In VITRO – Du rap pour parler d’infertilité ?

Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter ORNICARD, auteur et chanteur, non professionnel, qui a fait de l’écriture et de sa mise en musique, sa passion. Le rap comme référence musicale, la nature, la campagne de l’Est de la France (Lorraine, les Vosges), l’humour, sa vie quotidienne, comme sources d’inspirations. Il vient d’écrire une chanson intitulé « In vitro » qui raconte l’histoire d’un couple confronté à l’infertilité….. Nous vous invitons à découvrir, dans cette vidéo, son univers créatif et son parcours d’infertilité.

  • Bonjour est-ce que tu peux nous décrire ton univers musical, poétique, créatif ?
  • Ton single « IN VITRO » une chanson qui parle d’infertilité, d’assistance médicale à la procréation ? Pourquoi et comment est « née » ce texte, puis cette chanson ?
  • Toi et ta chérie, vous êtes un couple Européen (tu es Français, elle est Allemande), jeune, infertile. Est-ce que tu peux nous dire, en tant qu’homme, comment tu vis cette situation ?
  • Vous vivez en Allemagne, comment l’infertilité et l’assistance médicale à la procréation sont-elles prises en charge ?
  • Au-delà, du projet personnel, est-ce que tu as imaginé l’impact que pourrait avoir cette chanson auprès des gens qui l’écoutent, les couples infertiles ? Les personnes non concernées par l’infertilité ? Les jeunes ?
  • Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter dans un proche avenir ?

Merci beaucoup à Ornicard, d’avoir répondu à nos questions

Pour la vidéo « IN VITRO », c’est par là

Si vous voulez découvrir un peu plus l’univers d’ORNICARD, c’est par ici  Ornicard

Don de sperme, Don d’ovocytes : quoi de neuf en 2016 ?

L’association AMPHORE, organise le 19 novembre 2016 à Nantes, une matinée débat sur le don de gamètes. L’association AMPHORE avec qui nous sommes en relations étroites depuis la création de BAMP, travaille depuis de très nombreuses années (15 ans) auprès des couples infertiles, pour les accompagner et les soutenir, via des permanences téléphoniques, des rencontres entre patients et l’organisation de table-ronde sur des sujets variés.

Virginie et Caroline, pour BAMP sont invitées à faire une présentation des actions de l’association sur le don de gamètes et pour une présentation de leurs expériences personnelles sur le don de gamètes (nos enfants respectifs étant nés grâces à un don d’ovocytes pour l’une et à un don de sperme pour l’autre).

L’association AMPHORE, association très dynamique, vient de renouveler sont fonctionnement en ce qui concerne les permanences téléphoniques et les rencontres entre patients.  Elle poursuit aussi l’organisation de tables-rondes informatives, ouvertes à tous sur des sujets en lien avec l’infertilité. Vous pouvez apprécier leur nouveau site.

« Table ronde autour du « Don d’ovocytes », une psychologue clinicienne, une gynécologue ainsi que l’association BAMP seront présents pour répondre à vos questions sur le sujet.

Inscriptions obligatoires par mail:amphore@amphore.fr.

La participation est gratuite pour les adhérents et 5€ pour les couples non adhérents.
N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.« 

Donc n’hésitez pas, si vous voulez rencontrer des représentantes de l’association COLLECTIF BAMP, si vous voulez participer à cette table-ronde, nous vous attendons le 19 novembre à Nantes.

