais Dou garde le cap.

En avril 2012, on nous annonce que bon les stims c’est sympa mais il va falloir passer à autre chose: les IAC. Ok, je retrouve mon Clomid et un petit nouveau: le Puregon. Puregon que je vais avoir du mal à avoir correctement, mon pharmacien étant «ignorant» de tout ce qui touche à ce type de produit, là aussi je pense qu’il y a une «éducation» à faire auprès de ces personnes. Exemple ici: il commande mon Puregon-pen tout nickel… et des ampoules de Puregon au lieu de la cartouche qui va dedans au prétexte que ça fera moins cher (pour la sécu)! Enfin, je crois que je pourrais lui consacré un article.
Bref le début se passe quand même pas trop mal… et BIM lors d’un contrôle avec Pr P, il nous annonce que si on continue comme ça on va être parents de quintuplés!!! Mais! Pour éviter de perdre la tentative, il nous propose un rattrapage en FIV! Ouhla! On n’y était pas préparé! En urgence je dois m’injecter du Fostimon, de l’Orgalutran, un tas de trucs tous donné à l’arrache par l’infirmière du service… car il faut bloquer le follicule de 23 mm mais faire grossir ceux de 17-18. Je vous raconte pas la rigolade pour préparer les injections, un peu de ci un peu de ça, car la pauvre infirmière n’avait pas en stock les bonnes concentrations et on était un samedi (Miss Pas’d’bol vous connaissez?).
La ponction aura lieu avec anesthésie locale (je ne recommande pas) le mardi suivant et c’est là que je vais découvrir que mes ovaires «se baladent» librement dans mon intérieur (pour ceux qui connaissent: Sheldon dans la piscine à balles qui crie «Bazinga!»). Une infirmière me grimpera presque dessus pour bloquer tout ce beau monde pour finir la ponction faite par une gynéco très contrariée par ce contretemps et qui me le fera savoir (s’cusez je n’ai quand même pas fait exprès!). La ponction aura donné cinq ovocytes tout de même. Je précise que pendant cette période on ne m’a proposé aucun arrêt de travail, la veille et le lendemain j’étais à mon poste, pour la ponction et pour le transfert j’avais pris, de moi-même, des RTT et après j’avais une semaine de congés fixée de longue date. Le jour du transfert (J2) on reçoit le coup de fil comme quoi on peut venir mais on ne nous dira rien par téléphone sur le nombre, la qualité, etc… On est donc reçu par la biologiste qui nous fera signer le papier de transfert en nous disant: «Y’en a qu’un mais ça tombe bien on avait dit qu’on en transférait qu’un, au revoir!». Bon… Dr DB procède au transfert, je vois la petite goutte brillante passer sur l’écran de l’échographe (NOTRE goutte bordel!!!) et «c’est bon Mlle Dolminwen et Mr Dou vous pouvez rentrer chez vous». On nous chasse littéralement alors je lui dit que j’ai lu sur internet qu’on restait un peu allonger après le transfert. Elle réplique: «Faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet!» Bon… j’ose demander quelle «tête» à notre winner: la biologiste qui a fait son retour et Dr DB se regardent, me regardent «oh ben, il a une tête normale hein hé hé» avec sourire en coin. Je leur signale qu’on va faire de la route le lendemain (environ 4h) et «arf, pas de soucis!». Bon… ce sera finalement un échec que j’aurai très mal vécu, d’autant que quand j’ai demandé un rendez-vous de débriefing on me répondra: «Ah bon pour quoi faire?» ben ch’ai pas un rattrapage d’IAC en FIV ce n’est pas banal, un seul embryon quand on t’annonce des quintuplés tout ça quoi… Finalement, on aura notre rendez-vous durant lequel on nous apprendra que mes ovocytes globalement se sont révélés immatures et que tous ces Messieurs-Dames s’y attendaient, et où Dr DB me dira: «Bah vous avez l’air de bien le prendre quand même» ben oui, j’ai déjà vidé mon stock de larmes et je sais me tenir Madame…

