GRENOBLE : Les 1ères naissances suite à un DPI

Le professeur Pierre RAY, coordonnateur du centre de diagnostic pré-implantatoire du Centre hospitalier universitaire de Grenoble et toute son équipe sont fiers d’annoncer les premières naissances de bébés nés suite à un DPI réalisé à Grenoble. Comme Roméo (le beau bébé de la photo), qui grâce au DPI ne sera pas atteint de la mucoviscidose. Ce premier bébé vient de fêter ses trois mois, d’autres grossesses sont en cours.

Bienvenue à tous les bébés qui naissent, en bonne santé, grâce à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic pré-implantatoire et félicitations aux heureux parents.

Grenoble est donc depuis un peu plus d’un an maintenant (novembre 2017), le 5ème centre en France, après Paris (Clamart), Strasbourg, Montpellier et Nantes, autorisé à pratiquer le diagnostic pré-implantatoire (DPI). Le DPI s’adresse aux parents et futurs parents qui risquent de transmettre une maladie génétique grave et incurable. Le DPI est encadré par la loi de bioéthique.

« Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) s’adresse aux couples porteurs d’une maladie génétique grave. Suite à la FIV un diagnostic génétique est réalisé in vitro sur chacun des embryons obtenus. Seuls les embryons indemnes de la pathologie diagnostiquée sont alors candidats au transfert. Ce diagnostic ultra-précoce évite aux couples concernés de se confronter au diagnostic prénatal et de risquer une interruption médicale de grossesse. Jusqu’à récemment seuls 4 centres étaient autorisés à pratiquer le DPI en France. En octobre 2017 le CHU Grenoble Alpes  a obtenu l’autorisation de l’Agence de la Biomédecine (ABM) et est le seul centre de DPI de la région Auvergne Rhône Alpes.

Nous avons pu élargir le nombre d’indications prises en charge portant à la fois sur les analyses de cytogénétique (translocation réciproque, robertsonienne, certaine inversion…) et de génétique moléculaire (mucoviscidose, maladie de Steinert, amyotrophie spinale, maladie de Huntington, myopathie de Duchenne et Becker, drépanocytose, beta thalassémie, polypose adénomateuse liée au gène APC, sclérose tubéreuse de Bourneville, neurofibromateuse de type I, Charcot Marie-Tooth, syndrome de Marfan…).

Après un an d’exercice le CHUGA fête ses premières naissances et affiche un taux de grossesse de 32% par transfert embryonnaire. » Professeur Pierre RAY (mars 20019)

Le centre de DPI du CHUGA est le seul centre pour toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, mais vous pouvez, si vous habitez dans une autre région, déposer une demande de prise en charge, via votre généticien. En effet, le centre de DPI du CHUGA offre encore des délais de prise en charge normaux, au contraire des autres centres de DPI qui eux, sont saturés avec des listes d’attentes de plusieurs mois.

Votre demande sera étudiée par le « centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). Cette instance médicale doit valider, après étude de votre dossier le principe du DPI pour la maladie que vous ou votre conjoint êtes susceptibles de transmettre« . Source Agence de la biomédecine.

Après une fécondation In vitro, les embryons obtenus sont ensuite analysés génétiquement, via le prélèvement d’une ou deux cellules (sans risque pour la poursuite du développement embryonnaire) qui seront ensuite analysées génétiquement pour permettre de voir quels sont ceux qui ne portent pas la maladie recherchée. Les embryons non porteurs de la maladie, sont ensuite transférés dans l’utérus de la femme, comme pour une FIV classique, ou vitrifiés.

Si vous voulez plus d’informations sur le DPI au CHU de Grenoble, ou si vous voulez prendre contact avec l’équipe, voir ici sur le site du CHUGA

La brochure DPI publiée par l’Agence de la Biomédecine c’est par ici

Alerte information PMAnonyme donneur de sperme

L’association PMAnonyme donne l’alerte concernant une information : A savoir,  La banque danoise Nordic Cryobank exporte du sperme dans plus de 70 pays, auprès de particuliers et de centres de fertilité.
Un de leur donneur anonyme, utilisé vraisemblablement à partir de l‘année 2006, qui porte le numéro 7042 transmet une maladie génétique rare (NF1 of Neurofibromatose type 1) à certains des enfants nés par insémination grâce à son sperme. Les enfants issus de paillettes ayant été fournies par des établissements BELGES sont susceptibles d’être concernés.

Vous pouvez lire l’information complète sur leur site :

http://www.pmanonyme.asso.fr/

 

En ce qui concerne le Don de gamète en France, le donneur est soumis à des examens médicaux avant le prélèvement :

– Recherche du groupe sanguin

– Recherche d’infection (HIV, syphilis, hépatite B ou C ..)

– Enquête généalogique sur le donneur et sa famille  pour dépister d’éventuelles maladies

– Examen des chromosomes.

Aucun dépistage génétique complet et exhaustif n’est réalisé, seuls quelques facteurs de risque de transmission d’anomalie génétique (les plus courantes) sont effectués.

Alors même que l’indication de la nécessité d’un don de sperme peut justement être un problème génétique du futur père….

C’est pourquoi, le Collectif BAMP propose dans son Manifeste : Page 7  Article 13

« Nous souhaitons un dépistage génétique systématique des donneurs de gamètes afin d’éviter notamment tout risque de transmission de maladie autosomale récessive ».

A noter que la réglementation française prévoit déjà qu’un même donneur ne peut être à l’origine de la naissance de plus de 10 enfants, ce qui réduit déjà les risques.

François Hollande est-il …BAMP!!!! ?

Hier, jeudi 11 juillet 2013, à l’occasion de l’inauguration du pôle Mère-Enfants Laennec de l’hôpital Necker-Enfants malades,  le Président de la République François Hollande a demandé à la Ministre de la santé Marisol Touraine de renforcer les moyens des centres de Diagnostic Pré-implantatoire (DPI) existants, voire d’en créer de nouveaux.

Il a estimé que la situation « n’était pas acceptable ». En effet, seuls  4 centres en France (Paris, Montpellier, Strasbourg et Nantes) disposent de l’habilitation leur permettant de détecter une maladie génétique grave dans l’embryon à J3, et ainsi de ne transférer que ceux exempts de la maladie. Conséquence: les délais pour bénéficier de ce diagnostic sont d’environ 2 ans. Et conduisent à sélectionner drastiquement les couples pouvant bénéficier de ce DPI.

Ces critères ultra restrictifs et ce délai moyen de prise en charge de 2 ans conduisent les couples, pour ceux qui ont les moyens, à se rendre dans les pays qui permettent ce DPI dans des délais raisonnables (mais pour un cout qui l’est nettement moins…). Et pour ceux qui n’ont pas les capacités financières à tenter des grossesses dont l’issue est plus incertaine (fausses couches tardives ou IMG), voire tragique, avec la naissance d’enfants très gravement malades et dont le pronostic vital est engagé à très court terme.

C’est ça aussi l’AMP, pas seulement pour aider les couples infertiles mais aussi les couples fertiles, ayant souvent perdu un enfant ou identifiés comme très à risque, qui peuvent transmettre à nouveau cette maladie génétique.

Sur ce coup là, François Hollande, il est très BAMP non?

Source: Dêpeche APM