Quand la télé parle…. mal du don de sperme

Le don de sperme, un sujet qui comme le don d’ovocyte, ou le don d’embryon, pose des questions pour les donneurs/donneuse, pour les personnes qui doivent passer par cette étape pour espérer avoir une famille, pour les enfants nés grâce à un don de gamètes. Ce sujet mérite que l’on lui consacre du temps, de la réflexion.
La semaine dernière, BAMP a été interpellé par une adhérente, qui a regardé le reportage consacré au don de sperme dans le magazine Envoyé Spécial. Diffusion jeudi 16 juin 2016, le magazine s’ouvre sur ce sujet. Si vous voulez regarder c’est par là https://www.youtube.com/watch?v=cwQHPIKCwMo
« Hier soir je tombe par hasard sur le début de l’émission « envoyé spécial  » sur france 2, je vois dans le sommaire un reportage sur le don de gamètes, je me dis intéressant, je vais regarder.
Au début de ce reportage la mise en scène d’une fiction qui se déroule en 2060, le scénario : les gamètes se font rare et on y voit un donneur qui fait un énième don de gamètes (1000 ème peut-être je ne me souviens plus du chiffre).
En fait ce reportage parle surtout du business autour du don de gamètes ce qui n’est pas le cas en France.
Le ton est donné plein d’ironie, je ne dois pas avoir d’humour, Frigide Bargeot aurait-elle participé à l’élaboration de ce reportage ?
On parle du CECOS de Lille, on y suit entre autre un donneur de sperme que l’on qualifie de termes comme « champion »etc…
Bref tout ça pour dire qu’à part le cecos de Lille et la petite phrase de la fin qui parle du manque de donneurs en France et bien on dirai que c’est presque un caprice de bénéficier d’un don (certes ce n’est pas le sujet du reportage).
De mon humble point de vue ça ne va pas faire avancer l’opinion et les confusions en tout genre que font déjà énormément de personnes sur le don.
Et ça ne va pas favoriser non plus l’augmentation du nombre de dons.
Merci l’équipe d’envoyé spécial de france 2.
Une femme ayant bénéficier d’un don suite à la stérilité de son mari.
Une femme pas objective sans doute puisque très marquée par son histoire personnelle.
Une femme en colère quand même !!! »
Je suis donc allée regarder le replay. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un reportage traitant d’infertilité sous un angle aussi « négatif ». Cet article est donc en quelque sorte un droit de réponse, dans lequel nous allons expliquer nos arguments sur la mauvaise qualité de ce reportage.
Ça commence déjà avec le titre :  « l’étonnant commerce du sperme ». Ok, oui dans certains pays, les gamètes se vendent et s’achètent, et cela depuis des décennies, mais en France le don est anonyme et GRATUIT. Effectivement en France beaucoup de couples se rendent à l’étranger. Les délais d’attente très longs en France (entre 2 et 5 ans) et les conditions du don en France, font que certains décident de passer le pas hors de nos frontières. Certains couples le font par choix, d’autres par contraintes, d’autres encore font le choix de ne pas aller à l’étranger et d’attendre en France. Donc voyons voir ce qu’en disent les journalistes.
Et là on tombe de Charybde en Scylla et l’on se dit, pourquoi avoir traité ce sujet sous cet angle ? Avec l’utilisation de ces propos « humiliants », « goguenards », ironiques. En mélangeant allégrement la fiction, les exemples étrangers, de façon dominante avec quelques minutes sur un couple en attente et un donneur au Cecos de Lille (ils doivent être contents au Cecos de Lille, de se trouver au milieu de ce reportage, à charge [de notre point de vue] sur le don de sperme), on peut dire que le reportage cherche sa cohérence. Elle se trouve finalement dans la prédominances des exemples étrangers, qui mettent à jour les dérives d’une pratique : la vente et l’achat du sperme au niveau mondial.
De notre point de vue, Franco-Français on peut s’interroger sur le pourquoi et le pourquoi faire de ce reportage ? Au moment où l’agence de biomédecine relance une campagne d’information sur le don de gamètes en France. Il nous semble que ce type de reportage vient brouiller le message hexagonal. Il vient aussi et surtout, agresser, violenter les couples infertiles qui s’interrogent sur le recours au don de sperme, où qui s’y sont engagés, les hommes (donneurs et receveurs dans le même panier, car finalement le message est : ce n’est vraiment pas bien ce que vous faite et comment vous le faite) et les enfants nés grâce à un don. Il vient aussi donner une image erronée, au grand public français, qui n’y connait rien à tout ça et qui peut donc prendre au pied de la lettre, ce qui est dit à la télévision ! Mélangeant allégrement les situations étrangères avec ce qui se pratique en France, ce reportage joue non pas sur l’information, mais sur le sensationnalisme.