Là-dessus, pour le mois d’octobre suivant on nous re-programme une IAC avec Ménopur cette fois. Mon pharmacien préféré brille encore par son ignorance: il ne sait pas me fournir les seringues et aiguilles qu’il faut (grrr !), on doit aller se fournir dans un magasin de vente de matériel infirmier: j’ai une boîte de 100 seringues et autant d’aiguilles en deux tailles, voilà, voilà…
Bref, tant bien que mal un seul follicule se développe. Il arrive à la taille fatidique de 18 mm, l’infirmière que j’ai au téléphone me dit: «C’est bon, déclenchez!» je réponds un «ah» dans un soupir.
Elle me dit d’un ton sec: – Quoi y’a un problème?
Je réponds: – Non… enfin aux vues de mes résultats y’a pas moyen de déclencher plus tard?
Elle: – Non! C’est le médecin qui décide Mlle.
Moi : – Ok mais j’ai eu des résultats comme-ci et comme-ça…
Elle (ton condescendant): – Ah bon vous avez déjà eu un enfant Mlle?
Moi (presqu’en pleurs): – Euh… non mais… (soupirs).
Et là, je crois que Dr DB qui était à côté a senti l’infirmière partir en sucette car elle a repris le téléphone et m’a dit: «Il n’y a aucune raison médicale qui empêche de déclencher maintenant, au revoir Mlle Dolminwen, à dans deux jours pour l’insémination!»
Au final déclenchement à 18mm: négatif. A ce moment je pars en vrille, je refuse de faire ma PDS (la couleur de mon fond de culotte 10 jours post-Ovitrelle est suffisamment explicite pour moi) et on nous claquera définitivement la porte au nez du service PMA du CHU pour cet acte de rébellion («Sachez Mlle que si vous ne faites pas cette prise de sang vous serez radiés de notre service »). Je demande notre dossier dans la foulée en vue de partir pour la clinique privée et là, nous saurons toute la vérité: notre petite goutte brillante était en fait probablement déjà «morte» quand on me l’a transférée car elle n’avait que deux cellules à J2 (une tête normale tu parles!) et il y avait en fait une deuxième «goutte» mais non-transférable puisque polyploïde ce qui prouve bien l’immaturité de mes ovocytes (et toc pour la raison médicale!!!). En surfant sur le net, j’apprendrai que c’est quand même mieux de «surveiller» un embryon un peu faiblard en faisant une culture prolongée mais ça ne m’a jamais été proposé.
Je précise ici aussi que tous les contrôles de notre parcours n’ont été que des contrôles échographiques, je n’ai pas eu la moindre prise de sang pour vérifier le taux de LH ou FSH ou quoi que ce soit recherché habituellement. Est-ce que cela aurait révélé un dysfonctionnement? Est-ce qu’on aurait agi différemment?

Fin novembre 2012, nous avons donc rendez-vous avec le Dr A. Elle regarde notre dossier, me fait la p’tite écho endo habituelle… et me dit: «Mais Mlle Dolminwen, votre ovaire droit est bien trop gros! on ne vous en a jamais parlé?» ben si au tout début la gynéco de ville, par la suite ça n’a jamais été évoqué. «Vous savez Mlle Dolminwen, jamais aucun follicule ne sortira de cette coque épaisse» (je précise que mon ovaire gauche n’a presque jamais répondu aux traitements) ah… donc là t’es en train de me dire qu’on a fait tout ça pour rien, bien bien bien. En fait, elle m’explique que quand on est OPK, avec les ovaires augmentés de volume, les follicules «morts» en surface stagnent là et forme une coquille hermétique difficile à franchir (c’était donc pas si con de ma part d’insister sur la taille pour le déclenchement!!!). Elle évoquera donc le drilling par coelioscopie comme solution pour nous.

Fin février 2013, je passe sur le billard pour le drilling plus vérification de la perméabilité de mes trompes. Tout se passera bien, les trompes toujours ok, des ovaires tout neufs… et une découverte de lésions d’endométriose! Bon rien de méchant elle a pu tout nettoyer, notamment au niveau de la vessie et du rectum, j’en étais à un stade très précoce. J’ai revu Dr A en avril, re-écho endo et croyez-le ou non: je n’avais JAMAIS vu mon endomètre ainsi jusqu’à présent: exactement comme il doit être, comme dans les livres (j’étais en milieu de cycle, quand il est en grain de café). Je ne l’avais JAMAIS vu comme ça sur les écrans du CHU et ça n’a JAMAIS été évoqué comme un problème. Mes ovaires sont maintenant de bien meilleure taille, apparemment plus polykystiques, j’ai bien moins d’acné et des cycles plutôt réguliers. On se laisse donc jusqu’à septembre prochain pour essayer d’avoir un enfant «naturellement», après ça si rien ne vient Dr A souhaite nous revoir au plus vite pour ne pas perdre plus de temps (elle a eu l’air tellement désolée en relisant notre dossier et en voyant que cela fait maintenant six ans que nous avons arrêté toute contraception, «Six ans, tout de même, c’est long…»).

Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui, à presque 31 et 36 ans, j’attends que mes ovaires «Belle au Bois Dormant» se réveillent enfin, maintenant que «la machine» se relance. L’envie d’enfant est toujours très forte pour nous deux, je garde beaucoup de colère envers le CHU et de tristesse pour nos «petits» même si finalement pour 99.9% des gens, ils n’étaient rien…

Il est urgent de faire quelque chose pour la prise en charge des couples, pas seulement médicalement mais humainement aussi, on ne peut pas balancer les gens comme ça, dire des choses aussi méchantes à des gens qui souffre déjà bien assez. J’appelle cela de la maltraitance, ce n’est pas tolérable. Il est urgent que les médecins arrêtent de nous prendre de haut car eux «savent» et nous on a qu’à se laisser faire, ils DOIVENT répondre à nos questions et CORRECTEMENT, sans cacher les choses, sans nous prendre pour des imbéciles.
Je m’exprime aujourd’hui sur le blog du collectif pour apporter notre témoignage, pour apporter notre pierre à l’édifice, pour montrer que nous sommes nombreux déçus du système tel qu’il est et des professionnels de santé tels qu’ils sont aujourd’hui.

Le parcours d’HELIA

« L’enfant commence en nous bien avant son commencement. Il y a des grossesses qui durent des années d’espoir… » Marina Tsvétaeva

Cette citation est tellement criante de vérité… Quand les termes stim simples, IAC, IAD, FIV, FIV, ICSI ou IMSI, E2 ou LH AMH et autres barbaries du langage AMP n’ont plus de secrets pour nous, tout comme l’embryologie et ses J3, morula, les mélanges solvant/poudre ou les stylos, c’est que notre parcours est déjà bien trop long.