Détaillons un peu nos arguments à charge sur ce reportage :
– « Aujourd’hui« , « ce marché naissant« , « ce nouveau marché« ……..euh, non depuis des décennies les gamètes se vendent et s’achètent, d’ailleurs cela est aussi dit dans le reportage, une des entreprises citée existe depuis 1977. En France, le don de gamète n’est pas un marché, car la pratique est strictement encadrée par les lois de bioéthique. Sauf si vous sortez volontairement du cadre des lois de bioéthique (choix personnel d’aller à l’étranger, réduire les délais d’attente), où si vous ne pouvez pas y avoir accès (femmes célibataires et couples de femmes) ou si vous ne pouvez plus en bénéficier (couples hétéro sortis des parcours d’AMP français).
– Le sujet fiction qui ouvre le reportage sur un « super donneur, meilleur donneur de France avec 1000 enfants à son actif« , à quoi sert d’utiliser cet angle fictionnel ? A faire peur ? Peut-être, mais en tout cas il peut inquiéter voir affoler, ceux qui ne connaissent rien à l’infertilité, la stérilité et son traitement en France. Car on s’y croirait. Le ton est donné, on le retrouvera dans tout le reportage : dédain vis à vis des donneurs qui se font payer pour ça, sans vraiment trop réfléchir à leurs actes. Mais aussi vis à vis des personnes (couples, femmes) qui font gonfler ce marché via leurs demandes exponentielles de sperme. Le pire est à venir, car cela va s’aggraver à l’avenir, la télévision vous le dit.
– Le reportage s’ouvre sur un couple français qui attend un don de sperme en France. Ok, donc on va parler du don en France…… Mais finalement, non, un couple en attente, un donneur et hop, le reportage enchaine sur les exemples étrangers. Mélanger les situations étrangères et la situation française, vient il nous semble brouiller le message. De plus, le reportage ne fait pas de distinction entre les couples hétérosexuels, les femmes célibataires, les couples de femmes, qui sont dans des configuration d’accès à une Assistance Médicale à la Procréation en France, très différentes. Cela créée des situations sanitaires, financières, juridiques très variables sur lesquelles, il faudrait vraiment que la France se penche.
– Les termes utilisées pour parler des donneurs de sperme « accueilli comme le messie« , « compétiteur« , « l’écurie des donneurs« , « ce champion« , « prince charmant« , nous semble soient ironiques, voir dégradants. Donc un homme stérile, vous le décririez comment mesdames les journalistes, comme un looseur, un crapaud baveux ? Bon à reformer sur l’échelle de la compétition masculine ?
– Les exemples très fouillés sur les pratiques relatives aux banques de sperme à l’étranger, « pour éviter d’attendre. Je paie 1000 euros…….. » Exemples Danois, Américain, présentations des entreprises qui récoltent et vendent dans le monde entier. Présentation aussi des « affaires » difficiles vécues par les couples receveurs, vis à vis des entreprises de ventes de sperme, vis à vis des donneurs. Pas de législation en Amérique, business is business. Ok cela fait partie de la réalité, nous n’avons pas encore trouvé le moyen de n’avoir que des bons côtés à nos actes, mais là franchement, nous pensions que si vous vouliez dégouter des potentiels donneurs, et des couples receveurs d’avoir recours à don, vous ne vous pourriez pas vous y prendre mieux.
– L’ode délirante à Ed Houbben, un hollandais (dont dont son histoire à déjà été mainte et mainte fois racontée 2013), qui se targue d’avoir plus de 120 enfants, via des dons directs par relations sexuelle. Mais comment peut-on encore faire des reportages sur cet homme ? Humiliation pour lui, que l’on décrit comme un homme ayant vécu sa première relation sexuelle à 34 ans,qui aime les femmes qui mettent des bottes pour faire l’amour avec lui, humiliation pour les femmes ayant des enfants avec lui et les enfants……. D’ailleurs tous les médias sur le net reprennent à l’envie ce seul aspect du reportage : « l’avantage charnel du don de sperme…... ». Comme quoi, le sensationnel est toujours et encore ce qui fait le plus parler. Vraiment dommage et encore une fois, merci pour l’image très négative donnée au don de sperme. Mais dans ce cas là, faut-il encore parler d’un don de sperme ? Qui manipule qui dans cette histoire ? Les femmes qui ont trouvé la « bonne poire », le « tombeur de ces dames » fournissant gratuitement ce qu’elles espèrent tant ? Ou lui qui se voit régulièrement à la télévision pour une bonne séance de publicité gratuite. En France, nous avons aussi des hommes du même acabit, ce que nous trouvons plutôt inquiétant et qui décrédibilisent le don altruiste.