Nous nous sommes rencontrés il y a 5 ans déjà, il avait 31 ans et moi 33. Après 7 mois d’amour l’évidence est vite arrivée : nous voulons avoir des enfants ensemble. Magnifique projet et débutent alors nos essais, espérant ne pas attendre trop longtemps car l’envie était déjà très présente chez l’un et l’autre. Je m’inscris sur un forum pour connaitre les « trucs et astuces » (reconnaitre la glaire, vivre avec son thermomètre sur la table de nuit etc lol), pour faire une courbe de température et commencent alors les câlins programmés (si on avait su que ça durerait aussi longtemps…) et les attentes en fin de cycles toutes décevantes. Mais comme tout le monde nous commencions à parler des prénoms que nous aimons, combien d’enfants nous voudrions avoir, enfin comme tout le monde nous nous mettions à rêver…Au bout de 5 mois je vais chez ma gynéco pour un petit bilan. Elle refuse de me faire passer un quelconque examen avant un an d’essai malgré mon âge (34 à ce moment là). Quelque chose au fond de moi me dit qu’il y a un problème. 6ème sens ? J’attends encore 4 mois mais pas folle la guêpe, je ne retourne pas voir cette gynéco que j’avais choisi par sa proximité de mon domicile et non pour son empathie et sa sympathie… Que nenni je prends directement RDV dans une clinique spécialisée en AMP. Et là commence alors ce long périlleux et douloureux parcours.Dans le flot d’examens habituels tous plus glamours les uns que les autres : échos, FSH, AMH et autres prises de sang, spermo et pour finir l’hystérosalpingographie = LA torture légale du 21ème siècle… Et c’est elle, qui après m’avoir provoqué des contractions d’une violence inouïe va montrer d’où vient le problème, enfin le 1er : mes trompes. La droite est inexistante sur l’image et la gauche moyennement perméable. Le verdict tombe il faut opérer pour voir ce qu’il en est. J’ai peur et en même temps je me sens rassurée car les choses avancent enfin, je suis prise en main par un staff. Et d’entendre pour la première fois la phrase : « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. »
La cœlioscopie montre que j’ai eu une infection silencieuse qui avait tapissé mon abdomen d’adhérences et abîmées irrémédiablement la trompe droite. Bon ce n’est pas top mais il me reste la gauche. En attendant de finir nos examens la gynéco nous propose une stimulation simple (par injection évidemment = petit aparté, j’avais la phobie des piqures… lol), câlins programmés (ça on commence à connaitre ça fait maintenant un an que l’on est en essais). Et on enchaine avec le Test de Huhner qui est très moyen. Deux stim simples plus tard, on nous propose de passer aux IAC, pour contourner le problème de la glaire inhospitalière, les traitements s’alourdissent et mes hanches avec : la prise de poids est proportionnelle aux quantités injectées.On me dit de ne pas stresser, que c’est ça qui me fait grossir, ben voyons ! « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis…Les IAC s’enchainent avec des traitements qui ont du mal à stimuler mon ovaire gauche fainéant (là où j’ai mon unique trompe), au bout de 19 mois d’essais et à la 3ème IAC oh miracle :j’appelle une heure après la prise de sang et là : « Madame, votre taux est à 12 mais c’est faiblement positif nous vous laissons voir avec votre médecin ». J’en tremble, enfin c’est positif, j’appelle mon chéri qui est le plus heureux. J’ai la gynéco au téléphone « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis… Tout va bien allé, j’en suis sûre. Le taux double correctement et au bout de quelques jours j’ai des saignements… Mon cœur lâche, après tout ça je n’ai eu la joie d’avoir ce ventre plein que quelques jours… Je dois continuer les prises de sang pour vérification et stupeur le taux continue son ascension : je fais une GEU qui finira en FC spontanée quelques jours plus tard. C’est la consternation, 2 petits embryons s’étaient développés en moi, et maintenant il n’y a plus rien, mon ventre est vide, nous repartons de zéro… Et chéri, constant à mes côtés qui me soutient et m’aime…
Là super gynéco nous dit de passer en FIV, impensable pour moi, je refuse tout net puisque ça a fonctionné je veux recommencer une IAC, j’en ai le droit. J’ai un kyste à l’ovaire, je dois prendre la pilule pendant un mois puis le mois suivant IAC 4 qui est négative. Nous prenons du recul quelques temps et nous nous décidons à passer aux FIV. Je ne fais que penser à cette grossesse qui n’est plus, qui ne sera peut être jamais…RDV avec nouvelle gynéco et « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis… Nous avons notre FIV1 de programmée. Le traitement s’alourdit toujours accompagné de mes hanches et le nouveau verdict tombe à la ponction : vous avez une mauvaise qualité ovocytaire : 11 follicules et seulement 3 ovocytes de ponctionnées un embryon de qualité normale mais résultat négatif. Finalement pour la ponction, c’était une erreur technique, elle ne s’est pas très bien passée. FIV2, 11 follicules 11 ovocytes (tiens donc, il y a du progrès) 9 mures et micro-injectés, 4 embryons et 2 de replacés à J3, pas de congelés et résultat négatif encore une fois. Cette fois ci, je veux avoir un 2ème avis, car la qualité de mes ovocytes est bien en cause.
Un ponte, « Dr Cosinus », qui fait des recherches et publie des articles, nous explique son approche différente des autres (anti oxydants) et nous tentons l’aventure avec lui. « Ne vous inquiétez pas tout ira bien. » Il nous fait passer des examens : cette foutue hystérosalpingo-sa-mère-que-ça-fait-mal qui me vaut un malaise vagal… Il me diagnostique des ovaires micro polykystiques, bizarre c’est le seul mais bon, c’est lui le spécialiste ! Quelques boites d’anti oxydants plus tard c’est parti pour la FIV ICSI3: 9 follicules, seulement 3 ovocytes mures et un seul fécondé. J’appelle le matin et le biologiste ne nous donne pas beaucoup d’espoirs car l’embryon n’est pas super. Mais étonnamment il résiste, passe les jours et l’on me dit d’appeler le matin du J6 : il est exactement comme il doit être, transfert dans 2 heures : c’est un warrior. L’attente interminable pour la prise de sang (que j’ai avancé de 2 jours) et c’est positif. Enfin, 2 ans presque jours pour jours après la première fois, après 3 ans et demi on le tient, le taux est bien, dans la norme.
Première écho pour vérifier qu’il soit bien placé, il est là, au bon endroit, nous voyons la vésicule à 5SA+5. Malheureusement à 9SA+1 c’est fini, le cœur ne bat pas, et un 2ème embryon s’était développé mais est très en retard… L’aspiration aura lieu 2 semaine plus tard à 11SA, parce que ce n’est pas une urgence au sens médical. C’était il y a un an. Tout ce que le gynéco a dit c’est : « Rien ne vous sera épargné… ». Et j’ai pris sur moi, femme forte que je suis…
J’ai voulu 2 mois et 1/2 après refaire une FIV4 avec lui, qui se soldera par un échec cuisant tant sur le nombre de follicules (7) que d’embryons (0). Et de me rendre compte que le « Dr Cosinus » n’est pas si ponte que ça. Nous ne sommes plus à un avis près, nous allons voir un autre gynéco qui réfute le diagnostique précédent et me dit que mes ovaires sont juste « vieux », qu’ils ont mon âge 37 ans à l’époque. Et ce fut surtout le début de ma descente, mon burn out comme ils disent.
Là j’ai vite compris que seule cette fois ci je ne pouvais plus prendre sur moi, la femme forte s’est étiolée sur le parcours, je n’y arriverai pas, je suis allée voir mon généraliste qui m’a dirigé vers une psychologue qui m’a aidé à évacuer tout ça pendant 6 mois et qui m’accompagnera encore lors de nos prochains essais. Maintenant tout va mieux, ce vide, ce manque est toujours là mais j’arrive un peu mieux à vivre avec.
Ce printemps nous avons refait une FIV4 bis, mes ovaires ne se sont pas réveillés, un seul follicule donc nous avons fini par faire une IAC5 pour ne pas gâcher mais résultat négatif comme nous nous en doutions.

Ce parcours peut paraitre noir, difficile, oui il l’a été. Quand malgré toute la bonne volonté des familles et des ami/es, ils ne peuvent pas comprendre et nous soutenir. Quand nous préférons ne plus leur en parler car ce serait trop compliqué d’expliquer la fatigue physique et psychique.

MAIS si nous continuons c’est que nous avons toujours de l’espoir, des années d’espoir pour pouvoir un jour être parents, nous qui sommes passés au travers de ces épreuves ensemble et qui en sommes ressortis plus forts.

HELIA1

Témoignage Palapene

Les soucis ont commencé en 2008 lorsque ma gynéco habituelle découvre que j’ai des kystes énormes sur les ovaires ( 10 cm de diamètre). Ce serait des kystes développés depuis ma vie foetale (mauvaise migration des cellules). Ce qui est bien, c’est qu’elle me suit depuis 10 ans, il était temps qu’elle les repère…Bref, elle m’envoie en urgence me faire opérer, tout se passe très bien. Les kystes sont bénins (purée, il y avait des cellules de cheveux et de dents dedans  !!).Mes ovaires sont « sauvés », selon elle…
Jamais, ni elle, ni le chirurgien ne m’ont, ne serait ce qu’une fois, évoqué la possibilité d’une insuffisance ovarienne suite à cette opération. La gynéco me dira même, à la visite post-opératoire, que j’ai des ovaires de « jeune fille ». J’ai 29 ans, tant mieux.