– Le reportage se termine (40 secondes)  sur les chercheurs Lyonnais qui ont créé des spermatozoïdes in vitro. On revient à la fiction du début, science fiction…. ? C’est tellement court que l’on ne saura pas qu’elle était l’intention des journalistes. Mais pour rappel, les chercheures Lyonnais, ou Chinois en sont au stade expérimental et avant que cela puisse se réaliser en France, de l’eau va couler sur les ponts.
– En plateau, la journaliste parle (rapidement là aussi) de la dernière campagne de l’Agence de biomédecine sur le don de sperme. Disant que la France manque de donneurs………………mais avec un tel reportage, nous ne pensons pas que les donneurs vont se précipiter dans les différents Cecos de France. C’est vraiment dommage, car ce sujet : le don de sperme, sous tous ses aspects mériterait qu’on puisse en parler d’une façon différente de ce qui est proposé dans ce reportage. Car là, le traitement de ce sujet et la violence (sans doute pas volontaire) des propos, vis à vis des hommes stériles, des donneurs, des couples, des femmes ayant eu recours, où s’interrogeant sur le don de sperme, ainsi que vis à vis des enfants nés grâce à un don de sperme est assez choquante.
Il nous semble que les thèmes abordés, qui posent des questions intéressantes, auraient vraiment pu être traités autrement. Ce sont d’ailleurs des thèmes que notre association souhaite mettre au cœur d’une réflexion collective  :
  • La baisse inquiétante de la fertilité humaine (causes et conséquences). Avant de faire culpabiliser les gens sur le recours à un don, idem pour le donneurs, pourquoi ne pas interroger les causes de cette baisse de la qualité et de la quantité de spermatozoïdes chez les hommes ?
  • Les aspects psychologiques et sociaux du recours au don de gamètes (pour les donneurs/donneuses, les couples, les enfants). Avoir recours à un don de gamètes n’est jamais une démarche que l’on fait à la légère, sans réflexion, sans s’interroger sur ce que cela va engager pour les enfants à naitre, pour soi dans la famille, dans la société. D’ailleurs certaines personnes y renoncent.
  • Le cadre juridique et éthique français, l’organisation médicale du don en France. Oui la France manque de donneurs et de donneuses, mais ce n’est pas ce genre de reportage qui va permettre de faire évoluer positivement cette situation. Oui ce sujet mérite réflexions, positionnement éthique, modifications de certains aspects. Par contre, le cadre juridique français à le mérite d’exister et de protéger les donneurs, les receveurs et les enfants nés grâce à un don.
  • La question de l’anonymat ou pas du don de gamètes. Qui est un autre aspect essentiel des questions psychologiques et sociales soulevées par le don de gamètes en France.
  • L’internationalisation des échanges humains, qui fait que les gens s’informent, voyagent, sont libres de faire ce qu’ils souhaitent.
  • La marchandisation d’éléments du corps humain : la loi du marché, tout peut-il être acheté et vendu ?
  • Les dérives, réelles, liées à la situation française (manque de donneurs, délais d’attente, exclusion des certaines personnes de l’accès à l’AMP en France), qui fait se développer des pratiques parallèles et à notre avis risquées, du don de sperme. En effet, nous avons déjà alerté sur certains sites internets qui proposent des dons moyennant relations sexuelles, ou qui proposent la vente du don de sperme. Ces dons se réalisent hors du cadre médical protecteur, soumis à la loi du marché, profitant du désarroi profond dans lequel se trouvent les couples, les femmes en désirent d’enfant.
 Voilà ce que ce reportage nous a inspiré : mélange des genres, traitement particulier d’un sujet qui mériterait pourtant que l’on en parler sérieusement, culpabilité, violence, humiliation pour les couples ayant recours à un don de sperme, idem pour les donneurs et sans parler des enfants nés grâce à un don de sperme. Mais nous ne sommes peut-être pas vraiment objectives, dites nous ce que vous en pensez.