1 an après (2009), mon chéri et moi prenons la décision d’arrêter la pillule et de se lancer dans le grand bain. Punaise, c’est la plus grosse étape de ma vie, je flippe à mort de tomber enceinte trop vite, j’ai besoin de temps….(gros lol…)

Re-1 an après, n’étant tjrs pas enceinte (et cette fois ci je n’ai plus peur), je retourne voir cette gynéco qui me prescrit toute la tripotée habituelle d’examens (la-dessus elle a assuré) : Huner, FSH, AMH, spermo, hystérosalpin-machin…
Elle en profite pour ricaner et me dire : « Ha oui, si vous n’êtes pas enceinte c’est parce qu’apres votre opération, il aurait fallu vous déboucher les trompes ». Merci de me prévenir 2 ans après….  -_-
L’hystéro-machin sert, aussi, à déboucher les trompes. Je la fais fissa, guillerette et naïve encore que j’étais…
Je douille ma race (doux euphémisme) mais mes trompes sont débouchées. C’est sûr, me dit -elle, dans 2 mois vous êtes enceinte. Re-gros lol

6 mois plus tard, re-la-gynéco, avec tous mes résultats.
J’avais bien vu qu’un ou deux des taux n’étaient pas dans les « normes » (FSH à 17 et AMH dans les choux aussi) mais je me suis dit (qu’est ce que je pouvais être con aussi) : « elle va me filer un p’ti traitement hormonal pour remettre tout ça dans l’ordre ».
Que nenni.
Elle a tout regardé, elle m’a regardée et a commencé par « il va falloir vous aider » (oui, oui, je sais, allez 🙂 ) puis je ne me souviens plus très bien mais elle a terminé par « ménopause » et « chercher des ovules en Espagne »… O_O
Gné ?!! Des quoi ?? Où ça ??? Pourquoi ??? Qu’est ce qu’il se passe là ? C’est à moi qu’on cause ?

Je vous passe les détails mais j’ai été extrèmement choquée par cette façon d’annoncer les choses, j’ai tenté de cacher ma frayeur et de faire genre « même pas mal, je gère » mais c’était pire qu’un coup de massue, c’était la terre entière qui s’écroulait sous mes pieds. Et cette c*nne de me dire « non mais vous en faites pas, tenez, je vous donne le site des cliniques espagnoles et de la DDASS ». Comme si ça pouvait me rassurer à ce moment !
Elle a fait une chose bien quand même : me donner l’adresse d’un spécialiste ( le chef de service PMA d’une célèbre clinique parisienne)Je suis rentrée chez moi, je me suis effondrée et j’ai dû appeler mon chéri, j’étais en pleine crise d’angoisse. Le pauvre, je lui ai annoncé tout ça par téléphone alors qu’il était au boulot….Il est venu tout de suite pour me calmer, je pétais un plomb.

On a eu très rapidement rdv avec le grand Ponte, qui bien que froid et détaché, nous a « rassuré » et a tenu des propos beaucoup plus professionnels.
J’ai refait les examens, on a rencontré le biologiste, on a été beaucoup soutenu par nos familles et amis.
On a été pris en charge superbement mais c’était pas gagné d’avance du tout.
Il s’est avéré que j’ai un ovaire « qui a pris un coup sur la gueule » comme dirait mon échographiste préféré, et un autre qui fonctionne à moitié, suite à la chirurgie.

Puis on a fait 2 FIV, avec à chaque fois 3 ou 4 ovocytes ponctionnés, 3 embryons et à la dernière un TEC (le seul ) qui a donné une magnifique petite fille, née en octobre 2012 :). J’ai 35 ans (heu… 36 dans un mois ça compte ?)
Je sais bien que les toubibs ne peuvent pas prendre tout leur temps pour annoncer les mauvaises nouvelles mais cette gynéco n’a pas arrêté de me dire que tout allait bien pendant 10 ans, jusqu’au jour où elle m’a annoncé de façon hyper légère et détendue mon infertilité. J’avais confiance en elle, avant.
La FIVDO, j’y ai pensé et je crois que je l’aurai fait, mais après réflexions ! pas comme ça, à froid , dans un cabinet médical !

J’ai eu, pendant tout mon parcours PMA, envie de lui péter les dents à elle, mais c’est bon, c’est passé 🙂

PALAPENE